CALORIQUE — CALOTTE
coup de chaleur, et s’échauffe fort peu quand on le place devant le feu, tandis que, recouvert de noir de fumée. s’échauffe très-rapidement. On peut s’en convaincre en plaçant à égale distance du feu deux vases d'argent, l’un bien brillant et l’autre couvert de noir de fumée. Dans le premier de l’eau sera beaucoup plus longtemps à s’échauffer que dans l’autre; mais aussi, après avoir retiré les deux vases du feu, le liquide se maintiendra chaud dans le vase poli longtemps après que celui du vase noirci serait déjà refroïdi. La couleur des corps influe beaucoup aussi sur leur échauffement et sur leur facilité à se refroidir. Une expérience de Franklin donne le moyen de s'en assurer facilement. Que pendant un temps de gelée, lorsque la terre est couverte de neige et que le soleil brille, on place sur la neige des morceaux de drap blanc, bleu, jaune, rouge et noir; on trouvera après un certain femps que le drap noir s’est enfoncé dans la neige, le rouge moins profondément, et que le blanc est encore à la surface. C’est ainsi que, quand la terre est gelée profondément, et que l’on ne peut la travailler, on hâte singulièrement le moment où les labours deviennent possibles, en répandant à la surface de la terre noire, qui échauffe celle qui est glacée inférieurement, en absorbant les rayons lumineux. De même, lorsqu'on est exposé à l’action d’un froid intense, on se préserve en grande partie des inconvénients et de la sensation pénible qu'il présente en se couvrant de fourrures, qui n’échauffent pas, comme on le dit généralement, maïs qui empêchent de se refroidir, et qui alors produisent un effet analogue, quoique dû à une autre cause. Ce n’est pas que le poil des animaux n’émette beaucoup de chaleur quand il est échauffé, mais, comme c’est une des substances qui conduisent le plus mal le calorique, il ne peut en transmettre à l'extérieur que des quantités extrêmement petites et tout à fait hors de proportion avec celles que le corps lui-même perdrait s’il se trouvait librement en contact avec l’air.
Quand on pose la main sur différents corps pendant un
, temps froid, la sensation que l’on éprouve varie avec leur est brûlé; dans le second, la masse de briques et de faïence |
nature : les métaux paraissent plus froids que le marbre, et celui-ci plus que le bois. Cependant, si on fait reposer dessus un thermomètre, il assignera pour tous la même
| température. La capacité pour le calorique ou la conducleur comme le font les corps solides : si on les échauffe par :
tibilité différente de ces corps donnent lieu à cet effet. Si les corps sont très-bons conducteurs de la chaleur, comme les métaux, ou qu'ils aient une grande capacité pour le calorique, ils absorbent à la main qui les touche une quantité considérable de chaleur, et comme la proportion que peuvent lui enlever ceux dans lesquels cette propriété se trouve moins marquée est moindre, ils doivent paraitre beaucoup plus froids, quoiqu'ils soient à la même températnre.
C'est sur l'application des diverses propriétés du calorique que sont fondés une foule de constructions et d’utiles procédés , qui seront traités dans des articles particuliers.