‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 528 sur 552 · HAYDON · texte numérisé non relu

HAYDON

Londres est contraint d'exposer ses plus nobles productions, dans un local voisin souvent de celui où la foule stupide vient se faire écraser pour repaître ses yeux de quelque spectacle vulgaire ou ignoble. Cette fois ce fut un nain ridicule, Tom-Pouce, dont nos Parisiens, eux aussi, ont dù conserver le souvenir, et dont le propriétaire ou cornac re récolta pas moins de 500,000 fr. à montrer en Europe ce jeu déréglé de la nature, qui vint faire concurrence au malheureux Haydon. Auprès de son tableau solitaire, l'artiste attendait, souvent vainement, quelques rares visiteurs. Le 26 juin 1846 il sortit de grand matin, et ne rentra que vers neuf heures. Il avait l’air plus triste que de coufume, parce qu’une dernière ressource, sur laquelle il avait cru pouvoir compter, lui manquait. Après avoir tendrement embrassé sa femme, qui se disposait à partir pour la campagne, il rentra dans son atelier. Quelques instants après, la détonation sourde d’une arme à feu se fit entendre; mais sa femme et sa fille n’y firent pas attention, distraites qu’elles étaient par le bruit de l'exercice à feu qui se faisait au même instant dans l’un des parcs voisins de leur demeure. La malheureuse femme s’éloigna ;etuneheure après, la fille d'Haydon, entrant par hasard dans l'atelier, y trouva son vieux père gisant sans vie dans une mare de sang, au pied d’une toile colossale à laquelle il travaillait depuis quelque temps, et dont le sujet était Le roi Alfred, ou le premier jury anglais. Après s'être manqué en essayant de se brûler la cervelie, Haydon avait eu l’horrible courage de se faire au cou avec un rasoir une profonde blessure , à laquelle il n'avait pas tardé à succomber. Il mourait à l’âge de soixante-et-un ans.

HAYE (LA), en hollandais s'Gravenhage (bois du comte), en latin Haga Comilum, capitale du royaume des Pa ys- Bas, dans la province de la Hollande méridionale, à 6 kilomètres de la mer du Nord, est une ville ouverte, agréable-

ment située, dans une contrée fertile, et qui compte 91,559 habitants (1870), en majorité de l'Église réfor mée. Le sol sur lequel elle est bâtie s'élève plus au-dessus du niveau de la mer et est plus sec que celui de la plupart des autres villes de la Holiande : aussi l'air y est-il pur et salubre. Cette ville a de belles et larges rues, généralement pavées en briques et garnies d’arbres, un grand nombre de maisons superbes, à plusieurs étages, et de vastes places publiques. Son plus beau quartier est Het Voorhoul; sa partie la plus animée, la plus vivante, est le mont Vyver, où sont situées les habitations des princes de la famille royale, des ministres, des envoyés étrangers etautres grands personnages. Au Vyver touche l’ancienne Cour de Hollande, palais appelé plus tard Cour du stathouder, qu'habita ensuite le roi Louis-Napoléon, qui l’embellit, et renfermant le Buitenhof et le Pinnenhof , masse confuse de constructions anciennes et modernes. Diverses autorités publiques et la seconde chambre des états généraux occupent le Puitenhof Une suite d'appartements contiennent les archives, riches en documents d’une inappréciable valeur pour l'histoire de l’Europe pendant les quatre derniers siècles. La Tour de la Porte, dite Gevangenpoort, construite sur le chemin conduisant du Buitenhof au mont Vyver, est l'antique prison d'État, où gémirent un grand nombre d'hommes célèbres dans l’histoire de la Hollande, tels que Barneveldt et les frères de WiLt.

En fait d'édifices remarquables, on doit encore citer les palais du prince d'Orange et du prince Frédéric, le muséum ou hôtel Maurice, ainsiappelé du nom d’un gouverneur du Brésil qui le fit construire, en 1640. Ce musée se compose dune galerie de tableaux et d’un très-riche cabinet de curiusités chinoises et japonaises. La galerie ne compte qu’un vetit nombre de tableaux. Parmi les pièces capitales que les connaisseurs en peinture y admirent, on doit surtout mentionner trois toiles fameuses : le sujet de la première, de Paul Potter, est Un Taureau et des Brebis ; la seconde, de Rembrandt, reproduit une Leçon d'anatomie par Tul-

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