‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 29 sur 614 · FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

FRUCTIDOR

I main a une restauration. On le supposait même entré dans

j des intrigues puissantes. Deux généraux , Desaix et Moreau , l avaient des preuves de ses relations avec l'étranger ; mais I ils se taisaient, parce qu'ils le voyaient éloigné des armées.

Cependant , le Directoire , malgré le danger, s'était scindé 1 en deux fractions: Rewbell, Barras et LaRevcillère formaient la première; Carnot et Barthélémy composaient la seconde , on l'opposition ; parmi les assaillants , on remarquait la ligue militante des journalistes : Fontanes, Suard, M or elle!, La Harpe, Michaud jeune, etc. Ces hommes ardents plaidaient pour les doctrines tombées, pour le royalisme. La guerre qu'ils faisaient au Directoire était vive : elle agitait et troublait l'opinion publique. On sentit qu'il était temps d'y mettre fin. Bonaparte aperçut le danger du fond de l'Italie, il envoya à Paris un aide de camp avec | mission de suivre la marche des affairer. On ne parlait j plus à l'armée d'Italie que de l'agitation de Paris , de Tau- I dacedes émigrés ralliés, de IVniyiA«ieme«f du pouvoir ! légal par les traîtres. Le général Bonaparte, en passant j une revue le H juillet 1790, avait dit à ses soldats : « Ju- ! rons sur nos drapeaux guerre aux ennemis de la république et de la constitution de l'an m ! - Et ces paroles avaient rallié tous les patriotes; chaque division , chaque brigade de l'armée d'Italie avait rédigé son adresse , et ces adresses se ressentaient des craintes du général et de l'agitation violente des esprits. Berthicr les envoya au Directoire et aux conseils. Les armées de Sambre et Meuse et du Rhin , partageant les sentiments et les préoccupations de l'armée d'Italie, s'adressèrent aussi au Directoire par voie de pétition.

Il s'opéra dès lors un changement total dans le public. Chacun pressentait l'approche et la nécessité' d'un coup d'État : celte alternative inquiétait cependant bien des patriotes. Sans doute, la république existait toujours , mais il fallait l'affermir. L'émotion était vive partout ; die l'était surtout dans les assemblées. La , rompant en visière au Gouvernement, la majorité légale mettait en avant les projets les plus subversifs. Tout à coup, le 17 fructfdor, le bruit se répand qu'un coup d'État va être frappé par le Directoire, et que des mandats d'arrêt sont déjà signés. A cette nouvelle, les députés factieux se refroidissent visiblement, et certaines attaques sont ajournées. Les plus compromis , les plus violents , se cachent •• l'action du lendemain doit tout terminer Augereau, récemment arrivé d'Italie, la présidera avec cette audacieuse jactance qui le caractérise.

A trois heures du matin, le 18, Augereau, nommé la veille commandant de la division militaire de Paris, investit le Corps législatif et dispose ses troupes comme pour un assaut. Quelques affidés entourent la demeure et le jardin île Carnot; mais ce directeur les fait retirer en les menaçant. Au coup de canon signal d'alarme, le poste du Pont-Tournant est forcé, et un des lieutenants d' Augereau, le général Lemoine, vient camper dans le jardin des Tuileries. Ramel, commandant de la garde du Corps législatif, veut l'en empêcher ; il n'y réussit point : Augereau s'élance sur lui, le désarme et lui arrache ses épaulettes : il est suivi de 8,000 hommes et de quarante pièces de canon. Déjà des batteries sont pointées sur les bâtiments des deux Conseils. A quatre heures, le général Verdicre fait signifier à quelques députés assetn blés en comité au pavillon Marsan l'ordre de sortir du lieu de la séance, et sur leur refus, il en fait fermer les portes et les relient prisonniers. Ramel, abandonné de ses troupes, est envoyé au Temple. Pichegru, sur lequel les soldat*, interpellés par quelques députés royalistes, n'ont pas osé porter la main, est arrêté par quatre officiers, à qui Augereau en a donné l'ordre; celui-ci terrasse lui-même Aubry et Villot. Dclarucest au moment de lui brûler la cervelle, mais il détourne rapidement le canon du pistolet, qui part; Dclarue reçoit un coup de baïonnette. Rovèrc et Pichegru sont blesses, et leurs habits mis en lambeaux. Vers midi, la majorité des membres du Conseil veut pénétrer dans l'enceinte; mais les baïonnettes sont croisées : il faut se retirer. Un détachement de chasseurs disperse et arrête les députés. Le Luiem.

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