HABITATION
leil ont également des inconvénients graves. Une maison satisfait ordinairement aux conditions que nous indiquons sommairement quand elle est bâtie à mi-côte, sur un sol qui retient peu l’eau, entourée d’arbres qui laissent passer les courants d’air ainsi que la lumière, et quand elle est
exposée à l’est ou au midi. Les plaines sont en général |
considérées comme moins salubres que les lieux élévés : néanmoins, celles qui ne sont ni marécageuses, ni dominées par des montagnes trop hautes, offrent plusieurs conditions avantageuses pour nos habitations ; et c’est là que la plupart des villes ont été établies. L'air des plaines salubres convient même mieux que celui des montagnes aux individus disposés aux irritations pulmonaires. Après l’air, l'eau potable est une nécessité indispensable pour lhabitation de l’homme , et il serait superflu d’en faire ressortir ici l'importance.
La température du milieu dans lequel nous respirons est un autre objet qui doit être considéré pour la convenance des habitations de l’homme : ici, un degré modéré doit être recherché. Les latitudes très-chaudes ont des in-
convénients, comme celles qui sont très-froides. La vie |
s’y use plus vite. On se préserve d’ailleurs mieux de l'air froid que de l’air chaud. Sous les rapports de température , Ja construction de nos maisons doit varier, et l’industrie humaine est parvenue à nous fournir aujourd’hui de nombreuses ressources.
Les demeures agglomérées sous le nom de villes sont moins salubres que les habitations isolées, surtout quand les réunions de maisons sont monstrueuses, comme celles de Londres et de Paris. C’est dans ces localités que Pair est vicié : renouvelé souvent en quantité insuffisante, il est épuisé par la respiration des hommes et des animaux, comme aussi par d'innombrables fourneaux, dont le nombre augmente considérablement depuis l’invention des machines à vapeur. Ces défauts ont été notabiement corrigés dans
les temps modernes; les efforts constants de nos édiles pour |
faire disparaître des cités les foyers dont les émnanations sont délétères honorent certainement l’époque contemporaine; mais combien il reste à opérer d'améliorations pour la salubrité de nos habitations, et combien de vœux seront longtemps stériles sous ce rapport! D' CHARBONNIER.
HABITATION (Droit d’). C’est celui qu’une personne a d habiter la maison dont elle n’est pas propriétaire pendant sa vie ou durant un temps déterminé par le titre. Le droit d'habitation s'établit, comme lPusufruit, par la loi. Par exemple la veuve a droit d'habitation pendant un an à dater de la mort du mari, ou par la volonté de l’homme. Celui au profit de qui il existe doit en jouir en bon père de famille ; il ne peut le céder ni le louer à un autre; il doit donner caution et faire un état des lieux ; il peut les occuper avec sa famille, quand même il n'aurait pas été marié à l’époque où ce droit a été établi en sa faveur. L'exercice de ce droit se restreint à ce qui lui est nécessaire pour son habitation et pour celle de sa famille, En quelque main que le fonds soumis à l’usage d'habitation passe, l'usager l'y suit pour exercer son droit, Il est tenu des réparations d’entretien et du payement des imposilions ; mais il y contribue seulement au prorata, selon qu’il occupe les lieux en totalité ou en partie.