GAZA
que les savants ferrerai* ne pouvaient pauer devant la maison ou il avait tenu ses cours sausse découvrir, usage qui se maintint encore longtemps après sa mort Jusque là ton principal moyen «l'existence consistait dans Part calligraphique, où il était habile, comme la plupart des savants grecs d'alors. Le cardinal Bessarion voulut avoir de sa main un exemplaire de V Iliade, que Ton conserve à la bi! iothèque de Venise; il en existe un autre dans la Laureniienne, à Florence. En 1450, Gaza fut appelé à Rome par Je pape Nicolas V, qui, sachant apprécier son immense mérite et sa connaissance approfondie de la langue latine, l'employa à traduire des livres grecs en langue latine. C'est ainsi qu'il traduisit les Problèmes d'Alexandre d'Aphrodise, la Tactique d'ÉUen, le Traité de la Composition par Dcnys d'Hdlicarnasse , Y Histoire des Animaux d'Aristote, ete. Il traduisit également plusieurs ouvrages du latin en grec, tels que le Traité de la Vieillesse et le Songe de Scipion, île Ckéron. Ces traductions sont loin aujourd'hui d'être aussi estimées qu'elles le furent a leur apparition ; mais une œuvre pour laquelle Gaza mérite encore noire admiration , et qui lui appartient tout entière , c'est sa Gramuiaire Grecque, écrite eu grec. Érasme fut le premier qui commença a la mettre en latin ; il no traduisit que les deux premiers livres; d'autres savants ont achevé cette version, qui s'est enrichie de notes et de remarques. Outre ses nombreuses traductions, Gaza a laisse' quelques ouvrages inédits, que Ton regarde généralement comme d'un médiocre intérêt. Il est un de ces savants qui, émigrant de la Grèce an quinzième siècle, vinrent apporter à l'Italie le flambeau de la philosophie et des lettres grecques , qui semblait s'être éteint depuis longtemps. Il mourut en 1478, dans les Abruzzes, où il avait obtenu un bénéfice.
GAZE. Ce mot sert à designer un tissu délicat et léger, fabriqué avec de la soie, ou avec moitié soie et moitié fd de lin. Les caractères i»artkuliers de la gaze sont la transparence et la finesse, ce qui la distingue de toute autre étoffe. Cette transparence et celte finesse s'obtiennent au moyen de l'écartement des fils de la trame, uniformément maintenus a des distances égales T par le serpenteroent de deux fils de chaîne l'un sur l'autre, de telle sorte que, bien qu'elle ne présente qu'un fil à l'œil, la réunion de ces deux fils avec le fil de trame compose un tissu â petits jours ou criblé de trous.
Le nom que |K>rto ce tissu lui vient, suivant Du Cange, de ce qu'il fut dans l'origine fabriqué à Gaza en Syrie. L'ouvrier qui travaille à cette étoffe se nomme gazier. On distingue plusieurs sortes de gazes , qui sont généralement connues et rangées sous les dénominations de gaze de fil ou gaze apprêtée, gote façonnée ou rayée, gâte brochée, gaze crème, gaze fond plein et gaze d'Italie. Ce qui les différencie, c'est la qualité des matières, la nature des apprêts et la diversité du travail. La otue de fil, dite apprêtée, se fait avec de la soie du pays, grège et jaune; mais il faut la blanchir après. La gaze façonnée on rayée se fabrique avec le métier à la Jacquart, de même que la gaze dite brochée. La gaze crime ou à la crime offre entre ses fils de plus grands espaces et des rayures plus marquées que les autres gazes. La gaze fond plein est le pins ordinairement unie. Quelquefois, cependant, elle est accompagnée de liteaux près des lisières ; quelquefois aussi ces liteaux sont placés à des distances diverses sur la largeur, bans ce cas , la gaze fond plein prend te nom de gaze fond plein rayée. La gaze d'Italie est fabriquée comme le tafletas et la toile ordinaire. On emploie pour la confection de cette gaze une soie de Chine appelée soie de Nankin ou soie Sina , laquelle est naturellement blanche. Nous ne parlerons pas de la gaie nommée fond filoché, qui n'est plus en usage ; elle a été remplacée par le tulle.
Le métier pour fabriquer les gazes ressemble à celui de tisserand , sauf qu'il a trois marches et trois lisses ou lames. Mais la troisième lisse est moitié moins élevée que les au-