LE GÉNÉRAL
. Admirablement jugé.
# LE CHANCELIER
Item, a été vu le susdit Laramée, :l y a trois semaines, volant une bourse à un bourgeois de la ville.
BONIFACE
Ab! malheureux! comment a6-tu osé te laisser voir, en commettant une pareille filouterie ?
LE VOLEUR
Hélas ! sire, c'est bien malgré moi qu’on m'a vu; mais la bourse était si belle , et il était si facile de la couper, que , foi d’honnête homme, vous n'y eussiezZ pas résisté yous-même.
BONIFACE
C’est différent. La tentation était plus forte que lui. Il faut avoir pitié des faiblesses.
LE CHANCELIER
Item et en dernier lieu, le susdit Laramée, voleur déjà repris de justice , or LE . .
a été arrêté, hier matin, commettant
son dernier vol.
BONIFACE
Quel est ce vol ?
LE VOLEUR
Sire, je savais votre heureuse arrivée :
et comme je n'avais pas d'argent pour
me réjouir, j'en ai pris dans la poche
d’un voisin ui ne m'en aurait pas
donné, BONIFACE.
Eh bien! que voulez-vous qu’on ré ponde à cela? L’intention excuse tout.
Va-t-en, et ne vole plus. |
LE VOLEUR
Non, sire. (Z{ vole, en sortant, la montre du chancelier ). |
BONIFACE
Etnous,dépêchons; car je commence à avoir faim.
à. LE CHANCELIER.
Voici mainteñant le jugement des mal assortis.
BONIFACE
Qu’entendez-vous par-là ?
LE SÉNÉCHAL
Sire, vous pouvez aujourd'hui rompre un marlage malheureux.
BONIFACE
Rien qu’un ?
LE CHANCELIER, Un'seul.
BONIFACE
Je vais donc faire bien des jaloux.
(On introduit Pacolet et Béairix LE CHANCELIER.
Les époux mal unis peuvent parler.
PACOLET
Sire, vous voyez devant vous...
BÉATRIX
Sire, je viens à vos pieds...
PACOLET, d Sa femme.
J’aurai le pas sur toi, j'espère.
HASARD: 177 BÉATRIX, 4 SON Mari.
Il n’y a point ici de préférence...
Sire.… PACOLET.
C’est à moi à expliquer la chose.
BÉATRIX
C’est moi qui dois me faire entendre d’abord...
PACOLET
Sire , je suis le mari...
BÉATRIX
Sire, je suis la femme...
PACOLET
Sire , daignez lui ordonner de se taire...
BÉATRIX
Sire, soyez assez bon pour lui imposer silence...
BONIFACE
Je ne suis pas assez incivil. Parlez tous les deux à-la-fois.