‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etcChapitre 4 sur 93 · LL · texte numérisé non relu

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ï. ABUS.

à son voisin deux paysans pour un chien de chasse. En Angleterre, un mari vendra sa femme, et un père ne pourra vendre sa fille. En Espagne; un moine ne se marie point, mais il peut fäfré un enfant, En Italie, on fait grâce au brigand des grandes routes ; on brüle . le malheureux qui aura volé un morceau de pain ou une aune de toile dans une église.

Il est vrai que ces abus se réforment; mais avec quelle lenteur! Et d’ailleurs ils sont toujours remplacés par de nouveaux abus.

Malheur au pays où les abus tiennent à la dépravation du caractère et des mœurs! En France , on tolère, on encourage les jeux publics, la loterie, les maisons infàmes ; on ouvre ces répaires tous les jours de lannée, même les jours où les spectacles les plus innocens sont fermés.

Mais en France, et sans doute ailleurs , le pire de tous les abus, c’est qu'il

ABUS DE MOTS. $ est dangereux d’être honnête homme.

Celui qui vend sa conscience et son âme aux puissances qui dominent » roule sur l'or, et se voit entouré d’honneurs ; celui qui renonce noblement à soi-même pour défendre les droits et la liberté de la nation , non seulement n'obtiendra point de places ; il perdra même celle qu’il occupe , et il sera persécuté. Dans les lois et dans les mœurs, les abus ordinaires n’empêchent pas un grand peuple de se soutenir; mais lorsqu'il faut que ce peuple prenne un caractère vil , ilest en pleine décadence.

ABUS DE MOTS. — Quelques écrivains donnent souvent aux Aloériens, aux Maroquins , et à tous les Musulmans le nom de Turcs , qui ne convient qu'aux peuples de la Turquie. — Pareillement les Asiatiques désignent tous les Européens sous le nom de Francs. Ce-

endant les Prussiens , les Autrichiens, les Anglais ne sont pas Francs.

4 ADUS DE MOTS.

— M. de Châteaubriand a appelé Dieu le grand célibataire. J'ai vu une Dame anglaise se courroucer de l’impiété :

« Dire que Dieu est un grand garcon , » c’est digne du dix-neuvième siècle! »

— Une jeune fille qui s’abandonne à un vieil amoureux, ou qui prend un vieux mari, ne doit pas appeler cela de l'amour ; mais elle peut dire : « Je fais » maintenant une besogne qui me rap- » portera de quoi acheter un amant ».

— Arthur n'avait ni fortune, ni moyen d’en acquérir. La révolution lui plut, seulement parce qu’il espérait y gagner.

11 se fit Jacobin, et obtint une charge où il trouva le falent de s'enrichir. Il cria : vive l'Empire ! pour conserver sa place ; mais son incapacité la Jui ayant enlevée , il se fit Royaliste, afin de redevenir quelque chose. Arthur aime-t-il la République, ou l'Empire , ou le Roi ?

— Raoul abandonna la France quand Vanarchie lui ft craindre quelque damger pour ses jours. L'ordre se rétablit

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