‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 262 sur 552 · GIROUETTE — GISQUET · texte numérisé non relu

GIROUETTE — GISQUET

vent. 11 y a des girouettes au moyen aesquelles on peut connaître la force et la vitesse du vent; mais cela demande un mécanisme particulier, qu'on nomme ané momètre.

La lourde et criarde girouette était autrefois un attribut féodal , qui ne pouvait figurer que sur les châteaux , et dont le vilain n’eût osé se permettre de décorer son humble toit. La girouette a donné lieu à quelques allusions; celle de Bayle a joué un grand rôle dans la philosophie : on sait que la question du franc arbitre a divisé, divise et divisera probablement à tout jamais les philosophes ; Bayle fournit aux fétalistes une nouvelle arme par l’ingénieuse hypothèse d’une girouette qui, étant douée de la seule faculté de vouloir se mouvoir, s’imaginerait, toutes les fois que le vent la pousse à droite ou à gauche, qu’elle se meut par sa propre force, par une vertu innée en elle. 11 en est de même de l’âme, dit: il : l'âme a la faculté de vouloir ce qui lui fait plaisir; elle veut donc en conséquence de la manière dont elle a été précédemment, ou dont elie est encore affectée : c’est là le vent qui la pousse; elle est effet et se croit cause; elle obéit et croit commander; elle se persuade que tout ce qu’elle veut, tout ce qu’elle exécute, est libre et volontaire, tandis que les circonstances antérieures, les jugements qu'elles ont déterminés, les affections que l’âme a reçues, rendent sa détermination nécessaire et fatale. On sait comment cette hypothèse a été depuis développée et renforcée par les raisonnements des philosophes du siècle dernier, et ce que les spiritualistes ont répondu.

Le mot girouelte a été encore appliqué à ces hommes qu'on a vus si souvent, dans les événements politiques, changer de couleur et d’attachement, selon que le vent de la faveur soufflait d’un côté ou d’un autre. On a même publié depuis 1815 plusieurs Dictionnaires des Girouettes. Dans un des derniers on avait eu soin d'indiquer par le nombre de girouettes, placé à la suite du nom de chaque individu, le degré de son girouettisme. C'est encore un livre à refaire aujourd’hui, Bernard JULLIEN.

GISEMENT ou GISSEMENT (Marine), situation des côtes, direction qu’elles suivent par rapport aux différents points de la boussole. On applique ce mot à toutes espèces d'objets, en les comprenant toujours dans le sens de leur longueur : ainsi le gisement d’une île est nord et sud, si la ligne qui joint les deux points les plus éloignés de cette île est dans cette direction d’après la boussole. Le gisement d’un écueil est l'aire de vent sur lequel ile-trelevé de deux points différents. Le gisement de deux îles, de deux écueils, de deux points quelconques, c’est la direcrion indiquée par le compas de la ligne qui passe par ces deux points. Lorsque les navigateurs font quelques découvertes, ils ontsoin d'en indiquer le gisement, afin d'éclairer ceux qui les suivent,

GISEMENT (Géologie). On donne ce nom à toute masse minérale contenant quelque substance ulile, que l’on cherche à en extraire. Les filons, les amas, les couches, les rognons, etc., sont autant de dénominations différentes s'appliquant aux principales formes de gisements des substances minérales.

GISORS, petite ville de France, sur l’Epte, la Troëne et le Reveillou, avec 3,834 âmes (1872), est un chef-lieu de canton de l’arrond. des Andelys (Eure). -Nommée Gi- Sorlium du temps des Romains, elle était dans le moyen âge la capitale du Vexin normand; les rois de France el d'Angleterre s’en disputèrent la possession jusqu’en 1195, où la trahison la livra à Philippe 11. Eu 1346 Edouard IL la brûla , n’ayant pu prendre le château. Le domaine de Gisors, constitué ta ntôt en comté, tantôt en duché, appartin£ successivement à Blanche de Castille, à Blanche d’Éyreux, à Renée de France. C’est à la mère de saint Louis qu’on doit l’église paroissiale, un des monuments les plus curieux de la basse Normandie, Les restes du château ne présentent plus que des ruines d’un aspect imposant. Cette ville possède des fabriques de draps fins, d’indiennes , de percales des ateliers de dentelles, etc, Elle communique

par des voies ferrées avec Paris, Vernon, Rouen et Dieppe.

GISQUET (Joscpu-Henni), ancien préfet de police, né à Vezin (Moselle), en 1782, entra de fort bonne heure au service ; mais, par suite d’une blessure qu'il reçut à la chasse et qui nécessita l’amputation d’un avant-bras, il fut bientôt renvoyé dans ses foyers. Admis alors comme commis dans la maison de banque des frères Périer, il obtint, par son zèle et son activité, la protection de ses patrons , qui le mirent à même de fonder, en 1826, à Saint-Denis, une grande usine pour son compte. Sous sa direction intelligente, cette opération prospéra si bien, qu’en peu d'années il était parvenu à être compté parmi les négociants notables du département de la Seine, lesquels lui conférèrent les honneurs de la magistrature consulaire. A la suite de la révolution de Juillet, il fut élu membre du conseil général de la Seine. A ce moment, une crise commerciale des plus graves pesait sur la place de Paris; et sans une importante fourniture de fusils qu'il alla négocier en Angleterre pour le compte du gouvernement, fourniture adjugée sans publicité ni concurrence, dans des conditions excessivement onéreuses pour le trésor publie, on a tout lieu de penser qu'il eût été impossible à la maison Gisquet de soutenir lechoc des nombreux sinistres qu’elle éprouva. Un procès fameux fit, quelques années plus lard, connaître une partie de la vérité au sujet de cette affaire des fusils-Gisquet, demeurée l’un des plus scandaleux tripotages d’une époque si féconde en ce genre,

Casimir Périer, nommé premier ministre en mars 1831, désirant avoir à la préfecture de police un homme complétement à lui, obtint de Louis-Philippe qu’on en renvoyât Vivien, qui avait succédé à M. Baude, et qu’on y appelât M. Gisquet, son ancien commis et son constant protégé. Dans l'exercice de ces fonctions, M. Gisquet, on ne saurait le nier, apporta la fermeté, la vigilance et l’activité qui avaient fait défaut à ses prédécesseurs. Les insurrections de 1832 et de 1834 ne le surprirent point, et grâce à ses mesures, aussi promptes qu'énergiques , elles purent être comprimées. Les divers attentats dirigés contre la vie de Louis-Philippe lui fournirent également l’occasion de faire preuve de présence d’esprit et de sang-froid, comme aussi de déployer un grand zèle monarchique. Son nom, naturellement lié à toutes les mesures de répression auxquelles le pouvoir dut recourir pour se maintenir en présence de partis qui conspiraient son renversement, devint bientôt aussi impopulaire que ceux des Delavau, des Franchet, des Mangin, et de tous les autres exécuteurs des vengeances de la Restauration. De vagues rumeurs de concussions commises dans Pexercice de ses fonctions vinrent se joindre aux reproches d’actes arbitraires et illégaux qui s'élevaient de toutes parts contre lui; et lors du changement de cabinet qui eut lieu en 1835, le ministère dut donner à l’opinion publique la juste salisfaction d'une destitution. M. Gisquet, désormais usé ct inutile, fut remplacé à la préfecture de police par M. Gabriel Delessert, et reçut comme fiche de consolation sa nomination aux fonctions de conseiller d’État en service extraordinaire, I] était difficile que M. Gisquet ne gardât pas rancune aux ministres qui l'avaient ainsi sacrifié ; aussi, élu député à la chambre de 1837, profita-t-il de la discussion des fonds secrets pour faire sur leur emploi des révélations qui achevèrent de le perdre dans lesprit des gouvernants , sans qu’il réussit pour cela à se faire pardonner son passé par le parti libéral.

En 1838, Le Messager, journal qui avait momentanément cessé d’être l'organe de l’administration, publia un article dans lequel on faisait allusion, en termes très-diaphanes , à une mystérieuse histoire d’alcôve où il était question d’une femme mariée séduite, du silence et de la disparition du mari obtenus à prix d’argent et d’un duel làchement refusé. Clairement désigné dans cet article, M. Gisquet porta plainte en calomnie contre le journaliste : le procès qui s’ensuivit fut un de ceux qui percerent à jour la politique de roueries et de corruptions sur laquelle s'appuyait le gouvernement de Louis-Philippe, et qui permirent de sonder toute la profon-

deur de la démoralisation administrative. En presence du texte précis de la loi, le jury fut forcé de rendre un verdict de culpabilité contre l'éditeur responsable du Messager, et la cour dut le condamner à une amende insignifiante, parce que la participation directe de M. Gisquet aux tripotages honteux dénoncés dans l’article ne put être prouvée. Toutefois, de l’ensemble des faits il résuita, de la manière la plus évidente, que pour satisfaire sa lubricité M. Gisquet avait pas seulement dissipé une partie de sa fortune, mais qu'il avait encore fait illicitement gagner des sommes considérables à sa maîtresse, à ses amis et à ses parents, en leur ménageant des pots-de-vin sur différentes entreprises et adjudications publiques. L'avocat du roi blâma de la manière la plus sévère la conduite de l’ex-préfet de police, et reconnut expressément qu'en signalant les faits en question, le Journaliste de l'opposition n'avait fait que remplir un devoir. Avant même le prononcé du jagement, une ordonnance royale avait rayé M. Gisquet de la liste des conseillers d’État en service extraordinaire, et eulevé les fonctions de receveur général de l’Aube à son gendre, dont le nom s'était tronvé compromis dans cette sale affaire.

Aux élections de 1839, M. Gisquet fit publier que, lors même que ses électeurs le nommeraient de nouveau député, il refuserait cet honneur. C’était savoir se rendre Justice. Rentrer dans l'obscurité et tâcher de se faire oublier était en effet ce que M. Gisquet avait désormais de mieux à faire. Il n’en fut pourtant pas ainsi : il publia ses Mémoires (Paris, 1840, 4 vol, in-8°), apulogie complèle de sa vie, qui contient force acc usations et critiques, parfaitement fondées d’ailleurs, à l'endroit de l’administration supérieure. Puis il entreprit un vo ÿage en Égypte et en Orient, et crut devoir, à cette occasion, nous faire part de ses impressions de touriste (1844, 2 vol.). « Une chose assez piquante, rap. porte un auteur contemporain, c’est que ce lerrible préfet,siuniversellement détesté pour sa rudesse, ses mesures draconiennes et son despotisme, était, au fond, d'humeur joviale, et qu’il se fit recevoir membre du Caveau. » M. Gisquet est mort en 1866.

GITANOS, Voyez BonÉMIENs.

GITSCHIN, chef-lieu du cercle du même nom, en Bohême, sur la Cydlina, avec 6,000 habitants. Cette ville possède un gymnase, une école militaire, une caserne, jadis collége appartenant aux jésuites, etc., et elle est le centre d’un commerce de céréales assez étendu. C’était autrefois la capitale du duché de Friedland, Quand, en 1627, Wallenstein choisit Gitschin pour en faire le chef-lieu de sa principauté, ce n’était qu’une misérable bourgade, comptant à peine deux cents maisons couvertes en chaume; mais, grâce aux sommes considérables qu'il employa en secours et en encouragements à tous ceux qui voulurent y élever des constructions nouvelles, la pauvre bourgade ne tarda pas à être transformée en une jolie petite ville , bien propre et régulièrement construite, accrue d’un château magnifique qu'il y fit élever à grands frais.

En 1636, on déposa les restes mortels de Wallenstein dans la chartreuse de Walditz, voisine de Gitschin; mais en 1639 Baner, le général suédois, envoya en Suède Ja tête et la main droite du héros, comme trophées des victoires remportées par l'armée sous ses ordres. Après cette profanation , les restes de Wallenstein demeurèrént oubliés dans cette chapelle, jusqu’à ce que le comte Vincent de Waldstein les fit transférer à Munchengrætz, dans le ccaveau de sa famille, où le tombeau de son glorieux ancêtre est maintenant orné d’une inscription qui rappelle ses hauts faits.

Le 29 juin 1866 un combat sanglant fut livré sous les murs de Gitschin entre les Prussiens et les Autrichiens ; ceux-ci furent battus et la journée eut pour résuitat de favoriser la jonction des deux armées prussiennes,

GIULAY, Voyez Gyuray.

GIUNTHE où GIUNTA, célèbre famille d'imprimeurs, qu'on appelle en Espagne Jun£i, Juntaou Juncta et aussi

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