‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 420 sur 552 · GUERRE DU NORD — GUERRE SACRÉE · texte numérisé non relu

GUERRE DU NORD — GUERRE SACRÉE

GUERRE DU NORD. Voyez Non (Guerre du).

GUERRE DU PÉELOPONNESE. Voyez PÉLoron- NÈSE (Guerre du).

GUERRE MARITIME. Cherchons quels principes doivent guider une nation dans une guerre maritime. Écartant d’abord l'esprit de conquête, qui n’est qu'un caprice sanglant, et dont aucune règle de probabilité ne peut saisir les chances, nous admettrons qu'une uation ne se déciae à la guerre que pour défendre son territoire, protéger ses intérêts menacés ou attaqués, faire respecter sa liberté, sa dignité, son honneur. ou soutenir un allié assailli par un injuste ennerni. Le territoire maritime d’un peuple se compose du littoral baigné par les flots de la mer, et de ses colonies. Ses intérêts sont ceux de son commerce tout entier : il doit être libre de parcourir toutes les mers du globe, de demander à toutes les plages un asile pour ses vaisseaux battus par la temptle, des produits en échange de ses propres produits; nulle nation n’a le droit de l'arrêter par un qui vive? et son honnenr outragé réclame vengeance si son pavillon ne met pas ses navires ou ses comptoirs les plus lointains à l'abri d’une insulle ou d’une avanie. Quels éléments constituent sa force navale? Ils sont de deux espèces, l’un matériel, l’autre personuel. L'élément matériel embrasse les ports, les arsenaux maritimes, ces forteresses flottantes que l’on désigne sous le nom générique de navires de guerre, et toutes leurs munitions. L'élément personnel comprend sa population maritime : il est excellent quand il suffit à recruter de nationaux les matelots de la flotte; Carthage tomba pour avoir mis sa nationalité sous l'égide de soldats étrangers. Cette division donne sur-le-champ la mesure de la force navale d’un peuple. S'il est insulaire, si tous ou presque tous ses habitants sont marins, s’il n’est grand que par ses colonies lointaines, la marine est la base de sa puissance; les nécessités de son existence marquent seules la limite qu’il doit donner à cette force. S'il est continental et agricole, le commerce maritime n’a plus qu’un intérêt secondaire : sa force navale peut être une partie intéressante de sa puissance militaire, mais elle n’est plus le palladium de sa vie politique.

C’est le rapport entre les besoins d’une nation et son armée navale qu’il est important de saisir. Voici les devoirs de cette armée : Quand une guerre maritime se déclare, les dispositions à prendre sont : 1° mettre le littoral à l’abri d’une insulte ; ici l’armée de terre concourt avec l’armée de mer : elle fournit des garnisons aux batteries des côtes et des colonies; la flotte doit étre prête à fondre sur une escadre ennemie qui tenterait une descente. 2° Assurer dans les ports la rentrée des navires de commerce : ce devoir appartient à la marine ; au moment où la guerre éclate, elle doit avoir des moyens de défense égaux aux moyens d'attaque de l’ennemi. 3° Si, malgré la déclaration de guerre, le commerce maritime continue, lui donner des convois suffisants pour le protéger. 4° Quand elle a pourvu à la défense, qu’elle devienne assaillante à son tour : l'ennemi aussi est vulnérable sur ses côtes, vulnérable dans ses colonies, vuinérable sur toutes les mers dans son commerce; si l’on a des escadres de reste, qu’on aille le faire trembler jusque

dans ses foyers, qu’on lui dispute ses colonies, et tant |

qu'un usage barbare maintiendra la guerre de course, qu'on lance de tous côtés à la chasse de son commerce des navires vites à la marche et des aventuriers que la soif du gain appelle à la curée. Tel est le but que doit se proposer la stratégie, c’est-à-dire la science de la guerre navale.

Envisagée de ce point de vue, elle devient une science dif- |

ficile, qui embrasse à la fois et la connaissance de l'état

pulitique d’un peuple, de ses ressources , de son caractère, |

de ses besoins, et aussi l’art des batailles navales, qui n’est plus qu’un appel aux moyens tactiques, quand {ous les ef. forts stratégiques sont épuisés.

Envisageons maintenant les moyens de guerre dont nous disposons, c’est-à-dire les vaisseaux et les matelots. La cons-

truction de la flotte n’est qu'une question de budget : tous |

les marchés de l'univers sont prêts à donner des bois, des fers, des cordages, pour de lPargent ; la difficulté consiste à décider du nombre et de la force des vaisseaux que chaque nation doit avoir. De là sont nés dans notre France deux systèmes de guerre maritime : l'un, qui rejette les vaisseaux de ligne et les flottes, pour ne conserver que des frégates et des corsaires; l’autre, qui exige de grandes flottes et ayselle les grandes batailles navales. Le premier proclame la guerre de course sur une échelle immense, faite par l'Etat lui-même. Malheur à la nation qui l’adopterait exclusivement ! elle cesserait bientôt d'exister comme puissance navale; car si elle va troubler au loin le commerce de l’ennemi, elle laisse ses flancs découverts au premier vaisseau de ligne qui voudra les déchirer. Le second système est celui que suit la France depuis le règne de Louis XIV. La longue histoire de nos désastres maritimes est là pour attester que s’il est favorable à l'Angleterre, puissance insulaire et commerçante, il ne vaut rien pour la France, dont le commerce maritime n’est que l'élément serondaire de la grandeur nationale. Que veut en effet ce système? Décider d’un seul coup de la domination exclusive des mers. Entre la France et l'Angleterre le résultat d’une pareille lutte ne pouvait être douteux : un intérêt de vanité guidait la France, l'Angleterre combattait pour sa nationalité; la France jetait tout d’abord en jeu toutes ses ressources, les réserves de l'Angleterre rendaient ses flottes immortelles; car l’armée de réserve est le point d’appui de toute force de guerre. Si les principes que nous avons posés plus haut sont vrais, un système intermédiaire à ces deux extrêmes convient seul à la France; et il nous paraît résulter immédiatement de la science de la guerre. Car toutes ces flottes, ces vaisseaux de ligne si imposants, ne sont rien sans une armée de matelots exercés à les manœuvrer, C’est le matelot qui donne la vie à ces masses inertes et qui les rend terribles : or, le matelot est une être à part, que l’on n’improvise pas en quelques mois, comme un soldat ; c’est dans le grand nombre de ses excellents matelots que réside la véritable supériorité de la marine anglaise. Th. PAGE, capitaine de vaisseau,

GUERRE OFFENSIVE,. Voyez. OFFENSIYE.

GUERRERO (Xavier-ANToNIo), homme de couleur, fut un des principaux chefs de la faction démocratique des Yorkinos, au Mexique, lors de l'insurrection de 1810. On le retrouve à la tête de ce parti lors de la levée de boucliers de 1827 et 1828, combattant à outrance le général Bustamente, chef du parti conservateur des Æscocesos, par qui celui-ci fat appelé alors à la présidence de la confédération mexicaine. Dès l’année suivante les deux factions qui se disputent le pouvoir éfaient de nouveau en présence : les Yorkinos, plus entreprenants que leurs adversaires, réussirent à faire annuler l'élection précédente et à faire élire Guerrero en qualité de président, avec Bustamente pour vice-président. C'était au moment où une armée expéditionnaire espagnole débarquait, dans le but d'essayer de reconquérir, au nom de la métropole, son ancienne colonie. Les mesures que prit le nouveau chef du pouvoir exécutif pour repousser l'invasion furent des plus énergiques ; mais Santa-Anna, sans attendre les ordres du gouvernement central , avait déjà forcé les Espagnols à se rembarquer.

Au commencement de 1830 , Guerrero se voyait déposé par suile du mécontentement général, et Bustamente était nommé président provisoire, à sa place, en attendant Pélection définitive de Pedrazza. Guerrero, à la tête des Yorkinos , qui ne voulaient reconnaître d'autre chef que lui, refusa de se soumettre à cet arrangement; et les deux partis coururent de nouveau aux armes. Le sort fut cette fois infidèle à l’audacieux aventurier : abandonné des siens, réduit à se cacher, il se vit livré, en 1831, aux chefs dela faction contraire, qui le firent immédiatement fusiller. C’était un homme sans instruction, mais doué d’une intrépidité remarquable,

GUERRE SACRÉE, nom commun à deux expéditions belliqueuses, dont la défense du temple d’Apollon,

situé à Delphes, fut le prétexte ou l’objet. La première, qui fut la moins longue et la moins importante, eut lieu Pan 448 avant l'ère chrétienne. Elle eut pour cause le pillage du temple d’Apollon par les Phocéens. Ces peuples n’y figurèrent pourtant que comme auxiliaires, et la lutte s’établit principalement entre les républiques d'Athènes et de Sparte, qui observaient avec une envie réciproque leurs accroissements respectifs. Tolmède, général athénien, guerrier habile, mais présomptueux, leva une armée considérable pour passer en Béotie, et détermina mille jeunes Athéniens à partager avec lui les hasards de cette expédition. Périclès essaya vainement de le détourner de son projet : « Si tu ne veux, lui dit-il, ajouter foi à mes avis, sache au moins attendre : le temps est le meilleur conseiller qu'on puisse avoir. » Ces exhortations furent mal appréciées. Tolmède partit, et livra, l’an 447, une bataille aux Thébains, auxiliaires des Spartiates , près de la ville de Chéronée. Il la perdit, et fut tué dans l'action. Ce revers mit fin à la première querre sacrée. Il entraîna pour les Athéniens la perte de la Béotie, une renonciation formelle à leurs prétentions sur les républiques de Corinthe et de Mégare, prétentions qui n'avaient guère d’autre effet, dit Gillies, que d’aigrir ces petites républiques contre un voisin usurpateur, et fut suivi d’une trêve de trente ans, qui ne précéda que de quatorze ans la fameuse guerre du Péloponnese.

La seconde guerre sacrée s’alluma l’an 356, ou, selon Diodore de Sicile, l’an 355 avant Jesus-Christ. Les Phocéens s'étaient emparés de quelques terres qui dépendaient du temple d’Apollon. Les amphictyons prirent, à l'instigation des Thessaliens et des Thébains, connaissance de ce délit, et infligèrent aux coupables une forte amende. Une partie de la population était d'avis de se soumettre à cette sentence; mais Philomèle, citoyen riche et puissant, fit prévaloir l’avis contraire. Il prétendit, sur la foi d’un vers d’Homère, que la surveillance du temple de Delphes n’appartenait qu’au gouvernement dela Phocide, appela ses concitoyens aux armes, se mit à leur tête, et obtint un secours de quinze talents des Spartiates, qui, condamnés pour un fait analogue (l'occupation de la Cadmée), n'avaient point osé jusque alors entrer en Jutte ouverte avec l’'Amphictyonie. Aidé de ces ressources, Philomèle leva des troupes, s’empara presque sans obstacle du temple de Delphes, et en fit disparaître le décret des amphictyons, qui était gravé sur une des colonnes. Ces actes d’audace et d’impiété émurent la Grèce entière, Les Thébains, les Locriens et les Thessasiens prirent parti pour les amphictyons; Athènes soutint secrètement les Phocéens. C'était l’époque où Philippe de Macédoine commençait à méditer sérieusement la conquête de cette importante cité. En attendant qu'il pût trouver un prétexte plausible pour intervenir dans la guerre sacrée, il profita de l’affaiblissement qu'elle causait aux républiques qui s’y trouvaient engagées, pour étendre ses invasions dans la Thrace et l’Illyrie. La fortune s'était dé. clarée d’abord en faveur de Philomèle; mais ce général éprouva bientôt un revers décisif, à la suite duquel il se précipita du haut d’un rocher, pour éviter de tomber vivant au pouvoir de l'ennemi. Un autre chef phocéen, Onomarque, recueillit les débris de l’armée vaincue. Il convertit en tuonnaie l'or et l'argent qui composaient le trésor sacré, et transforma en casques et en épées une partie des stafues en bronze qu'on admirait dans l’intérieur du temple. Cette action sacrilége, qui lui fournit d’ailleurs les moyens de lever une nombreuse armée, ralluma la guerre avec un nouvel acharnement : l’occasion d’y prendre part, si impatiemment altendue par Philippe , lui fut enfin offerte, Les Thessaliens s’élant révoltés contre leur tyran Lycophron, réclamèrent l'assistance de ce monarque. 11 marcha sans perdre de temps au secours des rebelles, et tailla en pièces, à Magnésie, les Phocéens venus, sous la conduite d'Onomarque, pour défendre Lycophron, Cette victoire soumit à l'influence du roi de Macédoine tous les peuples armés pour soutenir les pri-

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