ARD
ciselée. En 1780, une manufacture dirigée par Bonnet était renommée pour ses poteries marbrées, obtenues par le mélange de cinq terres : rouge, brun foncé, vert, jaune clair et foncé, mélangées par un broyage spécial. Millin, dans son Voyage dans les départements du midi de la France (t. III, p. 921, parle de cette manufacture : « En revenant, nous entrâmes dans la manufacture de poterie et de faïence de M. Bonnet, située près du chemin. La faïence qu’on fabrique dans cette maison résiste au feu. Elle est presque toute de couleur jaune; il y en a aussi de la brune, d’autre qui imite différentes espèces de marbres et de brocatelles ; mais la jaune est la meilleure. »
Une fabrique, dont les produits sont confondus avec ceux d’Apt, existait au Castelet, petit village situé à très peu de distance. On lit sur un vase cylindrique du Musée de Lyon, dont le couvercle est surmonté d’une figurine de bergère assise, le coude appuyé sur un tronc d’arbre, l’inscription suivante, gravée dans la pâte: la Bergère dans l'inquiétude , ou Départ de son amant, à Castelet par moy César Moulin fils ex. Le Musée de Sèvres possède un vase à ornements en relief et festons de couleurs variées fait par Moulin en 1 780, ainsi que divers spécimens de la fabrication de la veuve Arnoux (1802), dont quelques-uns sont marqués d’un W et d’un A accolés.
ARBOIS (Jura). L’ Almanach de Gournay (1788) mentionne une fabrique dirigée par un faïencier nommé Giroulet, auquel on doit sans doute les faïences dites patriotiques , dont Max Buchon a signalé l’existence en 1867. (Cf. Chronique des Arts , 24 février 1864.) Sur une écuelîe du Musée de Sèvres, décorée grossièrement en bleu rehaussé de jaune, on lit : Joseph Laurent D'Artois 17 46 . Une assiette de la collection Liesville portait le nom dé Aimé Laurent 1746, et un petit tonneau de la même collection à décor polychrome était signé : Artois 1787.
ARDUS (Tarn-et-Garonne) , à sept kilomètres de Montauban. La manufacture d’Ardus , établie vers 1 7 3 7, a produit surtout des faïences décorées dans le style de celles de Moustiers, dont elles se distinguent cependant par leur émail moins blanc, leur pâte plus lourde et leur exécution moins soignée; en outre, et comme la plupart des faïences du sud-ouest, le bleu est d’un ton sali et légèrement ardoisé. Quelques pièces sont signées en toutes lettres : d' ARD VS 178g. Un plat décoré dans le style de Bérain et timbré d’un écusson portant, comme armes parlantes, un moulin à vent, est signé : Molinié fecit. Vers 1752, la manufacture d’Ardus fut dirigée par une femme, Louise Pichon , dont on trouve le nom sur quelques pièces d’un décor assez simple : Fait à Ardus , près Montauban , le 14 e may 1782, Pichon Vve. Un autre