BRANCHE
Basile pe Brancas fut le premier qui vint s'établir en
France sous Charles VIT, par attachement pour la seconde maison d'Anjou. Lorsque cette maison fut obligée de quitter l'Italie, Brancas la suivit en Provence, où ses services furent récompensés par plusieurs grands ficfs, tels que la baronnie d’Oyse, le marquisat de Villars et le comté de Lauraguais.
Son petit-fils, Barthélemy, épousa une fille du comte de Forcalquier, dont les Brancas prirent quelquefois le titre, La postérité de Barthélemy se divisa en deux branches principales. L'ainée prenait alternativement le nom de Forcalquier-Brancas et de Céreste, avec le titre de duc et de grand d’Espagne ; à la cadette appartenaient lesnoms de Zauraguais et de Villars.
Louis, marquis de Céreste, de la branche aînée, servit henorablement sur terre et sur mer, sous Louis XIV et Louis XV. Il était entré au service en 1690, et ne le quitta que pour exercer à deux reprises les fonctions d’ambassadeur à la cour de Madrid, Il fut créé chevalier des Ordres du roi en 1724, grand d’Espagne en 1730, et maréchal de France en 1741.
Louis-Paul pe BrANCaAS, fils du précédent, titré duc de Céreste en 1785, mourut pendant la révolution française, C'était le dernier rejeton de la branche aînée.
André DE BrAncas, dit l'amiral de Villars, issu de la branche cadette, se jeta dans le parti de la Ligue et des Espagnols, et songea, si l’on en croit le président Hénault, à se faire de la Normandie une seigneurie indépendante. Il se maintint dans Rouen longtemps après l’abjuration de Henri IV, et ne se soumit, comme tous les grands chefs catholiques, qu’en faisant ses conditions. Les négociations de Sully le rattachèrent à la cause de la France ; mais il tomba, au siége de Doullens, dans les mains des Espagnols, qui le massacrèrent de sang-froid pour se venger de sa défection.
Georges ne Brancas, frère puiné de l’amiral et gouverneur du Havre, obtint, en récompense de ses services, l’érection du marquisat de Villars en duché-pairie par lettres de 1626, qui ne furent définitivement enregistrées au parlement de Paris qu’en 1712. Il ne faut pas confondre ce duché avec celui qui fut érigé en faveur du maréchal de Villars, issu d’une famille d’échevinage de Lyon.
Louis-Léon, duc ne BRANCAS-LauRAGUAIS, pair de France, auteur de plusieurs ouvrages en vers et en prose, mourut en 1824; il eut pour successeur à la paire son neveu, le comte, depuis duc de Brancas, qui n’a eu que deux filles. En lui s'éteint la branche cadette; la grandesse passera à la ligne italienne.
BRANCHE, division du tronc d’un arbre, subdivisée ordinairement elle-même en rameaux. Ce mot vient du latin branca, formé de brachium, parce que les branches sont comme les bras des arbres.
Toutes les parties qui concourent à former le tronc, dit l’abbé Rozier, se retrouvent dans la branche. Aïnsi, on y remarque , au centre, un filet de moelle proportionné à la grosseur et à l’âge de la branche, le bois proprement dit, composé de fibres et de vaisseaux ; une espèce d’aubier, surtout dans les grosses branches ; des couches corticales, enfin un épiderme. Comme le tronc, la branche a ses yeux, ses boutons, ses bourgeons, ses feuilles, et, de plus que le tronc proprement dit, les fleurs et les fruits, que les branches paraissent directement destinées à produire, Quelques arbres seuls font exception à cette loi générale , le gaïînier, par exemple, sur le tronc duquel naissent, ainsi que sur les branches, des bouquets de fleurs auxquels succèdent les fruits ou graines. La branche est donc un petit arbre dont toutes les parties sont développées, enté sur un plus gros, qui lui fournit une partie de sa nourriture, la séve ascendante ou terrestre. Ajoutons encere, pour compléter l’analogie, que les branches sont susceptibles de pousser des racines quand on les plante en
terre (voyez BourTure). Mais, en raison de la place qu’elles occupent , elles n’en ont pas besoin; et les fibres, tant ligneuses que corticales, par lesquelles elles sont implantées dans la tige leur en tiennent lieu et leur rendent le même service.
De même que les bourgeons, dontelles proviennent, les branches ont été divisées par les jardiniers en branches à bois (qui ne portent que des feuilles) et en branches à fruits.
Le mot branche s'emploie aussi, par analogie, dans une foule d’acceptions : on dit une branche de corail, les branches d’un chandelier, d’une balance, etc. ; on appelle également ainsi, en anatomie, les rameaux qui sortent d'une grosse veine, et particulièrement de la veine-cave ; en termes de chasseur, les branches sont les deux parties du bois d’un cerf; en termes d’équitation, ce sont les deux pièces de fer qui tiennent au mors d’un cheval, et où la bride est attachée; en termes d'architecture, les arcs des voûtes, des ogives, etc. ; cn termes de géométrie, les branches infinies des courbes sont les parties qui s'étendent à l'infini : telles sont les branches infinies de l’hyperbole et de la parabole.
Enfin, on applique la même expression aux familles différentes qui sortent d’une source commune, et que l’on distingue en branche aïnée ou branche cadette, branche masculine ou branche féminine.
Chez les anciens, la branche des suppliants était un rameau d’olivier sacré, environné de bandelettes de laine blanche. Thésée, avant de partir pour l’île de Crète, où il allait conduire les enfants des Athéniens que le sort avait destinés à être dévorés par le Minotaure, se rendit au temple de Delphes, et y offrit pour eux à Apollon cette branche des suppliants.
Au figuré, étre comme l'oiseau sur la branche, c’est être dans une position incertaine et précaire.
BRANCHELLION , nom donné par M. Savigni à un genre d’annélides, ou vers à sang rouge, rangés parmi les animaux parasites et pourvus d’appendices saillants qu'on a pris pour des branchies. De Blainville, de son côté, leur applique celui de branchiobdelle (de Bpéyyr«, branchies, et Bäélæ, sangsue), parce que ces animaux sucent le sang de certains poissons; et ce dernier nom a été donné aussi par M. Auguste Odier à une annélide qu’il a observée sur les branchies de l'écrevisse.
BRANCHE-URSINE ou BRANC-URSINE, nom vulgaire de lacanthe sans épines (acanthus mollis ).
On donne le nom de fausse branche-ursine à une espèce de berce.
BRANCHIAL, Ce terme d'anatomie et de zoologie signifie qui a trait aux branchies. Toutes les parties qui entrent dans la composition d’une branchie sont suscepfibles d’être spécifiées par cette épithète : tels sont les vaisseaux et les nerfs branchiaux, les arcs osseux ou cartilagineux branchiaux. Les parties qui meuvent les pièces solides en forme d’arcs sur lesquelles se ramifient ces vaisseaux et ces nerfs sont aussi désignées sous le nom de muscles branchiaux. Lorsqu'on groupe naturellement toutes les parties qui concourent au fonctionnement de la respiration aquatique effectuée par les branchies, on forme l'appareil branchial. Cet appareil comprend, 1° les parties qui attirent et servent à l'introduction de l’eau aérée pour ce genre de respiration; 2° celles où se fait l'absorption de l'oxygène de l’air contenu dans l’eau , et 3° celles par le mécanisme desquelles l’eau qui a servi à la respiration est expulsée. En ontre de ce mécanisme pour admettre et rejeter Peau nécessaire à Ja respiration branchiale, les parties qui lexécutent agissent encore comme organes protecteurs de la partie essentielle de Pappareil, qui est la branchie pro- Prement dite, Ces parties protectrices prennent alors les noms d'opercules, de pièces branchiostéèges. Les onvertures par lesquelles sort l'eau qui a été en contact avec les
BRANCHE — BRANCHIE
branchies prennent les noms de /rotis branchiaux ou de fentes branchiales. .
Les pièces osseuses ou cartilagineuses qui forment la charpente branchiale des poissons étant très-nombreuses, on les a distinguées en médianes, dont la série constitue une sorte de sternum branchial, et en latérales, qui sont les rayons, ares ou cerceaux branchiaux , qu’il ne faut pas confondre avec les côtes branchiales. L. LAURENT.
BRANCHIALE. Parmi les poissons du sous-genre ammocèle, de la famille des suceurs de Cuvier, se trouve une espèce qui porte les noms de pétromyzon branchialis (voyez Lamproïe) et de branchiale, parce qu’elle suce, dit-on, lesang des branchies des autres poissons. C’est cette espèce qu’on appelle communément sep{ œils. Elle s'enfonce dans le sable, et y respire en attirant l’eau par un mécanisme particulier, Elle est verte sur le dos, et blanche sous le ventre. Sa longueur est d'environ quinze centimètres. Elle est d’un goût agréable; mais sa forme, ressemblant à celle d’un ver, en dégoûte les personnes délicates. On la nomme encore lamprillon, lamproyon, chatouille, et quelquefois aussi civelle, dénomination qui est plus souvent employée sur les bords de la Loire pour désigner les jeunes anguilles,
BRANCHIDES, famille sacerdotale, originaire de Milet, ville d’Ionie, où elle desservait un temple dédié à Apollon. Ce temple, appelé Didyméon , était célèbre dans le monde païen par son oracle. Le dieu y était adoré comme auteur de la lumière du jour et de celle de la lune. Quand Xerxès revint de sa honteuse expédition contre la Grèce, les Branchides lui livrèrent leur temple, dont les riches dépouilles l’indemnisèrent des dépenses de son entreprise. En butte, pour cette action, aux ressentiments de leurs compatriotes, les Branchides abandonnèrent l’Ionie pour se retirer dans la Sogdiane, au delà de la mer Caspienne, où ils fondèrent une ville à laquelle ils imposèrent leur nom. Mais le souvenir de la perfidie sacrilége dont ils s'étaient souillés n’était pas encore éteint lorsque Alexandre arriva devant la ville des Branchides, poursuivant Bessus, qui venait d’assassiner Darius et de se mettre à sa place sur le trône. Entourés de peuples barbares, les Branchides , Grecs d’origine, avaient conservé les mœurs et le langage de‘leur patrie. Is reçurent le conquérant macédonien avec juie, et se livrèrent à lui sans condition. Celui-ci avait dans son armée un corps de Milésiens portant une haïne héréditaire aux Branchides ; il convoqua les principaux chefs, et leur laissa le choix de sauver ou de punir leurs ennemis. Mais ces derniers n'ayant pu s’accorder, le monarque les renvoya, en disant qu’il se chargeäit lui-même’ de tranclier la question. En effet, il entra dans la ville le lendemain à la têle de sa phalange, suivi des Milésiens et d'un corps de cavalerie. Une fois maître des points les plus importants, il donna le signal, et ses soldats fondirent sur les’ habitants , ‘qu’ils égorgèrent sans distinction de sexe ni d’âge.'Le massacre accompli, les maisons furent détruites, les murs de la ville rasés dans leurs tondements, les bois sacrés abattus; on arracha même les racines des arbres, afin d'effacer jusqu'aux moindres traces sur cette terre vouée désormais à la stérilité.
BRANCHIE (mot formé du grec Bpdyyrx, dérivé de Be6yyos, qui signifie gosier, gorge, parce que les ouïes des poissons sont placées le plus souvent dans la région désignée sous ce nom vulgaire ). Les branchies sont des organes respiratoires aquatiques et correspondant aux poumons, qui sont les instruments de la respiration aérienne. Leur forme générale est celle d’une saillie résultant d’un repli ou pincement de l'enveloppe générale du corps où peau, soit interne, soit externe. Quant aux formes spéciales de ces or: ganes, elles sont si variées, si multipliées, que nous ne pourrions les énumérer toutes ici Les plus communes sont celles de lames rayonnées, r#mifiées ou non, celles de panaches et de pinceaux. Leurs dimensions varient aussi beaucoup, et les rapports de ces dimensions avec celles du corps
BRANCHIE — BRANCHIOPODES
n’ont point encore été déterminés. Leur situation est fixe dans les reptiles amphibiens et dans les poissons; elle est va“able dans les crustacés, dans les annélides et les mollusques.
Étudions les branchies dans la classe des poissons, où la présence de ces organes est un caractère constant. Nous les Y rencontrons sous deux formes, savoir : 1° celle de lames en peigne; 2° celle de houppes. Les lames appuient par leur base sur la convexité des arcs branchiaux, dont le nombre est ordinairement de quatre, quelquefois cinq, six et même sept de chaque côté. Elles sont parcourues par les vaisseaux artériels qui viennent du cœur et par les veines qui se rendent dans l'aorte, et recouvertes par un prolongement de la membrane qui revêt l’intérieur de la bouche. Les branchies des poissons sont garanties du contact des corps extérieurs , 1° en dedans par des dentelures et des papules qui hérissent la concavité des arcs branchiaux; 2° en dehors, tantôt par un opercule et par une membrane et un appareil de pièces osseuses branchiostèges, tantôt par la peau externe seule. C’est à l’aide des mouvements combinés de ses mâchoires, de lappareil hyoïdien (voyez Cou), des arcs branchiaux, de l’opercule et de l'appareil branchiostége, que le poisson ouvre et ferme alternativement la bouche et les ouïes pour renouveler sans cesse le liquide qui est en contact avec ses branchies, et qu’il établit un
courant d’eau qui arrive par la bouche et sort par les deux
grandes ouvertures latérales qu'on remarque entre l’opercule et l’épaule. Ce sont ces ouvertures que l’on connait sous le nom vulgaire d’ouies.
Tel est le mécanisme général de la respiration branchiale des poissons. Nous devons nous borner à l'indiquer ici, et faire remarquer que l’appareil qui l’exécute présente des modifications très-nombreuses et très-remarquables, qui sont relatives à l’organisation de la bouche, des narines et de l’évent. Dans quelques espèces de poissons (l’anguille, l’anabas et les ophicéphales), l'ouverture postérieure de la cavité branchiale est étroite, ou bien il existe quelque réceptacle pour contenir une certaine quantité d’eau : ces animaux peuvent alors sortir du milieu aqueux où ils vivent, ramper sur le rivage, et même, a-t-on dit pour l’anabas, grimper sur les arbres. Tous les poissons dont les ouïes sont très-fendues, tels que les harengs, les maquereaux, meurent à l'instant même où on les tire de l’eau, parce que leurs branchies sont promptement privées d'humidité et même desséchées.
On avait cru que les poissons décomposaient l’eau pour en absorber l’oxygène, mais on sait maintenant par les expériences de M, Silvestre, et par celles de M. de Humboldt, que ces animaux respirent l’air contenu dans ce liquide, et que cet air est plus riche en oxygène que celui de l’atmosphère. Les résultats de ces expériences sont applicables à tous les animaux qui respirent par des branchies. Ces organes sont composés de lamelles dans les crabes et de tubes dans les homards et les écrevisses, Ils sont situés sur les bases des pieds et recouverts par les rebords du corselet on de la carapace; dans d’autres crustacés, les branchies sont situées extérieurement ( squilles }) ; elles sont formées d’un grand nombre de filaments qui leur donnent l’aspect d’un pinceau. Chez les crevettes, elles sont placées en dedans des pieds, et composées d’une lamelle simple. Ces lamelles branchiales existent à la partie postérieure de l’abdomen dans les cloportes, et sont distinctes des lames entre lesquelles ces animaux portent leurs œufs et leurs petits. MM. Edwards et Audouin ont reconnu que les crabes terrestres, qui font de longs voyages dans les pays chauds “ sont pourvus d’organes particuliers qui maintiennent l’hunidité autour des branchies, et les empêchent de se dessécher. .
Les vers à sang rouge ou annélides sont les uns pourvus et les autres privés d'organes branchiaux. Dans les pre-
miers , c’est tantôt à la tête, tantôt au dos, et tantôt enfin au milieu du corps que sont placées ces branchies, d'où les noms de céphalobranches, dorsibranches el mésobranches. On a cru que dans les premiers ces organes existaient en dedans, et on les a nommés pour cette raison endobranches .(Duméril) ou entérobranches (Latreille) ; mais Blainville pense que ces branchies n'existent point, et que la peau très-molle de ces animaux les remplace dans la fonction respiratoire.
Tous les mollusques, excepté les lymnées, les auricules et les limaces , respirant l’air contenu dans l’eau et vivant dans ce milieu, sont pourvus de ces organes respiratoires aquatiques. Les différences très-nombreuses tirées de la forme et de la situation des branchies ont fourni aux z00l0gistes de très-bons caractères pour établir, soit des ordres, soit des familles dans cette classe d'animaux. Dans certains coquillages bivalves (anodontes, unio ), les œufs séjournent plus ou moins longtemps entre les lames branchiales , dans un lieu disposé à cet effet, qui constitue une sorte de poche ou bourse marsupiale, et c’est là qu’ils éclosent. D’autres animaux intermédiaires aux mollusques et aux articulés respirent aussi par des branchies : ce sont les balanes, les anatifes et les oscabrions.
Enfin , les larves de quelques insectes ( éphémères , etc. ), ont des espèces de fausses branchies. À travers les lames qui les constituent, on voit des trachées ou tubes aérifères. Ces lames ont pour fonction d’extraire de l’eau une certaine quantité d’air, qui est portée dans les trachées. L’organisation est ainsi préparée pour le passage de la respiration aquatique à la respiration aérienne, L. LAURENT.
BRANCHIFERES (du grec Boäyyrx, branchies, @4 gépw, je porte), se dit des animaux pourvus debranchies. De même on emploie le mot abranches ( composé de £oyxua et d’« privatif) pour désigner ceux qui sont dénués de ces sortes d'organes respiratoires. De Blainville avait proposé de substituer le nom de branchifères à celui de poissons.
BRANCHIOBDELLE. Voyez BRANCHELLION.
BRANCIHRHIODELES (de Bodyyra, branchies, et ü%xoc, apparent). On appelle ainsi les animaux dont les branchies sont apparentes, et, par opposition, on donne le nom d’endobranches (d’ëvôoy, en dedans) à ceux dont les branchies sont cachées.
BRANCHIOGASTRES (de Boéyyta, branchies, et de vésrne, ventre), nom par lequel on désigne lesanimaux dont les branchies sont situées à l’abdomen, tels que les crevettes , les crustacés, les squilles, etc.
BRANCHIOPE et BRANCHIPE (de Bpéyxua, branchies, et de xoùc, pied), termes employés paur désigner des animaux crustacés dont les pieds sont munis de branchies. Le caractère général de ces animaux microscopiques consiste dans la possession de pieds qui servent à la fois à la natation et à la respiration; ces pieds sont en nombre variable, depuis six jusqu’à plus de cent; en revanche, plusieurs n’ont qu’un œil, d’où ils ont été appelés aussi monocles. Schæffer et B. Prévôt ont donné sur l’organisation et les mœurs de ces animaux des détails qui sont pleins d'intérêt. On les trouve habituellement et en grande abondance dans les petites mares d’eau douce et trouble; ils nagent sur le dos avec beaucoup de facilité, et le mouvement ondulatoire de leurs pattes, qui est très-curieux à observer, établit un courant d’eau qui suit un canal situé sur leur poitrine, et porte à leur bouche les petits corpuscules dont l’animal se nourrit. Du reste, leurs pieds ou pattes sont impropres à la marche, et pour progresser ils frappent vivement l’eau de droite et de gauche avec leur queue, et se meuvent ainsi comme par bonds et par sauts.
BRANCHIOPODES (de Bp&yyt«, branchies, et xoÿs, rôèos , pied). C’est un grand groupe de crustacés, dont Latreille à fait un ordre, dans lequel se placent une grande
partie de nos crustacés d’eau douce : les limnadies, les branchiopes, les daphnies, les polyphèmes, etc. Is doivent ce nom de branchiopodes à la disposition toute spéciale de leurs membres, qui sont à la fois respiratoires et locomoteurs.
Les branchiopodes ont un nombre d’anneaux variable; leur tête, ordinairement distincte, porte un œil ou bien deux ou trois de ces organes; leur bouche a un labre, une paire de mandibules, une lèvre inférieure, et une seule paire de pattes-mâchoires, peu développées ; enfin leur abdomen, généralement assez grand, est terminé par une sorte de queue bifurquée. .
BRANCHIOSTÉGE ( de Boéyycæ, branchies, et de otéyn, toit, couverture). On appelle branchiostéges, en anatomie, les parties membraneuses ou osseuses dont l’usage est de couvrir et de protéger les branchies des poissons. La membrane branchiostége est cette partie de la peau qui est située entre les mâchoires et l'épaule de ces animaux. Elle renferme dans son épaisseur des pièces cartilagineuses ou osseuses servant les unes de support, les autres de rayons. Ces pièces solides, la membrane qui les unit et les muscles qui les meuvent forment l'appareil branchiostége. Les mâchoires et les pièces operculaires ( voyez OpPrrcuLe ), les côtes branchiales (raies, squales, lamproïes ), concourent aussi à recouvrir el protéger les branchies. Les différences des organes branchiostéges proprement dits ont servi aux ichthyologistes pour distinguer les espèces.
Artédi, Linné, Gouan, ont donné le nom de branchiostéges à un groupe de poissons à branchies libres, dont le squelette cartilagineux est dépourvu de côtes et d’arêtes. Ce groupe comprend les genres baliste, lophie, ostracion, cycloptère, diodon, tétrodon, pégase, mormyre, syngnathe et centrisque. L. LAURENT.
BRANCHIURES (de Bpéyytæ, branchies, et oùpé, queue). C’est ainsi que l’on nomme les annélides, qui ont leurs branchies à la queue. Viviani en a décrit une espèce dont les individus, selon Cuvier, ne sont pas assez caractérisés, et qui pourraient bien n’être que des larves.
BRANCHU (ALExANDRINE-CAROLINE CHEVALIER DE LAVIT, femme), artiste de l’Académie royale de Musique, née au cap Français, dans l’île de Saint-Domingue, le 2 novembre 1780, était fille d’un officier de cavalerie, homme de couleur (quarteron), que l'insurrection des noirs priva soudain de toutes ressources, nièce d’un gouverneur du cap de Bonne-Espérance et filleule du maréchal de Brissac, Élève distinguée du Conservatoire, et particulièrement de Garat, elle débuta en 1799 à l'Opéra, qui s’appelait alors Théâtre de la République et des Arts, et qui, en quittant la Porte-Saint-Martin, en 1794, était venu s'installer au Théâtre des Arts, rue de la Loi (Richelieu ), sur l’emplacement actuel de la place Louvois. Ce fut dans le rôle d’Antigone, de l'opéra d’Œdipe à Colonne, de Sacchini, que M°le Chevalier débuta. De taille médiocre, d’un embonpoint assez marqué, de peau, de nez, de lèvres et de visaze réflétant la race noire, quoiqu’au troisième degré, elle avait à la scène une apparence qui n’était dépourvue ni d'éclat ni d’attrait. Ceux-là même qui ne l'ont point vue peuvent s’en faire une idée en consultant la liste des rôles qu’elle a joués : Julia, de La Vestale ;Hypermnestre, des Danaïdes ; Amazili, de Fernand Cortez ; Lamea, des Bayadères ; Didon, Olympia ; Marton, dans les Prétendus, rôles qui n’auraient pas pu être abordés par une actrice dont l'extérieur aurait eu quelque chose de trop opposé au caractère de grâce de ces persi nnages. D'ailleurs, sa longue liaison avec Kreutzer aîné, compositeur célèbre, premier violon à l'Opéra, et les hommages prolongés qu'elle reçut de Bonaparte, consul et empereur, sont encore un témoignage de ce que devait être son genre de beauté. En 1804, elle avait épousé Branchu, médiocre danseur de l'Opéra, mort imbécile, Plusieurs enfants naquirent pendant ce mariage.
BRANCHIOPODES — BRANDAM
Au moment où M"° Branchu débuta, un grand opéra n'é- {ait presque encore qu'une tragédie lyrique, que les amateurs délicats appelaient même la {ragédie hurlée. Quelques ouvrages, bien rares, tendaient à faire exception et à entraîner la composition et la vocalisation sur le véritable terrain de l’art musical; Œdipe à Colonne était de ce nombre, et M"° Branchu contribua, plus qu'aucune cantatrice de son temps, à préparer la transition qui, par La Vestäle principalement, amena sur la scène française la révolution lyrique que Rossini, Ad. Nourrit, Levasseur et M®°* Damoreau-Cinti et Falcon devaient y consommer plus tard. C’est qu’en effet M°* Branchu ne fut pas seulement une tragédienne lyrique, c'est-à-dire une actrice de déclamation psalmodiée, violente et braillarde, comme ses camarades, hommes et femmes, Lainé, Adrien, M'° Maillard, etc., elle fut aussi une cantatrice, dans le sens actuel, possédant la méthode, le goût, l’art d’une vocalisation étudiée et fort avancée relativement à l'époque où elle occupait la scène. Sans doute ce n'étaient point la légèreté, la vocalise, la fioriture, qui dominaient dans son talent ; c’étaient la force, l'éclat, l'expression portés souvent jusqu’au sublime. Chez elle, outre la plus grande, la plus juste expression, il y avait la connaissance et l’application de tous ces principes et de toutes ces règles de l’art qui embellissent, perfectiunnent la nature et lui sont même préférables ; c'est avec cette méthodeet ce goût qu’elle par venait à vaner le style des partitions déclamatoires auxquelles elle était enchaînée, ou qu’elle rendait plus sensibles et plus agréables les chants que les compositeurs modernes s’efforçaient ou s'essayaient à introduire dans leurs œuvres.
Relativement aux ouvrages antérieurs, lu Vestale était un progrès ; et ce fut M Branchu qui, par son admirable talent dramatique et sa méthode musicale, amena et réalisa cette révolution. Que l’on juge alors des transports de la génération de ce temps et de la célébrité méritée de M°* Branchu ! Voilà tout le secret, toute l'explication de ses succès et de la réputation de La Vestale. Dans les arts, chaque chose, chaque artiste a son temps; et il ne faut les apprécier qu’en considération des progrès ou de la décadence qui ont signalé leur marche.
Virginie, tragédie lyrique en trois actes, poême de Désaugiers aîné, musique de Berton, jouée en 1823, est l’un des derniers ouvrages qu’elle ait monfés à l’Académie royale de Musique; elle y remplissait le rôle de Valérie, mère de Ja jeune vierge romaine, et elle assura le succès de cet opéra dans lequel, disions-nous alors, elle a merveilleusement exprimé les douleurs maternelles, chanté, et joué surtout supérieurement, la scène où elle vient redemander sa fille au décemvir. Le 1° juillet 1825 elle reparut dans l’Aceste de Gluck, et y excita les plus vives émotions. Enfin elle prit sa retraite le 27 février 1826, dans une de ses plus belles créations, dans le rôle de Statira de la tragédie lyrique d’Olympie. Peu de temps après, M®° Branchu , dont les excellentes qualités privées étaient appréciées de ses camarades et de ses amis, quitta tout à fait le monde pour se livrer à toute la pieuse et chrétienne simplicité d’une retraite absolue. Elle est morte à Passy, le 15 octobre 1850.