‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 378 sur 552 · GRENOUILLE — GRENVILLE · texte numérisé non relu

GRENOUILLE — GRENVILLE

grenouille ou coassement est d’une monotonie fatigante ; les femelles ne font entendre qu’un faible grognement,. Les grenouilles vivent de larves d'insectes aquatiques , dé

vers, de jeunes coquillages et d'insectes vivants; on a même | prétendu que la dilatabilité de leur gosier leur permet d’a- !

valer des animaux quelquefois plus gros qu’elles, tels que de petits oiseaux, de petites souris. Les grenouilles muent souvent pendant l'été, mais elles ne perdent que leur épiderme et non leur peau membraneuse. Chez ces animaux, l’accouplement a une durée extraordinaire : il se prolonge depuis quatre jusqu’à vingt jours, selon que la température est plus ou moins élevée : le mâle, durant la fécondation, embrasse la femelle si étroitement qu’il ne peut plus s’en séparer que lorsque la ponte est assurée. L'œuf de la grenouille (et chacune en pond annuellement de 609 à 1,200) consiste en un globule, noir d’un côté, blanchâtre de l'autre, placé au centre d’un autre globule gélatineux, transparent, servant de nourriture à l'embryon : celui-ci se développe au bout de quelques ours, et se nomme alors tétard; sa conformation intérieure et extérieure, dans cet état, ne ressemble en rien à celle qu’il prendra plus tard : il a la tête au milieu de la poitrine, le corps en forme d’ovoïde, qui dans la grenouille mugissante de l'Amérique septentrionale acquiert quelquefois la grosseur du poing, et une longue queue. Ce n’est qu’au bout de deux ou trois mois que sa transformation en grenouille est complète.

En Europe on mange les grenouilles, que l’on regarde comme un mets très-délicat; la médecine les emploie aussi pour des bouillons rafraîchissants. Les espèces les plus répandues de ce genre sont la grenouille commune (rana esculenta) et la grenouille rousse (rana temporaria).

GRENOUILLETTE. Voyez BRoCHET.

GRENVILLE (Famille), lune des plus importantes races aristocratiques de l’Angleterre, établie dès le règne de Henri 1° dans le comté de Buckingham, resta néanmoins pendant plusieurs siècles dans les rangs obscurs de la gentilhommerie de province jusqu’à ce que le fnariage de Richard GRENVILLE, membre du parlement pour la ville d’Andover (et mort le 17 février 1724), avec Esther, fille de sir Richard Temple, lui eut donné de grandes richesses avec l'importance politique qui s’y rattache, A la mort de son frère, Richard Temple, vicomte Cobham, en 1749, la veuve de Richard Grenville hérita de ses titres et de ses propriétés (entre autres du château de Stowe), et fut créée comtesse Temple. Elle mourut le 6 octobre 1752. Son fils atné, Richard GRENVILLE, comte Temple, fut nommé en 1757 garde des sceaux, et se signala dans les luttes politiques de cette époque, d’abord comme ami et plus tard comme adversaire de Chatham, qui avait épousé sa sœur. Il mourut sans laisser d'enfants, le 11 septembre 1779.

GRENVILLE (Georce), frère du précédent, ministre de Georges ILE, né le 14 octobre 1712, fut élevé à Cambridge, où il se distingua dans l’étude des mathématiques, et débuta avec succès au barreau à l’âge de vingt-cinq ans. Après une longue et honorable carrière parlementaire, dans laquelle il se montra toujours dévoué au gouvernement, il entra dans le conseil d’amirauté en 1744, fut créé en 1747 lord de la trésorerie, et, lorsqu'il eut franchi les divers degrés de la hiérarchie administrative, premier lord de l’amirauté. A l’avénement de Georges IX, Grenville parvint à un rôle politique important. En août 1763, il succéda à lord Bute. Dans cette position, ét vraisemblablement sous l'influence que Bute continuait encore à exercer, il introduisit la taxe du timbre, dont l'établissement provoqua les premières résistances des colonies américaines. Ce fut aussi sous son administration que fut rendu le bill relatif aux élections conteslées (Grenville act). Par suite de la tournure que prirent les affaires d'Amérique, il céda, en 1765, son portefeuille au marquis de Rockingham. Ses adversaires euxmêmes étaient obligés de rendre hommage à son activité et à sa capacité, à sa probité ainsi qu’à la loyauté de son caractère. Il a écrit, pour justifier son administration : Conside-

DICT. DE LA CONVERS, —T, X

| rations on the commerce and finances of Eng.and eLondres 1765). Il mourut en 1770.

| GRENVILLE (THomas), fils cadet du précédent, né en 1755, entra fort jeune à la chambre des communes, et, s’écartant de la ligne que suivait sa famille, s’atlacha au parti whig, dont Fox était le chef. Déjà on parlait de lui pour la place de gouverneur général de l'Inde; il avait été envoyé à Paris dans le but de négocier avec Franklin et Vergennes le traité qui devait mettre un terme à une guerre peu heureuse pour l’Angleterre : un changement de ministère le fit rappeler, et il resta même pendant sept ans éloigné de la chambre des communes, où il ne rentra qu’en 1790, époque où les whigs le firent élire à Oldborough. Effrayé toutefois de la marche de la révolution française et des périls dont elle menaçait l’erdre social en Europe, il fut du nombre des whigs qui abandonnèrent le parti de Fox, et qui crurent devoir renforcer le pouvoir, placé dans des circonstances nouvelles et critiques. Dans l'hiver de 1795, il fut envoyé à Berlin, afin d'essayer d’engager le roi de Prusse à continuer la guerre avec la France; le bâtiment qui portait Grenville se brisa contre les glaces, et le diplomate dut son salut à une sorte de miracle, Sa mission échoua; la Prusse craignait de se brouiller avec la république, dont les armées triomphaient alors sur tous les champs de bataille. Rentré au parlement, Grenville s’éloigna peu à peu de Pitt, et lorsqu’en 1806 les whigs reconquirent l’ascendant, il se joignit décidément à eux, et fut promu au poste de premier lord de l’amirauté. C'était un emploi de la plus haute importance à une époque où le pavillon anglais faisait d’incroyables efforts pour rester maître de toutes les mers. Au bout de sept mois, une nouvelle révolution ministérielle fit perdre à Grenville le portefeuille qu’il avait à peine eu le temps d'examiner; dégoûté des fonctions publiques, il resta dès lors à l'écart, se bornant à contempler les luttes des partis. Il avait toujours eu un goût décidé pour la littérature ; il se forma une bibliothèque, qui fut à bon droit regardée comme l’une des plus riches et des mieux choisies que possédât l'Angleterre. 11 mourut le 17 décembre 1846, et léguaau British Museum sa bibliothèque, composée de 20,239 volumes qu’il avait mis environ soixante-dix ans à former et dontla valeur était évaluée à plus de 16,000 liv. st. (400,000 f.). Ce legs, disait-il dans son testament, avait pour but de dédommager jusqu’à un certain point la nation des sinécures dont il avait joui de son vivant. GRENVILLE ( Wiczram WYNDHAM, lord), troisième fils de Georges GRENVILLE, naquit le 25 octobre 1759. Entré au parlement en 1792, Pitt lui fit obtenir l’année suivante la place de payeur général de l’armée. La connaissance approfondie qu’il possédait de la tactique et des précédents parlementaires le fit choisir en 1789 pour orateur (président) de la chambre basse, Quatre mois plus tard il fut nommé secrétaire d’État de l’intérieur, en remplacement de lord Sidney, et élevé à la dignité de baron. En 1791 il accepta le portefeuille des affaires étrangères, position dans laquelle il manifesta la plus violente antipathie pour la révolution française. Après l’exécution de Louis XVI, il donna ordre à l’ambassadeur français, Chauvelin, de quit.ter immédiatement l'Angleterre, et ne permit même pas à Maret de remettre les dépêches dont il était chargé. La déclaration de guerre du gouvernement anglais et la politique implacable qu’il suivit depuis lors contre la France furent peut-être plus l’œuvre de Grenvälle que dePitt, son collègue. 11 fut l’instigateur de toutes les lois d'exception qui vinrent à cette époque peser sur la constitution anglaise. Ce fut bien moins parce que le roi s’opposa à l'émancipation des catholiques, que parce que l'opinion publique se prononçait complétement contre sa politique, qu’il quitta le ministère avec Pitt en 1801. Quand celui-ci y rentra en 1804, lord Grenville obtint une riche sinécure, par suite de son refus péremptoire de faire partie de l'administration nouvelle. Après Ja mort de Pitt, il se rapprocha des whigs avec les autres tories modérfs; déjà, quelque temps auparavant, il s'était

lié avec Fox, dont naguère il détestait les doctrines. Ce fut ai qui le détermina à faire partie du célèbre ministère de »alition de 1806, auquel son nom est même demeuré dans l’histoire. Mais tout de suite après la mort de Fox la désunion éclata dans ce cabinet, composé d’éléments si dispa- -ates, à propos des négociations entamées avec la France. Lord Grenville s'étant en outre déclaré avec lord Howick (voyez Gex) pour l'abolition du serment du fesé et l’émancipation des catholiques, il s’ensuivit, en 1807, une désorganisation complète de l’administration. Après avoir refusé à diverses reprises d’entrer dans des combinaisons ministérielles, sa participation à la vie politique se borna dès lors à siéger dans la chambre haute, où, sans être précisément un orateur, il ne laissait pas que d’exercer une grande influence. En toute occasion il se montra l'avocat chaleureux et convaincu de la cause des catholiques irlandais ; mais il s’abstint sur la question de la réforme parlementaire, 11 mourut le 12 janvier 1834, sans laisser de descendance, dans son château de Drapmore, comté de Buckingham.

En 1800, il avait fait imprimer à Oxford, à ses frais et à ceux de ses frères, une édition d’Homère, enrichie de notes et d'observations critiques, et à laquelle, dans les dernières années de sa vie, il donna pour pendant une édition d’Horace, qui n’est point entrée dans le commerce. En 1804 il publia les lettres du comte Chatam à son neveu Thomas Pitt; on a aussi de lui, sous le titre de Nugæ metricæ, des traductions de poésies anglo-saxonnes, italiennes et grecques. Son érudition non moins que ses opinions essentiellement conservatrices déterminèrent l’université d'Oxford à lui conférer en 1809 la dignité de chancelier. A cette occasion il fit paraître un ouvrage dans lequel il justifiait cette école d’avoir expulsé de son sein le philosophe Locke, et publia en même temps sa fameuse lettre circulaire sur l'émancipation des catholiques.

GRENZER. Voyez FRONTIÈRES MILITAIRES.

GRÉOUX, village du département des Basses Alpes, près de la rive droite du Verdon, avec 1,258 habitants et des eaux thermales très-fréquentées. « La constitution des eaux de Gréoux, dit M. le docteur Donné, a de l’analogie avec celle de la célèbre source des Pyrénées; ces eaux sont sulfureuses comme les Eaux-Bonnes, elles contiennent des sels de même nature, une forte proportion de chlorure de sodium et une matière organique onctueuse ; elles conviennent aux tempéraments lymphatiques , aux enfants ét aux jeunes filles faibles. » Le climat de Gréoux est délicieux, et les malades, qui vont y chercher la santé trouvent un établissement confortable, des distractions suffisantes et des promenades pittoresques.

GRÈS (du celtique craig), rocne formée de grains de quartz agglomérés, et agglutinés par une substance insaisissable. Ontrouve ordinairement les grès dans les terrains de sédiment, depuis les plus anciens jusqu'aux plus nouveaux. Il existe plusieurs variétés de grès : on distingue le rouge, le flexible, le Lustré, le blanc, le bigarré, le filtr ant; il y a des grès appelés mollasses, qui, tendres

en sortant de la carrière , acquièrent de la dureté lorsqu'ils sont exposés au grand air. Le plus souvent les grès s’offrent en masses à contexture confuse, divisibles en toùs sens ; quel quefois on en rencontre des bancs assez réguliers. Les constructeurs en bâtiments emploient rarement le grès, par la raison que cette pierre ne donne que faiblement prise au mortier, Il est d'un usage excellent pour user les métaux : aussi en fait-on des meules à aïiguiser et même à moudre les grains. Il y a une sorte de grès dont la contexture est telle qu'il laisse passer les fluides purs au travers de sa masse, mais il rejette les impuretés qu’ils contiennent ; c’est un grès de cette espèce qu'on emploie dans les fontaines filtrantes. La-taille du grès est dangereuse pour les ouvriers qui la pratiquent. Rondelet (Art de bâtir) assure que la poussière qui s’en échappe est si subtile qu’elle pénètre dans une bouteille bouchée avec soin. Cette poussière cause aux piqueurs de grès une toux très-fâcheuse, surtout

GRENVILLE — GRESIL

lorsqu'ils ne travaillent pas en plein air. Pour se garantir de ses pernicieux effets, les ouvriers expérimentés se pla. cent de façon qu’un courant d’air la chasse devant eux.

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