ACCOUCHEMENT
beaucoup d’autres organes, se trouve tout a fait hors de Vinfluence de la volonté : par conséquent de tels conseils deviennent au moins superflus. Il arrive trop souvent qu’aprés avoir marché réguliérement, les douleurs s’affaiblissent ou méme s’arrétent complétement; c’est surtout dans ce cas que l’on conseille usage du seigle ergoté, dans Vintention de les ranimer. L’action du seigle ergoté sur la matrice, contestée par quelques-uns, est pour nous une vérité démontrée; mais nous avons bien remarqué.que les douleurs ainsi obtenues different essentiellement de celles que la nature seule produit : au lieu d’étre périodiques comme cellesci, elles sont, pour ainsi dire, continues; Putérus se trouve dans une contraction permanente, qui ne laisse aucun repos a la femme. Il n’est pas douteux qu’un tel état de choses ne puisse devenir trés-dangereux pour Venfant. Quoi qu’il en soit, on administre cette substance en poudre, a la dose de quinze a vingt grains, qu’on délaye dans un peu eau sucrée; si une premiére dose ne réveille pas les douleurs, on peut la répéter jusqu’a deux ou trois fois, au plus, en metéant un quart @heure d’intervalle entre chaque prise. Des que la téte commence a faire bomber le périnée et a le distendre, il est indispensable, pour prévenirsa déchirure, de soutenir cette partie avec la paume de la main, que Yon glisse sous la cuisse de la mére. Lorsqu’elle est sortie, si le trone de Venfant tarde a se dégager, il sera facile d’en opérer Vextraction en introduisant un ou deux doigts en crochet dans le creux des aisselles. La rupture des membranes. a lieu quelquefois de trés-bonne heure, bien avant la dilatation compléte de Vorifice utérin; c’est toujours une circonstance facheuse, en ce qu’elle prolonge la durée du travail. Lorsque-le délivre se fait trop longtemps attendre, on doit Vextraire artificiellement. Si des tractions modérées, pratiquées sur le cordon, ne peuvent point Vamener au dehors, il faut les cesser et attendre. La délivrance terminée , on doit remplacer aussitét par des linges secs ceux sur lesquels la femme repese, et que le sang a salis. Aprés lui avoir laiss¢-quelques moments de repos, on fait sa toilette, et on la transporte dans son lit ordinaire; on lave les organes génitaux externes avec une éponge fine ou avec un linge imbibé d’eau tide ; une bande de ventre doit étre appliquée et médiocrement serrée ; elle se compose ordinairement d’une serviette pliée en trois.
A Paris on prescrit @habitude a la nouvelle accouchée une légére infusion de tilleul et de feuilles d’oranger’pour boisson. On pourrait, avec leméme avantage, prescrire touteautre tisane, celle d’orge , par exemple. Quand la mere n’allaite point, elle doit se contenter le premier jour de quelques bouilloris pour toute nourriture; le lendemain on peut lui accorder des erémes de riz, des potages; mais aussitét que la fieyre de lait se déclare, il faut la tenir a une diéte absolue. En ce moment aussi on cesse la premiére tisane , qui est remplacée, d’une maniére tout a fait banale, par Vinfusion de pervenche et de racine de canne. Les femmes croient que celje-ci ala propriété de faire passer le lait. Mais cette propriété n’appartient pas plus a la pervenche et a la canne qu’a la bourrache ou a la violette , et tant d’autresencore, quel’on peut administrer tout aussi bien qu’elles et avec les mémes résultats. On couvre les seins avec un linge ouaté, ou simplement avec une serviette pliée en plusieurs doubles, légérement chauffée , et qu’il convient de renouveler de temps en temps. Aprés la disparition de la fievre, on permet a l’accouchée de se lever, d’abord uniquement pour faire son lit; le lendemain elle pourra rester quelques heures assise sur un fauteuil. Successivement on augmente la quantité de sa nourriture; en un mot, elle doit étre traitée de telle maniére que yers le huitiéme ou le neuvieme jour, elle soit a peu prés revenue 4 son régime habituel. Quand la femme nourrit, elle a besoin d’une alimentation plus forte. Pendant les suites de couches , il faut tenir la mére chaudement; car le froid est un de ses plus dan-
gereux enneimis; mais ce n’est pas une raison de I’éeraser, pour ainsi dire, sous le poids des couvertures; il est méme indispensable, surtout en été, de renouveler lair de sa chambre, au moins une ou denx fois par jour,en ayant (ailleurs la précaution de fermer les rideaux du lit pendant que les fenétres resteront ouvertes. Beaucoup de femmes sont dans Pusage pour leur premiére sortie Waller a Véglise, offrir a Dieu leurs remerciements ; malheureusement la fraicheur et VPhumidité qui régnent dans ces temples peuvent étre tréspréjudiciables aux nouvelles accouchées.
A peine au dehors, Venfant agite ses membres, pousse des cris, et le premier soin qu’il exige c’est la section et la ligature du cordon ombilical. On pratique généralement cette derniére 4 un ou deux travers de doigt du nombril avec un fil ciré. Presque toujours on se contente de le lier par le bout qui tient 4 l'enfant; mais s’il existait encore un deuxiéme foetus dans la matrice, il serait prudent de lier aussi le cordon du cété de la mére. Quelquefois It foetus vient au monde enveloppé dans les membranes. On dit alors quwil est né coiffé. En pareil cas, il est évident qu’étant dans Vimpossibilité de respirer, sa vie serait fortement compromise si un tel état se prolongeait; on se hatera donc de déchirer ces enveloppes 4 Vaide des ongles ou de ciseaux. On lave le nouyeau-né 4 l’eau tiéde en hiver, a l’eau froide en été, afin d’enlever la matiére grasse dont son corps est presque toujours recouvert. Pour enlever plus facilement cette matiére , on peut oindre la peau avec du beurre frais et frotter ensuite légérement avec un linge ou une éponge. Cette opération terminée, on essuie l’enfant; on enveloppe le cordon d’une petite compresse, et au moyen d’un bandage de corps, on le maintient relevé et appliqué sur le cété gauche du ventre. On n’oubliera pas d’examiner si enfant ne présente aucun vice de conformation; c’est surtout anus, les organes génitaux et la bouche qu’il importe de vérifier avec la plus rigoureuse attention. Aprés cela on procéde 4 Vemmaillottement, dont les détails sont trop connus pour nous y arréter. Enfin, on couche Je nouveau-né sur le cété , pour qu’il puisse rendre plus aisément les glaires qu’! a dans la bouche: sans cela elles pourraient tomber dans le larynx, ef déterminer quelques accidents. Tels sont les premiers soins que réclame Yenfant quand il arrive en bonne santé; malheureusement les choses ne se passent pas toujours ainsi : il nait quel-
quefois dans un état de paleur, de faiblesse et de flaccidité
extréme; il est presque froid, il ne crie pas; il respire & peine ou pas du tout. On doit alors chercher a le rappeler aJa vie par des frictions séches, ou animées avec du yin chaud , de l’eau de vie , pratiquées sur la poitrine , sur le dos, 4 la plante-des pieds ou 4 la paume des mains et devant un bon feu; on pourra le plonger dans un bain d’eau chaude mélée de vin ou d’eau de vie, approcher de son nez un linge imbibé de vinaigre, un flacon d’éther, etc. L’accoucheur examinera la bouche de Venfant; si elle contient des glaires, il les retirera promptement avec le doigt ou mieux avec la barbe dune plume. Enfin on soufflera sur la bouche. Dans d’autres circonstances!’enfant vient au monde avec des symptémes tout différents : le corps est rouge, la face boursouflée et d’une teinte yiolacée; ses membres peuvent étre roides ou convulsés. Dans cet état il ne crie pas, non plus que dans le premier. La respiration est également faible ou nulle. En pareil cas il convient de couper promptement le cordon et de laisser s’écouler la quantité du sang que l’on jugera nécessaire pour remédier 4 cet accident pléthorique. Nous avons dit que la téte étant au dehors des parties génitales il pouvait se. faire que le tronc fat encore au dedans. La premiére chose que doit faire ici Paccoucheur, c’est de s’assurer si le cordon n’est pas entortillé autour du cou; si cela a lieu, il s’empressera de le couper, surtout lorsqu’il serre le cou assez fortement pour enrayer ja circulation veineuse; cette espace d’étrangle-