‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 479 sur 522 · JUPITER — JURA · texte numérisé non relu

JUPITER — JURA

autrement que chez nousles occupations deses habitants, s'il y en existe.

Nos astronomes ont acquis la certitude de ce mouvement par l'observation des taches qui obscurcissent la surface de cette planète, malgré leur mobilité, leur variation et leur dilatation. Ces taches ne semblent point inhérentes à cette pianète, comme celle de Mars ; elles est ceintede deux zones, appelées de son nom bandes de Jupiler, qui sont parallèles à son équateur , et qui, si elles ne la touchent point, en sont très-voisines. Elles ont un certain éclat et sont mobiles ; on aperçoit même beaucoup de ces macules, qui prennent capricieusement des formes obliques , larges ensuite, puis longues après. On suppose donc que Jupiter est enveloppé d’une atmosphère profonde, frappée d’une continuelle agitation par des vents sans cesse déchaïînés et furieux, particulièrement sous son équateur, et qui y voiturent des nuages épais et indissolubles. Nécessairement alors ce vaste globe serait creusé par des mers incommensurables, dont les vapeurs incessantes se formuleraient en une double et large ceinture des deux côtés de sa ligne équinoxiale.

On doit à Galilée la découverte, en 1810, des quatre satellites ou lunes qui gravitent autour de cette vaste planète , petits corps lumineux, eu égard à son volume, que l'attraction enchaîne aux lois du mouvement de cette masse prodigieuse dans l’espace. Elle les occulte de son immense diamètre, quand elle se trouve entre eux et le Soleil. Ces quatre satellites , postés à différentes distances de Jupiter, sont aussi, à différentes périodes, ensevelis dans les ténèbres du long cône d'ombre que ce globe , d’une si grande opacité, projette; à leur émersion du cône d'ombre, elles sortent à une longue distance du disque planétaire. La première lune de Jupiter est éloignée de lui de 96,155 lieues : sa rotation sur son axe est de {ji 1 8° 28" 35°; la deuxième une est éloignée de lui de 153,087 lieues : sa rotation est de 3i { 3h 17° 53°; la troisième, de 244,112 lieues : sa rotation est de 7i 3h 59 235$ ; la quatrième enfin, de 429,307 lieues : sa rotation est de 16i 18h 5m 75.

Jupiter reste successivement une année entière dans l’un des douze signes du zodiaque, en le parcourant, puisqu'il décrit ce cercle dans sa révolution autour du soleil. Les irrégularités des aphélies de ce globe sont causées par l’action attractive sur lui de Saturne, planète dans lorbite de laquelle il est enfermé. Jupiter, ainsi que la Terre , est sensiblement aplati sur ses pôles : ce phénomène est dû à la rotation diurne et à la force centrifuge ; et à raison de sa dimension et de la rapidité avec laquelle il tourne sur son axe, son aplatissement est d’un 137%°, {andis que celui de la Terre n’est que d’un 309°. Bien que beaucoup plus gros que Vénus, qui a ses phases comme la Lune, Jupiter n’en a pas pour nous, parce qu’elles s’effacent à mesure qu’une planète s'éloigne de l’astre solaire, et l'immense distance de Jupiter le met dans cette circonstance. Ses oppositions reviennent tous les 399 jours. Elles ont lieu chaque fois qu'il passe d’un signe à'un autre, ce qui en fait douze en douze années , temps de sa révolution autour du cercle zodiacal et du Soleil. À chacune d’elles, sa longitude augmente de 30 degrés. Comme toutes les planètes, Jupiter tourne d’occident en orient; sa marche nous semble rétrograde ; il passe au méridien vers minuit. Les fréquentes éclipses de ses lunes ont donné un moyen très-commode d'évaluer les longitudes géographiques. A raison de l’inégalité de leurs révolutions, ces quatre lunes doivent présenter dans Jupiter un spectacle varié et curieux : car ces satellites peuvent se lever ou se coucher , ou passer ensemble au méridien, rangés les uns près et au-dessus des autres. Qui croirait, en contemplant à l’œil nu cette planète, l’ornement du ciel, si calme, si brillante, dans le silence des nuits, qu’elle doit être en proie à d’horribles convulsions, et bouleversée comme le chaos ? C’est ce que présentent dans les forts télescopes ses tristes et changeants aspects. DENNE-BARoN.

JURA, grande chaîne de montagnes, qui s’étend à près de 00 kilomètres depuis le canton de Schaffouse jusqu’à la Sa-

voie. Cette chaîne a environ 80 kilomètres de largeur. D’ur côté , elle apparaît en quelque sorte comme une ligne pa: rallèle aux Alpes; puis elle ondule , elle s'incline graduelle ment , et ses derniers plateaux s'effacent peu à peu dans les plaines de la Bourgogne. Quelques-unes de ces sommités s’élancent jusqu’à 600 et 900 mètres au-dessus des autres, Les plus élevées sont : le Dôle, qui a 1680 mètres de hauteur ;le Montendre, 1,681 ;le Reculot, 1,720. Le Jura forme une limite naturelle entre la Suisse et la France. Le sol de ces montagnes est peu productif. Du côté de la Franche- Comté, cependant, on y trouve d’assez belles forêts de sapins. Du côté de Saint-Claude, il produit une quantité de bois; mais la plus grande partie de ces montagnes est couverte de pâturages, et de distance en distance on y aperçoit de vastes et beaux châlets. Les hautes sommités du Jura sont couvertes de neige pendant la plus grande partie de l’année ; mais cette neige fond chaque été, et ne forme par conséquent point de glaciers. Là le botaniste a souvent récolté des plantes curieuses. Là le chasseur poursuit le chat sauvage et l’ours brun, qui parfois, dans les longs hivers, s'échappe de son antre, et, pressé par la faim, descend jusque dans les plaines. En pénétrant dans les montagnes du Jura, dans l'intérieur des hameaux et des chälets, le voyageur trouvera des hommes au cœur simple, qui ont conservé les mœurs les croyances , le caractère des anciens temps. X. MARMIER.

Le Jura allemand, situé entre le Rhin et le Main, long de 42 myriamètres, tient plutôt de la nature des plateaux, sans formation de chaînes ni de vallées longitudinales; en revanche il offre un grand nombre d’embranchements, qui le coupent à angles droits, et s’abaissent aussi dans la direction du nord, tandis que son versant est abrupte au nordouest, et qu’au sud-est il subit une dépression plus douce et en forme de terrasses. Les brèches qu'y font le Danube et l’Altmubl le partagent en trois groupes : 1° le Jura de la Forét-Noire, situé entre le Rhin et la vallée du Danube, plateau d'environ 3 myriamètres d’étendue, se reliant à l’ouest à la Forêt-Noire, mais en différant géognostiquement, dis . paraissant à l’est dans les hautes plaines de la Bavière, appelé là Aettgau, et ici Hegau ; 2° le Jura de la Souabe, entre le Danube et l’Altmuhl, de 24 myriamètres de long ; 3° le Jura de Franconie, entre l’Altmuhl et le Main, ne se dirigeant plus au nord, mais au nord-est, de 14 myriamètres de long sur 3 de large, atteignant presque partout à son point vertical une élévation absolue de 500 mètres , ne dépassant ce qui l’environne que de quelque 50 mètres, n’offrant dès lors le relief d’une montagne que par la profondeur et l’escarpement de ses vallées, devenant insensiblement à l’est le plateau du haut Palatinat ou de Raab, s’inclinant abruptement à l’ouest vers les terrasses de la Franconie, remarquable d’ailleurs par ses cavernes, riches en stalactites et en amas d’os d'animaux, telles que celles de Gailenreuth et de Muggendorf, situées dans ce qu’on appelle la Suisse de Franconie.

JURA (Département du). Formé d’une partie de la Franche-Comté, il doit son nom à la chaîne de montagnes qui le traverse. Il est borné au nord par les départements du Doubs, de la Haute-Saône et de la Côte-d'Or, au sud par celui de l’Ain et la Suisse, à l’est par la Suisse ef le département du Doubs, à l’ouest par ceux de Saône-et Loire et de la Côte-d'Or.

Divisé en 4 arrondissements, 32 cantons et 583 communes, il compte 287,634 hab. (1872); il envoie 6 députés à l’Assemblée, est compris dans la 7° division militaire, l’académie et le ressort de la cour d'appel de Besançon; il forme le diocèse de Saint-Claude; il possède 1 lycée, 6 colléges, 2 institutions second aires libres , 996 écoles prie maires et 34 asiles, Plus des trois quarts des habitants sa. vent lire et écrire.

Sa superficie totale, d’après le cadastre, est de 499,401 hectares, dont 187,482 en terres labourables: 46.320 cn

prés ; 18,551 en vignes; 119,490 en bois et forêts; 78,410

en landes; ete. L’enquête agrirole de 1862 estimait la valeur totale des produits à 74 millions de fr., dont 14 pour les vins, et les existences des animaux domestiques comme il suit : 184,211 bêles à corn s, 43.518 porcs, 34,473 mou tons, 15,804 chevaux, ânes et mulets, 4,427 chèvres.

Situé en presque totalité dans lé bassin du Rhône, la Loue, l’Oignon, le Doubs, le Seiïsse, l'Ain et la Bienne l’arrosent. Le sol est riche; il produit du blé, du seigle, du chanvre, du lin. Les vins d’Arbois, de Poligny, de L'Étoile, de Salins ont quelque réputation. 11 s'y fait une élève considérable de gros bétail, surtout dans les hautes vallées. L’exploitation minérale est également très-importante : on y trouve de nombreuses salines, de belles carrières de marbre, d'aibâtre, du gypse, des pierres meulières, du salpêtre, du schiste, de la terre à porcelaine et à poterie, de la tourbe, du fer, dont le travail constitue la branche la plus importante de l'industrie manufacturière. IL se fait en outre un grand commerce de bois, de fer, de fromage, d’horlogerie et d'ébéniste-

rie. 6 chemins de fer, 5 routes nationales, 21 départementales, 3,265 chemins vicinaux, 2 rivières navigables et un canal, celui du Rhône au Rhin, sillonnent ce département, dont le chef-lieu est Lons-le-Saulnier.

[Les villes et endroits remarquables sont : Dôle, Saint- Claude, Salins, Poligny, chef-lieu d'arrondissement, avec 5,392 habitants, un collége, une inspection forestière, une industrie assez active ; cette ville, que des incendies terribles ont fort amoindrie, est le rendez-vous de tous les joyeux buveurs de la Franche-Comté, ainsi qu’Arbois, qui n’en est distante que de 8 kilomètres et où se trouve le tribunal de première instance. Nozeray est une ville qui a appartenu jadis à la maison d'Orange. On y arrive par une pente escarpée, et au bord du plateau sur lequel cette ville est bâtie on aperçoit les ruines d’un château : c’est tout ce qui reste de la domination de ses anciens maitres. Champagnole est ensevelie au fond d’une gorge, et les montagnes qui l’entourent sont couvertes de sapins. Mais les jets de lumière qui s’élancent dans les airs; le bruit des flots de la rivière pressés par les écluses , et le choc des marteaux la révèlent au voyageur avec ses forges et son industrie. Bien des localités sont remarquables encore. Nous citerons entre autres la vallée où se trouve la source de l'Ain, celle de la source de l'Isère, les roches de Sirod , et les roches de Baume, l’un de: points de vue les plus étranges qu’il soit possible de voir. Plusieurs hameaux appellent l'attention des voyageurs par leurs monuments d’antiquité, par leurs souvenirs du moyen âge. Les villages, les hameaux du Jura, ont un aspect riant. La maison du fermier, comme celle du riche propriétaire, est bâtie en pierres de taille, blanchie avec du plâtre, et recouverte en tuiles ; un verger rempli d’arbres fruitiers l'entoure, une haie d’aubépine la protège; souvent une treille ou un réseau de feuilles de lierre la tapisse. A quelques pas de là est le champ de blé ou la vigne, et la porte d'entrée de la demeure hospitalière s'ouvre sur la grande route, comme pour offrir un asile aux voyageurs. Dans les montagnes, le mode de construction n’est plus le même : au lieu de la petite maison bourgeoise si bien blanchie, si nette, si régulière, voici le Châlet avec son toit aux larges ailes, souvent chargé de neige, ses murailles très-basses, surmontées d’une construction en bois, et sa grande cheminée , sous laquelle s’abrite toute la famille du laboureur. X. MARMIER. ]

JURANDE (de jurare, jurer, à cause du serment que les jurés prêtaient en entrant en fonciions). On appelait ainsi sous le régime des corporations,.6u communautés d'arts et métiers, la charge des jurés ou syndics, choisis parmi les maitres par leurs pairs, qui devaient veiller à exécution des règlements et à la conservation des intérêts communs. A cet effet, les portes de chaque atelier leur étaient ouvertes à toute heure, et pour rendre la surveillanee plus facile, elles ne devaient être fermées qu'au loquet, C'était encore à eux qu'était remise la fonction de décider sur le chefd'œuvre qui conférait la maîtrise et sur les preuves el con-

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