GRIGNAN
de loi. M"* de Grignan quitta sa mère le & terrier 1671. I Ce tut plus qu'un second veuvage pour la pauvre marquise. Le premier avait commencé à vingt ans de là, jour pour jour (le & février 1661). LeskritreafeM^deSérigné nous font confidence de toutes ses douleurs maternelles. Mais comme tout change quand l'heure qui doit les réunir approche ! « Je prête la main aux jours pour aller plus vite, écrit la marquise, et je consens de tout mon cœur à leur rapidité, pourvu que nous soyons ensemble. »
En dépit de ces lettres si brûlantes d'amour maternel, l'amitié de M"* de Sévigné pour sa Mlle a été, comme on sait, mise en doute. Elles ne pouvaient vivre ensemble, at-on mille fols répété. Mais c'est là une médisance gratuite , que le vieux Corbinelli propagea le premier, selon Musset- Pathay, et qui ne peut tenir un instant contre l'évidence. Ne sait-on pas en effet que la mère et la fille , toujours ardentes a se revoir, usèrent si bien de toutes les occasions de rapprochement qui leur Turent offertes , qu'elles ne forent pas séparées plus de sept ans? Parfois la diversité de leurs caractères apportait , il est vrai , quelque gène dans leurs relations ; mais l'indifférence n'y entrait jamais pour quelque chose. La mère et la tille étaient souvent d'humeur à ne pas s'entendre, mais elles pouvaient toujours s'aimer, et elles s'aimaient réellement. M"* de Grignan, qui s'avouait la (raideur de son caractère, faisait tout pour en adoucir l'âpreté, et elle dut si bien y parvenir que sa mère lui écrivit le 26 octobre 1666 : « Je ne sais comment vous pouves dira que votre humeur est un nuage qui cache Pamitié que vous avez pour moi; si cela était dans les temps passés, vous avez bien levé ce voile depuis plusieurs années. » Alors pourtant M"* de Grignan avait plus que jamais occasion d'être triste. Son mari, toujours prodigue et ■ chez qui les butinai ruineuses servaient par quartiers, » avait épuisé ses ressources par ses dépenses ; cet homme qui * avait une religion pour les intérêts de son mettre, qui ne pouvait se comparer qu'à la négligence pour les siens, > s'était ruiné en folles magnificences pour le service du roi, et la jeune comtesse avait pour tâche de tenir tète à une banqueroute chaque jour imminente.
Tout en se sacrifiant pour réparer les pertes de son mari, elle devait, en mère non moins dévouée, conserver sa propre fortune à ses enrants. Toutes ses réponses à sa mere étaient remplies des plaintes que lui arrachait ce pénible labeur; et si ces lettres, vainement cherchées depuis un siècle et demi , ont disparu , c'est sans nul doute parce que ce qu'elles révélaient de la conduite de M. de Grignan avait rendu leur destruction nécessaire. Elles n'en sont que plus regrettables : on eût aimé à y retrouver, au milieu des confidences intimes de la pauvre comtesse, ce style que W* de Sévigné aimait tant, » ce style juste et court, qui chemine et qui plaît au souverain degré ». Quand M"#de Grignan eut perdu sa mère, elle se donna tout à l'amour de ses enfants, et quand , son fils ayant été tué, elle eut perdu la meilleure part de ses consolations, elle ne put survivre à tant de peines : elle mourut le 13 sont 1705. M. de Grignan ne mourut que neuf années après. Edouard Foomuer.
(àt\l(»XON<i hameau du département de Seine-et-OIsc, dépendant de la commune de Thiverval, à 12 kilomètres de Versailles , avec une célèbre école régionale d'agriculture. Une société y fonda en 1826 un institut agronomique avec une ferme- modèle et une école d'agriculture. A l'époque où cette société prit possession du domaine de Grignon, un tiers en était considère comme incultivable. Le fermier pavait avec peine un fermage de 14,400 francs et ne réalisait aucun bénéfice. Depuis longtemps des efforts sagement dirigés et l'emploi des bonnes méthodes de culture y ont opéré une véritable révolution. Les terres autrefois incultes se sont couvertes de riches moissons et des productions les plus variées. Quelques années après la révolution de Juillet, le gouvernement, pour soutenir cette œuvre et s'associer à son développement, prit à sa charge les frais d'instruction de l'Institut de Grignon, qui devint alors école régionale. L'enseignement
— GRILLE 585 I y est donné par six professeurs; on y compte quatre-vingts élèves. La blouse et le chapeau de paille constituent l'uniforme de l'école.
La sodétè de Grignon a conservé l'exploitation des 474 hectares de terre. Trois cents tètes de gros bétail, dont un grand nombre vient d'Angleterre, de Suisse et même des Etats- Unis, une superbe bergerie, une fabrique d'instruments aratoires, une fromagerie, une féculerie, une magnanerie et généralement toute l'exploitation, servent à renseignement des élèves.
La réunion annuelle du comice agricole de Seine ( t- Oise a lieu à Grignon.
GRIL, ustensile de cuisine, composé de plusieurs verges de fer parallèles, fixées à distance l'une de l'autre, reposant sur quatre pieds, peu élevés, muni d'un manche appelé queue , et sur lequel on fait rôtir de la viande ou du poisson. On a beaucoup perfectionné cet ustensile en employant des verbes creuses étamées qui reçoivent la graisse et l'empêchent de tomber dans le feu. La grillade est ou la manière d'apprêter certaines viandes en les grillant, ou les viandes grillées elles-mêmes.
Au figuré et familièrement, être sur le gril se prend pour souffrir beaucoup de corps ou d'esprit. Il est des con. versations horripilantes pendant lesquelles l'homme qui se respecte est sur le gril.
Le gril était aussi un instrument de supplice en usage dans les persécutions que tes empereurs romains firent subir aux premiers adeptes du christianisme. Il ne différait guère que pour la grandeur, de celui que nous avons cité plus haut. Parmi les martyrs qui expirèrent sur le gril, une mention particulière est due à saint Laurent. Plus tard, des chrétiens se servirent aussi du gril ; c'est ainsi que les Espagnols traitèrent Guatimosin pour lui faire déclarer où se trouvaient ses» richesses.
GRILLAGE. En métallurgie, c'est une opération qu'on fait subir aux minerais de cuivre ou autres, pour les débarrasser des matières volatiles, telles que le soufre et l'arsenic, qu'ils contiennent le plus ordinairement. Le grillage consiste à soumettre ces minerais à un certain degré de chaleur; les matières volatiles quittent le métal, et vont se condenser dans la cheminée du fourneau. Par là on obtient le métal dans un étal plus voisin de la pureté et plus disposé à la fusion.
GRILLE. C'est en général un assemblage de pièces de bois ou de fer croisées ou entrelacées , qui sert à fermer une enceinte. Les grilles de bois ne sont pas ordinairement fort ornées ; mais celles de fer, dont on ferme le chœur des églises, les chapelles, celles qui servent à fermer les avantcours, les jardins, les entrées des villes, sont plus ou moins ornées d'enroulements, de feuillages, et sont soutenues par des montants, des pilastres, surmontés de couronnements plus ou moins riches : telles sont celles des cours et des jardins de Versailles. Les grilles de croisées sont formées de barreaux de fer, retenus, de distance en distance, par des traverses qu'on scelle dans les tableaux de croisée, il y en a qui sont en dehors, qu'on nomme grilles en saillie ; Il y en a qui sont à carreaux , et qu'on nomme maillées ; on leur donne le nom de grilles hersées lorsqu'elles sont armées de pointes de fer.
Souvent les grilles sont dorées dans les principales parties et ornées d'attributs relatifs aux lieux dont elles défendent l'entrée. Telles sont les belles grilles du Palais de Justice et du Palais des Tuileries à Paris. Les grilles qui séparent le clweur de la nef dans les églises sont appelées grilles de chœur. Le fer en est ordinairement poli au lieu d'être peint, comme celui des grilles extérieures. La grille du chœur de Saint-Germain-PAuxerrois , celle du chœur de la cathédrale de Paris, étaient jadis regardées comme les plus beaux ouvrages en ce genre. A.-L. Milus, <t« flnMimi.
Paris a perdu sous Louis-Philippe un des plus grandi ouvrages de serrurerie d'autrefois, la grille de la place Royale, remplacée aujourd'hui par une misérable grille en fonte.