‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 122 sur 488 · ATTRACTION — ATTRITION · texte numérisé non relu

ATTRACTION — ATTRITION

systéme planétaire et méme de l’infinité de globes qui se meuvent dans l’immensité?...

Comme le géométre de Syracuse, Newton pouvait s’écrier : Evenxax! En effet, aprés plusieurs années d’un gigantesque travail de vérification, le doute n’était plus possible, et l’auteur du livre des Principes formula cet admirable théoréme : Tous les corps s’attirené en raison directe de leurs masses et en raison inverse du carré de leurs distances. En méme temps il donna le nom d’aétraction (du latin ad, vers, et de ¢raho, je tire) ala force universelle dont il venait d’établir la loi fondamentale , tout en déclarant trés-expressément qu'il ne prétendait qu’énoncer un fait et non en indiguer la cause. Depuis, Fontenelle, considérant les corps comme poussés les uns vers les autres, a proposé le mot impulsion; Azais a cherché a expliquer

Vattraction universelle par ’expansion; mais la dénomi-—

nation newtonienne a toujours été préférée , ct on a renoncé avec raison A rechercher la cause d’un phénoméne dont il nous suffit de connaitre les lois.

Sous le nom de gravitation, Vattraction préside aux mouyements des corps célestes ; sous celui de pesanteur, elle sollicite les corps sublunaires. L’attraction moléculaire s’exerce A des distances infiniment petites : cohésion, elle retient unies les molécules matérielles ; affinité, elle opére les combinaisons chimiques. L’a d hésion , que nous avons déja définie , est encore un cas particulier de l’attraction. Enfin, les liquides mis en contact avec des corps solides manifestent envers ceux-ci des attractions et des répulsions dont on a réuni les principes 4 ceux de la capillarité.

Pour les attractions électriques et magnétiques , voyez Evectricité et MAGNETISME.

« Plusieurs savants, dit M. Transon, ont été portés a présumer que tous les phénoménes de l’ordre physique général résultent d'un seul fait, d'une seule réaction physique primordiale, attraction, lequel fait serait d’ailleurs quelquefois dualisé (polarisé) de maniére a se manifester positivement (attraction ) et négativemert (répulsion) , et ensuite pourrait étre modifié aussi de maniére 4 s’exercer d’une facon toute particuliére dans une sphére d’action de rayon infiniment petit ; mais la science est encore bien loin de pouvoir justifier celle vue. »

Il n'est pas un seul atome qui ne soit soumis & la loi @atiraction. L’analogie a conduit Fouriera imaginer une loi semblable pour le monde moral; de 1a l’attraction passionnelle des phalanstériens. E. MERLIEUX.

ATTRAITYTS. Voyes Cuanmes.

ATTRAPE-MOUCHE. Voyez DionEe.

ATTRIBUTS, symboles qui servent 4 caractériser les dieux et les héros, ete. C’est ainsi que l'aigle et la foudre sont les attributs de Jupiter, le trident est celui de Neptune ; le caducée, celui ve Mercure; la massue, celui d’Hercule ou de Thésée; le bonnet, celui d’Ulysse et des Dioscures. Dans les monuments antiques, ces attributs ne sont jamais multipliés , comme on le fait dans les iconologies modernes , pour caractériser les vertus , les arts, etc. L’architecture peut aussi employer, dans les frises et dans les parties d’ornement, des attributs, qui servent 4 caractériser heureusement les édifices , sans le secours des inscriptions. C’est ainsi que Jes anciens décoraient les frises des temples d’instruments de sacrifices; ils plagaient un aigle sur le sommet des temples de Jupiter; la lyre, dans les métopes du temple de Délos, indiquait que c’était celui d’Apollon ; des aplustres et des éperons décoraient le temple de Neptune ; les victuires , les palmes , les couronnes décoraient les arcs de triomphe; des biges ou des quadriges surmontaient le comble des cirques ou lieux d’exercices; les Muses et leurs attributs , les masques comiques ou tragiques ornaient les théatres. Les architectes medernes négligent beaucoup trop cette maniére d’apprendre aux spectateurs l’usage et Yemploi des monuments. A.-L. MILLIN.

Chez les Egyptiens les mémes altributs indiquent toujours la méme divinité, et l’alliance des attributs celle des personnages divins, selon les idées et les croyances égyptiennes. Le nombre considérable des personnages du Panthéon égyptien, class¢s toutefois dans une hiérarchie méthodique, qui était la conséquence de leur généalogie méme, et émanant tous d'un premier ¢tre , multiplia beaucoup en Egypte le nombre et Ja variété des attributs, et compliqua ainsi l'étude des monuments. Mais comme les divinités principales, celles du premier ordre, étaient aussi les plus honorées, et devaient ¢tre plus ordinairement figurées , il en résulte que leurs représentations furent aussi les plus nombreuses, et ce sont celles que l’on découvre le plus communément en Egypte, celles encore qui parviennent en plus grand nombre dans les collections de I’Europe.

Comme caractéres ou attributs généraux communs a toutes les divinités, nous indiquerons: 1° Ja croix ansée (ou T surmonté dun anneau), symbole de la vie divine, que chaque dieu tient d’une main; 2° le sceptre, de l’autre, et ce sceptre, ou baton long, est terminé en haut par une téte de coucoupha pour les divinités males (symbole de la bienfaisance ), et par une fleur de lotus tronquée pour les divinités femelles, que ces personnages soient debout ou assis. De plus, la figure humaine d’un dieu a un appendice au menton, en forme de barbe tressée , et les déesses n’en ont jamais. Enfin, dans certaines actions, les divinités occupées a une fonction particuliére ont quitté ces deux premiers attributs, la croix ansée et le sceptre; mais on les reconnait a leur coiffure spéciale.

Il faut espérer que I’étude plus approfondie de l’art et de l’écriture emblématique des Egyptiens, par la simple appréciation d’objets analogues au motif ou a la destination des monuments, perfectionnera lceuvre de l’art moderne, en lui rendant propres toutes les pratiques consacrées par le génie des anciens. CHAMPOLLION-FIGEAC.

ATTRITION (du latin aéterere , froisser, user par le frottement). Les théologiens modernes donnent ce nom au regret d’avoir offensé Dieu causé par la laideur du péché, ou par la crainte des peines de l’enfer. C’est une contrition imparfaite. Le mot atérition , dont on ne trouve pas l’équivalent dans les Péres de |’Eglise (lesquels ne font d’ailleurs nullement mention de la question théologique qu'il récéle), n’apparait dans les ouvrages des casuistes que vers le milieu du treiziéme siecle. La difficulté théologique qui s’y raftache est celle de savoir si cette détestation du péché , qui provient tout a la fois de la considération de sa laideur et de la crainte de Venfer, excluant la volonté de pécher avec espérance dobtenir de Dieu le pardon des fautes, est un don divin, un mouvement du Saint-Esprit, ef dispose le pécheur a recevoir la grace dans le sacrement de la pénitence. Bossuet, Passemblée du clergé de France de 1700, et un grand nombre de docteurs enseignent que dans le sacrement de la pénitence lattrition ne justifie pas le pécheur, 4 moins qu’etle ne renferme un commencement d’amour de Dieu, comme source de toute justice. Mais cet amour de Dieu est-il un amour de charité ou bien un amour d’espérance ? Nouvelle difficulté, quia donnélieu a des milliers de volumes et A une polémique acharnée, sans faire avancer la question d'un pas.

En termes de physique, Vaétérifion est l’action de frotter ou de frapper deux corps l'un contre autre, de manieére a en enlever quelques particules superficielles. L’action de broyer on de polir des corps a lieu par Vatérifion, qui a pour effet de développer de la chaleur, de la lumiére et de Pélectricité,

En termes de médecine, on dit souvent qu’il y a a/tridion lorsqu’il y a-froissement de certains corps qui ne supporteraient pas le frottement sans que leur surface en souffrit , mais dont les fluides sont, par ce mouvement, soumis a une détermination particuliére. Ainsi naissent Jes sensations de douleur et de plaisir, causées par Vad/rifion des organes.

ATTROUPEMENT. Pour qu'une réunion d'un plus OU moins grand nombre de citoyens sur un méme point de la voie publique prenne le nom d’at(roupement, il faut qu'elle soit prohibée par la loi et tumultueuse. Le plus souvent ces réunions, provoquées par de graves préoccupations politiques, ou par de vagues inquiétudes répandues tout a coup dans les masses au suyet de tel ou tel intérét général , plus ou moins directement compromis, se composent d@hommes de toute condition et de tout Age, auxquels se mélent un grand nombre d’oisifs, complétement désintéressés dans les questions qui s’agitent et mettent en émoi ane partie de la cité, attirés 1a seulement par une vaine puriosité.

La grande commotion de 1789 et les secousses successives qu’elle imprimail a la machine sociale, en surexcitant les passions des masses , durent nécessairement amener sur un méme point, adiverses époques de crise, quelques-unes de ces agglomérations de citoyens émus, effrayés, qui ne tardent pas a présenter de graves dangers pour la paix publique : aussi voyons-nous le législateur fixer son attention, dés Pannée 1791, sur une question tenant dune part a la liberté, et de autre au maintien de Vordre et de la paix dans la cité. La loi de 1791 ne punissait que les attroupements sédilieux ; alors elle autorisait la proclamation de la loi martiale : en dautres termes, elle suspendait les garanties que la constitution politique assurait aux citoyens pour les soumettre a l’'arbitraire de lautorité militaire. Aprés fa révolution de 1830, une loi spéciale, volée sous le ministére de Casimir Périer, le 10 aodt 1831, défendit indistinctement toute espéce d’attroupements. Aux termes de cette hi, les individus mémne inoffensifs et calmes qui composaient ces attroupements devaient se disperser a la premiére sommation des préfets, sous-préfets, maires, adjoints de maires, ou de tous magistrats ef officiers civils chargés de Ja police judicia‘re. Ces magistrats, pour que personne ne puisse prétexter erreur ou ignorance, étaient décorés d'une écharpe tricolore. Aprés truis sommations faites en ces termes : Obéissance & la loi; on va faire usage de la force ; que les bons citoyens se retirent! — précédées chacune d’un roulement de tambour ou d'un son de trompe, et demeurées inutiles, si les attroupements persistaient 4 ne pas se disperser , on faisait usage de la force.

Aprés la révolution de Février, les attroupements restérent en quelque sorte en permanence, et on se rappelle encore avec douleur ces sortes de clubs en plein air, indice du trouble jeté dans les affaires, qui contribuaient pour leur bonne part & empécher Ja confiance de renaitre. Le 7 juin 1848 une loi fut votée contre les attroupements. Elle forme encore la législation en cette matiére. Cette loi distingue l’attroupement ariné de celui qui ne lest pas, et les interdit l'un ef l'autre.

L’attroupement armé constitue un crime s'il ne se dissipe pas ala premiére sommation; il ne constitue qu'un délit, si sur la premiére sommation il se dissipe sans résistance, L’attroupement est armé quand plusieurs des individus qui Je compusent sont porteurs d’armes apparentes ou caches et lorsqu’un seul de ces individus porteur d’armes apparentes n’est pas iminédiatement expulsé de lattroupement par ceux-la méme qui en font partie,

Le maire, son adjoint, le commissaire de police, ou a leur défaut tout autre agent dspositaire de lautorité publique, se rend au lieu de lattroupement, et lui fait, s'il est armé, sommation de se dissoudre et de se retirer; lorsque cetle somination reste sans effet, le magistrat en fait une seconde; en cas de résistance, Vattroupeiment est dissipé par la force. Si Pattroupement est sans armes, ce n'est qu’apreés trois sommations que l'on emploie la force.

Si lattroupement s'est dissipé aprés la premi’re sommation, sans avoir fait usage de ses annes, la peine pour ceux qui en faisaient partie est de six mois a deux ans de

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