BOITEUX — BOL
court que l’autre, ou bien une hanche faible, ou bien enfin à ceux dont les jambes, les cuisses ou les pieds sont affectés de blessures où d'incommodités qui paralysent plus ou moins les fouctions de ces membres.
En termes de manége, on dit qu'un cheval est boileux de l'oreille ou de la bride quand par ses mouvements de tête il marque tous les pas qu’il fait en boitant.
BOJADOR (Cap), silué sur la côte occidentale de l'Afrique, dans l’océan Atlantique, au delà de la frontière méridionale de l'empire de Maroc, par 16° 48’ de longitude occidentale, et 26° 7’ de latitude septentrionale. Ce cap forme la pointe de la chaîne du Djébel-el-Khal (montagne Noire ). Le faux cap Bojador est situé à 18° plus au nord, A droite et à gauche s'élèvent les collines de sable du Sahara, que le vent chasse jusque dans la mer. Pendant longtemps ce cap fut la limite des voyages maritimes vers le Sud; le Portugais Gilianez fut le premier qui osa le doubler, en 1435.
BOJAR. Voyez Boiar.
BOJARDO (Marreo Mania), comte de Scandiano, lun des plus célèbres poëtes qu'’ait produits l'Italie, naquit
en 1430, et suivant d’autres en 1434, à Scandiano. Il des- |
cendait d’une ancienne famille de Ferrare, et après avoir terminé ses études à l’université de Ferrare, où il apprit le grec, le latin et plusieus langues orientales, il vint à la cour du duc Borso d’Este. Sous le règne du successeur de ce prince, il fut employé dans diverses missions honorables et nommé gouverneur de Reggio. Il conserva ces fonctions jusqu’en 1481, et les changea alors contre celles de capi-
tano à Modène. Plus tard il revêtit encore la dignité de gou- |
verneur de la citadelle et de la ville de Reggio jusqu’à sa mort, arrivée le 21 décembre 1494. Aussi distingué parmi ses contemporains par la noblesse de son origine et de ses
sentiments que par sa bravoure et sa fidélité au service de |
la maison d’Este, Bojardo s’est immortalisé par ses poésies. Le grand poëme chevaleresque et romantique, Orlando innamorato, que le poëte laissa inachevé, et qui appartient au cercle des traditions de Charlemagne, est le plus célèbre et pourtant le moins lu de ses ouvrages. Il compte soixantedix-neuf chants, divisés en trois livres. Le sujet sur leque) il roule est l’amour de Roland pour Angélique. Le siége de Paris par les Sarrasins y tient la place du siége de Troie. L’Iliade est le type d’après lequel Bojardo a modelé sa composition ; les caractères des héros chrétiens et mahométans ne sont pas sans analogie avec ceux des agresseurs dflion et de ses défenseurs; et le merveilleux homérique est remplacé par l'intervention des magiciens et des fées. Les noms des héros qui remplacent ceux de la fable, Agramante, Sacripante, Gradasso, Mandricando, etc., sont pour la plupart ceux que portaient des paysans de ses terres. De même , les sites qui se trouvent décrits dans son poëme sont ceux des environs de Scandiano ou d’autres lieux voisins. L’Orlando furioso de PArioste n’est en quelque sorte que la continuation de l’Orlando innamorato. Mèmes héros dans les deux poemes; leurs aventures, commencées par Bojardo, sont terminées par lArioste; en sorte que la lecture de lun est absolument indispensable pour la parfaite intelligence de l’autre. Tandis que les poëmes précédents, qui ont pour sujet la légende de Roland, ne représentaient leur héros que comme lun des précurseurs du christianisme, Bojardo, initié au monde romantique des autres peuples et surtout à la connaissance des poëmes du cycle de la Table ronde, essaya d'ennoblir ce sujet en y introduisant de suaves figures äe femmes. Non-seulement il donna dans son poëme aux héros de la légende déjà bien connus avant lui des caractères énergiquement dessinés, mais il inventa en outre avec une remarquable puissance de création des héros , fruit de son imagination et pourtant pleins de vérité et de dignité, En 1544 son ouvrage avait eu déjà quatorze éditions (la première édition complète parut en 1495, à Scandiano). Dès
le seizième siècle il avait été traduit en français par Vincent (Lyon, 1544) ; en 1619 de Rosset en fit paraître une nouvelle traduction à Paris. Lesage en donna en 1717 une imitation libre (2 vol., Paris). La dernière traduction française est celle de Tressan (Paris, 1822 ).
Comme Bojardo en écrivant se servit de l'italien qu’on parlait de son temps à la cour de Ferrare, son poëme fut très-critiqué à Florence. C’est pourquoi, après diverses tentatives faites pour en épurer le style, Lodovico Domenichi (mort en 1564), sans y changer rien d’essentiel, entreprit au point de vue de la langue une complète Riformazsione de l'Orlando innamorato, dont il existe un grand nombre d'éditions, toutes différant l’une de l’autre. La dernière parut à Venise en 1545. Berni alla plus loin dans son Rifacimento, car il changea tout le ton du poëme en burlesque. Cependant, son travail obtint un si grand succès que l’Orlando innamorato original de Bojardo tomba dans l'oubli;, et Panizzi est le premier qui s’avisa d’en publier de nouveau le texte primitif avec de longues recherches sur le poëte et sur son poëme ( 9 volumes ; Londres, 1830).
Parmi les autres ouvrages de Bojardo, tant en italien qu'en latin, ceux qui ont le plus de valeur sont ses Sonnetli e Canzoni (la première édition est celle de Reggio, 1499) en trois livres, presque tous adressés à sa maîtresse, Antonia Caprata. Viennent ensuite Z{ Timone, drame en cinq actes, maintes fois réimprifné; un poéme latin, Carmen Bucolicum (Reggio, 1500); les Cinque Capitôli in terza rima (Venise, 1523), sur la Crainte, la Jalousie, l’Espérance , l'Amour et le Monde; et l’Asio d'Oro, d’après Apulée (1518). Il traduisit aussi en italien Hérodote, ainsi que le Chronicon Romanorum Imperatorum de Renobaldi. Venturi a publié un choix des Poesie de Bojardo, accompagné de notes explicatives ( Modène , 1820). Parmi les suites données à l’Orlando celle de Niccolo degli Agostini se trouve imprimée dans diverses anciennes éditions du poëme original et dans limitation libre de Domenichi.
BORHARA, BORHARIE. Voyez Bouruara et BOUKHARIE.
BORHARY (Agou-AgpazLzan MOHAMED, plus connu sous le nom de), théologien musulman, né en 810, mort en 870, commença dès l’âge de dix ans l’étude de l'histoire et de la jurisprudence , et recueillit de vastes connaissances dans les voyages qu’il entreprit à diverses époques et dans les diverses contrées du monde mahométan. Ses nombreux ouvrages lui acquirent une immense réputation, celui surtout qui est intitulé A/-Djami al-Sahy (Reeueil exact). C’est un recueil de seize mille traditions, composées de sentences ou de paroles empruntées ou attribuées à Mahomet ou à ses compagnons. Bokhary l’écrivit à La Mecque même; et pour attirer sur son œuvre la bénédiction du ciel, il n’y consignait jamais une tradition qu'après une ablution au puits de Zemzem et une prière à l'endroit appelé Abraham. On a souvent commenté cet ouvrage, qui parmi les musulmans jouit d’une autorité presque égale à ceile du Coran.
BOL. Ce mot appartient à la médecine et à la minéralogie, sans que l’on puisse assigner d’une manière satisfaisante ce qui à déterminé ces deux fonctions sans aucune analogie.
En médecine, un bo! est un médicament interne, du volume d'une bouchée au plus, composé d’une matière excipiende (c’est celle qui doit opérer l'effet que l’on attend ), et d’un excipient, ou liquide, ou mou, de telle sorte que le mélange soit un peu plus consistant que du miel. L’excipient n'étant destiné qu’à servir de véhicule à la matière eflicace, il suffit qu’il ne nuise pas à Peffet; mais s’il peut y contribuer, le médecin habile ne manquera pas de le préférer à ceux qui se borneraient à n’être pas nuisibles.
En minéralogie, on nomme bo! , ou {erre bolaire , une argile ocreuse, dont la médecine fit usage autrefois, et dont la plus célèbre venait de l'Arménie. A mesure que la chünie
a rectifié les nomenclatures minéralogiques, on a compris parmi les terres bolaires l'argile sigillée de Lemnos, la sanguine, tirée de la même île, la {erre de Sienne, etc. Quelques-unes de ces argiles contiennent une très-grande quantité de chaux, et peuvent être classées parmi les marnes, FERRY.
On donne aussi le nom de bol alimentaire à la masse que forment les aliments après avoir été broyés par la mastication. Ils sont réunis par la langue et placés sur la base de cet organe, pour'ensuite être avalés et soumis à la c h ymification.
BOL (Ferninanp), un des peintres de portraits les plus habiles de l’école hollandaise, naquit à Dordrecht, vers 1610, et mourut à Amsterdam, en 1681. Sa vie est peu connue ; on sait seulement qu’il eut pour maître Rembrandt, dont il s’attacha à imiter la manière; ce à quoi il réussit si bien que ses tableaux furent souvent attribués à son maitre. On y retrouve en effet quelque chose de la vigueur de ton et de la délicatesse du clair-obscur de ce grand peintre. Comme il n'avait pas l’imagination hardie, impétueuse de Rembrandt, il a su éviter les écarts dans lesquels sont fombés souvent les imitateurs de ce maître. Ses tableaux charment par leur naturel; ils consistent presque tous en portraits. 11 y en a quatre au musée du Louvre, un au musée de Lyon, et cinq dans la galerie de Dresde. Comme Rembrandt, Bol a publié une série de planches gravées à l’eauforte, qui sont fort estimées. Les plus remarquables sont : Le Sacrifice d'Abraham; Saint Jérôme assis sur une hauteur et tenant un crucifix; Un Philosophe tenant un livre et ayant près de lui une sphère (planche dont les exemplaires sont devenus extrêmementrares); Agar dans le désert, non moiris rare; Le Sacrifice de Gédéon au moment où l'ange mit le feu à l’holocauste.
BOL ou BOLL (Hans), peintre flamand, né à Malines, en 1534, mort à Amsterdam, en 1583, commença dès l’âge de quatorze ans à étudier son art, puis parcourut PAllemagne pour se perfectionner. Après deux années de séjour à Heidelberg, il revint dans sa ville natale, où il peignit des paysages en détrempe. Ruiné par les malheurs de la guerre qui ravageait son pays, il fut réduit à se réfugier à Anvers, où il trouva aide et appui auprès d’un habitant, protecteur dévoué et généreux de l’art, appelé Antoine. S’apercevant qu'on faisait de ses grandes toiles des copies réduites, qui se plaçaient avantageusement, il se borna dès lors à faire de petits tableaux à l'huile et des figures à la gouache. Mais les calamités qui l'avaient forcé d'abandonner Malines le chassèrent successivement d'Anvers, de Berg-op-Zoom, de Dordrecht et de Delft, où il avait espéré rencontrer un asile plus tranquille ; et à la fin force lui fut de se retirer à Amsterdam. Ses principaux ouvrages sont : un Livre d'animaux terrestres et aquatiques, peints à la gouache d’après nature; un Pelit Livre d'Heures, qui avait été exécuté pour le duc d’Alençon et d'Anjou, cinquième fils de Henri II. Ce manuscrit, qui fait aujourd’hui partie du fonds de la Bibliothèque impériale, contient deux grandes miniatures et quarante et une petites, avec des ornements, des fleurs et des animaux au bas de chaque page et à la fin des chapitres. 11 est du format in-24. On a encore de lui : Venalionis, Piscationis et Aucupii typi. Johannis Bol depingebat; Phil. Galleus excudebat ; in-8° oblong.
BOLAN, défilé célèbre dans le Béloudjistan, qui conduit du Sind septentrional à Kandahar et à Ghasnah, par Chikarpour et Dadour. Son point culminant s'élève à 1795 mètres; il est situé par le 29° 51’ de latitude nord, et le 67° 8’ de longitude orientale : c’est là que se tronve la source du Bolan, qui donne son nom au défilé. L'armée anglaise qui envahit l'Afghanistan en 1839 mit six jours (du 16 au 21 mars) à franchir ce passage.
BOLBEC, commune de France, chef-lieu de canton, siége d’une église consistoriale calviniste, appartenant jadis