PT,E
premiers pleurs qui coulent de mes yeux, volt. Zaïre, v, 8. Que d'échafauds dressés me paieront mes douleurs I II faut une victime à chacun de mes pleurs, LEGouvÉ, Épich. et Néron. || Domerguo condamne cet emploi de pleurs, disant que pleurs a un sens collectif. ||4° Au singulier. Plaintes, gémissements, lamentations. Dans ces gouffres |de l'enfer], des feux diévorants, des grincements de dents, un pleur éternel, un feu :\ui ne s'éteint pas, un ver qui ne meurt pas, Boss. Sermons, Motifs delà joie, 2. Là commencera ce pleur éternel, là ce grincement de dents qui n'aura jamais de fin, id. Anne de Gortx. Combien vivent joyeux qui devaient, sœurs ou frères. Faire un pleur éternel de quelques ombres chères l v. moo, Feuill. d'aul. 6. || En ce sens, pleur est usité au singulier, mais seulement dans le style le plus élevé. || 11 se dit aussi au pluriel en ce sens. Voilà la Sainl-Pierre aux grands pleurs, son mari aux grands airs de dédain, st-sim. Uh, 115. Le ciel dans tous leurs pleurs ne m'entend point nommer, rac. Brit. iv, 3. Les long.-* pleurs d'un enfant qui n'est ni lié ni malade, et qu'on ne laisse maïujuer de rien, ne sont que des pleurs d'habitude et d'obstination, j. j. rouss. Ém. i. {| 5" Les pleurs de la vigne, la sève qui s'échappe des jeunes bourgeons. Les pleurs de vigne sont une extravasation très-abondante de la sève, bonnet, Lett. div. Œuv. t. III, p. »s, dans pougens. || 6° Poéliquerooiit. Les pleurs de l'aurore, la rosée. || 7" Pleurs de terre, les eaux de pluie qui coulent, qui filtrent entre les terres; on dit aujourd'hui eaux de filtration
— REM. Régnier a fait pleur du féminin ; c'est une faute que rien n'excuse : Quels sanglots, qpels soufiirs, quelles nouvelles pleurs Noyent de tes beautés les grâces et les fleurs? Dial. Chlor. et /'/lit.
— HIST. xii* s. Ses fcstes tornorent en plor, Wachabées, i, t . Mis en iert [sera] li royaumes en larmes et en plors, Sax. xxvii. En veilles e en plur • en mult jetiner. Que l'amur al haut rei peiissiez conquester, Ih. le mart. 8t.||xiii' s. (je crois] Que lor larmes, lor plor, lor criz, Ou David ment et ses escriz. Seront en joie converti, rutbb. ii, leo. jjxiv* t. Helas! on ne voit pas quel pleur en sou cuer porte Fourijues li très-vaillant, qui son oncle conforte, Girarl de Boss. v. 412». Et pour ce se leva moult grant plour et moult granl cri par toute la cité, BERCiiEURE, f* m. Pleurs ne sont mie djffendus à celluy qui est triste ou entre les tristes, SIénagier, i, 9. ||xv" s. Vestemens de pleurs et de diieil, LEFEVHE ST-HEMY, Wis(. de Charles VI, p. i86, dans lACURNE. S'a nopces vont bailli ou pleur [enterrementj, E. desch. Poésies mss. f" 294. Hxvi" s. Si le pleurer pouvoit la tristesse arrester. On devroit, seigneur mien, les larmes acheter; Et ne se truuveroit rien si cher que le pleur; Mais les pleurs en effet sont de nulle valeur, du bell. vi, <7, recto. Laissant le pleur et triste.'^se à l'auteur, des essarts, Josephe, traduction, prologue. Ne se peut tenir de jecter avec un profond souspir trois grosses larmes sans pleur, Alector, p. 44i, dans lacurnb.
— ÉTYM. Voy. pleurer; prov. ptor; espagn. //oro; port, c/ioro; ancien ital. pioro. L'ancienne langue avait aussi plorei» pour signifier l'action de beaucoup de gens qui pleurent.
tPLEUUABLE (pleu-ra-bP), adj. Qui peut être pleuré.
— HIST. XVI* s. Ce que voyant, envie l'exécrable Quasi pleura, n'y trouvant rien pleurable, maiiot, IV, 97.
t PLEURAL, ALE (pleu-ral, ra-1') , adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la plèvre.
— f.TVM. Voy. PLSVRg.
PLEURANT, ANTË (pleu-ran, ran-t'), adj. Qui pleure. Toutcet appareil des mourants. Un conlesseur qui VOUS exhorte, Un ami qui se déconforte. Des valets tristes et pleurants, voit. (Kuv. t. ii, p. 197. Vous ave» grand'raison de ne pouvoir vous représenter Mme de Coulanges à l'agonie, et M. do Coulanges dans la douleur; je ne le croirais pas, si je ne l'avais vu ; une vivacité morte, une gaieté pleuraule, ce sontdes prodiges, siv. 2) oct. i»7c. Quel langage! a-t-on jamais parlé de la sorleT mais dites-moi, vous, trop pleurant Arlamène, est-ce que vous n'avez pas envie de combattreT boil. Héros de romans. Uocca Vermeja fut amenée pleurante et embellie par .sei larmes, comme c'est l'usage, volt. Jenni, 'i.
PLEURARD (pleu-rar; le d ne se prononce pat et ne se lie pas : un pleu-rar ennuyeux), s. m. Celui qui pleure, se plaint, gémit souvent et s<iiii sujet. Voilà bien du triin pour un pot île fleuisl combien le faut-il, pleurard, avec la giiolléeî KEAUMAiicii. .Ifar. d« Hy. ii, 21.
— HiST. XVI* s. Vieui icy nous aider, ((ranU veau
PLE
plourart, ii»b. iv, »t. Aulliuiuent ce serait une armée de médecins et de pleurais, mont, i, 90.
— ÊTYM. Pleurer; wallon, plord, pleuraû. PLEURE (pleu-r'), *. f. Voy. plèvre ; on ne dit
plus pleure.
PLëURË, ÉB (pleu-ré, fée), part, passiàe pleurer. Sur qui ou sur quoi on a versé des larmes. Et pleures du vieillard, il grava sur leur marbre Ce que je viens de raconter, la font. Fabl. xi, 8. Tout ce qui peut être pleuré, peut être pardonné, MASS. Carême, Faust, cunf.
i PLECREMENT (pleu-re-man), t. m. Action de pleurer, de gémir, de déplorer.
- HJST. xn* s. Parmi le plorement est demostreie % pieteiz, Job, p. 446.
— ÉTYM. Pleurer; proT. ploramen.
tPLEUnE-MISÈRE(pleu-re-mi-zè-r'),s.m. Avare
qui se plaint lotijours. {| Au plur. Des pleiae-misôre. t PLEUUE-PAIN (pleu-re-pin), t. m. Avare qui •e plaint toujours. || Au plur. Des pleure-pain.
— HIST. XVI* s. On dit de vous que vous n'estes qu'un pleure-pain, et vostre femme une chicbe-face, CHOiiÈBES, Conlet, t. ii, Après-din. -i.
PI-EUREH (pieu ré; Chifflet, Gramm. ■p. 98, recommande de ne pas dire ploier), »). n. Il l°RépaiKlie des larmes. Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondezvous en eau, corh. Cid, jii, 8. Je cherche le silence et la nuit pour pleurer, id. ib. m, *. On pleure pour ftre plaint; on pleure pour avoir la réputation d'Atre tendre ; on pleure pour être pleuré; enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas, la hocHEFOUCACLD, Max. 233. Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés I saci, Bibk, Étang. St Math, v, 6. Je les relis [vos lettres].... je ne puis pas seulement approcher des premières lignes sans pleurer du fond de mon cœur, sÈv. à Mme de Grignan, a déc. ««7t. Il est vrai qu'il y a de» pensées et des paroles qui sont étranges; mais rien n'est dangereux quand on pleure, lo. 39 mai <876. Mais que ces retours sont doux, et qu'on a quelquefois de plaisir à pleurer! u>. 4 6 oct. l«80. J'apprenais à pleurer devant un grand miroir, BOURSAOLT, Uerc. gai. vy, 3. Et les plus malheureux osciit pleurer le moins, bac. IpMg. i, 6. Tout Israël périt : pleurer, mes tristes yeux, id. Esth. i, 5. Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide, lo. Athal. m, 7. Tel qui rit vendre li dimanche pleurera, id . Ptiid. I, 4. On n'a pas dans le cœur de quoi toujours pleurer, la brut. iv. Les enfants rient et pleurent facilement, id. xi. D'où vient que l'on rit librement au théâtre, et que Ton a honte d'y pleurer? m. i. Vous avez je ne sais quelle inclination fatale pour la comédie larmoyante, qui abrégera mes jours; je ne TOUS en aime pas moins; mais je pleure dans ma retraite, quand je songe que vous aimez à pleurer â la comidie, volt. Utt. d'Argrntal, 6 sept. mi. L'abbé Galiani m'a beaucoup déplu, à moi, en confessant qu'il n'avait jamais pleuré de sa vie, et que la perte de son pi'ie, de ses frères, de ses sœurs, de ses maîtresses ne lui avait pas coûté une larme, DihER. Ifi'm. t. I, p. 365, dans pol'oens. L'homme pleure, et voilà son plus beau privilège, drlillï, Pit. ch. I. Pleurez , doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés, Oiseaux chers à Thélys, doux alcyons, pleurez, A. CHÉN. Élég. XX. Mais si, d'un long crêpe voilée. Mon amante dans la vallée Venait pleurer quand le jour fuit, MiLLEvoTE, Chute des feuilles. Mais pourquoi m'entraîner vers ces scènes passées T Laissons le vent gémir et le flot murmurer; Revenez, revenez, 6 mes tristes pensées; Je veux rêver et non pleurer, lamart. Uarm. iv, lo. Elle a dormi quinze ans dans sa couche d'argile, Et ri(m ne pleure plus sur son dernier asile, id. i6. || Pleurer de, avec un substantif. Je reconnais Ncarque, et j'en pleure de joie, corn. Poly. ii, 6. Le loup déjà se forge une félicité Oui le fait pleurer de tendresse, LA FONT. I, ». Annibal, qui pleura de douleur en cédant aux Romains cette terre où il les avait tant de fois vaincus, bontesq. Rom. t. || Pleurer de, avec un verbe à l'infinitif. Alexandre pleura de n'avoir point d'Homtre, delillk, Imag. v. || Pleurer sur, déplorer. Il (Jésus] les avertit [les femmes <le Jérusalem] de pleurer et de ne pas pleurer ; de ne pas pleurer sur lui, qui par sa mort allait être glorifié , mais de pleurer sur elles-mêmes et sur leurs enfant*, BOURDAL. Myil. Patsion de J. C. t. i, p. 243. |Monime| pl-urant sur cette malheureuse beauté qui, au lipu d'un mari, lui avait donné un maître, ROLLiN, Hu(. anc. Œuv. t. x, p. 199, dans pougkns C est une espèce d'Héraclile clirélicn, toujours prêt » pleurer sur la folie de s«s 8eml)lables, nioER Mém. l 1, 1^. 91, dans pouoen». || Pleurer comme un enlant, pleurtr ahnulajDmwit nt facilemeui
PLE
comme fait un enfant. Mais enfin, me remettant devant les yeux ce que je devais à son père et à son frère, je n'eus recours qu'à mes larmes : je pleurai comme un enfant, scabr. Rom. com. i, <5. || Pleurer comme une Madeleine, pleurer avec elTusion. || Familièrement. Pleurer comme un veau, comme une vache, pleurer excessivement. IV'lrjrque... En eût de marrison [de chagrin] pleuré comme une vache, RÉGNIER, Sat. XI. Depuis, pour l'amour d'elle, il pleure comme un veau, dancourt, Snncho Pança, II, s. Il On dirait qu'il a pleuré pour avoir un habit, un chapeau, etc. se dit d'un hamme qui a un habit écourté, un chapeau trop petit. || Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour pleurer, il a tout perdu, on lui a tout pris. || Il pleure d'un œil et rit de l'autre, se dit d'un homme incertain entre deux sentiments opposés. Il pleure d'un œil et il rit de l'autre, la brot. vm. ! Jean qui pleure et Jean qui rit, homme qui se laisse aller aux sentiments les plus opposés d'un instant à l'autre; c'est le titre d'un poëme de Voltaire, où l'auteur montre qu'il y a dans le monde de quoi se réjouir et de quoi s'affliger. Il 8° S. m. Le pleurer. En quoi consiste le rire et le pleurer, desc. L'homme. En cet endroit où il [Homère] fait pleurer Achille et Priam, l'un du souvenir de Patrocle, l'autre de la mort du dernier de ses enfants, il dit qu'ils se soûlent de ce plaisir, il les fait jouir du pleurer comme si c'était quelque chose de délicieux, la font. Psyché, i, p. 96. Il 8* Pleurer se dit des larmes provoquées par quelque chose d'acre. Les yeux pleurent quand on pèle de l'oignon, quand on est exposé à la fumée. || Les yeux lui pleurent,ses yeux pleurent, se dit de quelqu'un qui a une incommodité qui fait que les larmes coulent sans cesse de l'œil. || 4* Il se dit du cerf. La meute en fait curée : il lui fut inutile De pleurer aux veneurs à sa mort arrivés, la font. Fabl. v, 15. Il 5° La vigne pleure, il dégoutte de l'eau de son bois. Il 6° Poétiquement. Se dit du saule pleureur dont les branches semblent pleurer. Là des saules pensifs qui pleurent sur la rive, v. hugo. F. d'aut. 34. Il 1° V. a. Pleurer quelqu'un, s'affliger de la perte, de la mort, du malheur de quelqu'un. Cherchez avec soin et faites venir les femmes qui pleurent les morts, envoyez à celles qui y sont les plus habiles, .SACI, Bible, Jérémie, ix, I7. Mme de Bersillac est à l'agonie.... elle est mal pleurée; le père et le mari voudraient qu'elle fût déjà sous terre, sÊv. 24 janv. (68o. Et vous, messieurs, eussiez-vous pensé, pendant qu'elle versait tant de larmes en ce lieu [pendant l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre , sa mère] , qu'elle dût sitôt TOUS y rassembler pour la pleurer elle-même? boss. Duch. d'Orl. Il perd son fils unique.... il remet sur d'autres le soin de le pleurer, il dit : Mon fils est mort, cela fera mourir sa mère, la brut. xi. 11 faut pleurer les hommes à leur naissance, et non pas à leur mort, montesq. Lett. pert. XL. Drusille, à qui il [Caligula] accorda les honneurs divins, étant morte, c'était un crime de la pleurer, parce qu'elle était déesse, et de ne la pas pleurer paree qu'elle était sa sœur, montesq. Boni. a. Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme, lamart. Méd. 1, U, Il Familièrement. On ne l'a pleuré que d'un œil, il n'a été regretté qu'en apparence. || 8" I! se dit des choses regrettées. Pleure mon infortune, «t pour ta récompense Jamais autre douleur ne te fasse pleurer! iiALH. VI, 20. Elle pleure en secret le mépris de ses charmes, bac. Andr. i, 4 . Ma mère pleura la profession que j'avais quittée, HAMiLT. Gramm. m. Nous avons pleuré nos plaisirs injustes, et de nouveaux plaisirs ont un moment après essuyé nos larmes, MASS. Carême, Inconstance. Revenant tout à coup à elle, elle [Mme de la Vallière, à la mort de son fils] dit à ce prélat [qui la consolait] : c'est trop pleurer la mort d'un fils dont je n'ai pas encore as.sez pleuré la naissance, m"* de caylus, Souvenirs, p. 48, dans pougens La mère et la femme de Darius ne pleurèrent-elles pas la mort d'Alexandre ? M0NTF.S0. Esp. XXX , 24. Ces mystérieuses relations de l'infortune remplirent mes yeux do larmes; il y a de la douceur à pleurer sur des mauKjui n'ont été pleures de personne , chate \ubr. Amer. Ouondagas. Soit qu'il naisse ou qu'il meure. Il faut que l'homme pleure Ou l'exil ou l'adieu, lamart. Harm. iv, 6. Il Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang, en larmes de sang, c'est-à-dire il devrait causer la plus vive douleur. || Pleurer ses péchés, ses fautes, s'affliger profondément de les avoir commis. En déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires, une meilleure réflexion nous apprend à déplorer celles qui ont perdu notre éternité, avec cette singubiire consolation qu'on les répare quand
PLE
on les pleure, boss. Itcine d'Ànglet. Si, dans le moment que vous pleurez votre péché, vous n'en voulez pas retrancher l'occasion, bourdal. Pénitence, 2' aient, p. 476. Les crimes que vous viendrez pleurer aux pieds des ministres, «ass. Curime, Jeûne. \\ Dans le langage biblique, pleurer sa virginité, se dit d'une jeune fille qui pleure de mourir avant d'avoir été mariée. Laissez-moi [la fille de Jephté] f.ur les montagnes pendant deux mois, afin que je pleure ma virginité avec mes compagnes, SACI, Bible, Juges, XI, 37. H*- Familièrement. Il pleure le pain qu'il mange, se dit d'un avare qui regrette la nourriture qu'il prend. || 10° Pleurer une larme, verser quelques larmes. Son œil tout pénitent ne pleure qu'eau bénite, béonier. Sat. xiii. Vous auriez peut-être pleuré une petite larme, puisque j'en ai pleuré plus de vingt, sév. h 3. J'ai vu BrioUe, qui m'a fait pleurer les chaudes larmes par un récit naturel et sincère de cette mort (du prince de Condé], lo. (3 déc. («86. Larmes du cœur, par le cœurdévorées, Et queles yeuxq^i les avaient plei^rées Ne reconnaîtront plus demain, a. de musset, Poésies nouv. Nuit de décembre. || tl° Se pleurer, V. Téfl. Verser des pleurs sur soi-même. J'avoue que je me suis pleuré en pleurant un ami qui faisait la douceur de ma vie, et dont la privation se fait sentir à tout moment, fén. dans le Dict. de docuez. Les poètes ont dit qu'avant sa dernière heure En sons harmonieux le doux cygne se pleure, lamart. Socrate.
— HIST. xr s. E tantes lermes pur le ton cors pluredes [pi' n ées], St Alexis, lxxxi. Ne peut muer que des ieuz il ne plurt, Ch. de Bol. lx. Il nus [nous] plurrunt [pleureront] de doel et de pitié, ib. cxxx. [Ils] Plurent lor filz, lor frères, lor neveus, ib. CLXxiv. Il xii* s. Ouant de moi [elle] rit, et je l'ai tant plorée, Couci, vi. Si que souvent [je] chant là où de cuer [je] plor, ib. xvi. Cliascun pleure sa terre et son pais, Quant il se part de ses coraus amis , ib. xxit. Je ne m'en sai venger fors au plorer, ib. vi. Là plorerent pour eus maint prince et maint baron, Sax. ixu. Ne jamais n'iert [ne sera] qui pes entre vus dous [le roi et l'archevêijue] aturt. Ne jamais n'iert uns jurs saint iglise n'en plurt, Th. le mart. 36. Tex [tel] rit au main [matin] au vespre plorsra. Bat. dj leschaus, v. 8029. Il XIII* s. Et sachiés que mainte larme i ot plourée au départir de lor pays, et de lors gens et de lor amis, viLLEH. xix. Et sa mère en commence de la joie à plourer, Berte m. Cius [celui-là] est amés pour sa prouece, Et honorés pour sa largece. Cil ne pleure pas les despens, Baudouin de condé, t. i, p. 240. Il XIV' s. Plorer doivent li femme; li homme avoir doleur Ne doivent qu'en leurs cuers, s'il n'ont en eiilx foleur, Girart de Ross. v. 4(27. Simplement à parler, il ne plaist pas à tel homme de grant courage que les autres pleurent de ses infortunes, ORESME, Elh. 290. Il XV' s. S'elles n'aymcnt que pour argent. On ne las ayme que pour l'heure ; Rondement ayment toute gent, Et rient lors que bourse pleure, villon. Bail. Celluy est fol qui pleure ainçois (avanlj qu'il soit battu, Perceforest, t. v, f° 47. Il XVI* s. Je ne puis continuer plus longuement ce propos sans larmes , je dy les plus vrayes larmes que je plouray jamais, du Bellay, viii, 33, recto. Quand Timoleon pleure le meurtre qu'il avoit commis, il ne pleure pas le tyran, mont, i, 272. J'aimais à me parer quand j'eslois cadet.... et me seoit bien ; il en est sur qui les belles robbes pleurent, id. iv, 7. 11 ne faut point pleurer de tout cecy que je vous conte ; car peut cstre qu'il n'est pas vrai, desper. Contes, t. i, p. 6, dans pougens. Assez peult plourer qui n'a qui l'appaise, cotgrave. À cœur dolent l'œil pleure, id. Faites de vostre erreur maintenant pénitence; Mais, pour la bien pleurer, c'est trop peu que deux yeux, dksportes, les Amours d'Hippolyte, Stances.
— ÉTYM. Wallon, plor^; génev . pleurer la nourriture à quelqu'un, la lui reprocher, la lui plaindre; provenç. plorar; espagu. llorar ; poriug. chorar; ital. plnrare ; du lat. piorare, qui signifie verser abondamment des larmes, et que Curtius, n° 369, raltai;he à pluere, pleuvoir.
fPI.ElIRERIE (pleure-rie), s. ^. Avec un sens de dénigrement ou de moquerie, action de pleurer H fut, après la pleurerie. Question de la brûlerie, [de brûlei- le corps mort], scarh. Virg. vi.
— HIST. XV* s. Vers le mary se sera traicte, Et en fera la playdoierie, En usant d'une pleurerie, COOuillart, Droits nouveaux. Cette plorerie dura assez longuement, LOUis xi, Afour. xxi.
— ÊTVM. l'iiiireur, comme meiiterieàe menteur. t PI.EI'IIES ( pleu-r'), s. f. pi. Terme de zoologie.
Espaces silué.s derrière les scapulaires, auxquels
t»LE
PLB
PLE
sont fixé* te« organes inférieurs du vol, chez les insectes
— ÊTYM. nxevipàv, côté (voy. plèvre).
PLEURÉSIE (pleu-ré-zie), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la plèvre. Le rhume à son aspect [d'un mauvais médecin] se change en pleurésie, BoiL Art p. >v. Il Fausse pleurésie, nom donné vulgairement à une pleurodynie avec fièvre.
— HlST. xiv* s. Si comme se l'en disoit que pleurésie est plus grant mal que achoper ou hurter son pié, ORESME, Eth. (69. Il xvi* s. Aucuns ont constitué deux e-peces de pleurésie, vraye et non vraye, PA86, II, 6.
— ÉTVM. Génev. puréxie, plurésie; prov. pîeureim; espagn. p/cure6'io ; ital. plmirisia; du baslat. pleuTisis, forme altérée de nXeupÏTi;, pleurésie, de TtXeuoàv, côté (voy. plèvre).
t PLEURÉTIQCE (pleu-ré-ti-k'), adj. Terme de médecine. Qui est affecté de pleurésie. || Qui est causé par la pleurésie. Point pleurétique. Couenne pleuré tique.
— HisT. .vin* s. Bocu fbossu], et tort, epilentic [épileptique]. Muet, gutus, et pleuretic, Edouard le Confesseur, t. 4427. || xvi' s. Au diaphragme, lequel est fait de deux tuniques, c'est à sçavoir de la pleureiique et du péritoine, paré, i, 8.
— f.TYM. Il;EupiTixo;, de it).ev)pâi{;(voy. pledréSIE). PLEUREUR, EUSE (pleureur, reû-z'), s. m. et f.
1 1* Celui, celle qui pleure, qui a l'habitude de pleurer. Une Didon, une coureuse, S'en vint, en faisant la pleureuse, Nous demander place à bâtir, scabr. ' Yirg. IV. Il y a un nombre Infini de pleureuses de la mort de M. de Longueville ; cela rend ridicule le métier, sÉv. 163 Ovide.... quand il vient.... Me chanter, pleureur insipide. De longues lamentation.^, gresset, Chartr. La pleureuse de G reuze l'arrêta elle surprit, DiDKR. Salon de 4 765, (Euv. t. xiii, p. 196, dans pougens. Il Adj. Si tôt que l'aurore pleureuse Aura mis la nuit ténébreuse Hors des bornes de l'horizon, scarr. Virg. yin. Le coaiique pleureur aujourd'hui veut séduire. Et, sans nous amuser, renonce à nous instruire, VOLT. Deux siècles. Nos petits vers lâchés par gros in-ocfavo. Ou ces drames pleureurs qu'on joue incognito, Gilbert, Le tS' iiècle. || Roche pleureuse, roche qui laisse filtrer l'eau. || Pleureur se dit des arbres dont les branches pendent naturellement vers la terre. Saule pleureur. || Frêne pleureur, nom vulgaire du frêne pendant ; on dit aussi frêne parasol. || Singes pleureurs, les sajous ou sapajous. |i 2* Celui , celle qui regrette Quoi qu'en puissent dire les vieux pleureurs de Lulii et de Quinault, GRiMM , Corresp. t. v, p. 92. || 3" Pleureuse , femme qud, chez les anciens Grecs et les anciens Romains, on louait pour assister aux funérailles du mort et pour pleurer sa perte. {| Fig. Qu'on fasse donc venir ces ploureu.-ies pour pleurer et lamenter sur les malheurs d'une infinité d'âmes que le péché a fait mourir, le p. simon mars, Hyst. du roy. de Dieu, p. 867, dans POUGENS. Il II y avait aussi des pleureurs aux funérailles. || 4" S. f. Pleureuse, espèce de charançon.
— HIST. XVI' s. Lequel interroj^é s'il vouloit gaigner une pièce d'argent pour estr.. oleureux à un enterrage, respondit nepovoir pleure, mais qu'il ne laisseroit d'estre bien marry, noèl du fail, Contes d' Eutrapel, ch. i:>.
— ETYM. Provenç. ptorodor; espagn. llorador, lort. chorador; du lat. ploralorem, de plorare, plein "ir.
PLEUREUSES (pleu-reû-z'), t. f. pi. Bandes de toile bUnche qui se portaient retroussées de la largeur de trois ou quatre pouces sur le bord des manches de l'habit dans le grand deulL Quelques magistrats ha.s.irdèrent de paraître en pleureuses, et ne furent point imités par les autres, ST-siu. 42U, (8.
— KTVM. Pleureur.
PLEUKEUX, EUSE (pleu-reû, reû-z'), adj. Qui aniionue qu'on va pleurer ou qu'on vient de pleurer. Mine pleureuse. Quant à l'accueil sec et dur qu'd fait aux quidams arrogants ou pleureux qui viennent à lui, j. j. Bouss. »• diaj. || Substantivement. Qu'on me chasse ce grand pleureux, boil. lu Héros de romans.
— lllST. XI* s. Li apostolifl [le papej e li empereur Sedent [sont assis] es bans e poncif e plurus, SI Ateiii, Lxvi.||xiii* s. Fau.sse estes, voir plus que pie; Ne mais pour vous |je| N'aurai jâ ieu« plorous, QUKSNKs, llnmancero, p. 8» [i xvi* s. Ils sont pleureux, rraintift, PAnÈ, Inlrod. 6.
— ÉTYM. Pleurer; prov. plorot; espag. lloroso ; portug. clwroso.
i PLELRNICIIEMENT (pleur-nl-che-maD), ». m. Action de pleurnicher. Fatiguer par des pieurnichemants sans Ga
PLEURNICHER (pleur-ni-ché), ». a. Terme familier. Faire semblant de pleurer, comme les enfants qui veulent qu'on leur c^de. Elle pleurnichait sous prétexte de sa vieille tante.... genlis, Thédt. d'éd. la Lingère, II, 4. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Dérivation irrégulière et péjorative de pleurer.
t PLEURNICHERIE (pleur-ni-«he-rie),f.^. Action de pleurnicher. Si je n'étais en garde contre toutes ces pleurnicheries, al. duval, les Suspects, se. 4 9.
PLEURNICHEUR, EUSE (pleur-ni-cheur. cheûz'), s. m. et f. Terme familier. Celui, celle qui pleurniche. Je serai le plus insigne pleurnicheur vieillard que vous ayez jamais connu, didebot, Mém. t. m, p. I34, dans pougfns. Elle me répondit que de son naturel elle n'était pas pleurnicheuse, GENLIS, Parvenus, t. m, p. 30, dans pougens.
— ETYM. Pleurnicheur.
t PLEURO..., préfixe qui veut dire côté, et qui vient du grec itlsypov (voy. plèvre).
+ PLEURODISCAL, ALE (pleu-ro-di-skai, ska-P), adj. Terme de botanique. Qui s'insère sur les côtés du disque, en parlant des étamines.
— ÉTYM. Pleuro..., et disi]ue.
t PLEURODYNIE (pleu-ro-di-nie), t. f. Terme de médecine. Douleur rhumatismale qui a son siège dans les muscles intercostaux, et qui a quelquefois été prise pour une pleurésie.
— ÊTYM. Pleur<o..., etèSJvTi, douleur.
t PLEURODYNIQDE (pleu-ro-di-ni-k'), adj. Qui tient à la pleurodynie.
t PLEUROGYNB (pleu-ro-ji-n*) , adj. Terme de botanique. Se dit du disque quand, né sous l'ovaire, il se redresse latéralement.
— ÉTYM. Pleuro..., et ruvri, femme, ovaire.
t PLEUROGYNIQUE (pleu-ro-ji-ni-k') .adj.Tcrme de botanique. Qui s'insùre à la circonférence de l'ovaire.
PLEURONËCTE (plou-ro-nè-kt'), s. m. Genre de poissons plats qui nagent sur un côté du corps et ont les yeux du même côté de la tête.
— ÉTYM. Pleuro..., et vnixtè;, nageant, de yr\- XtiSoi, véeiv, nager.
t PLEURO-PÉRICARDITE (pleu-ro-pé-rikar-dit'), s. f. Terme de médecine. Inflammation simnltanée de la plèvre et du péricarde.
— ÉTYM. Pleuro..., 61 péricardite.
PLEUROPNEUMONIE (pleu-ro-pneu-mo-nie), *. f.
Terme de médecine. Inflammation simultanée de la plèvre et du poumon.
— HIST. XVI* s. Il mourut d'une pleurésie et pkuropneumonie, paré, xviii, 68.
— ETYM? Pleuro..., et pneumonie
t PLEURORRUIZÉ, ZÊE (pleu-ro-rizé, zée), adj. Terme de botanique. Dont la radicule est située latéralement.
— ÊTYM. Pleuro..., et fiÇa, racine.
t PLEUROSOMB (pleu-ro-so-m'), s. m. Terme de tératologie. Monstre qui présente une éventration latérale occupant principalement la portion supérieure de l'abdomen et s'étendant même au-devant de la poitrine.
— ÊTYM. Pleuro..., et <w|ia, corps.
t PLEUROTHOTONOS (pleu-ro-lo-to-nos"), ». m. Terme de médecine. Tétanos lbil(iral,c'est-à-<iiredans lequel le corps est courbé latéralement par la contraction plus ou moins forte des muscles d'un côié.
— ÊTYM. ll)eupo!)£v, de côté, et xévo;, tension. PLEURS, s. m. pi. Voy. pleur.
PLEUTRE (pleu-tr'), ». m. Terme de mépris. Homme sans courage et sans capacité. C'est nous dire : Voilà comme les braves fout; Et c'est une façon, à nous (|ui restons neutres. De nous faire sentir que nous sommes des pleutres, v. hugo. Un bon bourgeois. Tandis qu'on voit \3a tas de pleutres, d'ignorants et de pas grand'cho^ entasser des millions, p.EïBAUD, /. Paturot, I, 3.
— ÊTYM. Wallon, pleuti ; champ, plaut, plautre. Origine inconnue. Géirin, Récréât, t. i, p. ta», suppose que c'est une contraction de \'inc.]iinbelliudre, qui avait aussi un sens injurieux : Ces bclloudres veulent-ils faire les maistres? nu canob, balens. Diez est tenté de le rapprocher de poltron. Peut-on le rapprocher de peaulre t1 Voy. ce mot.
t PLEUVL'VER ((ilou-viné), v. n. Terme populaire. Se dit d'une petite pluie. Il a pleuviné toute la matinée.
— illST. XIII* a. Uoe ondée revint, li priit à plouvii.er, Iterle, XLlii. || xv* s. Toujours pluvina jusques à prime, froiss. Il, il, 17.
— ÊlYSl. Diminutif de pleuvoiri gêner, pleuvigner, ploui igner, ptutiner
PLEUVOIR {pleuvoir; Chifllet remarque, Cramm. p. 98, qu'd faut dire pleuvoir, et non plouvoir), il pleut; il pleuvait; il pleuvra, il pleuvrait; il plut; qu'il pleuve; qu'il plllt; pleuvant; plu, invariable, r. n. Il 1° Il se dit de l'eau qui lombe du ciel; sens auquel il est impersonnel. Il pleut à verse. Il n'a pas gelé un moment, et il a plu tous les jours comme des pluies d'orage, sév. i6 janv. )674. || Va écoute s'il pleut, voy. écouter, n° '2. || II y pleut comme dans la rue, se dit d'une maison où la pluie perce le toit, il Fig. Il a bien plu sur sa friperie , il a eu de grands désastres, de graves maladies. || Je n'en ai non plus qu'il en pleut, se dit pour exprimer qu'on n'a pas la moindre partie de la chose dont il s'agit. Il Comme s'il en pleuvait, beaucoup. 11 dépense l'argent comme s'il en pleuvait. |1 11 faut faire comme on fait à l'aris, il faut laisser pleuvoir. || Fig. Il pleut dans son escarcelle, tout lui arrive en abondance. I! Fig. Il a bien plu dans son écuelle, il lui est venu quelque bonne succession , quel lue grand profit. Il S" Il se dit de ce qui tombe ou semble tomber du ciel comme la pluie. Le peuple vautour. Au bec retors, à la tranchante serre, Pour un chien mort se fit, dit-on, la guerre : Il plut du sang; je n'exagère point, la font. Fabl. vu, 8. Avez-vous peur qu'il ne pleuve des hommes? et quand il en tomberait quelques-uns des nues, le grand mal I le ciel nous devrait ce miracle, mabmontel, Cont. mor. Soliman II. || Fig. Que le courroux du ciel allumé par mes vœux Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feuxl CORN. Unr. IV, 6, Le Seigneur fera pleuvoir sur vous sa fureur et sa guerre, mass. Carême, Aum. Il Quand il pleuvrait des hallebardes la pointe en bas, ou, simplement, quand il pleuvrait des hallebardes, c'est-à-dire quelque mauvais temps qu'il fasse. 113" Par extension, il se dit de tout ce qui tombe d'en haut en grande quantité, et alors il cesse d'être impersonnel. Mais d'aller plus à ces batailles Où tonnent les foudres d'enfer, Et lutter contre des murailles D'où pleuvent la tlamme et la fer, MALII. m, i. Je sais que Danaé fut son indigne mère; L'or qui plut dans sun sein l'y forma d'adultère, corn, ^ndrom. iv, 4. Faites pleuvoir sur eux lie la flamme et du soufre, tristan, Mariane, v, 2. Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, BOIL. .Sal. Stralsund était battu en brèche; les bombes pleuvaient sur les maisons, volt. Ch. XII, 8. Ce n'est qu'une eau qui pleut .sur le rocher sonore, LAHART. llarm. n, 3. \\ Impersonnellement. Il pleuvait des boulets et des balles. || Fig. D'où cet enfant est-il plu (d'où vient-il , d'où est il toml)é]? LA FONT. l.un. Il i* Avec un nom de personne pour sujet, il signifie quelquefois faire pleuvoir. l'icuvez d'>nc, je vous en conjure , El pleuvez .i l)onne mesure , SCARRON, Virg. v. Notre homme Trancha du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme Un climat pour lui seul, la pont. Fabl. vi, 4. Lui [Dieu] qui fait luire son soleilsurles bons etsur les mauvais, et qui pleut sur les justes et sur les injustes, boss. Serm. Née. de la vie, >. ||5"Fig. Affluer, «rriver en abondance. Les avis, les conseils vous pleuvent l'un sur l'autre, maihkt, S(}liman, m, s. Sur qui pleuvaient de tous côtés les bonnes fortunes, hamilt. Cramm. t. Les caloinnit^s pleuvent sur quiconque réussit , VOLT. J^w de Ifi'nos, ^pi(. Il n'.v a point d ouvrage nouveau sur des matii"'res très-délicates qu'on ne m'impute ; les livres do cette esprco pleuvent de tous côtés, ID. Lett. d'Argental , 20 nov. 1786. Il (Diogcne| faisait pleuvoir le sel et l'ironie sur les vicioux, DiDEii. Opinion des anc. philos, {cyniques). Mos lettres vous pleuvront, une (Kiga pour une ligne, et dans peu vous en aurez liaut comme cela, p. L. COUR. l.ett. I, S6. Il Les sarcasmes pleuvent sur lui de tous côtés, il est on butte à mille sarcasmes. J L'argint, les biens, les dignités, les honncura pleuvent chez lui, il reçoit coup sur coup des biens, des dignités, des honneurs. Les biens et les honneurs pleuvaient sur sa personne, la pont. Petit chien. Bon, autre argent qui va pleuvoir dans notre poche, LKORAND, Aieugle clairvoyant, se. 6. Une fois de l'Académie, les pl.ices et les honneurs vous pleuvent, p. L. cour. Lettre à l'Académie des inscr. ]\ Il se dit aussi impersonnelloment on ce sens. Veux-tu qu'i tous moments il pleuve dus pislolus Y COHN. Suite du Mrnt. 11, 5. Les fAchuui à la fin se sont-ils écartés? Je pense (|u'il en pleut ici de tous côtés, UoL. t'dch. Il, I. Il pleut ici de mauvais livres et (le mauvais vers, volt. Lett. roi de Prusse, nov. <74'i. Il nous pleut ici d'Mollande des ouvrages sans nom lire 1:011 Ire le fanatisme, d'alemh. l.ett. d ►'o/L ii sept. 1767. Amis, il pleut, il pleut des lois; L'air est malsain, j'en perds la voix, liRANO. Enrhumé,
11C6 il-*
Il II pleut des ciiansons, des dpigrammes contre un le), il se fait l>caucoup de chansons, d'épigrammes contre lui. || 6' Absolumenl. Se dit d'argent donné en abondance. Cette pluie est fort douce, et quand j'en vois pleuvoir, J'ouvrirais jusqu'au cœur pour la mieux recevoir, corn, le Kent, iv, «. Adieu, de ton côté si tu fais ton devoir. Tu dois croire du inien que je ferai pleuvoir, id. ib. iv, 7. Si vous vous mariez, il ne pleuvra plus guère, lo. ib. v, 7. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand il s'ajjit de la pluie. Mais quand il s'agit d'autre chose et qu'on veut marquer l'état non l'action, il se conjugue avec l'auxiliaire étTe : Il nous est plu aujourd'hui des fâcheux.
— HIST. xii* s. Beau tens faisoil serl e cler, Cum eenz pluvpir e senz venter, benoît, ii, 7678. E il pluveit tant fort qu'il ne voleit cesser, Th. le mart. 48. || xiii* s. Par un jour si très liel qu'il ne pleut ne ne vente, Berte , x. Il laissa le pleuvoir, sauHnrit [s'amoindrit] la froiduie, ib. lui. Mes hora ne se doit jà movoir, S'il veoit tex [telles] lermes plovoir Ausinc cspès cum onques plul, là Kose, <3680. [Les anges chassés du cielj Trois jours et trois nuiz adès plurent [tombèrent comme la pluie], Ou'ainz [que onque] plus espesseraent ne plut Pluie qui si grevanz nous fust, Saint-Graal, V. 2097. Il xiv s. Car il plouvoit adont une pluie pesant, Guesd. I8J83. || xv« s. Ni les seigneurs.... n'espargnoient or ni argent non plus que donc si il plut des nues, pnoiss ii, li, 223. || xvi* s. 11 n'y pluyra plus pluye, ny luyra lumière, ny ventera vent, ny sera esté ne automne, rab. Pant. m, a. Et coupz de guantelctz de tous coustez pleuvoir sus Chicquanous, ID. ib. iv, U. C'est le Seigneur qui a commandé au ciel de pleuvoir sur la terre, afin qu'elle fructifiast, calv. ttistit. 16). Dieu en menaçant de pleuvoir sur une ville, et envoyer sécheresse à l'autre, id. ib. 754. Le ciel ravy, qui si lelle la voit. Roses et liz et guirlandes plcuvoit Tout au rond d'elle au milieu de la place, bons. «o. En hyver partout pleut, «n esté là où Dieu veut, cotgrave. Tant tonne qu'il pleut, ID.
— ÊTYM. Berry, pleurf, pleuve; wallon, pîour; prov. ploure, pluoure; catal. plourer; espagn. lloter;porlug. chot'fr ; ital. pt'oiere; du lat. pluere, auquel Curtius, n* 309, compare nXûvw, laver, le rad. sanscr. plu, nager, le goth. flewin, flotter, laver. Le français vient, avec changement d'accent, et « intercalaire, de pluêre, qui donne pluoir, pleuvoir.
PLÈVRE (plè-vr'j, ». /. Terme d'anatomie Nom de deux membranes séreuses qui tapissent chacune un des côtés de la poitrine et se réflécliissent ensuite sur le poumon. Il Plèvre costale, la portion qui revêt la face interne des côtes. || Plèvre pulmonaire, celle qui est en contact avec le poumon.
— HIST. xvi* s. La fracture des costes du dedans, à cause qu'elle picque la pleure, excite Inflammation, PAKt, Xlll, H.
— ÊTYM (DtMpèv, côté, «)euf,à, côte.
t PLEXIFORIMt (plfj-ksi-for-m'), ad;. Terme didactique. Qui a la forme d'un plexus.
— ETYM. Pleins, et forme.
PLEXUS (plfc-ksus'), ». m. Terme d'anatomie. Kntrelacement formé par plusieurs branches de nerfs, ou par des vaisseaux quelconques qui s'anastomosent. Plexus solaire. Plexus cœliaquc.
— HIST. XVI* s. Le demeurant dudit rameau [carotide interne].... entrant pour illec faire le plexus admirable, paré, ii, <7.
— ETYM. Lat. plexui, entrelacement, de plectere, plier, même radic;il que plicare (voy. pueh).
PLKYON (plê-ion), ». m. || 1* Osier menu avec lequel on attache les vignes et les branches d'arl>res.|| i' Longue perche de bois pliante. || 3* Pleyons, pics, raquettes ou longs bois, branches de vigne non taillée pour que chaque oeil donne du fruit.
— HIST. XIV* s. L'erbe des prés de Brio et la pescberie de la rivière d'Isme, les pleons et les soloies d'environ, du canoë, planchoneia, ||xv* s. Le suppliant.... trouva que on avoitosté un baston appelle ployon, duquel on fait tourner le coultre de la charrue, iD. plowthum. Il XVI* s. On relevé le premier jet de la vigne coniremont le chari^r [échalas], là attachant avec do la paille longue mouillée, qu'on appelle k Paris Uu pleion, o. db sbkres, 18j.
— ÊTYM. Plier; nortn. plion.
PLI (pli), ». m. Il 1* Ce qu'on fait à une étoffe, à du luig», etc. lorsqu'on les met en un ou plusieurs doubles, ^ai>e un pli & utie étoffe, à une feuille de papier. Manchettes plisséos i petits plis. || Hemetire une élolTedan» »c» pli», la replier de la même manière qu'elle avait été plié* p«r le fabricant. || Cet habit ne fait pas un pli, il est juste à la taille. || Ha.
PLI
et familièrement. Cela ne lait pas un pli, pas un petit pli, pas le moindre pli, cela est sans difficulté. Oue la chose ne ferait pas le plus petit pli, genlis. Parvenu», 1. 1, p. 299, danspouoENS. {| Fig. Donner un bon pli à une affaire, la tourner de la sorte qu'elle ait une issue favorable. ||2° Terme de couture. Diminution de l'ampleur ou de la largeur d'une étoffe, d'un ruban, d'un papier, en mettant l'étoffe en deux ou en trois. Petit pli, grand pli, pli double, pli rond. En couture, le pli rond se fait en mettant l'étoffe en trois, i gauche, en ne changeant pas l'étoffe de côté, c'est-à-dire l'étoffe toujours à l'endroit, puis en répétant le même pli à droite. Le pli double se fait en mettant deux plis l'un sur l'autre exactement || 3° La marque qui reste à une étoffe, etc. pour avoir été pliée. On a fait des cornes à ce livre: on en voit toujours les plis. || Faux pli, pli fait à une étoffe, soit avec le fer, soit parce qu'elle a été mal pliéc, à un endroit où il ne doit pas y en avoir. || Cette étoffe a pris son pli, les plis i:i.iy sont demeureront toujours. Il Fig. Il ressemble au camelot, il a pris son pli, c'est-à-dire il ne changera plus de madière de vivre, de penser, etc. Il [le naturel] se moque de tout ; certain âge accompli. Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli, LAFONT. Fabl. m, m. || Donner le pli à an vétemtnt, le porter quelque temps pour que les plis s'accommodent aux formes du corps. 11 les porte [des babils] d'abord, pour y donner le pli, et je les use après, legrand, ramille extrav. se. H |1 4° Manière de plier une lettre, pour la fermer. La forme, le pli, le cachet, l'adresse, tout dans cette lettre m'en rappelle de trop différentes, J. J. bolss. Hél. vi, 7. Il Enveloppe de lettre, de paquet, etc. Je vous envoie sous ce pli.... Il Pli cacheté, lettre secrète, qui ne doit Être ouverte, à la mer, qu'en certain lieu indiqué d'avance, ou dans certaines circonstances prévues. Il 6* Il se dit de la manière dont un vêlement s'accommode aux formes du corps. Combien des cheveux noués négligemment par derrière et des draperies pleines et lloltantes à longs plis sont agréables et majestueuses I fén. Étlue. filles, <o. Lorsque l'habit jaloux qui cache ton amante Descend, glisse à longs plis sur sa taille élégaiile, delii.lr, rioi» règnes, m. Zéphir vient se jouer dans ses flottants habits, Et la pudeur craintive en arrange les plis, id. Hom. des ch. I. Il II se dit, en [leinture et en sculpture, des sinuosités des draperies. Dans une draperie, il faut principalement avoir égard à l'ordre des plis. || 6* Ce qui ressemble aux plis d'une étoffe, etc. La peau de cet animal fait des plis sur le cou. Que jamais la gloire ne creuse Sur ce front blanc le moindre pli, lamart. Épit. Nul souci sur son front n'avait lais>é son pli; Tout folâtrait en elle , ID. Harmon.iv, to. Et l'on peut distinguer bien des choses passées Dans ces plis de mon front que creusent mes pensées, v. hugo, F- d'aut. I. Il 7° L'endroit où une chose solide fait comme un pli. || Le pli du bras, le pli du jarret, l'endroit où le bras, le jarret se plient. || Terme de manège. Le pli de l'embouchure, l'endroit de la brisure du mors de bride. || Chez le cheval, pli du paturon, cavité qui se remarque à la face postérieure du paturon. || Mettre un cheval dans un beau pli, voy PUER, n* 3. || Terme de botanique. Nom donné à des lignes saillantes, droites ou sinueuses, qui s'aperçoivent sous le chapeau de certains champignons. Il Terme de construction. L'angle rentrant d'un mur, par opposition à coude. || Terme de tactique. Un pli de terrain, un enfoncement où une troupe peut se masquer. Dn de ses officiers d'ordonnance, le prince d'Aremberg, vint l'avertir que, dans l'ombre de la nuit et des bois, et à la faveur de quelques plis do terrain,des Cosaques se glissaient entre lui et ses avant-postes, sêgur, Hisl. de Nap. IX, 3. Il 8" Pli de câble, voy. boi:e de câble. |1 Arrangement des manœuvres courantes, qui sont pliées généralement en roue; chacun des tours ainsi formés. Il 9" Fig. Habitude contractée et comparée à la marque persistante que le pli laisse dans une étoffe. Dans les âges suivants [après la jeunesse], on commence à prendre un pli; les passions s'appliquent & quelques objets.... boss. Panég. St Bern. i. Mais que de temps en temps vous l'y condamnassiez pour lui faire prendre le pli de la soumission, mainienon, Lelt. à Mme delà Viefville, 20 juin 1708. Il me semble que la plus grande utilité ilu théâtre est de rendre la vcitu aimable aux hommes, de les accoutumer à s'intéresser pour elle, de donner ce pli & leur cœur, roNTKN. Héfl. poét. Œuv. t. III, p. <73, dans pougens Mon iuic, n'ayant pas pris d'abord le pli que lui devait donner la mauvaise fortune, a toujours résislè à l'abaissement «t â la sujétion oA je me suis trouvée.
PU
STAAL, Mém. 1. 1, p. 2. Il est toujours sage et avantageux d'encourager les hommes aux actes honnêtes : ils .sont capables de prendre le pli de la vertu comme du vice, nucLOS, Consid. mœurs, iv. || Fig. Cet homme a pris son pli, les liabiiudes qu'il a contractées ne sont plus susceptibles d'être changées. Ne dit-on pas tous les jours : j'ai pris mon pli, je suis trop vieux pour changer? fén. Éduc. filles, v. || On dit dans le même sens : le pli est pris. ||Ce jeune homme a pris un bon pli, un mauvais pli, il est déjà formé aux ha'nitudes du bien, à celles du mal. || On dit dans le môme sens : donner un bon pli à la jeunesse. Il 10° Kig. Les plis du cœur, et aussi les plis et replis du cœur, ce qu'il y a de plus secret dans le cœur. Vos yeux démêleront ses secrets senlimenls, Kt des plis de son cœur verront tout l'artifice, volt. Zaïre, iv, 6.
— HIST. XII* s. Les deus plois de l'aubert [il] li a fait desconfire, Sax. x. || xiii* s. Voslre cemise me livrez, El pan desus ferai un ploit, marie, Cujemer. Je ferai toutes mètre en pli Vos barbacanes là drecies; Jà si haut nés aurés drecies Que nés face [quejeneles fasse] par terre estendre, la Rose, 209J6. || xv* s. Aussi Amours me prist au plol De mon droit jouvent; pour ce ploi [pour cela je plie] Tout ensi qu'il me voelt ployer, froiss. Espin. amour. Car trop y a [dans les coiffures des femme.si d'espingles et d'arestes, De cheveulx more, de bourriaux et de cresles, Et tant de plois et devant et derrière, G. DEscH. Poésies mss. f* 328. J'ay pris ce ply, force est que le maintiengne; Si seroit fort que jamais le changeasse, a. chart. Compl. Sur le bas du ply de leurs robes, villon. Bail, des dames de Paris. i\ xvi* s. Car qui d'amours ne veut prendre le ply.... MAHOT, I, <«t. De tes habits les plis ne sentent qu'ambre, ID. IV, 287. Nos plus grands vices prennent leur ply de nostre plus tendre enfauce, MONT. I, «07. Du ply du col, à /ault de mains, il [un estropié] manioit.... ID. i, to». Attendani quel pli prendroyent les affaires de la tour et les mouvemenz de Paris, lanoue, 645. Le ply du coulde, PARÉ, IV, 23. Le ply du jarret, m. ib. 31. Les mouvemens et plis du visage qui servent aussi au pleurer, comme les peinctres nous apprennent, char- ROH, Sagesse, i, 39.
— ÉTYM. Voy. plier; wallon, pieu ; provenç. pleg, plec ; anc. esp. pliego; port, prege ; ital. piego. Ploi et pli sont le même mot prononcé différemment. Pli se dit, dans quelques provinces, dune levée, aux cartes.
PLIABLE (pli-a-W), adj. || 1* Qui peut être plié. Une branche pliable. Lorsqu'on veut se servir du raisonnement seul pour établir les vérités religieuses, c'est un instrument pliable en tous sens, qui peut également les défendre et les attaquer, siael, Allemagne, m, 6. || a* Fig. Docile, facile à gouverner. Un caractère pliable.
— HIST. xvi's. Rendons nous pliables et maniables au bon plaisir de Dieu, comme si nous estions de cire,
SAINT FRANÇOIS DE SALES, dans le Dict. de DOCllEZ.
— ÊTYM. Provenç. plicable; du latin plicabilis, de plicare, plier.
PLIAGE (pli-a-j'), s. m. Action, manière de plier; l'effet de cette action. Lorsque la feuille est bien pliée, les pages se suivent dans l'ordre numérique; chaque format doit donc exiger un pliage particulier, Manuel de reliure, Roret, 1827, p. i«. \\ Pliage de la poudre de chasse, action de la mettre en rouleaux. La feuille de plomb sera supprimée dans le pliage des rouleaux de i/8* et de i/te* de kilogramme ; on continuera de l'employer pour les paquets de dimensions supérieures; les essais qu'on a faits de ce mode de pliage pour les petits rouleaux ay.int parfaitement réussi.... Contrib. iudir. » déc. t820, Lettre commune, n° 68^4.
— HIST. XVI* s. Pliage, cotorave.
— ÊTYM. Plier; wallon, ployig.
PLIANT, ANTK (pli-an, an-t'), adj. 1| 1° Qui plie facilement. 11 [le jeune oiseau] sort, et, balancé sur la branche pliante, 11 hésite, il essaie une aile encor tremblante, delille, Trots règnes, viii. || Fig. Accommodant, docile. C'était un homme assez docte [Bucer], d'un esprit pliant, et plus ferlile en distinctions que les scolastiques les plus raffinés, BOSS. Variât, m, ;i. L'on désirerait de ceux qui ont un bon cœur, qu'ils fussent toujours pliants, faciles, complaisants, la bruy. xi. || i° Table pliante, table composée de plusieurs parties qui «e replient au besoin, de inanièie à tenir moins d'espace. 113° Siège pliant, siège qui se plie eu deux, et qui n'a ni bras ni dossier. Enfin, il fut décidé que le Dauphin n'aurait qu'un siège pliant devant le roi d'Angleterre, mais qu'il aurait un fauteuil devant la reine, la
PLI
FAT. Jfém. eour de France, Œuv. t. n , p. «o», dans ' pouGENS, Il Substantivement. Otez ce pliant et apportez un fauteuil, mol. Fest. de P. iv, 3. M. de Guise n'eut qu'un pliant devaat madame sa femme, ST-siM. 35, 146. ||4" S. m. pi. Terme de chasse. Pliants ou perches, branches que l'on plie dans les avenues des pipées, pour y tendre des gluaux.
— SYN. PLIABLE, PLIANT. 11 y a Une différence entre ces adjectifs : ce qui est pliable, est susceptible d'être plié, quoique peut-être il n'ait jamais été plié. On ne dit pas un siège pliable mais un siège pliant. Un caractère pliable est un caractère qui n'a pas encore été plié, mais qui peut l'être; un caractère pliant est un caractère qui plie facilement, I.AVEAUX.
— HlST. xiii* S. Tangrès [Tancrède] li fins marchis feri [frappa] Salehadin, L'escu li a trencié et le pliant hermin, Ch. d'Ant. ii, 667.
PLICA (pli-ka),s. tn.Voy. PLlQL'E;plicaest inusité.
t PLICATIF, IVE (pli-ka-tif, ti-v' ), adj. Terme de botanique. Qui met en pli, qui chiffonne. Estivation plicative.
— ÉTVM. Lat. pUcatus, part, de plicare, plier. PLICATILE (pli-ka-ti-l') , ad;'. Terme de botanique.
Qui est susceptible de se ployer ou qui a une tendance naturelle à le faire, comme la corolle des liserons, qui se plisse le soir et ne s'ouvre que le matin.
— ÉTVM. Lat. plicatilis, de plicare, plier.
t PLICATIPENNE (pli-ka-ti-pè-n'), adj. Terme de zoologie. Se dit d'un insecte dont les élytres offrent de gros plis transversaux.
— ÊTYM. X.at. plicatus, plié, et penne.
t- PLICATCRE (pli-ka-tu-r'i, i. f. Terme didactique. Formation de plis. Ce serait un problème au-dessus de la géométrie connue que de déterminer les figures qui peuvent résulter de tous les développements d'un certain nombre de plicatures données, buffon, Animaux, cli. H.
— HlST. XIV' s. Plicature, cotghave.
— ÊTYM. Lat. plieatura, de plicare, plier.
». PLIE (plie), s. f. Poisson plat du genre de la limande, dit aussi plie franche, carrelet {pkuronecte plie). \\ Plie rude, un des noiiis vulgaires de Vhippoglosse vulgaire (malacoptérygiens), dit aussi flétan {pleuronecle limandoïde de certains auteurs).
— HlST. xiii* s. Barbues grasses, plais lées [larges], Bat. des sept arts. |{ xiv" s. Plais sont doulces î applanier à la main, et lymandes au contraire, Menagier, n, 4.
— ÉTYM. Picard, plaie, player, plier. L'ancienne forme est plais, du féminin; pKe en paraît une altération. Plats tient sans doute au lat. platetsa, sorte de poisson plat.
f 2. PLIE (plie), s. f. Il l'Ancien terme de manufacture. Une certaine longueur de fil. La plie de fil pour les peluches... sera au moins de 20 portées f/3, Arrêt du Cons. '6 janv. n\l. \\i' Dans les fromageries deRochefort, mettre en plies, placerde champ les fromages raclés et séchés.
t. PLIE, ÉE (pli-é, ée), part, passé de plier. Il 1* Mis en pli. Généralement presi|ue tous les hommes, quoique couchés sur des Heurs, ne sauraient dormir, s'il y en a une seule feuille pliée en deux, poNTEN. Dial. 2, Morts anc. || Plié en deux, se dit d'un homme à qui la maladie ou l'âge ne permet pas de se tenir droit. Je suis plié en deux, je souffre vingt-trois heures sur vingt-quatre, volt. Lell. Richelieu, ï5 mai 1772. Il 2' Courbé, fléclii. Ce bras [Dieu], qui rend la forceaux plus faibles courage», Soutiendra ce roseau plié par les orages, volt. Zaïre, m, 4. || Se dit des rameaux qui se courbent en dehors comme ceux du saule pleureur. || Coquilles pliées, coquille» bivalves dont les valves présentent l'une un pli uillant, l'autre un pli rentrant destiné à recevoir le premier. || Couches pliées, couches de l'intérieur du globe qui offrent des plis anguleux plus ou moins multipliés. Il Chez les insectes, ailes pliées, celles qui sont ployées longitudinalemeiit comme un éventail. Il Terme de blason. Il se dit des oiseaux qui n'étendent pas les ailes. Une aigle au vol plié. Il 3' Fig. Oui a reçu une habitude, une disposition comme une étoffe, un pli. Cela vient de ce que l'esprit de l'homme se trouvant plié de ce côlc-là par la vérité, devient susceptible par là de toutes les faussetés, pasc. Pent. part. 11, art. «6. Les autres ont des pensées si fortement pliées vers le mauvais cdté et ai intleiibles, qu'il serait inutile de les vouloir tourner d'un autre, font. Btmh. (Euv. t. m, p. 248, dans pouofns.
3. PLIÉ (pli-é), f. m. Terme de danse. Mouvement des genoux quand on les elle.
— iTYM, Plié 4.
PLI
t PLIEMENT (pli-man), t. m. Action de plier.
— HlST. XVI' S. Pliement, cotgrave.
PLIER (pli-é), je pliais, nous pliions, vous pliiez; que je plie, que nous piuons, nue vous pliiez, v. a. i° Mettre en un ou [ilusieurs doubles et avec un certain soin du linge, des étoffes, du papier. Plier des serviettes, des bardes, une lettre. J'ouvrirai la valise, et vous, sans le plier. Tout du long au-dessus vous mettrez le papier, hauterochr, Esp. fol. n, 7. Il Plier les étoffes, faire un pli au milieu dans toute leur longueur, et en faire ensuite plusieurs dans la largeur également distants les uns des autres, qu'on range alternativement en dedans et en dehors. Les femmes ne cessent jamais, ou de Qler les laines, ou de faire des dessins de broderie, ou de plier les riches étoffes, fén. Tel. m. || Il se dit aussi pour remettre une étoffe en ses premiers plis. || Plier sur la main, faire tenir les mains en l'air et un peu éloignées l'une de l'autre, et faire passer tout autour du fil, de la soie, du galon. Plier unécheveau. |j Plier des soies, mettre les écheveaux de soie, au sortirde la teinture, en deux ou en trois suivant la longueur qu'on veut donner aux bottes. |{ Plier un éventail, le monter et y mettre le bois. {| 2" Serrer, fermer ce qui était étendu, déployé. La Nuit, qu'il me faut avertir. N'a plus qu'à plier tous ses voiles, mol. Amph. i, 4. Il Plier bagage, serrer les tentes, les bagages, et, par suite, décamper, se retirer, en parlant d'un corps de troupes. |i Fig. Plier bagage, s'en aller, fuir à la hâte, furtivement. Tout est perdu, Cliton, il faut plier bagage, cob«. Ment, v, 2. || Populairement. Plier bagage, mourir. || On dit aussi : plier son paquet, mourir. || Plier la toilette, faire un paquet de la toilette, et, par suite, voler, emporter toutes les' bardes d'une personne. Il y avait chez elle la plus grande liberté du monde... il y en a même qui lui ont volé tantôt sa bourse, tantôt sa pelotte d'argent... et jamais il n'y eut demoiselle du Marais à qui on ait si souvent plié la toilette, tallemant DES BEAUX, Historiettes, t. ix, p. 92. || On a dit aussi : plier la serviette. Il la défend [une fillç] dans ce métier Du commissaire du quartier , Et qu'un filou ne la maltraite, Ou n'aille plier sa serviette, le Voyaf/e de Mercure, p. 92, dans fr. michel. Argot. Il Plier toilette, s'est dit Siussi dans le sens de plier bagage. Didon... Que la tyrannie et la haine De son frùre Pygmalion... Contraignit de plier toilette, Et de déloger sans trompette, scahr. Virg. i. Tous
! les dieux, de Paphos délogeant sans trompette. S'en vinrent habiter ces lieux; Et même les Amours plièrent la toilette Avec ce que leur mère eut de plus précieux, J. B. aouss. Vers à Mme la comtesse de B***. ||3.' Fléchir, courber. Plier les genoux.
i Plier le bras. Je pousse mon cheval et par haut et par bas. Oui pliait des gaulis aussi gros que le bras, MOI.. FacU. 11, 7. || Fig. Il faut plier les épaules, il faut se soumettre. || Fig. Plier les genoux devant le veau d'or, voy. veau. || Terme de manège, l'iier un cheval, plier le cou d'un cheval, lui amener la tête en dedans ou en dehors, afin de lui rendre l'encolure souple. Il Plier les jarrets, manier sur les jarrets. || Plier les reins, se dit du cheval qui aplatit sa croupe en galopant. || 4° Fig. Assujettir, faire céder, accoutumer. Tant Bucer avait réussi par ses discours ambigus à plier les esprits, de sorte qu'ils pus.sent .se tourner de tous côtés, Boss. Variât, m, 13. Ces âmes inflexibles qu'on ne |ieut plier, et qui n'ont de l'état religieux que la clôture et que l'habit, bourdal. Exhnrt. sur i'obéiss. reliy. t. 1, p. 272. tlle le plia avec douceur sous le ioug de l'autorité maternelle, flêch. Duc de Mont. Etcsvous en état de di.scerner, entre vos conseillers, ceux qui suivent religieusement les règles, d'avec ceux qui voudrai'nt les plier selon leurs vues? fKn. t. XXII, p. 28». Tu dois à ion étal plier ton caractère, voi.T..^i«. 1,4. Klles plient à leur gré la volonté de leur amant, dideb. Claude et Nér. 1, 47. Un règne absolu de soixante-douze ans [de Louis XIV) avait
i plié deux ou trois générations à l'obéissance et à la crainte, luclos, Œuv. l. v, p. 3-17. Ou'il plie, en ap-
I prêchant de ces superbes fronts, Sa tôle à la prière et .son âme aux affronts, a. chén. Élég. xvi. || Accommoder. Il [l'hommej plia jusqu'aux métaux à son usage, BOSS. Wij». 1,2. C'est la langue qui plie en tons articulés les sons vagues qui ne seraient i|ue des chants ou des cris, buff. Ois. t. xi, p. <54. || Porter, engager. Il n'y a ni poste, ni crédit, ni richesses, ni titres, ni aulorité, ni faveur qui aient pu vous plier à faire ce choix (choisir la Bruyère], la brut, l'itc. àl'Acad. fran[. |{ B* V. n. Devenir courbe. Faire plier un arc. Une lame d'épéc qui plie jusqu'à la garde. Les vent» me sont mtins qu'à vous redoutable» ; Je pli* et ne romps pas, la font Fabl. 1, '3. L'arbre
PLI
tient bon; le roseau plie, id. t!i. Et sous les pas nombreux de leur dan.se légère Faire à peine plier la mousse et la fougère, perrault, dans richelbt. A cinq heures 39 minutes, la pièce [de bois] n'avait encore plié que de deux pouces, quoique chargée de seize milliers, bupp. llist. nat. Part. exp. (Euv. t. VIII, p. «74. Il Fig. C'est un roseau qui plie à tout vent, se dit d'une personne qui n'a point de fermeté, qui cède à toute personne ou à toute chose. Il Terme de marine. Incliner sur un côté, en parlant d'un navire que le poids du vent dans ses voiles fait pencher plus que de raison. || 6° S'affaisser, ne pas pouvoir porter. Le plancher pliait sous le faix. Cet arbre plie sous le poids de ses fruits. {| Fig. Contemplez-le [un heureux] dans le jour même oii il a été nommé à un nouveau poste... voyez... comme il plie sous le poids de son bonheur, la bruy. viu. Ces gens lisent toutes les histoires, et ignorent l'histoire... ils plient sous le faix, leur mémoire en est accablée, m. xm. On voit tous les jours plier sous les maux des hommes que le ciel n'épargne pas, DiDER. C/aud. pJ A'^. Il, 66. Il Fig. Plier sous le poids des années, être accablé par l'âge. || 7* Fig. Céder, se soumettre. Tout plia devant la cour : Mme de Longueville se sauva par mer en Hollande, RETZ, Mém. liv. III, p. 140, dansPOUGENS. Louis, en une infinité de rencontres, est contraint de plier sous les coups de sa mauvaise fortune , boss. 2' panég. St Franc de P. i. Oui ne veut jamais plier casse tout à coup, ID. Politique, iv, 11, 2. A-t-il plié [Moutausier] sous la grandeur, lorsqu'elle s'est trouvée injuste ? FLÉCii. dite de Montaus. C'en est fait, mon orgueil est forcé de plier, rac. Esth. ni, s. Dans la société, c'est la raison qui plie la première; les plus sages sont souvent menés par le plusfou et le plus bizarre, LA BRUï. v. Vous dites qu'il faut être modeste... faites seulement que les hommes n'empiètent pas sur ceux qui cèdent par modestie, et ne brisent pas ceux qui plient, id. xi. Il fallut que le pape pliât ; il fut forcé d'envoyer son neveu, le cardinal Cbigi, en qualité de légat à latere, faire saiisfactiuii au roi, VOLT. Louis 11Y,1. Il est impossible de rompre en visière aux gens qui plient, MiHAHGAU,/,e(( orig. t. m, p. 654. Il est temps que les lois prohibitives plient sous l'impérieuse loi de la nécessité, BATNAL, Hist. phil. XIII, 6B. || 8' En parlant des troupes, reculer dans un combat. La cavalerie on nemie, fondant sur la nôtre, la fit plier, prllissun , Lett. hist. t. II, p. 4ii8, dans pougens. Us avaient en tète Aristide et Thémistocle, qui les soutinrent longtemps avec un courage intrépide, mais qui furent enfin obligés de plier, rollin, llist. anc. (liuv. t. m, p. 147 , dans pougens. {| En termes de marine, on dit qu'un bâtiment de guerre plie lorsqu'il quille le combat, qu'il fuit le champ de bataille. Le combat commença par les deux vaisseaux de la tête des deux avant-gardes; Ruyter agit on homme qui voulait faire plier la nôtre, à queli|ue prix que ce lût, M^m. de YilletU, 1676, dans jal. || 9' Se plier, v. réfl. Se courber, être lléchi. Le bois se plie peu à peu, BOSS. Conn. v, 4. Les monnaies, qui n< doivent ni se plier, ni s'effacer, ni s'étendre, auraient tous ces Inconvénients si elles étaient fabriquées d'or pur, bupp. Min. t. iv, p. 204. J'étais comme un arbre qu'on transporterait d'une forêt dans un jardin, et dont les branches ne pourraient qu'à la longue se plieraugrédu jardinier, baiitiiKl. Anaeh. ch. 3. || Fig. La croyance des hommes s'csl pliée par là, pasc. Miracles, 3o, éd. paugEre. Vn homme d'esprit qui saurait so tourner et .se plier en mille manières agréables et réjouissaiitea, la bruy. iz. Les uns à un certain âge ne peuvent plus se plier eux-m£mes contre certaines habitudes ijui onl vieilli avec eux, fén. Til. xvi. || 10' Fig. S'accommoder, déférer à. Il se plie sais cosse au gré des passions d'autrui , mass. Mystères , Passion. Tout se plie à mes principes, montesq. Bsp. xxviii, 6. 11 faut donc [pour le théâtre] se plier au guiU d'une nation d'autant plus difficile qu'elle est depuis longtemps rassasiée de cbefs-<rœuvre, volt. Mirope, Lctt. La grande âme de ce digne homme, toute républicaine et fière, ne pouvait se plier que sous le joug de«l'amilié, i. i. houss. Confess. xii. La raison sans guide assuré, so pliant toujours vert l'intérfil personnel dans les clio.ses douteuses, id. Paix perp. Les ïartares, qui s'étaient plies aux mœurs et au gouvernement de la Chine, ratnal, llist. phil. y, 18. Il Proverbe. Il vaut mieux plier que rompre, c'est-à-dire il vaut mieux obéir, céder, que s'exposer à être maltraité, à tout perdre.
— HI'^M. Des grammairiens ont essayé do distin» guer plier et ployer. Le fait eut que ces deux mots sont identiques, n'itaut que deux variétés de pro-
VU
PLI
nonciation, l'i, dans la langue du moyen igp, »« changeant souvent en oi, «uivanl les dialectes : lier, toier, prier, proier, etc. L'usage aurait pu y introduire dos différences; mais il ne l'a pas fait; tout se réduit à ce que, en certaines locutions, plier est plus usité que ployer, et ployer que plier.
— HIST. X' s. Ne ule cose non la pouret [pouvait, j>otiierat] omque pleier, Eulalie. |{ xi* s. Si l'en dunez cest gant ad or pleiet [ainsi donnez-lui pour cela ce gant à or plié], Ch. de flni.cixxxix. || xu's- Jusiamonz passe ayant, son gant au poing li plie , Cuiteclins le reçoit et la batnille otrie [octroie), du CANGE, Gloss. français. || xiv* s. Mauvaisement son sens emploie Li conseillieres [des princes), quand il ploie Aussi com li rosiaus au vent, J. de condé, t. m, p. 275. Il ne me chault qu'il en aviengne; Oui ne pourra ploier, si brise, J. bruyant, dans Ménngifr, t. ii, p. 7. || xvi* s Une fine toille tie cypre, toute battue d'or, curieusement pliée comme si feust ung rocliet de cardinal, hab. ScinmaeU. Il plie et forme tous nos sens pour les assujettir à son empire, calv. Instii 720. Si tous plioient le genouil devant Jesi» Christ, ID. ib. 761. Si vous ne la formez de bonne heure, la langue ne se peult plier, MONT. I, te*^. Plier le corps à toutes façons et coustumes, ID. I, 184. Plions bagages, id. i, 279. Ils se plieront mieulx i ce conseil, m. i, 280. Clore et plier une lettre, m. i, 29s. Elles eslevoient leurs enfants sans les attacher ne plier, m. ii, i63. Plier soubs le faix, id. ii, i68. Il [BomulusJ avoit baillé le signe pour commencer le ravissement, quand il plieroit un pan de sa robbe, et puis le desplieroit, AMTOT, Rnm. 20. Leurs espées [des Gaulois] estoient forgées de fer fort mol, de sorte qu'elles se courboient et plioient incontinent, id. Cam. "O. Il plia soubs le joug, et se remeit de toutes choses à la mercydes Romains, m. P. jEm. 13. Les soldats, avec leurs harquebuses les mèches estaintes, et le? drappeaux pliez dans les coffres, d'aob. Ilist. ii, 4 56. Plier le corde [aimer à boire], oudin, Dict.
— ÊTTM Wallon, ploy; picard, plicher, plier, céder; Berry, piéger, pleyer ; provenç. plegar, pleiar; e-spagn. plegar; portug. pregar ; ilal. pi'ejore; du lat. jilicore; grec, itU'xeiv ; sanscr. prie, mêler, joindre, courber (voy. ployer).
PL1EI:r, EUSE (plieur, oû-z"), s. m. et f. \\ !• Celui, celle qui plie des étoffes, du papier, etc. Il i' Adj. Chenilles plieuses, et, substantivement, plieuses, chenilles qui plient les feuilles des arbres pour se construire des nids. Le procédé des plieuses suppose des manipulations plus recherchées que celles des lieuses; elles plient les feuilles en entier ou en partie, bonnet, Contempl. nat. xu, 7.
— HIST. xvi* s. Les hommes mal vestus, quand ils geroientplieursde corporaux,si sont-ilsà tous coups prins pour espies, desper. Contes, Lxxiil. Les muscles flecheurs ou plieurs du carpe, pari*, iv, 28.
— ÉTYM. P/i>r,ital. piegatore.
t PLINOER (plin-jé. Le g prend un e devante et 0 : plingeant, plingeons), v. a. Donner la première trempe dans le suif à la chandelle commune.
— ÊTYM. Ce semble une altération de plonger.
t PLIXGEDRE (plin-jii-r'), »•. f. Action de plinger. Quand cette trempe [des chandelles) qu'on nomme plingeure est faite, Vict. des ans et met. Chandelier. |i La pleingeure se dit aussi plongée.
PLINTHE (plin-f), j. f. || !• Terme d'architecture. Membre plat et carré, tel que la face d'une base de colonne. || Fig. Le pin se dresse sur les plinthes des rochers, chateadb. Voyage en Amer. Lacs du Canada. 11 i' Bande plate qui règne au pied d'un bitiment, au bas d'un mur d'appartement. || Plinthe de mur, egp' cède plate-bande qui indique la ligne des planchers sur la façade d'un bâtiment, ou qui règne •u sommet d'un mur de clôture. || Plinthe de menuiserie, la bande de bois qui règne au pied d'un lambris courant, jj 8' Terme de ponts «t chaussées. Assise continue formant saillie sur le nu des têtes d'un pont ou d'un autre ouvrage. || *• Plinthe ou socle, nom des carreaux qui portent et forment le premier rang d'un poêle de construction.
— KEM. La Fontaine a fait plinthe du masculin: Sur chaque cAté du plinthe, PsycM, ii, p. )5«.
— HIST. XVI' s. [Des colonne.s] pour soutenir le plinthe de ce bastiment [une sépuliure], b. bflu-AU, Bergeries, t. i, p. 20, dans Laci rnb.
— Rtym. ID.iveoç, proprement brique carrée, et, de lik, plinthe. *
t PLINTIUTE (plin-ti.f), , f. Minéral à texture compacte et terreuse, dun rouge de brique, formé principalement de silice, dalumine et de peroxyde de for, que ron trouve dans le comté d'Antrim. en Irlande. '
— ÊTYM. II>.!v6o; , brique, a cause de la cou leur.
t PLIOCÈNE (pli-o-sè-n') , adj. Terme de géologie. Terrain pliocène, ou, substantivement, le pliocène, terrain tertiaire superposé au miocène, et contenant plus de coquilles récentes, actuellement vivantes. Vieux pliocène. Nouveau pliocène.
— ÉTYM. IDieiov, plus, et xaivo^ récent, dénomination faite par le géologue anglais l.yell.
PLIOIR (pli-oir), s. m || l» Petite lame de bois ou d'ivoire, arrondie par le liout, ([ui sert à plier et ii coudre le papier. La plieuse passe dessus doux ou trois coups de plioir pour bien étendre les feuilles... elle s'aide de son plioir, afin de ne pas faire de faux plis, en dirigeant le pli à l'endroit où il doit se trouver, roret. Manuel du relieur, (827, p. 22 et 23. Il 2" Terme de pèche. Moitié d'un morceau de roseau ou de sureau, èchancrée à ses deux extrémités, sur laquelle on conserve les lignes, ficelles ou rallonges dont on peut avoir besoin. || 3° Moule servant à faire les tuiles courbes. .|| 4" Pince dont le layelier se sert pour faire les charnières des cassettes. Il B° Tiible et lame de bois dont on se sert pour plier les étoffes.
— iilST. xvi* s. Plioir, ODDiii, Dict.
— ÊTYM. Plier.
t PLIONNAGE (pli-o-na-j'), s. m. Sorte de boisage lies puils lie petites dimensions.
I. PLIQUE (pli-k'), s. f. Terme ilc médecine. Maladie qu'on observe particuhèremeiit en Pologne, et qui est caractérisée par l'entrelacement et par l'agglutination des cheveuv.
— ÊTYM. Lat. méd cal, plica, du lat. plicarf, à cause que les cheveux sont enchevêtrés.
t 2. PUQUE (pli-k), s. f. Terme de musique. Signe de notation neumatique, plus tard transporté dans la musique sur portée, la plique désignait deux notes tremblées La seule trace que l'on trouve dans les plus anciens manuscrits de ce que nous appelons ajjrèments du chant, est un signe ou note appelée plique par les anciens, perne, Chanson du Ch. de Cou ci, iii/rod. à ta musique.
— ÉTYM. Bas-lat. plica, pli, de plicare, plier.
I PLIQUE, ÉE (pli-ké, kée), part, passé de pliquer. Affecté de la plique. Les ctievaux de la Pologne, d'ailleurs fort petits, ont les crinières si longues qu'il est rare qu'on ne les trouve pliquées, larbeï, Instit. Hém. se. phys. et math. Sav. étr. t. ii, p. 2I2,
t PLIQUER (SE) (pli-ke), v. réfl. Devenir affecté de la plique. M. de la Fontaine pense que, de toutes ^ s couleurs de cheveux, les châtains bruns sont les plus sujets à se pliquer, roussille, Instit. Uém. se. phys. et math. Sav. étr. t. ii, p. i67.
t PLISSAGE {pli-sa-j'), s. m. Action de plisser; résultat de celle action.
— ÉTYM. Plisser; wallon, pitsspj.
PLISSÉ, SI5E (pli-sé, sée), part, pas^é de plisser. Il 1° X quoi ou a lait des plis. Damoiseaux aux canons
plissés, SCARBON, Poês. diV. ŒUV. t. vu, p. 346,
dans POL'GENS. || Se dit, en boLinique, des organes qui offrent une série de plis disposés en éventail. I) a* Substantivement. Ce qui est plissé. Le plissé d'une chemise. Le plissé des feuilles. || Petits plissés, petites espèces de champignons du genre agaric.
PLISSEMENT (pli-se-man), ». m. Action de plisser; effet de cette action.
— HIST. xvj* s. Plissement, ounm, Dict. PLISSER (pli-se). || !• F. o. Former des plis les
uns sur les autr^ s ou les uns à côté des autres avec les doigts, et les tenir ensuite soit p r un fil, soit par un ruban en étoffe. M î" V. n. Cette étoffe plisse, il s'y fait des plis || 3* Se plisser, v. réfl. Devenir plissé. Son front se [.lissait. Cette étoffe se plisse bien.
— HIST. XVI' s. Mais un enfant de sa main imbecille. Grattant tout doux le sanglier heri.ssé. Le tournera à son vouloir plissé , Mieux qu'un luicteur.... AMYOT, Com. refrén. la colère, 37.
— ÉTYM. Dciivé de pli; wallon, plisst.
PLISSEUR (pli-seuf), S. m. Celui qui plisse. Un
plisseur de canons, scarb. Jod. riv. Il, 2.
PLISSfRE (pli-su-r'), ». f. || 1° Manière de faire dos plis. Cette blanchisseuse n'entend rien à la plissure. Il Assemblage de plusieurs plis. Une plissure bien faite. || 2* Terme de géologie. Repli. Les géologues pensant que le terrain nummditique ét.iit plié sur lui-même, et qu'avec une pareille co ligtiration il remplit une plissiKe faite par les roches basiques abaissées sous les anthraciféres, sismonda , Acad. des te. Comptes rendus , t. un, p. 117.
— mST. XVI' s. Aussi se cognoit aucunement l'aage des chevaux aux balievres de dessus, contant pour autant d'années qu'on y treuve de plissures, o. Di serbes, 304.
t PLIITRE (pll-u-r"), ». f. Terme de relieur. Actioi déplier une feuille. La pliure des titres est la chose à laquelle manquent tous les rebeurs, lesné, la Rtliure, p. 144.
— HIST. XVI* s. Un papier sans plieuie et sans marge, mont, i, 293.
— ÉTYM. Piicr ; ital. piegatura.
PLOC (plok), s. m. ||1° Poil de vache. Couvertures de ploc, le cent pesant I5 livres, Wci. du roi', nov. (640, Tarif. Ploc ou fil de poil de vache, le cent pesant estimé 7 livres lO', ib. || 2°Terme de marine. Mélange de poil et de goudron dont on se seit pour défendre les navires contre certains insectes rongeurs. || 3° Poil, laine de rebut. Dans la i' classe des poils de rebut, se trouvent tous les poils provenant de l'éjarrage, du soiifflige, du lavage à la chaux, en un mot tout le ploc impropre aux usages de la chapellerie, de la filature et de la brosserie, c. d'amezeuil, Monit. univ. 6 oct. «67, p. 1275, 3" col. Il Se dit aussi du coton qui voltige dans les filatures.
— ÉTYM. Probablement un radical ploe équivalent à plie, du lat. p2tcare, entrelacer.
t PLOCAGE (plo-ka-j'), ». m. Action ie carder les laines.
t PLOIEMENT (plo!-man) , ». m. Terme mililaire. Sorte d'évolution.
— ÊTYM. Ployer.
PLOMB (pion ; le 6 ne se lie jamais ; le pion et ïo fer; au xvi'siècle, le b ne se prononçait p:is non plus, PALSGRAVE, p. 24), ». m. || 1° Métal (l'un blanc bleuâtre, très-mou et très-pesanl. Allie avec la moitié de son poids d'étain, le plomb forme la soudure des plombiers; cimbinéavec environ le quart de son poids d'antimoine, il constitue les caractères d'imprimerie. Un heurt survient : adieu le char ;Voilàmessirc Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée; Le paroissien en plomb entraine son pasteur, la FONT. Fabl. vu, 1 1. 11 [Lemeryjdécouvriten 1726, et, comme il l'avoue, par un pur hasard, que le plomb, lorsqu'il a une certaine figure, fort approchante d'un segment sphérique ou d'un champignon, devient presque aussi sonore que le mêlai dont on fait les timbres d'horloge, mairan. Éloges, Lémery. On lui versa [à DamiensJ du plomb fondu avec de la poix-résine et de l'huile bouillante sur toutes ses plaies; ces supplices réitérés lui arrachaient les plus allreux hurlements, volt. Hist. pari. Lxvii. || Ecrémer le plomb, enôter l'écume. || Fig. Du plomb avec de l'or lais-tu comparaisonÎTSisTAN, M. de Chrispe, IV, H. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ? bac. Àlh. m, 7. || Il lui faudrait un peu de plomb dans la tète, il est léger, étourdi. || 11 a du plomb dans la tête, il est sage, posé, sérieux. || On dit dans un sens analogue : mettre du plomb dans la tête. C'était assez pour avoir mis du plomb dans sa tête [de Tonquedec] ; mais il y a des têtes qui ne se lestent jamais, sÉv. I9 août l«7l. || Il est fin comme une dague de plomb, se dit d'un homme simple et grossier. || 2° Fig. Il se dit pour exprimer la pesanteur. U faut attendre les occasions, qui ne marchent qu'à pas de plomb, lioss. Sirm. Ambition, I. Sur ma tète inclinée. Écoule, cette nuit il est venu s'asseoir [le cauchemarj, Posant sa main de plomb sur mon âme enchaînée, v. hlgo. Odes, v, 7. Il Galette de plomb, voy. galette. |! Familièrement. Cul de plomb, homme assidu i un travail de bureau. Il Siècle de plomb, s'est dit du U* et du I2« siècle. Il Sommeil de plomb, sommeil très-profond. Il 8° Blanc de plomb, un des noms vulgaires donnés au carbonate de plomb, appelé aussi céruse. Céruse fine, ou blanc de plomb, le loo pesant payera une livre. Tarif, 18 sept. 1604. ||4° Plomb blanc, plomb sec et cassant. || Plomb noir, celui qu'on préfère dans les arts. || Plomb blanchi, plomb mêlé d'étain. || 6* Plomb blanc, carbonate de plomb. || Plomb rouge, chromate de plomb naiif. || Plomb corné, chlorure do plomb. Il Plomb jaune, molybdate de plomb. Il Plomb spatbique, phosphate de plomb. || Plomb vitreux, sulfate de plomt>. || 6" Plomb d'oeuvre, plomb argentifère dont on extrait l'argent par la coupelliition. || Plomb d'épreuve, pioinh très-pur qui .sert dans la coupellation pour séparer l'alli.ige de l'or. Il 7° Mine de plomb ou plombagine, graphite employé à faire des crayons. || Plomb de mer, nom impropre donné quelquefois au graphite (plombagine), employé pour vernir le plomb de chasse. ,1 Terme de relieur. Plomb, composition de mine de plomb, de colle et d'eau qu'on met su r la tranche d'un livre. |{ 8" Terme des graveurs de médailles. Plomb à la luain, une certaine quantité de plomb fondu, sur lequel ils appliquent leur figure pour en voir parfaitement l'empreinte. || 1° Terme d'impr»
PLO
PLO
PLO
mer'f .Jiresurle plomb, lire sur la composition même. 11 lO'Terme de plombier. Tout le plombqu'onmel sur les toits et autres endroits de la maison. Poser le plomb. Je vis qu'au péril de sa vie mon petit-fils s'était sauvé par les plombs, qui sont excessivement étroits, GENUs, Àd. el Théod. t. ii, p. 466, dans pouGENs. || S. m. pi. Terme de marine. Les divers tuyaux de dalots, de bouteilles, ou autres conduits en plomb qui existent à hôrd. || 11° l'iomb de vitres, plomb fondu en petites handes, pour lier entre eux les petits carreaux des vitrages. Mettre en plomb, loger le verre dans le plomb: Nous vîmes une église dont les toits élaient enfoncés, les plombs des fenêtres arrachés, ciiAiF.AUBR. Génie, m, v, 3. Il Plomb à rabot, celui qui n'a point été tiré ou laminé, mais qui est aminci au moyen du rabot. Il 12° Les plombs de Venise, la toiture de plumb du palais de Saint Marc, à Venise, en dessous de laquelle étaient les prisons. Voyez, Milord, si cans cette occurrence votre sollicitude paternelle imaginerait quelque chose pour me préserver d'aller sous les plombs; ce qui serait finir assez iBstement une vie bien malheureuse, 1.1. Bouss. Lett. à Vil. Maréchal, Corresp. t. VI, p. 176, dans pougens. || 18* Colique de plomb ou des peintres (en bAtimenl), colique violente causée par l'oxyde de plomb contenu dans les couleurs à huile. Il 14» Soldat de plomb, voy. soldat. Il 18* Baies ou grains de plomb dont on charge les armes à feu. Je me réjouis de ce que vous êtes devenu le plus fort homme du monde, et que le travail, les velHes, les maladies, le plomb ni le fer des Espagnols ne vous peuvent faire de mal, voit. Leit. 84. Déjà du plomb mortel plus d'un brave est atteint, boil. Épttre iv. Ou d'un plomb qui suit l'œil et part avec l'éclair. Je vais faire la guerre aux habitants de l'air, id. ib. vi. || Grains de plomb, petites boules de plomb ayant des numéros suivant leur différente grosseur, qui servent pour chasser, pour rincer des boteilles, nettoyer les plumes de fer, etc. || Mettre du plomb dans la tête de quelqu'un, lui côisser la tête d'un coup de fusil ou de pistolet. || Fig. Il n'a ni poudre ni plomb, il est dépourvu de tout ce qu'il lui faudrait. || 16° Terme de marine. Plomb de sonde, ou, simplement, plomb, masse de plomb généralement façonnée en cône ou en pyramide, qu'on attacheà l'extrémité d'une cordelette,et dont on se sert pourmesurer laprofondeur de l'eau. Il faut toujours avoir le plomb à la main quand on aborde des côtes inconnues. ]\ Kig. Jeter son plomb sur quelqu'un ou quelque chose, former un dessein quia pourobjet cette personne ou cette choie. Le personnage Jette son plombsur messer Nicia, LA FONT. Jfondr.J'aijeté mon plombsur Mlle Isabelle, DANCOOKT, Betour des officiers, se. il. || 17° Petit sceau de plomb en usage dans les manufactures pour certifier la qualité, l'aunage des étoffes, et, dans les douanes, pour attester que les ballots ont payé les droits, et empêcher qu'ils ne soient ouverts avant d'être arrivés à destination. Ledit droit d'un sou sera indistinctement perçu pour cha jue empreinte, marque ou plomb qui.... sera apposée tant sur les étoffes que sur les toiles et toilerios, Letl. patent, du ii déc. «781. || 18° Kil à plomb, ou, simplement, plomb, morceau de métal suspendu à une ficelle, dont les maçons, les charpentiers, etc. se servent pour élever verticalement leurs ouvrages. Mettre, dressera plomb, rendre vertical. || On dit dans le même .sens -.être à plomb. Deux petites lames élevées à plomb, desc. Diopt. || 19° Terme dfc pêche. La partie de la ligne qui la fait enfoncer dans l'eau. Il aO" Plomb, morceau de plomb aplati que les femmes mettaient autrefois à leurs manchettes pendantes po'jr les faire bien tenir. || Fifr. Il faudrait lui mettre du plomb dans la manche, se dit, en Normandie, aux enfants qui commettent des éiourderies. || Les femmes mettent quelquefois aujourd'hui des grains de plomb pour faire mieux retomber leurs robes. || 21° Espèce de pelote trèslourde qui sert à fixer l'ouvrage de couture ou autre pour en faciliter l'exécution. || %1' Espèce de cavette où l'on jette, aux différents étapes d'une maison, les eaux sales. Ces plombs sentent mauvais. Il 23° Nom vulgaire du mélange gazeux délétère qui s'échappe des fosses à vidange, et dont le principe le plus vénéneux est le sulfhydrate d'ammoniaque. On ne pourrait, sans un extrême danger, descendre au.ssitôt dans les fosses; le.» vapeurs empoisonnées qui régnent à la surface des matières dans ces premiers instants, et que les vidangeur» appellent plomli, sont tellement nuisibles, liu'elles ont quelquefois cau.sé une mort soudaine... Dict. de.t arli et m. Vidattqeur. || Asphyxie causée par ce gaz aux vidangeurs. || Par extension, le peuple donne le
DiCT. DE LA LANOUB rRAMÇAIU.
nom de plomb à la syphilis. || 24° X plomb, toc. adv. Perpendiculairement. En soi te qu'elle ne descende pas tout droit el à plomb, desc. jfonde, H . On cuit; c'est un soleil ardent, Qui -ses traits à plomb va dardant, Mais d'une force si cruelle Qu'on se sent bouillir la cervelle, pkrrallt, Chasse, dans bichb- LKT. Dans la principale des îles Orcades, il y a des côtes composées de rochers coupés à plomb et perpendiculaires i la surface de la mer, buff. Hist. nat. Preuv. théor terre, Œuv. t. ii, p. t»t. Un puits très-profond était entièrement éclairé; ce qui marquait évidemment que Syenne était sous le tropique, et qu'au temps où le soleil y arrive, il était à plomb sur la tête des habitants de cette ville, bailly, Uist. aslr. mod. t. i, p. 38. || Fig. La découverte qui déshonorait le P. Levassor retombait à plomb sur les jésuites, st-sim. 7», 28. Cette remarque tombait à plomb sur un gros manant qui dînait avec nous, i. t. houss. Conf. ii. || 25° Pour le substantif aplomb, qui est d plomb écrit en un seul mot,
voy. APLOMB.
— HIST. xiii' s. Il sunt noié aussi corne pluns es granz aiguës, Psaufter, f° 4 h3. Frère Hamoo, qui estoit templier et mestre desus les mariniers, dit à un de ses valiez : giete ta plomme [sonde] ; et si fist il, joiNV. 283. Il xiv's. Les ouvriers auront du pion [lingot] de vingt mars d'or ouvré de deniers d'or à l'aingnel vingt sols tournois, Ordonn. 25 sept. 1327. Les ouvriers ne pourront faire du pion de ♦0 mars, que deus onces de defTaute, ib. Lesquelz moines gf tierent plommées d'acier et de plonc, du GANSE, plumbata. \\ xv s. Les possesseurs ou détenteurs des maisons dessus dites.... ne pourront d'icelles maisons rien ester tenant à plomb, il doux ou à chevilles, fboiss. ii, ii, 241. |! xvi* s. Des cannes farcies de plomb, mont, ii, t7. Nous avons plus besoing de plomb que d'ailes, ID. m, 279. Pour se laisser tomber à plomb el de si hault, il fault.... ID. IV, 204. On ne peut en France prendre possession d'un bénéfice en vertu de simple signature, sans bulles expédiées soubs plomb, p. phhou, 65, Le mont Olympe.... a de hauteur à droit plomb mesurée.... Âhyot, P. jEin. 26. 11 fit compasset la mèche à ses soldats au nombre de soixante, et les fit tous tirer à plomb dans l'esquif à la longueur de vingt pas, d'aub. Vie, lxxx. La perte que firent les attaquans les fit marcher àpied de pion, h, m. Uist. II, 74. LasI les l'Iombs ennemis ne m'avoienl point blessé; Les balles de vos yeux sont beaucoup plus ù craindre, 0"i m'ont en mille endroits cruellement percé, DRSPORTES, Diverses amours, xvii. Sa manche sera enfermée Ei deux poingnets de plomb pesant, Rec. de farces, p. 427. Oeux qui ont force venlen la teste l'ont légère; et dit-on que ceux-cy, ils devroient mettre du plomb en leur teste, bouciiet, Serées, in, p. 252, dans lacubne. L'alignement et plomb du pied de son mur, Coust. gin. t. ii, p. (072. Dans une gaine d'or un Cousteau de plomb ,
COTGBAVE,
— f.TYM. Wallon, plonk; provenç. plnm; esp.piomo; port, chiimbo; ilal. piombo; du lut. plumbum.
PLOMBAGE (plon-ba-j'), s. m. || 1° Action de garnir de plomb, lia- Action de marquer avec un plomb. Il 8° Ploniliage des dents, opération qui consiste à remplir exactement la cavité d'une dent cariée avec une substance métallique malléable, (|ui autrefois était du plomb, puis des feuilles d'étain, d'argent, d'or ou de platine, et aujourd'hui un chlorhydrate de platine qui durcit en très-peu de temps. Il 4° Opération agricole qui consiste à presser, à tasser plus ou moins la terre après rensemencemenl ; ce qui se fait, dans les champs avec des rouleaux pesants, dans les jardins avec les pieds seuls ou armés d'une planche ou batte fixée par des courroies. Il 8° Action de polir le marbre »vec une molette de plomb.
— RTYM, Plomber.
t PI.O.MIIAGIN (plon-ha-jin), ».m. Terme de chimie. Princiiie .Acre découvert dans la racine de la dentelai re iplumhago tumpxa, l.).
PLOMnAGINK ploii-ha |i-n'), t. /'.Synonyme de graphite et de mine de plonih, voy. plomb, n° 7.
— HIST. xvi° 8. Plombagine, cotobavk.
— ETVM. Itat. piombaqinei du lai. plionhiiiiinfm An plumbum, plomb, à cause qu'i ceite substance a un éclat métallique, comme le plomb.
t PLOMBAGI!SEK,S (plon-ba-ji-néo), t. f. pi. Fa mille de plantes à laquelle le plumbago europxa a servi de type.
t PLOMBATE(plon-ba-t'),». m Terniede chimie. Genre lie sels produits par l'oxyde plombique jouant le rôle d'acide.
t PLOHBATEUa (plon-ba-leur), s. m. Titra d'un
officier de la chancellerie romaine, dont l'office est de plomber les bulles. On dit aussi plombeur.
— ETYM. Plomber.
PLO.MBÊ, ÉE (plon-bé, bée), part, passé de plomber. |{ 1° Garni de plomb. Canne plombée. Il 2° Dent plombée, dent gâtée dont la cavité a été obturée avec une feuille métallique, ou un amalgame d'argent, d'or ou de platine. || 3° Terme de marine. Navire bien plombé, navire bien calé ou chargé. || 4° Dont la couleur se rapproche de celle du plomh, livide. Les envieux ont ordinairement le teint plombé, df.sc. Pass. (84. Je la trouvai toute battue, le teint plombé, avec des yeux qui venaient de pleurer, mabivaux. Jeux de l'am. etduhas i, i L'horizon était grisâtre, la mer plombée et sans oiseaux, chateaubb. Itin. 2' part.
t PLOMBÉE (plonbée), s. /. || 1° Anciennement, Hèche armée de plomb. || Massue garnie de plomb.
8° Terme de pêche. Corde garnie de balles de plomb, dont on bonle le pied de certains filets, afin qu'ils se maintiennent au fond de l'eau. Il 8° Terme rlc charpenliei. Action de prendre l'aplomb d'une pièce Je bois par les deux bouts, afin de refaire une des faces. || 4° Composition dont on se sert pour colorer en rouge.
— HIST. xiv* s. La sisic [sixième! chose con doit apenre les balilleurs, est ferir de mâches plomées pendues à chaînes de fer à un baston gros, el celé plomée donne très grand cop, qui ferir en sot [sut], DU GANGE, plumbatie. \\7iV s. Là estoit le cliquetis sur cîs bassineis si grand et si haut d'espées, de haches, de plombées et de maillets de fer,... proiss. Il, 11, 497. Là furent abattus vilainement et mortellemjnt l'un sur l'autre et férus de haches et de plommées, id. ii, m, 30.
— ÉTYM, Plombé.
PLOMBER (plon-bé), v. a. || 1* Attacher, appliquer du plomb. Plomberies faîtes d'un toit couvert d'ardoise. || Plomber une canne, mettre du plomb à son extrémité. || 2° Terme de manufactures el de douanes Attacher un petit sceau de plomb soit à des étoffes pour en certifier la qualité ou l'aunage, soit à des ballots, des cofl'res, etc. pour marquer qu'ils ont payé le droit, et pour empêcher qu'ils no soient ouverts dans les autres bureaux Chaque sixain des marchandises de bonneterie... sera.... traversé d'un fil à rextrémité, auquel ils appliqueront un plomb portant l'empreinte de leur bureau, à condition que, si les sixains qui auront été ainsi plombés ne se trouvaient pas assortis convenablement pour la vente, lesdits gardes.... seront tenus de plomber de nouveau les mêmes sixains, Lett pat. 1" mars 1638. Il 8' Terme de diplomatique. Attacher à une bulle, à une charte une médaille de plomh portant un sceau. || 4° Terme de marine. Plomber un corps, le faire immerger avec du plomb ou avec des poids. || 8° Juger de la position verticale d'un ouviage à l'aide d'un fil à plomb Plomber un mur, || Terme de marine. Plomber un couple, le présenter, l'établir sur la quille , dans la position voulue. || 6° Plomber «ne dent, en opérer le plunibage. |{ 7° Polir le marbre avec une molette de plomb. || 8" Plomber de la vaisselle de terre, la vernisser avec la mine de plomb ou graphite. Limailles d'épingles servant à plomber pots de terre, le cent pesant estimé lO livres. Il'cl. du roi, nov. 461», Tarif. || 9° Terme de relieur. Mettre sur la tranche d'un livre la composition dite plomb. || 10° Battre, fouler des terres pour les affermir, soit avec de» rouleaux, soit en marchant dessus les pieds serrés. Il Plomber un arbre, fouler la terre avec les pieds autourd'un arbre nouvellement planté, iHjurl'alîermir, Il 11° Populairement. Donner la syphilis. Il a été plombé. Il 12° V. n. On dit que l'émail plombe, pour dire qu'il devient louche el de couleur de plomb, lorsqu'il est appliqué sur un fond qui l'obscurcit Il 18° Se plomber, v. réfl. Prendre une teinte plombée. X Orsiëre, le teint commence à se plomber; i Saint-Branchiot, les symptômes |de crétinismej deviennent plus marqués, sacs«ubk, Foy. ^Jp«», t.iv,
p. 268, dans POUOENS.
— HIST xiii* s. Et quant il furent venu (les engins], si les fist drecier hiuttivrmenl el pluumer pour le feu grivois, Clir. de Hains, 37. Nus delcier ne puet ne ne doit fere ne acheter dez pluumez, quelque chance que il doinenl, de quoi qu'il soient ploumez, soit de vif argent ou de pions, Liv. des met. 482. Il ne portent o els (avec eux] no lance aa espée. Mais gisarme esmolue et machuu plomée, Ch. d'Ant. VIII, 8». Il XIV s. Uatsacumia, c'est ce dont les p 'S de terre sont plombz, qui vieiincnl il'oullre mer, lanpbang, f° Lxv, rerto ||xvi' s. l'ai coups de poing soient maurdris et plombez, hardi,
11 ro
PLO
IV, M«. Ce siecie auquel nous vitod» est si plombé [vil], que la vertu n'est plus qu'un mot, mont, i, iSJ. J'estois le plus lourd et plombé, le plus long et desgousté en ma leçon, m. ii, 88. Le roi [François II], qui avoit la face plombée et boutoniiéo, l'haleine puante, et autres mauvais signes de santé, d'aub. Hist. 1, 8». Ainsi qu'on voit qu'on plombe par derrière les miroirs, paré, :v, 6. Couleur tirant »ur le livide et le plombé, lo. vi, 2. C'est un extrême vice à un orfèvre de plomber de l'or, rons. 588.
ÈTYM. Plomb; provenç. plombar; esp. plo-
mar;port. chumbar; ital. piombare.
PLOMBKRIE (plon-be-rie), s. f. \\ 1° Art de fondre ei de travailler le plomb. || Ouvrage de plombier. Affiches des ouvrages à faire en nos bâtiments, tant de maçonnerie, charpenterie, couvertures, plomberie, pavé, qu'autres, Édil, mai t6i5. || ï» Lieu où l'on coule, où l'on travaille le plomb.
— HIST. xvi* a. Pyramides, colonnes, galeries, portiques, lucarnes, cheminées, enfalstemcnts, plomberies, sully, Uém. X. viii, p. «si.
— 6TYM. Plomber.
t PLOMBÉTUYLE (plon-bé-ti-H, ». m. Terme de chimie. Composé volatil et inslaUe obtenu en fai- ! sant agir de l'ioiiure de plomb sur un alliage corn- j posé de ) partie de sodium et de * partie de plomb.
PLOMHF.UR (plon-beur), $. m. || 1" Celui qui plombe les marchandises, les étoffes. |1 2° Sj nonyœe ûe plombateur.
— ErYM. Plomber.
t PLOMBECX (plon-beû) , adj. Terme de chimie. Sa dit d'un des oxydes du plomb, et de son premier dogrédesuUuration. || Matte plombeuse, voy. matte.
— HIST. ivi* s. L'antimoine est pierre métallique, plombeuse et sulphurée, paré, xxiv, ch. complém.
t PLOMBICO-AMMONIQUE (plon-bi-ko-a-mmoni-k'), ad;. Terme de chimie. Se dit d'un sel plombique qui est uni à un sel ammonique. || On dit semblalilement plombico-cuivrique, etc.
f PI.CHBIUES (plon-bi-d'), s. m. pi. Terme de minéralogie. Famille de minéraux qui renferme le olomb et ses combinaisons.
PLOMBIER (plon-biè; l'r ne se lie jamais; »u pluriel, l'i se lie ; des p'on-bié-z habiies), «. m. Il !• Ouvrier qui façonne le plomb et le met en oeuvre. Il Entrepreneur en plomberie. || i'Adj. Pierre plombière, pierre nommée autrement molybdoïde.
— HIST. XVI* s. Troisième rang, qui sont les mestiers médiocres : pelletier, foureur, plombier, parcheminier, Édit, mai I5»7.
— f.TYSl. Plomb; wallon, plonkieu.
t PLO.MBIFÈRE {plon-bi-fè-r'), adj. \\ l'Termede minéralogie. Oui contient du plomb || j" Dans quelques industries, qui contient de l'oxyde de plomb. Stannifère veut dire composé d'oxyde d'étain et forme l'émail opaque; plomljilère, composé d'oxyde de plomb, forme le vernis ou la couverte translucide, DEMuiN, Guide de l'amat. de faïence et porcelaine, p. t7.
— ÊTYM. Lat. pJumtum, plomb, et ferre, porter.
f PLOMBIQUE (plon-bi-k'), adj. Terme de chimie Se dit d'un des oxydes du plumb et des sels dans lesquels entre cet oxyde.
t PLOMBOIK (plon-boir), ». m. Instrument pour plomber les dents, dit plus souvent louloir.
tPLOHfiB (plo-mée), i.^. Terme de maçonnerie. Faire les plomces, tailler les parements de la pierre
jusqu'au milieu Ensuite il lait dos ploniées,
c'est-à-dire qu'il taille les paremens jusqu'au milieu, Diet. det arts et met. Tailleur de pierres.
t PLOXIMÊK (p!o-mée),i. f No« employé par les auteurs du xiv* siècle pour désigner une grosso balle de plomb lancée par les premières bouches k feu.
— RTYM. Plomb.
PLONGÉ, ÉE (plon-jé,jée), part, passé. || i' Plongé dan» l'eau. || Terme de botanique. Plantes plongées, celles qui restent constamment sous l'eau, sans jamais s'éleverà la surface. || Chandelle plongée, celle qui sa fait en plongeant k mécbe dans le suif, par apposition i chandeU* moulée. || 2* Se dit, par ex- • cnsiùu, de ce qui est baigné, mouillé. Jérusalem, •ongtempi en proie i ses fureur» [d'AthalieJ, Avec lOie eo son sang la regarda plongée, bac. Aihal. v, 8. Il 8' Fig. Il se dit de ce que l'on compare à un liquide qui submerge. Pauline sans raison dans la deuleur plongée, corn. Poly. i, ). Il la [la Fortune] Touve assise a la porte De son ami plongé dans un , roforid sommeil, la kokt. fafri. vy, «a. Ceux qui ■.ont plongé» dans l'avarice, dans l'impudicilé, dans le» bla»|ib('me», pabc. Pro». iv. Votre vie est toute plong-je dan» les sens, hass. Carime, Jeûne. Le sérail est plonge dans un profond silence, volt. Zaïre, *i •. Tandis qu'il était plongé dans cette métaptiy-
PLO
sique obscure, comme l'est toute métaphysique, m. Taureau blanc, B. Cet homme [Bolingbroke], qui a été toute sa vie plongé dans les plaisirs et dans les alTaire.s, a trouvé pourtant le moyen de tout apprendre et de tout retenir, id. Letl. Thiriot, a janv. I72Î. Il 4" Fig. Jeté dans un lieu profond. Un citoyen poursuivi par l'homme du roi est d'abord plongé dans un cachot; ce qui est déjà un véritable .supplice pour un homme qui peut être innocent, m. Dict. phil. Criminel. || 5° Fig. Qui salue profondément (s'est dit en ce sens au xvii* siècle). U. de Cliaulnes, plongé comme vous savez, lui dit [au roi d'Angleterre].... SEV. n mars )689. 116° S. m. Terme de gantier. Le plongé, la couleur claire.
PLO.VGEANI", ANTE (plon-jan, jan-t'), adj. Qui p'ontçe. Il Par extension, dont la direction est de I saut en bas. Vue plongeante. || Feu plongeant, feu qui part d'un poinl très-41evé pour arriver au sol en faisant un angle assez considérable; il a pour opposé feu ra.sant. 11 est plus diflicile et plus meuriiier d'attaquer des palissades qu'il faut arracher avec les mains sous un feu plongeant... volt.. Ijiuis .ÏV, la. Il Dan» l'artillerie, tir plongeant, tir effectué sous un angle assez élevé pour atteindre un but placé derrière un épaulement, par opposition i tir de plein fouet.
t I. PLO>GÉE (plon-jée), ». f. Augmentation de pro.ondeur dans la mer. D'après quelques indications fournies par les sondages de M. Smyth, la même plongée abrupte s'observerait en dehors du détroit de Gibraltar, babinet, Hevue des Deux- Mondes, !•• déc. «864, t. vin, p. (Ol/j.
HIST. XV» 8. Ainsy quand la mer si venoit El
le Ilot à graniîes plongées, Vigiles, ch. va, t. u,
p. 107, dans LACURNB.
— KTY.M. Plongi.
I. PLOXGftE (plon-jée), ». f. Terme de fortification. Le talus supérieur du parapet.
— ETYM. Plongé, parce que ce talus incliné plonge pour ainsi dire.
t PLONGEMENT (plon-jeman), ». m. ; 1° Aciion de plonger. La rei;iarque de M. Bossuet que le piongement dans l'eau [pour le baptême] a été en usage pendant treize cents ans, boss. Déf. trad. eornm. i, * \\i' Terme de géologie, l'oint de plongement, l'angle qu'une couche de roches fait avec le plan horizontal; quantité de plongement, le nombre de degrés dentelle s'écarte de la ligne horizontale.
— SYN. XVI* s. Plongement, cotorave.
t PLONGEOIR (plonjoir), ». m. Châ-sis à aiguilles, employé dans les machines à broder.
PLONGEON (plon-jon), s. m. || 1* Genre d'oiseaux aquatiques qu'on* appelle aussi colymbes, et qui plongent souvent dans l'eau, ordre dos palmipèdes ; grand plongeon, colymbus gloeiolis, L; plongeon cat-marin, colymbus sepienlrionalis. L. Une portion d'air renfermée dans la trachée-artère dilatée fournit pendant ce temps [où l'oiseau est sous l'eau] à la respiration de cet amphibie ailé, qui semble moins appartenir à l'élément de l'air qu'à' celui des eaux ; il en est de môme des autres plongeons, BUFP. Ois. t. IV, p. 391. Que je plains les nochers, lorsqu'aux prochains rivages. Les plongeons e!Trayés, avec des cris sauvages, Volent du sein de l'ondel nEi.iLLE, Céorg. l. || Nom donné quel juefois aux manchots. || Faire le plongeon, imiter l'oiseau dit plongeon, c'est-à-dire s'enfoncer sous l'eau. Le fleuve après tant de promesses, fit le plongeon.... SCARR. Virg. via. || Faire le plongeon, se riitd'un homme qui, exposé au feu, baisse la tête quand il entend tirer. Don Pèdre, qui ne douta point qu'il ne lui tirât un coup de pistolet, fit le plongeon se détournant à côté, SCARR. la Prc'cautinn inutile. || S'esquiver, disparaître à la vue. L'ilecteur parut en chaire, regarda la compagnie de tous côtés, puis tout à coup se prit à crier : Poisson d'avrill poisson d'avril I et sa musique avec force trompettes et cymbales à lui répondre ; lui cependant lit le plongeon et s'en alla, ST-siM. as", (49. Pompadour abandonna la guerre et puis la cour, fit le plongeon au grand monde, et s'enterra dans une entière obscurité, m. 199, 4 63. Il Par une autre figure, faire le plongeon, faiblir, se relâcher de 8»s prétentions. Vous faites le plongeon, Petit noble à nasarde, enté sur sauvageon, REGNARn, le Joueur, m, <t. Puisque je suis en train de me fâcher, je passe à Luc [Frédéric II]; il fait le plungeon, il désavoue ses œuvres, il les fait imprimer tronquées; cela est bien plat, quand on a cent mille hommes, volt. Lell. d'Aletnbert, a6 avr. i78o. || 3" Sorte d'artificu qui se plonge dans l'eau et eu sort tout allumé. || S- Action de plonger. Nous avons trop fait de plongeons, scarr. Virg. i. C«ui-U même* ne peuvent faire jusqu'au fond de
PLO
cet air épais que des plongeons de très-peu de ourée, FONTEN. Mondes, s* joir.
— HIST. XIII" s. Grues et gantes et hairons, Pertrii, bistardes et plongeas, FI. et Bl. i«H\. ||xvi*s. Prompiemenl force plongeons [plongeurs] se jetterenl en mer, pour chercher à l'entour de ceste gallere ce qui la faisoit arrester, pare, ifnnstr. app. I . Comme un oyseau plongeon dans b s flols escumeux. Messager de l'orage... b. belleau, Berger. t. I, p. 168. .Ne plus ne moins que font les canar» et autres oiseaux accoustumés au plongeon, l'Amant ressuscité, p. 26, dans hcurne. Ores deniy lassé je me couche sur l'herbe, Ores plus mesnager j'aide à serrer la gerbe, À faire des plongeons et les bien entasser, De crainte que le vent les fasse renverser, DESPORTFs, Bergeries, iv, discours.
— ÉTY.M. Plonger; wallon, plonket. D'Aubigné, Tragiques, /u.ycnienf, a dit plonge : Sortant du profond de son plonge.
PLONOKR (ploii-jé. Le g prend un e devant a et 0 ; plongeant, plongeons), « a. || 1° Faire entrer un corps dans un liquide. Mongcr une cruche dans la rivière. Elle tjorge un bélier à leurs vues, Le plonge en un bain d'eaux et d'iieibes inconnues.. CORN. iUdée, i, 1. Il 2° Plonger de la chandelle, lui donner plusieurs couches de suif, en la trempant dans le moule qui en est rempli. || 3° Enfoncer dans. C'est lui [le distrait] qui entre dans une église, et, prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier et sa lasse pour le bénilier, y plonge sa main... la bruy. xi. Il [CranmerJ plongea d'abord dans les flammes la main qui avait signé l'abjuration, et n'élança son corps dans le bûcher que quand sa main fut tombée, volt. Mœurs, i»6. J'ai fait, jusqu'au moment qui me plonge au cercueil, Gémir l'humanité du poids de mon orgueil, voi.t. j4Jï. V, 7. Il Mettredansquelque lieu bas. Plonger dans un cachot. Une foule inhumaine Dans des gouffres profonds [les mines] nous plonge et nous enchaîne, volt. Alz. Il, V || Faire pénétrer. Tâlant son ennemi an défaut des armes, lui plongea le poignard dans le flanc, vaug. Q. C. ix, 5. Jl enfonce son épée dans le coeur de cet enfant; il la retift toute fumante et pleine de sang pour la__ plonger dans ses propres entrailles, pén. Tél. v. j Fig. Plonger le poi.srnard dans le sein de quelqu'un, lui causer une vive et profonde douleur. || 4" Fig. Jeter, faire entrer dans quelque chose que l'on compare à un liciuide. Et ce qu'ils ont osé contre leur servitu e N'en a rendu le joug que plus fort et plus rude; Qu'a fait Mardonius, qu'a l'ail Indibilis, Qu'y plonger plus avant leurs trônes avilis? CORN. Sert. M, I. Tout cela sera plongé, s'il plaît i Dieu, dans le silence; c'est tout le mieux, SEV. 27 déc. I6S8. Pour la plonfier entièrement dans l'amour du monde, il fallait ce dernier malheur; quoi? la faveur de la cour, noss. jlniie.de Gom. Dans quel trouble nouveau cette fuite me plonge! RAC. Iphjg. H, 7. Les richesses... les avaient plongés [les Syracusain?) dans la mellesse, en leur inspirant du dégoût pour toute fatigue et toute application, hoi.lin, llist. anc. t. x, p. H 8, dans pouGENS. Malheur à celui que quelqu'une de ces pensées, que je jette au hasard !i mesure que la la lecture du philosophe me les offre, ne plongera pas dans la méditation 1 diuer. Claude el Nér. ii, i.
' 5* Y. n. S'enfoncer sous l'eau. Il plongea trois fois. Et lasonde Plon.e el replongeen vain dans une mer sans fond, c. delav. Messén. m, a. || Descendre au fond de l'eau pour y chercher quelque objet, ou pour y travailler. || Terme de marine. Plonger, se dit quelquefois pour caler et tanguer, en parlant d'un navire. || 6° Fig. Se jeter dans ou sur. Le milan, par une retraite habile, plonge dans le trou
et passe à travers, voi.t. Dial. 25 Comme un
vautour qui plonge sur sa proie. Le mallieur, à ces mots, pousse en signe de joie Un long gémissement, LAMART. Méd. i, 7. Il 7* Par extension, s'enfoncer. L'neil plonge avec effroi sous sa profonde voiite, DEL1LLE, Éu. VI. j| Fig. Là, l'homme avec son cœur revient s'entretenir. Médite le présent, plonge dans l'avenir, delille, Jard.oh. iv. Son regard imtiortel, que rien ne peut tenir... Réveille le passé, plonge dans l'avenir, i.aMART. tiédit, i, 3o. || 8» Avoir une direction de haut en bas. Les tribunes toute» magnifiquement remplies, où je me mis pour plonger à mon aise sur la cérémonie, st-sim. a76, 22«. La cime du Crament ne domine pas sur l'Allée blanche; elle on est séparée par des chaînes de montagnes plus basses qui empêchent que les yeux plongent jusqu'au fond de cette vallée, sausslre,
Vny. Alpes, t. iv, p. *b, dans pouoens. Nous pouvions voir les environs, le» passants; et, quoiqu'au
PLO
quatrième étage, plonger dans la rue tout en mangeant, 1. j. Rouss. Confess. viii. f{ Se dit du canon dont la décharge se fait obliquement de haut en bas. Il promettait qu'une tranchée passerait en sûreté au pied d'une montagne d'où l'on était vu de la tête jusqu'aux pieds, et d'où huit pièces de canon et une grosse mousqueterie plongeaient de tous côté'!, FONTEN. Retiau. Les galères s'ouvrirent le passage sous le canon ennemi, qui ne plongeait pas assez, volt. Russ. u, b. |) Terme de géologie. Lorsqu'une couche ou lit de rochers, au lieu d'être parfaitement horizontale, incline plus ou moins, on dit qu'elle plonge. || 9° Se plonger, t>. réfl. Entrer sous l'eau. Les Indiens, de temps immémorial, se plongeaient et se plongent encore dans le Gange, volt. Dict. phil. Baptême. Quand on approche du nid, la mère se précipite et se plonge, et les petits tout nouvellement éclos se jettent à l'eau pour la suivre, bufp. Ois. t. xv, p. 39B. || Fig. Se plonger dans le sang, commettre un meurtre, des meurtres. Dans le sang innocent ta main va se plonger, R\c. E$ih. m, s. Mais, sur la foi d'un songe, Dans le sang d'un enfant voulez-vous qu'on se plonge ? id. Athal. ii, 5. |{ Fig. Se plonger dans la fontaine de Jouvence, employer tous les artifices pour paraître plus jeune qu'on n'est. On se (longe soir et matin Dans la fantaine de Jouvence, la FONT. Fabl, VI, îl. Il 10° Fig. S'enfoncer dans ce que l'on compare aux eaux. Balas, qui se crut audessus de tout, se plongea dans la débauche, et s'attira le mépris de tous ses sujets, boss. Hist. i, s. Quoi! pour d'injustes lois que vous pouvez changer. En d'éternels chagrins vous-même vous plonger! rac. nérén. iv, 5. De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge, Que leur re>tera-il? ce qui reste d'un songe, ID. Athal. n, 9. U gagna le Prado, où, s'étant a.ssis sous des arbres, il se plongea dans une profonde rêverie, le sagk, Diabl. boit. ch. ii. Hais la nature est là qui t'Invite et qni t'aime; Plonge-toi dans son sein qu'elle l'ouvre toujours, la- MART. Méd. I, 6. Il Se plonger en des remercîments, faire d'infinis remercîments. Harlay, humble et moJeste, se plonge en remercîments, st-sik,^* 7.3, 5<.
— HIST. XII* s. Je vinc [vins] en la haltece de mer, e la tempestet plunjal mei, Liber psalm. p. 88. Quant veneit que li jurs ert [était] en la nuit pluiigiez. Th. le mart. 102, X la foiz avient ke cil cui avarisce navret [blesse], voit un allre plonchier el Toragine [gouffre] de luxure, Job, p. 4Bi.||xiu' s. Un petilet sans plus en boivent; Et quant la douçor aparçoivent, Volontiers si parfont iroient, Que tuit dedens se plungeroient, la Rose, 6038. H xiv" s. Les autres [flèches] sont si fichiées ou [au] cors, que les barbes i sont du tout en tout repostes [cachées] et plongiées, H. DE monijkvu.le, !'3», verso. \\ xv* s. Item, avec ce doivent estre garnis de certains hommes duitz et appris de plongier en l'eaue et à longue alaine eulx y tenir, lesquels, tandis que la bataille dure, voisent [aillent] soubz l'eaue à bonnes grosses tarières périr [sic] la nnf, si que l'eaue y entre de toutes parts, U Jouvcncel, dans jal. || xvi* s. Le sommeil, auquel les enfants sont plongez beaucoup plus que nous ne sommes, mont, i, i9B. Tout à un coup il se plongeaen yvrongnerie etjeu dcdez, tellement qu'il y passoit la plus grande et meilleure partie du temps, amyot, Oémétr. 74. Si commanda à quelques pescheurs, qu'ilz se plongeassent soudain en l'eau, id. Anton. 30. Cleopatra commanda à l'un de ses serviteurs qu'il se hastast de plonger devant ceulx d'Antonlus, id. ib. 3«.
— ETYM. Wallon, plonki ; picard, pionfcerjartois, plomard, le plongeon ; prov. plombar; ital. piombare, tomber à plomb. Le français vient d'une forme non latine plumbicare, comme venger de vindicare. Le wallon plonki vient depionk, plomb, I.es diverses formes assurent trop l'élyniologie latine de plonger pour qu'on cherche une origine celtique : kimry, plung, action de plonger; baslirel(]n, pliimia, pluia, plonger.
l'I.O.N'GKUR (plon-jeur), *. m. || 1° Nageur qui descend au fond de l'eau. Les plongeurs ne descendent jamais à plus de cent pieds ou environ, RLKF. Hist. nat. Théor. terre, (Huv .t. u, p.«o. || Clocne à plongeur, voy. clochf.. || 2° Terme de pêche. Se dit de pêcheurs qui vont sous l'eau [irendrc à la main des poissonsou des coquillages. || 3°0uvrier((ui nlonge les formes dans la cuve ou est la pAte pour la fabrication du papier. || 4* Dans les restaurants, celui qui lave la vaisselle. || E' S. m. pi. Famille d'oiseaux de l'ordre de» palmipèdes. \\Adj. Ces oiseaux plongeurs qui, comme la macreu.so, la grèl)e, le plongeon, ne quittent guère l'eau, ijonnf.t, Contémpl. nal. m, is. || Bateau plongeur, appareil à
PLv
l'aide duquel on peut descendre, séjourner et se diriger au fond de la mer.
— HIST. xiir s. L'endemain envoia le roy querre le mesire notonnier des nefs, li quiex envoie quatre plungeurs en la mer aval, joiNV. 283.
— ÊTYM. Plonger.
PLOQUfi, ÉE (plo-ké, kée), part, passé. Carène ploquée. I! On dit dans les filatures qu'on est ploqué, quand 01 est couvert de duvet de coton.
PLOQUKR (plo-ké), je ploquais, nous ploquions; que je ploque, que nous ploquions, i'. o. || 1° Employer le ploc. Il a* Terme de marine. Garnir de ploc la carène d'un bâtiment. || 3° Mêler des laines Je diflerentes couleurs. || i" Se ploquer, v. réft. Se mettre en bourrons, en parlant des laines.
— ÉTYM. Ploc.
t PLOT (plo), *. m. Il 1° Anciennement, billot sur lequel le bourreau décapite. S'étant ajusté sur le plot, il (de Thou] reçut un coup sur l'os de la tête qui ne fit que l'écoroher, montrésob, Mém. t. 11, p. 257, 1642, dans LACURNE. || J'Hiisif de laiton dont l'horloger se sert pour river la masse sur la platine.
— ÉTV.M. Berry et géncv. plot, billot; bas-lat. phda, i)ièce de bols. Origine inconnue. Bien des ménagères se sei-vent de ce mot au sens de billot, en l'altérant par assimilation : Hacher des épinards sur la pelote.
t PLOYABLE(plo-ia-br), ad;'. Qui peut être ployé. Louez leur magnanime orgueil. Que vous seul avez fait ployable, malh. vi, *. U faudrait avoir une règle ; la raison s'otTre; mais elle est ployable à tous sens; et ainsi il n'y on a point, pasc. Pens. vu, 4, éd. iiavet.
— HIST. xvi* s. Un simple sergeant se fera obéir, sans contredit, aux plus braves soldats, el de plus grande qualité,, tant ils sont ployables sous leurs officiers, lanoub, 269. C'est [la raison] un instrument alongeabla , ployable et accommodable à louts biais, «ont. ii, 323. La raison a tant de formes, ^sttant ployable, ondoyante, charron. Sagesse, I, 39. 0 pioiables espritsi o consciences molles 1 d'aub. Tragiques, Princes.
t PLOYANT, ANTEfplo-ian, ian-f), adj. \\ fQui ploie, qui cède, qui fléchit. Et son âme ployante, attendant l'avenir, Sait faire également sa cour et la tenir, corn. Oihon, 11, 4. Personne n'était de meilleure compagnie [queHarcourt], ployant, doux, accessible, st-sim. io), 7i. || 2" S. m. Siège qui plie. Monseigneur le duc de Bourgogne se déshabilla dans l'antichambre au milieu de toute la cour, îissis sur un ployant, st-sim. b(, io8. |{ On dit aujourd'hui uniquement un pliant.
— HIST. XV* s. Plançons de bois, tous ployans pour leurs chevaus lier, pboiss. i, i, 3s.
PLOYÉ, fiE-(plo-ié, iée; plusieurs disent ploi-ié), part, passé de ployer. Soumis, qui a fléchi. Un joùg .sous lequel l'univers était ployé, boss. Ilist. 11, 8. !l S. m. Se dit au pharaon , lorsque le banquier a une carte pour doubler. Le banquier a eu sixployés dans une partie.
PLOYER (plo-ié; plusieurs disent ploi-ié; Vaugelas remarque que la cour, pour plus grande douceur, prononçait player), je ployais, nous ployions, vous ployiez; que je ploie, que nous ployions, que vous ployiez ; l'y se change en i devant l'e muet : je ploie, je ploierai , v. a. |{ 1° Arranger une chose en plis. Ployer une étoffe. Ployoz votre serviette. Il 2° Donner une courbure, une flexion. Ployer une liranche d'arbre. Ployer les genoux. || Fig. Ployer les genoux, faire des actes de servilité. En vain, pour satisfaire à nos lâches envies, Nous pass .ns près des rois tout le temps de nos vies X souffrir des mépris et ployer les genoux, malh. i, 3. || 8° Fig. Faire céder, faire fléchir. L'exemple do leur race à jamais abolie Devra sous ta merci tes rebelles ployer, malh. 11, li. La coutume de voir les rois accompagnés de gardes, de tambours, d'officiers et de toutes les choses qui ploient la machine vers le respect et la terreur, pasc. Pens v, 7, éd. bavkt. Ils ne rompront pas les lois, mais Ils le» ploieront A leurs intérêts, fi.échier, l'anég. 11, 33. Avec i|uelle soumission elle ploya .-a volonté I ID. Aiguillon. Il 4* Tel me de charpente. Désassembler les bois de dessus l'épure, et les empiler avant de les transporter au liâliment. || 6* V. n. Courber, fléchir. Le vendangeur ravi de ployer sous le faix, boil. Êpit. VI. Je sentis mon sang se gl.icer dans mes veines, me» genoux ployèrent sous moi, et Je tombai «an» connaissance, mahmontel. Cent. mor. Uerg. alp. !| Fig. Etre accablé, céder, fléchir. Il n'y a rien dans ce royaume qui ne ploie «ous votre autorité, iiALl. liv. M, lett. ao. Soutiendrcz-voH» un lai» sous qui Rome succombe,... Sou» qui le grand Pompée a lui-même pluyé?cou<. Pomp. i, * C'eit un tyran
PLU
[l'amour] qui ne souffre point de compagnon.... il faut que toutes les passions ploient et lui obéissent, PASC. Pass. de l'amour. Déjà Dflle et Salins soui le joug ont ployé, boil. i4r( p. iv. C'est lui qui devant moi refusant de ployer.... bac. Kslher, n, t. Le pesant joug de la nécessité sous lequel il faut que tout être fini ploie, j. 1. bouss. Sin. 11. Mon cœur ploie Sous la joie, v. hugo. Bail. 12. || 6° Fig. Se ployer, s'accommoder à, se prêter à. 11 se ploie à tout ce qu'on veut.
— HIST. XII* s. Se lui donez cest gant qui est ploiez.... Ronc. p. I20. Se droit n'en faites et le gaige ploier,. Raoul de C. 2)2. || xiil* s. Li vallet toiserans doivent lessier oevre de tistre sitost que le premier cop de vespres sera sonés; mes il doivent ploier leur oevres puis ces vespres, Liv. des met. i2B. Un arbre tuert [se tord] et freint de trop souvent ploier, La folle et la sage. || xv* s Son oncle le duc de Bourgogne, qui le mènera et ploiera du tout
à sa volonté, proiss. h, ii, t8) Quivoelt la sau-
celle Ployer aise, il la prend vergelle, id. Espinette amoureuse. Car rompre vaull pis que ployer, El esbranlé mieulx que cheO [tombé], a. chart. Poésies, p. 614. Il XVI* s. Bienheureuse est la main qui la ploya [une lettre], iiarot, i, 872. Bref il congneut que toute nation Ployoit soubs luy comme au vent le sion, m. 1, <6o. Non pas l'innovant [la langue], tant comme l'estirant et ployant, mont, m, 353. La faveur me ployé, la crainte me roidit, id. iv, 68. Il feinct, il ploie, il diffère, selon le besoing des occasions, id. IV, 453. Hz ne le contrefaisoient [Alexandre| sinon en une façon de ployer un peu le col, el de parler haultainemcnt, amyot, Pj/rr/ius, 1 16. Un gcnoil ployé en terre, ID. Anton. 68, La capitulation se fit aussitost à bagues sauves, enseigne desploiée el la mèche allumée, sept Jours de terme pour ployer bagage, d'aub. Hist. 11, 5». Puisque tant de fléaux qui te playent l'eschine N'arrachent un soupir de ta dure poitrine, ddbahtas, i" semaine.
— ÉTYM. Autre forme de plier; Berry, pleynt , piéger.
t PLOYE-RESSORT (pIo!-re-sor), t. m. Outil d'arquebusier.
t PLOYURE (ploiu-r'), s. f. Synonyme de pli. Intercaler un carton, une demi-feuille, imposer la feuille dont ils font partie, de manière qu'ils sa trouvent dans le milieu â la ployure.
PLU, part, passé du verbe plaire et du verbe pleuvoir.
PLUCHE (plu-ch'), ». f. Voy. peluchr.
PLUIE (pKiî), I. f. Il 1° Eau qui tombe par gouttes de l'atmnsptière. Le temps est à la pluie. Je vois de loin venir la pluie j Le ciel est noir de bout en bout, saint-amant, la Pluie. Il part tout morfondu, Sèche le mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, LA font. Fabl. IX, 2. Nous avons eu ici des pluies continuelles , et, au lieu de dire après la pluie vient le beau temps, nous disons, après la pluie vient la pluie, sÉv. 80, Il n'y a point de mémoire d'homme d'un temps si beau et si persévérant : on a oublié la pluie ; quelques vieillards disent qu'ils en ont vu autrefois, mais on ne léserait pa.s, id. 42 ocl. 1677. Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-t-elle fait couler vos vin» et vos melons? BOiL. Sat. m. Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, Kt la terre trois ans .sans pluie et sans rosée, HAC. Athal. I, t. Les Américains croyaient que la pluie venait de ce qu'une Jeune lille qui était dans les nues jouantavec son petit frère, il lui crissait sa cruche pleine d'eau, fonten. Orig fabl. t. m, p. 288, dans pouoRNS. La quantité de pluie qui tombe k Kome est de trente pouces et demi ; â Paris il est rare qu'elleaille à vingt, duclos, Œuv. t. vu, p. 2». || Fig. l'arler do la pluie et du beau temps, parler de choses indilTérentes. .Si l'on dit que nous parlons dans no« lettres de la pluie et du beau temps, on aura raison : J'en ai fait d'abord un assez grand chapitre, sÉv. 46. Je vis le duo d'Orléans moins assiduement, sans que lui et moi nous parlassions plu» que des chose» courantes, publiques, indifférentes, en un mol de ce qui s'appelle la pluie et le beau temps, st-sim. 396, <29. Ju 110 serais point embarrassé & entretenir une autre sur le beau temps et sur la pluie, konten. Leil. gai. 24. || Fig. Faire la pluie et le beau temps, disposer de tout, être le maître. Dès que Je me vis aimé de ma maîtresse et considéré des domestiques comme celui qui faisait la pluie et la beau temps, le sage, Gnxm. d'Alf. vi, h. Je crois que H. le cardinal do Beniis liiiira par être archevêque; mais d'Alemberl doute qu'ayant fait le» Quatre Saisons, il fasse encore la pluie el le beau temps, VOLT. Lett. Hichclieu, 24 JanT..i764. j| Se mettre, .se jeter, t» cacher dan* l'eau de' peur ii« la pluie, »•
PLU
dit de ceur qui, pour éviter un inconTÔnient, s'exposent à un autre encore plus grand. C'est ce qui s'appelle se mettre dans l'eau de peur de la pluie, sÉv. 2:iJ. Je crains qu'il n'ait fait comme Gribouille, qui se mettait dans l'eau de peur de la pluie, orihm, Cnrresp. t iv, p. Î06. |{ Fig. Sans le piquer d'honneur, crois qu'il n'est que de prendre, El que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre ; Cette pluie est fort douce, et, quand j'en vois pleuvoir, J'ouvrirais jusqu'au cœur pour la mieux recevoir, corn. le Hent. iv, «. Et le jeu.... je suis assurée que cela pa.sse la dépense ordinaire; nous connaissons ces petites pluies qui mouillent fort bien, s£v. H sept. 1680. Prenez garde que votre paresse rie vous fasse perdre voire argent au jeu : ces petites pertes fréquentes sont de petite.s pluies qui gâtent bien les chemins, iD. 23 mars <S7<. || Einnuycux comme la pluie, irès-ennuyeui || i' Fig. La pluie, quelque chose de malheureux, de pénible. Et ne m'ont les destins, à mon dam trop constants. Jamais après la pluie envoyé le beau temps, rëgnikr, 5a!. xi. Ces jouis mêlés de plaisirs et de peines. Mêlés de pluie et de soleil, berang. Mon Hab. {| 8° Il se dit de ce qui tombe en très-grande quantité. Les pluies de pierres ont longtemps passé pour fabuleuses. Nous en sortîmes avec une pluie de pièces de quatre sous, s«v. 38Î. ||4« Terme de mythologie. La pluie d'or, forme sous laquelle Jupiter pénétra dans la tour où Danae était renfermée. || Fig. Une pluie d'or, de très-grandes large.sses. Celle [la place] de Danaé [Mlle de Fontanges] est une autre merveille; il est vrai que la piuie d'or est fort abondanie ; nulle de ses sœurs n'approche de sa leauté; mais les établissements n'en seront pas médiocres, sév. 437. Si leur bonne intelligence eûi duré, il sersit tombé sur nous une pluie d'or, le sage, Guîm. dAlf. vi, a. Il B" Terme d'artificier. Une pluie de feu, une masse d'étincelles qui tombent des airs. || 6"" Les autres fonds [des éventails], qu'on appelle des pluies, se font avec de la poudre d'or ou d'argent faux, Dict. desarti et met. EvenlailUsle. || 7' Pluie d'or et pluie d'argent, noms marchands de deux coquilles univalves. || Proverbes. Petite pluie abal grand vent, il faut quelquefois peu de chose pour faire cesser une grande querelle. Cette petite pluie fit tomlier le vent qui commençait à se lever dans ta grand'chambre, RETZ, Mém. t. n, liv. ai, p. 184, dans pougbns. Il II est à couvert de la pluie, il s'est mis à l'abri de la pluie, se ditde quelqu'un qui a amassé du bien et qui est arrivé à une bonne place. || X la bonne heure nous a pris la pluie, expression satisfaite de gens qui, menacés de l'orage, ont eu le temps de rentrer au logis, et, figurémenl, de gens qui ont échappé à quelque péril ou inconvénient. || Rosée de mai et pluie d'avril valent mieux que le chariot du roi David, c'est-à-dire 11 vaut mieux qu'il y ait des pluies et des rosées en mai que si la constellation de la grande Ourse était brillante et par conséquent le temps sec. || Après la pluie le beau temps, c'est-àdire la joie succède à la douleur, aux ennuis.
— HIST. XI* s. Pluie n'i chet, rosée n'i adelse, Ch. de Roi. Lxxvi. || xiu* s. Car si l'avoit aleinle et la pluie et la bi.<>e.... Berte, xxxi. Dont leva une pleuve, s: pristàespessier, Ch. d'Ant. v,«09. || xiv's. Oui veut avoir le nom des bons et dos vaillans, Il doit aler souvent à la pluie et aux champs, Guescl. <07H. Il XV' s. Maistuscez bien que fort venter Chiet [tombe] souvent par une pluiete,*/ir. de Ste Cenev. Se nous estions à la pluye, Nous serions bien pirement, o. basselin, Vau de Vire, 4«. ||xvi* s. Il tomba une fort grosso pluye qui dura toute la nuict, AiiTOT, Sylla, 7«. Oiseau qui au nid se retire. Et cil qui ses plumes allire. Ou se mouille, ou bien fort crie, La pluie est près, quoi que l'on die; Ou si les vers de terre sortent , Ou saleures humeurs rapportent, LBROUX DR LINCr, ProV. t. 1, p. (16.
— ÉTYM. Berry, pleue ; wallon, plaiv, ploiv; genev. plioge, pliote, pliodfe; picard, pleuve; bourguig. p;eu;'«; provenç. pluvia, ploia, plueia; catil. plu;a; anc. espagn. ptuvia; esp. mod. lluvia ; portait, chuta; ital. pirwa, pioggia; du lat plurta ivoy. pleuvoir).
t PLCI-PLUI (plui-plui). t. m. Voy. pleu-pleu.
PLUMAGE (plu-ma-j'), ». m Toute la plume qui j»t sur le corps d'un oiseau. Qui fait l'oisiau? c'est le plumage, la font, Fabl. ii, 6. Un paon :i!uaitun geai prit son plumage. Puis après se l'accommo.Ia, 10. * lY, ». Ménippe est l'oiseau paré de divers plumages qui ne -lont pas à lui, la brut. ii. 1 fiK. On a défendu aux huguenots de le recevoir ■ Ils tâcheront de ne pa.s perdre un prosélyte de ce plumage, om patin, l.ett. t. i, p. 383, dans pou- •M». Fôronde.... Riche manant, ayant soin du tra-
PLU
cas, Dîmes et cens, revenus et ménage D'un abbé blanc; j'en sais de ce plumage Qui valent bien les noirs à mon avis, la font Féronde.
— HIST. xiv s. Ce sont [chez les éperviers] trois manières de plumaiges, Mndus, f. xcv, lerso.
— F.TYM. Plume; bourguig. plumeiqe, pleumeige. t PLUMAIL (plu-mair, II mouillées), s. m.
Il 1* Petit balai de plumes. || 2'' Ancien synonyme de plumet. Mais les seigneurs sur leur lête Ayant chacun un plumail.... la font. Fabl. iv, 6.
— HIST. XV* s. Car j'ay mis le plumail au vent; Or lesuyvequi a attente, villon, Grand lest. Double bail. Il xvi' s. Le regardoit de costé comme un chien qui emporte un plumail, rab. p. 2H, dans lacobne.
— ÉTVM. Plume.
■ t PLUMA ItD (plu-mar), ». m. Poutre scellée des deux bouts, et portant au milieu un trou qui reçoit le tourillon d'un moulinet.
PLUMASSKAU (plu-ma-s6), s. m. \\ 1° Balai de plume. Il 2° Bouts de plumes pour empliimer des clavecins et des (lèches. H 8° Terme de maréchalerie. Plumes que les maréchaux introduisent, par les barbes, dans les naseaux d'un cheval, pour y produire des mucosités. 114" Terme de chirurgie. Gâteau de charpie que l'on prépare en étendant parallèlement les uns à côté des autres de longs filaments de charpie.
— HIST. xiv's. Fairesesplumaceauset tout ce qui est nécessaire [pour une plaie], h. de mondeville, f* 36, lerso. Soit mis un plumacel desus, m. f» 39.
— ÉTYM. Diminutif du lat. plumatium, coussin déplume, de pluma, plume.
PLUMASSERIE (plu-ma-se-rie), ». f. Métier et commerce de plumassier.
— HIST. XVI* s. Elles les enterrent avec quelques colliers et plumasserie qu'ils auront plus aimé, PABÉ, Mutnie. 4.
PLUMASSIER (plu-ma-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l't se lie : des plu-ma-sié-z habiles), s. m. Marchand qui prépare et vend des plumes pour la parure, pour l'ornement. Mille huit cent trentedeux livres [dues] à votre plumassier, mol. Bourg. gent. m, ♦.
— HIST. XVI* s. 3* rang, qui sont les mestiers médiocres, plumassiers de panaches, dit anciennement chappelier de paon, Édit, avril 1597.4' rang, plumassier de plumes à escrire, ib.
— F.TVM. Plume.
t PLUMASSIÈBE (plu-ma-sié-r'), ». f. Femme qui prépare ou qui vend des plumes pour la toilette.
t PLUMATELLE (plu-matè-l'), ». f. Genre de polypiers.
PLUME (plu-m'), ». f. Il 1* Production qui couvre le corps des oiseaux et qui se compose d'un tuyau, d'une tige et de barbes. Des p|i;mes de coq, d'autruche. Un balai de plumes. Quelquefois de l'orage avant-coureur brûlant, Des cieux se précipite un astre étincelant.... Tantôt on voit dans l'air des feuilles voltiger. Et la plume en tournant sur les ondes nager, delille, Géorg. i. || Fig. et familièrement. Il y a laissé des plumes, de ses plumes, c'est-àdire il ne s'est pas tiré de cette affaire sans y faire des pertes. || Fi({. Avoir des plumes de quelqu'un, lui gagner de l'argent au jeu. || Fig. Arracher à quelqu'un une plume de l'aile, lui tirer des plumes, lui ûter quelque chose de considérable, en tirer quelque profit de manière ou d'autre. X tirer quelque plume, monsieur ! oh I Mme Simon n'est pas femme i se laisser plumer, dancourt, ï* chap. du Diable boil, I, 4. Me regardant comme un oiseau de passage qu'elle allait incessamment perdre de vue, elle résolut de m'arracher quelque pluma auparavant, LK SAOR, Guzm. d'Alf. ii, 7. || Fig. La plus belle plume de l'aile, se dit de ce que quelqu'un possède de plus avantageux. Cette place est la plus belle plume de son aile. Il a perdu la plus belle plume de son aile. || Fig. Passer la plume par le bec, frustrer quelqu'un, voy. bec, n° t.||Fig. Jeter la plume au vent, voy. vent. || Fig. Paré des plumes d'autrui, se dit d'un plagiaires métaphore tirée de la fable du geai paré des plumes du paon. || Comme une plume, se dit de ce qui est très-léger. Il me prit entre ses bras, et me transporta comme une plume jusqu'à la boutique où je m'assis tout d'un coup, mabivaux, Marianne, 2* part. {{ Se sentir plus léger qu'une plume, se sentir dispos, allègre. Je me sens plus léger qu'une plume, Marivaux, Surpr. de l'amour, lU, I. Il N'être pas de plume, être fort lourd.... du pitaud le corps ne fut pas fait de plume, la pont. Tabl. Il Terme de fauconnerie. Donner une plume à l'oiseau, lui donner la curée empluméc. || 2° Collectivement. Un assemblage de plumes.La menue plume des oiseaux se nomme duvet. Acheter de la volaille en
PLU
plume. Mettre de la plume dans un oreiller. || H est chargé d 'argent comme un crapaud de plumes, c'est-àdire il n'en a point, j I Ce chien est dressé au poil et à la plume, ou, simplement, est au poil et a la plume, c'est-à-dire il arrête le gibier à poil comme le gibier à plume. Il En fauconnerie, au poil et à la plume, se disait d'un oiseau qui était dressé également pour le lièvre et pour la perdrix. |{ Fig. Il est au poil cl à la plume, c'est un homme qui écrit aussi hien en prose qu'en vers. J'écris en vers et en prose ; je suis au poil et à la plume, le sage, Gil Blas, 8, ta. Il Se dit aussi de celui qui est propre à des occupations de genres très-divers, ou d'un homme qui peut tenir tête à un autre. Et je vous ferai voir que je suis au poil et à la plume, mol. Comtes.':e, 2i. Il Dans un autre sens qui e<t du langage libre. P.tre au poil et à la plume, être adonné aux femmes ei à l'amour contre nature. Le frère de Vendôme avait tous les vices de son frère ; sur la débauche, il avait de plus que lui d'être au poil et à la plume, st-.^im, 156, 46. Il Plume s'est dit de la redevance en volaille que devait un bien-fonds. Cens en argent, plume et grain. 113° Lit de plume, lit fait avec la plume. Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée S'élève un lit de plume à grands frais amas.sée, boil. iutr. I. Il Par catachrèse, la plume, un lit fait avec la plume. Mais en vain dans leur lit un juste effroi les presse; Aucun ne laisse encor la plume enchanteresse, BOIL. Lutr. IV. Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, id. ib. m. ||4° Plumes .préparées qu'on emploie comme parures. Un bouquet de plumes. 11 aura cru sans doute, ou je suis fort trompée. Que les filles de cour aiment les gens d'épée; Et, vous prenant pour telle, il a jugé soudain Qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main, corn,, le Ment, m, 3. Je suis sorti d'une maison où l'on n'a jamais eu de plume qu'au chapeau, scudéby, dans pellisson. Histoire dt l'Académie, iv, Srudéry. Toutes les dames habillées galamment, avec mille plumes sur leur tète, accompagnées du roi et de la jeunesse de la cour, M"* DE LA FAYETTE, Histoire d'Henriette d'Angleterre, Œu^:. t. m, p. 102. [Les hommes de l'ancien régime] Chez nous rettouvmt leurs costumes. Avec talons rouges et plumes. Ils vont régner dans les salons, bérang. Vieux liabits, rieux galons. Il Fig. C'est une plume à son chapeau, se dit de quelque chose qui est de distinction ou qui flatte la vanité. Il B" Gros tuyau de plume dont on se sert pour écrire. Un trait de plume. Commencez la lettre, et après six lignes donnez la plume à Pauline, SÉV. 485. Quand je commence, je ne sais point du tout où cela ira , si ma lettre sera longue ou si elle sera courte; j'écris tant qu'il plaît à ma plume; c'est elle qui gouverne tout, m. 342. Voilà bien des sottises, mon cher cousin.... c'est ma plume qui a mis tout ceci sans mon consentement, id. ta mars 1678. Je reviens à vous, mon cousin, pour vous ilire que je laisse la plume à Mme de Grignan ; je dis la plume; car, pour l'encre, vous savez qu'ede en a de toute particulière, m. 20 janv. (675. Ma plume aurait regret d'on épargner aucun, boil. Sat. vu. Je tressaille, en songeant aux paisihle» soirées Sous les regards du maître aux devoirs consacrées, Quand, devant le pupitre en silence inclinés, Nous n'entendions parfois, de ce calme étonnés, Que, d'instant en instant, quelques nages froissées, Ou l'insensible bruit des plumes empressées, p. LEBRUN, Bonh. de l'étude. La plus ancienne mention des plumes à écrire se trouv» dans un auteur du vu* siècle, legoarant. || Plume hollandée, voy. hollanueh || Tenir la plume, avoir la plume, être chargé d'écrire les résolutions d'une assemblée, d'un prince, etc. || Avoir la plume se disait pour : imiter si exactement l'écriture du roi, qu'elle ne s'en put distinguer, et écrire en cette sorte toutes les lettres que le roi devait ou voulait écrire de sa main, sans toutefois en vouloir prendre la peine. Rose, autre secrétaire du cabinet d» roi depuis cinquante ans, avait la plume, st-sim 86, 107. Il Tenir la plume, écrire sous la dictée Je ne fais que tenir la plume, à mesure qu'il me dicte les particularités les plus singulières et les moins connues de sa vie, hamilt. Gramm. i. Il Tailler une plume, la préparer avec le canif, de manière qu'elle puisse écrire. || Fig. Tailler sa plume, se préparer à écrire. Elle dit toujours qu'elle va vous écrire, elle (aille ses plumes, sÉv, 441. Vous, Paul Louis, vous deviez être non-seulement prudent, mais muel.... il fallait vous tenir coi, tailler votre vigne, non votre plume.... p. L. cour. Rép. aux ano»ii/m«s. Il Fig. Vous trouvez que ma plume est toujours taillée pour dire des merveilles du
PLU
grand maître [le roi), sév. 29 juill. 4«76. {| Passer !a plume sur, raturer. Il faut passer la plume sur l'écriture que nous avons faite, ou bien déchirer le papier, boss. Servions, Satisfactions, 4 . || Cela s'est trouve, présenté au bout de ma plume, se dit des choses (ju'on écrit par occasion, sans les avoir préméditées. Voilà ce qui s'appelle des contes à dormir debout; mais ils viennent au bout de la plume quand on est en Bretagne, et qu'on n'a pas autre cl'.ose à dire, sÉv. 73. Cette folie s'est trouvée au bout de ma plume, id. 8 janv. (676. || Fig. Ce mot, cette syllabe est restéeau bout de ma plume, c'est-àdire j'ai oublié de l'écrire. || Prendre la plume, commencer à écrire ; reprendre la plume, recommencer à écrire. Mais sitôt que je prends la plume i ce dessein, régnies, Sat. xv. La créance que j'ai eue que.... m'a fait pren<lre la plume pour.... pasc. Prov.xv. Je ne reprendrai plus la plume contre un tel adversaire [Jurieu], boss. e' avert. n, tis. Lorsqu'une lois il aura rassemblé et mis en ordre toutes les idées essentielles à son sujet, il s'apercevra aiièmcnt de l'instant auquel il doit prendre la plume, BUFF. Disc, derécept. || Je prends la plume pour vous assurer.... en commençant une lettre; style bourgeois, DE cALLiÈnES, (690. |i Poser la plume, cesser d'écrire. || Mettre la main à la plume, commencer d'écrire. Je mettrais volontiers la main à la plume, BOSs. Lett. 267. J'ai mis plusieurs fois, sire, la main à la plume, ou, comme disent les pédants, la plume à la main, pour répondre tant bien que mal à cette malheureuse lettre, d'alemb. Lett. au roi de Pr. t* déc. <767. |i Mettre la main de quelqu'un à la plume, l'obliger d'écrire. Le tour que fit M. de Cimbrai de se confessera M. de Meaux pour lui fermer la bouche, mit enfin la main de ce prélat à la plume, ST-siM. 4B, (2. Il La plume à la main, quand on écrit, quand on compose. Venez dans la solitude de mon cabinet.... vous me trouverez, la plume à la main pour calculer les distances de Saturne et de Jupiter, la brdï. vi. Notre nation, regardée comme si légère par des étrangers qui ne jugent de nous que par nos petits-maîtres, est de toutes les nations la plus sage, la plume à la main, volt. E.^^s. sur ta poh. ép. ix. Dix mille volumes lus la plume à la main, bonnet, Lett. div. Œuv. t. Xil, p. idl , dans pougens. || X coups déplume, sur le papier, par opposition à ce qui est en réalité. Détioiis-nous de Pétau et de ses semblables qui font des enfants à coups de plume, volt. Sœurs, IHluge. Il Laisser aller sa plume, écrire avec abandon. Il n'y a qu'à laisser aller sa plume, sév. 2oi. Ne vous retenez point quand votre plume veut parler de la Provence : ce sont mes affaires; mais ne la retenez sur rien, car elle est admirable quand elle a la bride sur le cou, m. 22 déc. (675. || A course de plume, aussi vite qu'on peut écrire. Ceci est un billet écrit à course de plume, sév. 388. || Au courant de la plume, au gré de l'inspiraiioB, sans méditation, sans travail. On ne peut guère écrire plus mal; il est à croire que l'auteur fit cette pièce au courant de la plume, volt. Comment, sur Nicomède, m, 8. La. plupart des autres ouvrages du philosophe sont des impromptus faits au courant de la plume, didf.r. Claude et Nér. ii, to. || l'ig. La plume tombe des mains, on est saisi d'étonnement en écrivant. La plume tombe des mains quand on voit comment les hommes en usent avec les hommes, volt. Mœurs, (64.1|Ia plume tourne dans les doigts, on hésite à écrire. Après avoir parlé des indécences des autres à son égard [le duc de Bourgogne], je viens aux siennes, et c'est oïl la plume me tourne dans les doigts, st-sim. t. viii, p. 20», éd. cwÉRUEL. Il Fig. Écrit sur la plume des vents, écrit sur des bagatelles, quand on n'a rien d'important à se dire. Je reçois votre lettre du ïa, icrite sur la plume des vents, aussi bien que la mienne du vendredi, sév. 3o mars («72. || 6" Plume métallique, plume artificielle, se dit d'un bec semblable à celui d'une plume taillée, et formé d'une petite plaque demi-cylindrique, de fer ou d alliage; ce bec s'adapte à un porte-plume "U à une petite hampe. || 7" Manière de former les caractères d'écriture Une belle plume. Plume se dit, par métonymie, de la manière de former les caractères de l'éciiture, et de la manière de composer, dumabs. Tropes, li, 2. Il 8 • Iji plume, le travail de» écritures. Il y aura plu.s de difficulté à découvrir ce que l'industrie de la plume rend à ceux qui en tiient aucuns émoluments sujets à être enregistrés, vaub. Dime, p. «:'. ;i Homme de plume, celui dont le travail consiste surtout à faire des écritures. Kntendez-vouspar sauvages des rustres.... snumisiun homme de plume, auiiuel ils portent tous les ans la moitié de ce qu'ils
PLU
ont gagné, volt. Moeurs, Sauvages. \\ La plume s'est dit aussi des emplois de l'administration. Pourquoi le duo de Bourgogne ne prendra-t-il point quelqu'un qui l'accompagne? un seigneur qui aura en soi autre chose que son nom, ensuite un personnage de plume qui aura négocié? st-sim. 265, 68. Que n'auront pas fait les secrétaires d'État et gens en place considérables dans la robe, dans la plume? iD. 399, 205. La plus ancieiîne concession de la noblesse à un office de plume fut celle des secrétaires du roi, volt. Mœurs, »8. || Ancien terme de marine. Officiers de plume, ou, absolument, la plume, ceux qui dans les vaisseaux et dans les ports sont employés à l'administration. On dit aujourd'hui officiers d'adniini.stration. Il 9° Fig. Composition des ouvrages d'esprit, styie et manière d'écrire d'un auteur. Nous montrant seulement de la plume ennemis, RÉGNMER, Sat. XII. Mazarin a été l'objet de l'invective publique, et les plumes et les langues se sont déchaînées dans la dernière licence, la rociiEFOuc. Mém. 35. Pie II, qui avait autrefois prêté sa plume à ce concile [de Baie], boss. Sermons, Unité de l'Église, 2. Après avoir souillé sa plume dans toutes sortes d'emportements, m. Lett. (95. L'autre [Théophile], sans choix, sans exactitude, d'une plume libre et inégale. .. la bruï. i. Elles [les femmes] trouvent sous leur plume des tours et des expressions.... iD. ib. Racine prêta sa belle plume pour polir les factums de M. de Luxembourg, st-sim. (7, 200. On voudra (|ue sa plume soit captive, si elle n'est pas vénale, montesq. Lett. pers. 4*6. Après lui fut élu l'Espagnol Roderico Borgia, Alexandre VI, homme dont la mémoire a été rendue exécrable par les cris de l'Europe entière et par la plume de tous les historiens, volt. Mœurs, tes. Il [l'empereur Frédéric] ne manqua pas d'écrire à tous les princes d'Allemagne et de l'Europe par la plume de son fameux chancelier, Pierre des Vignes, ID. Mœurs, 52. Le droit que tout homme a parmi nous [Anglais] de parler par la plume à la nation entière, id. Oial. xxiv, entret. (5V Avec quel plaisir ne lit-on pas dans la vie de Racine que, de la même plume dont il écrivait Athalie, ce père sensible traçait à son fils aîné des leçoQS dictées par la vertu la plus simple! d'alemb. Éloges, Despréaux. Des fautes légères échappées à une plume rapide, DIDER Claude et Nér.u, I09. Malheur, me disait-elle, à qui attend tout de sa plume ! rien de plus casuel, MAiiMONTEL, Mém. IV. || Un trait de plume, manière d'écrire en laissant courir la plume. Vous savez que je n'ai qu'un trait de plume; ainsi mes lettres sont fort négligées ; mais c'est mon style, et peut-être qu'il fera autant d'effet qu'un autre plus ajusté, SÉV 27 sept. I67(. Il Guerre de ^ lume, polémique entre des écrivaitis. Qui plume a guerre a; ce monde est un vaste temple ilédié à la discorde, volt. Lett. Mme Denis, 22 mai (752. Il faut à ces messieurs une guerre de plume; une guerre de plume I l'étrange alliance de mots! th.leclebcq, Proverb. t. IV, p. 412, dans pougens. || 10" L'auteur même (en parlant plutôt d'un prosateur que d'un poète). Votre Majesté verra.... que, dans les chambres et dunettes des vaisseaux, il y a des plumes françaises aussi affectionnées à son service qu'il s'en trouve au cœur de la Fran-e, le p. foubnikr. Hydrographie dédiée à Louis Xlil, préface.. Plume se prend aussi pour l'auteur même : c'est une bonne plume, c'està-dire c'est un auteur qui écrit bien; c'est une de nos meilleures plumes, c'est-i-diie un de nos meilleurs auteurs, dumars. Tropes, ii, 2. Je lui crois des égaux parmi ses contemporains en qualité de penseur et de philosophe; mais, en qualité d'écrivain, je ne lui en connais point; c'est la plus belle plume do son siècle, J. J. rouss. Lett. à M.D. Corresp. t. 1, p. (87, dans pougf.ns. || 11" Ancien terme de l«)tanique. La partie supérieure du germe d'une graine qui commerce à se développer; on dit aujourd'hui plumule. || 12" Terme de plombier. Pièce de cuivre qui est à un bout du moule & tuyau, et faite pour la continuation du tuyau que l'on fond. || 13" Cuire à la pluwe, amener le sucre à un degré de cuisson tel qu'en soufllant à travers l'écumoire, il forme de légers globules ((ui tiennent les uns aux autres. || .Sucre à la petite plume, à la grande plume, v-y. sucRi^'. Il 14' Alun de plume, sorie d'alun raffiné. || 15' Plumo géométrii|ue, instrument qui sert à tracer toutes sortes do courbes, par une comhinaisou de mouvements circulaires. Il 16° l'Iume marine, nom vulgaire des pennatules, et, particulièrement, de la pennalulo plume, dite aussi absolument pennatule. || 17* Plume de paon, pierre fine, de wuleur vcivlâtre, rayée comme les barbes d'une plume, et qui paraît pourpre i la lu-
PLU
mière ; c'est une agate tendre. || Proverbes. C'est le geai qui se pare des plumée du paon, c'est-àdire il se fait honneur de ce qui ne lui appartient pas. Il La belle plume fait le bel oiseau, c'est-à-dire la parure fait valoir.
— HIST. xiu* s. Foie est qui son ami ne plume Jusqu'à la derreniere plume, la Rose, (3902. || xv« s. Une plume de porc espy, garnye d'or, extimee ung escu, Bibl. des ch. «• série, t. i, p. 38«. Les François dompteurs du inonde tant à l'espée comme à la plume, chastel. Expos, sur vérité. Tousjours y laissoient les .Sarrasins ou plume, ou aisle, et bien y estoient batus, Bouciq. ii, (7. || xvi* s. Livres grecs et latins, etc. traduits en françois par maintes excellentes plumes de nostrc temps, dobell. i, 7, recto. Gentilz esprits, qui ne dédaignent point manier et l'espée et la plume, id. n, 2, recto. Tous les peuples s'allèchent vistement àla servitude, pour ' la moindre plume qu'on leur passe (comme on dit) devant la bouche, la boétie, 62. Ceux qui ont tant loué leur Lucrèce, l'eussent laissée du bout de la plume [au bout de la plume], pour escriie bien au long les vertus de celle-ci, mahg. Nouv. xlu. Ma plume , estant lassée, ne peut courir eil tant de lieux; il me suffira de.... langue, (47. Là-dessus il [l'historien Poupelinière] se teut la larme à l'oeuil, laissant bien à juger que sa plume estoit vendue, d'aub. llist. 1, 269. Mondejar, pour ne se laisser pas tirer une plume de dessous l'aile, s'avança à Gajarre, in. ib, i, 348. Les politiques mirent aussi la main à la plume, lo. ib. ii, ((6. Le second honneur est aux plumes bien taillées, qui ont mené les esprits aux pensées.... lo. ib. m, 288. Dans lequel fossé plusieurs autres, mais petits, pendans en plume, des deux costés se joindront, pour ydrscharger leurs eaux, 0. DE SEKBES, 68. Avtc le chien couchant (ait au poil et à la plume, il s'en ira arrester et prendre la perdrix et le levraud, m. 994. Plume nourrit, plume destruit, leroux db lincy, Prov. t. i, p, (92. Mettre la plume au papier, pasquier, Lett. 1. 1, p. 55. J'ay veu.... des personnages qui tiroient d'escrire et leurs tiltres et leur vocation, dcsadvouer leur apprentissage, corrompre leur plumo, et affecter l'ignorance de qualité si vulgaire... mont, i, 288. Tous deux mettent la plume au vent, comme bons frères jurez de ne s'ahandonner jamais et vivre et mourir ensemble, vont brusquer fortune, brant. Capit. franc, t. IV, p. (59, dans lacurnb. Vanner les plumes au vent, cotgrave.
— ÊTYM. Berry et bourg. pl«um«; wallon plomm; provenç. et espagn. pluma ; catal. ploma ; liai. piuma; du lat. pluma, que Curtiiis, n" 36"t, rapproche du radical sanscr. plu, flotter.
PLUMÉ, ÊE, (plu-mé, mée), part, passé de plumer. Dont on a 6lé les plumes, l ne volaille plumée.
PLUMKAU (plu-mô), s. m || !• Espèce de balai fait avec de fortes plumes. || 2" Bout de l'aile d'une oie dont le rôtisseur se sert quehjuefois pour souffler doucement les charbons d'un fourneau. || Il sert aussi à épousseter dans l'appartement. || 3" Ustensile de bureau dans lequel on met ses plumes, son canif, etc. || 4" Brin de plume que les fabricants de fleurs artiliciclles emploient pour former les pistils des lliiurs. || 8' Couverture en plumes. Ils [les gens du peuple en Pologne] se procurent, par des vêtements trop chauds, ou la nuit sous leurs plumeaux, des transpirations forcées, roussille, /rultt. Mém. se. phys. et math. Sav. étrang. t. u, p. (3*.
— ËTYH. Diminutif de plume : proprement un brin de plume.
PLUMER (plu-mée), *. f. Il 1* Quantité de plumes fournies par un oiseau qu'on a plumé. || 2' Action de plumer les oies pour leur ÔW.r leurs plumes finet ou duvet. Faire la plumée. || 3" Ce i|ui entre dans une plume à écrire. Une plumée d'encre. |{ 4*Terme de maçonnerie. Plumée, synonyme de plomée, dont ce semble une altération.
— ÈTYM. Plume.
t PLUMKLLB ((ilu-mè-r), #. f. Terme de boUnique. Voy. cornette 2.
— CTYM. Diminutif da plume.
PLUMKR (plu-mé), t;. o. || l' Arracher les plumes d'un oiseau. Beaucoup d'enfants s'amusent à [■lumer leurs moineaux, volt. Dial. ixiv, 4.||2°Fig et familièrement. Plumer quelqu'un, en tirer do l'urgent. Elle a pourtant souvent plumé l'oison sans rire, La matoise qu'elle est, boishobert. la llelle plaideuse, m, 7. Qu'un homme soit plumé pardescoquelles,Ce u'est peur faire au miracle crier, la font. L'emnte avare. Elles résolurent de plumer l'oiseau, et curent r«<Jresso de lui tirer de bonnes plumes île l'aile, LB SAGE, Gu3m. d'Atf. Vi, 2. J'admire lo train delà vie humaine 1 nous plumous une coquette, la coquette
PLU
PLU
PLU
mange un homm? d'affaires, l'homme d'affaires en pille d'autres, cela fait un ricochet de fourberies le plus plaidant du monde, iD. Turear. i, i3. || Plumer la poule sans la faire crier, faire ses aflaires aux dépens rie quelqu'un sans qu'il se plaigne; faire de» exactions sans qu'il y ail de plaintes. || 3° En quelques provinces, plumer un bâton, un rameau, en ôter t'écorce; plumer un fruit, le peler. || Terme de p?che. Plumer un roseau, ôter avec un couteau les feuilles d'u.-v roseau. || 4° Terme de mégissier. ôter la laine ou te poil de dessus une peau.
— HIST. xu* 8. Ouant son grenon [sa moustache] [il] senti qu'il a plumé [arraché], Or poez croire que moult fu aïré, H Charois de Nxjmes, v. issu. Plumer me velt li reis' com fait oisel, Gérard de Rots. p. 3î«. li XIII* s. À pou que il ne m'a tué; Mais je le r'ai moult bien plumé. Bien li ai les cheveus sachiez, Ren. 24634. Faillir li ferai ses deniers. S'il ne li sourdent en greniers; Si le plumeront nos puceles, Qu'il li faudra plumes noveles, la Rase, 10897. Il xiv" s. Car s'il eussent esté sage, Il fussent quittes du fouago, Dont li rois cliascun an les plume, o. guiart, Itoiianx lignages, v. 6287. Si
I esprevier preiit ung oysel, il se boutera en espès buisson, et illecques plumera son oysel, Mndus, !• xcvi, verso. ||xvi' s. Us savent bien plumer l'oye sans la faire crier.... fbomenteau, Finances, m, p. 67. Les Espagnols n'bussent jamais peu croire que le huguenot fust allé plumer la poulie en 'eur pays, BRAHr. Hommes illustres, ChasHUon. X quoi songeoit-il [Platon], quand il définit l'homme un animal à deux pieds sans plume? fournissant à ceux qui avoient envie de se mocquer de luy une plaisante occasion; car, ayants plumé un chapon vif, ils alloient le nommant l'homme de Platon, MONT. II, Î92. Plumer une chastaigne, cotgrave.
— ÉTVM. Plume; wallon, p tourné ; herry, pieumer, écorcer, peler, et piomer, plumer; provenç. plumar; cat. plomar. En latin, plumare veut dire garnir de plumes.
PLUMKT (plu-mè; le t ne se prononce pas et ne 80 lie pas; au pluriel, ï's se lie : des plu-mè-z élégants ; plumets rime avec traits, succès, paix, etc.), I. m. Il 1° Plume d'autruche prépirée et mise autour du chapeau. Tous les plumets de la nolilesse du pays qu'on avait empruntés, scaiir. Hom. com. i, iv. Riclielieu, aprbs avoir écrit sur la théologie, faisait l'amour en plumet, volt. Mœurs, <75. {| 2° Particulièrement. Bouquet de plumes que les militaires portent à leur chapeau, à leur casque, etc. Je ne désespère pas qu'au premier jour, pour toucher le cœur de Madame, il n'arbore le plumet, dancoort, l'Ëié des co<iuettes, se. 9. En toque il [le petit homme rouge] avait mis Vingt plumets ennemis, BÉRANO. H. rouge. \\ 3° Fig. Un jeune militaire. Que les plumets seraient aimables, Si leurs feux étaient plus constanisl panaru, Œuv, t. m, p. 355.
II Vieux en ce sens. || Collectivement, le plumet, les gens de guerre. Et toujours le plumet aura la préférence; Ce fut donc le guerrier qu'on aima mieux choisir, LA pont. Fragm.du songe de Vaux. Vous avez fort bien fait, le plumet vaut mille fois mieux que la robe, oancourt, la Femme d'intrigues, v, 4. Il Vieux en ce sons. || 4° Terme de marine. Plumets de pilote, plumes attachées à de petits morceaux de liège, qu'on laisse voltiger pour connaître d'où vient le vent.
— HIST. XV' s. La quelle femme dist à Jehan do Fer qu'il esloit un garçon plumet [à barbe naissante], et (|u'il avoit grant tort de l'avoir ainsi boutée, ou cange, plumarius.
— ÉTVM. Dérivé de plume; wallon, ploumet.
t PLCMETÉ, ÉE (plu-me-té, tée), adj. \\ 1° Terme de blason. Qui est pars'emé de mouchetures ayant la forme d'un bouquet de plumes. || S* Dans la langue du moyen âge, ouvrage plumeté, ou, substantivement, le plumeté, ouvrage fait en manière de plume, genre de travail qui, comme le pointillé, le greneté, le f.illé, variait l'aspect des pièces d'orfèvrerie d'or et d'argent, DE laborde. Émaux, p. t&t.
— BIST. XIV* s. Un hanap d'or couvert, plumeté dehors, 'A l'aigu iere de mesme greneté dedans, de LABORi^, £'maux, p. 464.
— ETYM. Plume, par l'intermédiaire d'un diminniif plumelte.
PLUMETIS (plu-me-tî),«.m. Fji|.fccc de broderie, f.iite à la main avec du coton peu tordu, qui représente en relief des fleurs, des feuilles, des figures do blason, couronnes, écussons, des lettres et autres choses; c'est la plus jolie broderie et la plus difficiieii l^ien exécuter; elle sert aux ouvrages de lingerie les plus beaux, t*ls qae col», manches,
bonnets, et se tsH le plus souvent sur la mousseline et la batiste. Broder au plumetis.
— HIST. xv s. Ung calice d'argent doré, en la platine duquel a cinq autres apoustres environnés d'un plumetis, de labohde. Émaux, p. 454.
- ÉTVM. Ainsi dit par analogie avec le plumeté du blason.
t PI.UMECR (plu-meur), s. m. Celui qui plume les volailles dans un marché public. Il y a des plumeurs qui mettent une poule nue en cinq minutes, VIndép. belge, 20 et 2i juillet (868.
PLUMEUX, EIÎSE (phimeû, meù-z''), adj. \\ 1° Qui est couvert de plumes ou qui est fait de plumes. ' Qui tient de la nature de la plume. || 8" Terme d'entomologie. Antennes plumouses, antennes garnies latéralement de poils qui les font ressembler à des plumes. {| 8° Terme de botanique. Garni de poils semblables aux barbes des plumes. || 4" Terme de minéralogie. Cristaux plumeux, cristaux tièsdéliés et disposés, les uns par rapport aux autres, comme les barbes d'une plume.
— HIST. xvi' s. Un vestement sale et tout plumeux, d'aUB Hist. III, 640.
— ÉTVM. Plitme. Ménage dit que ce mot est dû à Desmarets; mai? on voit qu'il est plus ancien.
t PLUMIFÈRE (plu-mi-fc-r') , adj. Qui porte des plumes. L'appareil plumifcre est l'analogue, chez les oiseaux, de l'appareil pileux des mammifères.
— ÉTVM. Plume, et le lat. ferre, porter.
t PI.UMIGERE (plu-mi-jè-r'), udj. Qui tient ou porte une plume, mot forgé par Honoré de Balzac pour ridiculiser, pris substantivement, les employés de bureau. Wa [les voyageurs qui demandent des passe-portsj sont bien en repos devant les vingt phimigcres, h. de balzac, les Employés, ch. v.
— ÊTYM. Lat. pluma, elgerere, porter. Ce mot est mal fait, d'abord parce que pluma en latin ne signifie pas une plume à écrire, ensuite parce que gerere veut dire porter sur le corps, et non pas tenir entre les doigts.
PLUMITIF (plu-mi-tif), s. m. \\V Papier original sur lequel on écrit les sommaires des jugements d'un tribunal, des déliliérattons d'une compagnie. ,: Tenir le plumitif, être chargé de prendre note des délibérations d'une compagnie. |j i° Familièrement et par plaisanterie. Homme de plume, commis de bureau, de greffe. Le plumitif lui dit : Je suis sans crédit pour faire du bien ; tout mon pouvoir se borne à faire du mal quelquefois, volt. l'Ingénu, I3. || Adj. Canaille plumitive (motde Beaumarchais), vil écrivassier, libelliste.
■ - HIST. XVI' s. Sur ce fut par nous ordonné que lesililes parties metteroient par devers nous, par un brief plumetis, leurs dires alléguez, causes et raisons, Coust. genér. U u, p. 362.
— ÉTYM. D'après Ménage, approuvé par Scheler, pdimïii/ est une corruption de primitif; il assure que dans le chapitre de l'Église de Paris on dit encore primitif; et, dans le fait, le bas-latin a primilivum pour un écrit original. Mais, d'un autre côté, il est certain que plumetis s'est dit aussi pour un écrit, et que la corruption en plumitif en est facile. Plumetis tient à plumeter, écrire, plumeteur, écrivain, qui se sont dits aussi , et viennent lie plume.
f PLUMOTAGE (plu-mo-ta-j'), s. m. Façon qu'on donne à la terre dans le raffinage du sucre.
\ PLUMOTER (plu-mo-té), ti. n. Rafraîchir la terre qui couvre les formes, sans l'ôter de dessus le sucre.
t PLUM PUDDING (plom'-pou-dingh'), s. m. Mets anglais, espèce de gflteau cuit dans l'eau et composé de farine, de moelle de bœuf, de pruneaux ou de raisins de Corinthe, etc. On assaisonne souvent le plum-pudding avec du vin de Madère ou du rhum.
— ÈTVM. Angl. p(um, prune, et pudding, gâteau. PI.UMULE (plu-mu-r),s. f. Il 1* Terme de
zoologie. Petite plume, duvet. ||î° Terme de botanique. Partie de l'embryon végétal qui constitue le sommet de la tigelle, c'est-è-dire lo rudiment de toutes les parties aériennes de la plante. Des physiciens botanistes nous avaient fait admirer le retournement de la radicule et do la plumule dans les graines semées à contre-sens, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. vin, p. 303, dans pougens.
— ÉTYM. Diminutif de plume.
PLUPART (LA) (plu par) , s. f. Terme collectif. Il 1" la plus grande partie, le plus grand nombre, en parlant soit de personnes, soit de choses. La plupart des substances. La plupart du peuple voulait. La plupart des gens s'en prennent aux censeurs même-, PASC. Proti. m La plupart dos femmes n'ont L'uèie de principes; elles se conduisent par le cœur, LA liRUY. 111. lia» Absolument. La plupart, le plus grand nombre des gens. La plupart emportes d'une
fougue insensée Toujours loin du droit sens vont chercher leur pensée, boil. Art p. i. ||3°Pour la plupart, loc. adv. Quant à la plus grande partie. Les gens de ce pays-ci sont pour la plupart fort paresseux. Il Dans le même sens, avec ellipse de powr. Les hommes sont la plupart intéressés. || 4' La pi»p;irt du monde, le plus grand nombre des gens. Des sentiments.... qu'il faut cacher à la plupart du inonde, SiSv. 20 janv. (676. J'aurais dû, dans les règles, l'intituler Joas; mais, la plupart du monde n'en ayant entendu parler que sous le nom d'Athalie, je n'ai pas jugé à propos de la leur pré.seiiter sous un autre litre, rac. Alhal. Préf. || 5° La plupart du temps, loo, adv. Le plus ordinairement. La plupart du temps il est morose. || On dit dans un sens analogue : la plupart de la nuit, la plus grande partie de la miit Employant le jour à servir ses maîtres, et la plupart de la nuit à étudier, il fit des progrès si considérables.... bayle, Diction, critique, art. Ramus.
— liEM. 1. Si laphipart est construit avec un nom au pluriel, le verbe se met au pluriel : La plupart de^ hommes font ... S'il est construit avec un nom au sin;;u!ier, le verbe te met au singulier ; La plupart du monde suit ses passions ; la plupart du peuple ordonna ; la plupart du sénat fut d'avis. {| 2. La plupart, pris absolument, veut le verbe au pluriel : La plupart disent.... Si un adjectif y est joint, cet adjectif se met au pluriel masculin : La plupart emportés.... Il 8. Si un adjectif suit le nom qui vient ai'rès la plupart, il s'accorde en genre et en nombre avec le nom : J'ai la plupart de mes livres reliés en veau.
— iilST. XV* s. La plus part de sa vie, la plus part de son est, comm. passim, U tint conseil la plus part du jour et partie de la nuyct, in. ii, 9. || xvi' s. La pluspart du monde est comme hébétée en cest endioit, CAt.v. Instit. 417. Ayant fait sapper la pluspart , -lu chasteau, kiOnt. i, 2G. Nos souhaits pour la pluspart naissent.... id. i, I04. Encure pouriois-je marquer plusieurs autres despenscs excessives que fait la plus part de la noblesse, lanouk, )70. Il tua le Uinotaure, ainsi que la plus part des autheurs anciens l'escrit, avec le moyen que luy bailla Ariadne, AMVOT, Thésée, 22. La plus part du temps, m. Lyc. 33.
— ÉTYM. Plus, et part.
t PLUItALI.SATION(plu-ra-li-za-sion), s.f Terme de grammaire. Action de pluraliser.
t PLUItALISKU (plu-ra-li-zé), v. a. Terme de grammaire. Mettre un mot au pluriel. || Se pluraliser, V. réft. Prendre le pluriel. Il y a des mots qui ne se pluralisent pas.
— ÉTYM. Pluriel.
PLURALITÉ (plu-ra-li-té), s. f || l'Le plus grand nombre. La pluralité des hommes. L'extrême esprit est accusé de folie, comme l'extrême défaut ; rien que la médiocrité n'est bon; c'est la pluralité qui a établi cela, et qui mord quiconque s'en échappe, pasc. Pens. vi, )4, ciiit. havet. Pourquoi suit-on la pluralité? est-ce à cause qu'ils ont plus de raison? non, mais plus de force, lu. ib. v, 4. Il 2" La pluralité des voix, ou, simplement, pluralité, le plus grand nombre des voix ou siiIVrages. La pluralité des voix n'est pas une preuve qui vaille rien pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à c.iuse qu'il est bien plus vraisemblahle qu'un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple, desc. Mélh. II, 4. Les voix se recueillent, la pluralità l'emporte, la supérieure est élue.... bourdal. Pensées, t. u, p. 4*3. Il ne tint qu'à trente et une voix qu'il [Socrate] ne lût renvoyé absous; car en ce cas il y en aurait eu deux cent cinquante et une, ce qui aurait fait la pluralité, roi.lin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 414, dans poloens. Cette opinion fut rejetée par la pluralité de 46 voix contre 28, mirabeau. Collection, t. I, p. 6. La grande [iluralité a prononcé mon exclusion, id. ib. t. i, p. 95. || ITuralité absolue, celle qui se forme de plus de la moitié des votes. || Pluralité relative, celle qui l'emporte sur chacune des autres fractions de suflTrage, |JAu-.f jourd'huijon dit pre.sque exclusivement majorité, qul;j est l'anglais majorily, provenu lui-même du IVaiiçai» majori(rf, «détourné, dans cette langue, de son sens^ propre à celui de pluralité; nous avons donc eu tort i d'abandonner notre mot ancien et excellent. || 3° Mul- ' tiplicité. Métriidore se persuadait tellement la pluralité des mondes, qu'il ne trouvait pas moins d'absurdité à vouloir que toute une campagne ne fût faite que pour produire un seul épi de hlé, qu'à soutenir l'unité de ce monde dans l'étendue infinie d'un si grand univers, lamothe le vatkh, Vertu des païens, 11, Épicitrc. l.a pluralité des femmes, autrefois permise ou tolérée, mais pour un temps et pow d«l
PLU
raisons particulières, fut ôtée à jamais [par le christianisme), Boss. 4* avert. 2. De la Pluralité des mondes, tilre d'un ouvrage de Konlenelle. Gassendi regarde ce sentiment [qu'il y a plusieurs mondes] comme opposé non-seulement à rautorité des Écritures saintes qui ne font aucune mention de la pluralité des mondes, et qui paraissent n'en supposer qu'un seul, mais encore.... bollin, Uist.ane. ïxvi, m, 11, s. Que savons-nous si Damis n'est point de ces petits scélérats qui ne se font point scrupule de la pluralité des dots? le sage, Crisp. ri», de son maître, sa. H. Les rois [mérovingiens], avec l'usage passager des maltresses, se permettaient encore la pluralité des femmes, st-foix, Ess. Paris, (Jiuv. t. IV, p. 32, dans pougens. || Pluralité des bénelices, possession de plusieurs bénéfices. Quelle que puisse être l'abondance des biens que l'Église vous a confiés (je n'examine pas ici si cette abondance est dans les règles, et si la pluralité des titres que vous possédez.... est conforme aux intentions, à l'esprit et aux plus saintes lois de l'Église....), mass. Coiifér. Us.^es revenus ecclés. ||4° Terme de grammaire. S'emploie quelquefois comme synonyme de pluriel. Il Donner à un mot le signe de la pluralité
— Hisr. XIV" s. Pluralité de princez [principaius, souveraineté] n'est pa-s bonne, ohesmb. Thèse de MEtJNiER. Il XVI» s. Sur l'beure mesme fut arresté à la rbiralité des voix qu'ils sernient exécutez à mort, AMYOT, Cie. 24. (Là où l'on gagne sa vie] la pluralité ei compaignie des enfants, c'est un adgencement de mesnage, mont. 11, 74.
— RTYM. Prov. pluralitat; espagn. pîuralidad; ital. pluralità; du lat. phuraliiatem, de pluralis
(VOy. FLIlnlEL).
t PLt'RI..., élément de composition qui signifie plusieurs, et qui vient du latin piiires.
PLUKIEL, ELLE (plu-ri-èl , è-l'; autrefois qu'on ne faisait pas sonner les consonnes finales, on prononçait plu-rié, et beaucoup ont conservé cette prononciation), adj. \\ !• Qui marque la pluralité dans les noms et dans les verbes. Terminaison plurielle. Substantif, adjectif pluriel. Un nombre pluriel, ou une infinité d'infinis, seraient infiniment moins qu'un seul infini, fén. Exist. il, 2, Unité du premier Hre. \\ 2° S. m. Le pluriel, le nombre plu- -iel. Ce verbe est à la première personne du pluriel. Je n'est qu'un singulier, avons est un pluriel, mol. t'emm. sav. 11, 6. Ce ne fut que vers la décadence de l'empire romain, que l'on commença à se servir au pluriel en parlant à un seul, fleuky. Mœurs des israél. lit. XVI, 2' part. || Il se dit quel(|uefois d'un mot qui est au pluriel. Il n'y a rien quelquefois de plus magnifique que les pluriels; car la niullilude qu'ils renferment leur donne du son et de l'emphase ; tels sont ces pluriels qui sortent de la bouche (l'Œdipe dans Sopbocle.... boil. Lotigin, Sublime, XIX. On peut, tout au contraire, réduire les pluriels en singuliers; et cela a quelque chose de fort grand : tout le Péloponnèse, dit Démosthène, était alors divisé en facti'ins, m. t'fc. xx.
— HIST. xu' s Singulere plurel [il] aveit tut par igal. Th. le mart. 55. || xiii' s. Quant letres sont letes il'irctapes, ou d'aucunes convenences, ou d'aucuns marciés qui toucent à pluriex persones, BKAtJ- MAN. XXXV, i«.
— Rtvm. Provenç, et espagn. pfuro/; \ta.l. plurale; du lat. rluralis, de plus (voy. plus).
PLUItlER (■plu-rié), .v. m. Autre forme de pluriel. Les noms propres n'ont point d'eux-mêmes de plurier, abnauld et lanckiot. Grammaire générait, II, 4. L'/t de l'ablatif singulier prend um au génitif plurier, lancelot, Nouv. méth. pour étudier la l. latine, règle 46.
— 11IST. xvi* s. Nos poètes parlent plus tost et de meilleure grâce aux princes et autres en personne singulif're que pliiriere, meigret, dnns livet, la Oramm. franc, p. 85.
— f/rvM. C'est le même mot que pluriel prononcé autrefois plurié, et écrit avec une r par analogie avec singulier.
t PLCRIFLORE (plu-ri-no-r'), adj. Terme de boLinique. Oui port^ plusieurs fleurs.
— RTYM. l'iuri..., et le lat. ftos, (leur.
t PLURILOCCLAIRE ( plu-ri-lo-ku-lè-r*) , ad). Terme d'histoire naturelle. Oui renferme plusieurs l>'ges. Ovaire, fruit pluriloculairc.
f;iv»l. l'Iuri..., et le M. loaihu, petite loge. l'LUHIOVULÉ, ÉE (plu ri-o-vu-lé, lén) , adj. '■ me de botanique. Qui renferme plu.sieur8 ovules. ETYM. l'Iuri..., et nvule.
! PLURIPARTITE (plu ri-par-ti-t'), adj. Terme de botanique. Oui est divis" en plusieurs (lartics.
— ftTYM Pfurt..,, et- le lat. partilus, partagé.
PLU
T PLDRISÉMINÉ, ÉE (plu-ri-sé-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Qui renferme plusieurs graines.
— ÊTYM. Pluri..., et le lat. semcn, graine.
t PLURISÉRIÉ, ÉE (plu-ri-sé-ri-é, ée), odj. Terme d'histoire naturelle. Qui est disposé en plusieurs séries ou rangs.
— ÉTY.M. Pluri..., et série.
t PLURIVALVE (plu-ri-val-v'), adj. 'lerme de botanique. Qui a plusieurs valves.
— ÉTYM. Pluri..., et valve.
PLCS (plû; Vs se lie : plu-z actif; quelques-uns font sentir \'s quand plus termine un membre de phrase : il en a plus'; Kegnier Desmarets remarjue, à la fin du xvii' siècle, qu'on faisait fonner les consonnes finales des mots qui terminaient la phrase: il pleut': cela ne se fait plus et il faut dire : il en a plù;Vaugelas remarquequ'autrefois on ne prononçait pas VI tout en l'écrivant, mais qu'aujourd'hui on la prononce; la prononciation pd est resiée populaire, surtout dans les campagnes). || !• Une plus grande quantité. || 2" Plus servant de régime direct à un verbe, jj S'il y a plus, bien plus, qui plus est. ||4°Pl'.i3 construit avec à. || B' Plus construit avec de. il 6" Plus construit avec en. \\ 7" Pour le plus, synonyme de au plus. ||8° lin algèbre, signe d'addition. Il 9" Plus pris adverbialement et devenant un signe de comparaison. || 10° El plus exprimant une addition, une augmentation indéterminée. || 11" Plus que suivi d'un adjectif ou d'un substantif, et indiquant que la qualité dont il s'agit est dépassée. Il 12° Plus suivi de que et d'un membre de phrase demande ne. Il 13° .Ne.... pas plus.. ..que, signilianlque la chose n'existe pas plus d'un côté que de l'autre. 1114» Plus de, pour plus que. || 15° Plus a'un. Il 16° Plus avec la négation signifie la cessation de quelque état, de quelque action. || 17» Absolument et sans négation, indique qu'un état a cessé ou doit cesser. || 18" Plus sans négation signifie : encore, do nouveau. |{ 19* Plus servant au superlatif relatif.
I 20° Le plus, adverbe. || 21» Plus employé sans article au sens superlatif. Il 22° Absolument, plus signifiant outre cela. || 23» Plus devenant un seul et même mot avec un autre mot. || 24» Sans plus. || 25» Tant et plus. Il 26° Plus ou moins. || 27» D'autaut plus.
II 28° Plus.... plus, ou plus... moins. || 29° Plus..., tant plus, ou tant plus.... tant plus. || 30° Non plus. Il 31° Ni plus ni moins que. |{ 32° De plus en plus indiquant progrès en bien ou en mal. || 33» Qui plus, qui moins. || 34° Plus tôt, plus tard, plus loin.
1»S. m. Une plus grande quantité. Le plus qu'un auteur de bon sens doive prétendre... m"« de scudéry, les Conversations, Dialogue. Ces gnomons ne sont que de grands quarts de cercle, mais plus justes h proportion de leur grandeur, et ce plus de justesse paye a.sseztous les soins presque incroyables de leur conslruction, fonten. Bianchini. Oui a le plus a, dit-on, le moins; cela esj faux, vautenargues, Œuv. eompl. t. 11, p. 69, dans pougens. Le plus ou le moins de production tient beaucoup plus à la grandeur qu'à la forme [des quadrupèdes], buff. Quadrup. t. vi, p. <82. || Etre sur le plus ou sur le moins avec quelqu'un, être en délicatesse sur les civilités réciproques, craindre de lui en faire plus qu'il ne faut. Quand je vois de certaines gens qui me prévenaient autrefois par leurs civilités, attendre que je les salue et en être avec moi sur le plus ou sur le moins, la bruy. vi. || Familièrement. Il faut qu'il y ait du plus ou du moins à cola, c'està-dire probablement la chose u'est pas précisément comme on le dil. || Il ne s'agit entre eux que du plus ou du moins, la différence ne va que du plus au moins, c'est-à-dire il n'est plus question entre eux, à propos de la conclusion d'un marché, d'une tran action, que d'une dilTéronce en plus ou en moins dans le prix. || 2' Plus servant de régime direct à un verbe. Pour vous, estimez plus qui plus vous donnera, réonieii , Sal. xiii. Faisons plus, mes amis; juron» d'exterminer... VOLT. M. de Ces. Il, 4, J'ai profité de tous les moments que ce grand prince et, pour plus dire, ce digne homme a passes ici, J. J. houss. Lett. à du Peyrou, 9 ocl. «757. || N'en pouvoir plus, voy. pouvoiii, verbe. || 3» Il y a plus, bien plus, qui plus est, li)C. adv. F,n outre (locutions oii plus est évidemment substantif). C'est un joueur ; il y a plus, c'est un fripon. Il ne m'a pas obligé; bien plus, il m'a desservi. Enfant d'Adam, mortel, et, ([ui plus est, ennemi de Dieu, flè<;ii. 1, p. e». Il m'est vc^iu dans l'esprit de vous mettre cbez un vieil apolhic-iire de mes parents, et, qui plus est, de me» amis, LE- SAOK, Hslev. Goni. t7. 114" Plu< construit avec la préposition d. || Au plus, tout au plus, loc. adq, qui exprime le plu* haut point où une chose soit
PLU
parvenue ou puisse parvenir. 11 aura tout au plus le temps d'arriver. Dans deux heures au plus, par un commun accord, Le sort de nos guerriers réglera notre sort, corn. Hor. i, 4. Ils ne peuvent au plus qu'être les premiers d'une seconde classe, la BflUY. I. Je l'olfeiisai ; mais des traits d'imprudence Dignes, au plus, d'un châtiment léger. Méritaientils cet excès de vengeance? malfil. i\arcisse, m. Il Anciennement. Au plus de, (oc. prc'p. X la pluralité. L'on eut peine à consentir à cette proposition, elle pa.ssa toutefois au plus de voix, retz, u, tii.|| 5° Plus, construit avec la préposition de. \\ De plus, en sus. Je suis tout ce qu'elle et, est reine encor de plus, corn. Serlor. 11, 2. Mardochée est coupable; et que faut-il de plus? bac. Esth. 11, ). Les maris aiment mieux, ils m'en seront témoins. Une vertu de plus, et deux grâces de moins, lanoue, Coguettf. corr. m, s. || De plus, en outre. De plus, il faut remarquer. L'oisiveté étouffe les talents , et de plus engendre les vices. || De plus que. Il a la tête de plus que moi. || On emploie de même plus que. Je puis me vanter au moins qu'ils [mes canons| ont un grand quartier plus que ceux qu'on fait, mol. Préc. 10. Cela m'a arrêtée un jour plus que je ne pen-sais, sÉv. «s sept. (684. J'avais un fermier qui m'olirait deux cents livres plus que Lapierre, 10. 20 juin. 1691. Bien qu'elle ait dix ans plus que moi, BÉRANO. Passez j. filles. \\ Uien de plus, rien en sus. Il ne demande rien de plus. {| Ou dit aussi rien plus. Que de nanda-t-ello à Dieu ? — Sa grâce, rien plus, fléch. Dauph.\\6° Plus construit avec la préposition eu. \\ F.n plus, en outre. Des sommes en plus, il 7° Anciennement. Pour le plus, synonyme de au plus. C'est une sorte d'oisiveté... ou, pour le plus, une occupation languissante et paresseuse, balz. le Prince, ch. 7. |1 8» Terme d'algèbre. Signe de l'addition. A -|- B signifie : A plus B. Les plus et les moins multipliés l'un par l'autre. i|9» Plus pris adverbialement devient un adverbe de comparaison indiquant supériorité en nombre, en quantité; que, s'il y a lieu, unit les deux termes de comparaison. || Avec de et un substantif. Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté Que pour les abîmer dans plus d'obscurité, cohn. Uor. m, t. Un seul rocher ici lui coûte plus de têtes, Plus de soins, plus d'assauts et presque plus de temps Que n'en coûte à son bras l'empire des Persans, bac. Alex. II, 2. Il Avec un adjectif, un verbe ou un adverbe. Un oracle jamais ne se laisse comprendre ; On l'entend d'autant moins que plus on croit l'entendre, %0flN. Uor. III, 3. L'envie est plus irréconciliable que ia haine, la rochkfoi;c. Max. 32s. Qui est plus criminel , à votre avis, ou celui qui achète un argent dont il a besoin , ou bien celui qui vole un argent dont il n'a que faire? mol. t'Av. II, 3. Nul ne leur a plus fait acheter la victoire [aux Uomains],nAC. Miihr. v, b. Rien de plus urgent (|ue de l'enlever [Napi'léon sorti de l'île d'ElbeJ de dessous les yeux de l'Europe et de le transporter au plus tôt le plus loin possible, villemain. Souvenirs contemp. les Cent Jours, ch. 11. || U se dit mCme devant une préposition suivie de son régime. Rien ne serait plus rai.sonnable et plus selon l'humanité que de... utFF. De la vieitl. et de la mort. || Plut pour mieux, plutôt. On aurait plus deviné de le prendre [Corbinelli] pour un capitaine de cavalerie que pour un homme d'afcires, sév. 8 janv. <fi83, || Plus que jamais, plusqu'en aucun temps. On l'aime plus que jamais. |j Tous plus entêtés les uns que les autres, se dit de gens très-entêtés. « Cette façon de parler, dil Uouhours, que nous avons vue naître et qui était inconnue sous le règne de Louis XIII, fut reçue comme ayant je ne sais quoi de vif et d'agréable. Elle a un caractère île nouveauté qui la rend suspecte; et M. de Méré a raison de dire : il faut éviter tout ce qui fait semblant d'avoir de l'esprit, comme : elles sont trois sœur» toutes plus laide» l'une que l'autre. > La locution a cessé d'être nouvelle, et elle est reçue. || N'être pas plus (avec un adjectifi... que de, être au plus haut point ce qui est marqué par l'adjectif. Ils ne seront ]pus plus ravis que de voir pendra un Limosin, mol. Pourc. m, 3. Il On ne peut plus, au plus haut point (par eillpse de l'éinthcle qui précède). N'étes-vous pas bien contente'/ — On ne peut pas plu», camimstiion, l'Amanie amant, iv, 11, || Plus encore, de prii^érence, plutôt. Il raconUiil avec plaisir les services que son iiicul avait rrndus à Henri IV, et plus encore les conseils sages cl libres qu'il lui donnait, flécii liuc de Mont. || Ile explétif devant p(«* pris comparativement (voy. i)K, n" 7); cet einphii n'est plus usité. Rien ne paraît de plus inbumain que de... MÉRt, Œuv. posth. p. 82. Ce qui est da plus
PLU
admirable, c'est qu'au milieu de tant de faiblesse.... Boss. Panig. St-Paul, Préambule. || 10' Et plus, exprime une addition, une augmentation indétsrminée. Il est annoncé que ce monde durera mille ans et plus, Dicton de paysans. Après mille ans et plus de guerre déclarée, la pont. Fabl. m, <S.|1 11° l'ius que, suivi d'un adjectif ou d'un substantif, indique que la qualité dont il s'agit est dépassée. Au nom ()ps dieux, ne me le nommez pas; Son nom seul me (irépareà plus que le trépan, corn. Sur. I, 2. Ou'on me rende impotent, Cul-de-jatto, goutteux, maniïiOtjpourvuqu'ensorane Jevive; c'est assez, je suis plus que content, la font. Fabl. t, I5. Aimez ma repuulique et soyez plus que reine, volt. BrulJit, m, 5. Saloraon a dit Cae fernme sage est plus que Temme belle, id. Ce qui plait. || 11 se dit absolument et sans complément en un sens analogue. Sois toujours un héros; sois plus, sois citoyen, volt. Bnuus, IV, 0. Il 12" Plus suivi de que et d'un membre de phrase demande ne; voy. ne, n° i5. || Mais on ne met jamais ne pas. Ainsi celte phrase est incorrecte : Vous avez plus faim que vous ne pensez pas, MOL. l'Ét. IV, ». Il 13* Ne.... pas plus.... que, signifie quelijuefois que la chose dont il s'agit n'existe ni d'i.n côté ni de l'autre. 11 n'est pas plus riche que moi, nous ne sommes riches niluii ni l'autre. Je ne le connais pas plus que vous ne le connaissez, Diet. de l'Acad. Descendu sur ce petit amas de boue, et n'ayant pas plus de notion de l'homme que l'homme en a des habitants de Mars, ou de Jupiter, ▼OLT. Traité dg métaph. i. \\ 14' F'Ius de, pour plus que, en quantité supérieure à. Mais un fripon d'enfant (cet Sge est sans pitié) Prit sa fronde et du coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse, LA FONT. Fabl. IX, 2. Nos deux furies entendirent plus d'à demi ces paroles, lo. Psyché, i, p. 76. Pourquoi ne céderait-on pas a'tx descendants des Mexicains et des Péruviens quelques portions de ces terres qui faisaient leur domaine, puisqu'elles sont si vastes et plus d'aux trois quarts incultes? èuFF. Miner, t. iv, p. 342. || On dit aussi plus que. La course de mes jours est plus qu'à demi faite, «ACAN, S. la retraite. || Des gmmmairiens ont soutenu qu'en ces locutions on ne pouvait pas dire plus que ; c'est une erreur. Que est la forme usuelle après plut, et il n'y a aucune raison pour la déclarer incorrecte et la condamner en ces cas. Plus de est un archaïsme, voy. DE, n" 24. || Il ne faut pas confondre avec le plus de précédent, plus de dans les locutions suivantes : Cela est plus long d'un quart; il est plus grand que moi de toute la tète. De n'est pas ici le complément du comparatif, il exprime simplement un rapport de mesure. Il 16° Plus d'un, pour plus qu'un, voy. in. Il 18* Plus, avec la négation, signifie la cessation de ((uelque action ou de quelque état, ou l'absence de quelque chose qu'on avait auparavant. N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde, halu. I, 3. Rien plus ne le retarde, et déjà ses trompettes Aux confins de l'Artois lui servent d'interprètes, CORN, les Vict. du roi en 1 667. Je ne reverrai plus ces beaux paysages, ces forêts, ces lacs, ces bosquets, ces rochers, ces montagnes dont l'aspect a toujours touché mon cœur, J. i. rouss. 8'prom. || N'être plus que, être réduit à l'état de. L'époux et l'épouse ne sont plus qu'une même cendre, pléch. Pue. de Mont. Il Absolument. N'être plus, avoir cessé, avoir disparu. Comme les mœurs anciennes n'étaient plus, que des particuliers avaient des richesses immenses.... MORTESQ. Rom. 8. Il II n'est plus, il a cessé de vivre. Je vais m'endormir dans la poussière du tombeau, et, quand vous me chercherez le matin, je ne serai plus, s*ci. Bible, Job, vu, 2t. C'est au temps seul à confirmer la réputation des grands ouvrages; les anistes ne sont bi«n jugés que quand ils ne sont plus, volt. Est. pois. épiq. ix. || 17° Absolument et sans négation, plus s'emploie pour dire qu'une action ou un état doit cesser ou a cessé. Ahl seigneur, plus d'empire, à moins qu'avec Plautine, CORN. Olhon, IT, ï. Alors plus de romans qui vous firent tant rire. Et plus de domJaphet, qui plurent Unt au roi; Plus de vers, plusde prose, en un mot plus de moi , De tous ces plus, le dernier est le pire, scARR. Poe'jr. dit). Ofut). t. vu, p. «(9, ilan» pougens. Plus de larmes, je vous en prie; elles ne vous sont pas si saines qu'à moi,86v. t». Non, non, plus 'de psr.lon, plus d'amour pour l'ingrate, bac, Mithr. iv, a. Plus de jardin, plus de ruisseau, plus de paysage Ja maison qu'elle occupait était sombre et triste, J. J. Kooss. ConAMx. V. Il 18° Sans négation, encore, de nouveau. Mais d'aller plu» à ces bauilles...! HALBaitiE, ni, (. Les Mores ont appris par force à *ou» connaître, Kt, tant de fois vaincus, ils ont
PLU
perdu le CCBur De se plus hasarder contre un si grand vainqueur, corneille, Cid, u, 7. Enfin, madame, il est temps de xous rendre; Le besoin de l'État défend de plus attendre, id. Hérad. i, 2. Tais-toi, si^^amais plus tu me viens avertir.... ID. Merit. I. 6. Si j'y retombe plus, je veux bien qu'on m'affronte, mol. École des femmes, ii, «. Il [le roi] leur déclara [à M"' de Monlpensier et à Lauzun].... qu'il leur défendait de plus songer à ce mariage, sév. <0. Permettez-moi de vous dire que je romprai tout commerce avec vous, si je vois plus dans vos lettres ce grand vilain mot de monsieur au haut de la page, avec quatre doigts entre deux, BOiL. Lett. à Brossetle, to juill. <7ot. || 19° Plus, précédé de l'article ou d'un adjectif possessi!, exprime le plus haut degré de comparaison ou superlatif relatif des grammairiens. Il a vendu son plus beau cheval. Chacun pense en être si bien pourvu fdu bon sens], que ccuimêmesqui senties plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont, DESC. Héth. i, < Le plus semblable aux morts meurt lo plus à regret, la font. Fabl. viii, t. Le plus sûr est ne se point mettre à table, m. Conf, Ayez tous les jours devant les yeux la mon et les maux qui semblent les plus insupportab'es, et jamais vous ne renserez rieu de bas , PASC. Entret avec M. de Saci. Qui clioisirons-nousT le i lus vertueux, le plus sage, le plus vaillant? mais nous voilà incontinent aux mains : chacun d ra qu'il est ce plus vertueux, ce plus v.iillani, ce plus sage, nicole, Ess. Traité dt la grandeur, r, B. Les bêtes 'féroces , telles que les lions, sont cellts qui ont des muscles les plus gros aux épaules, aux cuisses, etc. fén Exist. 49. Il On peut mettre l'article indéfini au subs antif , et faire suivre ce substantif de Je flus, la pl\(S. George DandinI George Dandin! vous avez fait une sottise la plus gr.mde du monde, MOL, G. Dand. i, 4. Elle se prend d'un air le plus charmant du monde aux choses qu'elle fait ID. l'Av. I, *. Il Le plus, devait une locution composée, prise adverbialement. La manière d'écrire d'Éiictète, de Montaigne, est la plus d'usage, qui s'insinue le mieux, qui demeure te plus dans la mémoire, pasc. vu, 47 bis, éd. havkt. || Le plus homme de bien, les plus gens de bien, l'homme, les hommes qui ont le plus de probité. L'Écriture sainte, les Pères, les plus gens de bien, malebr. Bech. vér. éclaire. 1. vi, t. iv, p. 3oo, dans pougens. Euripide, voulant reprocher aux Athéniens le crime horrible qu'ils avaient commis en condamnant le plus homme de bien qui fût alors (Socrale], composa la tragédie intitulée Palamède, rollin, Hisl. ane. Œuv. t. iv, p. 44t. || La plus.... qu'il est possible, ou, elliptiquement, le plus.... possible, lia voyagé le plus commodément qu'il a été possible, ou le plus commodément possible. || Ce complément manque dans cette phrase de J. J. Rousseau : Vous pourriez concerter avec elle la moyen de faire son voyage avec le plus d'économie et le plus commodément, Le«. au cur^ d'/lmbc'neux, 15 déc. 4763. Pourtant il paraît nécessaire. || Terme de marine. Le plus près, voy. près. || 20* Le plus, adverbe, ouïe plus, la plus, les plus, voy. le 4,n° 44. || Il faut remarquer que le plus pris adverbialement ne peut se dire au féminin ou au pluriel que quand il est construit avec son substantif: De vos deux sœurs la plus aimée est la cadette. On ne pourrait dire le plus aimée. Il 21° Plus, employé sans article au sens superlatif; c'est un archaïsme dont il est permis à la poésie de se servir. Kt c'est aux plus saints lieux que leurs mains sacrilèges Font plus d'impiétés, MALH. H, 4 2. Etant là je furète aux recoins plus cachés, Régnier, Sat. vi. Ce n'est pas, en effet, ce qui plus m'embarrasse, Cf'HN. Sert, iv, 2. Mais c'eût été le temple de la Grèce Pour qui j'eusse eu plus de dévotion, n font, la Vénus Calliptjge. Mais je vais employer mes efforts plus puissants, Remuer terre et ciel, m'y prendre de tou? sens. .. MOL. l'Ét. v, 42. Quatre cent mille soldats qu'elle entretenait étaient ceux de ses citoyens qu'elle [l'Egypte] exerçait avec plus de soin, boss. //tvl. m, a. Chargeant de mon débris les reliques plus chères, rac. Boj. m, 2. Les vieillards sont ceux dont le sommeil a été plus long, la brut. xi. Les Instruments les plus vils sont ceux dont votre puissance se sert quelquefois avec plus de succès, MASS. Caritne, Jeûne. || Kn examinant ces exemples, on voit sans peine que le sens comparatif s'y fond avec le sens superlatif. || 22 Absolument, plus signifie outre cela, et .sert de formule dans les inventaire*, dans le* états de compte, etc. Plus, une
PLU
aiguille à raccommoder les voiles, quatre sous. d'ablanc. Lucien, Dial. Uercure et Caron. Plus, dudit jour un bon clystère détersil, trente sols, mol. Mal. imag. i, 4.||23° Plus, précédé de l'article et joint à un autre mot, devient quelquefois avec celui-ci un seul et même substantif. Le plus-payé. Il La plus part, ancienne orthographe de la plupart (voy ce mol). ||24'' Sans plus, loc. adv. Sans rien ajouter. Moi qui dehors, sans plus, ai vu le châtelet, BÉGNIEH, Sat. V. Voici quatre paroles sans plus, pour opposer à tout le babil de cette insolente politique, BALZ. 4« dite, sur la cour. Car je puii Rendre trois souhaits accomplis ; Trois sans plus, LA FONT. inhl. VII, 6. Restait, sans plus, d'y disposer sa femme, id. Mandr. {| Sans plus de, loc. prépns. Sans plus de délai agissez. || Sans plus avec un infinitif. Cher appui de mon trône, allons, .sans fins attendre. Offrir tout à César afin de tout reprendre, CORN. Pomp. II, 4. Ft je ci'en vais pleurer leurs laveurs meurtrières [des dieux]. Sans plus les fatiguer d'inutiles prières, bac. Phèdre, v, 7. || 25' Tant et pbis, loc. adv. Abondamment, extrêmement. Ils ont bu tant et plus. {| 26° Plus ou moins, loc. adw X peu près, environ. Cela vous coûtera vingt francs, plu» ou moins. \\k différents degrés. 11 a fait froid tout le mois plus ou moins. || Plus ou moins se construit avec les adjectifs et les adverhes. Plus ou moins bien. Plus ou moins grand. || 27° D'autant plus, loc. adv. X plus forte raison. Il est riche; d'autant plus doit-il être cliarîtable. || Précédé de la particule en, d'autant plus exprime une augmentation corrélative. 11 en est d'autant plus à craindre. || D'autant plus.... que. On doit d'autant plus être modeste qu'on est plus élevé. || D'autant plus que.... d'autant.... locution vieillie et à laquelle on a substitué plus.... plus. D'autant plus que vous lui en dii* , d'autant moins il en fora. || D'autant plus.... d'in. tant plus.... équivalant à ce que nous disot>ri: plus.... plus.... Et d'autant plus longuement et soigneusement j'examine ces choses, d'autant plus clairement et distinctement je connais qu'elles sont vraies, desc. Médit, m, 12. || D'autant plus, avec suppression du second plus. Kt fut contre un tyran d'autant plus animé, C'u'il en reçut de biens et qu'il s'en dit aimé, corn. Cinna, l!i, i. {| Cette tournure n'est plus usitée. Il 20* Plus.... plus.... ou plus.... moins.... (plus se répétant quand il y a plusieurs adjectifs, plusieurs verbes dans la phrase et se mettant devant chacun d'eux); cette tournure ex|irime une augmentation corrélative, ou, s'il y a moins, une diminution. Plus je suis votre amant, moins je suis Curiace, corn. Hor. 11, B. Plus on est sujet à cette loi jla loi de Dieu], plus on est heureux, plus on est libre, plus on est maître de soi-même, boubdal. Purif. de la Vierge, Uysl. 1. 11, p. I64. Plus je vois les hommes, plus je vous estime, maintenon, Litt. au D.de Nuailles, 40 juill. 4709. Plus je vais en avant, plus je trouve qu'il n'y a rien de plus doux au monde que le repos do la conscience, rac. Lett. 24 à son fils. N'ayez plus la goutte ; mais faites souvent des vers à Sans-Souci dans ce goût-là ; plus vous sereï gai, plus longtemps vous vivrez, volt. lett. au roi de Pr. 6 déc. 4 771. Plus il [l'homme] a su, plus il a pu; mais aussi moins il a fait, moins il a su, BVFP. 7* ^oq. nat. Œuv. t. xii, p. 327. Plu» je suis pénétré de reconnaissance des bontés de Votre Majesté, moins je dois abuser de. ses bienfaits, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 3o nov. t7"0. Il Le second plus mis devant un impératif; ce qui n'est pais une tournure habituelle, mais mérite d'être imité. Plus vous 6tcs grand, plus humiliezvous en toute chose, et vous trouverez grâce devant Dieu, EACI, Bible, Ecclésiastique, m, au. || On pourra aussi imiter Massillon, qui a placé un des pii« secondaires dans une phrase subordonnée. Plu: même vous êtes élevé, plus votre obligation à dessus devient rigoureuse, parce que plua va exemples deviennent utiles ou dangereux, mass. Carême, Con/'eis. || Anciennement, on n'observait pas toujours le parallélisme des plus. Kt l'heur d< vous revoir lui semblera plus doux. Plus elle aura pleuré pour un si cher époux, corn. Poly. i, 4. Mon sort est plus ci-uel.plusje l'ai ciu propice, ouimault, A-strate, m, 2. || Corneille a même supprimé un des plus et renversé la phrase. Mais, malgré ma bonté, qui croit plus tu l'irrites, corn. Poly. v, 2. tiela signifie : plus tu irrites ma bonté, plus elle croit. Cette tournure vive est à recommander. || la correspondance du plus n'empêche pas d'user de la conjonc tion et. Ces avantages [les perfections de Dieu] sont si grands et si éminenuque, plus .ittentivement Je les considère, et moins je me persuade que l'idée qo' j'en ai puisse tirer to* origine de moi seul, Msc.
PLU
Médil.m, 15. Plus grande en est la peine, et plus grande est la gloire, corn. Imit. i, 3 (éd. I6BI). Elle [la Fortune] s'tn divertit : Plus le tour est bizarre, et plus elle est contente, la font Fabl. ix, 16. Plu» obscure est la nuit, et plus l'étoile y kiUe. lamart. R^. aux adieux de W. Scott. \\i9' Plus.... tant plus, ou tant plus.... tarit plus.... locution vieillie et qui est équivalente à plus.... plus.... Et je le connais moins, tant plus je le contemple, corn. Suite du Ment, i, t. Tant plus le chemin est long dans l'amour, tant plus un esprit délicat sent de plaisir, pasc. Pais, de J'omour. || On trouve aussi plus.... d'autant plus.... Plus une âme est humiliée, Plus elle s'est étudiée A ce noble ravalement; D'autant mieux cette ferme base Soutient la haute et sainte extase Ou je rél(;ve en ce moment, cobn. Itnit. m, 43. jl 30° Non plus sert à unir deux propositions dont le sens est négatif. S'il n'est pas juste à votre égard, vous ne l'êtes pas non plus. || Non plus que, loc. adv. qui sert à exprimer la comparaison dans la négation. Ses plus proi lies voisins iNe s'en sentaient non plus que les Américains, la font. FaU. vi, 4. Comme une aigle qu'on voit. . . tom ber si sûrement sur sa proie, qu'on ne peut éviter ses ongles non plus que ses yeux, boss Louis de Bourbon. Noire air n'est non plus qu'un gros brouillard, fontfn. ilondes, 3» soir. Il 31° Ni plus ni moins que, loc. adv. de comparaison. Autant que. Je ne vous aime ni plus ni moins que si vous étiez mon frère. J'étais ni plus ni moins qu'une hébétée , gknlis, Thédt. d'éduc. la Rosière, 1, 3. Il Ni plus ni moins s'emploie absolument. Quoi que vous fassiez, il n'en sera ni plus ni moins. Vous avez beau le presser, il n'en fait ni plus ni moins. Il Ne plus ne moins, forme archaïque et tombée en désuétude, signifiait: comme, ainsi que. Ne plus ne moins que la statue de Memnon rendait un son harmonieux lors lu'elle venait à être éclairée des rayons du soleil, tout do même me sens-je animé.. . MOL. Kal. imag. n, 6. || 32° De plus en plus, indique le progrès en bien ou en mal. Il devient habile de plus en plus. Tes discours dont Crcon de plus en plus s'ofTense, corn. Uédée, m, 3. || 33" Qui plus, qui moins, loc. adv. Les uns plus, les autres moins. Ils y ont tous contribué, qui plus, qui moins. ||84° Plus tôt, plus lard, plus loin, plus près, locutions de temps et de lieu qui sous cette forme sont comparatives, et qui avec l'article sont superlatives. Arriver plus tôt. Aller plus loin. Rester plus près. Partez le plus tôt que vous pourrez. Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus lard, Attacher un grelot au cou de Rodiliard, la font. Fabl. 11, 2. || Substantivement. Le plus tôt, le plus tard, le plus loin, le plus près sera le mieux. |{ Au plus tôt, dans le plus court délai. Sortez au plus tôt de cette ville. || Au plus tard, dans le plus long délai. Dans une heure au plus tard •ous essuierez ses larmes, corn. Poly. i, <. || Plutôt, «oy. ce mot à son rang alpliabctique.
— REM. 1. Plus est essentiellement un substantif, comme plus en latin; et c'est cette notion qui permet de se rendre compte, d'un bout à l'autre, de l'emploi grammatical de ce mot. {| 2. Plus ne se met pas immédiatement devant bon ni bien; mais il peut s'y placer s'il y a un mot intermédiaire, par exemple : Cette phrase sera plus ou moins bonne selon que.... Dans cette phrase de Voltaire : Plus il y a de malheurs particuliers, et plus tout est bien, Cand. 4, plus ne tombe pas sur fcten, mais sur le membre de phrase tout entier.
— HIST. XI' s. As eschecs juent li plus saige et li viel, Ch. de Roi. viii. Outre cest jur [nous] ne serons plus vivant, 16. cxiv. Plus est isnels [rapide] qf.e n'est oisel qui vole, l'b. cxxi. Baptizet sont assez plu; de cent mille, ib. cclxviii. || xii* s. Mais de son oncle Charlon lui est-il plus [son oncle Charlon lui tient plus au cœur], Ronc. p. 8I. Dix mil païens et plus, se je ne ment, 16. p. 91. [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puisse au mont [au monde] ne vouer ne trouver, Couci, 11. Ele voit bien et conoist et entent Qu'il n'en est plus qui si aimt [aime] leaument, 16. v. Et sachez bien, plus n'en orrez [ouïrez] parler, ib. x. Et quant je plus sui loins de sa contrée. Tant est mes cuers plus près et ma pensée, ib. xvii. Touz jours m'est plus s'amours fre.sche et nouvele, ib. xviii. Onques teurtre |U)urterelle| qui pert son compagnon Ne fut un jour de [quel moi plus esbaliie, ib. xxiv. Car cil qui voit tel amrnirdesevrer, A assez plus de duel [deuil] et de pcsance. Que n'auroit jà li rois s'il perdoit France, ib. Quantplus est li harnagesi grantjoieentendanz, Snx. v. A cestui conseil sont li plus d'eus aslentis, ib. xxvj. Car plus criemenl [craignent] assez !e terrien seignur, Que il ne funt Jesu le puis- Mal creatur, Th. le mart. ï8, || xiii' a. Cinq pies
DKT. BI Uk LANGUI rKANCAI.<W.
[il] ot et demi, de long plus n'en ot mie, Berte, II. Le plus avant que je onques pourrai, ib. vu. Et pour cette raison trop plus [je] m'i fierai, t'b. Aiiés de plus en plus, si que jà [il| n'en retraie [n'y recule], ib. viii. [La couronne] Cent mille mars valoit et plus, à droite vente, ib. x. Elle ert [était] sage et courtoise, n'ot pas plus de seizeans, tb.XL. Que plus lui ert [était] la chose maie et pcsans et sure [aigre], [elle] Prend pour Dieu plus en gré tous les maus qu'ele endure, ib. xlii. Qui plus a à soufrir, plus vous doit aourer, t'b. xLUi. Elle est plus gracieuse que n'est la rose en mai, t'b. lvii. Car plus faisoit la serve outrage et dyablie, Plus en estoil sa mère baude et joians et lie, t'b. lx. Nuls ne s'en retourne fors que Morant sans plus, t'b. cvui. A lui [il] en vient plus que le pas, fien. r2028. Et por ce, qui prent arbitres, il les doit penre non pers, car l'opinion du plus doit passer, beaum. xli, b. Son aage n'estoit pas de plus que xvi ans; mes onques si sage enfant ne vi, jomv. 269. Nos gens se lesserent cheoir de la grant nef en la barge de cantiers [barque], qui plus plus, qui miei miex, id. 214. Il XIV" s. Et de tels biens le plus très grant et le plus excellent est celui que nous attribuons as diex, ORESME, Elh. t4 9. Ne m'en demande plus, amis, je le te prie, Guescl. <Bi09. Quant ce dur nœud auras tranché, Emplus ne seras empesché, Traité d'akh. 8B0. Il XV' s. S'enquit. .. et lui fut dit que le plus du temps le roi anglois se tenoit à Windesore, proiss.
I, I, 4 62. Ils estoient si tanés que plus ne pouvoient, ID. I, I, H8. Ces paroles, ni plus ni moins, rapporta le sire de Maubuisson à messire Jean de Hainaut, ID. I, I, 4<fl. Allons! allons! nous perdons le plus pour le moins, id. ii, ii, <b7. Sire, dit Floridas, plus que tant feroy je pour vous, Perceforest, t. i, f' <22. Et qui plus est, après la procession retraite, allèrent grand partie de ceux de l'université devers le roi faire plainte de l'offense, monstrel. i, i3. Les cueurs de deçà se sont tellement exposés en les honnourer et servir, que impossible est à office d'amour d'en faire plus, g. cuastel. Exposit. s. vérité. Luy dist que les François estoyent ralliez sur le champ, et, s'il chassoit plus gueres, il se perdroit, coMM. I, 4. Il XVI' s. [Quant à vostre âge] Vous estes en la fleur ; et gage Que le plus de vos ans ne monte Qu'à dix et sept, karot, iv, *Tt. Tant et plus, ID.
II, 409. Et cessez de plus me fascher, m. iv, 23). [Le chien] C'est la beste du monda la plus philosophe, RAB. Garg. i, Prol. Lors feut enflambé Pantagruel à proufficter plus eue jamais, id. Pant. II, s. Mon amy, voulez-vous plus rien direî — Non, monsieur, id. t'b. 11, *t. Par le commandement du roy, furent assemblez quatre les plus sçavans et les plus graz.de tous les parlemens de France, m. t'b. II, <o. Tes petitz beuveraulx de Paris, qui ne beuvent en plus que ung pinson, m. tb. n, «4. Deux petites fillettes, de l'eage de deux ou troys ans ou [au] plus, ID. ib. II, <6. Tous les plus riches et fameux marchands du monde, id. ib. iv, a. Et ne fault s'enquérir s'il est bien ou mal fait. Car le vers plus coulant est le vers plus parfaict, dubell. II, 79, verso. Nature en vous prodiguement féconde. Vous a donné tout son plus et son mieux, id. v, 44, verso. Qu'heureux tu es [BaifJ, heureux et plus qu'heureux. De ne suivre abusé ceste aveugle déesse! id. vi, 10, reeto. Si om demande la raison pourquoy le Seigneur a seulement à demi signifié son vouloir, plus que l'exprimer clairement, calv. Instit. 278. Qu'est-ce qu'il nous reste plus, si rostre Seigneur nous efface du nombre da se» enfansT id. tb. SI 5. Quand il condamne le larrecin, il ne permet non plus de desrober le bien de nostre ennemi que du noMre ami, id. tb. sir. Que l'eve.'qiie romain ne presidoit pas plus sur les autres qu'il leur estoit sujet, id. tb. 908. Madame se tint tellement salisfaicte des lettres que luy avez escriptes, qu'il est impossible de plus, «iaro. Lett. 50. Je vous prie luy présenter mes plus que très humbles recommandacions, id. ib. 62. ...Et do plus en plus vous obligerés à vous... vostre, etc. id. tb. «I. Que sauriez vous plus souhaiter, monseigneur? que vouliriés plu» davantage dem.irider à Dieu en ce monde 7 id. t'b. I3i. L'occasion tire plus de mon esiiril, que je n'y trouve lorsque.... mont, t, 42. Il en est mort plus avant ton aage qu'il n'y en a qui.... id. i, 73. Il y a plus, lu. 1, 81. Lors que nous en avons le plus affaire... id. 1, 97. Ignorant des frases et vocables qui servent aux choses plus communes ID. I, 103. Plus nosire sagesse est aigu6 etvifve, plus elle se desfie d'elle mesmc, id. i, 1.12. Pour en faire acheter aux ennemis l'entrée la plus chero qu'il luy seroit possible, id. i, 243 Celles [lellres] qui mecoustent le plus sont celles qui valent le moins, id. i, 293.
PLU
Touts les hommes, sauf le plus ou le moins, sont... id. i, 294. Non seulement en basque, mais assez ailleurs, et qui plus est, en... m. 11, 201. Selon qu'il se sont plus ou moins esloingnez de leur spiritua lité, iD. n, 291. Chose hier en crédit, et demain plus, ID. Il, 344. Tacite, aucteur bon et grave des plus, LA BoéxiE, 63. Combien plus la mesme règle doit-elle estreprafiquée à l'endroit des bommesl la- NOiiE, 70. Nos voisins [les étrangers] en pensent [de nos désordres] trois fois plus qu'il n'y en a, id. I5». Si est il bon que chacun considère sa vocation, à fin d'y aproprier celle [vertu] qui lui est le plus convenable, et de laquelle l'usage lui doit estre plus familier, id. <98, Tu en es de tant plus estimé digne, que plus on te treuve esloigné du vice d'ambition, amïot, Préf. XXII, 49. La ville d'Athènes se remplissoit tous les jours de plus en plus, id. Solon, 42. Si d'aventure tu te rends et es las de plus tenter la fortune, aussi suis-je quant à moy las déplus vivre, id. Cor. 36. O meschans et desloyaux hommes, les plus qui naquirent onques en Macédoine, lo. Èum. S». La tourmente alloit les jetter contre l'isle de Cercina, mesmeraent du costé qu'elle est la plus pierreuse, plus aspreet plus dangereuse à abborder, m. Dton, 32. 11 a bien appris à dire toutes les admirations, comme: Jésus; le plus du monde; oh, oh, oh, oh; il y a de l'excès.... d'aub. Conf. ii, 1.
— ÉTYM. Wallon, pu; picard, puche, put; bourguig. pu; Berry, pu»; provenç. plus, pus; anc. port, chut; ital. più; du lat. plus, anc. laU plous; sanscr. pulu, puru, beaucoup; grec, itoW;; golh. filu. Plus, pluris, archaïque flous, pleos, pleores, dans les Frères arvales, tient à la racine sanscrite piir, remplir; il veut donc dire originairement plein.
t PLCSAGE (plu-za-j'), s. m. Action de pluser. Après quoi [après le dégraissage et les lavages] on la sèche [la laine], on la nettoie à la main et mécaniquement (plusage et égratonnage), pais on la met en teinture, Honit. unir. 20 sept. (866.
t PLUSER (plu-sé), V. o. Éplucher de la laine * la main.
— ËTYM. D'après Scheler, pour pelouter, ôter M» poils (voy. pelouse et peiuche).
t PLCSIAQCE (plu-zi-a-k'), adj. Terme de géologie. Terrains plusiaques, terrains riches en métaux, en minerais, en pierres.
— ÊTYM. nXoûocoi;, riche.
PLUSIEURS (plu-zieur; \'i se lie d'ordinaire : plu-zieur-i hommes), odj pj. des deux genres, indiquant un nombre indéfini, un nombre plus ou moins considérable. La Parcie et ses ciseaux Avec peine y mordaient; la déesse inl'crnale Reprit i plusieurs fois l'heure au monstre fatale, la font. Fabl. viii, 27. Une femme est aisée à gouverner, pourvu que ce soit un homme qui s'en donne la peine; un seul même en gouverne plusieurs, la brdy. m. Il est très-vrai que cet ouvrage [le Dictionnaire philosophique) est de plusieurs main;-, volt. Lett. d'Âlembert, 12 oct. i604. (j Absolument. Plusieurs, un grand nombre de personnes. Plusieurs pensent que.... Cet homme qui a fait la fortune de plusieurs... n'a pu S' utenir la sienne, la brut. vi. Nous vivons dans des temps où la foi de plusieurs a fait naufrage, hass. Carême, Avenir.
— IllST. XI' s. De plusurs choses à remembrer li prisl, Ch. de Roi. clxxiii. Encontre terre se pasment li plusur, tb.ci.xxiv. [[xii's. Et li douz clians des menus oisillons Fait as plusours de joie souvenir, Cauci, xiu. Par Dieu ! mère, trop doul [Je crains] prendre seignor [mari]; C'est uns marchés dont se plaignent plusor,floman<:ero, p. 73, || xnr s. Emprés se croisa Ilenns d'Anjo..., et pluseur preudomme dont li livres ne parole mie, villbr. vl |l XV i. Jà murmuroient les plusieurs |la plupart] en Angleterre... froiss. i, i, 63. {j xvi' s. J'ai veu plusieurs donner par leur mort réputation en bien ou en mal à toute leur vie, hont. i, «7. Ilz se vm drent joindre aux Insubriens, qui estoient pit sieurs fois autant, ahtot, Marcel. (.
— f.TY!«. Provenç. plusor; anc. ital. plusor , formé par altération du lat. plurioret qui se trouve dans un auteur du vi' siècle, et qui est dérivé de plus, pluris.
t PLIJS-JK VOUS VOIS, PLUS-JE VOUS-AIMK, ou PLUS-JETE- VOLS, PLUS-JK-T'AIME, ». m. Autre nom ifu ne-m'oublifz-pas.
t PLUS PAVÉ (plu-pè-ié), t. m. Ce qui a été payé en plu».
PLUS PfiTITION (plu8'-pé-tl-sion), ». f. Tern» de prati<|uc. Demanda qui excède le droit de celui qui la forme.
— ÊTYM. Plu», et pétition.
PLUS-yUE-PAUPAIT { plus'-ke-par-f* ), adi.
Terme de grammaire. Le temps plus-que-parfait, et, substantivement, le plus-que-parfait, lletion du verbe qui imlique un passé antérieur à un autre temps passé luimSme, comme : il avait dîné quand il est venu.
— 6TYM. Plut, que, parfait,
PLUS-VALUE (plu-va-lue), *. f. Excédant de valeur, de revenu. Ces personnes puissantes sont payées de leur protection dans la suite par la plusv«lue de leurs fermes causée par l'exemption de leurs fermiers et de ceux qu'ils protègent, vaub. Dlme, p. 80.
— REM. Au mot value, l'Académie écrit plus value, sans trait d'union; à plus-value, elle met le trait d'union.
— ÊTYM. Plus, et value. Plus-valeurs, cotgbave. Pour l'historique, voy. value.
t PLCTOCRATIE ( plu-to-kra-sie ), t. f. Néologisme. Puissance, règne de l'argent.
— ÊTYM. Pliiltu, et xpaTEia, force, puissance.
t (. PLUTON (plu-ton), t. m. Terme de la religion des Grecs et Romains. Fils de Saturne, trf-re de Jupiter et roi des Enfers. Mais quand tu les verrais descendre chez Pluton, corn. Pomp. ii, ».
fî. PLUTON (plu-ton), t. m. Nom d'une ancienne toile de Normandie. Pttit pluton, grand pluton, Tabl. annexé aux lelt. pal. )6 fév. <78{, Caen.
fPLUTONlEN, lENNE (plu-to-niin, niè-n'), adj. Synonyme de plutonique. L'action plutonienne, l'action des feux souterrains. || S. m. Un plutonien, un partisan du plutonisme.
I PLUTONIQUE ( plu-to-ni-k'), adj. Terme de géologie. Se dit des terrains qui ont été produits par les feux souterrains. Kirwan fut le premier qui donna à la théorie de Hutton le nom de système plutonique. || Série plutonique, série de roches d'origine ignée dont la base est le granité. {| Force plutonique, force de chaleur qui s'exerce dans l'intérieur du globe terrestre. Rien ne nous garantit que les puissances plutoniques n'ajouteront point, dans le cours des siècles, de nouveaux systèmes de montagnes & ceux qu'elles ont déjà produits, de buu- BOLDT, Cosmos, t. I.
— ÊTYM. Pluton t, le dieu des chose» souterraines.
t PLUl'ONISME (plu-to-ni-sm'), s. m. Système qui attribue principalement la formation de la croiile du globe à l'action du feu intérieur, dont les volcans .wnt un effet.
t PLDTOMSTE (plu-to-ni-sf), i. m. Synonyme de plutonien, s. m.
t PLUTONOMIE (plu-to-no-mie), ». f. Terme didactique. Économie politique; science des richesses.
— ÊTYM. ll/.o'JTo;, richesse, et voiio;, loi. PLUTÔT (plu-lô), odu. Il 1° Plus '^romptement;
acception propre qui, prise figurément, indique que la personne ou la chose dont il s'agit est avant une autre. Cest ici une effusion de mon cœur plutôt qu'un ouvrage et une méditation de mon esprit, FLÉCH. Vue de itont. Le travail, aux hommes nécessaire. Fait leur félicité plutôt que leur misère, BoiL. ^pit. II. Lorsqu'il s'agit de combattre les forces maritimes des Perses, c'est plutôt Parmcnion qui a de l'audace, c'est plutôt Alexandre qui a de la sagesse, montesq. Esp. x, M. || 2" De préférence, par préférence. Hélas ! laissez-moi mon amour, Prenez plutôt ma vie, quin. TMs. iv. t. 11 venait plutôt pour condamner que pour couronner leur ambitieux exemple, boss. Ilisi. n, to. Dieu! donnez-nous la mort plutôt que l'esclavage, volt. Bruius, IV, 7. Il Plutôt avec que et l'inUnitif. Que son cœur, tout & moi, d'un tel projet s'offense; Qu'elle mourrait plutôt qu'en souffrir l'insolence, MOL. École des mar. ii, i3. Ahl plutôt que souffrir ces douleurs insensées, Combien j'aimerais mieux... A. CHËNiEs, Élég. XXXV. Il Plutôt que de, avec l'infinitif. Sinon, faites état de m'arracher le jour Plutôt que de m'ôter l'objet de mon amour, mol. Êc. des mar. m, s. Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortune des autres plutôt que de perdre un txin mot, méritent une peine infamante, la bruy. viii. I| Plutôt que, avec le verbe au subjonctif. Ils combattront plutôt et l'une et l'autre armée, Et mourront par les mains qui leur font d'autres lois, Que pas un d'eux renonce aux honneurs d'un tel choix, CORN. Hor. 111, î. La Seine dans son lit verra plutôt son onde Rebrousser conlre-mont sa source vagabonde. Et plutôt le soleil luira dans les enfers, Que seulement je pense i sortir de mes fers, r»can, Berger, u, ». Non, non, plutôt sur moi tombe cent fois la foudre. Qu'on m'oblige à changer ce que j'osai HaoudrcI th. cnn». Maxim, iv, a. l'iutôt les froids U)ioiis boiront l'onde du Gaoge, Que je cesse ja-
PLD
mais de chanter sa louange, seorai», Égl. vu. Il 3° Plutôt, pour mieux dire. Nouveau prédicateur aujourd'hui, je l'avoue. Ecolier ou plutôt singe de Bourdaloue, boil. Sat. x. Il faut tous oublier, ou plutôt vous haïr, bac. Andr. i, 4. Ou plutôt ils n'ont tous qu'une même pensée, id. Brit. iv, 4. || 4° D'autant plutôt, d'autant plus volontiers. J'ai entrepris de vous faire amis [Bussy et Guitaut], d'autant plutôt qu'il me semble qu'une telle négociation est de ma force, SÉV. Lett. à Bussy, '23 août 1678.
— REM. 1. Il ne faut pas confondre plutôt qui marque la préférence avec plus tôt, plus vite. C'est à la vérité un seul et même mot ; mais l'usage a établi une différence d'orthographe. Comme celte distinction, quant à l'orthographe, est tout à fait arbitraire et récente, on ne s'étonnera pas de trouver que dans les éditions anciennes elle n'est pas observée. |j 2. L'Académie écrit : Il n'eut pas plutôt dit, il n'eut pas plutôt fait telle chose qu'il s'en repentit, liais il est évident que, du moment qu'on établit entre plutôt et plus tôt une di.stinction, qui d'ailleurs était fort peu nécessaire, il faut écrire dans les exemples ci-iiessus : il n'eut pas plus tôt dit, il n'eut pas plus lot fait... Ils sont plus tôt des hommes parfaits que le comunin des hommes ne sort de l'enfance, la bruy. ii.
— IIIST. xiii* s. Elles me mangeront plus tost crue que cuite, Berte, xxxvii. || xvi's. Chascun choisit plustost à discourir du meslier d'un aiiltre que du sien, mont, i, 67. Pilheus laschoit à luy persuader qu'il feist plus tost ce voyage par mer, AHYOT, Thésée, 8.
— ÊTYM. Plus, et tôt.
t PLUTUS (plu-tus'J, s. m. Terme de la religion gréco-romaine. Le dieu qui présidait à la distribution des richesses et que l'on repré.-enlait aveugle.
i. PLUVIAL, ALE (plu-vi-al, a-l'), adj. || l' Qui a rapport à la pluie. Quelques naturalistes ont pensé que le pivert est l'oiseau pluvial, pluBi* avis, des anciens, parce qu'on croit vulgairement qu'il annonce la pluie par un cri très-différent de sa voix ordinaire, buff. Ois. t. xm, p. »4. ||Eau pluviale, eau de pluie. Tout propriétaire doit établir des toits, de manière à ce que les eaux pluviales s'écoulent sur son terrain ou sur la voie publique. Code ^ap. art. 881 . Il 2° Se dit de quelques insectes qui deviennent importuns à l'approche de la pluie. Les insectes pluviaux.
— REM. L'Académie ne donne que le féminin; mais cet adjectif est usité aussi au masculin.
— ÊTYM. Provenç. pluvial ; du lat. pluvialis, de pluvia, pluie
2. PLUVIAL (plu-vi-al), $. m. Terme du rituel catholique Anciennement, espèce de manteau que les ecclésiastiques portaient pour te garantir de la pluie. Il Aujourd'hui, habillement d'église, qui se nomme autrement chape et dont l'officiant est revêtu lorsqu'il encense.
— ÊTYM. Bas-latin, pluviale, habit contre la pluie, de pluvialis, pluvial.
t PLUVIAN (plu-vi-an), *. m. Voy. pluvier. Il Vieillot a fait du pluvian un sous-genre du genre pluvier.
PLUVIER (plu-vié ; l'r ne se prononce pas et ne se liepas; au pluriel, 1'» se he : les plu-vié-z et les vanneaux), s. m. Genre d'oiseaux contenant plus de soixante espèces, et faisant partie de l'ordre des échassiers. || Grand pluvier, oiseau qu'on nomme aussi courlis de terre et arpenteur. || Pluvier doré, appelé absolumemt pluvier, et dit aussi petit pluvier doré, cliaradrius pluvialis, L. \\ Le pluvier armé du Sénégal, nommé encore pluvier à aigrettes, charadiius spinosus, L. || Le pluvier guignard, dit vulgairement guignard, charadrius morinellus, L. || Pluvier gravelotto, ou petit pluvier à collier, choradrius mimr, L. || Le pluvier à tête verte, appelé vulgairement pluvian, pluvianus melanocephalus, Vieillot.
— HIST. xiii* s. Ploviers et corliex en hastis [broches]. Fabliaux, édit. harb. t. iv, p. 87. |] xiv s. A honour et à joie fuli rois recueillis. De plouvierset de grues et de chapons rostis, Guescl. 8i)07-89i6. Il XVI* s. Vous vivez donc de foi et d'espérance, dit Nomerfide, comme le pluvier, du vent? Vous est»s bien aisé à nourrir, marg. Nouv. xxxii.
— ÊTYM. Provenç. pluvier; espagn. pluvial; du lat. pluvia, pluie, à cause que cet oiseau arrive en troupes dans la maison des pluies.
PLUVIEUX, EUSE (plu-vi-eû, eût'), adj.
Il t* Abondant en pluie. Le temps est affreux et pluvieux, jamais il n'y eut une si vilaine automne. SÉV. 484 . Il S' Qui amène la pluie. Un vent pluvieux. il 3* La césalpinie pluvieuse, arbre qui distille, diton, des gouttes comme s'il tombait de la pluie.
t>Nit
— HIST. XII* S. Ausi cum oisel sunt joios Encontre ledulz tenspluios.... Benoit, ii, ttit. || xiv*s. En temps pluieux fait bon planter, mais non mie semer, Ménagier, ii, 2. || xv* s. La mer, Notus, Ii vens plugeux, e. desch. Poésies mss. t° 24. || xvi s. Prenant l'occasion d'une nuict obscure et pluvieuse, AMÏOT, Lucul. <8.
— ETYM. Provenç. pîoios ,- catal. plujos ; espagn. plui'ioso; portug. chuvoso; liai, piovoso; du lat. pluviosus, de pluvia, pluie.
t PLUVIOMÈTRE (plu-vi-o-mè-tr'), «. m. Terme de physique. Instrument à l'aide duquel on évalue l'épaisseur de la couche d'eau qui tombe chaque année en un point donné de la terre.
— f.TYM. Lat. pluvia, pluie, et mètre, mesure. PLUVIOSE (plu-vi-ô-z'), s. m. Le cinquième mois
du calendrier républicain, commençant le 20 janvier et finissant le I9 février.
— ÊTYM. Lat. pluviosus, pluvieux.
t PLYNTERIES (plin-te-rie), s. f. pi. Terme d'antiquité. Les plynleries, opération annuelle dans laquelle on lavait et nettoyait la statue de Minerve au Parthénon, à Athènes.
— ÊTYM. 'là jtXyvxripia, de itXûvEiv, laver.
t PNftOMÈTRE (pné-o-mè-lr'), s. m. Terme de physique. Instrument propre à mesurer la quantité d'air inspiré et expiré.
— ETYM. n^eîv, respirer, et (i^Tpov, mesure. tPNÉOMÉTRIB (pné-o-mé-trie), s. f. Emploi
du pnéomètre et résultats qu'il donne,
t PM':O.MÉTRIQUE ([uié-o-mé-tri-k'), adj. Qui • rapport à la pnéometrie.
t PNEUiMA (pneu-ma), ». w. || 1" Souffle ou esprit aérien au^iuel, dans l'antiquité, certains médecins attribuaient la cause de la vie, et, par suite, des maladies. || 2° Nom que les stoïciens donnaient à un prétendu principe de nature spiiituelle, qu'ils considéraient comme un cinquième élément.
— ETYM. Ilv;v(jt^, soulfle, respiration, esprit.
t PiNEUMAKTHKOSE (pneu-mar-lr-ô-z') , ». f. Terme de médecine. Sécrétion d'air, dans une cavité articulaire.
— ÊTYM. nv6Ù|ia, souffle, air, et SpOpov, articulation.
t PNEU.MATE (pneu-ma-f), s. m. Terme de chimie. Genre de sels formés avec l'acide pneumique.
t. PNEUMATIQUE (pneu-ma-ti-k') , od;. Qui est relatif à l'air. {| ferme de botanique. Vaisseaux pneumatiques, cavités pleines d'air, qui se forment au milieu du tissu des plantes par l'effet de la rupture du tissu cellulaire. || Machine ou pompe pneumatique, machine avec laquelle on pompe l'air d'un récipient. Olto Guericke, bourgmestre de la ville [MagiiebourgJ, fameux par ses expériences du vide et par l'invention de la machine pneumatique, kon- Ti N. Ilomberg. Une machine pneumatique, queic je parfaite qu'elle puisse être, ne peut jamais produire un vide parfait, bhisson, Traité dt physiovy, t. !l, p. 110. i]Fig. Je ne pouvais m'accouiumer aux grands airs du maréchal de Villeroy; je trouvais qu'il pompait l'air de partout où il était, et qu'il en faisait une machine pneumatique, st-sim. IH, 255. Il Briquet pneumatique, petit cylindre de métal ou de verre, dans lequel on allume de l'amadou en y comprimant l'air subitement. || Chimie pneumatique, nom donné autrefois à la chimie de Lavoisier, par opposition à celle de Stahl fondée sur la théorie du phlogistique, parce que la première était surtout fondée sur le rôle du gaz oxygène de l'air, et des gaz qui venaient d'être découverts. || Cuve pneumatique, voy. pnrumato- CHiMiQUE. Il Dans les orgues, levier pneumatique, mécanisme destiné à procurer un toucher uniforme.
— ËTYM. nveup.aTixo;, qui a rapport au souffle
(voy. PNEUMA).
2. PNEUMATIQUE (pneu-ma-ti-k'), s. f. Science qui a pour objet les propriétés physiques de l'air et des autres gaz permanents. La quantité considérée dans l'air, sa pesanteur, son mouvement, sa condensation, raréfaction, etc. donne la pneumatique, n'ALEMB. Êiplic. syst. conn. hum. Œuv. t. i, p. aiu, dans PDUGENS.
— EIYM. Voy. PNEUMATIQUE t.
t 3. PNEUMATIQUE (pneu-ma-ti-k'). || 1° Ad). Terme de gnosticismo. Principe pneumatique, principe supérieur qui anime ceux qui aspirent i rentrer dan» le plérome. Il 2° S. m. Nom donné à des sectaires anabaptistes qui se disaient éclairés du Saint- Esprit, et qui rejetaient l'ancien et le nouveau Testament.
t PNEUMATISTE (pneu-ma-ti^l") , t. m. Nom donné à une secte médicale dont Athénée d'Alta'ie. en Cilicie, fut le fondateur dans le (*' siècle Qe
PNE
l'ère chrétienne; elle attribuait la cause de la vie et, par suite, des maladies, à l'action du pneuma ou es- [fit aérien, qui modifiait les solides et les liquides. PNEUMATOCËLE (pneu-ma-to-sè-l*) , t. f. Terme rie chirurgie. Distension de la tunique vaginale par des gaz.
— HIST. xvi* s. Les tumeurs aqueuses et flatueuses, comme l'hydrocele, pneumatocele et toute sorte d'hydropisie, paaé, v, u.
— ÊTYM. nveO|ia, souffle, et xT,>in, tumeur.
t PNECMATOCHIMIE (pneu-ma-to-chi-mie),«. f. Partie de la chimie qui concerne les gaz.
— ÉTYM. nvtûfii, souffle, et chimie.
t PNEUMATOCHIMIQUK (pneu-ma-to-chi-mi-k'), adj. Qui appartient à la pneumatochimie. 1| Cuve pneumatochimique, grande cuve carrée, de bois, ordinairement doublée de plomb, remplie d'eau, et dans laquelle sont disposées, un peu au-dessous de la surface du liquide, une ou plusieurs tablettes percées de trous et chargées de cloches sous lesquelles aboutissent les tubes recourbés conducteurs des gaz. |{ ï! y a des cuves pneumatochimiques plus petites et remplies de mercure pour les gaz qui se dissolvent dans l'eau. On les nomme souvent cuves i mercure.
4. PNECMATOLOGIE (pneu-ma-to-lo-jie), ». f. Traité des substances spirituelles. La connaissance spéculative de l'âme dérive en partie de la théologie naturelle, et en partie de la théologie révélée, et s'appelle pneumatologie ou métaphysique particulière, d'alemb. Disc, prélim. Encycl. Œuv. t. I, p. 240, dans pougens.
— ÊTYM. nvsu|j.aTo).OYia, de nveijijio, souffle, et, car extension, esprit, et ).ôyo;, doctrine.
t 2. PNEUMATOLOGIE (pneu-ma-to-lo-jie), s. f. Terme de médecine. Traité sur les maladies venteuses.
— ÊTY»!. TIveûpLO, vent, et ),6yo:, traité, tPNEUMATOLOGIOrE(pneu-raa-to-lo-ji-k'), adj.
Oui appartient aux subslances spirituelles, aux pneuraatologues. Vision pneumatologique.
— liTYM. Pneumatologie \.
t PNEL'MATOLOGISTE piieu-ma-to-lo-gi-st') ou PNECMATOLOGL'E'(pneu-ma-to-lo-gh'), s. m. Auteur d'un traité sur les substances spirituelles. I! Celui qui admet l'existence d'êtres intermédiaires entre Dieu et l'homme, de génies, de purs esprits ou d'esprits élémentaires.
— ÉTYM. Pnnimatnlnqie (.
t PNEUMATOMAOCÉ (pneu-ma-to-ma-k'), s. m. Nom donné à des sectaires qui niaient la divinité du Saint-Esprit et le mettaient au nombre des créatures.
— ÊTYM. riveûiia, esprit, et \i.a.yéa^M, combattre, t PNKUMATOMPHALE (pneu-ma-ton-fa-1') , s. f.
Terme de rhirurgie. Tumeur ombilicale formée par une hernie que des gaz distendent.
— ÉTYM. nvEùpia, souffle, et 6(i?oXo;, nombril, t PNEUMATOSE (pneu-ma-tô-z'), s. f. Terme de
médecine. Distension de l'estomac, des intestins, causée par des vents ou flatuosités.
— ÈTYJI. IIveu|iiT(D<r'.ç, de iiveu|j.aToOv, gonfler d'air, de xveO|jia, souflle.
t PXECMiyiJE (pneu-mi-k'), adj. Terme de chimie. Acide pneumique, principe immédiat cristallisable, qui se trouve dans le poumon des mammifères.
— ÉTYM. nviO|Kov, poumon.
i PNKUMOCËLE (pneu-mo-sft-l') , s. f. Terme de chirurgii». Hernie produite par l'issue d'une portion du poumon à travers un des espaces intercostaux.
— ÉTYM. IlvE'jiiuv, poumon, et xr.Àïi, tumeur.
\ PNEUMOGASl'RI0UE(pneu-mo-ga-stri-k'),adj.
Terme d'analoiiiie. Nerf pneumogastricjue, ou, substantivement, le pneumogastrique, nerf de la huitième paire, ainsi nommé parce qu'il envoie des filets au poumon et à l'estomac.
— ÉTYM. llviOiiwv, poumon, et fanvrip, eslomac. t PNElîMOGRAPUre(pneu-mo-gra-fie),*. f. Description du poumon.
— ETYM. IlveOpiMv, poumon, et Ypiçeiy, décrire, t PNEUMO HÊMORRUAGIE (pneu-mo-é-morra-
jle), ». f. Terme de médecine. Hémorrhagie pulmonaire.
— ÉTYM. IlveOixùiv, poumon, et hémorrhayie.
f PNEI'MOLITHIASE (piieu-mo-li-li-a-/.), ». f. Ternie de médecine. Maladie caractérisée par la foimation d« concrétions dans les poumons.
— ÉTYM. IlveOtiiwv, poumon, et littiauui, formation de pierres, de >i6oi;, pierre.
t PNEUMOLOGIE (|ineu-mo-lo-jie), ». f. Irailé sur rorgaiiisatloii ou les usages du poumon.
— ETYM. ir.E'JiKov, [K)umon, et )iôy"><, Iriiité. P.NEL'MONIK (viicu-mo nie), ». f. Terme de médecine. lutlaoïmAtion du parenchyme du poumoa.
POC
Il Fausse pneumonie, bronchite simulant la pneumonie.
— ÉTYM. nveviiiovîa, de nvEÛiiiov, poumon. PNEUMONIOUE (pneu-mo-ni-k'), adj. \\ 1° Terme
de médecine. Il se dit des remèdes propres aux maladies du poumon. |! 8° Il se dit des individus afl'ectés d'une de ces maladies. || Substantivement. Un pneumonique.
— ÉTYM. nveu)Mvixà;, de irv6Û|i<i)v, poumon, de iivsïv, respirer.
t PNEUMOPÉRICARDE (pneu-mo-pé-ri-kar-d'), s. m. Terme de médecine. Épanchement aériforme dans la cavité du péricarde.
— ÉTYM. rivcOiia, air, et péricarde.
t PNEUMORRHAGIE ( pneu-mo-rra-jie), ». /. Terme de médecine. Synonyme d'hémoptysie.
— ÉTYM. llv£ù|jiù>M, poumon, et f «f etv, faire éruption.
t PNEUMORRHÉE (pneu-mo-rrée) , s. f. Terme de médecine. Flux abondant de mucosités venant du poumon ou des bronches.
— ÉTYM. nv£0(ia>v, poumon, et fiîv, couler.
t PNECMOSrOME (pneu-mosto-m'), s. m. Stigmate ou trou qui sert à la respiration des insectes.
— ÉTYM. [lveiJ(iu>v, poumon, et d-côna, ouverture, t PNEUMOTHORAX (pneu-molo-raks*) , s. m.
Terme de médecine. Epanchement d'un fluide aériforme dans la cavité des plèvres.
— ÉTYM. nveû|j.a, air, et thorax.
t PNEUMOTOMIE (pneu-mo-to-mie), ». f. Dissection du poumon.
— ÉTYM. nvêû|jia>v, poumon, et TotJ.9i, dissection. PNYX (pniks'), ». m. Terme d'antiquité. Place
d'Athènes où le peuple se rassemblait quelquefois pour délibérer.
— REM. Le mot grec est féminin ; peut-être faudrait-il dire la pnxjx. comme on essaye de le faire dans les traductions récentes d'Aristophane (voy. DESCHANEL, Études suf Aristophane, p. 47).
— ÉTYM. Le génitif de itvOÇ est jtvixvôç, ce qui montre que ce mot est le même queitv»vo«, dense, serré : lieu où la foule est serrée.
f POA (po-s), ». m. Nom botanique du genre paturin (graminées;. Le poa des prés.
— ÉTYM. Ooa, gazon.
t POBAN (poban), s. m. Nom, aux Antilles, donné au produit de sang mêlé, qui a le moins de sang nigre.
POCHADE (po-cha-d') , ». f. Terme de peinture. Esquisse rapide et négligée où la brusquerie de la main a jeté çà et là les couleurs ou les traits.
— F.TYM. Pocher.
+ POCHARD (po-char) , ». m. Terme populaire. Un ivrogne. || Un homme ivre.
— ÉTYM. Rempli comme une poche.
POCHE (po-ch'), t, f. Il 1" Petit sac attaché à un habit, à un gilet, etc. pour y mettre ce qu'on veut sur soi. Voilà justement de ces choses qui lui viennent, quand il [M. de Grignan] parle et quand il écrit, et qui fait que ses lettres sont toujours, deux mois durant, l'ornement de toutes les poches, sév. 28 janv. <680. L'estomac est fait comme une poche, FÉN. Exist. 35. Heureusement encor, laissant ma malle au coche. J'ai mis fort prudemment mon argent dans ma poche, reonard, Ménechm. ii, 2. Nos anachorètes visitèrent ensuite les poches des vaincus, le sage, Gil Bl. v, 2. Un sot provincial arrivé par le coche tlùl été moins que moi tourmenté dans sa peau ; Je me mouchais presque au bord de ma poche, J'éteruuais dans mon chapeau, SEDAINB, h!pilrc à son habit. || Rien dans les mains, rien dans les poches, disent les escamoteurs pour montrer que le tour ne se fait avec rien qui soit dans la main ou dans la poche. |{ Fig. J'ai mes poches pleines de compliments pour vous, sév 492. Méfiez-vous de ces gens qui ont leurs poches pleines d'esprit, et qui le sèment à tout propos, uioer. Salon de 17«&|, Œuv. t. xiii, p. 34, dans pougens. ]( Fig. Avoir en sa poche, avoir toujours sur soi ou sous la main, à sa disposition. Avez-vous à Paris la Iraducliiiii du plaidoyer de l'empereur Julien contre les Galiléens, par le marquis d'Argens? il serait à souhaiter que tous les fidèles eussent ce bréviaire dans leur poche, volt. Damilarille, a oct. (7(U. C'est un philosophe lMauperluis|.... porunt toujours scalpel en poche pour disséi|uer le» gens de haute taille, m. Diatribe du docteur Akakia.\\\)e poche, qu'on porte dans sa poche. PisUilcl de poche. Il Fig. De poche, qui n'est jia» phi^ gros cju'll ne fauilrait pour être porté d.ins la poche. On s'enivra partout k votre s,inl^, k colla de H. Tiirgot et de M. Trudaine; on tira nos canons de poche toute la jouraée, volt. Lett. Mm* de SI- Julien, 1 4
POC
déc. t775. ||Pig. De sa poche, de ses propres deniers. Sainte-Marne était peut-être le seul homme de qualité que Monseigneur aidât de sa poche, st-sim. 294, 14. Eh bien, je vous donne quatre cents francs de ma poche, volt. Dict. phil. Éducation. \\ Payer de sa poche, payerde ses propres deniers. || Payer de sa poche, c'est aussi payer avec l'argent qu'on destine k ses menues dépenses personnelles. || L'argent de la poche, l'argent qu'on destine à ses petites dépenses personnelles. || Argent de poche, partie de la solde militaire dont le soldat a la libre disposition. || Cette terre produit, vaut dix mille francs dans la poche, c'est-à-dire leproduitnet est dedix millefrancs.|| Fig. Mettre en poche, s'approprier. Villeroy et le prévôt des marchands de Lyon mettaient en poche tout ce qu'il leur plaisait de prendre, st-sim. 474, 77 Il Jouer de la poche, débourser de l'argent, donner de l'argent. Il Avoir ses mains dans ses poches, tenir ses mains enfoncées dans ses poches, attituil* qui montre qu'on n'est actuellement occupé i rien Il Fig. Avoir ses mains dans ses poches, ne rien faire. Il est certain qu'en demeurant leurs maint dans leurs poches, ils pouvaient teiiii encore cinq ou six jours, sans être exclus d'une composition honnête, pellisson, Lett. hisl. t. ni, p. 4Ui, dans poLGENs. Il Fig. Il n'a pas toujours eu les mains dans ses poches, il n'a pas toujours été à ne rien faire. || Fig. N'avoir pas ses mains dans ses poches, s'enriohir du bien d'autrui. M. d'Klbœuf était gouverneur de Picarilie et d'Artois, où il ne tenait pas ses mains dans ses poches, et se moquait dos in* tendants, st-sim. 47b, 83. || Faire crédit de la main à la poche, no pas faire crédit du tout. || Manger son pain dans sa poche (voy. pain, n" t). || Fig. Tenir une affaire dans sa poche , être assuré du succès de cette alTaire. Et quand par mon moyen quelque intrigue s'accroche, Qu'il faut jouer un fat, j'en ai le rôle en poche, hauteroche. Bourg, de quai, iv, 8. Il Fig. N'avoir pas .sa langue dans sa poche, savoir fort bien parler et répondre. On peut bien dire qu'elle n'a pas sa langue i-ins sa poche, carmontelle, Pro». les Voisins, se. 3. || Fig. Mettre sa langue dans sa poche, ne pas parler, garder le silence. Mettez, je vous prie, votre langue dans votre poche, M"' u'ÊPiNAï, Uém. t. Il, p. 384, dans pougens. Il Fig. et familièrement Se mettre dans la poche de quelqu'un, ne pas le quitter, être toujours pendu à ses côtés. M. le duc de Chartres est un peu plus à la société et moins occupé de me poursuivre et de se mettre dans ma poche, oenlis, Mém. t. m, p. 2X8, dans pougens. Il Familièrement. Il semble sortir de sa poche, se dit de quelqu'un très-petit placé à côté de quelqu'un très-grand, ou qui lui prend le bras. Familièrement. Il le mettrait dans sa poche, se dit d'un homme qui a une grande supériorité de force sur un autre. || 2" Grand sac pour mettre du blé, de l'avoine, etc. Une poche de blé. || Vendre, acheté; chat en poche, voy. chat, n* <. || Donner chat en poche, attraper dans un marché. Vous me voulez chat en poche donner, la font. Troq, || Dans les sucreries, poche aux écumes, sac de toile forte à travers lequel les écumes laissent échapper le sirop. Il 3° Terme de chasse. Kn général, filet qui a la forme d'une poche, l'oche k prendre les blaireaux, les loutres, etc. Poche à perdrix, à faisans. || Filet servant k fermer les ouvertures des terriers, pour prendre les lapins au furet. || 4" Terme de pêche, f^spècc de sac avec lequel on prend la menuise. || .Se dit aussi de la manche des filets traînants, dans laquelle le poisson se rassemble. || &" Jabot des oiseaux. Des pigeons qui ont la poche pleine. || 8° Espèce do sao extérieur formé par la peau du ventre chez certains animaux, notamment chez les marsupiaux. || Poches gutturales, deux grands sacs membraneux particuliers aux mammifères monodactyles, qui sont adossés l'un i l'autre, et s'étendent sou» les grandes branches de l'hyoïde et sous les muscles environnants. |l 7* Terme d'obstétrique. Poobe des eaux, la saillie que les membranes de l'ceuf, détacbAes de la matrice et poussées par les contractions utérines, font à travers le col dilaté. || 8* Sac qui se forme i un abcès. {19° Faux plis aux habits mal taillés. Cet habit fait de» poches. || 10* Violon de poche, ou, elliptiquement, une poche, petit violon qui fait peu lie bruit, et que les maîtres de danse portent dans leur poche pour aller donner des leçons de danse, en ville. Un petit Français poudré et frisé comme autrefois, haliil vert-pomme.... raclait un violon de poche, et faiiait danser Madelon Friquet k cr-s Iroquni», cHATBAt'B». Itinér. 7* partie. || On dit actuellement d'ordinaire pochette, jj 11" Cuiller avec laquelle on sertie potage, ainsi dite de sa forme. Il Cuiller de fet avM an long manche, dont lot
POC
fondeurs se serrent pour puiser le métal en fusion. Il Cuiller dont se sert le raffiiieur de sucre. || 12- Espèce de sac dans lequel les cloutiers vendent difîérenles sortes de broquettes, ou bien encore la quantito de broquettes i|ui peut tenir dans une poche de grandeur déterminée. || 13* Poche de navette, la partie creuse qui est au milieu de lanavette. || 14° Poche à cristaux, nom donné paf'les mineurs à des cavités quartzeuses renfermant des cri.staux plus ou -noins développés de quartz hyalin. || IS" Boucle faite à l'eilrémité de certaines lettres.
— HIST. XIV* s. Et tens tes poches es plus hantées bouches du terrier, Kodia, f° 75. Se la matière est dure et la boce pendant.... encise selon le long du membre, mais garde que tu ne louches i la pouche
ont laboce est envelopée, lanfrarc, ('6B, verso. '•oques ou sacs où le dit sel avoit esté mis, du CANGB, pochia. Les assaillir y nous convient, b.l que de près fort on les touche De hache et d'espée poignant, Et que sur eulx fort on apjiroche; Vous les mectrez en une poche, Oîi en faire ce que vouldrez, Mist. d'Orléant, p. 4<8. Messeigneurs, c'est à vous grant honte De vouloir avoir ce reproche, Comme bergiere vous surmonte.... T sembe que en une poche v^ous metlroit se elle vouloit, ib. p. 47*.
ehan cuisinier frappa le suppliant d'une coillier, autrement dit poche de bois, du cange, pochia. Il XVI* 8. La poche sent tousjours le haran, Contes d'Eutrapel, p. 38, dans lacobnb.
— ETYM. Vosgien, penche , poche, pouche; norm, ■touque; Berry, poche, sac; du germanique : anglosax. pocea; isl. poka; angl. pake, pouch, et, avec une nasale, anc h. allem. phunc; suéd. pung; d'où le bas-lat. punga, puncha; grec mod. itoOYii.
POCUÊ, ÉE (po-ché, chée), port, passé àe pocher. Il 1° Œufs pochés. Il Avoir les yeux pochés au beurre noir, ou, simplement, avoir les yeux pochés, avoir les yeux gonflés et noirs. Les yeux pochés au beiure noir, scABB. Virg. v. Ses yeux [de Voltaire] , pochés par le vent du nord, ne lui permettent pas de vous écrire de sa main, volt. Lett. Richelieu, <6 sept. <7«6. Il J* Lettre pochée, lettre à laquelle on a lait une poche. || Une écriture toute pochée, une écriture où les lettres, mal formées, sont pleines de taches d'encre. || 8* Olives pochées, olives qu'on a portées .ongtemps dans la poche (voy. FOcnEiEii). ||4* Esquissé d'une manière négligée. Je l'ai vu ; cela n'est absolument que poché; mais charmant, expressif et plein de vie, didebot, Salon de 4767, Œuv. t. XV, p. 57, dans pougens.
^ POCHE-CUILLKR (po-che-kui-Uïr, {{ mouillées), *. m. Nom vulgaire de la spatule, oiseau.
— HIST. ivi* s. Tcidournes, pochecullieres, ràb
— ÉTYM. Poche, et cuiller.
t POCHÉE (po-chée), t. f. Ce qu'une poche peut contenir; une pleine poche.
— HIST. XV s. Une pochée [un plein sac] de seigle que le «uppliant avoit fait amener, du cange, pochio. IIivi' s. Un valet de '■hamlire du bach-. vcint tesmoigner avoir donné deux pochées de ducats à deux hommes, l'un desquels estoit blessé à la face, c'aub. Uist. m, 30«.
POCHER fpo-ché),». a. Il 1* Mettre en sac (vieilli en ce sens). Sans que ledit fermier soit tenu, si bon ne lui semble, de pocher ni mesurer ledit sel auxdits entrepôts Bail Gautier,* mars (6«0.|| i* Terme de cuisine. Pocher des œufs, les casf>er dans de l'eau ou du bouillon bouillant, et les ; laisser quelques minutes pour la cuisson; au sortir, ils sont entourés du blanc mat et ferme, et mollets en dedans. Il 8* Faire une boucle à l'extrémité de certaines lettre». Pocher les L, les G. || 4" Terme d'atelier. Kiquisser d'une manière négligea et barriie. Il 6* Faire une meurtrissure suivie d'enflure, ijiislez-moi lui pocher les yeux à coups de poing, •oiSROBERT, Belle plaideme, v, <.
— HIST. xii* s Des esteiles vous di le nombre, Si corn Tboloroeus le nombre En son almageste qu'il fist, Qui tôles les pocha e quist, Image du monde, m, «. Et s'il en doute [d'un miracle], de son doit Li doitchascun les yex lyeux] pochier, oaitier de coiNCT, p. 273. Il ziv* s. Des œufs pochés en eaue , Miiiagier, ii, ». ||x»*$. Oncqu'enfant ne ressembla mieux A père; quel menton fourchéT Vrayement c'cstes vous tout poché. Patelin. || ivi* s. Il re.sta tout eslourdy et meurtry, ung œil poché au beurre ooir, le brcschet enfondré.... rab. Pant. iv, l».
— ETYM. Poche; norm. poquer, porter de» fruits dans sa poche. La série des sens est claire : mettre •D sac; pocher une lettre, y faire une boucle ronde comme une pocbs^; pocher des œufs, les envelopper, par le idc>Ii> rfô r.^-s >n de leur blanc comme d'une
POD
poche. Reste pocher les yeux, qui est douteux; il peut venir de ce qu'on a comparé un œil meurtri à un œuf poché au beurre noir; mais il peut venir aussi de l'ancien verbe poucher, froisser avec le pouce ; picard , pocher, tàter avec le pouce : xv s. loelluy Vincent dist que s'il trouvoit le suppliant à son avantaige, qu'il lui creveroit et poucheroit les deux yeux, nu cange, pollex. Quant au pocher des artistes, c'est sans doute un emploi figuré : l'aire lâchement, comme une poche, ou peut-être froisser du pouce, et alors le mot viendrait originairement des modeleurs.
] POCHETlpo-chc), t. m. Terme rural. Petit creux fait dans la terre avec la main, pour semer des graines en toulTes.
— ETYM. Diminutif de poche.
POCUETÉ, ÉE (po-cheté, tée), part, passé de pocheter. Croyant apparemment que les lettres sont coaime les poires, qu'elles valant mieux pochelécs, M"* d'épkrnat, Mém. t. m, p. 409, dans podoens. L'abbé Delille observa assez gaiement qu'il n'en était pas des réputations comme des olives, que les pochetées n'étaient pas les meilleures, lauabpe, Corresp. t. v, p. 136, dans pougkns.
POCHETER (po-che-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je pochette, je pocbetteiai), V. a. Porter quelque temps dans sa poche. Pocheter des olives. || Neutralement. Laisser pocheter des olives.
— ETYM. Pochette.
POCUETTE (po-chè-f), ». f. Il 1* Petite poche. J'aime encore mieux les libelles [petits livres] qui courent en France, se mettent dans la pochette, que les tomes qui viennent d'Espagne par charroi, balz. Socrate chrétien, v. Comme il pense emplir sa pochette, On lui donne d'une baguette Sur les doigts.... scARB. Virg. vi. || Belle pochette et rien dedans, belle apparence et peu de rapport. Il i" Petit filet pour la pêche, il S» Petit violon qu'on met dans la poche, que portaient autrefois, que portent quelquefois encore les maîtres de danse allant donner des leçons en ville. || Avoir un jeu de pochette, tirer un son frêle et grêle d'un violon.
— MIST.xvi" s. 11 y eut quelques MO morts, quatre drappeaux pris, les autres sauvez dans la pochette, d'aub. Hist. II, 436. 11 n'y a tel que d'allecher l'appétit et l'affection [au savoir]; aultrement on ne fait que des asnes chargés de livres; on le r donne à coups de fouet en garda leur pochette pleine de science, mont, i, 1 9».
— ÉTYM. Diminutif de poche; norm. pouquelte.
t POCHIS (po-chi), s. m. Terme de gravure. Effet que produisent des traits crevassés et confondus ensemhlo.
— ÉTYM. Pocher.
t POCHON (po-chon), *. m. Une grosse tache d'encre, un pâté. H l'opulairement. Un coup de poing.
— ÉTYM. Pocher,
t POCO (po-ko), Ice. adv. Terme de musique qui s'écrit sur les partitions dans les expressions : Poco a poco, peu à peu ; Poco forte, un peu fort
— ÉTYM. Ital. poco, peu (voy. ped).
t POCOCURANTB (po-ko-ku-ran-té) , s. m. Celui qui ne sa soucie de rien, qui n'estime rien. Mot créé par Voliaire, qui en a fait un nom propre. On parle, dit Candide, du seigneur Pococurante qui demeure dans ce beau palais sur la Brenta, et qui reçoit assez bien les étrangers ; on prétend que c'est un homme qui n'a jamais eu de chagrin , volt. Cand. 24
— ÉTYM. Ital. poco, peu, et curante, qui s'occupe. tPOCOCCRANTI.SME(po-ko-ku-ran-ti-sm'),*. m.
Etal de l'homme blasé, du pococurante. Ce qui caractérise en ce moment la Turquie devant l'Europe, ce n'est ni la tyrannie ni la violence, c'est le pococur.inlisme et le besoin de jouir, si-makc gikardin, Journal des Débats, h juin 4859.
t POCULIFORME (po-ku-li-for-m"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une coupe.
— ÉTYM. Lat. poculum, coupe, et forme.
t POD..., PODC... Elément de composition signifiant pied, et qui est le grec «oùc, no£i(, pied (voy. pied).
t PODAGRAIRB (po-da-grê-r"), ». f. Plante ombellifère que l'on croyait bonne contre la goutte.
— ÊTvil. Podagre.
PODAGRE (po-"da-gr'). || l" S. /. Terme do médecine. Goutte qui attaque les pieds. \\fAdj. Qui a la goutte aux pieds. Podagre, imputent, usé de plaisirs et de jouissances, i. j. rouss. Conf. vui. Il Substantivement. Nous aperçûmes le vieux podagre, enfoncé dans un fauteuil, un oreiller sous la tète, des coussins sous les bras, et les jambes appuyéei sur un gros carreau plein de duvet, lb
POD
sAOB, Gil Bl. n, 4. Il 3* S. m. Le ptéroei.'e >«orpio&, coquille.
— HIST. XVI' s. J'ay souventesfois ouvert lei veines et artères du mesme lieu, comme à la chiragre et podagre les veines du pied ou de la main, FARâ, XV, 66. Le pauvre podagre ne peut cheminer.... ID. XXI, 34.
— ÉTYM. Lat. podagra, de TioSa^pa, de noûç, pied, et âiffo- prise.
t PODAKTHKE (po-dar-tr'), ». m. I3imede zoologie. Articulation liu pied des oiseaux avec le tarse.
— ÉTYM. Pod..., et 5p6pov, articulation.
t PODARTHROCACE ( po-dar-tro-ka-s'), *. f. Terme de médecine. Inflammation des surfaces osseuses de l'articulation du pied.
— ETYM. Pod..., âpOpov, articulation, et «âxi), lésion.
t PODENCÉPHALE (po-dan-sé-fa-V), adj. Terme de tératologie. Monstre podencéphale, et, substantivement, un podenccphile, monstre dont le cerveau, situé hors du crâne, est porté sur une sorte de pédoncule.
— ÉTYM. Pod..., et encéphale.
t PODENCÊPHALIE (po-dan-sé-fe-lie), f. f. État des monstres podencèphales.
PODESTAT (po-dè-sta), s. m. Magistrat vénitien qui administrait la justice dans les lieux de son département. Il Titre du premier magistrat annuel de Gênes et d'autres villes d'Italie.
— HIST. xiu* s. Leurpoestas et leur baillius [à Avignon], ph. mouskes, ms. p. 727, dans lacurne.
— BTYM. It. podestà, du lat. potestatem, puissance.
t PODEX (po-dèks*), s. m. Terme de zoologie. Dernier segment dorsal de l'abdomen des insectes.
— ETY.M. Lat. podex, derrière.
PODIUM (po-di-om'), s. m. Terme d'antiquité. Il 1* Petit mur formant une espèce de galerie autourde l'arîîr p, dans letiamphiihéâtres. || 2" L'endroit des amphithéâtres et des cirques où se plaçaient les sénateurs et les magistrats.
— ÉTYM. Lat. podium, de itéJiov, qui vient de 1C0Û;, pied.
t PODOBRANCHE (po-do-bran-ch'), adj. Terme de zoologie. Oui porte des branchies aux pattes.
— ÉTYM. Podo..., et branchies.
t PODOCARPE (po-fio-kar-p'), s. m. Genre de conifères de l'Australie, dont le fruit est porté par uii pédoncule très-épais.
— ÉTYM. Podo..., et y.apnèî, fruit.
t PODOGYNE (po-do-ji-n"), s. m. Terme de botanique. Saillie charnue el solide qui supporte l'ovaire de certaines plantes, et qui l'élève au-dessus de l'insertion du calice.
— ÉTYM. Podo..., et Y^vTi, femme, ovaire.
t PODOGYNIQUE (po-do-ji-ni-k), adj. Terme d« botanique. Qui a rapport au podogyne. Insertion podogynique.
t PODOLACHNITE (po-do-la-kni-f), s. f. Terme de vétérinaire. Inflammation phlegmoneuse de la portion veloutée du tissu réticulaire du pied du cheval, communément appelée bleime et sole battue.
— ÉTYM. Podo..., etXàxvr), tissu villeux.
t PODOLOGIE (po-do-lo-jie), *. f. Description du pied. Il Traité sur le pied.
— ÉTYM. Podo..., et Xoyo;, traité.
t PODOMÈTRE (po-do-mé-tr'), s. m. Instrument destiné à la mesure du pied, pour la ferrure des animaux.
— ÉTYM. Podo..., et (jiiTpov, mesure.
t PODOMÉTRIQDE(po-do-mé-tri-k'), adj. Quia rapport au podomètre. Ferrure podomélriiiue, ferrure du cheval qu'on exécute avec l'aide du podomètre.
t PODOPHTHALMAIRE (po-do-ftal-mê-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a les yeux plates à l'extrémilé d'un support mobile, lies crustacés podophthalmaires.
— ÉTYM. Podo..., et Jç»a>|iè{, œil.
t PODOPHYLLECX, EUSE (po-do-fil-leû, leû-z'), adj. Tissu podophylleux, nom donné par quelques vétérinaires à la portion du derme sous-ougul^ire en nipport avec la paroi, et présentant une giamlf quantité de feuilles dirigées verticalement (tissu feuilleté des autres analomistes).
— ETYM. Podo..., et(i)ii),).ov, feuille.
t PODOPHYLLITE (po-do-lil-li-f), ». f. Terme de vétérinaire. Inflammation d'une surface plus eu moins étendue de la portion feuilletée du tissure* ticulaire du pied du cheval.
— ÉTVM. Voy. PODOPIIYI.LKUX.
t PODOSPERME (po-do-spèr-m'), ». m. Terme
POÊ
de botanique. Prolongement ou saillie du placenta *vant d'attache à chaque graine.
— ÊTYïi. Podo..^ et (TTtÉpiia, graine
t PODOSTÉMACEES (po-do-sté-ma-sée), ». f. pi. amille de plantes vivant dans l'eau.
— ÊTYM. Podo..., et onîjjiwv, filament : les étamines sont portées par un pédoncule commun qui se divise en deux branches.
t PODOTHÈOCE (po-do-tè-k'), ». m. Terme de loologie. Peau qui couvre le pied des mammitères et des oiseau». I| Portion de la chrysalide qui enveloppe les pattes de l'insecte.
— Rtym. Podo..., et 6inxi(i, loge.
t PODURES (po-du-r'), s. m. pJ. Genre d'insectes! de l'ordre des aptères, qui ont une queue servant de pied ou d'organe locomoteur.
— ÉTYM. Podo..., et oùpà, queue.
t *. PCœCILE (pè-si-l'), s. m. Terme d'antiquité. Portique public orné de peintures, à Athènes.
— ETYM. 'H iroixCXri <rtoà, le portique varié, ppint.
•f 2. POECILE(pf!-si-l'), s. m. Terme d'ornithologie. Genre fondé par Kaup sur la mésange nonnette {panu palustrit, L.).
— RTVM. noixO.o;, varié.
t POECILIEN, lENNE (pè-si-liin, liè-n'), adj. Terme de minéralogie. Se dit de terrains ou de rochers dont la couleur est variée ou bigarrée.
— ÊTYM. n-jixOoç, varié.
t. POÊLE (pol-l'), ». m. ||1' Voile qu'on tient sur la tête des mariés pendant la bénédiction nuptiale. Il fie cardinal de FleuryJ fut aumônier du roi, et en cette qualité il tint le poêle au mariage de feu M. le duc d'Orléans en (692, mairan, Éloges, tard, de Fleury. Il Mettre un enfant sous le poêle, se dit en parlant d'un enfant né avant le mariage qu'on a reconnu et légitimé, et sur lequel on élend le poêle à la cérémonie du mariage, li 2" Drap dont on couvre le cercueil pendant les cérémonies funèbres, et dont quelquefois, par honneur, les coins sont tenus, pendant la marche du convoi, par certaines personnes. M. Newton était honoré de son "ivant, et l'a été après sa mort comme il devait l'être : les principaux de la nation se sont disputé l'honneur de porter le poêle à son convoi, volt. Mél. lilt. Consid. due aux gens de lett. || 3* Dais sous lequel on porte le saint sacrement. || 4° Dais qu'on présentait aux rois, aux princes et aux gouverneurs des provinces, quand ils faisaientleur entrée dans une ville.
— HIST. XI* s. Sur pâlies blancs siedent cil -chevalier, Ch. de Roi. vin. || xii' s. Li cuensHues se dresse, s'est un paile vestu, isax. xiviii. Bêle Erembors à la fenestre, au jor, Sur ses geiiouz tient paile de coulor, Romancero, p. 49. || iiu* s. Voire s'il en y avoit plusors enfans nés avant qu'il espousast, et le [la] mère et li enfant à l'espouser estolent mis desoz le paile de sainte Eglise, si devenroient il loiel oir, BEAOM. xviii, 2. Il XVI* S. Ils lui présentèrent à l'entrée de la ville un poêle, [ce] qu'il trouva fort mauvais, comme n'estant du qu'au souverain, carl. i, »«. Enfans nés avant le mariage, mis sous le poile sont légitimé», loysf.l, 68. Un grand voile en forme de paesie, paré, xiv, 40. Diogenes ceignit son palle en escharpe, recoursa ses manches jusques es coubtes, rabei,. Panl. m, Prol.
— ETYM. Picard, poisZe, manteau; provenç. palli, pâli; espagn. pnlio: ital. pallio. Diez, contestant que poile onpoile puisse venir du latin pallium. qui n'a pu donner que pot'ie, le tire du bas-lat. petalum, ornement ou feuille métallique dorée sur la lêtft du pape (qui vient du grec ■Kitalov, quelque chose d'clendu). Mais, si l'on suit la .série des orthographes pâlie, paile, poêle, poile, paetle, sans qu'il y ait interruption du sens, on verra que paile est devenu poile au xvi* siècle, comme je fois pour je fais, je vois pour je tait, etc.
2. POP.I.E ou POILE (poW). ». m. lif Grand fourneau de terre ou de métal, souvent embelli de Apures, qui STt dans les pays septentrionaux à échaulTor une chambre, et dont l'usage a passé en France. Il Fig. Et malgré les volets le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été, boil. Sat. m. Il Poêle de construction, poêle construit à demeure avec des carreaux de faïence ou de terre non vernissée sur la place qu'il doit occuper. || Terre à poêle, sorte de terre employée dans la construction des poêles. || Poêle & la Désamaud, sorte de poêle en fonte de peu de profondeur que l'on place dans une cheminée. || Poêle suédois, gros poêle que l'on construit onlinairement de toute la hauteur de la pièce, jl 2* Nouj donné en Allemagne et en Hollande à la chambre où est le poêle. N'ayant, par
POE
bonheur, aucuns soins ni passions qui me troublassent, je demeurais tout le jour enfermé seul dans un poêle, où j'avais tout le loisir de m'entretenir de mes pensées, desc. Uélh. ii,i.
— HIST, xv.» s. Un Allemand me feit plaisir, à Auguste [Augsbourg], de combattre l'incommodité de nos fouyers parce mesme argument de qiioy nous nous servons ordinairement àcondamner leurs poésies, MONT. IV, 255. Les comtes meinent M. de Vieilleville en une aullre grande salle, qu'ils nommoient poisic, avec sa suicte [il s'agit d'une salle à manger à Vienne, à la cour], cahl. vm, 21.
— ËTYM. Bas-lat. pisalis, piselis, piselum, pysalis, qui est synonyme du bas-lat. genecium, gynxceum, lieu où les femmes de s*vice travaillaient aux ouvrages de laine. Comme ces lieux étaient chauffés, on prit l'habitude de donner au nom de ces ouvroirs le sens de chambre chauffée. Jusque-là tout est clair; mais d'oO vient piselis? Du Cange le tire depensile, venant de pensum, tâche, à cause de la tâche que faisaient les ouvrières des gynécées ou poêles. En effet le bas-latin a pensilis, dérivé de pemum ; penstles ancillœ, des servantes chargées de faire une tâche dans les gynécées ou ouvroirs. Dès lors on voit la filiation : pensile, d'où pisile, d'où pqisle, chambre où l'on fait une tàcKe, de pensum, tâche (voy. poids). Scheler le tire de l'adjectif latin pensilis, suspendu : balnex pensiles (de Pline^, cabinets de bain suspendus, c'est-à-dire construits sur des voûtes et chauffés par-dessous. Mais, pour cette dérivation, on n'a pas comme pour le perisile, de pensum, le chaînon intermédiaire pensiles ancillx.
s.POEle (poM'),». f. Il !• Ustensile de cuisine dont on se .sert pour frire, pour fricasser. Autrefois carpillon fretin But beau prêcher, il eut beaudire, On le mit dans la poêle à frire, la font. Fabl. ix, 10. || Fig. Être dans la poêle, être dans l'embarras. J'en ris tout autant que vous, quoique je sois dans la poêle, d'alemb. Lelt. à Voltaire, i8 oct. nao. \\ Fig. Tomber de la poêle en la braise, ou dans le feu, tomber d'un mal en un pire. Je tombai par malheur de la poêle en la braise, bégnieh, Sal. x Je ne fis que sauter, comme on dit, de la poêle à frire dans le feu, le sage, Guim. d'Alf. l, «. || Il n'y en a point de plus empêché que celui qui tient la queue de la poêle (voy. queue). || Fig. Qui pourrait s'empêcher de rire? Lebrun d'un vol audacieux Se précipite dans les cieux. Et tombe dans la poêle à frire, DOMEROOE , Epigr. contre Lebrun qui avait épousé sa cuisinière. || 2° Poêle à confiiures,' poêle de cuivre sans queue, avec deux anses; plus souvent appelée bassine (| 8° Chau.lière dans laquelle les chandeliers font.ibndre leur suif. || Grand bassin de cuivre sur lequel les ciriers travaillent leurs ouvrages à la cuiller. |l Vase de fonte qu'emploient les chaudronniers pour faire fondre rétain.||4° Terme de marbrier. Vase de fonte avec deux anses et trois pieds, dans lequel on allume du charbon poiir faire chauffer les petites parties de marbre, les goujons avant de les graisser, et les pinces des polisseurs. (I 6° Nom donné dans nos salines de l'Est à une vaste chaudière servant à l'évaporation du liquide avant qu'on le mette dans les cristallisoirs. Poêle de graduation, poêle de préparation. || 6° Terme de pèche. Partie du fond d'un étang, plus profonde que le reste, et située vis-à-vis de la bougie, oii tout le poisson se rend, à mesure que l'on viifB l'étang pour le pêcher. || 7» Terme de gravure. Ustensile qui sert à chauffer la planche que l'on encre.
- HIST. xiu" s. Paeles que l'on aporte du lendit, si doit cliascune obole, et de pos autresinc, tir. des met. 290. Il xiv s. La dame moult bien entcndi... Ses cuer» [son cœur] li bat et li flayelle. Et frit cou tourtyalz en paycUe, j. DBCONné, t. ii, p. 4l. ||xv's Oui tient la poi'sle par la queue, il la tourne par où il luy plaist, LBRoux DR UNCï, Prov. t. ii, p. 2)3. Son corps feut mis par pièces, et bouilli en une paille, tellement que la chair se sépara des os ju- VÈN. Ch. VI, «422. Abusé m'a et fait entendre Toujours d'un que il fust un autre, Uo vieil mâchefer que fust peauthre. Du ciel une paesie d'airain , VILLON, Double ballade.
— ÊTYM. Wallon, pai/l; picard, patelle, poyelie ; provenç. padela, pndena; catal. pacUa: ital. padella : du lat. patHla, diminulil de palena, patène.
t POÈlIÎK (pol-léc), ». f: Il 1° Le contenu il'une poêle. Une poêlée de poissons frits. || Terme de cuisine. Se dit da certaines pièces, telles que poulardes ou chapons, cuites à la casserole. || 2* Dans certaines province», nom donné à une petite fêle à la (In de la moisson ou de la vendange.
— HIST. Ull* t. Cbascuna paelèe de sui [suif] doit
POÉ
obole, ausinc par iaue corne par terre, Lit), de» met. 2 «4.
— ÊTYM. Poêle 3; wallon, paiJaie; provenç. padelada : Ital. padellata.
t POËLF.RIE.(poI-le-rie), ». /■. Tous les ouvrage» de terre, de tôle ou de fer-blanc qui servent à chauffer ou éclairer. || Commerce ou industrie du poêlier.
— HIST. XV* s. Colas maignen et ouvrier de poellerie, du CANGE,,poe//a.
— ETYM. Poêle 2 et 3.
t POÊLETTE (poî-lé-f), ». f || 1" Petite poêle. !| 2* Petit bassin. || Petit vase à recevoir le sang d» la saignée (forme correcte, qu'a évincée la forma corrompue palette). Ce sang dont je me trouvai un jour tout affaiblie, parce que vous vous en étiez fait tirer quatre poêlettes sans m'en avertir, sÉv. 2 déc. I6S7. Il 3° Vase empjoyé par les rallineurs de sucre.
— ETYM. Diminutif do poêle 3.
). POËLIER (poî-lié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Celui qui fait et pose les poêles.
— ÉTVM. Poêle 2.
t 2. POËLIER (poî-lié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas), ». m. Celui qui fait et vend tous les ustensiles de ménage compris sous la dénomination de poêlerie.
— HIST. XV* s. Le suppliant.... trouva ung paolier ou poillier nommé Colin, dd cange, paella.
— ETYM. Poêle 3.
POÊLON (poî-lon), t. m. || 1* Anciennr'ment, espèce de petite poêle. || 2° Aujourd'hui, vase de terre de couleur claire en dedans, foncée en dehors, allant au feu, qui a la forme d'une casserole, et qui a une assez longue queue.
— ETYM, Diminutif de po^Je 8; ■wallon, potion. POËLONNÉE (poî-lo-née), ». f. Autant qu'un
poêlon peut contenir. J'en mis une autre [rose] dans une poélonnée d'eau chaude, elle y fut en bouillie en un moment, sév. 282,
— ETYM. Poêlon.
POËME (po-ê-m'; dans la prononciation ordinaire, le mot n'est que de deux syllabes : poê-m'), t. m. Il 1° Ouvrage en vers. Une épigramme est un poëme. Tout poëmeest brillant de sa propre beauté, BOiL. Art p. II. Il Particulièrement, ouvrage en vers d'une certaine étendue. Le uoême épique. Le poème didactique. Le poëme satirique. Le poème, dramatique. Les chansons de geste du moyen tige sont des poèmes épiques. Ciccron croit que ce fui PisistraW qui le premier donna aux Athén;ens la connaissance des poèmes d'Homère, qui en disposa les livres dans l'ordre où nous les avons, au lieu qu'auparavant ils étaient confus et dérangés, bollin, Hisl. anc. Œuv. t. II, p. 682, dans POUGF.NS. Le Camoëns, dont le poème fait sentir quelque chose des charmes de l'Odyssée et de la magnificence de l'Enéide, mom- TE?Q. E9p. XXI, 21. Le Clovis de Desmarets, la Pucelle de Chapelain, ces poèmes fameux par leur ridicule, sont, à la honte des règles, conduits avec plus de régularité que l'Iliade, volt. Ess. sur la poésie ép. II. La honte qu'on a si longtemps reprochée à la Franco do n'avoir pu produire uû poème épique, ID. ih. ix. On disputait i Addison que le l'aradis perdu fût un poème héroïque : Eli bien, ditil, ce sera un poème divin, maruontel, (i'ue. t. vi, p. 14S. 112» S'est dit quelquefois d'un ouvrage de prose où l'on trouve les lictions, le style harmonieux et figuré de la poésio. Le Télémaque a été dit un poênie en prose. O mes Velches, (|u est-ce qu'un poème en pro.se, sinon un aveu d'impuissance T VOLT. Msc. ''elches. || S'emploie aussi pour louer les qualités poétiques d'une œuvre d'art quelconque. C'est un poème, un véritable poème, que ce taldeau, que celte symphonie. ||8" Absolument. Se dit des pai-olos d'uu opAra et même d'un npéracomique La musique do cet opéra est belle; mais le poème est insignifiant.
— ÊTYM. Lat. poema, du grec no(r,(ia, poème, de itoitîv, faire : la chose laite (par excellence).
t POËBE (poê-r'), ». m. Synouyme de bouquet, maladie des moutons.
POfiSlB (po-é-zie; dans la prononciation ordinaire, de deux syllabes : poé-zie), s. f. || 1* Art de faire des ouvrages en vers. 11 n'y a proprement que le peuple de Dieu où la poésie soit vuuue par onllioiisiasine, Boss. llist. li, 3. Notre langue ne res- !<cinble |>as i quel(|ues autres où la poésie et la prose sont, pour ainsi dire, deux langages différents, ii'oLivtT, Ritm. Hoc. p 220, danspouGENS. Ce père de la poésie [Homlre] est depuis quelque loinps un grand sujet de dispute en France; Perrault commença la querelle contre Despréaux ... vult. ^î». <ur la poés. ép. u. I.ucain fut d'abord la favuri U«
POE
POE
POE
Néron, jusqu'à ce qu'il eût la noble imprudence de disputer contre lui le prix delà poésie, et le daiigereui hon neunle le remporter, id. ib. On demande comment, la poésie étant si peu nécessaireau monde, elle occupe un si haut rang parrailes beaux-arts; on peut faire lamèmeiiuestionsurla musique; la poésie est la musique de l'âme, et surtout des âmes grandes et sensibles, id. Dict. phil. Poêles. La poésie est l'élo- (uence harmonieuse, id. Bem. Pens. Pascal, 66. i'oyei cet arbre aux cieux monter avec audace; Son feuillage est peuplé d'harmonieux oiseaux; Ses Heurs parfument l'air, ses ondoyants rameaux Amusent les zéphirs; mais sa base profonde Attache sa racine aux fondements du monde ; Telle est la poésie.... DELILLE, Imag. v. Enivrons-nous de poésie, Nos cœurs n'en aimeront que mieux, bébang. les Sciencit. La poésie enivrera le monde, m. Ange exilé. La poésie en France et dans Voltaire, qui fut toute la poésie du xvni' siècle, était singulièrement l'expression d'une société élégante, brillante, villemain, Litt. fr. Xvm* siècle, 2" partie, 2* leçon. || 8° Il se dit des différents genres de poèmes, et desdifférentes matières traitées en vers. Poésie épiqua, lyrique, dramatique. Poésie morale , familière. Poésie profane, poésie sacrée. Poésie didactique. D'un air encor plus grand la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de fiction, boil. Art p. m. La grande poésie s'occupa toujours d'éterniser les malheurs des hommes, VOLT. Frag. sur l'hist. xv. |j S'Absolument. Qualités qui caractérisent les bons vers, et qui peuvent se trouver ailleurs que dans les vers. Cetie tirade manque de poésie. Nous y avons trouvé [dans une lettre de du Plessis] même de la poésie; car vous savez mieux que moi que le style figuré est une poésie, sÉv. à du Plessis, (9 janv. )69i. Il [David] ne tait point les vertus d'un prédécesseur injuste, qui a fait tout ce qu'il a pu pour le perdre ; il les célibre, il les immortalise par une poésie incomparable, boss. Polit, v, IV, 2. Il Eclat et richesse poétiques même en prose. Platon est plein de poésie. || Poésie du style, richesse, hardiesse, coloris, soit dans les vers, soit dans la prose. J'ai toujours soutenu que les pièces de M. de Campistron étaient pour le moins aussi régulièrement conduites que toutes celles de l'illustre Racine; mais il n'y a que la poésie du style qui fasse la perfection des ouvrages en vers, VOLT. ilél. litt. Aux auteurs du Nourelliste. || i° Fig. Se dit de tout ce qu'il y a d'élevé, de touchant, dans une œuvre d'art, dans le caractère ou la beauté d'une personne, et même dans une production naturelle. Tous ces rares et divins insensés font de la poésie dans la vie, de là leur malheur, dider. Salon de 1787, Œuv. t. xiv, p. 220, dans pougens. Vien dessine bien, peint bien ; mais il ne pense ni ne sent; Doyen serait son écolier dans l'art, mais il serait son maître en poésie, id. ib. t. ix, p. B5, édit. <82i. Telle est la poésie instinctive de l'esprit humain qu'il est porté à recevoir des faits une impression plus vive, plus grande que ne sont les faits mêmes, guizot, llist. de la civil, en France, »' leçon. Il S' Art de faire des vers, versification. Poésie harmonieuse. Les premières histoires, les premières lois furent en vers ; la poésie fut trouvée avant U prose, cela devait être, j, j. eouss. Ess. sur Voriy. de* langues, chap. <2. || La manière de faire des vers qui est particulière à un poëte, à une nation. La poésie do la Fontaine. La poésie grecque, latine, française. || 6° Au plur. Ouvrages en vers. Recueil de poésies satiriques. Les poésies de Malheibc.
— HIST. XVI* s. Racontez comme en lui la sainte poésie. Rare présent du ciel.... Se maintint pure •t nette.... desportes, Tombeau de Vesportes. 11 se presentoit tant de petits avortons de poésie, qu'il lut un temps que le peuple se voulant mocquer d'un homme, il l'appelloit poète, pasquieb , Rech.
Tll, p. «15, dans LACURNE.
— ÊTVM. Lst. poetis (voy. poème).
POBTE {po-ê-t'; dans la prononciation ordinaire, d* deux syllabes: poft-t'), ». m. || 1* Celui -qui s'adonne à la poésie. L'amour n'a point d'âge , il est toujours naissant; les poètes nous l'ont dit; c'est pour Mis qu'ils nous le représentent comme un enfant, pasc. Past. de l'amour. Les poètes iniitatsurs dg la nature et dont le propre est de rechercher dans lo fond du cœur humain les sentiments qu'elle y imprime, boss. Connaiss. iv, n. ï^ postérité saura peut-être la fin de ce poète comédien [MulJèrel, qui, en jouant son MuUule imaginaire, reçut la dernière atteinte de la maladie dont il nrouRut peu dlieures après, et passa des pltisanteriei du thétue, parmi lesquellee il rendit
presque le dernier soupir, au tribunal ne celui qui dit : malheur à vous qui riez, car vous pleurerez, id. Comédie, s. Quelle verve indiscrète Sans l'aveu des neuf sœurs vous a rendu poëte? boil. Sat. ix. Voici les poètes dramatiques, qui, selon moi, sont les poètes par excellence et les maîtres des passions ; il y en a de deux sortes : les comiques qui nous remuent si doucement, ot les tragiques qui nous troublent et nous agitent avec tant de violence, MONTESQ. Lett. pers. 4 37. Je vois avec peine qu'il [Goldoni] s'intitule poète du duc de Parme; il me semble que Térenoe ne s'appelait point le poëte de Scipion ; on ne doit être le poète de personne, surtout quand on est celui du public, volt. Lelt. Albergati, t" mai 1761. Nous sommes au temps, j'ose le dire, oi il faut qu'un poëte soit philosophe, ID. Ali. Éptt. dédie. Les Grecs n'avaient alors que des poètes pour historiens et pour théologiens; ce ne fut même que quatre cents ans après Hésiode et Homère qu'on se réduisit à écrire l'histoire en prose, m. Ess. sur la poés. épique, ii. Shakspeare, leur premier poète tragique [des Anglais], n'a guère en Angleterre d'au treépithète que celle de divin, id. ib. Les rois d'Angleterre, qui ont conservé dans leur Ile beaucoup d'anciens usages perdus dans le continent, ont, comme on sait, leur poète en titre d'office; il est obligé de faire tous les ans une ode à la louange de sainte Cécile, id. Dict. phil. Poètes. Qu'est-ce qu'un poète négligé? c'est celui qui sème de temps en temps île la prose lâche et molle à travers de beaux vers, iiiDER. Pensées sur ta peint. Œuvr. t. xv, p. 23(, dans POUGENS. L'avenir I pour lui seul chante et vil le poëte, LEGonvÉ, Épichar. et N. u, 2. Poëte, prends ton luth ; c'est moi [la Muse], ton immortelle. Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux, Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle. Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux, a. de wusset, Nuit de mai. || Il a lu les poètes, il entend les poètes, se dit ordinairement de celui qui a lu, qui entend les anciens poètes grecs et latins. || 2° Il se dit aussi des femmes. Madame Deshoulières était un poëte aimable. || 8° Celui qui, composant ou non, a les facultés poétiques. Il m'écrit qu'il n'est point du tout poëte; je suis bien tenté de lui répondre, et pourquoi donc faites-vous des vers? qui vous y oblige ? SÉv. 235. Souvent l'auteur allier de quelque chansonnette Au même instant prend droit de se croire poëte, id. Art p. ii. Racine et Despréaux sont-ils jamais plus poètes que dans les endroits où il ne se trouve pas une expression qui puisse effaroucher le plusjimide grammairien? d'olivët. Rem. Roc. § 5*. [Au théâtre] il faut être nevjf, sans être bizarre, souvent sublime et fcjujours naturel ; connaître le cœur humain, et le faire parler; être grand poëte, sans que jamais aucun personnage de la pièce paraisse poëte, volt. Cond. 22. La littérature grecque est la seule qui ne soit pas née d'une autre, mais produite par l'instinct et le sentiment du beau chez un peuple poëte, p. l. cour. Hérodote, préface. || Familièrement. Poëte crotté, mauvais poëte. Je donne au poëte crotté Deux cents livres de vanité, scarron, Testament.
— REM. Anciennement, on faisait souvent poëte de deux syllabes. Car, si ce n'est un poëte, au moins il le veut être, rêqnier, Sat. u. Même précaution nuisit au poëte Eschyle, la font. Fabl. viii, *9. Aussi me traite-t-on de coëte k la douzaine, piron, Métrom. u, «.
— lllST.xiii's.À profiter bé[jetends] plus que plaire ; Plus weil [jeveux] eusuivrele prophète Que je ne face le poète, GAUTiEBDECoiNC7,p.;i77.Liphyllosophe et li poète, 0t;i de cambrai, Barl. etJos. p. 202. Les seignors anciains qui ont batailleor Çai en ariers esté.et de gens vainqueor, Et les noms des poètes qui furent jongleor, Oons [nous entendons] tan qu'as estoiles eslever hui to jor, Bibl, des ch. 6* série, t. i, p. 279. ||xiv« s. Exemple translaté par maistre François Petrac [l'étrarque] , qui à Romme fut couronné poetfi, iléitagier, i, 6. Cilz poètes [Orphée] dont je vous chant, Harpoit si très joliement Et si chantoit si doucement Que les grans arbres s'abaissoienl, machaut, p. 9. ||xvi' s. Le grave historien, l'orateur, le poète.... bons. 905.
— ÊTYM. Provenç. poeta; du lat. poe«o, qui vient de itoniT^ç (voy. poëmb).
POÉTKRKAU (po-è-te-rft; la prononciation met l'accent grave, et non l'accent aigu), *. m. Terme do mépris. Mauvais poëte, poète chétif. Au lieu d'aller dormir, pauvre poéteroau , Il faut que je m'occupe à pleurer un oiseau, duckbceau, Poés. Plainte sur la mort d'un serin. Je ne suis pas de ces poétcreaux dont les pitoyables nouveautés ne font que passer sur la scène comme des oubres,
lesage, .e Diable boit. u. || De trois syllabes daas Scarron : Et j'ai bien peur qu'on ne me raie Comme un malheureux poétereau. Poésies div. Œuv. t. vu, p. an, dans pougens.
— ÊTYM. Diminutif de poète.
POIÎTKSSE (po-è-tè-s'; la prononciation met un
accent grave), s. f. Terme peu usité. Femme poëte.
— HIST. XVI* s. Poétesse, oudin, Dict.
— ÊTYM. Féminin de poëte; ital. poetessa.
POÉTIQUE (po-é-ti-k'; dans la prononciation ordinaire, de deux syllabes, poé-ti-k'), adj.\\l° Qui concerne la poésie, qui lui est propre. Je sus, prenant l'essor par des routes nouvelles. Élever assez haut mes poétiques ailes, boil. Épit. x. Nous avons fort peu de mots poétiques, et le langage des poètes français n'est pas, comme celui des autres poêles, fort différent du commun langage, bouhours, fc'ntret. d'Ariste et d'Eug. 2. Une idée poétiqjie, c'est, comme le sait Votre Altesse royale, une image brillante substituée à l'idée naturelle de la chose dont on veut parler... un tour poétique, c'est une inversion que la prose n'admet point, volt. Lett. Prince rtyal de Prusse, 20 déc. 1737. Le Tasse fut d'abord élevé à Naples ; son génie poétique, la seule richesse qu'il avait reçue de son père, se manifesta dès son enfance; il faisait des vers à l'âge de sept ans, id. Ess. sur la poés. ép. vu. || Art poétique, titre d'un poème de Boileau où il expose les règles de la ' composition en vers. L'Art poétique français fait tout ce qu'on peut attendre d'un poème •. il donne une idée précise et lumineuse de tous les genres; mais il n'en approfondit aucun, marmontel, Œuv. t. IX, p. 436. Il Licences poétiques, libertés que les poètes se donnent dans leurs vers contre les règles ordinaires de la langue. {| Fig. Licence poétique, altération de la vérité, ou tout autre manquement contre quelque devoir, quelque obligation. Gardezvous bien de lâcher le moindre mot qui puisse faire connaître au bon d'Hacqueville que je vous ai envoyé sa lettre : vous le connaissez ; la rigueur de son exaclitude ne comprendrait point cette licence poétique, SÉV. 242. Il 8' Oui se prête à la poésie. Achille était poétique; Mais morbleu! nous l'effaçons; S'il inspire une œuvre épique. Nous inspirons des chansons, bêrang. Xyrmid. \\ 8° Terme de peinture. Qui procède de la poésie. || Composition poétique, partie de la composition qui a pour objet l'invention du sujet, des épisodes, des accessoires, indépendamment do l'ordonnance pittoresque et des procédés techniques. || 4* Terme d'imprimerie. Caractère poétique, espèce de caractère romain, plus étroit et plus allongé que le caractère ordinaire, et qui est particulièrement employé à l'impression dos ouvrages en grands vers. ||5° S. f. Une poétique, un traité de l'an de la poésie. M. de Pompone m'a priée de dîner demain avec lui et Dospréaux, qui doit lire sa poétique, sEv. 12 janv. 1674. Rien n'est plus aisé que de parler d'un ton de maître des choses qu'on ne peut exécuter; il y a cent ptétiques contre un poème, volt. Ess.poét. ép. 1. C'est à lui [Arislote] que nous devons les meilleures règles de la poétique et de la rhétorique, id. Dial. xxix, «. La poétique d'Horace est lo modèle des poèmes didactiques, et jamais on n'a renfermé tant de sens en si peu de vers, mabmontkl, Œuv. t. ix, p. 435. {| Les quatre Poétiques, so dit du traité d'Arislote et des poèmes d'Horace, de Boileau ot de Vida, qui ont été réunis en un volume classique. || 6° Par extension, la poétique des beaux-arts, l'explication de ce qu'il y a d'élevé, d'idéal dans les beaux-arts, j] 7'' Fig. L'explication de ce qu'il y a d'élevé dans la nature vivante ou morte. Tous ces groupes insignifiants prouvent évidemment qu4 la poétique des ruines est encore à faire, didkbot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 414, dans pougens. Consacrons quelques pages à cette poétique des morts [les ruines], CUAteaubh. Génie, m, v, 3.
— HIST. XVI* s. Les larmes des amants, leurs soupirs et leurs cris, .Soutien trop rebattu des poétiques esprits, desportes, la Mort de Rodomont.
— ÊTYM. Lat. poelicus, de itottiTixo;, et, substan-> tivement, :?l itomtixri, de «oiriTT);, poëte.
POÉTIQUEMKNT (po-é-li-ke-man ; dans la prononciation ordinaire, de quatre syllabes: poé-ti-keman) , ad». D'une manière poétique. Platon philosophe poétiquement, et mêle la fable dans la théologie, balz. I" dise. s. la cour. J'aime mieux in'occuper de la vie que vous faites présentement ; cela me fait une diversion, sans m'éloiguer pourtant de mon sujet et de mon objet, qui est ce qui s'appelle poétiquememt l'objet aimé, sÉv. 3 mars 167t. Que, depuis le moindre phénomène jusqu'au plus grand, rien ne peut être savamment eiamicé ou poéti-
POl
tiquement dépeint sans cette hauteur d'esprit qui i il voir l'ensemble en décrivant les di^tails, stael, À'iem. m, 8. {{ En fait de poésie. Le dieu des chrétiens kst poétiquement supérieur au Jupiter antique, CHATEAUbR, Génie, ii, v, 5.
— HIST. XVI* s. Je tiens... que qui a dans l'esprit une vive imagination et claire, il la produira... et, comme disoit celuy là, aussi poétiquement en sa
prose, MONT. 1, )88.
— ÉTYM. Poétique, et le suffixe ment.
POfirrSER (po-é-li-zé). Il 1° V. n. Terme peu usité.
Faire des vers. Maître Clément, ce grand forgeurde mètres. Si doucement n'eût su i oétiser, j. b. fouss. Ép. III, «. Il II se conjugue avec l'auxiliaire aroir. Il 2° r. a. Rendre poétique; (lever au ton de la poésie. Poétiser son langage, son style.
— HIST. XVI' s. Poétiser trop mieux que moy sçavez, Et pour certain meilleure grâce avez,
MAROT, m, 62.
— ÉTYM. Poète.
t POGONOPHORE ( po-go-no-fo-r' ), adj. Terme de zoologie. Oui porte de la barbe.
— Etym. riwfMv, barbe, et çopo;, qui porte
t P0GOSTÉ.MO1V (po-go-sté-mon), s. m. Genre de plantes labiées : deux espèces, le pogostéraon plectrantboïde, et le pogostémon patchouli, dit vulgairement patchouli, poi/ostemon $uave, Tenore.
— ÉTYM. ntu-yiov, barbe, et oti^iuov, filament : à étamines barbues.
POIDS (poî; Vs se lie : un poî-z énorme), s. m. Il 1° Qualité de ce qui est pesant. Ces dieux que vous portiez dans vos solennités lassent par leur grand poids les bêtes qui les emportent, SACI, Bible, /iflic, XLvt, (.La Salle, Béringiien, Nogent, d'Ambre, Cavois, Fendent les (lots tremblants sous un si noble poids, BOii.. Ép. IV. Pass. du Uhin. Des laboureurs accablés sous le poids des fruits, fén. Tél. ii. Il Tomber de tout son poids, se dit d'un corps qui tombe sans que rien en amortisse la chute et le coup. Le Rhin... dans le gouffre ouvert.... Réunissant enfin tous sfs flots à la fois. D'un bond majestueux tombe de tout son poids, lamabt. la Chute du Rhin. Il Fig. Faites marcher contre des troupes ainsi disposées [contre la légioaj la phalange macédonienne; cette grosse et lourde machine sera terrible, à la vérité, à une armée .sur laquelle elle tombera de tout son poids, boss. Ilist. m, 6. || i° Terme de physique. Somme ou plutôt résultante de toutes les actions que la pesanteur exerce sur le corps, pression que les corps exercent sur l'obstacle qui s'oppose directement à leur chute. Nous entendons par poids la quantité de force avec laquelle un corps descend, CONDILL. Àrtde rais. n,*. Chaque point matériel dans le même lieu de la terre lend à se mouvoir avec la même viles.se par l'action de la pesanteur; la somme de ces tendances est ce qui consiituele poids d'un corps ; ainsi les poids sont proportionnels aux masses, la place. Expos, m, 3. |; S'Termede mécanique. Se dit de tout ce qui doit être élevé, soutenu ou mû par une machine, ou de ce qui résiste, de quelque manière que ce soit, au mouvement qu'on veut communiquer. || 4» 'l'ermede chimie. Poids atomique, poids d'un atome d'un élément; on ailmef que ce poids est variable d'élément à élément, et constant dans chaque élément ; on le rapporte au poids de l'atome d'hydrogène pris arbitrairement pour uiiite. || S" Pesanteur fixe et déterminée de certaines choses, la pièce de cinq francs pèse 25 grammes; et le poids de celle de vingt francs est de 6 grammes 4 décigrainmes » centigammes. Il est très-certain qu'ayant le poids de onze livres et demie et douze livres, ils [les mousquets] sonl trop pesants pour être aisément maniés par les soldats sur le vaisseau. Lettres, etc. de Colberl, t. III, p. 379, loy. de seignelay d WocA«/'or« (.i quoi Colbert met en note : ayant le poids, cela ne se dit pas; il faut dire estant du poids, p. 3»*) Le poids du soleil est de trois cent cinquante mille fois celui de la terre, laquelle pèse plus de » octillion» de kilogrammes, legoarant. || Cette monnaie est de poids, elle a le poids fixé par la loi. Sganarelle : Cela est-il de poids?— Géronte : Oui, monsieur, MOL. Kéd. m. lui, », ». Il [le marchand] a un trébuchet, afin que celui & qui il l'a livrée [sa marchandise], la lui paye en or qui soit do poids, la bbiy VI. Il 8* Morceau de métal d'une pesanteur déterminée qu'on emploie pour peser. Que tout vivait en paix; qu'il n'était point d'usures; Que rien ue se vendait par poids ni par mesures, bèonieb, 5u(. VI. Il [Louis XI] voulait... qu'il n'y eût qu'une loi, qu'un poids, qu'une mesure, nocLos, (Kuv. t. III, p. 332. Il Faire bon poids, peser de sorte que la marcliaadise emporte la balance, |{ Kig. Faire bon
POl
poids, être juste. Parmi ces distributeurs de réputation , les uns fais.iient meilleur poids que les autres, montksq. Letl. pers. Se. |l Faire le poids, ajouter diins un plateau de la balance ce qui est nécessaire pour faire çxactemeiil équilibre à ce qui est dans l'autre plateau. || Fig. Du côté du cœur mes balances sont bien différentes des vôtres; on met beaucoup de raison et de reconnaissance pour tâcher de faire le poids, s6v, 449. || Faire toutes choses avec poids, nombre et mesure, se dit de Dieu dont l'ouvrage est réglé par les lois des nombres et des mesures. l'nDieu invisible, souverain, modérateur de l'univers, qui dispose de tout depuis une extrémité jusqu'à l'autre, avec poids, avec nombre, avec mesure, mass. Mystères, Soumiss. || Fig. et familièrement. Faire tout avec poids et mesure, agir en tout avec circonspection, avec prudence. || Fig. Avoir deux poids et deux iriesures, juger différemment d'une même chose suivant les personnes, suivant les circonsiances, etc. 11 y a toujours deux poids et deux mesures pour tous des droits des rois et des peuples, volt. Louis XIV, lO. Expulser tous les jésuites est peut-être bien sévère; les conserver tous est peut-être bien dangereux : mais avoir à leur égard deux poids et deux mesures est le plus mauvais de tous les partis, d'alkmb. Dest. des jesuit. Œuv. t. V, p. 235, dans fougens. || On dit dar.s un sens analogue : changer de poids et de mesure. De mesure et de poids jo changeais & leur gré [^ies rois], BAC. Athal. m, 3. || Vendre au poids de l'or, vendre excessivement cher, jj Acheter au poids de l'or, acheter très-cher. Voilà les amis que vous devez vous l'aire suivant la .parole de l'Évangile, et que vous devez, pour user do cette expression, acheter au poids de l'or, boubdal. Exhort. Char, env. un semin. 1. 1, p. <S5. || Fig. et familièrement. Un poids de cinq cents livres, qnelque chose qui oppresse, qui contristB. Celte nouvofle m'ôta de dessus la poitrine un poids de cinq cents livres, j. 4. rouss. Hél. IV, 6. Il 7° Le poids public, lieu oïl l'on peut faire constater, moyennant une rétribution réglée, combien pèse réellement un objet à livrer, ce dont l'entrepreneur du poids public remet une note. || 8° Poids de marc, un poids de huit onces, qui servait à peser les choses précieuses, et dont l'original était gardé sous trois clefs à la cour des monnaies. La livre est le double de ce poids royal, dit poids de marc, qui est ainsi composé de i« onces; ce poids original a été connu sous trois noms différents, de poids de roi, de poidsdemaïc, etde poidsdeTrojes; CCS trois poids ne diffèrent que de nom : poids de roi est le nom général, pour marquer que c'est l'unique auquel nos rois ont donné cours; le poids de marc a été «linsi appelé du mot de Kark, qui signifie frontière en allemand; le poids de Troyes vient de ces foires de Champagne si célèbres ei si renommées, qu'elles ont passé en proverbe; les étrangère qui abondaient i Troyes, ville capitale de cette province, où la plupart de ces folies se tenaient, et on l'on se servait de ce poids, lui donnèrent le nom de cette ville, qui a duré fort longtemps, Arch. des finances, Édils, etc. sur les monnaies, t. vi, f»(80ei <6i. Il Poids de troy, nom d'un poids destiné, en Angleterre, au pesage des métaux précieux, et où la livre vaut 37:i>',258. || 9° Poids de fin, celui dont les essayeurs se s rvenl pour peser la matière de leurs essais. || Les orfèvres et les joailliers ont aussi leurs poids de fin, qu'ils nomment karats. || 10" Terme de boucherie. Poids vivant, pwds que pèse un animal de boucherie pendant (|u'il est encore sur pied. On distingue dans le pesage des animaux de boucherie le poids vivant ou vif, c'est celui que donne l'animal sur la bascule; le poids brut, c'est-à-dire celui do toutes les parties utiles prises à l'ab.iltage ; le poids do viande nette ou d< boucherie, c'est celui de» parties vendues à l'étal. Pour avoir le poids net par rapport au poids vivant, on donne la formule suivante, qui cependant n'est pas toujours exacte . prendre les 4/7 du poids vivant, ajouter la moitié de ce même poids, diviser par 2 cette somme; le quotient est le poids net. Il 11' Terme de marine. Tonneau de poids, unité qui sert d'appréciation de la cargaison ou du chargement d'un bâtiment. || lï" Poids de la .soie, se disait à Lyon d'un poids de t» onces, || 13" Chez les Juifs, poids du sanctuaire, un poids demi les prêtres gardaient l'élilon dans le temple, à Jérusalem Cinq cents sicles de cannelle au poids du sancluaiic, SACI, nible, Exode, xxx, 24. || Fig. Peser une chose au poids du sanctuaire, la peser avec une stricte équité. Vous dcviei peser mûrement les choses, non selon les fausses maximes du monde, mais dans la I>alanc« de l'Evangile et au poids du sanctuaire,
POI
BOUMAL. I* dim. après l'Èpiphan. Dominie. t. i, p. 95. Il Dans un sens analogue. Au poids de la vertu je juge les défauts, kégnier. Sol. xv. Faire au poids du bon sens peser tous ses écrits, Bolt ËpUre vu. || 14° Morceau da métal ou de pieir qu'on attache aux cordes d'une horloge, d'un touiv nebroche, pour lui donner du mouvement. || 18* Fig, et moralement. Tout ce qui gêne, fatigue, embarrasse, oppresse. Le poids honteux des fers, corn. HoT. I, 4. Je mettrai sur vous le poids de vos crimes; vos abominations seront au milieu de vous, et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur, SACI, Bible, ÉzFchiel, vu, *. Le favori [du roi de Danemark] fait sentir à son rival tout le poids de sa jalousie et de sa faveur, sev. a oct. <«76. Malgré le poids des années et des affaires, flêch. l« Tellicr. Titus m'accable ici du poids de sa grandeur, rac. Bèrén III, 2. Après deux ans d'ennui, dont tu sais tout le poids, ID. Mithr. iv, 1. Nous soutenons pour vous tout le poids d'un ministère pénible, mass Carême, Parole. La douleur est un ma; local qui nous port» au désir de voir finir cette douleur; le poids de la vie est un mal qui n'a point de lieu particulier, et qui nous porte au dé'-ir de voir finir cette vie, mon- TESQ. iïspr. xiv, «2. Elle [Christine] n'avait jamais paru incipable de porter le poids do la couronne, mais elle aimait les beaux-arts, volt. Maurs, m». Le travail est souvent le père du plaisir; Je plains l'homme accablé du poids de son loisir, id. Dise, sur la modér. Cet amour de l'étude qui empêche de sentir le poids du temps, condorcet, Bertin. Il e'it de ces instants où la tête las ée Supporte a .ec effort le poids de la pensée, millev. Plaisi''s du poète. \\ Kig. Porter- le poids du jour et de la chaleur, endurer toute la peine, faire tout le travail, pendant que les autres se reposent. || Corneille a dit poids en parlant de vers pesants : i force de vieillir un auteur perd son rang; On croit tes vers glacés par la froideur du sang; Leur dureté retute, et leur poids incommode, Au roi sur son retour de Flandre. || 16' Fig. Importance, considération, force. SUli, dont le nom odieux, mai» illustre, donne un grand poids aux raisonnements delà politique, qui fait l'àmc de toute ceilo tragédie, cobn. Sertor. Au lecteur. Vous n'avez commandé que sous des généraux, Ft n'êtes pas encor du poids de vos rivaux, in. Pulch. i, 3. Mon père eil d'une humeur à consentir à tout; Mais il met peu de poids aux choses qu'il résout, mol. l'emm. sav. 1, 3. Il est sans doute que le poids de la vrnte le.i déterminera incontinent à ne plus croire à vos impostures, pasc. Proii. xv. Ils [les livies de l'Ancien Testament] se soutiennent de leur projre poid», poss. llist. II, lï. Llle savait do quel poids est nonseulement la moindre parole, m.iis le silence même des princes, in. Reine d'Anglet. tle éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres.... où l'un se donnait du poids par ia lenteur, et l'autre prenait l'ascendant par sa pénétration, id. Mar.-TMr. Je passe à des action» plus éclatante», et je commence à sentir le poids de mon«ujel, PLKCH. le Tellicr. Affranchi du péril qui vous presse. Vous verrez de quel poids sera votre promesse, rac. Bajai. ll, 3. Métcllus, Muréna, les brave» Scipions Ont soutenu le poids de leurs auguste» noms, volt. Calilina, v, 3. || Un homme de poids, un homme d'importance, de mérite. Vous fûtes Hier loué par des gens d'un grand poids, mol. Mis. lu, 7.
— HIST. XII' s. Là seront 15 denier livré par Igal pois, Sax. xxxin, || xiii* s. Grant nlas^e d'or por U [elleldimai. Encore n'a il pas dous mois; D'or i dnnal si pi fois son pois, FI. et Bl. .me. Je te vueil rcndici.it de pois [poids pour poids, en valeur pareille] Ll gueriedon et le service. Fabliaux mss. p. 311, oans LACURNK. Le [la] monnuic n'a pas son droit pou, BiîAiiiAN XXI, (2. II boulèrent le feu en la foide [liazar] là où toutes les marchandises cstoient t»t l'avoir de poiz, joinv. 2i«. || xiv .s. Et aussi corn des forumes qui advienncnt i soy meisme, les unes sonl d'aucun puis et notables, et donnent aide ou empceschemcnt à bonne» operacions.... OBF.sMg, Jï(/i. 28, Un pois [une livre) et demi de fer menu, nu canck, pondus. \\ xvi* s. Si nous cogiioLssions l'horreur ol le poids du oiun-
tir.... MONT. I, 37 Au poids dit du roi, qui est
de huit onces au marc, et de huit gros pour once; cl leur dolTendons ilc ne vendre au poids suhlil, autrement dit le poids de Lyon, ou autre poids que ce »olt, Ordonn. Tireurs et batuurt J'or, etc. us»,
— ÉTYM. Provenc. pens, prt; cal. pes; esp. et ital. pc»o; du lat. pensum, chose pesée (voy, peskb). Poids ne vient pas, comme on le voit par t'ensembi*