FUSEAU — FUSÉE
pas proportionnée à la longueur, telles que certaines colonnes et les jambes d’un homme maigre. TEYSSÉDRE.
FUSEAU (Conchyliologie), genre de mollusques gastéropodes, renfermant plus de 300 espèces répandues dans toutes les mers, principalement dans celles des pays chauds. Le nom de ce genre rappelle la forme de la coquille allongée ; fusiforme, qu'offrent toutes les espèces. Cette coquille, généralement étroite, a la spire aussi longue ou plus longue que le canal terminal; l’ouverture est ovalaire, à columelle tantôt simple, tantôt plissée, soit à la base, soit vers le milieu. Le canal terminal de la coquille est allongé, étroit, sans échancrure terminale. Ce canal est droit et non renversé vers le dos de la coquille, qui est encore caractérisée par un opercule corné, anguiforme, à sommet terminal. L'animal, rampant sur un pied petit, épais, ovale ou subquadrangulaire, a la tête petite, aplatie, étroite, terminée en avant par deux tentacules courts, côniques, portant les yeux à la base, du côté extérieur; la tête est percée en dessous d’une fente buccale étroite, en forme de boutonnière, et par laquelle l'animal fait sortir une trompe plus ou moins longue. Le manteau est court; il se prolonge extérieurement en un canal étroit, un peu plus long que celui de la coquille.
FUSÉE ou FUSÉE VOLANTE (Pyrotechnie), une des pièces le plus employèes dans les feux d'artifice. Le cartouche ou boîte de ces fusées, étranglé à sa partie inférieure, doit être en papier fort bien collé, presque blanc. On commence par faire du carton avec ce papier, en en collant trois ou quatre feuilles l’une sur l’autre; puis on roule et on colle, l’une sur l'autre aussi, plusieurs feuilles de ce carton, jusqu’à ce que le cartouche ait acquis l'épaisseur qu’il doit avoir. Lorsqu'il est à moitié sec, on l’étrangle à 20 ou 22 millimètres de l’extrémité, en le serrant jusqu’à ce que l’ouverture soit réduite à moitié du diamètre intérieur du cartouche. On presse cette gorge au moyen de plusieurs nœuds d’artificier, puis on achève de faire sécher le cartouche; on le coupe carrément aux dimensions qu’il doit avoir, et on le charge d’une composition de 0,248 pulvérin, 1,054 salpêtre, 0,216 soufre et 0,496 charbon grossièrement pilé. On obtient un feu plus brillant avec 1,280 salpêtre, 0,320 soufre, 0,400 charbon, 0,130 limaille d’acier ou de fer. Le cartouche se charge avec une broche et avec des baguettes percées suivant l'axe. Le carton est rabattu sur le massif de la charge et percé de trois trous pour la communication du feu. La gorge est amorcée avec un bout de mèche à étoupilles. Le pot est rempli d’artifices de garnitures, qui doivent varier la nature de leur explosion en l’air.
Pour maintenir la direction des fusées dans leur ascension, on y attache, à la partie inférieure, des baguettes d’une longueur calculée sur un peu moins de neuf fois celle du cartouche. Elles sont disposées de manière à ce qué la fusée se tienne en équilibre sur une lame de couteau, placée à trois diamètres extérieurs de la distance de la gorge pour les fusées qui n’ont pas plus de 35 millimètres, à deux diamètres et demi pour celles qui ont plus de ce chiffre et ne dépassent pas 5 centimètres, et enfin à deux diamètres pour celles qui en ont davantage. S’agit-il de lancer les fusées, on les suspend librement, la baguette tournée vers la terre, dans une espèce de mortaise, faite à travers un liteau placé horizontalement et fixé à un pofeau ou à un arbre. Aussitôt qu’on les a allumées, le feu pénètre instantanément jusqu’au massif, et, s’échappant par le bas, les chasse dans l'air en donnant naissance dans l’intérieur à des fluides aériformes, qui tendent à se dilafer uniformément dans tous les sens, et qui, rencontrant moins d’obstacle du côté où la fusée est ouverte que du côté où elle est fermée, la poussent de ce dernier côté avec une force égale à la différence des deux résistances. Le massif se consume pendant que la fusée s’élève, et si sa hauteur a été bien calculée, il finit au moment où la fusée a atteint son maximum d’élévation, en communiquant le feu à la garniture du pot, qui produit par sa combustion une lumisre vive et brillante. MERLIN.
FUSÉE ( Arlillerie), nom que lon donne générale-
ment à de grands ou de petits artifices enfermés dans une cartouche de forme cylindrique, variant de dimensions suivant son objet. On distingue trois espèces principales de fusées : les fusées à bombes, obus et grenades; les fusées volantes ou de signaux, enfin les fusées incendiaires ou Jusées à la Congrève.
Fusées à bombes, obus et grenades. Elles sont destinées à communiquer le feu à la poudre que renferment ces projectiles, pour les faire éclater dans les lieux où ils sont Jancés, à des distances et à des points donnés. Elles doivent être faites avec de bon bois fort sec, sain et sans nœuds; les plus propres à cette destination sont le tilleul, l’aune, le frêne, l’orme, le bouleau, ou, à défaut, le hêtre; mais il convient moins, car il ne remplit pas avec autant de précision l’œil de la bombe. Les fusées sont faites sur le tour, en forme de cône tronqué, d’après des dimensions de longueur et de grosseur proportionnées au calibre auquel elles sont destinées, afin d’entrer convenablement dans l'œil de la bombe, de l’obus ou de la grenade, Leur gros bout, ou tête, est évasé en-calice, tant pour les rendre plus faciles à charger que pour contenir les bouts de mèche qui servent d’amorce. Elles sont percées, suivant leur axe, d’une ouverture ou canal qu’on nomme lumière, de grandeur déterminée pour chaque diamètre. Cette lumière ne se prolonge pas dans toute la longueur de la fusée : on laisse au petit bout quelques lignes de boïs plein, que l’on coupe en sifflet, lorsqu'on adapte la fusée à son projectile. Le calice et la lumière sont remplis d’une matière d’artifice que l’on nomme composition, formée de 1 partie de soufre, 2 de salpêtre, 3 de pulvérin. La fusée étant chargée, on l’amorce avec un bout de mèche à étoupilles, plié en deux, sur lequel on bat la composition, pour remplir le canal. Les bouts de mèche sont rabattus dans le calice, qu’on emplit de pulvérin non battu. On place une première rondelle en papier, puis une seconde à franges, qu’on colle sur le bois; et si la fusée doit voyager, on la coiffe avec du parchemin, de la toile, de la serge, arrêtée par un nœud*d’artificier; on plonge ensuite la fête dans une composition de 4 parties de résine, 5 de poix noire, 10 de cire jaune. :
Les fusées sont introduites à force de coups dans l’œil de la bombe, en frappant du maïllet sur le chasse-fusée jusqu’à ce que la tête repose bien sur le projectile. Des circonstances diverses peuvent faire que la bombe ou lobus éclate plus tôt ou plus tard, soit à hauteur des toits pour les incendier, soit entre les pieds des chevaux pour démonter la cavalerie. Dans tous les cas, la fusée doit être coupée à une longueur calculée, avant d’être enfoncée dans le projectile, pour qu’elle communique le feu à la poudre intérieure au moment voulu.
Fusées volantes ou de signaux. Cet artifice, qui est le
ême que celui que nous voyons dans les fêtes et réjouissances publiques et particulières (voyez Feu D’ARTIFICE ), est employé un jour de bataille en d’autres circonstances, lorsqu'il s’agit d'indiquer le moment d’agir à des corps détachés, pour mettre de l'accord et de l’ensemble dans de grandes dispositions stratégiques. En marine, elles servent à faire des signaux de nuit et de conserve, entre les divers bâtiments d’une division, d’une escadre ou d’une flotte.
Il y a encore de petites fusées destinés à communiquer le feu aux pièces de campagne : elles portent le nom de fusces d’amorce ou étoupilles.
Fusées à la Congrève. Ce fut le célèbre Hyder-Ali qui le premier s’en servit aux Grandes-Jndes, pour jeter la terreur parmi les éléphants, et, par suite, la confusion dans les rangs de l’armée ennemie. Ces fusées consistaient en tubes de fer, du poids de 3 à 6 kilogrammes, fixés à des bambous de 2 à 3 mètres de long, et chargés avec les ingrédients dont le mélange entre ordinairement dans la composition des fusées. En 1799, lors du siége de Seringaptnam, l’inventeur fit beaucoup de mal aux Anglais avec ces projectiles dune nouvelle espèce. Le colonel Congrève, quand il
| faisait la guerre dans l'Inde, emprunta l’idée de cette ma-