COUCHES
par beaucoup de précautions et d’appareil , et que les pauvres filles sontsbien heureuses de pouvoir faire en cachette.
Une paysanne ne quitte ses travaux ordinaires que la veille de ses couches :
elle les reprend aussitôt quelle a recouvré ses forces abattues; elle se porte bien , et son enfant est robuste, — Une grande Dame est six mois à accoucher ; elle se porte mal , et son enfant est cacochime.
Réglement d’une grande Dame, pour le temps de ses couches.
« Les femmes ordinaires , et qui ont; » comme on dit , du courage , se lèvent » le cinquième jour après leurs cou- » ches, reprennent leurs petites occu- » pations le neuvième, et sortent le » quinzième, si l’enfantement n’a point » eu de suites fâcheuses. Pour moi ; qui » suis grande Dame , je ferai mon testa- » ment dans le huitième mois de ma
COUCHES, 88 » grossesse, et je le remettrai à mon » homme de confiance. Je me confes- » serai à l’approche du terme: et quand » Je sentirai les mal-aises, avant-cou- » reurs de l’enfantement, je me mettrai » au lit, que je ne quitterai plus. J’ac- » Coucherai après quelques jours de re- » pos et d’impatience. Si l’accouche- » ment que j'attends est aussi heureux » que le dernier, qui m’a tant fait souf- » frir, et qui m'a mise si bas, je serai » délivrée au bout d’un quart-d’heure » de maux et de cris perçans. On ne.
» parlera qu'à voix extrêmement basse , » depuis les approches de l’enfantement > jusqu’au quinzième jour de mes cou- » ches. J'aurai soin de faire appeler un » autre médecin que M. B***, qui parle
trop haut, et qui a eu la grossièreté de » me dire que je n’étais pas courageuse.
On ne laissera entrer la lumière dans mon appartement , pendant tout le temps de mes couches , qu’à travers ? quatre rideaux de soie, Je me leyerai
LA
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le quarantième jour, pour la première
» foïs, et je ne sortirai qu’au bout de » quatre mois. S'il me vient des visites » quand j'aurai quitté le lit, j'aurai, » dans mon salon , un sopha bien garni, » Où je me jeterai pour recevoir et » pour n'avoir pas la peine de recon- » duire, Tous ces soins sont indispen- » sables à une santé aussi précieuse que la mienne. Mon mari prendra garde à
CA
Penfant, qui aura une nourrice. »
CRITIQUE. — On répète tous les jours ce vers de Destouches :
La critique est aisée, et l’art est difficile,
etune foule de petits esprits s’'imaginent que, quoique sans talens, ils peuvent
: devenir de redoutables censeurs ; cepen-
dant les vrais critiques sont plus rares que les beaux esprits. Jacques fera bien un roman, et ne pourra pas commenter quatre vers de Corneille.
— Un bon critique doit avoir du goût, de l'esprit, du jugement, beaucoup d'é»
| eRITIQUE, 87 rüdition et de lecture, une impartialité incorruptible. Si vous en trouvez quatre en France, vous trouverez aussi la pierre philosophale.
— Il y a des critiques, ou prétendus tels, qui font Le plus grand bien aux ouvrages qu'ils ont la bonté de mordre.
Demandez à Messieurs de la’ Quolidienne (+).
Il y en a d’autres qui critiquent frèsdoctement les ouvrages nouveaux sans les avoir lus; comme, par exemple,
: Messieurs les rédacteurs de la Gazetle (2).
— Voyez encore M. lecomte de Fortia« piles. Un journal lui critique, en deux alinéa, un gros cahier de trois feuilles ;
mort en naissant, Il répond par dix grandes pages in-8°, bien pleines, = Le
G) Il y a un journal de ce nom, qui paraît tous les jours.
(2) C’est le nom d’an journal quotidien , qui & pour abonnés quelques aflligés d’insomnie ct qui meurt tous les jours,