‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 526 sur 552 · HAYDN · texte numérisé non relu

HAYDN

même année il le rappela près de lui, et lui confia le commandement du génie de sa garde. Après la bataille de Dresde, envoyé par Napoléon près de Vandamme, il arriva pour assister à la malheureuse affaire de Ku 1m. Blessé et fait prisonnier, il ne rentra en France qu’à la suite des événements qui amenèrent la première restauration.

Les Bourbons accueillirent avec bienveillance le général Haxo. 11 accompagna le duc de Berry jusqu'à la frontière lors du retour de l’empereur de l'ile d’Elbe, 8e rangea bientôt sous les drapeaux de son ancien chef, qu'il suivit à Waterloo, et se retira avec l’armée sur la Loire. Mis en nonactivité sous la seconde restauration, le gouvernement le réemploya en 1816, et le nomma inspecteur général des fortifications. C’est à son activité et à ses talents que la France dut le complément de son système de défense. Il restaura les places de Belfort, Grenoble, Besançon, Dunkerque, Saint-Omer et le fort de L'Écluse. Nommé pair de France après juillet 1830, le général Haxo, lorsqu'on agita la question de fortifier Paris, se prononça en faveur de l'enceinte continue et contre le système des forts détachés. Il fut désigné par le gouvernement, en 1832, pour diriger les opérations du siége d'Anvers, où il acquit de nouveaux titres à la reconnaissance du pays. Il est mort le 25 juin 1838, laissant la réputation de l’un de nos officiers généraux les plus distingués du génie. On a de lui des mémoires sur diverses questions qui intéressent la défense nationale.

HAYDN (François-Josern) naquit le 31 mars 1732, à Robrau, village sur les frontières de la Hongrie et de PAutriche, et était le fils d’un pauvre charron, qui à son gagne-pain ordinaire ajoutait le dimanche le métier de musicien ambulant, jouant de la harpe tandis que sa femme chantait et que le pétit Joseph, alors Agé de cinq ans, simulait avec une planchette et une baguette le violon accompagnateur. Le maître d'école de la petite ville de Haimbourg, que le hasard fit assister à un de ces concerte rustiques, ayant remarqué dans le jeune Joseph de grandes dispositions musicales, le prit chez lui; et après lui avoir enseigné les premiers éléments de la musique, il lui procura une place d’enfant de chœur à Saint-Étienne, cathédrale de Vienne, Ses progrès furent rapides : cependant, moins précoce que

Mozart, qui à treize ans composa un opéra applaudi, Haydn à cet âge composa une messe, dont son maître de chapelle se moqua, avec raison. Parvenu à l’époque de la mue de la voix, il fut indignement chassé de Saïnt- Étienne, où depuis dix ans la foule venait admirer sa belle voix de haute-contre. Ainsi livré à lui-même, sans aucune ressource, le malheureux Haydn allait retourner dans son village, lorsqu'il fut recueilli par un pauvre perruquier, amateur des arts, qui fut très-heureux de posséder chez lui le grand artiste dont il était allé si souvent admirer la voix à la cathédrale. Délivré de tous soins, traité comme un fils par son bienfaiteur, Haydn se livrait au travail avec une ardeur incroyable; il ne travaillait jamais moins de seize heures par jour.

IL débuta à dix-huit ans dans la carrière musicale par l’opéra du Diable Boiteux, qui fut joué avec assez de succès sur le théâtre de la Porte de Carinthie. Deux ans après, il publia son premier quatuor en bé fa. Encouragé par ce succès, Haydn donna successivement plusieurs symphonies , qui furent accueillies avec acclamation par le public de Vienne. Ce ne fut qu’en 1760 que le prince Nicolas Esterhazy s’attacha, en qualité de maître de chapelle Haydn, jusque là très-malheureux, et passant souvent dans son lit les froides journées d’hiver, faute de bois. Notre compositeur resta dans cette maison pendant plus de trente ans, et ne laquitta qu’en 1791, à la mort du prince Nicolas. Haydn fit plusieurs voyages en Angleterre, où les plus brillantes offres lui furent faites pour l'engager à rester à Londres ; mais, préférant sa pas trie à la richesse, il revint à Vienne, et donna en 1798 l'oratorio de La Création du monde. Ce chef-d'œuvre fut bientôt connu de presque toute l’Europe, et partout il ex cita la plus vivé admiration, A soixante-huit ans, deux

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