IOWA — IPHICRATE
La valeur de la propriété productive s’y élève à 1,500 millions de fr. et la dette publique (1860) à 1,740,398 fr. Les dépenses scolaires étaient alors de 12,439,850 fr. L'État possède une université établie à Mount-1 leasant. Dans la guerre civile qui éclata en (861, il se rangea du côté des fédéraux.
Le chef-lieu de l'État, Zowa-City, comple plus de 6,000 habitants ; il s’en faut toutefois que ce soit le centre de population le plus considérable. Dubuque, sur la rive droite du Mississipi, situé sur une terrasse au milieu de la région plombifère, centre d’un commerce important avec l’intérieur de l'Etat et avec les Etats d’Illinois et de Wisconsin, a 15,000 habitants; et Burlington, aussi sur le Mississipi. En 1849, beaucoup de Hongrois sont venus s'y établir, et, en 1851, des émigrés du Mecklemhourg y ont fondé une colonie socialiste, sous la direction d’un cerlain Brockmann.
IPÉCACUANHA. Marcgraaff et Pison, dans leur Histoire naturelle et médicale du Brésil, publiée au milieu du dix-septième siècle, avaient donné la description et la figure d’une plante désignée au Brésil sous le nom d’ipécacuanha, et dont les merveilleuses propriétés médicipales devaient faire sinon une universelle panacée, du moins un agent thérapeutique de la plus haute importance. Malheureusement, la description écrite et la délinéation graphique étaient également vagues, également incomplètes ; et il fut impossible de rapporter avec certitude la plante désignée par Marcgraaff et Pison à aucun genre alors connu. Il résulta de là qu’une multitude de plantes appartenant aux familles botaniques les plus éloignées etn’ayant entre elles et avec la plante du Brésil qu’un seul caractère commun, celui de déterminer des vomissements, furent introduites dans le commerce et usitées en thérapeutique sous le nom d’ipécacuanha ; et aujourd’hui encore on appelle ipécacuanha annelé et ipécacuanha strié deux plantes appartenant à deux genres distincts de la famille des rubiacées ; on appelle ipécacuanha blanc (jonidium ipecacuanha, Vent; pombalia ipecacuanha, Vandelli) une violariée connue au Brésil sous les noms de poaya, poaya branca; ipécacuanha brun, une apocynée, etc., etc. De toutes ces espèces végétales confondues dans la même dénomination etemployées dans le même but, deux seulementsont aujourd’hui répandues dans le commerce, à l'exclusion à peu près complète de toutes les autres : c’est l’ipécacuanha annelé (callicocca ipecacuanha, Brot.; cephælis ipecacuanha, Schwartz ; ipecacuanha officinalis, Arruda) et l’ipecacuanha strié (psychotria emetica, Mutis), tous deux appartenant à la famille des rubiacées, maïs à des genres différents. La première de ces espèces est originaire du Brésil : ses racines, grosses comme une plume d’oie, irrégulières, coudées, rameuses, sont formées de petits anneaux aplatis, inégaux, et séparés par des étranglements très-marqués. La seconde espèce, beaucoup moins répandue, nous vient du Pérou : ses racines cylindracées sont moins contournées et plus rarement rameuses que dans l’espèce précédente, et leur écorce, brune, sillonnée dans toute sa longueur par des stries plus ou moins marquées, est divisée, de loin en loin seulement, par des étranglements circulaires. Dans ces deux espèces, il faut distinguer la partie centrale, ou l’axe de la racine, de la partie périphérique, ou l'écorce. L’axe est presque exclusivement formé de tissu ligneux : aussi cette portion de la racine est-elle à peu près inerte; l'écorce, au contraire, a une saveur âcre résineuse, amère, qui indique des propriétés médicinales énergiques, beaucoup plus énergiques du reste dans l’ipécacuanha annelé que dans l’ipécacuanha strié.
Les ipécacuanhas ont été l'objet de nombreux travaux : Vanalyse chimique y a constaté l'existence : 1° d’une matière huileuse, brune et très-odorante, qui donne à la racine Sa saveur et son odeur nauséabondes; 2° un principe immédiat (lémétine), dans lequel résident les propriétés émétiques de la racine; 3° de la cire végétale, du ligneux ,
de l’amidon, quelques traces d’acide gallique, etc. L'émétine a été retrouvée dans la plupart des espèces végétales qui ont été usitées en médecine sous le nom d’ipécacuanha; ce qui explique les analogies qui existaient entre toutes ces espèces, envisagées comme agents thérapeutiques ; mais dans aucune d'elles ce principe actif n’existe en des proportions aussi considérables que dans l’ipécacuanha annelé : aussi ne doivent-elles être envisagées que comme d’utiles succédanés.
Ce fut vers 1649 que Pison introduisit l’ipécacuanha dans la thérapeutique, comme un remède puissant dans jes affections dysentériques; en 1672, un médecin nommé Legros en importa une quantité considérable, qui fut mise en vente dans une pharmacie alors célèbre de Paris, et en {686 l'emploi de l'ipécacuanha fut introduit avec succès par Helvétius le père, dans la pratique des hôpitaux. A dater de cette époque, l'emploi de ce médicament est devenu de plus en plus général, et l'introduction de faux ipécacuanhas dans le commerce a été de plus en plus fréquente, Aujourd’hui, la racine originellement apportée par
| Pison du Brésil, l'ipécacuanha annelé, est presque seule
employée; mais elle n’est plus envisagée comme un spécifique contre la dysenterie ; on la prescrit surtout dans le
| but d’évacuer immédiatement l'estomac surchargé, ou de
combattre une phlegmasie aiguë du tégument externe ou des membranes muqueuses, en déterminant une congestion subite vers la muqueuse intestinale. On administre l’ipécacuanha sous forme de poudre, de pastilles et de sirop. BEFRIELD-LEFÈVRE.
IPHICRATE eut pour patrie Athènes, et Dour père un cordonnier. Enrôlé de bonne heure dans les froupes athéniennes , il passa rapidement du rang de simple soldat aux charges les plus importantes de l’armée, et dut son illustration moins à l’éclat de ses exploits qu’à la profondeur de ses connaissances stratégiques. Fort jeune encore, placé à la tête des troupes envoyées contre les Thraces, il remit Seuthès sur le trône. A vingt ans, il marcha, avec Conon, contre Avésilas, qui menagait la liberté d'Athènes, fixa les regards et réunit les suffrages de ses concitoyens. Au siége de Corinthe , il introduisit une discipline si sévère, qu'il n’y ent jamais dans la Grèce de troupes mieux aguerries ni plus soumises à leur chef. C’est avec une telle armée qu’il enleva le fameux corps d'infanterie lacédémonienne, exploit célébré dans la Grèce entière. Depuis, Sparte laissa respirer sa rivale, et implora même son secours, quand d’autres menacèrent sa liberté. Lorsque Artaxercès résolut de porter la guerre en Égypte, il demanda un général aux Athéniens : ceux-ci ne crurent pas pouvoir envoyer un capitaine plus expérimenté qu'Iphicrate, Mais Artaxerxès lui adjoignit Pharnabaze. Le satrape, par son ignorance et sa lâcheté, fit échouer l'expédition, retourna en hâte à la cour, calomnia, noircit Iphicrate, et manœuvra si bien, que son maitre accusa ce dernier auprès des Athéniens; mais les Athéniens connaissaient l’habileté de leur général, et ils ne firent aucun cas de l’accusation.
Plusieurs autres expéditions justifièrent la haute opinion que l’on avait de ses talents. Enfin, vers lan 357 avant J.-C., il fut envoyé, avec Timothée et Charès, pour remettre sous la puissance d'Athènes Byzance et plusieurs autres villes qui s'étaient séparées de son alliance. Les flottes étaient en présence. Une tempête horrible dispersa une partie des vaisseaux d'Athènes. Néanmoins, Charès voulait que l’on combattit. Iphicrate et Timothée s’y opposaient. L'autre les aceusa devant le peuple. Le peuple les condamna d’abord. Iphicrate se défendit avec autant de noblesse que de courage , et déploya dans cette affaire un genre d’éloquence tout nouveau : il arma quelques jeunes gens de son parti, ét les plaça dans le tribunal, où ils montraient de temps en temps les poignards qu'ils tenaient sous leurs mateaux. Les juges, s’en étant aperçus, semblaient lui en faire un reproche : « N'est-il pas juste, s’écria l’illustre guerrier, que celui qui a constamment porté les armes pour sa patrie les prenne éga-
lement quand il s’agit de défendre ses jours? » 11 triompha, fut absous, mais quitta immédiatement le service militaire. Il parvint à une extrême vieillesse, et emporta au tombeau l'estime générale et l'affection de ses concitoyens. Tout fils de cordonnier qu'il était, il avait épousé la fille de Cotys, roi de Thrace. Son génie retrempa la discipline, et organisa la victoire. Quelqu'un, d’une naissance illustre, lui reprochant l'obscurité de la sienne : « Je serai le premier de ma race, lui répomdit Iphicrate, et toi, tu seras le dernier de la tienne. » Ce fut lui, dit Cornelius Nepos, qui changea l’armure du fantassin, On avait porté jusque alors d'énormes boucliers, de courtes javelines et de petites épées : il doubla la longueur de l’épée et de la javeline, et, adoptant une autre matière pour la confection des boucliers, substitua le lin à l’airain et au fer. Désormais plus libre dans ses mouvements, le soldat eut une armure qui le protégeait sans l’accabler. Enfin, et ceci donne une idée de l’habileté des soldats élevés à son école, on les appelait dans la Grèce les iphicratiens, comme à Rome on appelait fabiens les soldats aguerris par Fabius. BoNvYALOT,
IPHIGENIA. Voyez Diane.
IPHIGÉNIE ou IPHIANASSE, était fille de Clytemnestre et d'Agamemnon, et l’aînée d'Électre et d’Oreste. Toute la Grèce, accourue à l’appel de Ménélas, sur le détroit d’Euripe, n’attendait qu'un vent favorable pour s’élancer sur les rivages de la Troade ; mais un calme continuel enchaînait leurs vaisseaux en Aulide, et désespérait leur impatience. L’oracle est consulté, et Calchas répond que la déesse de ces lieux rendra les vents à leurs voiles si le sang de la jeune Iphigénie arrose son autel. La vierge , victime dévouée à l'ambition paternelle, à la vengeance de Ménélas, à la gloire de la Grèce et aux menaces de l’armée, est couronnée de fleurs et marche avec résignation vers le temple; mais Diane descend au milieu d’un nuage, dérobe l’innocente au sacrifice, et le couteau du prêtre ne trouve, au lieu d’Iphigénie, qu’une biche, offrande moins odieuse à la déité. Transportée dans la Tauride, cette fille d’Agamemnon voulut consacrer au culte de Diane une vie qu’elle devait à Diane; mais Thoas, le tyran de la Chersonnèse, arrosait les autels de la déesse du sang des étrangers que l'ignorance, le hasard, ou le malheur jetaient sur ses rivages. Oreste y vint sur la promesse des oracles; là, des cérémonies expiatoires devaient ramener le repos dans son âme obsédée par les Furies. Cependant, la loi du tyran condamnait l'étranger au couteau de la prêtresse : Iphigénie allait immoler son frère, quand la Providence désarma son bras, en lui découvrant Oreste dans la victime. La mort retourna donc au tyran, qui l’envoyait au frère par les mains de la sœur ; et les enfants d’Agamemnon quitèrent ce pays inhospitalier, emportant avec eux la statue de la déesse, deux fois libératrice. Hippolyte Faucne.
IPSARA ou PSARA, appelée par les anciens Psyra, petite ile couverte de rochers, dans la mer Égée, située à l'ouest et à peu de distance de Saki ou Chios, et dépendant du sandjak turc de Saki, comptait, avant la guerre de l’Indépendance grecque , plus de 20,000 habitants , qui devaient leur aisance au commerce et à la navigation, et forma avec Hydra et Spezzia, durant celte guerre, la principale force maritime des Grecs ; mais, malgré sa courageuse résistance, elle fut prise par les Turcs, le 3 juillet 1824, horriblement dévastée et dépeuplée. Sa ville principale, qui porte le même nom, compte actuellement environ 500 habitants, vivant de la pêche et un peu aussi de piraterie.
IPSO FACTO (mot à mot par Le fait méme), expression adverbiale, empruntée au latin, et désignant la conséquence immédiate, infaillible, d’un fait quelconque. Encourir une peine ipso facto, c’est s'exposer à ce qu’elle vous soit appliquée, sans autre forme de procès, nonobstant toute réclamation ou protestation. On employait fréquemment cette façon de parler dans l’ancien droit canon. Elle y qualifiait spécialement toute excommunicalion encourue par le seul fait : frapper un prêtre, c'était encourir l’ex-