‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 380 sur 614 · GRANET 48T · texte numérisé non relu

GRANET 48T

Quand les lois de septembre v tarent rétablir la censure préalable pour les œuvres du dessin , et briser ainsi dans la maiu de l'ingénieux artiste le crayon de la satire, Grandville, en attendant des jours meilleurs que malheureusement il ne devait pas lui être donné de voir, se consola de la persécution toute personnelle dont sou talent était l'objet , en reprenant le cours de ses travaux d'art; et son génie familier l'eut bientôt ramené aux études morales et philosophiques. Chargé successivement de composer les dessins des illustrations qu'on ajouta à des éditions nouvelles de 0éranoer,dc La Fontaine, de Oulliver, Ilot» inson, Jérôme Palurot, etc., etc., son talent d'observateur et de traducteur sembla s'élever encore. Travailleur infatigable , il a produit dans cette voie nouvelle un nombre vraiment prodigieux de dessins, qui r. siéront les modèles du genre. Il est impossible en elfet de reproduire avec plus de finesse les intentions d'un auteur, que ne le fait Grandville Mous ne pouvons à cet égard que renvoyer le lecteur aux ouvrages mêmes qui contiennent les trésors d'imagiuation et d'esprit dépensés par notre artiste, toujours heureux quand il doit être l'interprète d'une pensée spirituelle et gracieuse. C est là ce qui explique comment il a pu rester si fort au-dessous de lui-même dans les Métamorphoses des t leurs, nauséabonde compilation écrite par quel que garçon coiffeur visant au bel-esprit.

Grandville mourut au mois de mars 1845, dans toute la force de l'âge et du talent. Sa fin prématurée eut une cause bien triste. Époux et père modèle , ne connaissant d'autres joies que celles du foyer domestique, il eut le malheur de perdre successivement trois enfants qu'il adorait. Les deux premiers lui furent enlevés par une de ces maladies particulières a l'enfance qui moissonnent tant de jeunes êtres ; le troisième, par un déplorable accident. Il avait avalé une bouchée de viande de travers; tous les efforts tentés pour extraire de la gorge de l'enfant l'obstacle qui y arrêtait la respiration demeurèrent infructueux. Il ne resta bientôt plus d'autre ressource que de tenter les hasards d'une incision à l'extérieur, opération terrible, à laquelle le malheureux père n'eut jamais le courage de consentir, et son malheureux enfant expira dans ses bras, suffoqué. A quelques jours de là, Grandville perdait la raison et mourait de douleur. GRAND-VIZIR. Vouez Viam.

GRANET (François-Mabhjs), l'un de nos peintres de genre les plus distingués, né en 1774, a Aix en Provence, étudia les premiers éléments de son art dans l'atelier d'un bon peintre de sa ville natale, nommé Constantin, et qui donnait en même temps des leçons au jeune comte de F o r b i n , puis fut ensuite obligé , pour pourvoir aux plus pressants besoins de l'existence, d'aller travailler dans les ateliers de peinture de la marine , à Toulon , où longtemps on l'occupa à peindre des proues et des poupes de navires. Il renouvela à Toulon une liaison contractée dès son enfance avec le comte de Forbin dans l'atelier de leur maître commun, et la mère de ce jeune homme prit à ca>urde favoriser cette touchante conlrateruité d'artistes. Elle fournit amplement aux deux amis les moyens de se rendre à Paris pour s'y perfectionner sous la direction de David ; et Granet travaillait en 1801 dans l'atelier de ce peintre lorsqu'il obtint de l'Académie un prix de 1,000 fr. pour une Vue du Cloître des Feuillants, à Paris ; l'année suivante, il put encore, grâce à la générosité de M"" de Forbin, accompagner son jeune ami à Rome. Dans cette capitale des arts, Granet eut bien vite trouvé la spécialité qu'il devait ensuite si fructueusement exploiter. Il se mit à peindre des tableaux de genre présentant des arrière-plans si profonds, le plus ordinairement des vues d'édifices, qu'on hésite à décider s'il ne faut pas plntot les classer parmi les tableaux d'architecture.

Un certain sentiment religieux lui faisait le plus souvent choisir de préférence des sujets parlant à l'esprit. Kn représentant la scène du Poussin découvrant dans un grenier ii célèbre Communion de suint Jérôme, par son Clirrur des Capucins, exécuté pour la première fois en 1809 ,

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pour la reine Caroline de Naples, et dont en 1820 il dut faire la douzième copie ; par son intérieur de la prison où le peintre Stella dessine sur la muraille une Madone ; par sa Cérémonie funèbre dans l'église souterraine d'As- Scsi; fat tes Awices devant l'autel de Saint-Benoit, à Subiaco, il est devenu le chef d'une école qui a depuis multiplie à l'infini ses imitations , mais où un petit nombre de disciples seulement ont su l'égaler sous la rapport de la profondeur de l'étude , de la vérité , delà grâce et de la perfection de l'exécution. Aurel Robert, dans ses derniers tableaux, est celui de tous ses élèves qui s'est le plus approché de sa manière. Peut-être , depuis Rembrandt, aucun artiste n'a til rien produit d'aussi remarquable comme effets de lumière dans les fonds que cet artiste, qui, sous le rapport de la manière à la fois noble et grave dont il traite la peinture de genre doit être considéré comme le digne précurseur de Léopold Robert. Plus tard, M. Granet s'est essayé dans un genre plus élevé. Il apporta désormais moins de soins à la reproduction des lieux où se passe l'action, qu'a la peinture de l'action elle-même; et dans cette nouvelle direction donnée à son talent, il n'a'pas moins bien réussi à se faire une grande et juste réputation. Ses principales productions dans cette voie sont sa Mort du Poussin, exposée en 1834, et son Hachât des chrétiens captifs à Tunis ( 1833) ; viennent ensuite sa Communion des premiers chrétiens dans les catacombes de Rome { 1837 ) et sa Bénédiction des récoltes en Italie. Après avoir longtemps résisté aux vrcun des admirateurs de son talent, il vint se fixer à Paris, en 1827. Il remplaça à l'Institut le peintre Taunay, et fut nommé par Louis- Philippe conservateur des Musées de France, avec un

palais de Ver?

A l'exposition de 183V on

remarqua de lui une toile d'une étendue tout à fait inaccoutumée et représentant la Cérémonie funèbre célébrée dans la cJiapelle des Invalides en l'honneur des victimes de l'attentat Fieschi : l'effet des milliers de cierges entourant le catafalque et éclairant de toutes parts les sombres tentures qui couvrent les murailles du temple y est reproduit avec une vérité qui tient de la magie.

[A la révolution de Février, Granet perdit sa place, et eut même la douleur d'apprendre la destruction, au milieu de rémeute, de quelques-uns de ses meilleurs tableaux. Il alla se fixer alors a Aix, dans une maison de campagne du Malvalat, ou il réunit différents objets d'art. C'est là qu'il mourut, le 21 novembre 1849. Par son testament, instituant sa sœur l'usufruitière de tous ses biens >> lègue ses tableaux à aa ville natale, pour les recueillir dans un musée qui portera son nom. Il consacre en outre une rente de 1,500 fr. à l'entretien à Paris on à Rome d'un jeune nomme qui se sera distingué à Aix par ses dispositions pour la peinture. Il donne ensuite des sommes considérables aux |>auvres, aux hôpitaux et aux œuvres de bienfaisance , notamment à l'hospice des incurables, où il fonde quatre lits, dont deux pour les inaçous, en souvenir de la profession de son père.

• L. L octet, j

GRANGE, bâtiment de forme rectangulaire , destiné, dans la ferme, à serrer et à battre les gerbes do blé et d'autres céréales. La grange, proportionnée à la quantité des récoltes do l'exploitation , se divise en trois compartiments : un pour le froment et le seigle; on antre pour l'orge, l'avoine ; et un troisième pour battre lo grain : c'est l'aire.

Le lieu où il convient de construire les granges, le mode de construction, la disposition intérieure, méritent de fixer l'attention. Pour élever ces bâtiments, il est convenable de choisir un point d'un abord facile pour les voitures, et soumis à la surveillance du fermier dans la cour delà ferme on dans le voisinage; le sol en doit être sec et élevé an-dessus du terrain environnant , et autentque possible dans une direction telle, que les pignons s'étendent de l'est à l'ouest; les matériaux qui entrent dans leur construction varient selon les ressources propres à chaque pays : les pierres calcaires, les silices, \q bois de charpente et les planches, sont propres a former leurs parois; des ouvertures pratiquées dans -

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