‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 286 sur 488 · BANC — BANCROFT · texte numérisé non relu

BANC — BANCROFT

moindre étendue , qui en sont peu distants, oi la nature du fond est la méme, et qui vraisemblablement doivent étre rapportés & une méme formation. Entre ces montagnes sous-marines et les terres les plus rapprochées , la mer peut étre trés-profonde , en sorte que ces parties du noyau terrestre sont nettement et fortement séparées les unes des autres ; Phypothése qui leur attribuerait une origine commune n’aurait aucun fondement.

La surface des bancs peut ¢tre comparée a celle des terres, qui montrent partout des témoins du long séjour qu’elles firent sous la mer. Les sondes y sont excessivement inégales : en multipliant les observations et les mesures, on parviendrait & y tracer des coteaux et des vallées ; on indiquerait quelques sommets isolés; en un mot, on reconnaitrait la parfaite analogie des terrains acluellement submergés et de ceux qui ont cessé de létre : lAsie centrale et quelques parties de l’ Afrique présenteraient plusieurs espaces qui durent étre autrefois des bancs analogues a celui de Terre-Neuve; autour de ces espaces, on remarquerait ces abaissements du sol que quelques-uns des géologues modernes ont nommés dépressions terrestres.

Les poissons abondent sur les bancs plus qu’en tout autre espace des mers qu’on puisse leur comparer, quant 4 P’étendue et A la distance des tles ou des continents. En effet , plusieurs causes se réunissent pour donner a ces montagnes sousmarines une population plus nombreuse, soit permanente, soit passagére : les végétaux sous-marins y sont plus abondants, et, de plus, les bandes voyageuses de poissons, qui ne se rapprochent point de la surface et suivent dans leurs migrations les routes tracées au fond des mers, sont contraintes 4 franchir ces montagnes océaniques pour chercher dans d’autres parages la subsistance que les régions parcourues ne leur offrent plus. Au point culminant de leur route, les navigateurs peuvent les observer et les atteindre ; dés qu’elles redescendent, elles échappent aux hamegons des pécheurs, de méme qu’elles n’étaient point exposées a cetie sorte de danger avant d’étre parvenues 4 la hauteur des banes. Comme les poissons voyageurs sont forcés a se tenir prés du fond, ou ils trouvent au moins une partie de leur subsistance , ils font peut-@tre beaucoup plus de chemin hors de Ja portée de nos moyens d’ohservation que dans les lieux ou ils se rapprochent denous, de nos piéges et de nos armes.

Les troupes voyageuses de poissons portent aussi le nom de bancs. C’est ainsi qu’on dit wn banc de harengs.

En géologie , les bancs sont des couches qui , superposées les unes aux autres, se revétent dans un ordre constant @aprés ’époque plus ou moins ancienne de leur formation.

Conformément 4 l’acception du mot banc dans le discours ordinaire , les marins donnent ce nom au siége des rameurs, et sur les galéres & Vhabitation commune des forcats attachés 4 une méme rame. Ferry.

BANC DU ROI ou DE LA REINE (Cour du). Court of King’s ou Queen’s bench, l'une des trois cours de justice supérieures siégeant 8 Westminster. I] se compose du grand justicier (/ord chief-justice) et de quatre juges qui, conjointement avec les membres des deux autres cours, celle des Plaids communs (Court of common Pleas) et celle de ?Echiquier (Court of exchequer), forment le collége des douze grands juges d’Angleterre. Ces douze grands juges rendent la justice, soit collectivement, soit séparément, pour toute la Grande-Bretagne. A la juridiction du bane du roi appartenaient dans Vorigine les crimes de haute trahison, les attentats contre la paix publique et d’autres causes criminelles ; mais au moyen de certaines fictions, on finit par lui attribuer également la connaissance des causes civiles , qui Pailleurs pouvaient lui étre déférées par appel.

Anciennement le roi présidait en personne la premiére de ces Cours supérieures ; il siégeait sur un banc placé au-dessus des antres juges : c’est de la que lui vient le nom de hing’s bexch ou cour du Banc du roi.

Les trois cours du Banc du roi, des Plaids communs ef

de l’Echiquier ne sont pas seulement juges d’appel l'une de

l'autre ; mais lorsque l’arrét d’un de ces tribunaux est déféré

a la chambre des lords, en vertu d’un writ of error, le lord

chancelier prend pour assesseurs plusieurs magistrats parmi les juges des deux autres cours, Voyes GRANDE-BRETAGNE,

BANCA, ile située sur la cote sud-est de Sumatra, d’une étendue de 121 myriam. carrés, avec 54,339 habitants, parmi lesquels on compte beaucoup de Chinois, est célébre par seg mines d’étain (le mot banca veut dire étain) et par ses pécheries de perles. L’extraction de |’étain livre A la consommation des produits considérables, dont la plus grande partie passe en Chine, mais dont une certaine portion trouve aussi son écoulement en Europe. Depuis 1828 cette fle est placée sous la souveraineté des Pays-Bas.

BANCAL, qui a les jambes difformes. Les Latins avaient trois expressions pour rendre trois sorfes ou variétés de cette difformité : ils appelaient valgus Vindividu qui a les jambes tournées en dehors; compernis, celui qui les a tournées en dedans ; et varus , celui dont les jambes sont tortues ; nous appelons cette derniére espéce bancroche.

Bancal est aussi le nom d’un sabre recourbé.

BANCROFT (Georces), historien américain, né le 3 octobre 1800, 4 Worcester dans le Massachusetts, fut élevé a V’école, alors célébre, d’Exeter, dans le New-Hampshire , sous la direction du docteur Abbot, et plus tard a Puniversité de Cambridge. Aprés y avoir terminé ses études en 1817, il obtint par l’entremise d’Everett un subside assez considérable 4 Vaide duquel il put aller étudier la philosophie en Allemagne. En 1818 il se rendit 4 Geettingue, ow il suivit les cours de Heeren, de Plank et d’Eickhorn, et ou, en 1820, il obtint le grade de docteur en philosophie. 1] alla alors & Berlin, ow il suivit les cours de Hegel et ov il se lia avec Schleiermacher, G. de Humboldt, Savigny , Varnagen d’Ense et autres notabilités littéraires ; puis voyagea dans les différentes parties de Allemagne, se créant partout les relations les plus honorables, par exemple avec Goethe et Schiller. De 1a il passa en Italie, aprés un court séjour a Paris et 4 Londres, puis s’en revint en Amérique.

Aprés avoir pendant quelque temps rempli dans sa patrie les fonctions de professeur de langue grecque a l’université de Cambridge, il fonda & Northampton une maison d’é ducation, dite Roundhillschool, dans laquelle il réunit autour de lui un certain nombre de professeurs allemands dun haut mérite. Cependant il ne tarda pas a s’aperceyoir qu’il pouvait étre plus utile et plus influent comme écrivain politique. 11 quitta done Northampton pour venir s’établir a Springfield, ot les preuves de dévouement qu’il donna au parti démocratique lui firent bientét obtenir le lucratif emploi de receveur des douanes 4 Boston. Malgré ses devoirs administratifs, il trouva encore le temps de cultiver les lettres et de faire des cours de littérature allemande.

Quand Polk fut élu président des Etats-Unis en 1845, il appela Bancroft 4 l’emploi de ministre de la marine, et il signala son passage dans cette administration par la création d’un observ itoire a Washington et dune école de marine 4 Annapolis. Vers la fin de 1846, le président Polk le nomma envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire a Londres, fonction qu’il continua de remplir jusqu’en (849. I] mit a profit son séjour dans cette capitale pour se livrer a des recherches sur tous les documents relatifs 4 histoire de Amérique, et il en publia le résultat dans son His/ory of the Revolution of North- America (Boston, 1850, t. I°*). Précédemment il avait publié, de 1834 A 1840, une History of the Uni/ed States of North-America, qui lui assigne une place honorable parmi les historiens modernes. Principal rédacteur de la Vorthern American Review, il recueillit en 1855 tous les articles qu’il y avait fait insérer

l sous le titre de Miscellanivs. Depuis 1867 il représente les Etats-Unis a la cour de Berlin.

BANDA, groupe d’iles des Indes orientales, faisant partie de celui que nous désignons sous la dénomination générale de Moluques. Il s’étend entre 3° 50’ et 4° 50’ de latitude sud et 126° 20’ et 127° 30’ de longitude est. Cette colonie hollandaise se compose d’une douzaine de petites iles au sol élevé, d’origine volcanique, avec une population de

111,586 Ames en 1865. Les principales sont Lanfoir, ou Banda-Lantoir, ou simplement Banda (le Hoogeland des

Hollandais), Neira, ou Banda-Neira, et Gounong-Api, du sein de laquelle s’éléve, au milieu de la plus riche végétation, un volcan en activité. Le climat de ce groupe est insalubre; les pluies et les tempétes y commencent en décembre avec la mousson d’ouest ; et la navigation y est dangereuse, A cause des tremblements de terre qui surviennent d octobre en avril.

Ces iles manquent de riz, de végétaux alimentaires , sauf le cocotier et le palmier sagou. Leur richesse est le muscadier. Le produit total de leurs plantations en ce genre est évalué 450,000 kilog. de noix et 4 15,000 kilog. de macis ; il s’est élevé, dit-on , 4 300,000 kilog. de noix et 75,000 de macis. La population se compose de Négres Papouas, de Chinois et de Hollandais; la race des habitants primilifs a disparu.

Le groupe forme une résidence du gouvernement des Moluques. Son chef-lieu est Nassau ou Waterford, dans Vile de Neira, siége d'un tribunal néerlandais et défendu par le fort Belgica , construit en 1609. Ces iles, découvertes en 1512 par le Portugais Antonio Abreu, furent occupées en 1524 par cette nation, que les Hollandais en expulsérent en 1599. En 1796, les Anglais s’en emparérent. Aprés les avoir restituées & la Hollande a la paix d’Amiens, ils s’en saisirent encore une fois en 1810, et ne les rendirent aux Hollandais qu’en 1817, époque oii fut fixé le réglement des indemnités dues 4 Angleterre en raison des dépenses qu’elle avait faites dans le pays. Les iles Banda et Neira ont eu a subir en 1852 un effroyable tremblement de terre.

BANDA ORIENTAL, Etat de l’Amérique méridionale, au nord du golfe formé par l’embouchure du fleuve de la Plata, a l’est de la rivitre du Uruguay, était autrefois, avec Montevideo, sa capitale, sous l’autoritédes Espagnols. Elle passa ensuite sous la domination du Portugal, forma quelque temps, a partir de 1815, une république militaire, ayant a sa téte le chef d’insurgés Artigas; fut incorporée, en 1821, auBrésil, sous le nom de Province cisplatine, puis reconnue Etat indépendant, aux termes d’un traité intervenu en 1828, sous la médiation de 1l’Angleterre, entre le Brésil et l'Union de la Plata; et se déclara enfin indépendante le 10 septembre 1829, sous le nom de Republica oriental del Uruguay. Yoyez Urucvay.

BANDAGE. On donne ce nom a divers appareils ordinairement composés de bandes et de compresses auxquelles on joint souvent quelques piéces comme des attelles, des plaques métalliques, etc., qui sont destinées, soit 4 contenir et rapprocher des parties divisées, soit A les maintenir dans leur position normale lorsqu’elles en sont sorties momentanément. I] existe aussi des appareils composés de ressorts, de courroies , de vis, qui ont recu le nom de bandages; ces bandages s’emploient soit pour la contention @une fracture , soit pour remédier une infirmité : tels sont les bandages herniaires, les tourniquets pour comprimer les vaisseaux, etc.

Les bandages uniquement composés de bandes de linge recoivent, indépendamment de leur destination, des noms diflérents suivant leurs formes : bandage roulé, rampant; bandage en 7, en huit de chiffre, triangulaire, carré, etc,

L’application des bandages est une partie trds-essentielle de la chirurgie, et de laquelle dépend souvent le suceds des opérations les mieux faites d’ailleurs, On congoit que est en vain qu’une fracture sera parfaitement réduite si le bandage ne maintient les fragments dans les rapports

Page 1