‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 149 sur 200 · FACTA IN PALERMO · texte numérisé non relu

FACTA IN PALERMO

Nous ne connaissons pas d’autre exemple des produits de cette fabrique.

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PALISSY (Bernard). Bernard Palissy, le plus connu et certainement le plus populaire de tous les hommes qui se sont adonnés à l’art de la terre, naquit, suivant toutes probabilités, à La Chapelle-Biron, près Agen, en i5io. On sait peu de chose sur sa jeunesse; comme la plupart des artistes et artisans de son temps, il commença par voyager, exerçant plusieurs métiers, entré autres la vitrerie (qui comprenait la peinture et l’assemblage des vitraux), la pourtraicture , l’arpentage et la géométrie. Il parcourut ainsi successivement les provinces du Midi et de l’Est, la Basse- Allemagne, les Flandres, etc., où, tout en travaillant pour gagner sa vie, il recueillait des trésors d’observations géologiques et de remarques ingénieuses qu’il a consignées plus tard dans ses écrits et qui devaient l’aider singulièrement dans les recherches qu’il entreprit par la suite. Il se maria vers 1 5 3 9 et nous le retrouvons à Saintes, en 1542, « déjà aux prises avec la pauvreté ». C’est alors qu’il se mit en tête de chercher la composition des émaux. Après des travaux et des essais sans nombre, il arriva à trouver un émail blanc « qui estoit, dit-il, singulièrement beau », mais qu’il ne sut pas employer d’une façon pratique. Pour faire taire ses créanciers et nourrir sa nombreuse famille, il dut alors avoir recours à son ancien métier d’arpenteur; mais aussitôt qu’il avait un peu d’argent devant lui, c’était pour reprendre la recherche de ses émaux. Après deux ou trois nouvelles tentatives, aussi infructueuses que la première, et pendant lesquelles, suivant son expression « il cuida entrer iusques à la porte du sepulchre », il parvint enfin à se rendre entièrement maître de son art. Il fabriqua d’abord des faïences couvertes d’émaux jaspés qui le firent vivre pendant quelques années; puis, ensuite, des plats ou bassins rustiques, ornés de serpents, grenouilles, poissons, lézards, etc., moulés en relief, qui sont restés les monuments les plus populaires de son génie. Sa réputation grandit alors; ses curieuses et remarquables vaisselles de terre furent de plus en plus recherchées des grands seigneurs et lui donnèrent, avec l’aisance qui lui fit oublier ses misères passées, des protections qui devaient lui être d’un grand secours, entre autres celle du connétable Anne de Montmorency, qui lui commanda pour son château d’Ecouen des travaux importants dont il ne reste malheureusement plus aucune trace. Mais bientôt, emporté par son esprit ardent et inquiet, Palissy embrassa les nouvelles idées religieuses; il fut un des fondateurs de l’Eglise réformée de Saintes et son atelier devint un lieu de réunions et de conciliabules. Lorsqu’en 1 5 6 2 le Parlement de Bordeaux ordonna d’exécuter dans son ressort l’édit de Henri II, qui punissait de mort « le crime d'hérésie » , il fut arrêté et, malgré la sauvegarde que lui avait donnée le gouverneur d’Aquitaine, Louis de Bourbon, duc de Montpensier, conduit de nuit aux prisons de Bordeaux. Heureusement pour lui, le connétable de Montmorency, ayant appris le danger

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qu’il courait, lui lit décerner, par Catherine de Médicis, le brevet d'inventeur des rustiques figulines du roy ; il échappait ainsi à la juridiction du Parlement de Bordeaux, comme faisant partie de la maison du roi, et était sauvé. Il quitta alors Saintes, et après un séjour de quelques années à La Rochelle alla s’établir à Paris, où il dut arriver vers 1 5 65 et où il retrouva la protection de Catherine de Médicis, qui lui commanda une grotte rustique dans les jardins du palais des Tuileries qu’elle venait de faire construire. C’est à Paris que, tout en continuant la fabrication de ses poteries, il publia ses Discours admirables sur la nature des eaux et fontaines , des métaux , etc., et qu’il fit publiquement des cours scientifiques, véritables conférences auxquelles il conviait les savants de son époque et qui étaient annoncées au moyen d’affiches collées «-dans tous les carrefours ». Il mourut en ffipo. Dénoncé par un de ses anciens coreligionnaires, il fut arrêté en 1 5 88 ; ses protecteurs étaient morts, et, malgré l’appui du duc de Mayenne, qui fit prolonger son procès, mais ne put le rendre à la liberté, il termina en prison, à l’âge de quatre-vingts ans, une existence commencée dans la misère.

L’œuvre assez considérable de Palissy comprend trois périodes distinctes, correspondant à chacune des phases de sa vie, que nous venons d’indiquer rapidement.

De la première période, celle des recherches et des tâtonnements, datent les plats, les « vaisseaux de divers émaux entremeslez en manière de jaspe » et le commencement des « bassins rustiques ». Au point de vue purement céramique, ce sont les plus belles et les plus intéressantes de ses œuvres. Même lorsqu’il fut arrivé à posséder parfaitement la pratique de son art, Palissy n’a rien produit qui vaille ces premières pièces aux tons chauds et brillants, aux émaux limpides et profonds-,

La seconde période est caractérisée principalement par la fabrication des pièces rustiques; ce sont celles qui portent surtout l’empreinte la plus franche et la plus caractéristique de son talent si original et si épris des merveilles de la nature. Elles se composent principalement de plats ou bassins presque toujours ovales, peu profonds, à bords évasés, dont quelques-uns atteignent parfois 5o et même 55 centimètres; elles sont émaillées au revers d’une jaspure de différents tons. Les bouteilles ou gourdes de chasse et les aiguières sont beaucoup plus rares que les bassins. Parmi ces derniers, ceux qui datent des débuts de la fabrication sont extrêmement remarquables; les feuilles, les coquillages, les reptiles et les poissons qui les décorent et les animent sont disposés et reproduits avec un goût parfait et une connaissance exacte de la nature.

La troisième période comprend les plats à ornements et à figures en bas-reliefs. C’est dans cette série qu’il faut ranger les corbeilles si délicatement découpées à jour, les bassins dont les bords sont souvent

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