GAZOUILLEMENT — GEANT
oiseaux chantent d’abord faiblement; mais lorsque l’amour, cétte âme universelle, a ranimé la vie dans tous les êtres urganisés, alors la troupe gazouillante, plongée dans un torrent de délices, exprime son bonheur par des concerts imélodieux, qui cessent aussitôt que leurs tendres désirs sont satisfaits.
Nous ajouterons que par le mot gazouillement on désigne encore le murmure des ruisseaux ainsi que le langage inintelligible des enfants qui commencent à parler.
CoLomgar (de l'Isère),
GAZZIAH. Voyez RA771A.
GEAL, genre d'oiseaux de l’ordre des passereaux coniiostres, renfermant une dizaine d’espèces, dont une est indigène et les autres propres aux deux Amériques et aux Indes orientales. Notre geai est à peu près de la taille et de la grosseur dune perdrix commune d'Europe; il a 07,35 environ, depuis l'extrémité du bec jnsqn’à celle de la queue, et déploie en plein vol une envergure de près de 07,55; il a la tête forte, le con épais et nerveux, le hec robuste, couleur de corne foncée, presque conique, un peu ailongé, la mandibule supérieure légèrement recourbée vers le bont. Ses yeux, placés latéralement, et dont l’uvée est d'un gris-bleu argentin, sont larges, arrondis, et entourés d’un cercle étroit d’un brun semblable à la couleur de la prunelle; il a les tarses élevés, d’un gris foncé, un peu rougeâtres, très-élastiques et d’une grande souplesse, armés dè quatre doigts, dont trois antérieurs et un postérieur, qui semble faire suite à celui dn milieu des trois doigts opposés ; ses ongles sont de la couleur du bec, courts, robustes et acérés, et lui sont d’un grand usage pour se procurer et préparer sa nourriture. La teinte générale de son plumage est d’un gris ardoisé, que domine une couleur rose lilas plus ou moins vineuse, qui se change tantôt en violet gorge de pigeon dans les parties les plus foncées, sur le dos et sur le cou, tantôt en gris de perle mat et élair, nuancé légèrement d’un rose violet peu apparent sur les joues, sous le bec, le ventre et à la haissance de la queue. Les pennes étagées de cette queue sont presque noires. Il en est de même de l'extrémité des ailes , décorées de deux larges bandes d’un bleu clair d’azur magnifique, coupées verticalement de petits traits nombreux d’un bleu noir pourpré très-éclatant. La même couleur, mais plus mate, se remarque sur les larges plaques foncées qu’il porte en forme de moustaches de chaque côté du bec, à partir de la naissance des mandibules, et qui se détachent si bien sur le fond gris perlé des joues.
Les habitudes des geais se rapprochent beaucoup de celles des pies et des corbeanx ; ils vivent comme eux au fond des bois et des forêts, et n'apparaissent dans les campagnes et les vergers que pour y faire des dégâts. Ils sont également doués d’une grande intelligence, et, quoique d’un naturel fort sauvage, on parvient facilement à les apprivoiser. Pris jeunes dans le nid, on les rend sans peine aussi familiers que des oiseaux domestiques : les chats, les chiens, les habitants des bassés-cours, les enfants, tout devient alors l’objet de leurs agaceries; il n’est personne dans la maison qu'ils ne cherchent à persécuter ; ils portent l'audace jusqu’à dérober tout ce qu’ils peuvent saisir, des pièces de mounaie, de l’argenterie, des morceaux d’étoffes, {ous les objets de luxe qui flattent l’œil ou qui ont de l'éclat, Ils savent fort bien imiter toute espèce de cri et de son, et apprennent facilement à parler.
Les geais passent pour otunivores; ils se jettent sur les grains, les fruits, les légumes, les petits des autres oiseaux, et s’approchent des habitations pour se nourrir des entrailles de volailles, des restes de viandes, et se repaître du sang des animaux tués pour la table, Mais ils préfèrent les glands, les noix et les noisottes; ils en approvisionnent leurs retraites dans le creux des grauds arbres, dans de vieux terriers, au muilieu des ruines d'anciens édifices. Ils sortent de ces asiles par les jours les plus beaux, les plus doux, et telle est leur prévoyance, qu'ils ont soin de se former plusieurs greuicrs de réserve, afin de ne pas perdre toutes
leurs ressources à la fois. Quatre défauts déparent tes qualités du geai : l’avarice, la xnalpropreté, la pétulance et 18 colère.
Les geais fontleur nid dans les bois, loin des lieux habités : ils le construisent ordinairement sur les chênes les plus touffus, les plus élevés. Leurs petits naissent tellement peu délicats que quelques branches entrelacées grossièrement, en forme de demi-sphère sans duvet à l’intérieur, suffisent pour les recevoir. Le père et la mère se partagent avec un égal empressement les soins de l’incubation et de la famille. Ils ne quittent ordinairement leurs petits, qui commencent à voler vers le mois de juin, qu’au printemps suivant, lorsque ceux-ci se dispersent eux-mêmes pour aller former de nouvelles familles. La femelle pond de quatre à six œufs, de la grosseur de ceux de pigeon, d’un gris plus ou moins verdâtre, avec des petites taches roussâtres faiblement marquées. On la reconnait à sa tête, plus petite que celle du mâle, et à son plumage, qui est moins vif.
Parmi les espèces ou variétés, la plupart des auteurs ne citent que le geai noir à collier blanc, le geai à joues blanches, le geai bleu verdin, le geai bleu de l'Amérique septentrionale, le plus magnifique de tous, le geai orangé, le geai péruvien, dont l'élégance contraste avec les propor tions, un peu fortes, du geai d'Europe, et le geai brun-roux du Canada, qui est une simple variété de ce dernier. Nous ajouterons à cette nomenclature le geai de l'Himalaya, le geai à double miroir (garrulus bispecularis ornatus), également de l'Himalaya, et le geai luncéolé de l'Inde.
É Jules SAINT-AMOUR.
GÉANT , en latin gigas , terme d’origine grecque, formé de yñ, terre, et de yéw, je nais, c’est-à-dire Jüls de La terre; ce qui désigne un homme monstrueux et violent, un ogre, comme les Lestrygons et les Cyclopes d’'Homère. Les enfants, se voyant petits et faibles, croient facilement à l'existence des géants.
En général, les animaux et les végétaux à courte durée, dont la texture est serrée, compacte, ne parviennent point à d'aussi vastes dimensions que les races dotées d’une longue vie, ou d’une organisation à mailles plus lâches et plus extensibles. Ainsi, les êtres annuels ou bisannuels, les insectes, les menus herbages, n’égalent point la stature des grands mammifères et des arbres.
Il est reconnu que le froid très-vif des régions polaires, comme une chaleur aride, des déserts sablonneux de l’Afrique, s’opposent au développement complet de la taille chez toutes les créatures, tandis qu'une chaleur tempérée et humide la favorise au contraire considérablement. C’est sous les parallèles des contrées modérément froides et humides que se trouvent les nations de la plus haute taille connue sur le globe. Le partie méridionale de la Suède et du Danemark, la Pologne, la Livonie, l'Ukraine, la Saxe, la Prusse, les comtés du nord de l’Augleterre, présentent en Europe des hommes d’une haute et belle stature, laquelle diminue sensiblement à mesure qu’on redescend vers les régions plus méridionales. Les anciens Germains et les Gaulois étaient plus grands, plus blonds que les Italiens, les Romains, les Ibères. En Asic, la loi de la stature est la même ; les Chinois septentrionaux , les Tatars mandchoux, sont beaucoup plus grands, plus gros, plus courageux, plus voraces et mangeurs que les Chinois méridionaux, chétifs et irnides sous le bambou de leurs mandarins. Il en est de même dans l'Amérique septentrionale. Les tribus sauvages des Akansas, les peuplades appelées grandes têtes, sont de plus belle taille que tous les autres naturels de cette partie du monde. Dans l’Amérique méridionale, qui s’avance vers le pôle austral, au Chili et dans la Patagonie, il existe un climat analogue à celui qui produit des hommes d’une haute stature; aussi les Patagons passent pour être les plus grands corps et les plus robustes de l'espèce humaine,
C’est au bord des fleuves et des marécages de ces plaines fertiles de l'Asie, où serpentent le Gange et la Djumna,