ÉDUCATION
veux plus qu’à cet enfant. Dites-moi ; je vous prie , qu’avons-nous besoin de telles lecons ? Ne voyez-vous pas qu’en familiarisant ce fils avec les illustres, c’est lui faire croire qu'il les imitera sans peine ? Oh ! que la chose nest pas si aisée ! Pourquoi son père est-il devenu si grand ? C’est qu'il fut élevé fort durement, et qu’on le for-
çait de grimper, pieds nus, comme
‘un daim, les rochers des Pyrennées.
Mes amis , donnez bien du mal à Monseigneur, c’est le seul moyen d’en faire quelque chose : on n’a rien dans ce bas monde, à moins qu’on ne l'achète. C’est moi qui vous le dis ; je le sais bien, et ne suis pas devenu si grand seigneur, en restant les bras croisés. Laissez-moi donc ces lecons , et élevez Monseigneur comme son père... De
ELÉcIEe 415 ÉLEGIE Sur la mort du moineau de Gabrielle,
Victime du destin et de ses noirs caprices ,
Il n’est plus le, moineau qui faisait vos délices f Nourri de votre main, comblé de vos faveurs, Après un mois de vie, Ô sujet de douleurs!
Sous la dent d’ane chatte il a fini sa trame.
Que le dieu des moineaux ait pitié de son âme
ENFER. — « Ne me demandez pas si les tourmens des méchans sont éter nels : je l’ignore, et je n'ai point la vaine curiosité d’éclaircir des questions inu tiles. Que m'importe ce que deviendront les méchans ? Je prends peu d'intérêt à leur sort. Toutefois, j’ai peine à cro‘re qu'ils Soient condamnés à des tourmens sans fin (1)....5
etes
… (1) TJ. TJ. Rousseau, Emile. Voyez, pour les
descriptions qu'on a données de l’Enfer, Le
Diable peint par lui-même, chapitres de ?’ Histoire des démons, ct de ceux qui nous ont rapporté des nouvelles de l'autre Monde.
116 ÉNIGMI,
ÉNIGME. = « Je suis le père de la » vérité; je dompte l'envie ; je dé- » couvre les secrets les plus cachés: je » suis toujours les astres, : comme mes » guides ; je me suis moi-même etje » fuis devant moi: personne ne m'a ja- » mais Vu; je n’existe point, et cepen-
» dant je nais et je meurs tous les jours.
> Lecteur, si tu veux savoir qui je suis,
» cherche ce que tu as perdu (1) ».
— Qui me nomme me rompt (2).
— « Je te donnerai ce que bien des » peines et un vrai mérite n'ont pu te » faire obtenir. Je t'éléverai sans que » tu y songes au comble des grandeurs ; » mais devine qui je suis, çar je ne le
» sais pas moi-même (3) ».
(1) Cette énigme est traduite de l’anthologie latine. Le mot est le Temps.
| (2) Le Silence.
(5) Traduit de Scaliger. Le mot est le Hu< Ï
sard.
| ENNUI: 119 i— Quel est le monosyllabe qui détruit tout et qui ne produit rien (1)?
— Quel.est le plus sot esprit ?
, —Celui quil. ne sait que deviner des
charades.
ENNUÜT. — Partage des sots. C’est un mal que la nature n’a point fait, et que l’homme a inventé pour son propre
tourment.
ENROUEMENT, — Maladie ordinaire des bonnes gens qui crient toute la journée : Vive qui l'on voudra ! pour une pièce de deux francs.
ÉPITAPHES. — Les plus courtes et les plus simples sont les meilleures. Si Ton ajoutait foi aux épitaphes ; on dirait, comme les vieilles femmes : Les gens d'autrefois valaient bien mieux que
les gens, d'aujourd'hui. 11 n'y a pas un
1 (1) Za Mort. (Article commüniqué par un ancien rédacteur da défunt Mercure.)