‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 546 sur 552 · HÉLÈNE — HÉLIANTHE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE — HÉLIANTHE

sav, il la répudia pour la fille de Maximien Hercule. Quelques auteurs ont prétendu qu'Hélène n'avait été que la concubine de Constance Chlore; mais tout se réunit pour prouver le contraire. Constantin, devenu empereuf en 325, rappela sa mère à sa cour, et lui donna par un édit les titres d’auguste et d’impératrice, ainsi que le droit de disposer de l'argent de son épargne. Hélène était chrétienne, et, tout en gémissant des crimes de son fils , tout en blâmant la cruauté de sa conduite envers les membres de sa famille, elle usa consfamment de son ascendant sur Constantin pour le bonheur de ses peuples, le bien de l’Église et le soulagement des malheureux. Elle visita la Terre Sainte vers 326, et y bâtit plusieurs églises. Ce fut en jetant les fondements de l’une d'elles, celle du Calvaire, que furent découverts des morceaux de bois qu’on jugea appartenir à la vraie croix, ainsi que les instruments du supplice de Jésus-Christ, Hélène en envoya la plus grande partie à Constantinople, et le reste fut distribué à différentes églises. Hélène mourut en 398, à l’âge de quatre-vingts ans environ, dans les bras de Constantin. Elle a été mise au nombre des saintes; et sa fête est célébrée le 18 août.

HELENE, princesse de Mecklembourg, duchesse d’Orléans. Voyez ORLÉANS.

HELER. Quand un bâtiment entre au port, ou en rencontre un autre en pleine mer, on lui adresse certaines questions au moyen du porte-voix ; c’est l’idée que présente le mot héler : héler, c'est donc questionner pour demander aux hommes d’un bâtiment à quel port il appartient, le lieu dont il est parti, celui dans lequel il se rend, etc.

HELGOLAND , rocher élevé de 70 mètres au-dessus du niveau de la mer, et appartenant à la Grande-Bretagne. Situé à 44 kilomètres des embouchures de l’Elbe, du Weser et de l'Eider dans la mer du Nord, il est entouré d’îles de sable ou de dures, d'écueils et de bas-fonds, dont le plus considérable est appelé Le Moine. Cette petite île se divise en haute et basse terre. La haute terre, de 4,200 pas de circonférence, s'élève de 30 à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer ; la basse terre, qui forme une plaine constamment rongée par les flots de l'Océan , compte à peine aujourd’hui

1,200 pas de circuit. Les îles de sable dont Helgoland n’est

détaché que depuis un siècle, ont tout au plus les deux cinquièmes de sa circonférence. A un kilomètre environ à est de la basse terre, s'élève une dune de 100 mètres de - long sur 330 de large et 6 de haut, sur le bord occidental de laquelle ont été établis des bains de mer. La haute terre produit de l'herbe, du trèfle, de l'orge, des pommes de terre et quelques arbustes rabougris. C’est dans cette partie de l’île qu’on a élevé lé phare et bâti une petite ville dont les maisons descendent jusque sur la terre basse, et qui compte 2,200 habitants, presque tous pêcheurs ou pilotes habiles. Le dialecte vulgaire est le frison; mais le service divin se fait en allemand, et l’enseignement se donne aussi en cette langue. Les habitants de Helgoland possèdent d’ailleurs huit ou neuf navires, qui font de fréquents voyages en Angleterre, en France, en Norvège, dans les ports de la Baltique; et les nombreux étrangers qui visitent leurs bains de mer sont aussi pour eux une source de profits. L'île a deux ports, défendus par quatre batteries.

Anciennement elle portait le nom de Fosresland ou Fosetisland,. c’est-à-dire pays de Foseta, déesse des Frisons, qui y avait un temple auprès d’une source sacrée. Après l'abolition du paganisme par saint Willibrod, elle prit, comme siége des missions chrétiennes, le nom de Helgoland ou Heiligelana, c’est-à-dire pays des saints ; plus tard elle fut réunie au duché de Schleswig-Holstein, et jusqu’en 1712 elle fut soumise au duc de Holstein-Gottorp. Elle passa alors sous le sceptre du roi de Danemark ; mais en 1807 les Anglais s’en emparèrent, et pendant le système continental de Napoléon ils en firent le pnincipal dépôt de leur commerce de contrebande avec le continent. Le Danemark la leur céda définitivement par la paix de Kiel, en 1814, Helgoland n’est soumise à aucun im-

pôt. Elle est administrée par un gouverneur, qui est ordinairement un officier d'état-major, assisté de six conseillers, de huit quartiniers et de seize anciens. Le code de l’île ne se compose que de {4 articles , tirés des anciennes lois des Frisons. Les habitants se distinguent par une grande pureté et une grande simplicité de mœurs; jamais il n’y a eu de prison dans l’île. Une assemblée générale, à laquelle tout chef de famille a le droit d’assister, règle chaque année les dépenses publiques. Les Helgolandais professent la religion évangélique, et choisissent eux-mêmes leurs pasteurs ; le plus jeune de ces ministres est chargé en même temps de l’enseignement dans la première classe de l’école.

Les bains de mer de Helgoland, établis en 1826, sont aujourd’hui extrêmement fréquentés, à cause de la pureté de l'air et de la force des lames. Le principal établissement est sur la dune; mais il y en à d’autres sur la côte septentrionale et la côte orientale de l’ile, où se rendent ceux qui, soit par goût, soit par ordonnance du médecin, cherchent des lames plus ou moins fortes, selon la direction du vent. La saison des bains commence au milieu de juin, et dure jusqu’en septembre.

HEÉLIADES. Ce nom patronymique, formé du mot grec fo, Soleil, désigne les trois filles de ce dieu et de la nymphe Mérope ou Clymène : Phaéthuse, Lampétie et Phabé. Elles ne figurent dans la Fable que pour mourir. Nymphes elles-mêmes, elles habitaient les eaux du fleuve Éridan; et quand Phaéton, leur frère, tomba foudroyé du laut du ciel dans ce fleuve, elles en conçurent un tel chagrin, que les dieux, émus de pitié, les changèrent en peupliers. Ovide raconte, avec la grâce touchante qu'il sait répandre sur ces sortes de récits, leur mort mythologique. Les larmes qui coulent de leur jeunes rameaux donnent naissance à l’ambre, et l’eau limpide du fleuve les porte aux pieds des femmes latines pour leur servir de parure.

Les Grecs donnaient le même nom à sept fils du Soleil, qu’il engendra pendant que ses rayons brûlants pompèrent l'humidité dans l’île de Rhodes, qu'ils assainissaient. Ils perfectionnèrent l’architecture navale, se livrèrent à l’astronomie et divisèrent les jours en heures. Thénagès, l’un d’eux, éclipsa ses frères, qui le mirent à mort, s’enfuirent de Rhodes et se dispersèrent dans les îles voisines. Électryone, leur sœur unique, restée vierge, fut adorée comme demidéesse.

HÉLIANTHE. Ce genre de plantes appartient à la famille des composées de Jussieu, à la syngénésie polygamie frustranée de Linné. Les hélianthes sont originaires d’Amérique. Leurs racines sont en général vivaces, leurs tiges herbacées , leurs fleurs radiées , leurs involucres imbriqués et à folioles lâches ; leur réceptacle est large et garni de paillettes, et leurs graines sont couronnées de deux crêtes molles et caduques. Les feuilles, ordinairement opposées, sont rudes au toucher; les fleurs sont toujours jaunes. Deux espèces remarquables, l’une par l'élégance de ses fleurs, l’autre par ses propriétés nutritives, méritent une attention particulière : ce sont l’Aelianthus annuus et l’helianthus tuberosus. L’helianthus annuus de Linné, vulgairement soleil tournesol des jardins, est une plante originaire du Pérou, naturalisée dans nos climats. Elle offre une tige haute de 130 à 2 mèt., couverte de poils rudes, à feuilles pétiolées, à fleurs terminales, grandes, jaunes, auxquelles succèdent des graines noires, huileuses, et propres à l'alimentation des oiseaux. L’helianthus tuberosus, vulgairement poire de terre, topinambour, artichaut du Canada, originaire du Brésil, est cultivé dans nos jardins, pour sa racine nutritive. Sa tige est dressée, peu rameuse, haute de f à 3 mètres, rude au toucher; ses feüilles sont ovaies et plus ou moins allongées ; ses fleurs terminales, à involucre ciiié, sont plus petites que celles de l'hélianthe annuelle; ses racines, vivaces, sont composées de tubercules rougeâtres à l'extérieur, blancs au dedans: cuites, elles ont une saveur douce, qui rappelle un peu celle de l’artichant. L'analyse de la racine de topinambour a donné à M. Payen, entre autres principes, la

dahline. On peut citer une troisième espèce, l’helianthus multifiorus, cultivée dans les jardins sous les noms de soleil vivace, pelit soleil. BELFIELD-LEFÈVRE.

HÉLIANTHEME, genre de plantes de la famille des cistées ou cistinées de Jussieu, de la polyandrie monogynie de Linné. Le nom que porte cette plante (de #os, soleil, et &vbeuov, fleur) parait avoir éte consacré spécialement à une espèce, remarquable par ses belles fleurs d’un jaune d’or (helianthemum commune). Les caractères du genre hélianthème sont : un calice à cinq sépales, une corolle à cinq pétales, disposés en rose et très-caducs; des étamines en nombre indéterminé, insérées sur un réceptacle ; un ovaire supère, surmonté d’un style simple, terminé par un stigmate aplati ; le fruit est une capsule uniloculaire et trivalve.

Les hélianthèmes sont ou des plantes ou des arbustes. Les fleurs sont disposées ordinairement en grappes terminales ; les feuilles, généralement opposées , sont quelquefois stipulées. A l’aide de ce dernier caractère, les hélianthèmes ont été distingués en deux groupes, les hélianthèmes à feuilles stipulées (kelianfhemum vulgare, obscurum, pilosum, pulverulentum, etc. ), et les hélianthèmes à feuilles dépourvues de stipules (kelianthemum umbellatum, fumana, gquttatum, etc.). Aucune des espèces de ce genre n’est employée dans la médecine ou dans les arts.

. BELFIELD-LEFÈVRE.

HÉLIAQUE (du grec os, soleil). Voyez LEVER ET COUCHER DES ASTRES.

HELIASTES (Tribunal des), le plus important d'Athènes après l'Aréopage; il avait pour attributions d’interpréter les lois obscures et de maintenir celles auxquelles on pouvait avoir donné quelque atteinte. Les thesmothètes convoquaient les assemblées des héliastes, qui étaient au nombre de deux cents, ou même de cinq cents , de mille et de quinze-cents suivant différents auteurs. Ils recevaient un droit de présence fixé à trois oboles, et payaient une amende lorsqu'ils arrivaient trop tard. C’est devant le tribunal des héliastes que fut traduite la célèbre Phryné.

HÉLICE (Géométrie), courbe à double courbure, dont on peut représenter la génération de la manière suivante : supposons un cylindre droit, et imaginons qu’on développe sa surface latérale sur un plan ; on a un rectangle dont les bases sont le développement des circonférences des bases du cylindre; divisons les deux autres côtés de ce rectangle en un même nombre de parties égales; joignons ensuite par une droite le premier point de division de l’un de ces côtés au second de l’autre, puis le second point du premier côté au troisième point du second, etc. : nous obtenons ainsi une suite de parallèles, qui, si l’on replie le rectangle sur le cylindre, forment la courbe nommée hélice (en grec EME, de ele, entourer, envelopper ). Dans ce mouvement, chacune des parallèles engendre une spire de l’hélice, On voit que les portions d’une génératrice quelconque du cylindre comprise entre plusieurs spires consécutives sont égales; cet intervale constant est le pas de l’hélice.

Les effets mécaniques de la vis dérivent des propriétés géométriques de l’hélice, particulièrement de ce que les éléments de cette courbe font tous le même angle avec les diverses génératrices de la surface cylindrique.

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