‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 42 sur 200 · CAF · texte numérisé non relu

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CAFAGGIOLO (Italie). La fabrique de Cafaggiolo, fondée, suivant toute apparence, sous les auspices de Cosme de Médicis qui s’était fait construire un château dans cette petite ville située sur la route de Florence à Bologne, a produit des faïences qui méritent d’être placées au rang des plus belles et des plus artistiques de l’Italie.

L’existence de cette fabrique a été vivement contestée dans ces derniers temps en Italie. Suivant M. le professeur Carlo Malagola ( Mémo rie storiche sulle maioliche di Faenza), Cafaggiolo n’aurait jamais été un centre de production céramique et les faïences qui lui sont attribuées seraient sorties de batelier d’un certain Fagioli, établi à Faenza [Casa Fagioli , et, par abréviation Ca-Fagioli.'] Cette opinion, émise en 1880 et qui trouva alors peu d’écho, fut reprise récemment par M. Agnani (Le Ceramiche e Maioliche Faentine ) et la démonstration en faveur de la thèse qu’il soutenait parut tellement concluante que, dans presque toutes les collections, on rendit à Faenza les pièces qui, jusqu’alors, avaient été attribuées à Cafaggiolo. Cependant plusieurs savants italiens, M. Rossi, entre autres, conservateur du Musée du Bargello, protestèrent, se fondant sur ce que, dans la plupart des pièces marquées, le nom de Cafaggiolo est écrit, soit avec un H [CHAFAGG1 OLO] , orthographe que l’on retrouve dans d’anciens textes, soit avec un G initial remplaçant le C [GAFAGGIOLO] ce qui réduit à néant l’assertion relative à la Casa Fagioli. Il est indiscutable néanmoins que Faenza ait exercé une influence considérable sur les produits de la céramique toscane et l’on sait, du reste, que vers la fin du xve siècle, à l’époque où la fabrique de Cafaggiolo paraît avoir été fondée, des artistes de Faenza se trouvaient à Florence, ce qui explique l’analogie qui existe entre les faïences de Cafaggiolo et celles de Faenza, mais cette analogie cependant n’est pas telle qu’il faille les attribuer toutes aux ateliers de Faenza, et M. Rossi a non seulement démontré, d’une façon péremptoire, les différences de couleurs et de décoration qui existent entre les faïences des deux fabriques, mais a encore signalé, dans les légendes des pièces de Cafaggiolo, des idiotismes qui n’ont pu être commis que par des artistes toscans. Suivant lui la manufacture de Cafaggiolo a bien réellement existé, et, dans la dernière moitié du xvie siècle, fut dirigée par un certain Antonio Fattorini, qui cherchait à imiter, assez mal à la vérité, les faïences d’Urbino.

Les faïences de Cafaggiolo sont faciles à reconnaître au dessin ferme et correct des figures, tracées en bleu d’une façon assez accentuée et modelées sobrement en bleu plus clair, puis rehaussées de couleurs parmi lesquelles on trouve un ton orangé particulier à cette fabrique, et, surtout, aux tonds bleu lapis, appliqués largement et laissant apparaître en stries verticales les inégalités du pinceau, sur lesquels se détachent les

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