FRONT — FRONTIERES MILITAIRES
entière , si l'on sait sur combien de rangs die est placée. Un bataillon, nn escadron, une batterie, etc., qui, rangé; en bataille, se portent en avant, exécutent une marche de front. On attaque l'ennemi de frvnt toutes lus fois qu'ayant pris une ligne de bataille parallèle à la sienne, on l'aborde en face sur la plus grande étendue de son front de bataille. La manœuvre du changement de front, inconnue aux anciens, a cause de la grande profondeur de leur front de bataille, est une des plus belles que l'on puisse exécuter.
Pour les termes front de bandière, front de fortification, front d'attaque, voyei Bandière, Casthamétatio!1» , Fortification et SiécE.
FRONTAL, qui tient au front : ainsi, la région frontale indique la partie de la tête qui appartient au Iront; les muscles et nerfs frontaux désignent les muscles et les nerfs qui existent dans cette partie. Frontal représente aussi une ps père de bandeau médicamenteux, qu'on applique sur le front, et qui y agit à la manière des topiques. On désigne par le même mot un instrument de supplice ou plutôt de torture destiné a serrer le front. Enfin, le moi- frontal sert à indiquer l'os ou les os du front. L'os frontal, le frontal, qu'on appelle encore eoronal, est composé de deux parties symétriques, qui dans certaines espèces se soudent l'une à l'autre a un certain âge, et ne forment plus qu'un seul os, et dans d'autres epèces restent distinctes : on donne le nom de frontal à cet appareil osseux d'une ou de deux pièces. Le frontal est justement la charpente osseuse qui donne au front sa forme ; lui-même prend presque toujours celle que lui impose la partie antérieure du cerveau ; il s'articule en arrière avec les os du c râ ne, en avant et en bas avec ceux de la face, d'où il résulte que le front paraît d'autant plus développé que la face est moins allongée et que le frontal est plus poussé en avant par les organes encéphaliques. Lt frontal présente quelquefois, et presque toujours à un certain Age, des cavités entre les deux lames compactes dont il se compose : ces cavités, que l'on nomme sinus frontaux , et qui communiquent avec l'intérieur du nez, peuvent, par leur développement, donner an bas et au milieu du front pins de saillie, et par conséquent tromper sur la forme et le volume du cerveau, qui est derrière. Il y a des maladies particulières des sinus frontaux qui trompent souvent les gens dn monde, et quelquefois même les médecins, parce qu'on se laisse aller a rapporter au cerveau ou à d'autres parties voisines ces maladies douloureuses qui n'ont si souvent pour siège unique que les cavités dont nous parlons. Sur le bas du frontal sont dessinés les sourcils. Le bas du même os , en se repliant en arrière, forme la voûte de l'orbite , et c'est le point où l'enveloppe osseuse du cerveau est plus mince et plus facile à perforer. Partout ailleurs, l'épaisseur du frontal est assez considérable pour qu'il résiste à des contusions, même violentes; ses articulations sont telles d'ailleurs qu'il transmet presque toujours par des points osseux très-résistants et très-compactes l'effort qu'il reçoit à des parties solidement constituées et épaisses. Sur le devant du frontal se trouvent deux saillies assez prononcées sur certaines têtes : on a donne à ces saillies le nom de bosses frontales; les plirénologistes modernes y logent des facultés différentes , suivant qu'elles sont plus ou moins rapprochées, plus on moins élevées sur le frontal : cette saillie est exprimée en générai par nn creux sur la face opposée de l'os, et elle correspond à la partie antérieure des hémisphères cérébraux.
FROtVTE AU. On donne ce nom a une espèce de bandage encore appelé frontal; on l'a donné aussi à certaine pièce du liarnais d'un cheval destinée à lui couvrir le front quand H est caparaçonné pour quelque cérémonie, ou guerrière ou funèbre. (Test en outre le nom qu'on donne à un bandeau que dans certaines solennités les Juifs mettaient autrefois sur leur front.
FRONTIÈRES, bornes extrêmes, marquant les points qui séparent des pays et des États divers. On emploie souvent comme synonymes les mots confins et limites. Les
frontières qui limitent les pays voisins sont tracées ou par la nature ou par la politique. Les montagnes, les men,, les fleuves et les rivières forment des limites naturelles. Le* peuples sont aussi séparés naturellement par la différence des langues, signalées communément par les frontières naturelles qui les isolent les uns des autres. Les frontières politiques sont celles qui ont été assignées au\ nations par des conventions diplomatiques, consenties en général pour
FROiWl1r:RESUM^ On Bppelle ainsi l'étroite lisière du territoire de l'Autriche qui la sépare de la Turquie; contrée soumise a une organisation militaire et administrative particulière, et qui en IMO à été érigée en domaine de la couronne. Elle confine au nord à ÎT I y rie, à la Croatie et à l'Esclavonie, à la voyvodie.de Servie et an Banat de Ternes; & l'est, à la Transylvanie et à la Valachie ; au sud, à la principauté de Servie, à la Bosnie et à la Dahnatie ; à l'ouest, à la mer Adriatique, et distraction faite des Frontières militaires de Transylvanie, supprimées en 1851 ( superficie : 73 myriamètres carrés; population, 283,000 Ames ), elle contient une superficie de 400 myriamès 1res carrés, avec 1,010,000 habitants. A l'ouest, les Alpes Juliennes, venant delà Croatie, s'y prolongent jusqu'au mont Klekou Têted'Ogulin ( Oçulincrkopf), haut de 2,167 mètres, près de Zengg ; le grand et le petit Cape lia en dépendent. C'est au Klek que commencent les Alpes Dinariijuc* , qui s'étendent le long de la Frontière, portent en partie le nom de mont Vellebit ou Morlak, y atteignent à Heiligenberç une altitude de 1833 mètres, et se prolongent jusqu'en Turquie. A l'est, les Carpathes s'inclinent dans la direction du Danube, et envoient diverses ramifications vers les Frontières du Banat, entre autres le mont Gougou ( 2400 mètres ), le Sxemenik ( 1533 mètres), le Sxarko (2,310 mètres), le Mick ( 1910 mètres ), etc. La partie centrale de ce pays est généralement plate. On y trouve aussi de magnihn\i<^ vallées, par exemple la vallée d'Almase, près des Frontières du Banat, célèbre à bon droit par sa beauté vraiment féerique, et celles deZermagna, de Korbawa et de Kavenicu près des Frontières de Croatie. Les eaux y sont très-inègnlemcnt partagées. A l'ouest, le pays est baigné par la uier Adriatique et par le canal Morlak. Les rivières des Fruitières de Croatie se perdent pour la plupart sons terre, d'où elles vont rejoindre la mer, par exemple la Likka, la Gaczka, etc. Dans les autres parties, le Danube est le principal cours d'eau. Il arrive de la voyvodie de Servie sur le territoire des Frontières militaires près de Peterwardeia, forme, a partir de Semlin, la Frontière du côté de la Turquif , et abandonne complètement le pays à Orsova. Ceux de ses affluents qui arrosent ce pays sont la Drnvc, la Save avec la Koulpa et l'Ounna, la Theiss, la Bega, le Tcmes, la fiera et la Cserna. C'est seulement dans les Frontières de Karlstw H qu'on rencontre quelques petits lacs de montagnes, dont le» pins importants sont les huit lacs de Plttvicz, et le lac de Gaczka, près d'Ottochacz. Les marais qui avoisinent la Save, la Drave, le Danube et la Theiss n'en sont que plus considérables. Le climat dans les contrées montagneuses est le plus généralement rude; mais dans les plaines qui entourent Semlin, Carlovricz, etc. , il est très-doux. L'air est malsain dans les parties marécageuses, ou se déclarent as^ez souvent des fièvres et autres maladies. Les habitants, répartis tu 12 villes, 9 bourgs a marchés et 1 760 villages, sont pour la plus grande partie des Slaves, notamment des Croates des Slowenes et des Serbes , puis des Vainques, des Allemands, des Clémenlins. En ce qui est de là religion, les grecs non unis, qui ont pour chef le patriarche de Carlowiez, sont les plus nombreux ( 551,600 ); viennent ensuite les catholiques romains ( 435,000 ). On compte environ 17,000 protestants, 5,400 grecs unis an plus, et quelques centaines de juifs. Les produits du sol sont Ires-variw. La bonté et la fertilité sont extraordinaires dans les Frontières du Banat; et il en est à peu près de même dans ks Frontières d'Esclavonie, On y récolte toutes les espèces de
céréales , surtont du mais, puis des légumes, des pomme* de terre, beaucoup de choux, de nm, de citrouilles, de meions, etc Les fourrage y sont abondants, bien qu'on ne team P*s i «'en procurer par des cultures artificielles. L'Iiorticultore n'est guère productive; en reranebe, la culture dea fruits y donne de riches résultats. On récolte notamment beaucoup de prune* dans les Frontières d'Ksclavonie, et on en retire une liqueur vineuse appelée slivovieza. A l'evt*ouon des plus haute* montagne», on cultive la vigns à peu pr* partout, mais plus |Kirtictilierem«ot dans les Frontières <J Xsclavonie, ou les vignobles de Fruska Gora sont célèbre* ; «ton expédie au loin les Tins rouges de Carlovicz, le Schil- IrTwàn, le Tropfwermntb, etc. On y cultive aussi le chanvre, le ba, le tabac, un grand nombre de plantes et de ratines tinctoriale», diverses plantes aromatiques et médicinales croissant spontanément, de grandes quantités de Jonc» et de roseaux , qu'on utilise pour le chauffage dans les locaux dépourvues de bois. De vastes forêts, situées principalement dans les Frontières de Karlstœdt donnent lieu à d'importantes exploitations. Sur 4,614,767 arpenta de terre en culture, on en compte 1,378,877 en terres à blé, 48,088 en >«ues, 795,756 en prairies et jardins, 775,361 en pâturages et 1,6»,745 en forêts produisant annuellement 2,382,ooo cordes de bois. Le règne animal offre du gros bétail de race médiocre, des chevaux, des moutons, dont l'espèce demande à être améliorée ; des chèvres et des porcs, beaucoup de volailles, et surtout dans les Frontières d'Esclavooie de oooibreux troupeaux de dindons. Les produits de la chasse et de la pèche sont importants. Le règne minéral donne un peu d'or, de l'argent, du cuivre, du plomb et do fer, beaucoup de pierres et de terres de diverses espèces, peu de bouille et |>as du tout de sel. En fait de sources minérales, les eaux sulfureuses de Mehadia sont justement célèbres; et les bains sulfureux de Topusxko dans les Frontières du lUnat attirent aussi un grand nombre de baigneurs. L'Industrie y est sans importance, et on n'y compte en tout que 32 fabrique». On peut mentionner plusieurs usines créera a Semlin et ailleurs pour le dévidage des cocons de soie, les chantiers de construction établis à Iaszenowilx, quelques m.xiitn* a papier, des verrerie*, des fonderies de fer et de enivre. On fabrique aussi d'assez bonne toile de ménage, des cotonnades, des tapis de lame, des bas et autres articles de bonneterie, des cuirs, beaucoup de chaussures, des pipes etc. , tous objets dont la vente donne lieu à un comoeree as*a important. Le commerce de transit est d'autant pu* actif, que presque toutes les relations commerciales de l'Autriche avec la Turquie ont lieu par le» Frontières militaires. Le grand centre en est à Semlin. Les routes sont en général bien construites, et on en voit notamment de fort belles dans les Frontières du Banat. Lis deux routes conduisant de Babakei jusqu'à Orsova, le long du Danube, et d'Or^ova par Meliadia, les défilés de Teregovaet de à Karansebe», exciteraient l'admiration m«i pays plus avancé» en civilisation. Le Danube, la Save, la Drave, POunna, la Koulpa, la Tlteéss et le Ternes se prêtent aux transports par eau; et la navigation à vapeur est en I»V-ine activité sur le premier de ces cours d'eau. Les cotes de m mer, hérissées de montagnes, se prêtent peu au commerce maritime, dont il n'existe de traces qu'à Zengg et à Cirt..pago. En 1847, le mouvement des ports des Frontières militaires fut à l'entrée de 1,25» bâtiments, jaugeant 23,045 tonneaux , et à la sortie de 1 ,444, jaugeant 57,244 tonneaux. En ce qui touche la culture intellectuelle, on a pourvu à l'instruction des classes populaires, par des écoles élémentaires; mais le nombre en est encore insuffisant, surtout dans les Frontières de Croatie. Il existe un gymnase caibobnue à Viukovcze, un gymnase illyrien à Carlovicz, et *o gymnase supérieur à Zcogg.
La constitution particulière de cette contrée , qui jusqu'à un certain point en fait paraître les ItabitanU comme des soldats colonisé», a subi d'essentielles modifications parla W nouvelle rendue la 7 mai 1850 pour les Frontières mi-
FrXOINTlÉRES MILITAIRES
Maires, non en ce qui touche l'ancienne organisation militaire, mais relativement aux rapporta civils. Tandis qu'ils étaient autrefois d'une nature essentiellement féodale on voit aujourd'hui l'habitant des Frontières (Grenier ) jouir de tous le» droits et garantie* assures à tous les habitants des autres domaines propres de la couronne ( Kronlxnder) par la constitution de l'Empire du 4 mars 1»49 , en tant qu'ils sont compatibles avec le but et les exigences de l'institution militaire. Pour les crimes et délits militaires, les habitants des Frontières militaires sont soumis aux lois qui régissent l'armée impériale ; mais dans tout autre cas ils sont placé» sous l'empire de la législation civile. Ils sont tenu» de rendre à l'empereur, en temps de paix comme en temps de guerre , toute espèce de service militaire dans le pays et hors du pays, suivant les ordres qui leur sont donnés, et de contribuer à l'entretien do tous les établissements militaires intérieurs. Par contre, tous les biens immeubles des habitant» sont désormais la complète propriété des communes, et on a aboli la loi de 1807 qui avait jusqu'à présent régi la propriété territoriale dans les Frontières militaires, loi aux terme» de laquelle le sol était la propriété de l'État, qui en concédait héréditairement l'usage aux familles des paysans avec exemption absolue de redevances et d'impôts, sous l'obligation du service militaire. La propriété foncière y est divisée en propriété bâtie , le plus généralement inaliénable et devant se perpétuer dans la famille, et en propriété arable, que les règlements déclarent être susceptible d'être vendue et transmise à d'autres. Les pacages dont les communes ont joui jusqu'à présent demeurent leur propriété. Les forêts continuent, à la vérité, à faire partie des domaines de l'État ; mais les habitants des Frontières ont le droit d'en tirer, sans redevance aucune, tout le bois de chauffage et de construction dont ils ont besoin. Le» restrictions apportées autrefois à ce que les habitants des Frontières pusseot apprendre des métiers , se livrer au commerce ou a la pratique des arts et des sciences , ont été abolie». La vie patriarcale de la population des Frontières est placée sous la protection de» lois, comme constituant les mœurs
nationales. On considère comme famille d'une maison tous les individus qui y sont conscrits et ne sont pas gens de service, qu'ils soient parents entre eux, ou qu'ils soient seulement admis dans la communauté. Pour maintenir le calme, le bon ordre, la concorde, la religiosité et la moralité dans la fami lie d'une maison, l'homme capable le plus âgé , et exempt de corvée, est ordinairement chargé des pouvoirs du père de famille et d'administrer les biens de la famille. Il lui est adjoint à cet effet, pour remplir le rôle de la mère de famille , telle ou telle femme qui parait propre à ces fonctions. Les habitants des Frontières ( Grenier ) qui se séparent de leur maison pour s'établir dans une autre , ou bien qui cessent d'être astreints au service des Frontières, cessent par cela même de faire partie de la communauté de la maison, et ne peuvent rien répéter sur la fortune immobilière de cette maison. De ce nombre fixe à» familles (en 1853 on en comptait 112,719) résultent d'une part la grande importance et l'organisation toute particulière du lien de famille dans les Frontières militaires , et de l'autre la fécondité des familles et le grand nombre de membres dont elles se composent. Par cette organisation l'État a toujours sur pied de guerre une armée dont l'entretien ne lui coûte rien. Avant la suppression des Frontièrss militaires de Transylvanie, effectuée en 1851, il existait 18 régiments de frontières, chacun avec un bataillon de matelots, ou tschaikistes , appartenant à la flottille armée du Danube et de la Save. L'effectif ordinaire des troupes de Frontières était de 50,000 hommes; mais en cas de guerre il pouvait facilement être porté à 70,000 hommes, et êlre en outre augmenté sur les lieux mêmes d'une landwehr forte de plus de 18,000 hommes. En cas de levée en masse, on pouvait mettre sur pied 200,000 combattants. Depuis, son effectif a été fixé à t4 régiments a.'l !>alaillons et un bataillon de tschaikistes. L'armée est bien exercée, , et, par nn cordon continu élabli le long du