FRIOUL — FRIQUET
de marquis de Trévise. Plus tard la basse Pannonie et la Carinthie furent réunies au Frioul. En 820, pour opposer une digue solide aux irruptions des Slaves, Lothaire érigea le Frioul en marquisat, et en investit le comte Eberhard. C’est ainsi que le Frioul, confinant à la Carinthie, à la Carnivle, à la Styrie et à la Bavière, devint le lien qui rattacha l'Allemagne à la Lombardie. Les luttes contre les Slaves, les Bulgares et autres peuplades barbares continuèrent aussi pendant longtemps sous les marquis suivants, jusqu’au jour où les envahisseurs préférèrent prendre l'Allemagne pour but de leurs expéditions.
Afin de pouvoir mieux défendre les frontières, la marche de Frioul fut, à partir de 827, divisée en quatre grands comtés. Sous les marquis suivants, qui dès lors prirent souvent aussi le titre de comtes et de ducs de Frioul, Bérenger 1 (888) se fit proclamer roi d'Italie; mais il eut à soutenir contre son rival Guido, duc de Spolète, et plus tard contre l'empereur Arnoulf, de nombreuses luttes, souvent malheureuses, et finit même par y perdre son marquisat de Frioul, dont Arnoulf donna l'investiture au comte Walfried. Mais quand Arnoulf se fut éloigné de l'Italie, et après la mort de Walfried, il reprit possession du marquisat, et partagea avec Lambert, fils de Guido, la domination de VItalie. Lambert étant venu à mourir peu de temps après, il se trouva seul roi d'Italie; et comme tel il lui fallut guerroyer d’abord contre l’empereur Louis II, puis contre les Hongrois et enfin contre Rodolphe, roi dela Bourgogne transjurane, jusqu’au moment où il périt, traîtreusement assassiné, l’an 924.
A la mort de Bérenger, le marquisat de Frioul fut morcelé. On en sépara l’Istrie, et Vérone devint un marquisat particulier. Le Frioul ne fut plus alors, encore une fois, qu’un simple comté, compris à partir de l’époque d’Othon au nombre des États qui faisaient partie du royaume d'Italie. Il demeura fief de l'Empire jusqu’à ce qu’au onzième siècle empereur Conrad II en eut octroyé la plus grande partie (ce qu’on appelle le Frioul vénitien ) au patriarche Poppo dAquilée, qui le réunit à ses autres possessions séculières. Le Frioul demeura sous la domination de ces patriarches jusqu'à ‘ce qu'en 1385 les bourgeois d'Udine s’affranchirent de leur joug avec l'assistance de la république de Venise, pour prix de laquelle ils durent, en 1420, finir par se soumettre à la souveraineté des Vénitiens. En 1509, il est vrai, l'empereur Maximilien s’empara de la ville d’Udine; mais les Vénitiens en redevinrent maîtres en 1515.
Lo Frioul autrichien appartint dès les temps les plus reculés à la famille des comtes du Tyrol, dont une ligne, celle de Goritz, qui avait hérité du Frioul, s’éteignit en l’an 1500 en la personne de Léonard, comte de Goritz. Après quoi, en vertu d'anciens traités remontant aux années 1361 et 1486, l'empereur Maximilien I° prit possession de ce comté, qui d’ailleurs lui avait déjà été engagé. Jusqu'à la paix de Campo-Formio (1797), le Frioul vénitien demeura la propriété de Venise, puis devint celle de l'Autriche. La paix de Presbourg l’adjugea, en 1805, au royaume d'Italie, récemment fondé par Napoléon, et dont, avec une partie du Frioul vénitien , il forma alors le département du Passeriano (37 myriam. carrés et 290,500 habitants). En 1809 l’Autriche perdit ce qui lui restait encore du Frioul, par suite de la ces sion de ses provinces illyriennes. Les événements de 1814 remirent de nouveau l’empereur d'Autriche en possession complète du Frioul; mais à la suite de la guerre de 1866, il fut forcé de céder à l'Italie le Frioul vénitien (Voyez Unie).
FRIOUL (Duc pe). Voyez Duroc.
FRIPIER, celui qui fait un commerce de vieux habits. On appelle friperie le magasin où se trouvent rassemblés les objets de ce négoce. 11 y a plusieurs lieux à Paris, comme l’enclos du Temple et autrefois le marché Saint-Jacques-la-Boucherie, spécialement consacrés à des établissements de ce genre. Sous le système des corporations, la compagnie des fripiers de Paris était organisée en corps régulier, et faisait
une figure considérable parmi les autres corps de la ville’ Elle avait reçu ses premiers statuts en 1544 et ses derniers en 1665. Elle avait un syndic et quatre jures. L'élection du premier et de deux des jurés avait lieu tous les ans le jour des Cendres. Pour faire partie de cette communauté, il fallait prouver trois ans d'apprentissage et autant de temps de compagnonnage. Les fripiers devaient tenir registre de ce qu'ils achetaient , le payer environ sa valeur et appeler parfois un répondant. Ces observances sont encore à peu près de rigueur aujourd’hui pour les marchands d'habits. C’est le nom qu’on leur donne : le mot fripier est frappé de désuétude. Ce genre de négoce est aussi dévolu à une sorte de marchands ambulants, qui fréquentent de préférence les rues habitées par un grand nombre de jeunes gens, comme celles du quartier latin, à Paris, en faisant entendre le cri de vieux habits ! vieux galons ! Ces fripiers ambulants, dont le commerce semble assez lucratif par suite de la légèreté et des habitudes des jeunes gens, trafiquent ensuite avec les fripiers stalionnaires. BILLOT.
FRIPIÈRE ou MAÇONNE, noms vulgaires d’un mollusque gastéropode pectinibranche du genre troque, le trochus agglutinans de Lamarck. La fripière est surtout remarquable par la propriété singulière dont elle jouit de coller et d’incorporer à sa coquille, à mesure qu’elle s’accroit, les corps étrangers mobiles sur le sol où elle repose, tels que petits cailloux, fragments de coquilles, etc. Elle habite la mer des Antilles.
FRIPON, FRIPONNE, FRIPONNERIE. Dans la catégorie des gens qui font du larcin un métier ou un art, le fripon est le voleur adroit : c’est assez dire qu'il est rare que le fripon soit pendu, ou seulement qu'il aille aux galères ; il est même rare qu’il ne soit pas riche ou en belle position pour le devenir. On peut ajouter que, dans notre état social moderne, nous avons des classes, des professions entières pour lesquelles l’imputation de friponnerie semble une qualification toute naturelle, et non une injure. Bornons-nous toutefois, dans la crainte des procès en diffamation, à citer comme telle la défunte corporation des procureurs, pour laquelle sans doute personne ne s’avisera de prendre fait et cause. Mazarin donnait à cette désignation une acception bien autrement large, lui qui disait souvent : « Croyez tous les hommes honnêtes gens , ef vivez avec tous comme s'ils étaient des fripons. » Qui sait si son éminence faisait une exception pour elle-même ? Un poëte de nos jours a hasardé cette autre assertion dans une de ses boutades :
Il fant, je le vois bien et le dis sans rancune, Etre sot ou fripon pour faire sa fortune,
Félicitons-nous donc de ce que personne à coup sûr n’oserait aujourd’hui faire ce cynique aveu. Passe pour la naïveté de cet honnête magistrat de village qui écrivait au lieutenant-général de police du royaume : « Hier, pendant mon audience, un individu m'a traité de fripon. Je vous prie, monsieur et cher confrère, de me faire savoir com-= ment vous en usez en pareil cas. »
Si le mot de fripon est toujours une injure, sauf dans la locution de petit fripon, appliquée par plaisanterie à un enfant espiègle, il s’en faut bien que le terme de friponne soit pris dans un sens aussi défavorable. Quelle est la soubrette que Molière ou Marivaux n'ont pas traitée de friponne? Et que de madrigaux adressés à de belles dames ont parlé de leurs friponnes mines ! C’est une de ces nuances de langage difficiles à saisir pour un étranger, qui, voyant le mot coquin signalé comme synonyme de fripon, emploierait facilement dans ce dernier sens le féminin du premier de ces deux termes. Ovrry.
FRIQUET, oiseau du genre moineau, qu’on appelle encore moineau-friquet. Ce nom lui est venu de ce que posé il s’agite, se remue, se tourmente sans cesse : passereau, dit un ancien, qui ne fait que frétiller sur l'arbre en becquetant des noix. Le friquet est plus sauvage que le moineau domestique ou moineau-franc ; il s'approche rarement des maisons; il préfère voler en liberté dans les champs; les
bords des chemmns et des ruisseaux ombragés de saules, voilà son refuge favori. Vous le trouverez rarement dans les bois. Pendant l'hiver, les friquets se réunissent en troupes. Jls nichent dans le creux des arbres, dans les crevasses des vieux murs, dans des fentes de rocher; leur ponte est de six œufs, d'un blanc sale, et tachetés de brun. La taille du friquet est plus petite que celle du moineau-frane : il n’a à peu près que 0",14 de longueur; mais le friquet a le sommet de la tête rouge-bai et les joues blanches, marquées d’un point noir, tandis que le moineau-franc a le dessus de la tête et les joues cendrées. Les mouvements du friquet ont d’ailleurs plus de grâce, de légèreté, d’aisance ; que ceux du moineau. Le friquet, quoique moins hardi, tombe plus souvent dans les piéges. Il ne vit que de fruits, de graines sauvages et d'insectes; son naturel n’est point pillard et destructeur, comme celui du moineau. L'espèce en est répandue dans toute l'Europe.
Les ornithologistes ont donné le nom de friquet huppé à un oiseau qui porte une huppe eramoisie, et qu'on appelle aussi, à raison de la contrée qu’il habite, moineau de Cayenne.
FRISCH-HAFF ou mieux FRISCHES-HAFF, Voyez Harr.
FRISE (de Phrygius, Phrygien, parce que, suivant Scamozzi, les Phrygiens furent lés premiers qui y brodèrent des ornements ). C’est la partie de l’entablement des monuments en style grec comprise entre lParchitrave et la corniche; les Grecs l’appelaient Ewapépoc! (porte-figures d'animaux). La frise est presque toujours ornée de basreliefs de peu de saillie, représentant des guirlandes de fleurs, des enroulements, des animaux , etc.
Les frises de l’ordre dorique se font distinguer par des triglyphes et des métopes : telles sont à Paris les frises du portique de l'Odéon et du portail Saint-Sulpice. Il y a aussi des édifices dont les fnises sont Lisses ou sans ornements en relief : telles sont les frises de la Bourse à Paris. C’est ordinairement sur la frise qu’on grave les inscriptions ou les signes allégoriques qui indiquent la destination d’un édifice.
Par extension, on a donné le nom de frise à des bandeaux de sculpture ou de peinture de peu de largeur, qui règnent vers le haut et tout autour de l’intérieur d’un temple, d’un salon.
Frise est aussi une sorte d’étoffe de laine a poil frisé, une ratine grossière, qui n’est pas croisée, Ce mot se ditencore d’une toile venant de Frise en Hollande. TEyssÈDRe.
FRISE (Friesland ou Vrierland), l’une des provinces es plus septentrionales et en même temps les plus riches du royaume des Pays-Bas, désignée aussi sous le nom de Frise occidentale, pour la distinguer de la Frise orientale, province du Hanovre (voyez Frisons), présente une superficie de 35 myriamètres carrés, avec une population de 300,863 àmes(1869); ilest divisé en troisarrondissements : Leeuwarden, Heerenveen et Sneek. Le sol en est partout plat, et si bas sur les côtes qu’on ne le met à l'abri des inondations qu’à l’aide de digues et de dunes. 11 a fallu en partie l’arracher péniblement à la mer à l’aide de travaux d’art qui témoignent de la plus industrieuse patience chez les populations, car elles ont su transformer à force de temps et de labeur des landes sablommeuses et marécageuses en terres de la plus riche nature ; ce n’est qu’au sud et à l'est qu’on rencontre de vastes étendues de terres sablonneuses entremélées de marécages et de tourbières, dont l'exploitation, en raison de la rareté du bois de chauffage, est un autre élément de richesse pour le pays. Une multitude de lacs poissonneux, reliés entre eux par des cours d’eau naturels où par des canaux, contribuent à Pirrigation du pays et en même temps y facilitent singuliérement les communications, Nous citerons entre autres le canal de Treckschuiten, qui traverse presque toute la partie septentrionale de la Frise, et celui qui conduit de Harlingen à Leeuwarden par Franeker, avec deux embranchements sur Dokkum et sur Grœningue,