INNS OF COURT — INONDATION
ment's Inn, Chifford's Inn, Staple Inn, Lyon’s Inn, | Furnivals Inn, Barnards Inn, Symond's Inn et New Inn. Les élèves des inns jouèrent un rôle assez important au moyen âge, comme en France les clercs de la basoche. ls donnaient les fêtes les plus magnifiques, les mascarades Jes plus belles, des représentations dramatiques, ete. Le premier drame historique du théâtre anglais, Ferrex et Porrex, fut représenté en 1561 devant la reine Élisabeth par des membres de l’'Inner-Temple; et il en fut de même ensuite de plusieurs pièces de Shakespeare, de Ben- Johnson, etc. La dernière cérémonie de ce genre eut lieu en 1733, en l'honneur du lord chancelier Talbot. Consultez
Pearce, History of the Inns of court and chancery (Londres, 1848).
INNVIERTEL. Voyez Inx.
INO, fille de Cadmus et d' Harmonie, et seconde épouse d’Athamas, attira sur elle et son époux la colère de Junon , en élevant le jeune Bacchus, fruit des adaltères amours de Jupiter avec Sémélé. Pour se venger, cette déesse envoya Tisiphone s'emparer du cœur d’Ino et d’Athamas : ce dernier, raconte Ovide, traqua dans son palais, changé en une forêt à ses yeux, la reine et ses enfants, qu’il prenait pour des bêtes fauves, et les poursuivit jusqu'aux bords des flots. Vénus, ajoute-t-il, à l'aspect des vagues qui allaient engloutir Ino et le petit Mélicerte, demanda merci pour eux à Neptune. Le dieu de la mer, en faveur de sa nièce, qui le secondait dans ses tendres penchants, dépouilla Ino et Mélicerte de ce qu'ils avaient de mortel ; il changea leur nom et leur visage; il les revêtit de l’auguste majesté des dieux. Ino prit le nom de Leucothée, et Mélicerte celui de Palémon.
Si l’on en croit d’autres poëtes, l’aimable Panope (celle qui porte:secours), nymphe amie des matelots, et fille de Nérée, le Neptune de la Méditerranée, avec cent nymphes marines, reçurent dans leurs bras l'enfant et la mère, et les conduisirent flottants sous une voûte du liquide cristal, jusqu'aux plages italiques, où Ino, toujours persécutée par Junon, qui suscita contre elle les Bacchantes d’Ausonie, consulta Carmente, mère d'Évandre ét prophétesse. Cette dernière prédit à la reine de Thèbes son immortalité et son apothéose parmi les divinités marines, sous le nom de Leucothée (la blanche déesse) chez les Grecs, et de Matuta chez les Latins, ainsi que celle du petit Mélicerte, sous l’appellation hellénique de Palémon, et sous l'appellation latine de Portumnus. Ce jeune dieu présidait aux ports; il fut par ticulièrement honoré en Étrurie, nation qui naviguait au loin, A Ténédos, où il avait des autels, on lui offrait, comme à Moloch, des enfants en sacrifice. Leucothée, ou plutôt Matuta, avait à Rome un temple, où il n’était permis d’entrer qu'aux femmes libres,
Leucothée et Palémon étaient des divinités riantes invoquées par les matelots dans l’antiquité, et qui ne se montraient sur la face de la mer, à côté de Panope, que dans les temps sereins ou après la tempête, avec le cortége des néréides et destritons. La blanche déesse et le petit Palémon, son fils, ont depuis longtemps disparu des mers enchantées de la Grèce. DENNE-BARON-
IN-OCTAVO. Voyez Fermar.
INOCULATION. C’estla transmission volontaire d'un mal quelconque, effectuée par l'introduction dans l’économie d’un individu sain d’une parcelle de virus empruntée à un sujet atteint de l'affection que lon veut développer. Avant la découverte de la vaccine, l'inoculation de la variole en tenait lieu. Cette pratique avait pour but d’exciter cette affection au moment le plus favorable, de manière à en obtenir plus facilement la guérison. La théorie de l’inoculation a été généralisée, et en ce moment même on l’applique àla fièvre jaune dans les lieux où elle sévit d'ordinaire avec L plus de violence, c’est-à-dire au Brésil et à Cuba. Le. virus employé dans cette inoculation a été découvert par G. de Humboldt.
INONDATION, débordement des eaux, qui sor=
tent de leur lit et recouvrent des espaces quelquefois immenses.
Un vent impétueux et soufflant constamment dans une direction opposée au courant d’un fleuve, le ralentit, en élève sensiblementle niveau ordinaire et peut produire une inondation. Ainsi, levent du nord, faisant refouler les eaux du Nil à son embouchure, rend ses effets d’autant plus sensibles que lorsque le vent vient à tourner au sud, l'élévation du fleuve diminue d’un quart en l’espace de vingt-quatre heures. La crue d’une rivière perpendiculaire à un fleuve peut en suspendre momentanément le cours et donner aux eaux supérieures une élevation susceptible de produire dans leur régime de notables changements. Telle on voit l’Arse, grossie par la fonte des neiges alpines, arrêter et quelquefois repousser au loin les eaux rapides du Rhône. La fonte des neiges et des glaces que l’hiver accumule sur la cime des montagnes élevées est une de ces causes puissantes qui produisent sur les principaux fleuves de la terre des débordements occasionnés au printemps par les premières . ardeurs du soleil, et qu'augmentent encore les chaleurs de l'été. Lorsque l’état de la température est longtemps modéré, la fonte des neiges s’opère graduellement, et lorsqu’en automne et vers !a fin de l’hiver les pluies, sans être très-abondantes, sont continues, la crue des rivières est régulière et tranquille. Mais lorsque les vents chauds du midi fondent tout à coup une grande quantité de neige et de glace, alors, au milieu de l’étéet sans autre cause apparente, les cours d’eau augmentent promptement de volume, sortent de leur lit et débordent avec fureur. Ainsi, comme on l’observe en Provence, dans les Apennins, les Pyrénées, etc., les rivières et même de petits ruisseaux à peine remarqués deviennent tout à coup des torrents puissants et impétueux ; de même, quand de fortes pluies d’orage viennent tomber à flots dans les montagnes, les cours d’eau qui y prennent naissance grossissent en un instant, se changent en torrents, éprouvent et produisent sur leurs rives de grandes perturbations ; ils renversent et entraînent les bateaux, les digues, les barrages, les épis, les ponts, et tout ce qui s'oppose à leur impétuosité, et, se répandant au loin dans les campagnes, ravagent les moissons, enlèvent les hommes et les bestiaux qui n’ont pu fuir, déracinent les arbres, détruisent jusqu'aux constructions les plus solides, et s’écoulent enfin avec la même rapidité qui avait accompagné leur passage, pour ne laisser après elles , comme après un vaste incendie, que l’image affligeante d’une affreuse dévastation. Ces circonstances accompagnent encore avec plus d'énergie peut-être la débâcle des glaces que vient rompre un dégel subit après une longue et forte gelée.
Tels sont les causes et les effets de ces débordements, malheureusement trop fréquents, et contre lesquels l’art et les forces humaines peuvent à peine prévaloir. Mais d’autres circonstances particulières et imprévues, telles que la rupture des digues en Hollande, ou des retenues naturelles de certains lacs, où de nombreux cours d’eau prennent naissance, n’offrent que trop souvent des exemples frappants de la force de transmission des énormes masses d’eau douées d’une grande vitesse.
On a remarqué de tout temps, dans le régime de certains fleuves, des inondations et des débordements dont le retour est périodique et la durée presque toujours égale. Ces fleuves sont en général situés dans les régions équatoriales, où les pluies abondantes ainsi que la fonte des neiges ont lieu vers leur source annuellement et dans des saisons déterminées. Ainsi, le Nil, dont les crues commencent vers le milieu de juin, atteint son maximum d’élévation du 20 au 30 septembre : alors arrive l'abaissement des eaux, qui ne sont complétement rentrées dans leur lit que vers le milieu de mai de l’année suivante, en sorte que les campagnes riveraines sont pendant onze mois de l’année soumises à ces inondations, auxquelles est due leur fertilité. Le maximum d'élévation du fleuve au-dessus des basses eaux paraît être de 9%, 80°; le minimum 6", 80° : ce qui donne 7°, 40°
pour terme moyen. Le Niger, au rapport de Léon l’Africain, déborde dans le même temps que le Nil, ainsi que le Zaïre dans le Congo. Le Gange, l’Indus, l’'Orénoque et le Mississipiau Brésil, le Rio de la Plata, divers fleuves que produit le lac de Chiagay, dans la baie de Bengale ; d’autres fleuves sur la côte de Coromandel, grossis par les pluies qui coulent des monts Gates; l'Eupbrate en Mésopotamie et le Sus en Numidie, sont aussi sujets à des crues périodiques annuelles et réguiières, mais moins célèbres cependant que celles du Nil. Quelques rivières et cours d’eau voisins des montagnes éprouvent toutes les vingt-quatre heures des crues sensibles, par suite de la fonte des neiges opérée en été par la chaleur du jour.
Les fleuves et rivières de France les plus sujets à de fréquents débordements sont ceux qui prennent leur origine dans les contreforts primordiaux des systèmes alpique et pyrénéen, tels que le Rhône, la Garonne, l’Adour, le Rhin, et leurs principaux affluents. Puis, en descendant aux branches secondaires de ces systèmes, la Seine, qui prend sa source dans le plateau de Langres, et plus encore la Loire, qu’enfantent les flancs granitiques des montagnes célèbres des Cévennes, participent à ces inconvénients, pour ainsi dire insurmontables, tant sont faibles les ressources humaines contre les forces des éléments. Cependant, si l'artne parvient à les dompter entièrement, dans une foule de circonsfances, il peut opposer des obstacles à leurs ravages.
E. GRANGEZz.
Le déluge ne fut en réalité qu'une grande inondation <osmopolite; on cite en outre le déluge de Deucalion et Pyrrha en Thessalie, et les inondations désastreuses dont le monde, et principalement la Chine, ont eu à déplorer les suites dans l'antiquité, Les contrées qui ont eu le plus à souffrir des inondations durant une période de 1,480 ans environ sont la Hollande, la Chine, l'Angleterre, l’Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne. Les fleuves dont les ravages ont été le plus considérables sont la Tamise en Angleterre; le Danube, le Rhin en Allemagne, le Tibre, Arno, le P6 en Italie; le Guadalquivir et le Tage en Espagne et en Portugal. La mer, elle aussi, a couvert de ses eaux de grandes étendues de pays. Sans parler de l’engloutissement de l’Atlantide, dont la mémoire n’est peut-être pas aussi fabuleuse qu'on pense, elle a fait irruption, en 353, sur une grande partie de l’Angleterre; en 1607, elle couvrit piusieurs parties des côtes, et s’avança jusqu’à 9 kilomètres dans l'intérieur des terres dans certains <antons, et principalement dans le comté de Sommerset, En Hollande, elle a ouvert et forcé le passage du Texel, en 1400; en 1421, elle a découpé la côte aux environs de Dordrecht et de Gertruydenberg en une chaîne d’iles, englouti soixante-dix villages, des milliers d'hommes et d’animaux , et changé le lac Flévo en Zuyderzée actuel; en 1521, elle a forcé plusieurs digues et formé le lac Biesboch ; en 1530 (le 5 novembre), elle a également abandonné ses rives, détruisant plus de quatre cents villages, et formant, par la réunion de plusieurs lacs, le grand lac ou mer de Harlem; en 1578, elle fit également irruption dans la Frise, brisant les digues, et jetant des vaisseaux dans l’intérieur des terres. Il est à remarquer que la Hollande, par sa position, est la contrée la plus exposée au fléau des grands débordements : de 516 à 1273, on y avait déjà compté quarante-cinq inondations terribles, et de cette époque jusqu'à “os jours on en compte encore seize, dont les ravages ont été incalculables, La plus considérable, celle de 1634, fit périr plus de 7,000 personnes et de 50,000 animaux domestiques. En Italie, les eaux ont formé le lac Rond, en 1557 : Rome, Florence, furent en partie submergées.
Mais notre {âche serait trop longue à remplir s’il nous fallait énumérer les tristes résultats de chaque débordement ; nous nous bornerons à dire qu les années les plus désastreuses ont été 404 (en Chim4), 573 (Angleterre), 583 (Paris), 619, 738,761 (Italie), 888 (Hollande), 860, 945, 1100 (Allemagne et Angleterre), 1195 (France : à Paris,