HANAU
on la compxit dans leterritoire du Grand-duché de Francfort; mais en 1813 elle fit retour à Hesse-Cassel.
HANAU, chef-lieu de la province, est une viile de 20,278 babitants (1871), dans une contrée sablonneuse, où la patiencs et la persévérance du cultivateur ont su créer de riants jardins, de fertiles vergers. Elle se divise en vieille ville et ville neuve ; celle-ci a des rues droites et régulières. L'une et l’autre ont beaucoup gagné à ce qu’on en rasât les fortifications. A l'extrémité nord-est de la ville s'élève le château de l'électeur. On trouve à Hanau trois églises protestantes, un gymnase, auquel est ajouté la Bibliothèque de Wettéravie, un hôtel des monnaies, un arsenal et un théàtre. C’est la cité la plus industrieuse de toute la Hesse, et il règne beaucoup d’activité dans ses fabriques de tabac, de cigarres, de soieries, de camelot, de cuirs, de gants, de bas, d'articles de bijouterie, etc. Il s’y fait aussi un commerce considérable en planches, articles de bois sculpté et brut. Non loin de Hanau on trouve Philippsruhe, château de plaisance appartenant à l'électeur, l'établissement thermal de Wilhelmsbad et Rumpenheim. Cette ville est célèbre dans l’histoire par le siége qu’elle soutint à l’époque de la guerre de trente ans, en 1635 et 1636, contre les Autrichiens, et par la bataille qui eut lieu sous ses murs le 30 octobre 1813. C'est la dernière victoire que Napoléon ait remportée en Allemagne.
[ Vaincu àLeipzig, Napoléon évaeuait l’Allemagne à marches forcées. avec les débris de son armée, par les villes d’Erfurt et de Gotha. Les princes et les peuples sur lesquels avait pesé son joug de fer se soulevaient au bruit de ses défaites, et cherchaïent à se venger d’une lâche obéissance par une lâche défection. Le 15 octobre, le comte de Wrède, général bavarois, partit des bords de l’Inn avec son armée, renforcée par les divisions autrichiennes du prince de Reuss, et se présenta le 24 devant Wurtzbourg à la tête de 60,000 hommes. Le général Turreau ne put défendre cette ville contre des forces aussi considérables ; il se réfugia dans la citadelle, et laissa passer le comte de Wrède, qui vint prendre position autour de Hanau, sur la route de Gelnhausen, par où devait déboucher l’armée francaise. Napoléon, chassé le 19 des faubourgs de Leipzig, avait passé la Saale le 20 à Weissenfels. Il était arrivé le 24 à Erfurt, théâtre de l’un des plus grands incidents de sa vie, et laissa une garnison dans la citadelle de cette ville, sous les ordres du général Dalton. Son arrière-garde, attaquée de nouveau, le 26, par les troupes de Blucher, entre Eisenach et Gotha, avait laissé 2,000 hommes aux mains de ses ennemis. Il sentit la nécessité de presser sa marche; car il connaissait la défection de la Bavière, et se flattait de gagner le Rhin avant le comte de Wrède. Il fit donc tous ses efforts pour obtenir une ou deux journées d’avance sur les armées qui le talonnaient. Mais il ne réussit qu’à leur échapper. Au sortir de la forêt de Thuringe, il n'était p'us suivi que par les cosaques de Platow, d'Orlow, de Czernichef et de Kowaski. Ses colonnes, harcelées par cette cavalerie légère, s’affaiblissaient à chaque instant, et laissaient après elle une longue trace de blessés, de malades, de tratnards et de déserteurs. Ce fut enfin à Schluchtern qu'il apprit, le 28 octobre, que le passage lui était fermé par les troupes de son ancien vassal.
IL était urgent de le rouvrir; le moindre retard pouvait causer sa perte. C'était, au froid près, une nouvelle Bérésinas qu’il fallait franchir. Une avant-garde de deux ou trois mille hommes déboucha le 29, à huit heures du matin, de la forêt de Lamboy, combattit toute la journée contre les Bavarois de la division Lamotte, et les força, vers le soir, à se replier sur Ruckingen. Napoléon bivouaqua autour de Langenselboden, et le lendemain Macdonald, à la tête du 2° corps, fança ses deux divisions et la cavalerie de Sebastiani sur les six bataillons bavarois que Lamotte avait laissés la veille à Ruckingen ; la prompte retraite de cette avant-garde permit à Napoléon d’observer et de reconnaitre la position de son nouvel ennemi. L'armée du comte de Wrède était
rangée en avant de Hanau, sur la rive gauche de la Kinzig. Sa droite s'appuyait au pont de Lamboy; son centre s’étendait entre ce pont et la chaussée de Gelnhausen, sur laquelle était établie une batterie de 60 pièces de canon, et sa gauche, commandée par le prince de Reuss, avait pris position au delà de cette chaussée, Un corps de réserve bordait la rivière et se liait à une brigade autrichienne laissée dans la ville, tandis que Czernichef observait avec ses cosaques la chaussée de Friedberg. Napoléon, dont l'artillerie n’était pas encore arrivée, fit attaquer la droite de l’armée bavaroïise par le général Dubreton à la tête de deux mille tirailleurs, tandis que cinq mille autres, dirigés par Macdonald et Charpentier, marchaient vers le centre de la ligne ennemie, sur la formidable batterie qui en défendait les approches. Ce fut pendant trois heures une fusillade inutile. Elle ne servit qu’à déguiser l'impuissance où était encore Napoléon de faire autre chose.
Cependant, aussitôt que le général Drouot eut pu mettre en ligne 50 pièces d'artillerie, l'attaque devint sérieuse. Deux bataillons de la vieille garde, commandés par le général Curial, fondent sur les Autrichiens qui forment l'aile gauche; ils sont soutenus par l'artillerie de Drouot. Les tirailleurs ennemis sont débusqués, la plaine de Hanau est envahie. Les batteries françaises se développent au sortir du défilé. A leur droite viennent se former les corps de cavalerie dont Napoléon dispose, les grenadiers à cheval et les dragons de la garde, que Nansouti commande, les cuirassiers du général Saint-Germain, la division Sébastiani, et deux escadrons de gardes d’honneur. Toute cette cavalerie s’ébranle vers les quatre heures, charge les cavaliers autrichiens et bavarois, et les met en déroute au premier choc. Les flancs de l'infanterie ennemie sont découverts et menacés par cette charge vigoureuse. La cavalerie ennemie cherche en vain à se rallier derrière les cosaques de Czernichef. Ceux-ci sont écrasés à leur tour par la mitraille, chargés par nos cuirassiers et nos dragons, et rompus de tous les côtés, ils entraînent toute l'aile gauche dans leur fuite. Le comte de Wrède ne songe plus qu’à replier en bon ordre son centre et son aile droite, et couvre ce mouvement par un effort sur le pont de Lamboy. Mais deux bataillons de la vieille garde, dirigés par Friant, arrêtèrent cette fausse attaque. Toute l’armée ennemie se hâta de repasser la Kinzig, et se rallia sous le canon de la place, près de la ferme de Lehrhof. Ce n’était point assez pour les Français : il leur fallait se frayer la route de Francfort et de Mayence, et cette bataille, quoique gagnée par Napoléon, n'avait pas eu encore ce résultat.
L'empereur s’avança donc lui-même à la faveur de i’obscurité pour reconnaître si le passage était ouvert. Une vive fusillade lui répondit, et le força de regagner son bivouac. Son avant-garde fila pendant la nuit sur Wilhemstadt, d’où elle se dirigea sur Francfort par Hochstædt, avec l’empereur lui-même. Marmont resta devant Hanau, à la tête des 3°, 4° et 6° corps, pour protéger la retraite des 18,000 hommes qui formaient l’arrière-garde, sous les ordres de Mortier, et qui étaient encore à Gelnhausen. De Wrède s’était replié de son côté sur Aschaffenbourg, et n'avait laissé dans Hanau qu’une division autrichienne. Elle y fut assaillie des l’aurore du 3{ par une grêle d’obus, qui la forcè rent deux heures après à évacuer la place. Marmont ne fit que la traverser à la tête des 3e et 6° corps, qu’il porta vivement sur la route d’Aschaffenbourg, pour attaquer la droite des alliés ; mais ce n’était qu'une démonstration dont il était facile de deviner le but. Après les avoir éloignés de sa ligne de retraite, Marmont suivit le mouvement des premières colonnes de Napoléon. Bertrand et le 4° corps restèrent seuls pour assurer le passage de Mortier et de l’arrière-garde. La division Guilleminot garda les ponts de la Kinzig, celle des Italiens occupa la ville, et Morand se plaga avec la sienne en réserve sur la chaussée. Le comte de Wrède, encouragé par le repos qu’on lui laissait, ne supposa dans Hanau qu’un faible détachement, I] fit attaquer
la ville par le pont de Neuhof, et se présenta lui-même avec | un ou deux bataillons autrichiens à la porte de Nuremberg. 11 culbuta du premier choc les premières gardes italiennes ; mais , atteint d’une balle au bas-ventre, il fut contraint d’abandonner la direction de cette attaque. Sa colonne s’arrêta, montra de l'incertitude, et la division Morand, ayant porté secours aux Italiens , rejeta les assaillants dans la rivière et sur es chemins d’Aschaffenbourg.
Ces deux journées coûtèrent dix mille hommes pris ou tués à la Bavière et à l’Autriche, tandis que la perte des Français s’éleva à peine à cinq mille. Pendant l’action, deux régiments de cavalerie badoïse avaient brusquement abandonné nos rangs pour passer à l’ennemi. Le général autrichien Fresnel, qui avaitpris la place de Wrède, ne chercha plus à troubler la retraite de nos troupes, et le 2 novembre Napoléon et les débris de son armée, abrités par la forteresse de Mayence, purent se reposer sur la rive gauche du Rhin des fatigues d’une campagne qui aurait rétabli la gloire et la fortune de l’empereur s’il eût écouté les conseils de la prudence. ViENNET, de l’Académie Francaise, |
HANBALITES, l’une des quatre sectes réputées orthodoxes, ou syunniles, dans le grand nombre de celles qui divisent l’islamisme. C’est la plus intolérante de toutes, notamment pour l'interdiction de l’usage du vin. Elle tire son nom d’un sectaire musulman, nommé Ahmed Ebn Hanbal, né à Bagdad l’an 165 de l’hégire, et 786 de notre ère, mort dans la même ville, en odeur de sainteté, l'an 235 de lhégire ou 855 de J.-C. Il prétendait que le Coran est Ja parole de Dieu, incréée, éternelle, et que le grand prophète monterait un jour sur le trône de Dieu même. Pour ce fait, il fut cruellement battu de verges et incarcéré. Sa doctrine, également persécutée dans l’origine par ceux des croyants qui regardent le Coran comme un livre sorti de la main des hommes, donna naissance à la secte des hanbalites, qui s’est plus tard subdivisée en une foule d’autres, mais qui à continué jusqu’à ce jour à jouir des respects et des priviléges auxquels donne droit le titre d’orthodoxe. On prétend que les funérailles d'Hanbal attirèrent un concours de 800,000 hommes et de 60,000 femmes, et qu’elles déterminèrent la conversion de 20,000 infidèles à l’islamisme.
HANCARVILLE (D). Voyez DANCARVILLE.
HANCHE. Dans l'espèce humaine, la partie inférieure du tronc est principalement formée par deux os nommés os des iles ou os coxaux : ces os, par leur figure et leur disposition, présentent une cavité ou bassin dans lequel sont renfermés les viscères du bas-ventre. Les bords supérieurs de ce bassin offrent de chaque côté une crête ou saillie, qui, recouverte de muscles, de graisse et de la peau, forme dans son ensemble ce qu’on a nommé la hanche. Ainsi, la forme essentielle des hanches est due à la forme et à la disposition des os du bassin : elles sont bien ou mal conformées, saillantes ou aylaties, suivant que les os coxaux sont plus ou moins écartés, réguliers ou irréguliers ; les parties molles qui les recouvrent ne modifient que très-peu cette forme primitive.
La forme et la saillie des hanches offrent un des caractères physiques qui distinguent l'homme de la femme. Chez les enfants, avant l’âge de la puberté, les hanches sont à peine marquées, et leur aspect est à peu près le même dans les deux sexes; mais vers l’âge de dix à douze ans, le bassin de Ja femme, pour devenir propre aux fonctions qu'il doit remplir, s’élargit et s’évase, et il en résulte que la saillie des hanches devient bien plus prononcée que chez l’homme, Comme aussi chez la femme le tissu cellulaire est plus chargé de graisse que chez l’homme, cette cause contribue encore à augmenter chez elle la saillie des hanches ; elle leur donne surtout ces contours arrondis et gracieux qui ont été si bien reproduits dans les belles statues antiques,
Dans les deux sexes, la saillie des deux hanches doit être sur une inême ligne horizontale ; mais assez souvent une hanche est un peu plus haute que l’autre, Cette difformité