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pour 1788 , nous apprend qu’il y avait à Aubagne, à cette époque « seize fabriques de poteries et deux de faïence fort belle où l’on fait tout ce que l’on peut désirer dans ce genre ». Les faïences d’Aubagne ne portent aucune marque, et il est probable qu’elles doivent rentrer dans cette catégorie d’imitations des produits de Moustiers et de Marseille fabriqués un peu partout dans le Midi. On sait cependant que c’est à Aubagne que l’on faisait les tableaux à cadres figurés et à figures de saints et de saintes en relief peint, dont on voit de nombreux spécimens dans les collections particulières de Marseille et dans quelques églises des environs, ainsi que les Christs en faïence blanche posés sur une croix découpée de façon à se détacher sur un fond de velours, mais tenant par ses extrémités à un cadre de forme chantournée à moulures peintes. Un spécimen de ce genre existe au Musée de Sèvres.
AUDUN-LE-TICHE (Meurtlie-et-Moselle). Une manufacture de faïences y fut établie en 1748 par François Boch, mouleur en fonte de fer, qui s’associa avec son gendre, Valette, ouvrier faïencier à Saint- Clément. A la mort de ce dernier, ses trois beaux-frères, Jean-François, Dominique et Pierre-Joseph, dirigèrent la fabrique, dont ils devinrent propriétaires après le décès de leur père, en 1754, mais qu’ils quittèrent en 1765, pour aller s’établir à Sept-Fontaines, dans les environs de la ville de Luxembourg. — Voir ce mot.
AUVIL.LAR (Tarn-et- Garonne) possédait au xvme siècle plusieurs manufactures dont les produits imitent plus ou moins grossièrement les faïences de Moustiers, de Varages et même de Rouen; l’émail en est assez beau et très uni. Quelques pièces, d’une exécution assez soignée, sont attribuées à un céramiste d’origine italienne, nommé Lindor, tout à la fois peintre et modeleur, qui aurait apporté à Auvillar la manière de décorer les faïences sur émail cuit. On ne connaît aucune pièce signée.
Cf. E. Forestié, Les Anciennes Faïences de Montauban , Ardus , etc.
AUXERRE (Yonne). On y a fabriqué, à la fin du siècle dernier, des faïences communes dans le genre des produits les plus ordinaires de Nevers. Une manufacture, fondée en 1789, par Claude Boutet, dans l’ancien couvent des Capucins, cessa d’exister vers 1820. Une soupière, du Musée d’Auxerre, décorée de guirlandes de fleurs et de fruits, porte en dessous l'inscription suivante :
Faïence d'Auxerre. Au Capucin
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Arché , Vausse , Ligny-le-Chatel et Chevannes , dans la même région, ont également fabriqué des faïences assez communes.
Cf. Aimé Cheret, Les Faïences de V Auxerrois , in-8°, 1874.
AVIGNON (Vaucluse). Bien que l’on connaisse, grâce aux recherches de M. P. Achard, archiviste du département de Vaucluse, les noms de quelques potiers établis à Avignon depuis le commencement du xvie siècle jusqu’à la fin du xvme, on ne sait rien sur l’histoire de la fabrication des belles poteries en terre rouge, vernissées en brun et rehaussées parfois d’ornements en relief, recouverts d’un ton d’or patiné, qui sont sorties des ateliers de cette ville, surtout au xvne siècle. Ces poteries, d’une belle exécution et de formes élégantes, sont quelquefois confondues avec les terres vernissées italiennes, d’où elles procèdent évidemment; on peut cependant les distinguer à leur émail plus gras, plus limpide et d’un ton plus chaud.
Avignon a possédé également, au xvme siècle, une manufacture de faïences à émail stannifère, sur laquelle les renseignements historiques très précis font défaut, mais dont plusieurs spécimens ont figuré à l’Exposition rétrospective qui eut lieu dans cette ville au mois de mai 1891. Ces faïences sont caractérisées par un émail brillant, des couleurs à tons doux et l’usage fréquent dans le décor de paysages identiques à ceux des vignettes dont abusait l’imprimerie avignonaise si florissante au siècle dernier. Cette manufacture, dont l’enseigne, peinte en caractères bleus, sur une plaque de faïence à bord chantourné, bordée d’un cordon en relief et encadrée d’un rinceau bleu :
FABRIQUE DE FAIANCE CHEZ CARBONEL
existe encore à Avignon incrustée dans le mur d’un bâtiment situé à l’angle des rues des Trois-Colombes et de la place Saint-Joseph, a imité plusieurs genres et bien des faïences, indiquées dans les musées et dans les collections, sous la dénomination de : Fabrique du midi ou Ecole de Moustiers , peuvent certainement lui être attribuées.
Cf. Labande et F. Mazerolle, Catalogue de l’Exposition des Arts rétrospectifs , Avignon, 1891.
AVISSEAU (Charles- Jean), né à Tours, le 25 décembre 1796; d’abord ouvrier potier dans les fabriques de Saint-Pierre-les-Corps, à Tours, il travailla ensuite à Beaumont-les-Autels, où il eut occasion de voir une pièce de Palissy, qui produisit sur lui une impression telle qu’il n’eut plus qu’une pensée, celle de retrouver le secret de la fabrication et
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de l’emploi de ces émaux qu’on lui disait être perdu. Ses essais durèrent quinze ans, comme ceux de Palissy, et comme lui, il eut à endurer la misère, les privations, les moqueries, passant par les mêmes alternatives de doutes et d’espérances, sans pouvoir atteindre le but qu’il poursuivait avec une persévérance et un courage qui ne se démentirent jamais. C’est en 1 8-p seulement que ses produits commencèrent à être connus, et le modeste potier trouva bientôt parmi ses compatriotes, et à Paris même, d’ardents admirateurs. Il eut alors à lutter contre une tentation à laquelle beaucoup d’autres, moins pauvres que lui, n’auraient pas su résister; un grand nombre d’amateurs et de marchands de curiosités lui dirent que sa signature seule empêchait de vendre ses poteries comme étant de Palissy, et lui offrirent des prix élevés pour celles de ses œuvres qu’il voudrait ne pas marquer de son nom ; il repoussa ces propositions, comme indignes de sa probité et injurieuses pour l’honneur que ses travaux devaient lui mériter. Les Expositions universelles de Londres et de Paris, en 1 85 i et 1 85 5 , consacrèrent sa réputation, sans lui apporter, non pas la richesse , mais même une modeste aisance; travaillant seul ou seulement aidé de son fils et de ses filles, Avisseau produisait peu et chacune des pièces sorties de ses mains lui demandait un labeur de plusieurs mois qu’un accident de cuisson venait parfois anéantir en quelques heures. Il mourut, à la suite d’une courte maladie, le io février 1 86 1 , laissant pour tout héritage le souvenir d’une vie d’honneur et de travail, et la gloire d’avoir été un des principaux initiateurs de ce grand mouvement de rénovation artistique qui a placé la céramique française au premier rang des industries modernes. Outre les plats rustiques faits à l’imitation de ceux de Palissy et qui ont commencé à établir sa réputation, on lui doit plusieurs pièces importantes, vasques, aiguières, bassins, flambeaux, etc., disséminées dans tous les musées et les grandes collections de l’Europe, et qui toutes portent, gravé en creux, son monogramme :
accompagné quelquefois de son nom écrit en toutes lettres, AVISSEAU A TOURS, ou AVISSEAU. — Son fils Édouard Avisseau continua dignement son œuvre. C’est lui qui le premier, aidé des conseils de son père et d’après les indications contenues dans le Traité des Arts céramiques de Brongniart, a fait revivre les procédés employés au xvie siècle, dans la fabrication des faïences connues successivement sous le nom de Faïences de Henri //, Faïences d'Oyron et enfin Faïences de Saint - Porchaire.