LIE
68,800 francs par le Musée du Louvre, à la vente Hamilton, en 1882. Il mourut, le i5 juin 1755, âgé de quarante ans. Sa veuve dirigea seule la fabrique, qui passa ensuite entre les mains de son fils Marie- Philémon Levavasseur. C’est lui qui introduisit ou tout au moins qui pratiqua surtout à Rouen la décoration au feu de moufle, qui marqua la fin de la fabrication. Plusieurs belles pièces en ce genre imitées de Strasbourg ou de Marseille portent son nom :
che\ Levavasseur à Rouen Va Vasseur à Rouen
un plat du Musée de Sèvres est signé :
quelques autres pièces sont signées simplement:
Il mourut le 26 janvier 1793, âgé de quarante-quatre ans.
LIÈGE Belgique'. Une première manufacture établie dans cette ville parle baron de Bulow, chambellan de Jean-Théodore de Bavière, qui à la date du 27 juin 1752 lui avait accordé un privilège de trente ans, semble n’avoir pas eu de succès puisque, le 1 6 mars 1 767, le prince-évêque, Charles d’Oultremont, donnait aux sieurs Lefébure et Gavron un nouveau privilège : malgré les secours qui leur furent accordés à plusieurs reprises par les Etats, les deux associés firent de mauvaises affaires dues principalement à l’incapacité de Gavron, et Lefébure, ruiné, dut céder son établissement à J. Boussemaert, fils de François de Lille. Celui-ci forma, en 1772, une société qui prospéra assez pour acheter, quelques années plus tard, une usine importante qui fut transformée en faïencerie. L'Almanach de Gournay de 1788 dit, en parlant de la faïence de Liège : « Le vernis de cette faïence est beau, blanc et peu sujet à s’écailler. Entrepreneur, M. Bousmar. » La manufacture de Liège, d’après M. Van de Castéele1, a produit non seulement des fontaines, des plats,
1. Catalogue de l’Exposition de l’art ancien au pays de Liège, 1881.
des assiettes, des services complets, des pommeaux de canne, des manches de couteau, ainsi que des pots à fleurs, généralement décorés en vert, mais aussi des statuettes en tout genre et même des statues de jardin. Le décor, qui n’a rien d’original, copie celui de Rouen, surtout le décor bleu, ainsi que les fleurs peintes au feu de moufle de la manufacture .de Strasbourg. Quelques pièces portent comme marque le Perron liégeois séparant les lettres L G, ou simplement ces deux dernières lettres.
LILLE (Nord). Une première manufacture fut fondée dans cette ville en 1696, par Jacques Féburier (ou Febvrier), modeleur, originaire de Tournai, et Jean Bossu, peintre sur faïence; après la mort de Féburier, en 1729, sa veuve s’associa avec son gendre François Boussemaert, et la manufacture prit, sous la direction de ce dernier, un développement tel que, dans une demande qu’il adressa au Roi à l’effet d’obtenir pour cct établissement le titre de manufacture royale , il ne craignit pas d’affirmer que la fabrique de Lille était « sans contredit la plus importante du royaume ». Boussemaert mourut en 1778 et eut pour successeur Petit.
En 1 7 1 1 , Barthélemy Dorez et son neveu Pierre Pelissier avaient fondé une seconde manufacture que dirigèrent plus tard Claude et François-Louis Dorez, fils de Barthélemy. Deux autres manufactures furent ensuite établies, une, en 1740, par un Hollandais, Wamps, auquel succéda Jacques Masquelier, et l’autre, en 1758, par un Strasbourgeois,
nommé Héreng, à qui Ton doit la grande cheminée à corniche saillante, décorée de paysages avec tigures, en camaïeu bleu, qui fait partie des collections du Musée de Cluny. Il y eut également à Lille une manufacture de poteries, fondée en i 774 par un nommé Chanon, qui fabriquait des ouvrages de terres brunes, désignées sous le nom de « terres du Saint-Esprit à la façon d’Angleterre et du Languedoc », et qui n'eut qu’une existence éphémère, ainsi qu’une autre, établie en 1773, par un Anglais, William Clarke, de Newcastle, qui possédait, disait-il, « le secret d’une espèce de faïence qui ne se fait qu’en Angleterre, qui est à peu près aussi belle que la porcelaine et qui a la propriété de résister au feu sans se fêler, etc... »
Les faïenciers de Lille, après avoir au début, copié servilement le décor bleu de Rouen, transformèrent peu à peu le style de leur décoration tout en lui conservant cependant le caractère rouennais, c’est-à-dire des rinceaux et des arabesques s’enlevant en réserve blanche sur un fond bleu (pl. II2); dans quelques autres œuvres, comme dans les deux autels datés de 1716, et si souvent cités — l’un au Musée céramique de Sèvres, et l’autre dans la collection Liesville, — l’influence hollandaise se fait sentir; Boussemaert reprit la tradition rouennaise, mais il est facile de distinguer ses faïences de celles de Rouen à leur facture plus correcte et plus soignée, à leur bleu moins intense et à leur modelé plus doux. Ces qualités se retrouvent aussi dans la décoration polychrome de Lille, composée d’élégants motifs de style rocaille, d'une composition originale, exécutés en couleurs d’un ton doux et harmonieux, qui contraste avec les colorations franches et vives des fabriques normandes. (Pl. II L) .
Nous croyons utile de signaler également un décor d’un style assez particulier que l’on retrouve également sur les porcelaines tendres et qui peut servir à faire reconnaître bien des faïences de Lille dont l’attribution serait douteuse.
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L’autel du Muse'e de Sèvres est signé au revers en toutes lettres :
Fecit Jacobus feburier Insulis in flandriâ Anno 1716
Pinxit Maria slephanus Borne Anno 1716
Plusieurs faïences de Boussemaert portent son chiffre, quelquefois accompagné du nom de la ville :
(Voir aussi Boussemaert.)
Sur une grande assiette à décor polychrome, du Musée de Sèvres, se trouve la marque reproduite en couleurs (pl. Il) :