ANGLETERRE
Il s’approche donc vaillamment, :
Et voit d’un cœur content le sang rougir la terre : « Fort bien! messœurs, dit-il, vousavezl’àme fière, » Et c’est une vertu. L’une de vous a tort ; » Son crime est odieux ; il mérite la mort :
> Qu’ellemeure !» À ce mot, lesbichess’arrétèrent, . Leurs yeux de larmes se mouillèrent :
a L’avez-vous entendu ,ma sœur, ce mot affreux, » Dit La plus jeune ? Hélas ! nous allions toutes deux » Oublier les leçons de notre pauvre mère... — > N’en parlons plus, dit l’autre, et qu’au fond de
» nos cœurs,
» La paix , la douce paix succède à la colère. > Mais ce vil animal, qui fomente la guerre, » Excitera sans doute encor d’autres fureurs : à Qu'il périsse!» Aussitôt, pour prix de sa harangue,
Maître renard fut assommé. s.
Les deux biches d’accord lui dirent en leur langue: « De notre caractère on t’a mal informé,
-» Quand tu vins nous pousser au crime ,
« Tu ie regardais, dans ton cœur,
» Comme le sacrificateur,
> Et tu n’élais que la victime. »
Vous qui voyez deux peuples ennemis Se guerroyer pour quelque bagatelle, ;:
Tâchez d’abord d’apaiser la querelle, Ou de quelqu’un faites-vous bons amis.
Si vous comptez entretenir les guerres ,
"ÂÉNONYMES. 31
Ét puis après vous parer des débris,
Songez qu’un jour, las de s’être haïs,
Les combattans vont redevenir frères...
Voisins Anglais , profitez de l’avis.
ANONYMES. — Un écrivain peut garder l’anonyme , ou prendre un nom imaginaire, dans des productions qu'il ne veut pas avouer publiquement, sous:
les rapports de la littérature. Mais celuilà est un lâche, et non un homme de:
lettres, qui se voile de l’anonyme , ou qui se déguise sous un nom supposé , pour outrager des gens qu’il n'aurait pas Je courage de regarder en face, ou pour - répandre des calomnies.
APPARENCE. — Qui voit un lon les voit tous-, comme dit le comte d'Oxenstirn ; mais qui voit un homme 4 n’en voit qu'un : encore ne le connaît-il guère, quand même il l'aurait pratiqué assez long-temps. Tous les tigres sont cruels , tous les pigeons sont simples ; mais chaque homme est d'un naturel
différent, Rien n'est plus trompeur que