‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 524 sur 552 · HAVRE — HAWKINS · texte numérisé non relu

HAVRE — HAWKINS

E le offre peu d’édifices vraiment remarquables. Nous devons cependant citer parmi les anciens église Notre-Dame

(1575-1600), d’un style qui tient de la renaissante et du :

gothique, et la Porte Royale, Les édifices modernes sont Phôtel de ville, construit en 1855 et entouré d’un jardin ; la sous-préfecture, le palais de justice , le grand théâtre, qui date de 1844, les deux casernes de la Douane et Napoléon, le lycée achevé en 1865, l'hôte} Frascali, qui sert de casino, ete. En 1852 on a inauguré les statues de Bernardin de Saint-Pierre et de Casimir Delavigne. A gauche, le vaste bassin du Commerce avec ses mille mâts; à droite, le beau quai d’Ansoulême; au fond, la place Louis XVT, quadrilatère planté d'arbres et de gazons, qui s’étend devant le théâtre, et deux massifs de maisons, dont les arcades rappellent la rue de Rivoli. En arrière de ces édifices s'étend un vaste espace rectangulaire, nommé la place Louis-Philippe, et qui contient une fontaine monumentale en granit, Citons aussi l’aguarium et le jardin publie, décoré de jolies fontaines et de statues en marbre.

Mais ce que l’étranger admire surtout au Havre, ce sont les vastes bassins qui forment son port, et où les vaisseaux viennent mouiller jusque dans les parties les plus rcculées de la ville, à l’abri de tout danger. Il y en a sept, et leur superficie réunie s'élève à près de 570,000 m. carrés. Deux rades, qui ont tous les défauts des rades foraines, les précèdent, et on y entre par un canal qui était défendu par la vieille tour de François Ie", démolie en 1860; une immense retenue d’eau, appelée a Floride, le débarrasse du galet qui vient l’obstruer, au moyen d’une belle écluse de chasse. Un des avantages de ce port, pour l’entrée et Ja sortie des navires, c'est qu’il conserve son plein pendant plus de quatre heures , et qu’au moyen du jeu de 10 écluses, ces derniers sont toujours à flot. La nature avait d’ailleurs peu fait pour lui, et tout ce que Part est venu exéicuter de merveilleux est le résultat du plan général arrêté lors de la visite qu’y fit Louis XVI en 1786. On s’occupa javec activité en 1854 de l'agrandissement et de l’améliojration du port du Havre : on élargit le chenal, on démolit la tour de François 1er, on termina le bassin de l’Eure, un des plus beaux du monde, on construisit un second briselames, ainsi que des docks d’une étendue de 23 hectares, enfin lon poussa avec vigueur l'établissement d’un bassin à flot et de trois formes de radoub sur l'emplacement de l’ancienne citadelle. Ces travaux furent terminés en 1872. Le port est éclairé par deux phares, sans Complir ceux de la Hève, du Hocet de la Hode, qui se rattachent au système d'éclairage de la rade.

Aucun des poiuts du territoire de la France que baigne l'Océan ne présente autant de facilités et d’avantases au commerce que le Havre. Placé au centre des dépaitements septentrionaux, il alimente naturellement la consommation de Paris et de Rouen ctcelle des co trtes intermédiaires, où l’industrie a élevé de si nombreuses manufactures. En retour des marchandis:s des diverses fabriques de France, surtout de celles de Rouen, le Havre recoit de l'Amérique du café, äu sucre, de l’indiso, du cacao, des peaux brutes, des bois de teiaiture et de wiarqueterie, el surtout une quantité prodigieuse de coton. Une circulatioi non interrompue s'établit entre le Havre et les ports de l'étranger. Alicante, Carthagène, Cadix, Malaga, lui exvoient les soudes, les vius, les laines, les huiles de l'Espagne; Lisbonne, lesoranges et les citrons du Portugal; le Nord, les bois de mâture, les planches de sapin, les rwmadriers, les braies, les goudrons, les poissons salés, les huiles de baleine; l'Angleterre, le plomb, l’étain, la houille

Le commerce du Havre s'élève au quartou auGaquième de celui de France. Les chiffres suivants feront voir le développement qu'il a pris : en 1838 le mouvement maritime comprenait 4,559 navires, jaugeant ensemble 613,000 tonnes, et ayant donné lieu à plus de 18 millions et demi de recettes à la douan+; en 1844, 5,363 navires, jaugeant 665,000 tonnes ; en 1554, 5,783navires, et 828,000 tonnes;

DICT, DE LA CONVEDS, — T. Xe

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en 1866, 5,088 navires, et 1,654,650 tonnes; les recettes de la douane dépassaient alors 60 millions de fr, Le cabotage, en 1866, comptait 3,352 bâtiments à l'entrée, et 3,227

‘ à la sortie, ayant ensemble 524,486 tonneaux. La ville

possède près de 400 navires à voiles. Le Havre est un des principaux ports pour l’émigration européenne,

Place forte de 3e classe, chef-lieu de sous-a rrondissemen maritime, le Havre possède des tritunaux d’arrondissement et de commerce, un conseil de prud’homines, une chambre de commerce, un lycée, une école d’hydrographie, un arsenal où l’on voit des armes curieuses, une manufac. ture nationale de tabacs, des fabriques de c ordages, de goudron, de faïence, de très-importa ntes raffineries de sucre, des chantiers de construction de navires, des ateliers d’armement, des boulanger jies pour la marine, ‘

Dans la suerre franco-allemande, le Havre fut l’objet, de la part des entemis, d’une démonstration sérieuse. Nonseulement les Prussiens avaient essayé, mais sans y réussir, à bloquer son port, mais dans les premiers jours de décembre 1870, ils marchèrent sur la ville. Arriver à la mer, détruire nos ports et nos arsenaux était leur désir le plus ardent. Cette marche envahissante fut arrêtée par le général Faidherbe, qui fit une puissante diversion du côté d'Amiens. Les habitants du Havre n’araient pas perdu de temps à organiser leur propre défense; une petite armée, composée de mobiles, de mobilisés, de matelots et de gardes nationaux, fut rapidement équipée et plac e sous les ordres du général Loysel. Quelques enga gements heureux eurent lieu dans les environs de la ville.

La hauteur qui domine le Havre est couverte d’habila. tions et de maisons de plaisance, auxquelles on donne le nom de faubourg d’Ingouville. Il en est de même de Sainte-Adresse, qui, bien que commune distincte, n’est plus qu’un quartier du Havre. ;

HAVRESAC, litiéralement sac à avoine. Comment, dira-t-on , l’infanterie a-t-elle un sac à avoine, tandis que le mot havresac ne se trouve mentionné dans aucun des documents officiels qui concernent la cavalerie française ? La réponse doit être prise d’un peu haut. Les reîtres qui vinrent servir en France au temps de la Ligue, les corps allemands de cavalerie que la France prit depuis cette époque à sa solde, appelaient Lavresac (hafersack) leur besace , ieur sac à comestibles. Des rouliers, des cochers de fiacre, empruntèrent ce terme; il se francisa ; on le traduisait par sac à provisions. Jusqu'au temps de Turenne, l'infanterie française appelait canapsa, krapp-sack, le sac de toile ou de coutil de chaque fantassin : c’étaït également un mot ailemand , qui répondait à besace de gueux , ou à gibecière de charlatan. Ce canapsa se portait en carnassière , comme s’est porté le havresac jusqu’au ministre Saint-Germain. Le terixe canapsa vint insensiblement à déplaire à une infanverie qui commençait, sous Louis XIV, à concevoir quelque estime d’elle-même ; il n’était que de sinple usage, il ne se trouvait dans aucune ordonnance. Le caprice du soldat, car c’est le soldat seul qui a créé la langue des arnes, substitua au canapsa, qu'il répudiait , le havresac, qu'il croyait synonyme de sac à provisions : c'était une pure carnassière en toile. Elle se conserva ainsi jusqu’à Choiseul; la peau à poil succéda à la toile, et sous Saint-Germain la double bretelle succéda à la bricole simple. Gouvion-Saint-Cyr rendit une ordonnance, qui ne reçut point d'exécution, autorisant un havresac en {oile cirée, à l'instar de l’infanterie anglaise. Les usages de la garde royale ont transformé, par une addition de planchettes, le sac de peau en une espèce de netite maile. La loi a confirmé cette mode. Ga! BARDIN.

HAWAÏI. Voyez Sanpwicur. ï

HA WRESBUR Y. Voyez LiverrooL (Comte de).

HA WKINS (Joux), navigateur anglais, né en 1520, à Piymouth, avait déjà exécuté plusieurs voyages maritimes, et avait de la sorte acquis une connaissance approfondie de toutes les questions relatives au commerce de son temps,

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