‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 74 sur 200 · ÉPINAL · texte numérisé non relu

ÉPINAL

ÉPIS DE FAITAGE. On désigne ainsi les ornements en terre vernissée ou émaillée qui étaient placés sur les pignons, sur les croupes et sur les lucarnes des châteaux, des maisons et des fermes. C’est surtout dans la seconde moitié du xvie siècle que furent fabriqués dans les environs de Lisieux, à Manerbe, à Bonnebault et à Pré-d’Auge, ces beaux épis de faîtage dont quelques-uns atteignent parfois une hauteur de 1 m. 80 cent., et qui sont composés de tubes ou manchons en terre émaillée, décorés avec le goût le plus varié, et formant autant de pièces séparées, reliées entre elles au moyen d’une longue tige de fer scellée dans le poinçon du faîtage.

On fabriquait également des épis ou étocs, mais beaucoup moins importants, en Normandie, à Malicorne, à Armentières, à Infreville, en Bretagne, aux environs de Lamballe, et dans quelques poteries de la Champagne. Le Musée deTroyes entre autres possède plusieurs faîtages en terre vernissée qui remontent au xive et au xve siècle.

ÉTOILE (L’). Enseigne d’une manufacture de faïences fondée en 1690 par Theodorus Witsenburgh. Les faïences de cette fabrique sont généralement très soignées et quelques-unes, surtout des plaques avec bordures en relief formant encadrement, peuvent être rangées parmi les plus belles œuvres de la céramique delftoise. Marque :

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En 1705 la manufacture passa entre les mains de Damis Hofdick. — Voir ce nom.

ETRURIA, manufacture fondée vers 1769. — Voir Wedgwood.

FABRIANO, près Gubhio (Italie). La marque suivante a été relevée sur une magnifique faïence de la collection Castellani, exposée à Paris en 1867, — entrée depuis dans les collections Basilewski et Spitzer, — qui représente, d’après une gravure de Marc Antoine, la Vierge et Sainte Anne gravissant les degrés du Temple. Le V barré qui fait partie de cette marque se trouve également sur un plat ( tondino ) du Muséum of Practical Geology , à Londres (c qü) dans la cavité duquel est peint un Amour et, sur les bords, V Enlèvement de Proserpine.

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FAENZA (Italie). La fabrique de faïence établie dans cette ville fut certainement une des plus anciennes et des plus importantes parmi celles qui brillèrent d’un si vif éclat dans l’Italie du xvie siècle. Une plaque du Musée de Cluny porte la date de 1475, deux plats signalés par M. Malagola ( Memorie storiche suite Maioliche di Faenza, Bologne, 1880, in-40), représentant les armoiries des Manfredi, seigneurs de Faenza, sont datés de 1480, et, dès 1485, il est question de ses « majoliques si blanches et si brillantes»; Piccolpasso, qui écrivait en 048 et qui lui-même dirigeait une fabrique rivale, parle avec de grands éloges des produits de Faenza « qui tient le premier rang pour la fabrication des vases ».

L’influence orientale ou tout au moins persane se fait sentir dans la décoration un peu archaïque des premiers produits de Faenza, qui se reconnaissent à la raideur des formes et au ton particulier d’un bleu lapis tournant parfois au pourpre. Plus tard, la coloration devient plus

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douce, plus harmonieuse, en même temps que les formes sont plus élégantes et la décoration plus souple, plus variée et plus originale. C’est principalement des ateliers de Faenza que sont sorties ces belles majoliques ornées d’arabesques légères et gracieuses, charmantes de dessin, et de coloration harmonieuse, au modelé délicat s’enlevant sur un fond jaune orangé, brun ou quelquefois jaune clair, et les pièces, flacons ou coupes, à cannelures dont les rinceaux se détachent sur des fonds alternés de bleu lapis et de jaune. C’est également à Faenza que fut exécuté avec le plus de succès le décor dit bereitino. (Voir ce mot.)

Dès le commencement du xvie siècle, les sujets à figures, les historié commencent à apparaître à Faenza, mais sans caractères bien déterminés, et il est facile de les confondre avec ceux des autres fabriques, particulièrement d’Urbino; on croit pouvoir cependant les distinguer à leur revers orné de cercles concentriques, de spirales ou d’imbrications largement tracées en jaune ou en bleu. Un atelier qui semble avoir eu une certaine importance était établi dans la casa Pirota; plusieurs faïences d’une belle exécution en portent la marque :

F ata in Faen\a in caxa Pirota

Parmi les artistes qui ont travaillé à Faenza, on ne peut guère citer que Baldasara Manara dont on trouve quelquefois la signature en toutes lettres sur plusieurs pièces, entre autres sur une plaque du British Muséum :

Mille cjnque cento trentasej adj tri de luje Baldasara manara faentino faciebat.

et auquel on attribue également la marque :

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Les autres marques que l’on trouve le plus souvent sur les produits de Faenza sont les suivantes :

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