HAYNAU — HEAD
Je mai 1848. Quand la guerre éclata en Italie, il demanda | aussitôt à y être employé, et s’y distingna. Tandis que la |
grande armée marchait sur Custozza pour y battre l'ennemi, le général Haynau commandait à Vérone. L'idée heureuse qu’il eut d'envoyer de son chef, dans la nuit du 24 au 25 juillet, une brigade à Sommacampagna, contribua beaucoup à la victoire que les Impériaux y remportèrent, Un combat heureux et le bombardement de Peschiera consolidèrent sa réputation comme général, et après la conclusion de Parmistice, l’empereur, qui lui avait déjà donné la croix de commandeur de l’ordre de Léopold, lui conféra les insignes de l'ordre militaire de Marie-Thérèse.
Le général maintint ensuite la tranquillité à Bergame et à Brescia, en y faisant observer la discipline la plus rigoureuse, et à Ferrare il tira une éclatante vengeance de quelques sévices commis sur des soldats autrichiens par des habitants. Pendant ce temps-là, la Sardaigne avait dénoncé l'armistice et recommencé les hostilités (mars 1849). Une révolte formidable éclata à Brescia, et la brigade aux ordres du général Nugent se trouva hors d'état de la réprimer. Haynau se porta alors rapidement de Padoue sur Brescia, et l’investit. Alors commença, en raison de la résistance opiniâtre opposée par les insurgés (31 mars et 1° avril), une lutte à laquelle on ne saurait rien comparer dans l’histoire des guerres modernes. Après un meurtrier combat de rues et une canonade dévastatrice, la ville fut
prise d’assaut et cruellement châtiée. « J'ordonnai, dit tout |
naïvement le général Haynau dans son rapport officiel, de ue point faire de quartier, et de massacrer sans pifié tous eux qui seraient pris les armes à la main. Je commandai en outre de mettre le feu aux maisons des fenêtres desquelles on avait fait feu sur mes troupes... »
Le général Haynau était occupé au siége de Venise, quand une lettre autographe de l’empereur lappela en Hongrie, en mai 1849, pour y prendre le commandement en chef de l'armée autrichienne. Vers la fin de juin, l’armée principale, à laquelle l’empereur François-Joseph s'était rendu de sa personne, se mit en mouvement ; et par les succès qu'il remporta, le nouveau général en chef justifia bientôt le choix dont il avait été l’objet. La prise d’assaut de Raab, la marche en avant vers le sud, en dépit des diffieultés du terrain et du climat, l'occupation de Szegedin (2 août), les combats livrés sur les rives de la Theiss (9 août),
qui valurent au vainqueur la prise de Témesvar : tout |
cela fut l'œuvre de Haynau. Quoique à Villagos Gœrgei ait semblé céder uniquement à la supériorité des forces de Parmée russe, la vérité est que la prompte terminaison de la lutte fut surtout due aux succès précédemment obtenus par le général. Tandis qu’ils lui valaient de nouveaux honneurs, la sanglante sévérité qu’il avait déployée tant avant qu'après la victoire flétrissait sa gloire aux yeux du public. Les terribles exécutions qui eurent lieu le 6 octobre à Pesth
et à Arad, et dans lesquelles périrent les chefs les plus |
éminents de la révolution hongroise, exécutions attribuées uénéralement aux conseils et à l'influence de Haynau, excitèrent l’indignation et l'horreur universelles. C’étaient en effet de lâches et inutiles boucheries.
Le guerre une fois terminée, Haynau futinvestien Hongrie d’une véritable dictature militaire. IL se trouva en fait le vice-roi du pays, et prétendit dès lors agir à sa guise, sans avoir égard aux ordres ministériels qui lui venaient de Vienne, usant même du droit de grâce, comme eût pu faire un souverain. Mais dans ce conflit d'autorité Haynau devait finir par avoir le dessous ; et le 6 juillet 1850 un décret impérial Jui enleva tout à coup ses pleins pouvoirs. Il rentra alors dans la vie privée, et choisit la ville de Grætz pour séjour. Au mois de septembre 1850, pendant un voyage qu’il était allé faire à Londres, une visite rendue par . lui à la fameuse brasserie de Barclay et Perkins provoqua des rassemblements tuinultueux, dans lesquels il fut maltraité par la populace, sans que le gouvernement anglais semon- {rât fort empressé de faire cesser ces désordres. En 1852
les mêmes démonstrations eurent encore lieu contre Jui à Bruxelles ; il vint ensuite à Paris, où, en revanche, la police le protégea d’une manière toute particulière. Il ne resta cependant pas longtemps en France, et partit pour l’Allemagne, Où il éprouva une attaque d’apoplexie en se rendant aux eaux de Græfenberg. Il mourut peu de temps après, à Vienne, le 24 mars 1853.
HAZEBROUCR, chef-lieu d'arrondissement du département du Nord (France), sur la Bourre et Je canal d'Hazchrouck, au point de jonction des chemins de fer de Dunkerque, Arras, Lille et Calais, possède 9,435 Ames (1872), un tribunal civil, un collége et plusieurs fabriques. Son église de Saint-Nicolas est un édifice remarquable portant une tour de 80 de haut. On cultive dans ses environs du tabac, des plantes oléagineuses et du houblon.
HAZEITT ( Wicuiam), littérateur anglais, né le 10 avril 1778, à Maidstone, dans le comté de Kent, et élevé à l’école de Hackney, près de Londres, fit d’abord de la peinture, mais sans arriver à quelque distinction dans cet art. Plus tard il embrassa la carrière littéraire, et devint en 1808 reporter (rédacteur-sténographe ) des séances du parlement pour le Morning Chronicle et d'autres journaux. Cette occupation lui donna l’idée de publier un choix des plus remarquables discours prononcés dans le parlement depuis le règne de Charles I°® jusqu’à l’époque moderne, sous le titre de The Eloquence of the British Senate (Londres, 1808). Sa grammaire anglaise ({810 ) eut le mérite de mettre à la portée du vulgaire les vues ingénieuses de Horne- Took. Il réunit sous le titre de The round Table (2 vol., 1817) différents articles de lui, relatifs à la politique, aux théâtres et aux beaux-arts, qui se trouvaient dispersés dans les journaux et recueils périodiques auxquels il avait travaillé. Ses Characters of‘Shakspeare’s Plays (1817) eontiennent ses idées sur le théâtre : il y fait preuve de finesse et d'esprit, sans pourtant pénétrer jamais dans foute la profondeur du génie du grand poëte. On a encore de lui : View ofthe British Stage (1818), et Lectures on the British Poets (1818); The Spirit of the Age (1825) ; The plain Speaker (1826), etenfin The Life cf Napoleon, ouvrage dont le succès fut grand et populaire (1828) et qui a été traduit dans plusieurs langues. Hazlitt mourut à Londres, le 18 sep-
. tembre 1830 ; la même année, il avait fait paraître ses Con-
versations of James Northcote, Son fils a publié ses œuvres complètes.
HEAD (Sir Francis BOND), écrivain politique anglais, né en 1793, entra au service, et parvint jusqu'au grade de major. En 1816 il épousa la sœur de lord Somerville. Un voyage dans l'Amérique du Sud lui fournit le sujet d’un livre intitulé : Rough Notes tuken during some rapid journeys across the Pampas (Londres, 1826 ), qui se recommandait par beaucoup d'originalité de style, et produisit une véritable révolution dans la littérature des {ouristes. 11 écrivit ensuite les piquantes esquisses connues sous le titre de Bubbles from the brunnens of Nassau; et il remplissait les fonctions de commissaire adjoint pour les pauvres dans le comté de Kent, lorsqu’en novembre 1835 il fut nommé souverneur du haut Canada. Il fit preuve dans l'exercice de ces fonctions , au milieu de circonstances assurément trèscriliques, de beaucoup d'énergie, d'activité et de bonne volonté; services que le gouverneuient reconnut en l’élevant, en mai 1837, au rang de baronet ; mais ses fausses mesures provoquèrent dans ce pays une insurrection, à la suite de laquelle il dut donner sa démission, en 1838. A l’occasion des reproches auxquels son administration avait donné lieu, il essaya de se justifier, dans un mémoire intitulé Narrative, livre où l’on trouve K plus bizarre mélange de politique et de polémique, de choses sérieuses et plaisantes , de vérité et d'invention, mais qui fut impuissant à réhabiliter dans l’opmion l’auteur, dont la carrière politique se trouva de la sorte définitivement close. Dans un livre intitulé : The Emigrant (1846), et qui contient aussi bon nombre d’'excentricités, il peint et apprécie les mœurs canadiennes.