‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 289 sur 389 · PAO · texte numérisé non relu

PAO

gouvernement d'un pacha, ta Morée étant devenue un p»chalik, le pacha a fixé sa résidence à Tripolizla, CHATEABB. llin. t • part

— ETYM. Turc, pacha, avec la finale liq qui s'ajoute i certains substantifs.

t PACHÉE (pa-chée), *. f. Emeraude orientale, corindon vitreux d'une couleur verte.

f PACIIMINA (pach-mi-na), s. m. Nom du poil de chèvre dont sont faits les châles de cachemire.

t PACHOMBTRE Cpa-ko-mè-tr') , s. m. Instrument propre à mesurer l'épaisseur du verre des miroirs.

— ÉTYM. nâxo;, épaisseur, et jiiTpov, mesure.

t PACIIY.... Préfixe qui signifie épais, et qui vient du greCTcotxûç; c'est le sanscrit bahu, dense, nombreux.

t PACHYBLÉPHAROSE (pa-chi-blé-fa-rô-z'), s. f. Terme de médecine. Épaississement du tissu des paupières.

— ÉTYM. Pachy..., et pUçapov, paupière.

t PACHYCIIYMIE (pa-chi-chi-mie), s. f. Terme de niéilecine. Épaississement morbide des humeurs.

— ETYM. Pachy..., et z^P'ô;, humeur.

PACHYDERME (pa-chi-dèr-m'; quelques-uns prononcent, ici et dans les autres composés, chi comme ki), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la peau épaisse. Un quadrupède pachyderme. || S. m. pi. Les pachydermes, ordre des mammifères qui a été divisé en trois familles : f" les proboscidiens; S" les pachydermes proprement dits ; 3° les solipèdes.

— ÉTYM. Pachy..., etSépiia, peau.

t PACUYMCNINGITE (pa-chi-mé-nin-ji-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation delà dure-mère.

— ETYM. Pachy..., et méningite.

t PACUYTRIQUE (pa-chi-tri-k'), adj. Terme d'entomologie. Oui a des poils épais.

— ÉTYM. Pachy..., et epiÇ, Tpixôç, poil. PACIFICATEUR, TRICE (pa-si-fi-ka-teur, tri-s'),

t. m. et f. Il 1° Celui, celle qui pacifie. Qu'y a-t-il, messieurs, qu'y-a-t-il? qu'y a-t-ilT çà, çà, voyons »'il n'y a pas moyen de vous mettre d'accord ; que je sois votre pacificateur, que j'apporte l'union chez vous, MOLIÈRE, la Jalousic du Barbouillé, 6. Au nom de conquérant et de triomphateur. Il veut joindre le nom de pacificateur, volt. Fanât, i, 4. Vos ennemis ne seront parvenus qu'à faire graver sur vos médailles : Triomphatrice de l'empire ottoman et pacificatrice de la Pologne, lo. Lett. à Catherine, 27 mai 4789. Il Nom donné aux membres de plusieurs sectes anabaptistes qui prétendaient que leur doctrine établirait sur la terre une paix perpétuelle. Il 2" Adj. Qui pacifie, qui apai,se les troubles. La victoire de l'esprit pacificateur sur l'esprit de persécution, volt. Philos. Sermon dejosias Rossette.

— HIST. XVI' s. Lanoue, qui faisoit l'homme de guerre et le pacificateur [au siège de la Rochelle], b'aub. Ilist. Il, 4B. Les hommes de paix ou pacificateurs [sortes d'officiers municipaux] ont l'autorité d'ordonner des ostages et une prompte paix à tous les habitans de la ville et à ses bourgeois et] bourgeoises... ATouv. coust. gén. t. I, p. 958.

— ÉTYM. Lat. pacificatorem, de pacificare, pacifier.

PACIFICATION (pa-si-fi-ka-sion; en vers, de six syllaljes), ». f. || 1° Rétablissement de la paix. La pacification de l'Europe. La pacification des troubles. On tenterait vainement des pacifications sur les controverses, en présupposant qu'il fallût changer quelque chose dans aucun des jugements portés par l'Église, Doss. Projet de réunion, 2* part. Lett. xxxv. Il Ëilits de pacification , plusieurs édits des rois, qui avaient pour but d'apaiser les troubles de religion, dans le xvi* siècle. Le résultat du colloque et des intrigues qui le suivirent fut un édit par lequel les protestants pouvaient avoir des prêches hors des ville»; et cet édit de pacification fut encore la cause de guerres civiles, volt. Mceuri, <7).||a» Particulièrement. Apaisement des dissensions domestiques, des difTérends entre particuliers.

— HIST. XV' s. Pour la pacification de leur pays, COMM. VI, ». Il XVI' g. Lapacification et union de toute la Grèce, amtot, Péric. 37. i>our parvenir i une entière, seure et perdurable pacification des troubles, n'AUB. Hitt. II, 4 73. Le seigneur d'un serf occis aura la pacification de la paix [prix pour l'accommodement], et la remission sera à donner à nous ou à nosire grand bailly, Nouv. eowt.gén. t. ii,

— ETYM. Lai. paeificationem, de paeiRear», pacifier. "^

PACIFIft, Éfi (pa-si-fl-é, éo), port, patii de pacifier. Piji pacifié. Il Kig. Ses traits jiacifiis »em-

PAC

blaient encor garder La douce impression d'extases commencées, lamart. Jocelyn, Prologue.

PACIFIER (pa-si-fi-é) , je pacifiais, nous pacifiions, vous paciliiez ; que je pacifie, que nous pacifiions; que vous pacifiiez, v. a. \\ 1° Rétablir la paix. L'Europe espère. Sire, que votre Majesté ne se contentera pas de l'éclairer, qu'elle va encore la pacifier, d'alemb. Lelt. au roi de Pr. i" juin 1772. || Il se dit aussi des différends, des troubles qu'on fait cesser. Perdit-il une occasion de pacifier les différends? fléch. le Tellier. \\2° Fig. Rétablir le calme. Ce sont des gens que je mène avec moi, et dont je me sers tous les jours pour pacifier, avec leur harmonie et leurs danses, les troubles de l'esprit, mol. Am. méd. m, 7. Auguste, dit un ancien, avait pacifié l'éloquence comme tout le reste; pacifier l'éloquence, c'est l'éteindre, villemain, Èélanges, De la corruption des lettres romaines. || 8° Se pacifier, c. réfl. Devenir pacifié. Ijb pays aJlait se pacifiant.

— HIST. XV s. En lui remontrant, entre les autres choses, la parfaite affection et vrai désir que le roi avoit de pacifier avecque lui et avoir traité, monstrelet. II, 67. Amours, qui trouva son cueur variant, entra dedans et luy dist : Comment, Passelion, n'entends-tu pas qu'elle sur toutes riens désire ta grâce? pacifie avec elle, il est temps ou jamais, elle est près de toi, Perceforest, t. iv, f° <54. Kt que on print journée pour povoir amyablement pacifier, et que ce pendant fust donnée surceance de guerre, coMM. v, 48. ||xvi' s. Les devins dirent qu'il falloit se reconcilier avec les dieux et les pacifier, amyot , Cam. (4. Hz l'avoient envoyé quérir pour cognoistre, composer et pacifier leurs différents, m. Pclop. 48. Qu'il feroit tout ce qui seroit en luy pour pacifier les Grecs entre euli et les mettre d'accord, lo. Lysand. *o. Il en vint pour le commencement à composer des assemblées pour pacifier sans le prince de Condé, d'aub. Hist. i, <79.

— ÉTYM. Provenç. et esp. pacificar; ital. pacificare ;dn lat. pacificare, de pacem, paix, et facere, faire. Dans l'historique, pacifier, pris absolument, a le sen<: de pactiser, faire la paix.

PACIFIQUE (pa-si-fi-k') , adj. || 1° Qui porte la paix, qui aime la paix. Homme pacifique. Desseins pacifiques. Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique, LA FONT. Fabl. III, 4. Et porte grand amour aux hommes pacifiques, mol. Sgan. xvii. Ce siècle pacifique par indifférence, i. j. bouss. Lett. de la mont. B. Heurpux, deux fois heureux, le peuple pacifique Qui, content des climats où l'ont placé les dieux. Vit libre sur le sol où dorment ses aïeux, mass. Helv. vin. || Substantivement. Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés enfants de Dieu I sAci, Bible, Évang. St Math, v, 9. Le titre que Dieu lui [à Salomon] donne est celui de pacifique.... il donne la gloire d'affermir le trône à ce pacifique, qu'il préfère aux guerriers par cet honneur, Boss. Polit. IX, IV, 7. Il 2° Oui porte la paix, la tranquillité. C'est ce qui a été réservé, pour vous et pour vos enfants, des hosties pacifiques des enfants d'Israël, saci, Bible, Lévit. x, (4. Ile pacifique [l'île des Faisans] où doivent se terminer les différents de deux grands empires, Boss. Ifor.- Thér. Car, sitôt que du soir les ombres pacifiques D'un double cadenas font fermer les boutiques, BOiL. Sat. VI. Que Dieu jette sur vous des regards pacifiques I bac. Esth. I, 2. || Ecrire en formule pacifique, se disait d'un évêque qui écrivait non comme évêque,mais comme simple particulier. || Où règne la tranquillité. Il contempla longtemps les formes magnifiques Que la nature prend dans les champs pacifiques, v. HUGO, Ray. et ombres, 34. || 3° Terme de jurisprudence. Possesseur pacifique, celui qui possède sans réclamation. Il Titulaire pacifi([ue, celui dont le titre n'est pas contesté. || 4° Terme de géographie. Mer Pacifique, la Mer du Sud. || On dit aussi l'océan Pacifique, et, par abréviation, le Pacifique. Parcourir le Pacifique.

— SYN. PACiFiQiiE, paisible. Le pacifique est celui qui porte la paix, qui aime la paix; le paisible est celui qui reste en paix. '

— HIST. XVI' s. Laissant toute la province pacifique, il s'en retourna à Rome, amyot, P. ÂSm. e. Toutes choses estoient pacifiques en toutes les terres du roi Philippe, d'adb. Hist. i, 256. Comme ils revenoicnt [d'une sortie, au sicgo de la Rochelle] sentans plus les pacifiques qu'ils n'estoient partis, ceux de la ville..., id. ib. ii, a.

— ETYM. Provenç. pacifie; esp. et ital. paeifico; du lat. pacifieus (voy. pacifier).

PACIFIQUEMENT (pa-si-fi-ke-man), adj. D'une manière pacifique. Un roi qui règne pacifiquement.

PAC

— IIIST. XVI' s. S'approchant luy mcsme tout pacifiquement, son arc desbende, amvot, Crass. &7.

— ETYM. Pacifique, et le suffixe ment; prov. pacificamen; esp. et it. pacificamente.

tPACKFO.\G(pak-fongh'), s. m. Alliage dit aussi cuivre blanc, cuivre chinois, maillecliort. Le packfong est employé depuis longtemps par les Chinois, qui en défendent l'exportation. || On écrit aussi packfond ou packfung, legoarant.

t PACO (pa-ko), I. m. || 1° Mot péruvien qui signifie rouge, et par lequel on désigne un minerai (l'argent contenant beaucoup de fer. || 2° Un des noms de l'alpaca (voy. ce mot). L'alpaca ou paco, BUFF. Quadnip. t. x, p. 382.

t PACOLET (pa-ko-lè), |t. m. Nom propre qui figure dans les anciens livres de féerie. C'est le cheval de Pacolet, c'est un homme qui va trèsvite.

PACOTILLE (pa-ko-ti-ir. Il mouillées, et non pa-ko-ti-ye) , s. f.\\ 1° Primitivement, petit ballot de marchandises, que chaque marin embarqué avait le droit de porter avec lui, sans en payer le fret à l'armateur, jal. || 2" Aujourd'hui, certaines parties de marchandises qu'un passager embarque pour son propre compte dans l'espoir de les vendre outremer. Nous ferons dans notre quartier une pacotille à Paul; car j'ai des voisins qui l'aiment beaucoup, bern. de st-p. Paul et Virginie. || 3° Certaines parties de marchandises dont l'ensemble compose la cargaison. Ce navire a des pacotilles de quincaillerie. Il Marchandises de pacotille, marchandises de qualité inférieure, qu'on ne pourrait débiter en Europe et qu'on va vendre dans les colonies. || Par dénigrement. C'est de la marchandise de pacotille, ou, simplement, c'est de la pacotille, c'est une mauvaise marchandise. || 4° Par extension, ballot de marchandise. Il est minuit ; çà qu'on me suive, Hommes, pacotille et mulets, bérano. Contreb. || Fig. J'ai de la fraude en pacotille. Qu'à la barrière on saisi. rait, BÉRANG. Portrait. || 6° Fig. et familièrement. Une certaine quantité d'objets quelconques. Ensuite, avec une petite pacotille, il est retourné en Dauphiné chez ses parents, volt. Lett. au duc ds Bichelieu, mai 4 767.

— ÉTYM. Même radical que paquet.

t PACOTILLER (pa-ko-ti-Uè, Il mouillées), v. ». Prendre une pacotille; faire le commerce de pacotille. Il est défendu depuis longtemp.s aux officiers de marine de pacotiller, et aucun d'eux ne se livre à ce trafic, legoarant.

f PACOTILLECR (pa-ko-ti-llour, H mouillées), f. m. Celui qui fait le commerce de pacotille. Pacotille devint synonyme de mauvaise marchandise, l'avarice des pacotilleurs ayant déshonoré le commerce d'outremer, jal.

t PACQUAGE (pa-ka-j"), ». m. Art, action de paoquer.

t PACQUER (pa-ké), v. a. Terme de pêche. Trier le poisson et l'arranger dans des barils pour le transporter.

t PACT, s. m. Voy. pacte, à la remarque.

PACTA CONVENTA (pa-kta kon-vin-ta),». m. pi. Conventions faites entre la république de Pologne et le roi qui venait d'être élu.

— ÉTYM. Lat. pactum, pacte, et eonventum, convenu.

PACTE (pa-kf), ». m. ||1' Convention. Ignorezvous que lo Seigneur, le Dieu d'Israël a donné pour toujours à David et à ses descendants la souveraineté sur Israël par un pacte inviolable? saci. Bible, Paralip. ii, xiii, B. J'avoue qu'il y a des obligations mutuelles entre le prince et le sujet.... mais que de telles obligations soient fondées sur un pacte mutuel.... BOSS. '>' anert. B3. 13. doctrine des pactes, que le ministre [Jurieu] explique en ces termes : qu'il est contre la raison qu'un peuple se livre à un souverain sans quelque pacte, et qu'un tel traité serait nul et contre la nature, id. ib. bo. Le pacte social établit entre les citoyens une telle égalité, qu'ils s'engagent tous sous les mêmes conditions et doivent tous jouir des mêmes droits, J. J. nouss. Contr. soc. Il, 4. Je sais bien mauvais gré à l'auteur du Système de la nature du prétendu pacte qu'il imagine que les rois ont fait avec les prêtres pour ojiprimer les peuples, d'alemb. Lett. au roi de l'r. 40 juil. 477B. Il Faire un pacte avec le diable, contracter avec le diable une prétendue convention par laquelle il accordait richesse et pouvoir pendant un certain temps, au bout duquel il s'emparait de celui qui avait fait le pacte. Elle nous parut d'une noirceur, comme quand on a fait un pacte avec le diable, et que le jour approche de se livrer, sÉv. 139. Le Sage dit [au sujet de l'iffaire des poison», soiu

PAC

touis XIV] que le maréchal duc He Luxembourg' avail fait un pacte avec le diable, afin de p^uNoir marier son fils avec la lille du marquis de Lotivois, VOLT. Louis XIV, 26. Il Fig. Nous avons fait pacLe avec la mort, nous avons contracté alliance avec l'enfer, SACi, Bible, Isaie, xwvi, ts. Rompez, rompez tout pacte avec l'ûiipiété, bac. Àthal. i, ). La justice humaine, qui ne voit que les actions, n'a qu'un pacte avec les hommes, qui est celui de l'innocence, MONTESQ. Esp. XXVI, (2. Ce n'est que dans l'espérance et en faveur du chant, que nous consentons qu'on altère la déclamation naturelle : c'est là le pacte du théâtre lyrique, marmo.ntel, Œuv. t X, p. 18. Il 2° Pacte de famille, traité conclu en i76\ entre la France et rEs|>.igne,par lequel toutes les branches de la maison de Bourbon s'obligeaient à se soutenir mutuellement. || 3° Pacte fédéral, la constitution de la Suisse. || 4° Pacte de famine, nom sous lequel on connaît une compagnie de monopoleurs de grains fondée en (729, et qui organisa systématiquement des chertés. || 5° Terme de droit romain. Convention à laquelle le droit civil n'attachait pas d action. || Pactes nus, pactes qui n'étaient confirmés ni par le droit civil ni par le droit pruiorien, et qui n'avaient pas été joints à un contrat de bonne foi. || 6° Terme de jurisprudence. Pacte de famille, accord fait pour rétjler l'ordre de succéder autrement qu'il n'est réglé par la loi. || Pacte de préférence, clause par laquelle l'acheteur s'engage à donner la préférence au vendeur, dans le cas où il se dépouillerait de ce qu'il vient li'acquérir. Il Pacte de réméré, voy. réméré.

— RE.M. La Fontaine a dit pact, qui est un archaïsme : De certains mots, caractères, brerel», Où, sans pact ni demi.... L'on se guérit, l'on guérit sa monture, Orais.

— HIST. xiv s. Et si li fecial n'i estoient, celui pact et celle aliance estoit tenue pour nulle, ber- CHEUBE, f" 2, ïcrio. Il XVI* s. L argent de tous montoyt par les pactes [promesses] que ilz luy en- Toyoyent, six vingtz quatorze millions.... rab. Garg. I, 46. Voicy un pact qui sera entre vous et moy, id. Pant. I, 46. L. Emilius Regilius.... feit pache avec euli [les habitants de Phocéej de les recevoir pour amis du peuple romain, mont, i, 27.

— ETYM. Génev. pache, s. f.; prov. pacha, s. f. ; catal. pacte; espagn. pacto; ital. pat(o ; du latin pactum, pacte, pacisci, faire un pacte, qui est l'inchoatif de l'archaïque pacére et de sa forme nasalisée pangere ; tous trois se rencontrent dans le participe pocms ; le radical est pak, affermir, sanscr. paç, lier, grec 7tT;Yvu|At, fixer (voy. page i). Pache est la forme régulière (jue paclum a dil donner.

t FACTION (pa-ksion; en vers, de trois syllabes), ». f. Terme vieilli. Action de faire un pacte, une convention. Plût à Dieu qu'il ne fallût ni sceaux ni signes pour l'assurance de ces paclions, et que la conscience et la foi en fuissent les seules dépositaires! MAUi. le Traité des bienf. de Sénèque, m, (5. L'injure d'une paix à la fraude enchaînée. Les dures pactions d'un royal hyménée, cobn. les Victoins du roi. Avec eux avant vous nos paclions sont faites ; Sous les lois de l'hymen ils nous donnent leur foi, TH. CORN. Circé, l, 7.

— HIST. xiv* s. Paction est consentement qui se fait par deux ou par plusie'jrs en accord, bouteilli h, Somme rural, titre 40. || xv s. Il lenoit le dil chastel de Veutadour comme sien et son propre héritage, et avoit mis tout ce pais à certains pactis; et, parmy toutes ces pactions, toutes gens labouroient en paix dessous luy, prois.s. liv. lu, p. 276, dans LACUBNK. Il XVI' s. J'ay composé avecques mon estomac en telle paction que tousjoursil se couche et se lieve avecques moy, rab. Garg. i, 4i.

— ETYM. Prov. pactio; espagn. paeeiori; du lat. pactinneiit (voy. pacte).

PACTISER (pa-kti-zé), v. n. || 1" Faire un pacte. Ils ont avec Satan contre moi pactisé ; A force de médire, ils m'ont débaptisé, tueupuile, Œuv. 3* part, p. f3», dans LACUii.^E. Pacli.sons seulement, tout le reste ira bien, th. cobn. le Charme delà loix, iv, B. Il 1' Fig. Composer, transiger. Pactiser avec le crime. L'enfunt sait toujours vous faire payer une heure d'application par huit jours de comp aisance; à chaque instant il faut pactiser avec lui, J. i. Rouss. ÎÉm. II. |< Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIV* s. Les quels maiiz ol femme ont fait et accordé, pastigé et transigé entre culx les pactions et convenances qui s'ensuivent, nu canue. pacùci. Il XVI* s. Vous caliez mort, ou bien falloii fuir VOUS cacher dans quelque iiuion de ceux-là qui avoient pactisé avec eux [s'étaient racbetcs moyennant argentj, ho.ntluc, Mém. t. il, p. 36,

niCT. DB LA lASr.fK FRANÇAISE.

PAG

dans LACtiRNE. Le gain, duquel celuy qui a démené la dite négociation est creu par son serment, est départi entre eux selon ce (jui a esté pactisé et accordé, Coust. génér. t. ii, p. 7ol.

— ËTYM. Ane. franc, pactis, convention par laiiuelle on se rachète du pillage ou de toute autre vexation (voy. pacte). On trouve aussi pactionner.

t PACTOLE (la-kto-r), s. m. Petite rivière de Lydie qui charriait de l'or. || Fig. Source de richesse. Mais l'honneur en effet qu'il faut que l'on admire, O'iel est il, Valincour? pouiras-tu me lo dire? L'ambitieux souvent le met à tout lirùler. L'avare à voir chez lui le Pactole rouler, boil. Sat. xi. Un petit filet du Pactole sufht à notre ambition, MARMONTEL, Uém. II. Les hautes classes de la société, où le Pactole roule ses flots, brillat-savab.n, Physiol. du fjoût, Médit, xv.

t PADKI.iN (pa-<le-lin), »•. m. Grand creuset dans lequel on fond la matière du verre.

t PADÈRE (pa-dè-r), s. m. Nom spécifique d'une couleuvre des Indes orientales.

t PADEROLLE (pa-de-ro-l'), s. f. Un des noms vulgaires do la patience, plante.

tPADISCHAH ou PADISUA (pa-di-cha), s. m. L'empereur des Turcs. Sous tous les autres padishas ou empereurs et surtout dans nos derniers temps, vous retrouvez dans Constantinople le gouvernement d'Al geretdo Tunis, volt. Jffl»urs,< 92. Depuis François I" auquel le urand Soliman accorda la qualification de padischah, les rois de France sont les seuls souverains de l'Europe qui aient jamais reçu ce tiire en Turquie et en Perse, pihan, Gloss. des mots fr. tirés de l'arabe. Ecoute-moi, visir de ces guerriers sans nombre, Ombre du padischah qui de Dieu même est l'ombre, v. iiuoo, Orientales, le Deiriche.

— ETYM. Persan, padischah, monarque, depôd, protecteur, et schah, roi.

t PADOLLE (pa-do 1'), s. f. Coquille d'Afrique.

PADOU (pa-dou), s. m. Nom donné à ries rubans de bourre de soie. || On écrivait autrefois padoue. Les rubans de bourre de .soie qu'on appelle padoues, s'emploient par les tailleurs, couturières, etc. Dict. des arts et met. Ruhanier.

— ETYM. Padoue, ville d'Italie où ce ruban se fabrique.

PADOUANE (pa-dou-a-n'), adj. f. Médailles padouanes, médailles nouvellement frappées pour contrefaire les antiques, et •tromper ceux qui ne s'y connaissent pas; elles provenaient d'un nommé la Padouan, qui en a contrefait un grand nombre en Italie. Il Se dit, par extension, de toutes les médailles modernes frappées à l'antique, et qui semblent avoir tous les caractères de l'antiquité.

t PjE..., voy. par PÉ....

fPAF (paQ II 1" 'n'T/- indiquant un coup donné. Pif, paf, en ^eux-tu, en voilà. || 2° Il se dit, adjectivement, de l'homme assez ivre pour tomber à terre et faire paf, et signifie gris, ivre. Vous avez été joliment paf hier, H. nE balzac. Un grand homme de province à Paris, ib39, in-»*, 1. 1, p. 3a8. || 3° S. m. Dans un ancien langage populaire, par la métonymie de la cause pour l'effet, ce qui rend paf, vin, liqueur. Viens d'amitié boire nous trois un coup de paf, VADB (1768), dans Bxeentricitit du langage. Il 4° Grès paf, voy. grès.

PAGAIE (pa-ghê), s. f. Il 1° Espèce de rame dont on se sert aux Indes orientales et dont la forme est celle d'une pelle, longue de cinq ou six pieds, avec une petite traverse, de quatre ou cinq pouces, en forme de béquille, au bout du manche; l'usage de la pagaie diffère de celui de l'aviron, en ce que la première ne porte pas sur l'embarcation, et agit seulement par la force des bras. Il y a des pagaies à double pale dont chacune plonge alternalivemenl de côté et d'autre du bateau ou de la pirogue. Ils vinrent dans un canot semblable à ceux des Européens, à celle différence près qu'on le voguait avec des pagaies au lieu d'avirons, bouoaINVille, Vuy. l. Il, p. 30C, dans pouoENS. ||î° Terme de pèche. Sorte de pctil aviron qu'on n'appuie point sur le bord et qu'on manie à doux mains, comme on ferait d'un balai. || 3" fcpèce de grande spatule en bois pour remuer le sucre. Hf Pagaie, n.im d'un arbre de la Guiane que les auteurs nammenl hois de pagaie blmc.

I PAGAI.E (EN) (paga-1'), toc. adr. Terme de marine. Précipitamment. Mouiller en pagaie. Jeter des objets en pagaie dans la cale d'un navire, c'ealà dire les jeter k peu près au hasard.

ETYM. (jrigine inconnue, dit Jal.

f PAGANISANT ( pa-ga-iii-/.an I, ». m. Membro d'une secte chrélieiine qui conservait les ccreino nies du paganisme.

PAG

^PAGAMSER (pa-fia-ni-zé). || 1°F. n. Agir, penser en païen. Et, parce que je propose ce même principe que nul n'a nié.... je suis un païen (d'après Fénelon], je ne songe plus que je parle au milieu de l'Eglise, je paganise dans le sanctuaire, Boss. Signatures des docteurs. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ornir. ||t° V. a. Donner le caractère du paganisme. Sa statue [d'Adrien], celles de Jupiter capitolin et d'autres divinités grecques et phéniciennes ornèrent le temple liâii sur les ruines du sanctuaire de Jéhovah.... il lit aussi construire un temple de Jupiter sur Garizim, la montagne sainte des Samaritains, et un temple de Vénus sur le Golgotha; on eilt dit qu'il voulait ainsi paganiser les trois monts vénérés par les trois religions issues du monotliéisme d'Israël, rEvu.le, Rev. des Deux-Monde*, I" nov. (867, p. HJ.

— ETYM. Lat. paganus, païen.

PAGANISME ( pa-ga-ni-sm' ), s. m. Religion païenne, c'est-à-dire religion constituée par \a polythéisme. De quelle antiquité se pouvait vanter la paganisme, qui ne pouvait lire sas propres histoires .sjins y trouver l'origine non-seulement de sa religion, mais encore de ses dieux? boss. Hist. n, (2. Le paganisme a dû nécessairement envelopper les oracles dans sa ruine, lorsqu'il a été aboli par le christianisme , fonten. Oracl. il, r.. Après que Théodûse eut défait le rebelle Eugène, il alla i Rome, où tout le sénat tenait encore pour le paga . nîsme, m. ib. ii, 4. || Fig. N'a-t-il [Jurieu| pas dit partout que le papisme est un aliominahle paganisme, et que l'idolâtrie y est aussi grossière qu'elle était autrefois à Athènes '' boss. 3* o»cr(. a. || S'est dit, dans le moyen tige, pour islamisme, par ignorance des dogmes du monothéisme musulman.

— HtST. xir s. Se Rou voleit por noz chrestien devenir, Baptestirc [baptême] rechoivre, paiennima gucrpir [quitter], du cange, paganismus.

— ETYM. Paganiser. Calvin, Inst. 4 «85, a dil paganilé. Paienisme est la dérivation directe de pctganismus.

t PAGAYER (pa-ghè-ié). Il se conjugue comme payer. || 1° V. n. Terme de marine. Se servirde la pagaie pour donner le mouvement à un canot. || %' V. a. Faire marcher avec la pagaie. Pagayer un canot.

t PAGAYEUR (pa-ghè-ieur), s. m. Celui qui se sert de la pagaie, c'est-à-dire debout, .sans l'appuyer sur les bords du navire, la tenant des deux mains, l'une au sommet, l'autre vers le milieu du manche, et poussant l'eau derrière lui.

*. PAGE (pa-j' ; d'après Chifflet, Gramm. p. i8ï, l'a était long : page), ». f. || 1" L'un des côtés d'un feuillet de papier, de parchemin, etc. les deux pages d'un fauillet. Le nombre des pages dans une feuille d'iuiprimcrie est déterminé par le format: il y en a i|ualre dans une feuille in-folio, l>uit dans une feuille in-quarto, seize dans une feuille inoctavo, etc. L'Ecclésiâsle , après avoir commencé son ilivin ouvrage par les paroles que j'ai récitées [vanité des vanités], après en avoir rempli toutes les pages du mépris des choses humaines, boss. Duch. il'Ori. De l encre, du papier I dit-il |Linière]; qu'on nous enferme! Voyons qui de nous deux, plus aisé dans ses vers, Aura plus 1(11 rempli la page et le revers, boil. Ép. il. Si l'on ôtc do beaucoup d'ouvrages de morale l'avertissement au lecteur, l'épllre dédicatoire, h préface, la Uible, les approbations, il reste à peine assez de pages pniir mériter le nom de livre, la bbuy. i. Il Poétiquement et fig. Les cieux pour les mortels sont un livre enir'ouverl.... Chaque siècle avec peine en déchiffre une page, LAMABT. Ilnrm. il, 4. || Pane blanche, iwge où il n'y a rien d'écrit. Sur cette page blanche où mes vers vont écloro. Qu'un regard quelquefois ramène votre coeur ; De voire vie aussi la |wge est blanche encore; One ne pui»-je y graver un seul mol : le honhcuri lamart. Pièces div. l>r» sur u» album. \\ Fig. Ahl grâce aux passions que niiin cuîur se retranche, Puisse toute ma vie être une liage blanche I lamart. ilans le Dicl de uocam || 2" hcriture ou impression contenue dans la page. Une page à deux colonnes. Il y'a lanl de lignes .i la page. Tous les jours malgré moi, clou* sur un ouvrage, Retnuchant un endroit, effaçant une page, buil. Sat. II. Tout le m.il e.st dans ce peu jla peu do pages d'un pamphlet) ; seize pages, vous êtes pam(ihlétalre ; faites-en seize cents, vous serez présenté au roi, p. L. cour. Piimphl. drspampM. \\ Terme dimpriuirrie. Mettre en pages, lassemldcr dos paquets ilu composition pour en forini r des page<. || Metteur en pages, le compo>ileiir chargé df> cotte opération. || 8* Le contenu de la page, par lapport au sens, au style. Pour dernier exemple dos exagérations dont Je m*

PAG

plains, j'îWégaem ce que les mystique» répètent à toutes les page», que... boss. t't. d'oraù. i, 8. Deux ou trois pattes auraient suffi pour la vérité, les passions firent des livres , fontkn. Guglietmini. Une page de Locke contient plus de vérités que tous les volumes de Malebranche, diderot, Opin. des anc. philos, (maltbranchisme) . Aussi a-l-il écrit de telles pages, comme il disait lui-même, mais il n'a jamais fait un livre, marmontel, lUém. vu. La Bruyère s'est amusé à écrire une page dans le style de Montaigne; et il l'a très-bien imité, id. Élém. Un. Œuv. t. IX, p. <88, dans pouoens. Ohl qu'une page pleine dans les livres est rare, et que peu de ge ssont capablesd'en écriredix sans sottisesl p.l. COUR. PampM. despamphl. || FIg. C'est la plus belle page de son histoire, c'est l'action qui lui fait le plus d'honneur. 1)4° Terme de botanique. Chacune des deux surfaces d'une feuille plane.

— Etym. Wallon, pdg, paûg; proy. espagn. et ital. pagina; du lai. pagina, où l'accent est suro, de pagere, pangere, fixer; grec, mriYvû*), 7tiY<o. Le sens propre est lame, plaque, chose que l'on fixe. Kestus dit autrement : Paginse dictae, quod in illis versus (des lignes d'écriture) panguntur, id est figuntur. Bien qu'on ne trouve pas d'exemple de c« mot, il doit èlre ancien; car pagina n'a pu donner page que dans l'origine de la langue.

2. PAGE (pa-j'), s. m. || 1° Jeune garçon attaché au service d'un roi, d'un prince, d'un seigneur. Page de la chambre du roi, ou, simplement, page. Page, cherchez liodrigue, et l'amenez ici, corn. Ct'd, ii, 4, M. de Dangeau va en poste et par conséquent sans grand équipage, mais avec six gentilshommes et six pages magnifiquement habillés, pellisson, Letl. hist. t. i,p. 405, dans pouoens. Tout petit prince a des ambassadeurs ; Tout marquis veut avoir des pages, i.A FONT. Fabl. 1, ». Le duc et le marquis se reconnut aux pages, boil. Sat. v. Ce que vous n'imaginerez seulement pas, c'est la beauté des chevaux que moniaient les pages de la grande et de la petite écurie, qui les menaient très-adroitement, MAINTENON, Lett. à Mme de Yillarceaux, av août 4660. Les pages de la chambre étaient vêtus de casaques de velours couleur de feu, chamarrées d'or, m. i6. Sylvain, de ses deniers, a acquis de la naissance et un autre nom.... il n'aurait pu autrefois entrer page chez Cléoliule, et il est son gendre, i.a BRUT. VI. Le petit page me demanda de quelle part je l'apportais [le billet], lesage, Gtl htas, iv, 5. La foule de pages et de domestiques de livrée a disparu, pour mettre plus d'aisance dans l'intérieur de» maisons, volt. Louis XIV, î». nTour de page, malice où il y a de l'espièglerie. || Effronté comme un page de cour, ou, simplement, comme un page, hardi jusqu'à l'impudence. Plus elTronté qu'un page, en vain on le retient, th. cobn. Baron d'Albikrac, i, 3. || Être sorti de page, èlre hors de page, avoir accompli le temps de son service dans les pagei. Outre cela, pour récompense, on me fit portier en sortant de page, dancourt, a* chap. du Diable boit. Prol. se. *. Elle le fit de moitié plus jeune, d'une beauté délicate, et non plus un Mars, mats un Adonis qui ne ferait que sortir de page, LA FONT. Psyché, i,p.76. {| Substantivement. Le hors de page, récompense qu'on donnait chez le roi aux pages sortant de service. || Fig. Être hors de page, être hors de toute dépendance. Cette manière de gens qui ne sortent jamais de hors de pagejqui en philosopliie sont toujours écoliers], icalh. Epit. dv Sénéque, xxxiii. Je vous ferai bien voir que je suis hors lie page, th. cO»n. D. Bertr. de Cigarral, v, ( 4 . Il Meure hors de page, affranchir de la dépemiance. il faut se relever de ce honteux partage, Et mettre hautement notre esprit hors de page, hol. Femm . lav. m, a. || S* Pages de la musique, enfants qui étaient élovés pour chanter devant le roi. {{ 8° Page de la vénerie, jeune homme destiné à devenir oflicier de la vénerie. || 4° Pages ou garçons de navire, ancienne dénomination des mousses. || 5° Nom de quelques papillons. || 8« Terme de modes. Petite pince au moyen de laquelle on relève le bas de la robe sans être obligé de la tenir.

— HIST XIII* » Mieux vaut uns gaians [un géant] C'uns pages, Kt deus dismes c'uns terrages, uribviLBR, dans Bibl. des c/i. *• série, t. v, p. su. Là fu mestre Jcbans li pages, Kt Poilasne cil de Gamacbe Ice sont des professeurs de logique]. Bal des sept •ri», p. as. oui parieront plus bel c'uns pages, C'uns trot* à pié, na c'uns corlieui [courieri, ifiraties d« ta sainte r>erge , dan» do canok , eorenus. Il XIV s. |IU| Hetent à mort es herbergage» Chevalier», awuiers et page», ouiaut, dans dl CANOU, payiiM. Kt «D c«la heure commença un es-

PAG

tris [querelle] Des valets et des pages qui gardnient les roncis, id «b. Son bacinel faisoit à son page porter, ID. ib. Vinrent à l'hostel de feu Robert deux larrons ou piilars et un page suivant Ips routes non communes ; les deux larrons et leur page furent tués en dormant, id. ib. Aux aideeurs, souffleurs, hasteiirs, pages, enfans et les autres appartcnans à nostre cuisine, id. ib. Page de la palefrenerie, tu Ifc. Ne ne li faut [à mon cheval] vallet ne page; Car il est housez d'avantage, machaut, p. 80. |lxv* s. Les pages, de froid et de mal-aise, ne pouvoient porter les lances, mais les laissoient cheoir, froiss. ii, ii, 17 II esloiljà assez grantpour estre hors du paige. Petit Jehan de Saintré, p. i3i, dans lacurne. Avec ses paiges, qui nobles hommes estoient, j. lepevre DE ST-REMY, Htst. de CharUs Vf, p. 89, dans n- CURNE. Pour combatre n'y avoit point plus de neuf mille hommes, dont je conte deux mille pour la séquelle et serviteurs des gens do bien de I osl ; je ne conte point pages ne valets de sommiers ne telles gens, COMM. J/c'm. p. 66S, dans lacorne. Les Anglois eurent peur de.sdits Lombards du costé senestre qui vinrent derrière eux , et s'enfuirent les pages lies Anglois et autres qui estoient derrière leur bataille, besry, Chron. de H02 à H8l,p. 37a, dans pouGENs. Après les cent gentilshommes venoient les pages d'honneur montez sur grands chevaux, et les laquais à pied veslus de draps d'or et de velours allans autour de la personne du roy, ANDRÉ DE LA VIGNE. Voy. de Saples de Charles Vlll, p. n 8, dans lacurne. || xvi* s. Si eusl-il discerné un page entre cent autres; car il le sentoit à son pageois (façon de page], incontinent qu'il entroit en la salle, despér. Contes, xc. J'ay oui dire à une dame notable, que le roy François le louoit [Louis XIJ extrêmement fort; qu'il estoit un peu trop cruel et saiisiuinaire, et que c'estoit luy qui avoit mis les roys de France hors de page; car devant luy, disoit-il, les rois n'estoient que des demy rois, et n'avoient encore gngné l'autorité et la prééminence sur leur royaume, brant. Cap. fratiç. t. i, p. 60, dans lacorne.

— ÉTYM. Wallon, pag; ital. paqgio. Mot d'origine douteuse; Diez le tire de miSiov, disant que le mot a pu venir en Italie par les Grecs ou par les croisades.-Jl faut remarquer que, primitivement, pajen'anuUementlesensde jeune enfant de ilistinotion; il signifie un domestique de bas étage, valet de cuisine, domestique d'armée. Cela parait se rapporter davantage au provençal pag«, vilain, pajuc*, petit vilain ; du latin pagensis, qui vient de pagus, lieu de campagne; page représenterait pogi'us. Ceci est confirmé par un important passage de Fauchet cité dans du Cange, pagiu* ; « Le mol de page, jusqiies au temps des rois Charles VI et VII, sembloit être seulement donné à de viles personnes, comme à garçons de pied ; car encore aujourd'hui les tuilliers appellent pages ces petits valets qui sur des palettes portent sécher les tuiles vertes. »

t PAGEAO (pa-j6) ou PAJEL (pa-j6l), s. m.

Voy. PAOELl.E.

t PAGELLG (pa-jè-l'), s. m. || 1" Sorte de poisson. Le pagelle érylhrin, appelé bouccanètre aux Antilles, et qui porte, sur nos côtes de la Méditerranée , les noms de pagour, pagel, pageau, pagau. C'est le spare pagelle ou spare érythria de certains auteurs. j| 2° Le pagelle mormyre, connu sous le nom de mabrc, aux Iles Baléares. On l'y appelle aussi morme, ainsi que sur nos côtes de la Mcditenan'ée, legoarant.

PAGINATION (pa-ji-na-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Série des numéros des pages d'un livre. La pagination ne se suit pas; il y a une faute.

— ÉTYM. Paginer.

PAGINÉ, ÉÉ (pa-ji-né , née), part, passé de paginer. Un registre piginé.

PAGINER (pa-ji-né), v. a. Numéroter les pages d'un livre, d'un registre, etc.

— ÊTYM. Lat. paijina (voy. paob t).

PAGNE (pa-gn'), s. m. || 1" Morceau de toile de coton, ou d autre étoffe, dont tous les nègres d'Afrique qui ne vont pas tout à fait nus, s'enveloppent le corps, depuis la ceinture jusqu'aux genoux, et quelquefois jusqu'au milieu des jambes. Une ceinture placée au-dessus des reins et que nous appelons pagne tient lieu de lout vêtement aux deux sèves, RAYNAL, llist. phil. xi, t6. Il a- Chaque pièce d'un tissu d'écorce d'arbres ou d'autres filaments végétaux qui se fait à Madagascar ou ailleurs, et dont DOS dames confertionnent, soit des robes, soit des chapeaux. Le pagne de votre chapeau est plus beau que le mien. Dans ce nombre étaient deux vieillards ayant une longue barbe blanche, vêtus

d'une étoffe d'écorce d'arbres, asseE semblable sut pagnes de Madagascar, la pérousb, Voy. t. m, p. »a, dans poucENs.

— REM. 1. L'Académie fait ce mot masculin, et, d'après l'étymologie, il doit l'être. Mais les auteurs \e font souvent féminin. Dieu faisant une pagne à Eve, VOLT. Philos. Exam. import. deBolingbroke,\i. Il vit infâme celui qui fuit, les femmes lui présentent la pagne qui voile la pudeur, chateaub. Natch. liv. IX. Il 2. Legoarant a adopté de faire pagne au masculin quand c'est un morceau d'étoffe de coton, et féminin quand c'est un tissu d'écorce.

— ÊTYM. Esp. po«o, étoffe, vêtement, ital. panno, du lat. pannus, pièce d'étoffe (voy. pan).

PAGNON (pa-gnon), s. m. Nom qu'on donne, pai excellence, à une sorte de drap noir très-fin, de la manufacture de Sedan, dont l'auteur se nommait Pagnon. || Adj. Du drap pagnon.

PAGNOTE (pa-giio-f), adj. Qui est sans courage, sans énergie (il est des deux genres). Archers, disparaissez, fuyez, troupes pagnotes, leghand, le Mauvais mén. se. SI. || Substantivement. Darès, voyant telles menottes [les cestesj, Se mit du nombre des pjgnotes, SCAHR. Virg. m. Tant le bourgeois étonné, De crainte d'être échiné, Et de mourir en pagnote. Saute du lit dans la crotte, Lucain travesti, 1. 1| Mont pagnote, tout lieu élevé d'où l'on peut, sans péril, regarder un combat. J'ai oublié de vous dire que, pendant que j'étais sur le mont pagnote à regarder l'attaque, le R. P. de la Chaise était dans la tranchée et même fort près do l'attaque, pour la voir plus distinctement, bac. Lett. à Boileau, 18.

— lltST XVI' s. Eu 1642, dans le Piémont, le» Espagnols appeloient les soldats franco ispagnottes. Le vrai but où doivent tendre tous les gens de guerre, p. 1 3, dans lacurne.

— ETYM. Ital. pagnotta, sorte de pain, de pane, pain : < Les Italiens, dit Ménage, appellent gentiiuomini di pagnotta ces gentilshommes que les seigneurs louent pour leur escorte aux jours de cérémonie, à cause qu'on leur donnait des pains ce jour-là. > Le nom de la pagnotta passa à ces hommes d'escorte, qui, tenus en peu d'estime, déterminèrent le sens péjoratif du mot. Pagnotta, à cause du pain, signifiait, dés le xiv' siècle, une maison de pauvres. Genevois, pagnot, nigaud, dadais.

PAGNOTERIE (pa-gno-te-rie), s. f. || 1* Absence de courage, d'énergie. || 2° Bévue, balourdise. Le Suisse, qui imprime pour le libraire genevois, s'est avisé dans Alzire, de mettre, v, 7 : Le bonheur m'aveugla, l'amour m'a détrompé; au lieu de : Le bonheur m'aveugla, la mort m'a détrompé; cette pagiioteriefait rire, volt. Lett. Panckoxtcke, BjuiU. 4708.

— ETYM. Pagnote.

PAGODE (pa-go-d'), î. f. \\f Sorte de pavillon consacré au culte des idoles chez certains peuples d'Asie ; la statue du dieu occupe le milieu du temple , ordinairement surmontée d'une construction en pyramide et chargée de dessins bizarres. Une pagode chinoise. Les anciennes pagodes étonnent, il est vrai, par leur solidité et leur étendue; mais la structure et les ornements en sont du plus mauvais goût, RAYNAL, Bist. phiL. i, 8. Le onzième jour au soleil levant, il aperçut la fameuse pagode de Jagrenat, bâtie sur le bord de la mer, qu'elle semblait dominer avec ses grands murs rouges et ses galeries, ses dômes et ses tourelles de marbre blanc, Bernard. DE st-pierre, Chaum. ind. || 2* Idole adorée dans les pagodes. Au fond d'un beau carrosse assis, Je serai comme une pagode, legband, les Paniers, vaudev.\\i' Par extension, petite figure grotesque à tête mobile, qui pendant un temps a été fort à la mode pour les cabinets et salons. Oh I si des femmes incommodes Des tours de tête délivraient. Que de maris, comme pagodes. Incessamment la tourneraient! SÉNËCÉ, dans richelet. || Ce n'est qu'une pagode, se dit d'une personne qui fait beaucoup de gestes insignifiants. Il 4° Monnaie d'or indienne, qui vaut » fr. 46 c. || 8* Terme de modes. Une manche pagode, sorte de manche large. || 6" Espèce de sabot (coquilles).

— REM. Hichelet et les relations des jésuites le font masculin; mais la Loubèie et plusieurs antres voyageurs disent une pagode; ce genre a prévalu.

— lîTYM. Persan, de bu«, idole, et A«d«h, temple. But vient sans doute de Buddha.

f PAGOUITK (pa-go-di-f), ». f. Autrement dite pierre à magots (voy. pierre de lard).

t PAGRE (pa-gr'), ». 1». || 1 Genre de poissons acantlioplérygiens, dans lequel on distingue le pagre vulgaire, ilit absolument le pagre, spire pagre de certains autours. Il éuit jadis confondu avec le

PAI

pagelle acarne , appelé acarne , sur les côtes de- la Méditerranée. 118° Genre de polypiers, où l'on disdingue le pagre élégant, qui se trouve en Normandie, LEGOARANT.

— ÉTYM. Lat. pagras; grec, çirpoc-

t PAGURE (pa-gu-r'), s. m. Genre de crustacés décapodes à longue queue.

— ETYM. Lat. pagurus, du grec icàfoupoç, de na-y, fadical de irr.yvjiii, ajuster, enfoncer, et oùpà, queue, ainsi dit parce que, étant à queue molle, il loge cette queue dsuisdes coquilles vides.

t PAHOCIN (pa-ou-in) , s. m. Nom donné aux chasseurs d'éléphants, qui les tuent par le moyen de petites flèches de bambou empoisonnées avec le suc de la graine de l'inée

PAIEMENT (pè-man), t. m. Voy. payement.

PAÏEN, ENNE (pa-iin, iè-n'; au xvf siècle, on prononçait pa-ien, Palsgrave, p. H; au xvii', pèien. suivant Marg. Buffet, Observ. p. 169), adj. ||l°yui est du nombre dessectateui-s du polythéisme antique. Les philosophes païens. Comme 11 était au milieu d'Athènes la païenne, mass. Carême, Templ. Tout était adoré dans le siècle païen, i.. bac. Relig. ch. VI. Il II se dit aussi de tous les peuples idolâtres. Les habitants de l'Inde, à part les musulmans, sont païens. I) S'est dit des mahomélans, par opposition à chrétien, et même des hérétiques, par opposition à catholique. Il Les proteslanls l'ont aussi quelquefois appliqué à leurs adversaires catholiques, à cause du culte des sainls. || i° Oui est relatif au paganisme. L'antiquité païenne. La religion païenne est sans fondement, pasc. Péris, xix, 7, éd. havet. || 3» Fig. Qui a le caractère païen, en parlant soit des personnes, soit des choses. La première raison de ceux qui, sous le nom de christianisme, mènent une vie païenne et séculière, c'est qu'il est d'une trop haute (jerfection de vivre selon l'Évangile, Boss. l" serm. Vint, de ta Passion, t. Depuis le péché, l'esprit de l'homme est tout païen, malebr. Rech. vér. vi, ii, 3. Ce n'est pas que j'approuve en un sujet chrétien Un auteur follement idolâtre et païen , boil. Art p. 111. Le roi se serait fat adorer; témoin sa siatue de la place des Victoires et sa païenne dédicace, •il il prit un plaisir si exquis, st-sim. 4u6, 84. Il 4° S. m. et f. Celui, celle qui adore plusieurs dieux. Un païen qui sentait quelque peu le fagot Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot, Par bénéfice d'inventaire, Alla consulter Apollon, la fo.nt. l'abl. IV, I». Qu'Apollon s'exprime en païen, Trouvet-on cela fort étrange? id. Lettres, xxiv. La conversion des païens n'était réservée qu'à la grâce du Messie; les Juifs ont été si longtemps à les combattre sans succès, PASC. Pent. xvii, », édit. HAVtT. Tous les païens disaient du mal d'Israël, tu. ib. xxiv, 49. L'abandon de Dieu paraît dans les païens ; la prolection de Dieu paraît dans les Juifs, ID. ib. xx, 6 1)13. Deux sortes d'hommes en chaque religion : parmi les païens, les adorateurs des bêtes, et les autres, adorateurs d'un seul Dieu dans la religion naturelle, in. ib. XV, to bis. Vous trouverez que les prêtres des païens eux-mêmes regardaient les richesses de leurs temples comme des dépôts sacrés, et les ressources des cala'mités publiques, hass. Confcr. Vs. des revenus ecclés. || Dans le moyen âge, les chrétiens donnaient le nom de païens aux musulmans, malgré leur sévère monothéisme. Ce terme de païens avait rendu odieux Frédéric II, qui avait employé les Arabes dans ses armées , voi.T. Mœurs, • I. Il 6" Fig. Celui, celle dont la religion a quelque chose du paganisme. Suivre sa volonté propre, c'est roarclier dans sa voie et vivre en païen ; et suivre la volonté de Dieu, c'est marcher dans la voie de Dieu el vivre en chrétien, Nicole, Ess. mor. a* traité, ch. ^. 11 me dit que j'étais folle de ne point songera me convertir; que j'étaisuite jolie païenne; que je faisais de vous une idole dans mon cœur, sp.v. 48. Nous jugeons en païens, nous agissons de même, yt.it. t. xviii, p. î». || 6" Par extension, un impie. C'est un vrai païen. {] Jurer comme un païen, proférer d'horribles jurements.

— illsT. X* s. Cbl [qui] rex eret à cels dis [à ces jours] sovrc pagiens, Eulalie. Li rex pagiens, ib.

: XI* t. N'i ad paienqui un sul mot responde, Ch. de llol. 11. Il veit venir celc gent paienur, ib. Lxxviii.

lij Torni la teste vers la paiene gont, ib. clxxi. il iil* s. Sulunc [selon] le usage paenur, cruïd [il crut] en sorcencset en enchantemenz, /loù, p. 4'2U. Uien trente mille livres [ils] ont de l'arceveschié, Estre [outre] tut ce qu il ont eu et purchacië Des rentes i tuz cels qui erent dechacié; Car mult furent païens li humnic de cel sic [de cet endroit], Th. le mari. i30. Ke Hastainz II paian outdestruile tt wastée, flou, v. Ubu Tant a paiuut alrtit entre

PAI

li altres gens, ib. v. 4977. H xv s. Et il avoit quis et queroit amour et alliance à un roi mescreant, et lui envoyoit dons et présents de fines toiles de Reims, qui sont moult plaisans aux païens et sarrasins, FRoiss. m, IV , 50. Il XVI' s. Le zèle [de notre religion] en arma plusieurs contre toute sorte de livres payens, de quoy les gents de lettres souffrent une merveilleuse perte, mont, m, 80.

— ETYM. Provenç. pogon, paguan, paian; esp. pagano; portug. poffdo; ital. pagano; du latin poganus, paysan, de pagtis, lieu de campagne, à cause que le paganisme persista plus lungleuips parmi les gens de la campagne; l'ancien culte est appelé religio paganorum dans une loi de Valentinien I'\ qui est de l'an son (Cod. The'od. xvi, ii, i8);etOrose, dans sa préface, explique ce mot par ces paroles ; qui ex locorutn agrestium compitis el pagit pagani roeanlur. Paienur, paienor esi le génitif pluriel conservé en ce mot et un Irès-petii nombre d'autres dans la langue d'oïl : gent paienor, gens pagauorum.

t PAÏENNIE (pa-iè-niej, s. f. Se disait, dans le moyen âge, pour terre, pays des païens, et, en particulier des musulmans; ce mot pourrait être repris.

— HIST. xii' s. Je vousdonrai un pan de paienie, Ronc. p. 128. Il xm* s. Baudas ^Bagdad] est chiés [chef-lieu, capitale] de payennie, aussi corne Ron:e est chiés de toute chresiienté, pu camoe, pagant'smus.

— ETYM. Paien.

t PAILLAGË (pa-Ua-j', U mouillées), s. m. Action de pailler.

— ETYM. 'Patiier 2.

t PAILLANTINE (pa-llan-ti-n', U mouillées), i. f. Rpiderme brillant du dos delà plume qui s'emploie dans les fleurs artificielles.

PAILLARD, AUOK (pa-Uar, llar-d', 1/ mouillées, et non pa-yar), s. m. et f. || 1° Proprement, celui, celle qui couche sur la paille, homme, femme misérable. Deux foi'ls paillards ont chacun un bâton Qu'ils font tomber par poids et par mesure, En observant la cadence et le ton, la kont. Paysan. Remarquez, s'il vous plaît, mon cher lecteur, la malice du paillard qui outrage si clandestinement la mémoire de mon oncle, volt. Déf. de mon oncle, xi. Il i° Personne de vie dissolue (en ce sens, c'est un terme libre). En la loi il ne recevait point pour offrande ni le prix du chien, ni le salaire de la paillarde, BALZ. le Prince, ch. x. Sous sa houpelande Logeait le cœur d'un dangereux paillard, la font. Herm. Notre ami Guignard, Fesse-Mathieu, dévot et grand paillard, volt. Ilypocr. || Adj. Adonné à la luxure. Il [Énée, demandant à passer le Styx] n'est ivrogne, ni paillard. Et Plulon n'est point au hasard De voir par lui faire insolence, scahr. Virg. n.

— HIST. xiu* s. Houlier et ribaut et paiUart, Qui touz jours la guerre commencent, Kn Normandie se relancent, guiaht, hranche des royaux lignages, ann. tiot. Et cilz, qui avoit son atour En habit do paillart cliangié, A devant la porte gaitié,ie Roman du Cliaslelain de Couci, v. 3978. || XT* s. Tuez, tuez tous ces paillars machefains, ces larrons desroubeurs de Dieu et du monde, G. chast. Chr. des ducs de Bourg, ui, lo. L'an mil trois cens un avec quatre vins. Le premier jour du douteus mois de mars. Leva grant vant de paillars et coquins, Qui à Paris coiiru de toutes pars.... Fuyez, fuyez pour les maillez de plomb, e. desch. Poésies tnss. f" 1 28. En noslre ost y eust grande séquelle de paillards et paillardes » pié, qui faisoient le dommage des morls, coMM. viii, «.Et que ledit frère Hieronime (Savonarole] n'estoil qu'un hérétique et un paillard [mauvais homme), lo. viii, i«. l|xvi' s. Tout ainsi que, si une femme impudique, pour navrer davantage le cœur de son mari, devant ses yeux faisoit chère à son paillard, calv. /»i*(i(. 284. Us ne .se mcsient point avec les paillardes, ID. «6. ï76. Galsonde, sœur aisnée de Brunehaud, deuxième femme de Cbilporic, est esirangléedans son lit i l'instigation de Fredegonde, lors sa paillarde et depuis sa femme et espouse, pasq: ieb. Recherches, v, p. 4(0, dans la- CURME. Le régime qui arreste le beuveur avant l'yvresse.... le paillard avant la pelade.... mont, i, 477. Le» paillards Turcs m'avoienl mis en broche tout lardé, bab. il, M.

— ETYM. Paille. Le sens propre est : qui couche sur la paille, qui n'a que de la paille; d'où le hkus donné par du Cangc : palhardus, homo nihilt el in/tmx condilionis. De là aussi, le sens particulier ijue ce mot a aujourd'hui.

PAILLAHDKH (pa-llar-dé, Il luoiiilléen, et non pa-yar de), v. n. Faire acte de paillard. Il Usa conjugue avec l'auiiliairr uioir.

— HIST. xv< s. Depaillarder tout elle me destruil Eu te bourdel où tenon» lOhlrt citât tillon Bail.

PAI

,; XVI* S. Tu ne meurtriras pas, tu ne paillarderas point, CALV. Instit. 275.

— ÊTYM. Paillard.

PAILLAItDISK (pa-llardi-z'. Il mouillées, et non pa-yar-di-z'), s. f. Goût, habitude de l'impudicilé. Etre adonné à la paillardise. || Acte de paillard.

— HIST. XV* s. Quant guerre et tournoi ne sont mie, Nejoustes, qu'il nes'entroublieApaillanlise.... eust. descb. Poésies mss. f' fc03. || xvi* s. Convoitise est larracin, quant à l'ame; amour desorlonné est paillardise, calv. Instit. ilb.

— Etv.M. Paillard. On trouve paillart>*rie dans Eust. Deschamps avec le sens de lit de paille, e' palhardaria dans le provençal avec le sens de pillerie.

t. PAILLASSE (pa-Ua-s', U mouillées, et non pa-ya-s'), i. /■. || 1° Amas de paille enfermée dan* une toile, dont on garnit les lits. Ses réflexions sur cetle mort [de l'amiral Bing] sont biui justes el bien belles; je crois, comme vous, qu'il est fort égal de mourir sur un échafaud ou sur une paillasse, pourvu que ce soit à qualre-vingt-('ix ans, volt. Leil. Sckomberg, si oct. <76». || Mettre sur la paillasse, mettre un moribond sur la paillasse tirée du lit; ce qui était autrefois une habitude en signe d'humilité. Il fut mis sur 'la paillasse avec toute la contenance d'un mort, s£v. 466. || Serviteur i la paillasse, s'est dit autrefois pour signifier qu'on quittait le service militaire où il fallait coucher sur la paillasse. Il Être de paillasse, s'est dit pour être de garde. En entrant [au Louvre], je trouvai un des gardes du corps du roi, nommé la Barre, qui était maréchal de logis des Suisses, qui était de paillasse cette nuit-là.... bassomp. tfcm. t. ii, p. 94, dans LACURNE. Il 1* La toile elle-même qui contient cette paille. Cette paillasse est trop petite. i{ Fig. et populairement. Crever la paillasse à quelqu'un, le lucr d'un coup d'arme tranchante dans le ventre.

3°'l'out massif établi sur un planclier pour recevoir les eaux qu'on pourrait répandre. || Massif sur lequel les distillateurs élèvent leurs fourneaux. || Dans une cuisine, construction peu élevée qui sert à recevoir du charbon allumé pour faire grille^ les viandes et chauffer les chaudières ; le dessus d'un fourneau.

— HIST. xvi* s. Quand il entr'oyoit quelque bruit Des rats qui rongeoient ma paillasse.... nii bkllay, VII, 4, verso. L'aultre qu'on avoit couché, sur le point de rendre sa vie, le long du foyer sur une paillasse, mont, i, 29a.

— ETYM. Pailtft; prov. palhassa, chaume, litière; port, palhaça ; ital. pagiictccia.

2. PAILLASSE (pa-lla-s' , U mouilléfs, et non pa-ya-s'), *. m. {] 1" Bateleur qui contrefait gauchement les tours de force qu'il voit faire. Elle [Mme Favart, à l'agonie, ayant auprès d'elle un voisin dans un accoutrement grotesque] se mit ii sourire et dit qu'elle avait cru voir le pailla.ssR de la oiorl, GBIUM, Corresp. 2* part. t. il, p. 23u. Pierrots el paillasses Charment sur les places Le peuple ébahi, béranc. Cocagne. |{ Fig. et familièrement. Ce n'est qu'un paillasse, c'est un homme sans consistance. Il Fig. A ton tour, paillasse, se dit quand on voit un homme prêt à Hiire quelque jonglerie, quoique bassesse à la suite des autres, surtout dans la carrière politique. || 1* Fig. H se dit des hommes politiques qui donnent la comédie par leurs changements d'opinions. Saute pa« à demi. Paillasse, mon ami, .Saule pour tout le monde, btRxné. Paillasse.

— ETYM. Paillasse < ; ces bateleurs étant ordinairement habillés d'une toile à paillasse ou â matelas.

PAILLASSON (pa-lla-sou, U mouillées, et non pa-ya-son), s. m. ||1' Naito de paille ou de roseau sur laquelle on s'essuie les pieds. || On met aussi des paillassons dans les pièces non parquetées, pour tenir les pieds chauds. || S' Paille longue étendue attachée par plusieurs rangs de ficelle el maintenue sur des perches pour garantir de la gelée les espaliers et les couches. Les paillassons sont pleins ou k claire-voie. On voit, sur ses bords, des oliriers qui prospèrent tans que rien les prés<>rvo des rigueurs de l'hiver, des orangers et des citronniers en espafiers, qui en hiver ne sont garantis que par des paillassons, SADS8. Voy. Alpes, I. v, p. 3;i», dans i>ou- GENS. Il 8° Sorte de paillasse plate et pi<|uéu entra deux coutils qu'on met au-devant des fenêtres pour garantir la chambre du solnil, du bruit, particulièrement eu Italie et en lùpagiio.

— ETYM. Paillasse t.

PAILLE (pâli', 11 mouillées, et non pt-ye), (. f. Il !• Tiges de,ssLchée» de» graminées céréale». Une vieille lanterne, un tabouret do paille, râonjer, Sal. XI. Nous no sommes que l'ablié et moi dans ce joli cabinet, sur lie bous coussins, bien à l'air, bien a notre aise, tout le reste comme de* coulions sur la pailla,

PM

lév. t*i. Mais je n'y perdais rien; enfin, vaille que vaille, J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille, RAC. Plaid, i, (. Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère Que lèvent chasse ilevant lui, II). Esth. I, 6. Le grand Coudé lui-même couche sur la paille, volt. Louis XIV, 4. Là, la paille docile. Prend mille aspects nouveaux sous une main agile, DELiL. Imao- VI. La paille et surtout celle du froment est un fort bon aliment [fourrage], lorsqu'elle est blanche, menue, fourrageuse, c'est-i-dire associée à de certaines plantes, genlis, Uaitonrusl. t. i, p. f»», dans poDGKNS. On peut bien manger sans mppe ; Sur la paille on peut dormir, bérans. Gueux. || Kig. Armes du reste de la terre. Contre ces deux peuples unis Ou'êtes-vous que paille et que verre? MAIJI. VI, 2. Si l'on croyait la canaille, La charte .serait de feu Et le monarque de paille, bérang. lUv. vires. Il Un cent, un millier île paille, un cent, un millier de bottes de paille. || Aller à la paille, se dit des soldats qui vont faire leur provision de paille. Il Kig. Envoyer les soldats à la paille, leur donner un moment de repos pendant l'exercice. || Ils sont aises comme rats en paille, ils sont là comme rats en paille, se dit de gens qui font grande chère chez autrui, de domestiques qui dissipent le bien du maKre. {| Il est à la paille jusqu'au ventre, se dit d'un homme fort à son aise. j{ Tout y va, la paille et le blé, se dit d'un prodigue qui dépense tout. || Cet homme a bien mis de la paille en ses souliers, c'esta-ilire il est devenu riche en peu de temps. {| Feu de paille, voy. feo, n"?. || 2" Fig. DansJ'Évaiigile. paille, signifle les réprouvés. Les tempêtes dont l'Eglise a été battue, ont emporté la paille et fait paraître le froment, mcole, dans hicuelet. || 3° Fig. Il se dit pour misère. De mon berceau près de bénir la paille, En me créant Dieu m'a dit: ne sois rien, iiër\ng. A mes amis devenus ministre.?. || 11 couche sur la paille, se dit de quelqu'un très-misérable. Ils veulent me réduire à coucher sur la paille, guerarsi, Thédt. ital. t. il, p. 367. Il Mettre à la paille, sur la paille, ruiner. Trois douzaines de Cupidons Qu'une actrice a mis sur la paille, bérang. Pauv. am. \\ 11 mourra sur la paille, se dit d'un homme qui s« ruine. Il 4' Une paille, un très-pelit brin de paille. Quand la balance est parfaitement égale, une paille suffit pour la faire pencher, j. j. bouss. Écon. polit. || Fig. Dans le langage de l'Evangile, voir une paille dans l'oeil de son prochain, et ne pas voir une poutre dans le sien, remarquer les moindres défauts chez les autres et ne pas voir les siens propres. Hypocrite, 6tez premièrement la poutre de votre œil, et alors vous verrez comment vous pourrez tirer ia paille de l'oeil de votre frère, saci, Bible, Évang. St Uath. VII, &. Il Fig. Rompre la paille, rompre un marché, un accord. || Rompre la paille signifie aussi se brouiller. Pour couper tout chemin à nous rapatrier. Il faut rompre la paille ; une paille rompue Rend, entre gens d'honneur, une alfaire conclue, uoL. le Dép. IV, 4. Si vous m'aimez, laissez-moi faire; ou, sans ça, la paille est rompue, dancuuht, Jfori retrouvé . se. lu. || Fig. Cela lèye, enlève, emporte la paille , se dit d'une chose excellente, singulière, décisive, par allusion à l'ambre qui a la vertu d'attirer la paille. II y avait dimanche un bai qui fut joli; nous y vîmes une Uasse-Brette, qu'on nous avait assuré qui levait la paille, sÉv. 77. Racine a fait une comédie qui s'appelle Bajazet, et qui enlève la paille, vraiment elle ne va pas en empirando comme les autres, id. <3 janv. 1673. || Tirer à la courte paille, tirer au sort avec des brins de paille de longueur inégala. Maint d'entre vous souvent juge au hasard, Sans que pour ce tire à la courte paille, LA FONT. Juge, \\ieler la paille au vent, se dit lorsque incertain de sa route, on jette une paille au vent pour voir d'où U vent souffle. || B» De paille, »e dit des personnes et des choses sans valeur. J'écrivais en chiffres au duo d'Orléans, mais par •€« courriers quand Ils s'en retournaient, et. par-ci, par-li, quelques lettres de paille, ST-sm. 202, 4»3. Si les Uuèbres sont bien joués, ils feront un beau fraca<; il y a des attitudes pour tout le monde; à genoux, mes enfants, doit faire un grand effet, et la déclaration de César n'est pas île paille, volt. Lett. d'Argenial, ib sept. «7«8.|| Homme de paille, homme de néant. 11 y a bien deux ans et plus Que eeruins ver» de moi vous prîtes. Pour lesquels quelques carolus, Grand monarque, vous me promîtes.... Oui pouvez du plus misérable Faire un archiprotonoUble, Et du plus vjl frotte-patin Un noble i jupe de salin Un milord d'un homme de paille, UAssoucT, Poities et lettres, etc. p. <2« dans m. irctiEi., Argol. Monsieur, dit-Il..., «fin que *0u» M |j«usiez point >jue je sois un homme da paille,

PAl

sachez que j'ai fait acquisition, en ma patrie, d'une maison qui vaut dix mille écus, Francion, iv, p. i62. Il n'e.st possible d'imaginer rien qui ne fût là (chez M. de BoufflersJ sous la main, et pour le dernier survenant de paille comme pour l'homme le plus principal, st-sim. 60, 3. || Homme de paille, se dit aussi de celui qui ne fait que prêter son nom dans une affaire. C'est Bardolierqui achèterait réellemont; il y aurait une contre-lettre; l'ami ne serait qu'un prêle-nom, un homme de paille, picard, Fieille tante, II, ». || Croix de paille, se dit pour exprimer une chose qu'on ne fera pas, à laquelle on ne croit pas (locution qui vient de ce qu'avec une paille on ne peut tracer la croix, signe d'affirmalioii). Si je me fie à lui, croix de paille. || 6° Nom donné aux enveloppes florales des graminées séparées du grain. Paille d'avoine. || 7" Défaut de liaison dans la fusion des métaux. Cette lame est fine, mais il y a quelques pailles. Il Défaut de liaison dans la fusion du verre. Il Se dit des inégalités, des crevasses ou diversités de couleur qu'on trouve dans les pierres de mine. Il Terme de lapidaire. Pailles, les obscurités qui se trouvent quelquefois dans les pierres précieuses et qui en diminuent beaucoup le prix. 11 ne faut pas s'étonner si, parmi un grand nombre de diamants, il s'en rencontre qui ontdes pailles, GODEAU, Disc, sur (Euv. de Malh. jjSe dit aussi des écailles qui tombent du fer quand on le forge à cliaud. || 8° Terme de marine. Paille de bitte, longue cheville de fer qu'on introduit dans la tète d'une bitte pour retenir le câble quand il a été tourné autour 'de la bitte. Il Pailles d'arrimage, bûches droites, courtes, rondes et sans écorce. 119° Paille-en-queue, ou paille-encul, oiseau de mer dont la queue a deux longues plumes étroites (au pi. des paille-eu-queue, ou paille-en-cul). Son caractère le plus frappant est un double long brin qui ne paraît que comme une paille implantée à sa (|ueue; ce qui lui a fait donner le nom de paille-en-queue, bcfp. Ois. t. xvi, p )08. il En termes de marine, paille-en-cul, nom donné quelquefcris à la voile d'artimon de certains petits navires et des canots et chaloupes, en général. || 10' Couleurde paille, et, adjectivement, couleur paille, couleur qui ressemble à celle de la paille. On dit que la couleur de paille ne réussissait pas, et que Mme de Langeron, qui est l'âme de toute la parure de l'hôtel de Condé, en a été malade ; en eft'et voilà de ces sortes de choses dont on ne doit point se consoler, SÉV. 39». L'acier ayant été trempé très-dur, veuton le ramener au degré de dureté des rasoirs, des canifs, etc. on le chauffe sur des charbons incandescents, jusquà ce qu'il prenne une couleur paille, iHENARD, Traité de chim. 1. 1, p. 3»i, dans pougens. Il Vins de paille, vins fabriqués avec des raisins desséchés. Il Paille, adjectif, est invariable. De la soie paille. Des rubans paille, ainsi dits à cause de leur couleur. Il S. m. Le paille de cette étoffe est bien beau. — HIST. XII* s. U s'enfuiront, sor qui que la perte aille ; N'auront de gent valissant une paille, Raoul de C. 43. ||xni* s. Qui li vendi paille por grain, Et changa por le froment l'orge, Fabliaua mss. p. I44, dans LACURNB. Largesse semble à feu de paille ; Quant il est ars Ibrûlé], jà rien ne vaut, Romancero, le COMTB DE BHET. p. 161. Mes de religion, sans faille, G'en pren le grain et laiz la paille, fa Rose, H 266. Et liz de paille n'est pas liz, Et en mon lit. n'a fors la paille, BUTEB. 3. Il XV' s. Aussi-tost que labeste est saoule, On y pert la paille et le grain, coquill. Platdoy. de la simple. X longue voye paille pose, leboux DE lincy, Prov. t. I, p. 81. Il XVI" s. Elle, qui ne lui devoit rien, lui voulut soudain mettre la paille au dovantet l'arrester, en l'assurant qu'elle n'aimoit ei n'aimeroit jamais autre que son mari, haro. A'ouv. XIV. Et en racontoit des tours qui levoient la paille, d'aub. Vie, xxxviil. Prevoiant que cette mort l'eust descrié parmi tous les siens, il aima mieux ne rompre point la paille, et ainsi se sépara en propos de l'enlreveue, id. Ilisl. ii, 343. Kermoz-vous, sire, & voir les fruicts le leur confusion, l'élection d'un roi de paille.... id. ib. m, 2»8. Nostre langue n'est moins capable que la latine des traits poétiques hardi.-!; caç, quant à moy, je ne voy rien en quoy le romoiii nous fasse passer la paille devant les yeux, PAsouiFa, Recherches, vu, p. 624, dans pougens. Avec le temps et la paille l'on meure les mesles [nèfles], cotgrave.

— ÉTYM. , Prov. palha, pailha; catal. palla; espag. pojo; portug. po/Aa ; liai, paglia iiiu lat. patea. La loculion rompre la paille s'explique par un ancien usage féodal : lorsqu'un vassal voulait se soustraire ouvertement à l'obéi.ssance de son souverain, il rompait une paille en sa présence et par lA te crujiait abfous de son hommage et de son aer-

PAI

ment de fidélité {Et exfestucarerunt fidem et hominia qiiiv olim fecirant eidem consuli; il s'agit de Guillaume le Normand, comte de Flandres), hist. littér de la France, t. xi, p. (43.

t PAILLÉ, ÈE (pa-llé, liée, {( mouillées), part, passé de pailler 2. || 1° Garni de paille. Cette aire est trop paillée. || 2° 'l'erme d'histoire naturelle. Qui a la couleur de la paille. || 8° Terme de bla.son. Il se dit des fasces, paux, et autres pièces bigarrées de diverses couleurs. Iji" Qui a une paille, en parlant des métaux. Acier paillé.

t PAILLÉE (pa-llée, U mouilléesi, s. f. Tas de gerbes qui couvre la surface d'une aire.

t PAILLEMENT (pâ-lle-man. Il mouillées),», m. Terme rural. Action de pailler.

PAILLE-EN-QDECE(pâ-llan-keûe, Il mouillées), s. m. Voy. PAii.LE, n' 9.

1. PAILLER (pa-Ué, U mouillées, et nonpa-yé; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des pa-llé-z étendus), s. m. || 1" La basse-cour d'une métairie, où il y a de la paille, du foin, etc. En mon pailler rien ne m'était resté, Depuis deux jours la bête a tout mangé, la FONT. Faucon. La peur de se ruiner est [pourCh. de Sévigné] un prétexte au goût breton; il ne l'a eu que depuis qu'il a contemplé Tonquedec sur son pailler de province, sév. u mars i680. ||Fig. Il est bien fort sur son pailler, c'est-à-dire dans le lieu qu'il habite, près de ceux qui peuvent le soutenir. Je crois qu'il est difficile de contester sur son pailler un homme qui a tous les jours des expériences [il s'agit d'un médecin des eaux], sÉv. 27 sept. 1687. Je voudrais que les gens qui sont si fiers et si rogues sur leurs paillers [les juges de Calas, de Sirven, du chevalier Labarie j, voyageassent un peu dans l'Europe, qu'ils entendissent ce que l'on dit d'eux, qu'ils vissent au moins les lettres que les princes éclairés écrivent sur leur conduite, VOLT. Utt. Chardon, 5 avr. 1787. Chaque art a ses avantages : lorsque la peinture attaquera la poésie sur son pailler, il faudra qu'elle cède; mais elle sera sûrement la plus forte, si la poésie s'avise de l'attaquer sur le sien, dideb. Salon de 4 767, t. ix, p. 126, iD. I82i.il On dit dans le même sens ; c'est un coq sur son pailler. || 2° Léger hangar sous le- (]uel on conserve, dans le Midi, la paille entassée. Il 8° La meule même formée avec des gerbes de paille. Il 4° Àdj. Pailler, paillère, qu'on nourrit sur le pailler. Chapon pailler. Poularde paillère.

— HlST. xiii* s. Et les poucins et lesgelines, Qui erent lez un tas d'espines En un paillier où il gratoient, Ren. 4881. ||xiv' s. les malais [canards mâles] de rivière ont les pies rouges, et ceulx de paillier les ont jaunes, iténagier,u, 4. Nous connoissons que tous les houstes reseanz et demoreiiz en la terre St Nicolas à Courbeville peuvent et pourront maitre et ouster leurs pailliers et fumiers pourir en touz nos chemins, du cange, paillerium. || xv s. Lesquels compaignons sont coustumiers de prendre les fourres es gerbiers ou pailliers qu'ilz treuvent près du rivaige du Rosne, iD. ib. || xvi' s. Ceux qui ne sont accommodés de greniers à fourrage, à l'imitation des gerbiers, entassent leurs pailles en paillers, ronds, bar-longs.... o. de serres, (33.

— ËTYM. Provenç. palhier, paillier; catal. palier; portug. palheiro; ital. pagliaio ; du lat. palearium,(iepalea, paille.

1 2. PAILLEU(p;lllé, (/ mouillées), i'. a. || 1" Terme rural. Répandre de la paille courte ou de la litière

sur un terrain semé ou planté Que la terre soit

bien cultivée et paillée, qu'elle soit bien sarclée, et lo pastel bien purgé des herbes éirangèros, Instruct. génér. p. la teinture, i» mirs I67i, art. 284. Il Pailler des arbres, des figuiers, les envelopper de paille pour les prolégjr contre la gelée, ji 2" Garnir de paillBk Pailler une chaise. |{ Absolument. Cette ouvrière paille très-bien.

— f.TYM. Paille.

t PAILLERET (pa-lle-rè, U mouillées), ». m. Bruant.

.1. PAILLET (pa-llè, U mouillées, et non pa-yô). ad}, m. En partant du vin rouge, peu chargé de couleur. On ne veut pas do l'un parce qu'il est trop vert. Celui-ci trop paillet, cet autre trop couvert, regnard, u Bal, 4. || Vin p.iillet, synonyme de vin de paille. |ll] Remplit de vin à tout moment sa coupe, Boit à long.-^ traits du rouge et du paillet, VOLT. Dicl. pliil. anciens et modernes.

— KTYM. Paille, .'i cause île la couleur de ce vin, qui tire sur colle de la paille. Ménage, approuvé par Scheler, le lire de pdjc; la forme du uiot n'est pas favorable i cette élymologic.

t 2. PAILLET (pa-llè, U mouillées), ». m

PAI

Il 1° Terme rural. Tas de paille. || i° Terme de marine. Tresse ou natte, plus ou moins longue et large, faite avec des fils de caret, et servant à recouvrir certaines parties du navire ou du gréement, pour les garder des effets du frottement. {| S° Petite pièce de fer ou d'acier, que l'on place entre la platine et le verrou pour servir de ressort au verrou et le tenir en état lorsqu'il est levé.

— ËTYM. Diminutif de paiHe.

f PAILLETÉ, ÉE (pa-Ue-té, tée, Il mouillées), adj. Il 1° Couvert de paillettes. Habit pailleté, [j i° Terme de botanique. Qui a la forme de paillettes. || Terme de minéralogie. Qui affecte la forme de lamelles, de petits cristaux libres ou disséminés dans des roches. Mica pailleté.

— ÉTYM. Paillette.

t PAILLETEIIR (pa-lle-teur , Il mouillées), s. m. Celui qui recueille les paillettes d'or qui se trouvent dans quelques rivières.

PAILLETTE (pa-llë-f, (( mouillées, et non pa-yè-t'), X. /■. 111" Petit morceau d'une lame d'or, d'argent, de cuivre, ou d'acier, qu'on applique sur quelque étoffe pour l'orner. X quoi servent des souliers brodés en paillettes dans un chemin pierreux? volt. Crocheteur. Celait plaisir de voir danser la jeune fille ! Sa basquine agitait ses paillettes d'azur, v. HUGO, Orient. 33. || Fig. Tout ce qui paraît trèsbrillant et n'a aucune solidité. Celui-ci [un commissaire de la république] lançait à point nommé une proclamation où il prodiguait toutes les paillettes de son style, retbaud, Jérôme Pofuro(,lii, ■i. Il 2° Parcelle d'or qu'on trouve dans le sable de quelque rivière. Les paiUetles charriées par les eaux, ainsi que toutes les autres particules de l'or qui sont disséminées sur la terre, proviennent des mines primordiales de ce métal, buff. Min. t. iv, |). 219. Tu remues le sable d'un fleuve qui roule des paillettes d'or, et tu reviens les mains pleines de sable, et tu laisses les paillettes, moEnox, Pensi'cs sur la peinture, Œuv. t. xv, p. I7(, dans pougens. Il Fig. Il faut regarder la masse énorme de ses écrits comme un grand fumier où l'on rencontre quelques paillettes d'or, u>. Opin. des anc. philos. Iscolastiques). || 3° Très-petiles plaques ou lames comme celles du mica. |14° Paillette de soudure, petit morceau de soudure dont les orfèvres se servent. Il 5° Terme de serrurier. Synonyme de paillet 2, n° 3. Il 6" Ternie de botanique. Petites écailles qui, dans plusieurs synanthérées, sont entremêlées, soit avec les fleurs, soit aux bractées qui, par leur réunion, constituent l'involucre de ces mêmes plantes. Il Chacune des pièces qui, dans les graminées, forment l'enveloppe des organes sexuels. || 7" terme de cordonnier. Morceau de cuir taillé au trancbet, servant à fortifier. || 8° Défaut dans le diamant et autres pierres précieuses. Ce diamant fut appelé le Régenl. il est exempt de toute taciie, nuage et |>aiiletle,ST-siM. 40«, 12». || 9" Pelit insecte commun dans les jardins potagers; c'est une espèce daliise.

— HIST. XIV" s. Lequel dist à iceulx compaignoas se il y avoit nulz qui voulsist jouer aui paillettes de bois blanches et noires, du cangk, paiUerium.

— CTYH. Diminutif de poijfe.

PAILLKUR, EUSE (pa-lleur, Ueûz', Il mouillées), s. m. et f.\] 1" Celui, celle qui vend ou qui voiture de la paille. |{ 2° Celui, celle qui paille les chaises. Un bon pailleur. Une bonne pailleuse. On dit aussi rempailleur.

— ETYM. Pailler i.

PAILLKHX, EL'SE(pa-!leû, lleù-z', Il mouillées), adj. Il 1° Fait de paille. Litières paiUeuses. || Qui contient des fragmentsde paille. Chiffons pailleux. Il On dit que le fumier est pailleux quand la paille en est longue et n'est pas encore consommée. Il 2° Qui a une paille, un défaut de slruciure. D s rails pailleux. Une lame païUeuse. Une glacepailleuse.

— ETYM. Paille.

t FAILLIS (pa-lli. Il mouillées), ». m. Terme de jardinage. Couclie de litière courte ou de fumier non consommé, épaisse de < ou ï doigts, que l'on étend sur les planches du jardin avant ou après les avoir plantées.

— HIST. xiii's. Sire, si ne sai quel part aille ; Mes costeiz [mon câtéj conooit le pailliz, butkb. 3.

— ETYM. Paille.

t l'AILLOIE (pa-Uoi, Il mouillées) ou PAIL- LOLE (pa-llo 1', «mouillées), i.f. lerme de pèche. Sorte de Hlel dont les mailles sont assez fines et les fils déliés.

t PAILLOLËS (pa-llo-l', U mouillées), s. f. pi. Paillettes d'or qu'on trouve dans les sables de quelques rivière».

— UIST. xiii'i. U où l'on treuve l'or »n paiUole

PAI

en grant quantité, mabc pol, p. 379. || xiv* s. Or en plate et en paillole, du cange. paleola.

— ÉTYM. Diminutif de pot/te.

PAILLON (pa-llon. Il mouillées, et non pi-yon), s. m. Il 1° Terme rural. Poignée de paille qu'on met au fond de la cuve alin de former une espèce de tamis pour le vin. || Terme de papeterie. Poignée de paille qu'on place au fond de la cuve à papier. Ii'2° Terme d'orfèvrerie. Lame de cuivre mince et colorée, qui sert à faire le fond des chatons. || Petit morceau de soudure. || Feuille mince d'or ou d'argent que les émailleurs plaçaient quelquefois sous une couche d'émail pour obtenir un brillant qui imitât l'éclat des métaux ou des pierres fines. Il 3" Terme de coulelleiie. Petite lame allant d'un chaînon à l'autre dans la scie à chaînettes. {| 4" Chacune des petites lames d'acier dont l'assemblage constitue la chaîne dune montre. || 5' Morceau de lame d'argent, verni de différentes couleurs. Il 6" Goutte d'étain fin que les potiers d'étain font tomber sur une platine de cuivre, au moyen d'un fer à souder. {| Feuilles d'étain minces, rondes, qui servent à paillonner ou élamcr. || 7" Terme de tapisserie. Métal quelconque battu et reluit en feuille très-mince, que l'on découpe et qui sert à faire le fond luisant des divers ornements que l'on rapporte dans les franges, galons, etc. Quand j'aurai un habit garni de franges d'or et île paillons, crois-tu, Valentine, que Léonce m'en trouve plus jolie'? GENLis, Veill. du clidt. t. i, p. 39i, dans pougens. Elle m'a conseillé une robe à l'anglaise coupée et relevée avec de- glands de paillon bleu, id. Thédl. d'éduc. l'Intrigante, n, 3. || 8° Alliage de bismuth, plus fusible que l'étain.

— ETYM. Paille.

1 PAILLONNER { pa-llo-né. Il mouillées), v. a. Faire fondre des paillons d'étain sur une pièce de métal enduite de poix-résine, pour l'ctamer.

t PAILLOT (pa-llo. Il mouillées), s. m. H 1" Trèspetite paillasse qu'on met par-dessus la grande dans un lit d'enfant, pour empêcher 1 humidité de pénétrer (lins la dernière. || 2" Terme de marine. Forçat employé aux écritures. || Nom qu'on donnait, sur les galères, k la chambre où l'on gardait le biscuit et où l'écrivain était logé.

— ElYM. Paille.

PAIN (pin ; l'n ne se lie pas : pain au lait; au pluriel, Vs se lie : des pain-z au lait. Au xvi" siècle, Lacroix du Maine dit que pain était h prononciation parisienne, et qu'ailleurs on prononçait pin, mais il ne dit pas ce qu'était cette prononciation de pain), î. m. Il 1" Aliment fait de farine pétrie et cuite. Pain tendre. Pain rassis. Il vous a donné pour nourriture la manne, qui était inconnue à vous et à vos pères; pour vous faire voir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, saci. Bible, Oeut. viii, 3. Pourquoi nous reprocher sans cesse que nous renversons la nature, et qu'un corps ne jieut être en plusieurs lieux, ni nous être donné tout entier sous la forme d'un petit pain? Boss. Variai, ix, § flo. Jecrainsque vous ne fassiez pas bien le pain d'orge; personne ne s'en accommode on potage; j'en ai mangé avec du froment, qui est très-bon, maint. hU. à Urne de la Viefville, * déceiubie l'u» (voy. .juelques lignes plus bas le même fait raconté par Voltaire). Après avoir au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains, BAC. Athal. n, ». Le ministre Colbert avait vu le temps de la Fronde, temps où la livre de pain se vendit dix sous et davantage dans Paris et d'autres villes, volt. Utt. à l'abbé noubaud, ("juillet (769. Un soldat osa présenter au roi avec murmure, en présence de toute l'armée, un morceau de pain noir et moisi, fait d'orge et d'avoine, seule nourriture qu'ils [les Suédois en Ukraine] avaient alors.... le roi re^ul le morceau do pain .sans s'émouvoir, le mange.i tout entier, et dit ensuite froidement au soldat : Il n'est pas bon, mais il peut se manger, id. Charles XII, «. Avant le seizième siècle, plus de la moitié du globe ignorait l'usage du pain et du vin; une grande panio de l'Amérique et de l'Afrique orientale l'ignore encore; et il faut y porter ces nourritures pour y céli^brer les saints mystères de notre religion, tu. Uitun, lOii. On ne mangea dans Paris que du pain bis pondant quelques mois (en (7(i«); plusieurs famillci, a Versailles même, se nourrirent dn pain d'à-' voine ; Mme de Maintenon en donna l'exemple, in. Louis My , 'i>. Si les habitants Tolupiuciix de» villes savaient ce qu'il eu coûte de travaux pour leur procurer du pain, ils en seraient effrayé», ib. ^icl. pliil. ÀgricuUurt. Le reste du patit-lail que

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l'on a mis en réserve sert à amollir le sec et grossier pain d'avoine qui est la principale nourriture du pauvre paysan savoyard, salssdre, Voy. Alpes, t. I, p. 344, dans POUGENS. Pour faire de bon pain et le plus sain, le blé doit être vieux et bien sec, GENLIS, Maison rust. t. Il, p. 69, dans podgens. Le pain de pommes de terre est composé de moitié amidon et moitié pulpe, d'un demi-gros de sel par livre de mélange, m. ib. p. 83. L'homme prend tous les jours entre trois et quatre grammes de phosphate calcaire dans la quantité de pain qui fait sa nourriture la plus abondante, poi'RCROV, Connaiîs. chim. t. x, p. 404. dans fouobns. Dans presque toute la France, l'habitant ne vit que de pain; et, cette nourriture exigeant une quantité très-volumineuse pour opérer la satiété, et d'autant plus volumineuse qu'elle est d'une qualité plus inférieure, ce n'est pas évaluer trop haut la consommation journalière à trois livres pour l'homme qui travaille, toulonoeon, Insdl. Mém. scienc. mor. et pol. t. III, p. (09. Le Rus.se.... Uts de pain noir et de gland. Veut manger notre pain blanc, bérang Gaulois. La peine infligée au boulanger qui vole le pain du pauvre doit être au moins égale à la peine du pauvre qui vole le pain du boulanger,.ALPH. karr, les Guêpes, 2 sept. (»40. || Pain anglais, nom que porte à Paris un pain très-blanc et très-poreux. Il Petit pain, voy. petit. || Pain second, nom, dans quelque provinces, d'un pain légèrement bis et qui vient immédiatement après le pain blanc. || Pain de Gonesse, pain blanc renommé que les boulauigers de Gonesse apportaient à Paris. On sait que le pain de Gonesse a été longtemps en grande réputation; à la vérité, il était fort blanc, mais épais et massif ; d ailleurs il se séchait aisément; ce qui fut cause qu'on s'en dégoûtii, saint-foix, Kss. Paris, Œuv. l. m, p. 363. || l'ain mollet, sorte de petit pain blanc qui est léger et délicat. L'écume de bière qu'ils détrempent avec de la farine pour en faire le pain mollet, obnlis. Maison rust. t. u, p. 7t, dans pougens. || Pain de rive, voy. ■ hivr. [ Pain de munition, pain qu'on fabrique pour le» soldats. Il Ils vont faire la guerre au pain, se dit de gens'qui rentrent affamés au logis. || H mange son pain dans -sa poche ou dans son sac, se dit d'un avare ou d'un homme qui vil retiré. || Il ne mange pas son pain dans sa poche, c'est-à-dire il est dépensier, généreux. C'est un grivois ([ui ne mange pas son pain dans sa poche, carmontelle, Prov. l'Écriv. des charniers, se. ii. || Il ne vaut pas le pain qu'il mange, se dit d'un fainéant, de quelqu'un d'inutile. Il II sait son pain manger, il sait plus que .son pain manger, se dit d'un homme habile, qui a voyagé, qui a été de plusieurs conditions. Gens qui savent leur pain manger. Savent bien aussi le défendre, scark. Virg. n. || Il mange son pain blanc le premier, se dit d'un enfant, d'un homme qu'on prévoit ne devoir pas être toujoui-s dans une condition aussi heureuse que celle où il est présentemenU Kéiii.ssant Dieu qui ne leur avait pas fait manger leur pain blanc le premier, rac. ('• lett. à Vaut, des lmag.\\ Fig. Manger son pain à la fumée du rôt, ou, simplement, à la fumée , être témoin des plaisirs d'autrui sans y prendre part. || Il a mangé plus d'un pain, il a couru le monde. || Fig. Manger de plus d'un pain, user de variété, ne pas toujours puiseï à la même source. Boccace n'est le seul qui me fournil.... Il est bien vrai que ce divin esiirit Plus que pas un me donne do pratique; Mais, comme il faut manger de plus d'un pain, Je puise encore en un vieux magasin, l* font. Servante. Il Fig. Ne manger que d'un pain, n'avoir aucune variété. C'est une étrange chose, que d'être obligé de no manger que d'un pain, l'on s'en ennuie à la fin, HAUTEiiocHi!, Crisp. médec. n, (. || Fig. Pain dérolié, plaisir qu'on obtient en cachette et par une sorte de vol. En l'amoureuse loi. Pain qu'on dérobe et qu'on mange en cachette Vaut mieux que pain qu'on cuit et qu'on achète, la font. Troqueurt. Pain dérobé réveille l'appétit, diiceh- CKAU, Poésies, Nouvelle Eve. \] Il a du pain, quand il n'a plus de dents, se dit d'un homme à qui la bien arrive quand il est vieux, {j C'est lu pain bien long, c'est une entreprise de longue durée. || C'est du pain bien dur, c'est une condition Iftcheuse où le besoin forcf! à reitcr. Ce monsieur Jaquillarl me fait manger un pain bien dur, fioabd, Mainm en loterie, se. «. || Long comine un jour sans pain, se dit d'une chose (jui ennuie mortellement. Au bout d'une demi-heure, qui me parut longue comme un jour sans pain, comtk ui caylus (giiosley), etc. ÉcosicUits, Œuv. t. X, p. biu, dan» pouoens. I| Il

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Mt bon comme le bon pain, comme du bon pain, se (lit d'un homme bon et doux. Il II promet plus de beurre que de pain, se dit de .|uelquuu qui promet plus qu'il ne veut tenir. i| On l'a donné pour un morceau de pain, se dit de quelque chose de valeur vendu très-bon marché. Mme la princesse de Conti eut Champ pour une pièce de pain qu'elle donna à la Vallière, sT-sm. 47<, 2*:'. Us ont donné pour un morceau de pain telle composition que nous offririons inutilement de couvrir d'or, uidp.bot, Salon de 1787, Œuv. t. xiT, p. 7, dans pouobns. 1| Il y a là un morceau de pain à manger, c'est un ouvrage, une entreprise profitable. || Pain sec, punition qu'on infligeait dans les collèges, et qui consistait à ne donner au délinquant .|ue du pain pour son repas. || Mettre au pain et à l'eau, se dit d'une punition dans laquelle on ne donne au délinquant que du pain et de l'eau pour toute pourriture. Alors qu'ont fait les druides [les inquisiteurs] ? ils ont fait condamner le vieux philosophe [Galilée] à jeûner au pain et à l'eau.... VOIT. Dial. xxix, 7. || Fig. Je vois d'ici la tranquillité où vous étiez à Lambesc toute seule, pendant que votre cour se reposait avec le pain et l'eau de la paresse, sÊv. tu fév. i«72. || Populairement. Faire passer, faire perdre le goût du pain, tuer. |] J* Par extension , la nourriture de chaque jour. Chaque jour amèneson pain, la font, l'abl. viii, 2. Ne te plains pas que Dieu te maltraite en te refusant toutes ces délices ; mon cher frère, n'as-lu pas du pain? il ne promet rien davantage; c'est du pain qu'il promet dans son Évangile, c'est du pain qu'il ▼eut qu'on lui demande, boss. Serinons, Sécestités de la rie, *. Que le soir dans les bals, le malin dans les temples, Brillantes, on vous voie, une bourse à la main. Demander pour les Grecs des armes et du p.iin, p. LEBRiiN, Voy. de Grèce, x, 6. |] Pain quotidien, expression employée dans l'oraison dominicale pour signifier la nourriture de chaque jour, les besoins journaliers. J'ai ouï conter qu'on avait fait le procès dans un temps de famine à un homme qui avait récité tout haut son Pater ; on le traita de séditieux, parce qu'il prononça un peu haut : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, VOLT. Corresponlance, 26 sept. <77o, flFig- Pain quotidien, ce que l'on fait habituellement. 11 médit sans cesse, c'est son pain (|uolidien. |{ Pain des prisonniers, le pain que l'on distribue journellement aux prisonniers. On condamnait autrefois certains délinquants à payer tant pour le pain des prisonniers. Il 3" Pain du roi, se di-sait du pain que le roi donnait pour la nourriture de.< prisonniers, et qui se prenait sur le fonds des amendes. La cour envoya Chandenier au château de Loches, au pain du roi comme un criminel, st-sim. 38, (82. || 11 a mangé du pain du roi, il a été en prison. || 11 a mangé du pain du roi, se disait aussi pour signifier qu'un homme avait été militaire. || 4' Nom donné au morceau de pâle ^vanl qu'il soit cuit. Mettre le pain au four. Pétrissez vite trois mesures, et faites cuire des pains sous la cendre, saci, Btble, Genèse, xviii, 6. Il Du pain cuit, du pain (jui a subi la cui.sson au four. Il Fig. Du pain cuit, ouvrage fait d'avance, épargne faite pour l'avenir. Voilà du pain cuit. Il Avoir son pain cuit, avoir sa subsistance assurée. Il Avoir du pain cuit sur la planche, ou, simplement, avoir du pain sur la planche, avoir de quoi vivre en repos, sans travailler (en Berry, on dit avoir du p un sur l'ais). || Fig. Elle a pris ou emprunté un pain sur la fournée, se dit d'une fille qui a eu uo enfant avant de se marier. Ainsi que vous pleine d'enseignements, Oricène [la maîtresse d'Aniadis] prêchait, faisant la chatle-mitte ; Après mille façon», cette boni e hypocrite, Un pain sur la fournée emprunta, dit l'auteur : Pour un petit poupon l'on sait (|u'elle en fut quitte, la pont. Œuvres diverses, Hallade sur les romaru (46C7). || Pain sans levain, ou p<>in azyme, pain que les Juifs mangeaient en faisant la pàque. Vous mange^e^ des pains sans le"ain pendant sept jours, saci, Bible, Exode, xn, a. Il 6' Pain île proposition, se dit des douze pains qui étalent offerts à Dieu dans l'ancienne loi les jour» de sabbat, et dont les prêtres et les lévites avaient seuls droit de manger. Comme 11 [David] •ntra d.ins la maison de Dieu, et mangea des pains de proposition, dont il n'était j)ermis de manger ni i lui, ni à ceux qui étaient avec lui, saci. Bible, fxang. St Math, xn , 4. || Pain d'affliction , pain que les Juifa mangeaient en souvenir de leur sortie d'Egypte. Voii» nu mangerez point pendant cotte fêle de pain avec du levain ; mais pendant sept jour» TOUS mangerez du pain d'affliction où il n'y ait point d* levain , parce que voua ètea sortis de I K«ypl« dau une grand* frayeur, iaci, BibU.Deu-

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liron. XVI, 3. || En style mystique, pain de douleur, le temps qu'on passe dans l'afdiction. Le Seigneur vous donnera du pain de douleur et de l'eau d'affliction, ID. ib. Isaie, xxx, 2u. Tu ne mangeras qu'un pain de douleur, c'est-à-dire un pain que tus sueurs auront détrempé, avant qu'il puisse être employé à ta nourriture, bourdal. Dim. de la septuagés. Dominic. t. i, p. 339. || On dit de même : un pain de larmes. Jusqu'à quand vous nourrirezvous d'un pain de larmes? saui, Bible, Psaume Lxxix, 6. Il Pain d'amertume, chose qui afflige. La vérité n'est plus pour eux qu'un pain d'amertume, MASS. Carême, Dégoûts. \\V.n style de procédure ecclésiastique, être condamné au pain de douleur, être condamné au pain et à l'eau. || 6° Pain bénit, pain que le [irêtre bénit, et qu'on coupe par morceaux pour le distribuer aux fidèles durant une me.sse solennelle. Un morceau , un chanteaii de pain bénit. || Rendre le pain bénit, donner à l'église le pain qui doit être bénit; aller présenter ce pain à l'offrande. Il rendit le pain bénit d'une manière solennelle, iiamilt. Gramm. n. J'oubliais de vous dire que Mlle Clairon a déjà rendu le pain bénit, voilà ce que c'est que de quitter le théâtre, d'alemb. Lett. à Voltaire, 13 juin 1766. Il Fig. C'est pain bénit, se dit d'une disgrâce qui arrive à quelqu'un qui l'a bien méritée. [Tromper] C'est conscience à ceux qui s'assurent en nous; Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous, MOL. £c. des mar. i, 3. Ils disent que c'est pain bénit de venir ronger un homme de robe à la campagne, et qu'à Paris c'est vous qui rongez les autres, DANCOUHT, Maison de camp. se. 21 . || 7° Nom que l'on donne quelquefois à l'hostie. || Pain céleste, pain des anges, pain de l'âme, l'eucharistie. Le sacrement auquel nous participons dans la communion, est le pain de l'âme et son aliment, bo0HDal. Serm. 23' dim. après la Pentecôte, Dominic. t. iv, p. 412. Il Fig. Pain du ciel, pain de vie, Jésus-Christ et sa doctrine. Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : U leur a donné à manger le pain du ciel, SACi, Bible, Év. StJean, vi, 3i. Le pain de Dieu est celui qui est descendu du ciel, et qui donne la vie au monde, lo. ib. vi,3:i. Jésus leur répondit : Je suis le pain de vie; celui qui vient à moi n'aura point de faim, m. ib. vi, 36. Demandonslui que chaque jour il nous fournisse le pain qui doit entretenir la vie de nos âmes, le pain de sa grâce, ce pain supersubstantiel, pour me servir de l'e.xpiession même de l'Évangile, bourdai.. 6* dim. après Pâq. Dominic. t. ii, p. 203. || Pain de la parole de Dieu, ou, simplement, pain de la parole, enseignement des vérités morales et religieuses. Le devoir de Brousson était de distribuer le pain de la parole à ses frères, volt. Louis XIV, 36. || Le pain des forts, les vérités de la religion chrétienne. Ah ! si nous ne sommes infatigables à instruire, à reprendre, à consoler, à donner le lait aux infirmes et le pain aux forts, boss. le Tellier. Le pain qu'on y distribue est la force des forts, mass. Âvent, Disp. Je crus voir devant moi Un de ces champions des vérités nouvelles Que les anges de Dieu servaient, couvaient des ailes, ....nouriis déjà du pain caché du fort, LAMART. Joc. v, 180. || En termes de l'Écriture, il ne faut pas donner aux chiens le pain des enfants, c'est à-dire il ne faut pas communiquer les choses saintes aux personnes profanes. i| 8° Fig. Subsistance. Gagner son pain. Elle a considéré les sentiers de sa maison, et elle n'a point mangé son pain dans l'oisiveté, s,\ci, Bible, Prov. de Salom. XXXI, 27. Une erreur qui donne du pain à tant de personnes, mol. Am. méd. m, i. C'est le pain de ses enfants qu'il a joué, hamilt. Gramm. 8. Vous serez heureux dans cette maison , et vous y gagnerez du pain pour le reste de vos jours, LE SAOE, Guzm d'Alf n, 7. Los soldats te firent mahomélans pour avoir du pain, volt. Mœurs, 55. Il est vrai que, faible, infirme, découragé, je reste à peu pris sans pain sur mes vieux jours et hors d'éUil d'en gagner, J. J. Houss. Lett. d M. d'Yveinais, Corresp. t. vu, p. 67, dans poooENs. Cette entreprise doit m'a.ssurcr du pain, sans lequel il n'y a ni repos ni liberté parmi les hommes, m. Corresp. du Peijrou, t. m, p. i». Quand, cessant de pourvoir à ma subsistance, elle verrait le pain prêt à lui manquer, m. Confess. v. Le pauvre aime mieux du pain que la liberté, lo. Lett. de la mont. ». Mme Hébert : Ah I monsieur, c'est le garçon le plus honnête I — Sophie : C'est un malbeureui qui gagne son pain comme nous, et qui ,. uni sa misère i la nôtre, didbrot. Père de famille, II, 4. Et que ne fait-on pas des hommes avec de l'honneur et du paini kahmontel, Bélis. ch. 14.

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Il Manger le pain de quelqu'un, recevoir de lui ds quoi vivre. Ceux qui mangent son pain le trompent par leurs discours, saci, Bible, Eeclésiast. xx, 18, On jugea que c'était un serviteur ingrat et malhonnête qui décriait celui dont il avait longtemps mangé le pain, voïer, marquis d'aroenson, Mém. p, 247, dans pouGKNs. Je mangerais volontiers avec elle le pain qti'elle aurait gagné, jamais celui qu'elle aurait reçu^ j'en appelle sur ce point à son témoignage, }, }. rouss. Conf. XI, Il Manger le pain de quelqu'un, signifie aussi être à son service comme domestique. |{ Ôter le pain, faire perdre les moyens de subsister. La perte de ce procès ôte le pain à vous et à vos enfants, boss. Sermons, Nécessités de la vie, 1. Champagne, au sortir d'un long dîner qui lui enfle l'estomac, et dans les douces fumées d'un vin d'Avenay ou de Sillery, signe un ordre qu'on lui présente, qui ôterait le pain à toute une province, si l'on n'y remé liait, la brdy, vi. || ôter à quelqu'un le pain de la main, même sens. Je n'avais qu'un héritage ; on me l'a brûlé; ah! l'on m'Ôte le pain de» mains, boss. Sermons, Nécessités de la vie, i. Il S'ôler le pain de la bouche pour quelqu'un, se priver du nécessaire afin de lui fournir de quoi vivre. Il Mettre le pain à la main, fournir le pain qui fait vivre. Pourquoi donc, reprit le roi, avez-vous battu ce pauvre laboureur qui vous met le pain à la main I SAiNT-FOlx, Œttt), t, III, p, 307, dans pougens. Il Fig. Mettre le pain à la main de quelqu'un , être la première cause de sa fortune. || Fig. Tremper son pain de ses larmes, vivre dans une componction continuelle. || Ancien terme de droit. Être en pain de père et"de mère, être soumis à la puissance paternelle. Il Dans le langage général, être au pain de quelqu'un, recevoir de lui un salaire pour quelque emploi. Qu'est-ce qu'un citoyen de Genève qui se dit libre, et qui va se mettre au pain d'un fermier général? volt. Lelt. d'Alemberl, 7 mars 1758. Il 9° Pain de chien, pain grossier destiné à la nourriture des chiens. |{ Pain de cretons, voy. chetons. Il Terme de vénerie, l'ain salé, composition d'argile et de sel qu'on fait lécher aux cerfs, aux daims et aux chevreuils, dans les parcs. || 10' Pain d'épice, voy. ÉPICE. Il 11 aime le pain d'épice, se disait d'un juge qui tarait trop haut ses vacations. || Pain d'épice, co(|uille univalve. |{ Pain perdu, nom donné en cuisine provinciale, surtout dans la Flandre française, à la brioche frite. || 11° Pain aux champignons, aux mousserons, à la crème, sorte de mets fait avec la croûte d'un pain, des champignons, de» mousserons, de la crème. |j 12° Pain à cacheter, petit rond de pain sans levain, dont on se sert pour cacheter les lettres. |{ t'ain d'autel, hostie. On dit aussi : pain à chanter, voy. chant! r, v. n. n° «, Il Pain à chanter, se dit aussi du paii, à cacheter et d'une espèce do pain qu'on emploie dans les offices, pour couvrir le dessus et le dessous des nougats. Il Voltaire a dit en ce dernier sens, pain enchanté. Mme d'Argental, qui est l'adresse même, coupera le papier avec ses petits ciseaux, et le collera bien proprement à sa place, avec quatre petits pains qu'on nomme enchantés ; vous savez par parenthèse, pourquoi on leur a donné ce drôle de nom, VOLT. Lett. en vers et en prose, 137. || 18° Certaines substances mises en masse, et dont la forme est comparée à celle d'un pain. Pain de sucre, pain de bougie, pain de vieux oing, pain de javon, etc. se disent de ces matières préparées sous la forme dans laquelle on les vend. |1 En pain do sucre, en forme de cône. Les femmes, sous le règne de Charles VI, étaient coiffées d'un haut bonnet en pain do sucre; elles attachaient au haut de ce bonnet un voile qui pendait plus ou moins bas selon la qualité de la personne, saint-foix, Sss. Paris, Œuv. t IV, p. 116, dans poijgfns. On est surpris de voir cette montagne [le Môle], qui de Genève parait un pain de sucre, se prolonger dans la direction île la vallée de l'Aive, Saussure, Voy. Alpes, t. ii, p. 127, dans POUGENS. Il Pain sacré, morceau de cire bénit qu'on enchâsse dans des reliquaire». Il Pain de noix, pain d'olives, masse formée du résidu des noix, des olives,' quand on en a extrait l'huile. !| Pain de noix est aussi le nom, en quelques provinces, du nougat de noix, || P.iin de roses ou chapeau de roses, nom qu'on donne au marc de roses qui reste dans l'alambic, après qu'on en a tiré l'eau, l'huile ou d'autres extraits. || Terme rural, La masse de vendange qui surnage sur la cuve audessous du chapeau. || 14° l'ain daoier, sorte d'aciei qui vient d'Allemagne, différent de celui qu'oc nomme acier en bille. || Pain de liquatiou, alliage de cuivre avec trois fois son poids de plomb, auquel on donna la forme de pain» aplatia. |{ Terme de

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«Donnafe. Pain d'arfinage. l'argent q«i se fixe, en masse plate, dans la coupelle où il a été mis pour l'affiner. || 15° Pain de nœuils, morceau, fragment de pierre d'ardoise. || Terme de sculpteur. Masse de terre préparée et corroyée pour modeler. || 16" Arbre à pain, le jaquier, l.'arbre à pain sauv.ige porte des fruit"! hérissés de grosses pointes...', tandis que l'excellente variété qu'on cultive aux Mes des Amis produit des fruits lisses, couverts d'une pellicule trèsmince, LABiLLARPiÈBE, Instit. Mém. seienc phys. et malh. sav. étrang. t. i, p. «72. Quand on le cueille avant sa maturité, il a le goût d'artichaut, et on le mange comme du pain, haynal, UUi. phil vi, 32. Il Pain de coucou, alléluia. || Pain-de-hanneton, les fruits de l'orme. î' Pain-de-loup, espèce de cliampignon. Il Pain-de-pourceau, voy. ctclame. || Pain-desinge, fruit du baobab. Il 17° Pain fossile, concrétion calcaire. || Pain ou miche de quatorze sous, masse de stronliane sulfatée. || Pain de corbeau, \ariété de mica en masse. || Proverbes. À mal enfourner on fait les pains cornusj c'est-à-dire le principal d'une affaire, c'est de la bien commencer. Il II va à la messe des morts, il y porte pain et vin, ge dit 'l'un homme qui déjeune avant d'aller à la messe. || Tel pain, telle soupe, c'est-à-dire les choses sont bonnes suivant la matière qu'on y met. Il Pain coupé n'a point de maître, se dit lorsqu'à table on prend le pain d un autre. || Liberté et pain cuit, c'est-à-dire on est heureux quand on a du bien et qu'on n'est sujet à personne. || Pain tendre et bois vert mettent la maison au désert, c'est-àdire les dépenses mal entendues ruinent les maisons. Il Le pain d'autrui est amer, c'est-à-dire il est pénible de tenir d'un étranger sa subsistance.

— HiST. XII* s. As esquiers serai comme mendiz, Por aiguë boivre ne por mengier pain bis, Raoul de C. 204. Uns huem [un homme], fait lur li reis, qui a mun pain mangié, Qui à ma curt vint povres e mult l'ai eshalcié. Pur mei ferir as denz ad sun talundrescié. Th. le mart. ta. ||xiil' s. Les sergens seculers qui seroienl au pain et sel de Pontegni [nourris par Pontegni], du cange, panis. [Je] N'avoie qu'un cheval qui me trouvoil [gagnoit] mon pain, Bette, Lxxiii. Sire, tu nos peslras de pain de termes. Psautier, ^ «8. Chascun pain d'oint [graisse], s'il poisecinq livres ou plus, doit obole de lonlieu, lie. det met. Sf8. Donner m'a mis au pain menu, la Rnse, H«66. Compaignie se fet.... par solement manoir ensamble à un pain et à un pot, beaum. xxi, &. Ly rois Philippe establi (|ue les talemeliers [boulangers] demouraiis dedens la banlieue de Paris peussent vendre leur pain reboutiz, c'est assavoir leur reffus, si comme leur pain raté, que rat ou soris ont entamé, pain trop dur ou ars ou e.schaudé, pain trop levé, pain aliz [trop compacte], pain mestourné, c'est à dire pain trop petit, qu'ilz n'osent mettre à estai, du cange, panis. Pain ferez [gaufiTies], crespes et autres choses, iD. ib. Un denier tournois sur chacun pain de sel, appelé salignon, ID. ib. Il iiV s. Une boueste d'yvoire à mettre pain à chanter, garnie d'argent, de laborde. Émaux, p. 4-ie. Il XV" s. Le marquis lui promettoit [à la reine de Hongrie] qu'il la feroit tenir au pain et à l'eau, PBûlss. II, III, 233. Hardi fu, moult de mauU souffri, De froit pain plusieurs fois maiiga, e. desch. Miroir de mariage, p. I4. Pourement ay esté peûz; De pain secont vivoit mon maistre. Et cellui dont me làLsoil paistre Fut presque quart, nel vueil noier [nier], e. desch. Po6t«j mst. f* 457. Tel a pou blet (peu de blé|, qui a assez pain cuit, id. ib. f 30. On dit communément qu'on s'ennuye bien d'ung pain manger, le Joui encel, dans LtBoux de lincy, Prot t. II, p. 494. Faulte de blanc pain faict aulcunes fois manger le brun, Pereeforett, t. vi, ^ 78. Sera tenus le dit foumier de prendre cascun samedi le blé des moeutures des mollios de Corbye pour

faire le blanc pain du couvent et pour faire pain

d'escuicr |pain inférieur), on lui délivrera blé des greniers, nu cange, panis. Deux burc-tles d'or à mettre le vin et l'eaue à chantera la chapelle du roy Dostre sire, de labobde, Émaux, p. 4:r8. Si je estoye un pauvre home qui alhisl quérir le pain (lour Dieu, l'on ne me devroit pas faire ce que l'on me fait. Les I » jnyei de mariage , p. «7. || xvi* s. Los dits Crouaz ,wnl cruels à la guerre; car ils tuent tout ce qu'il.? peuvent, et ne prennent jam.iis prisonnier»; aussy on leur a fait de tel pain soupes. Lettres de Louis xii, t. 1, p. !i47, (liitii LACLBHF. Il l'enveloppa SI bien qu'il «imliloil un petit pain de sucre, mabo. Aour. LU. Rt celui qui ne l'a voulu vendre a esté contraint de faire petit pain (comme on d^t) et repgistre ses amis, qui le venoienl visiter, de discuur» d'arcDiteclure, lamouk, tie. Cent entretien

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ne leur seroit pas baillé pour les engraisser en leurs maisons (car ce seroit, comme on dit, pain perdu), in. 27S. Enfans mariés sont tenus pour hors de pain et pot, c'est à dire émancipés, loysel, 6e. Couleur de pain bis, d'aob. Fxn. i, 2. Pour manger en paix et en seureté le pain de son infidélité, id. Vie, civ. Pain bien levé et bien cuit.... ne tmp rassis ne trop tendre.... on leur donnera panade ou p:iin gratté avec bouillon de chapon, park, xxiv, 22. la plus subtile farine pour le pain de la première table; et l'autre pour en faire du pain rousset, avec d'autre farine de segle, o. de SEnRES, 822. Le pain le plus délicat est celui qu'on appelle pain mollet; que les boulangers 'font par souffrance, n'estant permis par la police.... le pain dit bourgeois, et celui nommé de chapitre, suivent le mollet le bourgeois s'esleve plus en

rondeur, i)ue celui de chapiire, qui est plus pressé et plus plat... le bis-blanc suit après; il est un peu gris; finalement le bis.... tous lesquels pains faits par boulengers, qu'on nomme estrangers, sont dits, pain-chalan (hor-mis celui de Gonesse) qu'on vend à discrétion sans autre police que des places.... iD. 822. Le pain rousset vient après le blanc, puis le bis, finalement celui des chiens, faisant la quatriesme sorte, qu'on tire du plus grossier des bleds, et des reliefs des 'farines des autres pains, ID. 8ÎR. Pain de mesnage, id. 824. Des potages liés et espés, comme pain gratté, dans lequel aura esté mis un peu d'eau roze, id. 928. Pain de pourceau, ceste herbe est ainsi ditte, parce que les pourceaux se repaissent de ses racines, les fouillans dans terre avec affection, id. 607. La décoction de la graine de pain-de-coucu, ID. 831. Faire rie pierre pain, comme on dit, c'est là où est la peine, brant. Louchaly. Vn serviteur ne se plaint De son pain-gagnant service, lOYS le cahon, Poésies, f° 611, dans LACUKNE. À bon goust et faim n'y a mauvais pain, LEROUX de lincy, Prov. t. ii, p. 206. À faute de chapon, pain et oignon, id. ib. Avec du pain et du vin il fera quelque chose [par ironie, il ne peut gagner sa vie], id. ib. p. 207. Au pain et au couteau [être familiers], id. ib. p. 208. Mettre le pain en un four froid, id. ib. p. 2H. Rendre pain pour fouace (rendre la pareille], id. tb. Tiu\ pain sans peine, 16. p. 368. On se fasche bien de manger pain blanc, génin. Récréai, t. 11, p. 246. Ouiers-lii meilleur pain que de fourment ? cot- GRAVE. Pain tant qu'il dure, vin à mesure, id. Où pain faut, tout est à vendre, id. De tout s'avise à qui pain i^aut, id. Pin [Jean du], théologien, médecin, poète françois et orateur, autres l'appellent du Pain; mais c'est à l'imitation des Parisiens qui ont ce dialecte ou façon de prononcer pain pour pin,

LACROIX du MAINE, BibUoth. p. 268, dans LACURNE.

— f.TYM. Picard, poin, pan; wallon, pon, pan; Basse-Normand, poi'n; prov. pon, pa; port, poo; ital. pane; du lat. panis. Dans partit, les étymologistes voient le radical .sanscii' pd, nourrir, qui a donné le sanscrit pita, pain, le grec natoiiat, le latin pabulum, pascor.

PAIR, AIRE(pêr, pê-r'), ajd. |H" Égal, semblable, pareil; ne se dit plus, en ce sens, que dans la locution : sans pair. Elles [deux chèvies] avaient la gloire Do compter dans leur race, à ce que dit

I histoire. L'une certaine chèvre au mérite sans pair.... LA FONT. Fabl. xil, 4. Paris sans pair n'avait en son enceinte Kien dont les yeux semblassent si ravis Que de la belle, aimable et jeune Aminte, ID. Aveux indiscrets. Pourceseul point croirais qu'on l'a nommée Paris sans pair.... ;. B. bous». Allég. Il, 4. Il »• Terme d'arithmétique. Nombre pair, nombre divisible par deux. || ()ui est d'un rang pair, en arithmétique. Les tranches paires des chiffres d'un nombre, c'est-à-dire la deuxième, la quatrième, etc. Des années paires. Cela fit 67 jours, dont ils [les Romains] composèrent deux nouveaux mois, janvier de 29 et février de 28, qui, parce qu'il était le seul qui fût pair, devint un moi» malheureux ; on le dédia aux morts, il fut le mois de» expiation», baillt, Ht»», asir. anc. p. 4»«.

II Pair ou non , jeu où Ton donne à deviner si le nombre des objets qu'on lient dans la main est pair ou impair. On te propose pair ou non; tu choiiis pair, et tu n'en vol» pas le motif, volt. Newt. l, 4. B ; Ouoil lorsi|ue je joue a pair ou non, j'ai une raison de choisir pair plutôt qu'impairi — A : Oui, sans doute, ID Ilicl. phil. Liberté. || Pair et impair, sorte de jeu qui »e joue avec Iroiïdr». || Sur le turf, pair ou impair, pari consistant à choiiir, d'aprèi les chances des chevaux engagés, la «'rie paire ou la série impaire, || Se dit, à la belle, de la totalité des nombre» Daira de* *ix première» et >li dernièret co-

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' lonnes droites. Pair» du jfrand cfité, nombres pairs que contiennent les six dernières colonnes droites. i Terme de plain-cliant. Ton ou mode pair, se dit des quatre tonsplagaux. IJTerme d'histoire naturelle. Oui estdivibibleendeux parties ayant entre ellesdes rapports marqués de disposition et placées des deux côtés d'un plan. Des folioles paires. || 8° S. m pi. Dans le régime féodal, les pairs, ceuxqui étaient de même condition, on devait être jugé par ses pairs. Il faut même que les juges soient de la condition de l'accusé, ou ses pairs, mont. Esp. xi, 6. Il ne vous appartient point de décider; si vous le faites, je me pourvoirai devant mes pairs, volt. Moeurs, 5t . Quel» juges, dites-moi, pouriais-je reconnaître? Où sont mes pairs ici? les rois seuls peuvent l'être, p. Lebrun, Harié Stuart, i, 7, || Aujourd'hui, les pairs, le» égaux. Vivre avec ses pairs. Il est équitable, il juge ses pairs, J. j. rouss. Ém. iv. 11 est agréable d'être jugé par ses pairs, d'alemb. /.rtt. aurai de Pr. 2a août 1772. Il Au sing. Ne se dit que dans cette locution : pair et compagnon. La Vienne était un gros homme, frais, rustre, très-volontiers brutal, pair et compagnon avec tout le monde, st-sim. 82, 123. d De pair à compagnon, sur le pied de l'égalité, surtout en parlant d'un inférieur qui vit trop familièrement avec une personne qui est au-dessus de lui. Ce chien, parce qu'il est mignon. Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame! la font. Fabl. IV, h. Me voilà donc côte à côte de mon ami de qualité, et de pair à compagnon avec un homme à qui par hasard j'aurais fort bien pu cinq mois auparavant tenir la portière ouverte de ce carrosse, MARiv. Pays. perv. part. v. || 4° Le mâle ou la femelle de certains oiseaux, et particulièrement de la tourterelle. La tourterellea perdu son pair. || 6° Dans le régime féodal, les principaux vassaux d'un seigneur, qui avaient entre eux également droit de juger avec lui. Les pairs du comte de Toulouse. Si le seigneur n'avait point de pairs, ou n'en avait point assez, il pouvait, à ses frais, emprunter des pairs de son seigneur suzerain , iiontesq. Esp. xxviil, 27. Il Chacun des grands vassaux du roi. Il y avait six pairs ecclésiastiques. Il faut remarquer que ces six pairs ecclésiastiques furent les seuls de leur ordre qui eurent le nom de pairs depuis Loui» le Jeune, par la seule raison que, sous ce prince, ils étaient les seuls évéques qui tinssent de grands fiefs immédiatement de la couronne, volt. Hist. pari. IX. Il Les douze pairs de France ou de Charlemagne, se dit, dans les romans de chevalerie, de douze paladins que l'on suppose avoir été attachés à la personne ilo Charlemagne, comme les plus bwves chevaliers de .ses armées. Les faits d'un roi [Louis XIVJ plus grand en .sagesse, en vaillance, Que Charlemagne aidé des douze pairs de France, boil. Ép. XI. Il Plu» tard, ceux qui possédaient des terres érigées en pairies et qui avaient droit de séance au parlement de Paris. Les douze pairs de France. Ceux qui disent que les pairs du royaume ne peuvent être jugés par tes pairs et par le roi, sans le parlement de Paris, me paraissent ignorer l'hiitoire de France, volt. Letl. Mme du Déliant, 8 août 4770. On sait que le duc d'Aleiiçon a été le premier pair de France au jugement duquel le parlement ait pris part, BOisst d'anola», Inttit, Mém. hisl.et litt. anc. t. iv, p. 688. « Loin de nous la pensée de casser et de regarder comme frivole le jugement des douze pairs, par lequel le roi d'Angleterre [Jean sans terre| a été jugé et dépouillé de la Normandie (paroles de la noblesse franjaise, en réponse A l.oui» IX, en 1262) ; > telle est la circonstance où, pour la première fois, les douze pairs sont cités dans l'histoire; vainement clierchcrait-on l'indication de cette dignité dans un acte public, ou dan» une charte particulière, antérieure i ce procfts, beuonot, Olim, Préface, p. xlix. || Fig. Satan dit un jour i ses pairs : On en veut à nos bordes, bAbano. Miss. || Duc et pair, seigneur qui avait le titre de duc et celui de pair. Il [Mopse] entre dans une a.ssemblée, se place ou il se trouve.... on l'Ate d'une place desliiiéo à un ministre. Il s'assied h celle du duc cl pair, LA iiaur. n. J'ai fait plus que maint duc et pair Pour mon pays que j'iimo, BiBANO. Vivand. I| Membre de la chambre haute en Angleterre. Le» Y'iirs, en Angleterre, sont depuis longtemps de» gi'nlllshomme» comme en France; mai» ils n'ont point de pairie, point de terre à 1 iquclle co titre .soit attaché, volt. Ilul. pari. viii. Ministre» suprêmes des lois dani la chambre de» pairs, quelquefois même législateurs, nous rendons également justice au peuple et au roi, et nous ne .souffrons point que personne dise, Dieu et mon épéo, mais seulement Dieu et mun

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droit, J. I. soDss. Bel. i, «2. || Membre de la chambre haute en France sous la Restauration, pendant les Cent-Jours, el sous le rÈgne de Louis-Philippe. Il 6* Terme de commerce. Le pair, l'ég-)litc de change des espèces de différents pays. Lorsque^ le chanRc est plus bas que le pair, un négociant peut, sans diminuer sa fortune, remettre ses fonds dans les pays* étrangers, montf.sq. Esp. xxii, lo. Le pair du change entre deux pays est la somme de monnaie de l'un qui est, en valeur intrinsèque, précisément égale i une somme de monnaie de l'autre, c'est-à-dire qui contient un poids égal d'or ou d'argent au même titre, de waru, Enquête stir la banque, (867, p. (77. || Pair réel, celui qui résulte de la comparaison (lu titre, du poids et du cours d'une e^^pèce d'un pays, avec le titre, le poids et le prix d'une autre espèce dans un autre pays. || Pair politique, celui qui résulte de la combinaison des prix de change de plusieurs places, et par le moyen duquel les banquiers découvrent des prix d'égalité qui les déterminent dans leurs opérations. || Le change est au pair, il est égal de part et d'autre, en sorte que, pour une som iie qu'on donne en un endroit, on reçoit pareille somme dans un autre. Lorsque même titre et même poids d'argent en France me rendent même poids ei même titre en Hollande, on dit que le change est au pair, montesq. Esp. xxii, lo.jj 7° Terme de bourse. Le pair, parité entre le capital d'une action, ou d'une obligation, ou d'une rente, et le [ïrix vénal de cette action, de cette obligation, de celte rente à un moment donné. || La rente est au pair, elle se vend et s'achète au prix indiqué par son nom. Le S p. (00 est au pair quand on donne (oo francs pour avoir s francs de rente. || 8' Au pair, au courant de la besogne. Je n'ai pas de besogne arriérée, je suis au pair. i|9° De pair, loc. adv. Sur le même rang. I a postérité fait marcher de pair l'excellent poète et le grand capitaine, bac. Réponse au dise. de réception de Th. Corneille. L'homme coquet et la femme galante vont a.ssez de pair, la bruy. m. Assez coquette pour ne rebuter personne, assez magnifique pour vouloir aller de pair avec celles qui l'étaient le plus, HAUILT. Gramm. 6. La petite ridi- . cule ! une nièce vouloir aller de pair avec sa tante ! DANCOURT, Chev. à la mode, i, 3. Vous êtes Grand Seigneur, et moi je suis jolie. On peut aller de pair, ïAVART, Soliman II, ii, 3. Là [dans une maison de Jeu], sans distinction on voit aller de pair Le laquais d'un commis avec un duc et pair, nEONAnn, le Joueur, m, (5. Passer de chez un petit maître au service d'une héroïne de théâtre, c'est être toujours dans le même mond^ ; nous allons de pair avec les gens de qualité, LE Sage, Gil Bl. m, 9. Cherchant les courtisans et les gens du bel air. Imitant leur exemple et les traitant de pair, campisthon. Jaloux désabusé, l, (. Kion dans la nature ne peint mieux la puissance et les droits du courage, que de voir ce petit oiseau [la pie-grièche] , qui n'est guère plus gros qu'une alouette, voler de pair avec les éperviers, les faucons et tous les autres tyrans de l'air, sans les redouter, et chasser dans leur domaine sans craiiidie d'être puni, bufp. Ois. t. li, p.,fl« Il II se dit au^si des choses. La mollesse et le plaisir ont trouvé le secret d'aller de pair avec la valeur et le courage, mass. Or. fun. Louis XIV Oh ! je ne sache point d'aventure qui aille de pair avec la vôtre, Marivaux, Surpr. de l'amour, i, 8. Il Dans la première moitié du xvii* siècle, on préférait du pair C'était un Nabis qui pourlors était

tyran de Lacédémone, mais qui, si on le laissait faire, le serait bientôt de toute la Grèce, et tel qu'il irait du pair avec les plus cruels et les plus avares dont on eût jamais ouï parler aux siècles passés, «AiH. Le xxxiii' livre de T. Lire, ch. 44. Que se pcut-il ajouter à cette, impudence, sinon qu'ouvertement ils se plaignent que les dieux sont au-desfus de l'homme, et qu'ils ne l'ont pas fait aller du pair avec eux? m. (e Traité des bienf. de .Sénéque, II, 2». Je vous dis ceci afin que.... vous descendiez quelquefois de votre Angoulème, où vous allez du pair avec nos tours et nos clochers, balz. liv. i. Un. 6. Dès vos premiers exploits, vous ayant mis avec raison du pair avec Alexandre et voyant que de jour en jour vous vous élevez davantage; en virité, monseigneur, nous ne saurions où vous njettre.... VOIT. Lelt. (8t. 11 n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode, el qui le soulève da- Tanlaae que le grand jeu ; cela va du pair avec la erapuo, t* bhuï. xiu. || »• Hors de p.iir, hors du pair, (oc. adv. Au-dessus de ses égaux, .iu-dessus de» cho«e« semblables. J'aime bien mes autres en- «•Dt». oopme vous aimea fort M. de Sévigné, mais

assurîment nos deux filles sont hors du pair, BUSSï- RABUT. let. à Mme de Sév. a janv. (676. Dès kirs il ne fut plus question du chœur en intermèile, jusqu'à l'Athalie de Racine, pièce unique dans son

enre et absolument hors de pair, marmontf.l, Élém.

'e litt. t. VI, p. (2.5. Il Tirer du pair ou de pair, distinguer. Elle tirera particulièrement hors du pair et mettra au-dessus de toutes choses la personne de monseigneur le duc d'Orléans, balz. Discours à la régente. La reine traita Monsieur de perfide, et elle ne me tira de pair que.pour me faire encore plus sentir qu'elle ne me traitait pas mieux, ritz, ni, 322. J'ai cherché les moyens.... De pouvoir garantir mon front de tous affronts, Et le tirer de pair d'avec les autres fronts, mol. Ec. des f. iv, 7.||II s'est tiré du pair, il est hors du pair, se dit d'un homme qui s'est élevé au-dessus des autres. Si je résiste à chose si gentille, J'atteins le comble et me tire du pair, la font. Diable. Ws [les pharisiens] se liraient hors du pair; et, comme s'ils eus sent été les seuls impeccables, ils parlaient toujours des pécheurs et des publicains, Boss. Serm. Jugem. hum. t. ô homme puissant et superbe, qui pensiez par votre grandeur vous être tiré du pair, lo. Serm. Ambition, t. S'aller tir* du pair de ses patients compatriotes, hamilt. Gramm. 9.

— REM. L'Académie ne donne l'adjectif pair qu'au masculin; mais, comme on voit, il s'emploie aussi au féminin.

— HlST. x" s. Ne aiet niuls [nul] maie voluntatem contra sem peer, Fragm de Valenc. p. 469. Il xi" s. Si home volt derainer covenant de terre vers soun seignor par ses pers de la tenure meimes que il apeled à testimoines... Lois de Guill. 27. Li douze per mar i seront jUgez, Ch. de Roi. xviii. Et Pinabel mon ami et mon per, ib. xxvi. [Il a) Ceinte Joyeuse [épée de Charlemagne], onque ne fut sa per, ib. CLXXix. Oui me jura comme sa per [femmej à prendre, ib. cclxx. |] xh" s. Dune ad fait l'aspotolies fie pape] al rei Henri aler L'arcevesque ■Willame de Sanz qui mult ert ber ; De bunté e d'onur n'out en France sun per. Th. le mart. ((:'. ]| xiu* s. Sire, car faites mander Vos barons et accorder [mettre d'accord] ; Et viennent avant li per, Qui îuelent France guier, hues de la fehté, Romancero, p. 191. Car celé [je] veuil avoir à moillier et à per, Bcrte, m. Et s'assambleront li per et li baron de France pour faire roi del ainsné frère, Chr. de Rains, p. 2. Zephirus, li dous vens sans per, la Rose, 6((3. Li mères [maire] et la commune d'une vile establirent que là où il avoient douze pers, que il n'en i auroit que deus, Liv. de just. (2. Et por c8, qui prent arbitres, il les doit penre non pers, car l'opinion du plus doit passer, BEAUM. XLi, 6. Au mangier cstoit droiz serjonz, Après mangier estoit compains. De toutes bones teches plains, Pers aus barons, aus povres peires, El aus moiens compains et frères, ruteb. 44. || xv«s. Chascun se doit à son per assembler. Pour vivre jà non diss'mblaldement, e. desch. Fou est vieux homme. Par ce point ilz eurent du vin Par fine force de tromper. Sans aller parler au devin, Hz repurent per ou non per, villon. Repues fr. || xvi« s. Vous et moy ferons ung nouveau pair d'auiilié, telle que feut entre Enée et Achales, bab. Pant. n, ». Pythagoras, par le numbre par ou inipar des syllabes d'ungchasounnomprnpre,expousoit.... ID. ib. iv, 37. J'entreprends d'aller à pair quand et eulx... mont. I, (66. Les causes qui appartiennent à lajurisdiction des pairs, lu. I, 322. Kous les voyons aller à pair de vaillance avecques la noblesse, m. lu, 50. En ce pair [parallèle] il se trouveroit une plus vraysemblable disparité à l'advantage du Romain, ID. i, (BB. Oui les eust attaquez pair à pair, et d'armes et lie nombre..., id. iv, (9. Je hais la pauvreté à pair de la douleur, id. iv, 77. Par l'ancien eslablissement, il y avoit en France douze pairs, six ecclésiastiques et six laïcs, loysel, (6. Pairs sontcompagnons teiians fief d'un mesme seigneur, l'un desquels est nommé par le seigneur, et l'autre par le vassal ; et, s'ils ne s'accordent, ils en prennent un tiers, ID. 56B. Une ville qui contesloit de per à per avec celle de Rome, amyot, Cam. (4. Ceux-ci respondirent qu'ils vouloienl prendre leur pair sur le jeu du niareschal [voir ce qu'il ferait pour agir en conséquence], d'aiib. Hist. ii, aia. Ils ne demandent autre chose que cette couleur et bonne occasion pour se tirer du pair ( t en couvrir ou colorer leur rcpen tance, Sut Uén. p. 92. Vous cuminenç.nstes à maicberdu pair avec vostre maistre, ib. p. (36.

— Etvm. Prov. et esp. par; liai, pare; du iat. par. On rattiche par au sanscrit para, autre, qui est en face; comparez le grec nocpà, à côté.

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PAIRE (pê-r'), s. f. Il 1° Couple d'animaux de te même espèce, mâle et femelle. Cet oiseau [le pinson noir aux yeux rouges] se trouve à la Caroline, il va par paires, et se tient dans les bois les plus épais, BUFF. Ois. t. vn , p. 202. 11 est peut-être plus rare de voir deux paires d'aigles dans la même portion de montagne, que deux familles de lions dans la mcuie ptrtie de forêt, id. 16. t. i, p. (13. Il 2° Il se dit aussi, sans distinction de mâle et de lemelle, do deux animaux. Une paire de poulets, de lièvres. || Particulièrement. Une paire de bœufs, une paire de chevaux, deux bœul's destinés à être attachés au même joug, deux chevaux destinés à être attelés à la même voiture. Il [Job] possédait sept mille moutons, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs et cinq cents ânesses, saci. Bible, Job, I, (3. ]] Fig. Familièrement, il se dit des personnes. Une paire d'amis J'ai ici une paire de nièces fort aimable, volt. Lett. en vers et en prose, 1 46. ]| 3° Deux choses de même espèce qui vont ensemble. Une paire de pistolets , de gants. || On dit quelquefois familièrement : une paire déjoues, une paire d'oreilles. || Fig. C'est une autre paire de manches, voilà bien une autre paire de manches, c'està-dire c'est une affaire toute différente. |{ 4° Chaque couple de folioles d'une feuille composée quand elles sont placées vi.s-à-vis l'une ue l'autre. |] Terme de physique. Chacun des couple» zinc et cuivre de la pile voltaïque. || En anatomie, paire de nerfs, ou, simplement, paire, chaque division de nerfs semblables qui ont une origine commune, el qui vont l'un d'un côté, l'autre de l'autre. La première paire de nerfs. ]| 5° Une chose composée de deux pièces essentielles. Une paire de lunettes, de pincettes. Il Une paire d'heures, un livre qui contient les prières du jour et celles de la nuit. || Proverbe. Les deux font la paire, se dit, en mauvaise part, de deux personnes qui ont même caractère, qui sont bien appariées ensemble. On pouvait dire de lui et de l'intendant que les deux faisaient la paire, lesage, Gil Bios, VII, (4.

— SYN. Voy. COUPLE.

— HIST. xiii" s. Lors devient la terre si gobe, Ou'el voll avoir novule robe; Si scet si cointe robe faire, Que de colors i a cent paire, la Rose, 02. Il y avoit trois paire de murs ses [secs] à passer; et la coste esloil si roile que à peinne s'i pooit tenir chevaus, joinv. 270. Et ces deus paires de gens, li franq homme et li eschevin, doivent aler ensemble, TAILLIAR, Recueil, p. 385. Il XIV* s. Deux paire de ners nessent du ventrail [ventricule] devant du cervel, des quiex [desquels] le premier paire lent aux yex, le second aus oreilles, 11. de mondeville, f° I6. Luy vinrent deux paires de mauvaises nouvelles [deux mauvaises nouvelles], Chron. de St Denis, t. I, f° 1(3, dansLACUBNE. ]| xv's. Làestoienttrentesix buccines ou trompettes, et dix paires de menestriers sonnans d'instrum«Bs musicaulx, el avoient trois menestriers, monstrelet, ch. 62, p. 97, dans LACURNE. Et là endroit trouva la douce paire en dormant bras à bras, louis xi, i\àuv. Lix. || xvi* s. Il luy donna deux paires de bœ^fs à labourer, amyot, Pyrrh. 9. Il sera levé.... sur chaque paire de caries [jeu de cartes], un sol parisis ; sur chacun jeu de tarots, doux sols parisis; et sur chacune balle de dez, qui sont en nombre de dix-huit, un •^ol parisis. Déclaration duroi, du 22 mat iBS), enregistrée en la cour des Aides, le 9 janv. I58i. Faire combattre à oullrance trois cents paires de gladiateurs, comme feit l'empereur Probus, mont, iv, (2

— ÉTVM. Pair.

PAIREMENT (pê-re-man), adv. Terme darithuiéti'iue. Nombre pairement pair, nombre dont la moitié est un nombre pair, et qui peut se diviser en quatre parties égales. {| Nombre pairement impair ou impairement pair, nombre pair dont la moitié e.st un numbre impair.

— f.TYM. Paire, et le suffixe ment.

PAIRESSE (pê-rè-s'), s. f. Femme qui, en Angleterre, possède une pairie femelle. || Femme d'un pair.

— ÊTYM. Pair.

PAIRIE (pê-rie), t. f. \\ 1" Terme de féodalité. Dignité attachée à un grand fief qui relevait immédiatement de la couronne. J'ai longtemps examiné cette matière en étudiant l'histoire de France, el je suis convaincu que l'origine de loute juridiction suprême en France est la pairie, volt. Lelt. Richelieu, (^ mai (7«B. Philippe le Bel commença son règne par la première érection d'une nouvelle pairie, iD. ilceurs. 65. ]| Fief, domaine auquel cett» dignité était attachée. Cette terre fut érigée en pairie. Il Duché-(>«irie, comté-pairie, dLché, comté au-

PAl

quel était joint le titre de pair. {| Pairie femelle, celle qui passait aux femmes. || 2° En Angleterre, dignité de membre de la chambre des pairs. || Pairie héréditaire, titre de pair traiisraissible à l'aîné des héritiers mâles. {| Pairie personnelle, titre et dignité à vie. Il 3° En France, nom de la chambre haule, sous la Restauration et le règne de Louis- Pbilippe et dans les Cent-Jours.

— ÊTYM. Pair; provenç. paria, égalité.

t PAIRLE (pèr-l'), s. m. Terme de blason. Pal mouvant de la pointe de l'écu, et divisé en deux parties égales, qui vont aboutir en forme d'Y aux deux angles du chef. || En pairie, se dit de trois pièces ou meubles rangés dans le sens du pairie.

— ÊTYM. Laboureur, Orig. des arm. p. 210, le lire de pail ou paile qui vient du latin pallium; Icbeler, de palus, pal, avec épenthèse d'une r; d'autres, du latin parilis, égal, à cause de la division en deux parties égales.

t PÂIROL (pê-rol), ï. m. Grand chaudron en cuivre.

t PAISIBILITÉ (pê-zi-bi-li-té) , s. f. Caractère d'un homme paisible, d'un lieu paisible.

— HIST. XVI' s. Paisibleté, cotgrave.

PAISIBLE (pê-zi-bl'), adj. || !• Qui demeure en

paix, qui ne trouble pas la paix. Un homme, un caractère paisible. Et souvent bienfaiteurs paisibles De leurs plus fougueux ennemis, gresset. Adieux aux Jésuites. Mais toi qui voyais tout avec un œil paisible, uucis, Othello, iv, t.|ill se dit aussi des inimaui. Un agneau paisible. Un cheval paisible. 1 2" Qui ne trouble pas la paix, en parlant des ehoses. Tous les moyens de réclamer contre l'injustice sont permis quand ils sont paisibles; à plus forte raison sont permis ceux qu'autorisent les lois, ». J. Bouss. Lett. de la mont. ». || 3° Qui n'est point inquiété dans la possession d'un bien. Paisible [lossesseur. Il [Charles II] règne paisible et glorieux sur le trône de ses ancêtres, et fait régner avec lui la justice, la sagesse et la clémence, boss. Berne d'Ànglet. \\ Il se dit aussi des choses dont la possession n'est pas inquiétée. La Macédoine demeura paisible à sa famille, boss. Hist. i , 8. || 4° Où l'on est en paix, où il n'y a point de bruit. Ces paisibles forêts. Charmante et paisible retraite, Que de votre douceur je connais bien le prix I deshoul. Idylle, la Solitude. De la paisible solitude Où, loin de toute servitude, La liberté file mes jours, ghesset, Éptt. au P. Bougeant. Un jour le vigneron, sur ces coteaux paisibles. Mariant les ormeaux et les vignçs flexiblos, MASSON , Helv. m. Vois-tu comme le flot paisible Sur le rivage vient mourir? lamart. Médit. Baia. Il Au sens actif, qui apporte la paix, le calme. 11 cueillait le moly , fleur qui rend l'homme sage, Du paisible lotos il mêlait le breuvage, A. CHKN. l'Aveugle. || 5* Qui n'est pas troublé, agité, en parlant des personnes. Fil ne me parlez point, pour être vrais amants.... De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisibles Tiennent déjà pour eux les choses infaillibles, mol. Fdch. u, 4. Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible, uoil. Art p. i. Je sens aujourd'hui combien une âme paisible est peu propre à juger des passions, comt)ien il est insensé de riie des sentiments qu'on n'a point éprouvés, i. J. Rouss. Hél. 1, 19. Il 6° Où il n'y a point d'agitation, de trouble. L'empire d'Orient était paisible sous Léon Thracien, successeur de Marcien, et sous Zenon, gendre et successeur de Léon, boss. Hitt. I, < I . Tantdt dans le sérail j'ai laissé tout paisible, BAC. Bajax. Il, 3. Pendant que tout gardait un silence paisible, m. Eslh. 11, i. L'intérieur des familles est souvent troublé [lar les défiances, par les jalousies et par l'antipathie, pendant que des dehors contents, paisibles et enjoués nous trompent, et nous y font supposer une paix qui n'y est point, LA BRUT. V. Il y a dans quelques femmes.... une grandeur simple, naturelle.... un mérite paisible, mais solide, accompagné de mille vertus, jd. ui. Comme l'ignorance est un état paisible et qui ne coûte aucune peine, l'on s'y range en foule, in. xu. Mes idées étaient pai-jibles et douces, non célestes et ravissantes, /. 1. bous». Conf. iv. Ainiable.i et dignes époux ! puisse le ciel les combler du bonheur que mérite leur sage et paisible amour I 10. Hél. 11, te. — HIST. XII* s. Tu me dunas e.scud de salud, et ço quejosui paisible me ad acreOd et multcplied, flou, p. ï"». 11x111' s. Et virent bien ^lue l'enfant estoit du tout guéri , et que il ne trembloit en nule partie de son cors, ainçois tenoit tous ses membres fermes, fichiez et pc.iibles, Mir. de Si l.nyi,p. (49 Pesilile •t coi Tretuit cil du monde vivroicnt; Jamèi roi ne prince n'auroient, la Rote, 6680, Il [le baillij doit

niOT. DR LA LANOtJB rRAKCAWE

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connoistre le bien du mal, le droit du tort, les pesivles des mellix [querelleurs], les loiax des triceurs, les bons des malvès, beadm. i, 9. Paisiules emperere et pius, PH. MousKEs, mj. p. H«, dans lacuhne. ||xv's. Si vous prie que vous me faciez tenir paisible de cette damoiselle, tant que vous saurez la vérité de ma besongne. Damoisel, dit Gariffer, je prierai la damoiselle qu'elle se déporte de vous faire villenie, Perceforest, t. 11, p. (37. jj xvi' s. Uzcommençeoient à souhaitter fort une vie tranquille, reposée et paisible, kuiOT,Niciat, i». Voilà le roi paisible dans son royaume, qui va faire son entrée à Itouen, d'acb. Hist. I, 201 .

— ÉTVM. Poti; wallon, pdhûl; provenç. paxible, paizible.

PAISIBLEMENT (pê-zi-ble-man) , ode. En paix, d'une manière paisible. Elle a paisiblement souffert mon entrelien, coiin. Perthar. 11, 4. Bien loin d'en être effrayée (de l'extrême-onction], elle veut la recevoir avec connaissance.... on lui voit paisiblement présenter son corps à cette huile sacrée.... BOSS. Duch. d'Orl. Uni de goût et d'intérêt avec tous les contempteurs d'Homère, il [Cydias] attend paisiblement que les hommes détrompés lui préfèrent les poètes modernes, la brut. v. Vivant paisiblement dans une douce société avec mes concitoyens, j. I. ROUSS. Inég. Dédie.

— HlST. xui' s, Fai moi paisiblement vivre en ceste mortel vie, Psautier, f° ib4. Clers usages et cleres coustumes, usées et acoustumées de lonc tans pesivlement, beaum. Prologue. Li dit religious avèrent et tenront paisiblement.... Bibl. des ch. fi' série, t. m, p. 602. || xiv s. Adont se sont logiez aux champs et es courtilz, Et là fut le conquest [butinj paisiblement partis, Guescl. (8658. Il XV' s. Puis prirent le portier et le tuèrent si paisiblement qu'oncques ne dit mot, froiss. i, i, 131. Il XVI' s. Il mourut de mort naturelle paisiblement en sa maison, amyot, Flamin. I6. Ils furent menez par les janissaires dans leurs maisons paisiblement [sans violence], d'aub. Hist. 1, 34B.

— ÊTYM. Pom'We, et le suffixe ment; wallon, pâhûlmain; prov. pasib!ement.

t PAISSANT, ANTE (pê-san, san-t'), adj. Terme de blason. Se dit des vaches, brebis et autres animaux qui sont représentés ayant la tête baissée.

t PAISSE (pê-s'j, s. f. I.e moineau franc ou commun, dans quelques endroits.

— ÉTYM. Lat. passer, moineau.

f PAISSEAl) (pê-sfl), s. m. Pièce de bois poursoutenir la vigne. On place les perches en même temps que le paisseau auquel on les attache àl'aidede liens (l'osier; c'esl ce que les vignerons appellent coudre, OENLis, Maison rust. t. m, p. ï88, dans pougens.

— HIST. XV' s'. Le suppliant prist un paissel ou escharas à vignes, uu cange, paissellare. || xvi' s. Une vigne eslevée et soutenue par paisseaux et eschalats, o. de serbes, (bo. Sautter de treille en paisseaux, cotgrave.

— ÊTYM. Provenç. paisselh, paissel; du lat. paxillus, qui paraît tenir à palus, pieu (voy. pal), comme axilla tient à a/o. Dans l'ancieime langue, on disait paisson ; le Berry a encore pession, échalas.

t PAISSELAGE (pê-se-la-j'), *. m. Action de paisseler.

t PAISSELER (pê-se-lé. L'I se double devant un e muet : je paisselle, je pai.çsellerai), ». a. Dans quelques provinces, garnir la vigne de paisseaux ou échalas. jj Absolument. Le moment de paisseler est ven'u.

— t:i\yi. Paissel ou paisseau.

t PAISSELUBE (pê-se-lu-r'), I. f. Menu chanvre que les vignerons emploient pour lier, aux paisseaux,les bourgeons de vignes après les avuirtsillés.

— ETYM. Paisseler.

t. PAISSON (pê-son), ï./'. Il 1" Tout ce que paissent les animaux. || 2° En particulier, action de paître le gland et la faine. () Pai.sson pleine, se dit lorsque les glands ou les faines abondent

— HI.ST. xiv s. C'esl [pour l'épervierj mauvaise pais.son que de caille et de pigon , Kénagier, m, ï. Il XV* s. Et li poisson.... Do leurs chars [les chairs des hommes] feront leurs paisson», e. descu. Poésies mss. f " 489. Il XVI* s. Aucuns, pour la commodité qu'ils ont de paissons et ghiudée.... o. de serbes, 83*..., Les poure» cerfs oublier leurs paissons, El se tenir en leurs forts et buissons, »t-oelais, fi.

— f.TYM. Provenç. fviichio; du lat. pntlionem, (te piisrere, p.ittre (vqy. paIthkJ.

I ï. PAISSON (pê-son), t. m. Terme do gantier. Instrument de fer, en forme de cercle, .qui sert k élemlre le cuir.

— ETYM. Sans doute l'ancien français paitton, qui

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voulait dire pieu, et qui est, sauf la finale, le môme que paisseau.

t PAISSONNER (pê-so-né), v. a. Travailler ave* le paisson, tirer une peau sur le paisson.

— ÊTYM. Paisson ï.

t PAISSONNIER, lÈRK (pê-so nié, nier'), j. m. et f. Celui, celle nui mène les bestiaux en paisson

— ETYM. Paisson t.

PAÎTRE (pê-tr"), 1). a. Je pais, tu pais, il paît, nous paissons, vous paissez, ils paissent; je paissais; point de passé défini ; je paîtrai; je paîtrais; pai», paissons; que je paisse, que nous paissions; point d'imparfait du subjonctif; paissant, pu (usité seulement en fauconnerie); les deux temps qui maaquenl sont conservés dans le composé repaître. || 1° Nourrir (ce qui est le sens premier (lu latin pascere, conservé seulement en termes de fauconnerie). Paître un oiseau, lui donner à manger. || Fig. Hais la dame voulait paître encore ses yeux Du trésor qu'enfermait la bière, la pont. Jfo(r. d'Éphèse. || Fig. Dans le langage de la religion. Il faut qu'un curé paisse les fidèles du pain de la parole. || Paître la meule, amener, à l'aide d'une pelle, les olives sous le passage de la meule. || 2* Mener des animaux dans les champs pour qu'ils y mangent (ce qui est le second sens de pascere). Il mènera son troupeau dans les pâturages, comme un pasteur qui paît ses brebis, saci. Bible, Isaie, xl, 37. Ce grand homme [Moïse] ....avait passé quarante ans à paître les troupeaux de son beau-père Jéthro, Boss. HisI, 1, 3. Des pasteurs qui paissent les troupeaux de gros et de menu bétail, sans venir aux villages ni aux villes, BOLLIR, Hist. anc. (Euv. t. vi, p. 482, dans pougens. Le dieu puissant des ondes, Dont il (Protée] paît les troupeaux dans les plaines profondes, DELiLLE, Géorg. IV. Il Fig. Il faut un grand amour pour paître un grand troupeau, fên. t. xvii, p. 166. 118° En parlant des animaux, brouter l'herbe, la manger sur racine, se nourrir de certains fruits tombés par terre (ce qui est le sens du latin pasci, déponent de pascere). Ils sont devenus semblables au foin qui se sèche dans les champs, aux herbages que paissent les troupeaux, et à cette herbe qui croît sur les toits, saci. Bible, Isaie, xxxviu, 27. La bique allant remplir sa traînante mamelle Et paître l'herbe nouvelle, la font Fabl. iv, (s. L'herbe était amère, et les troupeaux qui la paissaient ne sentaient pas la joie qui les fait bondir, fSn. Tél. xviii. Les pourceaux paissent le gland sous les chênes, LE p. catrou, (lans desfontaines. || Absolument. Hélas ! petits moutons, que vous êtes heureux I Vous paissez dans nos champs, sans soucis, sans alarmes, nEsnouLiàRES, Idylle, les Moulotis. La meilleure façon de conduire les dindons devenus forts, c'est de les mener paître par la campagne dans les lieux od abondent les orties et autres plantes de leur goût, buff. Ois. t. m, p. 204. Lk paissent la génisse et le taureau superl)e, deli'.le, Géorg. n. || Fig. et familièrement. Envoyer paître, renvoyer avec colère, avec mépris. Vous me faites peur de votre vieille veuve qui se marie à un jeune homme ; c'est un grand bonheur do n'être point sujette à se coiffer de ces oisons-là ; il vaut mieux les envoyer paître, que de les y mener, ssv. 239. Les remèdes que j'ai faits n'ont servi qu'à empirer mon état, et je ne me trouve mieux que depuis que j'ai envoyé paître les remède* et le médecin, d'alemb. Lettre d Voltaire, 29 aoAt ncA. Je donne des gages à un homme pour faire paître mon troupeau; mais cela ne m'dte pas la droit de le mener paître moi-même, et d'envoyer paître le berger si j'en suis mécontent, volt. Qtiiut. miracl. Lett. io. Quand l'Agnelet, petit Cotin champêtre. Dans son grenier rimaillant sou* un hêtre, Nous peint la chèvre et ce qu'elle a brouté. Au pâturage on voit qu'il a goûté. Et désir vient de l'y renvoyer paître, lebrun, Épigr. i, hï. \\ Envoyer paître quelque chose, s'en débarrasser. Si je croyiii» mon ccBur, j'enverrais paître toutes mes petites af faire*, et m'en irais à Grlgnan, sftv. 21 août <<7b. Il 4* V. n. En termes de fauconnerie, manger, en parlant de l'oiseau. Un faucon qui a pu. || 6* Sa p.iltre, V. réfl. Se nourrir. Les corbeaux se paissent de ch.irognc. Kt le corps no se paît aux banquets do la Muse, ri>gnier, .Sa<. m. Leaprincesqui prennent, pour ainsi dire, l'Eglise sans se donner à elle, sont pour elle de grands fardeaux.... lis ne paissent point le troupeau, c'esl du troupeau qu'ils se paissent eui-tnéines, ri». Sacre de l'étrct. de Cologne, n, 2. Il Fig. Où les désirs comme vautours Se paissent (le sales rapines, ualh. vi, «o. || Kig. Se paître d'imaginations, de chimères, enlrelenir son esprit de ch>is''s va:iies || On dit plus souvent : se repaître. Il Se paître de vent, se complaire aux louaugea.

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