‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 241 sur 462 · BERGE (bèr-j'), s. f. Chaloupe étroite · texte numérisé non relu

BERGE (bèr-j'), s. f. Chaloupe étroite

— HIST. xve s. Le navire que le roy Charles tenoit sur mer, dommagia moult les Anglois. et gaigna sur eulz nefs et berges et autres vaisseaux, christ. de pjsan, Hist. de Charles V, u, 38.

— ÉTYM. Autre forme de barge (voy. ce mot).

t BERGELADE (bèr-je-la-d') , s. f. Terme d'agriculture. Mélange de vesce et d'avoine qu'on sème ensemble.

BERGER, ÈRE (bèr-jé, jê-r'; IV do licrger ne se lie jamais; au pluriel, ï's se lie : des bergers heureux,dites: des bèr-jé-z heureux), s. m. et/". || l'Gar* dien. gardienne des bêtes à laine. Les rois et les bergers y sont d'un même rang, corn. Poly. v, 2. Mais bientôt le ciel en colère, Par la main d'une humble bergère Renversant leurs bataillons [des Anglais], boil. Ode n. La main d'une bergère a changé le destin, d'avrigni, Jeanne d'Arc, i, *■ || 2° Fig. Dans la poésie pastorale, amant, amante. Un berger fidèle. Une bergère insensible. || L'heure du berger , le moment favorable aux amants. L'heure du berger sonne, la font. Coupe. Il assura qu'il avait trouvé l'heure du berger dans un certain cabinet, hamilt. Gramm. 8. Je sais que Moustapha n'a pas trouvé avec vous l'heure du berger, volt. Lett. à Cath. 12. || 3" L'étoile du berger , la planète Venus.

— HIST. xne s. Que vont querant cil fol bregier, Qu'il ne viennent à ma dame servir ? hues de la ferté, Romancero, p. 184. || xnic s. Foulz est qui fait de leu bergier, mâtzner, p. 79. Que qu'il fesoient leur mellée, Lor bergiere s'en iert alée, Li bergiers les ot oubliez ; Iluec s'en erent outre alez , Ren. 6374. Par vostre grant malaventure, Me tenissiés vous por bergier? Or allés aillors herbergier, Qui m'apelés ci menteor, la Rose, 12459. Cuer ne puet qu'ung seul hoste dedens soi herbergier ; Por ce doit l'en tenir à fol et à bergier, Qui vuelt Dieu et pechié en son cueur enfergier; Nus ne puet ces deus erbes planter en ung vergier, J. de meung, Test. 1530. || xive s. Et li plusour ont dit : Dieux doint Bertran santé ; Plus li aflîert d'onnour qu'on ne li a porté; Pas ne sommes rendu à bregier rassoté, Guesl. 22744. || xvie s. O puissant Pan, que chascun bergier tient Pour son grand Dieu, qui seul de toutes parts Vas conservant nos loges et nos parcs, marot, i, 310. D'autre costé gracieuses bergieres À te louer se monstreront legieres, id. i, 318.

— étym. Bourguig. borgei, bogei , borgeire; Berry, barger, bargère; picard, berker; norm. bergier (prêtres et bergiers sont des sorciers, dicton du pays de Bayeux); provenç. bergier, bergeira; bas-lat. berbicarius, du bas-lat. berbix, brebis (voy. brebis). Dans le moyen âge, berger était souvent pris avec une acception injurieuse (homme stupide, grossier, sans valeur), comme on peut voira L'historique»

BERGÈRE (bèr-jê-r'), s. f.\\ i° Fauteuil large et profond, et dont le siège est garni d'un coussin. || 2° Ancienne coiffure dé femme pour le négligé. || 3° Bergère ou bergerette, l'un des noms de la bergeronnette.

— ÉTYM. Voy. berger.

1. BERGERETTE (bèr-je-rè-f), s.f. Jeunebergèrrf. On a dit aussi bergeronnette.

— HIST. xvi° s. Mais dessus tout accroist ma passion Le dur regret que j'ay de Marion, Qui est. ô Pan, ton humble bergerette , Et du petit bergeret qu'elle alaicte, marot, i, 3I2.

— étym. Diminutif de bergère.

2. BERGERETTE (bèr-je-rè-te) , s. f. Nom d'une liqueur composée de vin et de miel, dite aussi œnomiel ou œnomel.

— HIST. xve s. Tous messieurs avec les chantres vont à la chapelle de St Martin, et là font la collative en buvant de la bergerette par trois fois et du vin par deux fois, du cange, bergerefta. Les petit:; enfants de chœur illec disnient de beaux virelais, chançons et aultres bergerettes moult mélodieusement, Jean de troyes, Chron. 1 4G7.

— étym. L'atcien français bergerette, chant de berger (voy. berger), qui se chantait le saint jour de Pâques, en certaines contrées, et à l'occasion duquel on buvait une boisson dite pour cette raison bergerette.

BERGERIE (bèr-je-rie), s. f. || 1° Habitation spécialement réservée aux bêtes ovines. Pareils ù deux lions dont l'ardente furie Dépeuple en un moment toute une bergerie, corn. Vidée, Vf, 3. || Fig. et familièrement. Enfermer le loup dans la h »erie, laisser quelqu'un dans un lieu où il peut nuire; fermer une plaie avant le temps. La crainte d'enfermer le loup dans la bergerie, sév. 302. I| Bergeries royales, nationales, impériales, établissements où l'on entretient et crée des types améliorants, forme

BKK

BKR

BIÎR

des races nouvelles ou importe des mces étrangères.

|| 2" Au pluriel, el plus rarement au singulier, poé

itorale. Les de Rai-an. Il faul bien

ur la vraisemblance on donne dans la berge

le Bourg, i, -. Les bergeries sont, à

I parler, la peinture de L'âge d'or mise

a, la portée des hommes, batteux, de la Poésie

Par extension, les idées et les mœurs

pastorale.

— HIST. xiir s. Retrenchiée sera de la berclierie - ■. Psautier, i" 186. || xvi' s. El qos brebis estant ez bergeries, Gardes si bien [Pan], qu'elles ne sont peries, marot, i, 3io. Simevaudroit l'estatde

- rie Plus qu'une grande et noble seigneurie, id.

— ÊTYM. Bas-lat. berbicaria, de berbicarius, ber-

iy. berger).

jBERGERON ber-je-ron), s. m. Terme populaire

(voy. BOURGERON).

BERGERONNETTE (bèr-je-ro-nè-f), s. f. [| 1° Ancien diminutif de bergère. || 2" Nom vulgaire de différents oiseaux (budyte boarule et biulyte jaune) : ronnette grise ou lavandière, nom de la motacille i irgeronnette à collier, nom d'une

variété de la motacille blanche. iSous reçûmes à bord nouveaux passagers : deux bergeronnettes et une hirondelle, chateaubr. Itinér. n, 93.

— HIST. xiv s. Menus oyseaulx qui hantent les rivières, qui sont nommées berchelettes, et sont petis et ont la queue longue, Modus, f° xc, verso. |i XV s. Item rien à Jacques Cardon; Car je n'ay rien pour luy honneste, Non pas qu'il gette à l'abandon Pour la belle bergeronnette , villon, C. Testam.

— ÊTYM. Ane. franc, bergeronnette (de berger, voy. ce mot ) , petite bergère : nom appliqué à la bergeronnette , oiseau qui se plaît dans les prés et avec les be: -

i BERGIN (bèr-jin), BOURGIN (bour-jin) et BUR- Glft" (bur-jin), s. m. Terme de pêche. Espèce de filet.

f BERGOT (bèr-go), s. ni. Terme de pêche. Sorte de filet.

f BÉRIBÉRI (bé-ri-bé-ri) , s. m. Maladie particulière au Malabar el à l'Ile de Ceylan.

— etym. Mot cingalais beri , qui signifie faiblesse, et . répété, g rande faiblesse.

f BÉRICHON (bé-ri-chon) ou BËRICIIOT (bé-richo), s. m. Nom vulgaire du roitelet.

BÉRIL (bé-riF), s. m. Voy. béryl.

BERLE (bèr-l'j, s. f. Terme de botanique. Plante de la famille des ombellifères (sium angustifolium, L.) , regardée comme antiscorbutique.

— HIST. xvie s. La berle, le cresson et les feuilles de buys bouillies, en urine et vinaigre, parë,xviii, 35. Des cataplasmes faits avec des berles ou cresson d'eau, o. de si rues, 926.

— ETYM. Lat. benda, dans Marcellus Empiricus. f BERLIN (bèr-lin), s. m. Terme de fabrique de

Velours. Paquet de fil arrêté par un nœud.

BERLINE (ber-lin), s. f. Carrosse suspendu et fermé, à deux fonds et à quatre roues. Ceux qui ne ut qu'en chaise de poste ou en berline, volt. Microm. i. Le roi trouva devant lui la berline de Monseigneur, st-sim. 293, 234. Des Anglais et des Russes voyagent à grands frais dans de bonnes berlines, châtrai br. Italie, 47.

— ETYM. Berlin, ville où on les fabriquait. Dans le Dictionnaire de l'Académie de 1740 on trouve la prononciation berline et breline.

BERLINGOT (bèr-lin-go) , s. f. || 1° Berline coupée, c'est-à-dire à un seul fond. || 2° Sorte de bonbon au caramel.

— ETYM. Au sens de berline, diminutif péjoratif de berline.

BERLOQUE (bèr-lo-k') , s. f. Terme militaire. Batterie de tambour pour les repas, les distributions. Battre laberloque. || On dit aussi, et plus souvent, breloque. || Fig. Battre la berloque, divaguer et ne savoir où donner de la tête.

— ETYM. Voy. breloque; la breloque, batterie de tambour, étant ainsi appelée à cause d'une comparaison avec le mouvement et l'agitation d'une breloque.

BERLUE (bèr-hie), s. f. Lésion de la vue, dans laquelle on perçoit des objets qui ne sont pas réellement devant les yeux, tels que des insectes, des mouches, des toiles d'araignée, etc. || Fig. Avoir la berlue, mal voir; se faire une fausse idée d'une chose. Ceux qui la verront croiront avoir la berlue

SÉV. 9.

— HIST. xiiic s. Mes quant famé a fol debonere, Et ele a riens de lui afere, Ele li dist tant do bellues,

De truffes et de fanfelues, Qu'ele li fet à force entendre Que le ciel sera demain cendre, rtjteb. 295. || xv s. Me voulez vous guérir de la berlue? En un verre bien net Faut seulement mettre devant ma vue i e joli vin clairet, basselin, xxxvn. ||xvies. Et maulx nous avons la barlue par ignorance à tout propos, amyot, De la curios. 3.

— Etym. Bourguig. brelue, ebrelue; beurlu, qui a mauvaise vue: Berry, erbelutes, illusion de la vue ; berlu, berluquin, louche; berluler, éblouir, chatoyer; uni ni. berluette, binette; provenç. béluga, bluette; du préfixe ber ou bar qui a un sens péjoratif (voy. ber..'.. préfixe), et lue, forme dérivée de lucere, luire (voy. luire); ce qui assure l'étymologie, c'est l'italien barlume, faible lueur. Berlue signifie donc proprement fausse lueur.

BERME (bèr-m'), s. f. Terme de fortification. || 1° Autrefois chemin étroit entre le pied du rempart et le fossé, ou, suivant une autre définition, espace environné de palissades, qu'on laisse entre le rempart et l'escarpe du fossé, pour recevoir les terres qui peuvent s'ébouler. Dreux et le duc de Mortemart chassèrent les ennemis; ils revinrent et s'établirent sur la berme , st-sim. 278, 8. || 2° Aujourd'hui, retraite laissée entre la magistrale (couronnement de l'escarpe) et le pied du talus extérieur du parapet. || Pierre de couronnement de l'escarpe, faisant saillie de 30 centimètres et dont la partie supérieure va en pente vers le fossé pour l'écoulement des eaux. || 3° Par analogie, chemin laissé entre une levée et le bord d'un canal ou d'un fossé.

— ETYM. Allem. Berme, de Brame ou Brame, lisière d'un champ.

fBERMIER, 1ÈRE (bèr-mié, miè-r'), s. m. et f. Terme de salines. Ouvrier, ouvrière qui tire les eaux salées.

— ÉTYM. Berme.

BERMUDIENNE (bèr-mu-diè-n') , s. f. Terme de botanique. Plante dont la fleur est fort belle, et qui est une sorte de lis.

— ÉTYM. Bermudes, lies d'Amérique. BERNABLE (bèr-na-bP), adj. Qui mérite d'être

berné, moqué. Adolescent qui s'érige en barbon, Jeune écolier qui vous parle en Caton Est à mon sens un animal bernabler, volt. Enf. prod.i, \.

— êtym. Berner.

f BERXACIIE (bèr-na-clr), s. f. Terme d'histoire naturelle. || 1° Nom vulgaire et spécifique de l'oie bernache {canard érythrope de Gmelin), appelée aussi oie nonnette. |] 2° Nom vulgaire de l'auatife lisse.

— ÉTYM. Le même mot que barnacle.

BERNÂCLE (bèr-na-kl'), s. f. Terme d'histoire

naturelle. || 1° Synonyme de bernache pour désigner l'oie bernache. || 2° Coquillage à cinq valves, qui s'attache aux rochers et à la carène des bâtiments (anatife lisse). Le nom de l'oiseau a été donné au coquillage, parce qu'on croyait autrefois que cette espèce d'oiseau sortait du coquillage.

— ÉTYM. Le même mot que barnacle.

BERNARDIN, INE (bèr-nar-din, di-n'), s. m.

et f. Les Bernardins sont des religieux qui tirent leur origine de l'ordre de Saint-Benoît et leur nom de saint Bernard, qui les réforma dans le xnc siècle; leur habit est blanc avec un scapulaire noir. On nomme leur ordre l'ordre de Cîteaux,du nom de leur principale abbaye. Les Bernardines sont des religieuses qui suivent la même règle.

f BERNARD-L'UERMITE (bèr-nar-lèr-mi-t'), s. m. Nom vulgaire du pagure bernard.

— HIST. xvie s. En Languedoc ce poisson (cancellus) se nomme Bernard l'ermite, paré, Monstres, App. 1 .

| BERNAUDOIR (bèr-nô-doir), s. m. Panier d'osier où l'on met les brins qui tombent de la laine battue sur la claie.

\. BERNE (bèr-n'), s. f. Tour que l'on joue à quelqu'un en le faisant sauter en l'air sur une couverture.

— ÉTYM. Espagn. bernia, étoffe de laine grossière; ilal. bernia et sbernia; anc. français, bernie dans Nicot, étoffe grossière , et manteau qu'on faisait avec cette étoffe. Les étymologistes Nicot, Covarruvias, Ménage, Diez, tirent ce mot de Hibernia, Irlande, à cause que cette étoffe se fabriquait dans cette île. Cependant un des continuateurs de Du Cange propose l'arabe burnous, manteau, et M. Legoarant appuie cette étymologie en citant de Rabelais: portoyt bernes à la moresque; ce qui qui est le bernons ou burnous des Arabes. Maisce qui s'oppose à celle étymologie, c'est qu'on ne voil pas comment burnous aurait perdu sa finale, pour devenir berne. La berne était l'étoffe, le manteau, sur lequel on bernait, en latin sagum.

2. BERNE (bèr-n'), s. f. Terme de marine. Pavillon en berne, pavillon hissé, mais roulé sur luimême. Le pavillon hissé en berne est un signal de deuil ou d'une détresse qui appelle un prompt secours. Dans le port, les vaisseaux avaient leurs vergues croisées, leurs pavillons en berne, beiin. de s. p. Paul 1 1 Virg.

— ÉTYM. L'italien dit démo. Etymologie inconnue, d'après Jal, Dict. de marine.

BERNÉ. ÉE (hèr-né, née), part, passé. Berné sur une couverture ; et, figurément, raillé. Quelqu'un le reconnut; il se vit bafoué, Berné, sifflé, moqué, joué, la font. Fabl. iv, 9.

BERNEMENT (bèr-ne-man), s. m. || 1" Action de berner. || 2° Fi^. Action de railler. Se mettre au-dessus de tous les bernements, mol. Èc. des maris,, m, g.

— ÉTYM. Berner.

BERNER (bèr-né), v. a. || 1° Faire sauter quelqu'un en l'air dans une couverture. Mademoiselle, je fus berné vendredi dernier, pour ce que je ne vous avais pas fait rire dans le temps que l'on m'avait donné pour cela, voit. Lett. 9. La jalousie que quelques écoliers conçurent des distinctions qu'il [le 3e fils de Mancini] y avait [au collège des Jésuites], les poussa à le berner dans une couverture, st-sim. 357, 218. || 2° Fig. Se moquer de quelqu'un. Il est si sot qu'il se fera berner partout. Quoiqu'on blâme le vice, on peut avoir des mœurs, Et l'on n'est point méchant pour berner des auteurs, gilb. Apologie.

— ÉTYM. Berne I.

BERNEUR (bèr-neur), s. m. || 1° Celui qui berne. || 2" Fig. Celui qui se moque. Et que, partant, il est clair que le berné n'a manqué à aucun de ses devoirs envers son héros le berneur, volt. Lett. Bichelieu, 19 déc. t7G4.

— ÉTYM. Berner.

f BERNICLE (bèr-ni-kl'), s. f. || 1° Bernicle, oie bernicle, dite vulgairement cravan. || 2" Sorte de coquille univalve (patella, L.).

— ÉTYM. Autre forme de bernacle.

BERNIQUE (bèr-ni-k'), interject. qui s'emploia

pour exprimer que l'espoir qu'on a est mal fondé et sera déçu. Vous comptez sur lui : bernique. Populaire.

— ÉTYM. Il y avait, dans le français du xvne siècle, les locutions : envoyer quelqu'un au berniquet, le ruiner: être au berniquet, être ruiné (Académie, IG96). Sans doute bernique a la même origine que berniquet. Mais d'où vient berniquet? On trouve aussi bernique! avec le sens de coffre à mettre le son. En suivant cette indication, penserait-on que berniquet est dit pour breniquet , de bran ou bren, son; et que bernique signifie du son, une chose de rien? D'autres, laissant de côté berniquet, ont supposé que bernique pourrait être une altération de l'allemand aber nicht, qui signifie : mais non. Dans l'absence d'historique, tout est incertitude.

f BERNIQUET. Usité seu'ement dans cette locution populaire : Berniquet pour sansonnet, c'est-àdire tu n'en auras pas.

— ÉTYM. Voy. bernique.

t BÉROT (bé-ro), s. m. Sorte de petite voiture.

BERRET (bè-rè), s. m. Voy. béret.

f BERRETIN (bè-re-tin) , s. m. Nom de certains religieux italiens, dits aussi les Humiliés, Tréx oux.

f BERS (bèr), s. m. plur. Les ridelles d'une charrette.

— ÉTYM. C'est l'ancien français bers, berceau (voy. berceau).

f BERTAUDER (bèr-tô-dé), v. a.Voy. bretauder.

f BERTAVELLE (hèr-ta-vè-P) , s. f. || 1" Terme de pêche. Sorte de filet; nasse de jonc. || 2° Sorte de perdrix (voy. bartavelle).

— ÉTYM. Bas-lat. bertavellus , bertavelus; ilal. bertavello.

f BERTHE (bèr-tf), s. f. [| i° Locution proverbiale: Au temps où Berthe filait, c'est-à-dire il y a trèslongtemps. [| 2° Espèce de garniture ou petite pèlerine qui se met comme ornement en haut d'un corsage décolleté, ou bien sur un corsage monta n place où cette garniture se trouve sur le corsage décolleté. || 3° Sorte de papier.

— ÉTYM. Berthe, nom propre germanique, et, en particulier, nom d'une femme de Pépin (Berthe aux grands pieds) dont la légende et les trouvères se sont emparés.

t BÉRUBLEAU (bé-ru-blô), s. m. Vert de montagne (silicate <:

BÉRYL (bé-ril), s. m. Variété d'émeraude de couleur d'eau de rner. l 'iei n pi écieu es ençh dans l'or, sardoine, onyx et béryl, volt. Phil,

BES

BES

BES

— HIST. xnic s. Et ciers fcliers] bericleset filâtes, Jaspe, topaecs et acates, FI. et Bl. 659. Et quant et lot du fuerre traite, Plus fu clere que nul beril, /,• Rose, i.">723. || xivc s. Beril est une pierre qui eroist en Inde, qui est semblable à l'esmeraulde en

are, Le propriétaire des choses dans laborde, Émaux, p. 464. || xve s. Marbre polys aussi elersque béryl, jean le maire des belges dans laborde, ib. || xvic s. Le beril est du naturel de Fesmeraude, mais il est sombre si les angles ne donnent vigueur et gayeté à leur eau. Le chrysoberil est de lustre doré, mais blaffard et encore plus blesmc le chrysoprasus, Etienne binet, Mero. de la nature, dans

LABORDE, ib.

— ÉTYM. Provenç. berille, bericle; catal. beril; espagn. berilo; ital. berillo; de beryllus, de (3?)pvAXoç, béryl.

+ BÉRYLLÉ, ÉE (bé-ril-lé, lée), adj. Terme de physique. Réfraction béryllée, double réfraction, où le rayon extraordinaire est situé en tic Taxe et le rayon ordinaire, comme dans le béryl.

— ÉTYM. Béryl.

fBÉRYLLIUM ( bé-ril-li-om') , s. m. Terme de chimie. L'un des noms du glycinium.

f BES.... Préfixe dont le sens péjoratif est le même que bis.... (voy. bis.... préfixe), et qui se trouve dans bt saigre.

BESACE fbe-za-s'), s. f. Bissac de mendiant. Quels biens possédait Homère? Une besace, un bâton, bérang. Gueux. Oui, dit l'ange, et je te fis don Des trois besaces d'un vieux moine, id. Ange gard. || Fig. Être à la besace, être réduit à la besace, porter la besace, être réduit à la misère, ruiné. Mettre, réduire à la besace, ruiner. || Ètrejaloux de quelque chose, comme un gueux de sa besace, y tenir beaucoup. Le diable vous emporte par avancement d'hoirie, mademoiselle, si je ne suis plus amoureux de vous qu'un gueux ne l'est de sa besace, Francion, liv. vi, p. 244.

— ÉTYM. Espagn. bisaza; ital. bisaccia; du lat. bisaccia, nomin. plur. de Hsaccium d'après Diez.

BESACIER (be-za-sié; IV ne se lie jamais, au pluriel, ïs se lie : les besaciers et.... dites : les beza-sié-zet....), s. m. Celui qui porte la besace. Un pauvre besacier. Le fabricateur souverain Nous créa besaciers tous de même manière, la font. Fables,

— ÉTYM. Besace.

BESAIGBE (be-zê-gr'), adj. Qui s'aigrit, en parlant du vin lorsqu'il est au bas dans un tonneau. || Substantivement. Ce vin tourne au besaigre.

— ÉTÏM.Bes, particule qui aune signification péjorative (voy. BES.... préfixe), et aigre (voy. aigre).

BESAIGUË (be-zè-ghue), s. f. uutilde charpentier taillant par les deux bouts, dont l'un est en bec d'âne, et l'autre en ciseau.

— HIST. xne s. Les ustils as ovriers qui firent les degrés, Besaguë e cuignies en ont od els portez, Pour depecier les uis, s'es [s'ils les] trovassent fermez, Th. le mart. 444. || xme s. Cil sont boen [bon] qui sont dohle ostil; Celx [à ceux-là] resemble li besaguz; Des deux pars tranche et est aguz, ruteb. ir, 68. || xvr s. L'un plante aux champs une forte charrue ; L'autre en ses mains porte une bisaguë, rons. 685.

— ÉTYM. Berry, bisaiguë; de bis, deux fois (voy. bis), et acutus, aigu (voy. aigu).

BESANT (be-zan), s. m. Ancienne monnaie en usage dans l'Orient et aussi dans l'Occident. Le besant était un sou d'or, dont la valeur a varié. Les émirs s'en tinrent aux 800 000 besants d'or auxquels le soudan avait voulu se restreindre, volt. Mœurs, 58. Chaque homme fut obligé de donner pour rançon dix besants d'or, chateaub. Itin. n, 276. || Besant blanc, besant d'argent. || Terme de blason qui se dit d'une pièce d'or sans marque. Les Fiançais en mettaient autrefois sur les boucliers, pour faire connaître qu'ils avaient fait le voyage de la terre sainte.

— HIST. xie s. Tant i aura de besans esmerez, Ch. de Roi. ix. || xne s. Besan d'or mer [pur], Ronc. p. 3. Teins ni blasons ne lui vaut un besan, ib. p. 62. Cinq besans de fin or que li clers recollit, ib. p. 4 9). Guiteclins les paia [les jongleurs] d'or fin et de besanz, Sax. v. Naaman se esmut de Sirieà forment riche cunrei, portadgranmentargentesismilie besanz, iîois, 3C2. || xnr s. Or as escieles [maintenant courez aux échelles:, et qui premier i enterra [entrera], il aura mil besans, Ch. de Bains, p. 100., Ele a pris mainte forteresce Qui coustoit plus de mil besens, la Rose, 4 0803. Il paiera au seigneur de l'amende do celui mesfait trois bezans de la monée de

: le J. i, 186. Et ce firent il, pour

ce que le soudanc donnoit de chascune teste des chrestiens un besant d'or, joinv. 218. || xvc s. Et cuidoit de commencement que ce fussent besans d'or ou pierres précieuses que l'Amorath lui envoyast pour le attraire, froiss. h, in, 26.

— ÉTYM. Byzantins , sous-entendu nummus, pièce de Byzance, parce que les empereurs de Constantinoplc firent frapper cette monnaie.

f BESANTÉ, ÉE (be-zan-té, tée), adj. Terme de blason. Chargé de besants, en parlant d'une pièce.

—HIST. xins s. Le label [lamhel] au main^né [au puînél d'argent l'on besenta, Berte, cxxxi.

— ÉTYM. Besant.

■\ BESAS (be-zâ), s. m. Terme de jeu de dés. Le même que beset, qui est beaucoup plus usité.

— ÉTYM. Bis, deux (voy. bis), et a*.

f BESC1IOIS (bé-choi), s. m. Nom vulgaire du picvert.

— ÉTYM. Ancien français bêcher, pour becqueter. j- BÉSEAU (bé-zô), s. m. Terme d'agriculture.

Tranchée ou rigole pour étendre une irrigation.

f BESENGE (be-zan-j'), s. f. Mésange charbonnière.

— ÉTYM. Autre forme de mésange.

BESET (be-zè), s. m. Terme de trictrac. Deux as amenés d'un coup de dés.

— ÉTYM. Autre forme de besas.

BESI (be-zi), s. m. Nom générique qu'on donne à plusieurs espèces de poires en y ajoutant le nom du pays dont elles sont tirées, besi d'Heri, besi Chaumontel.

— étym. Berry, bezige, poire sauvage, bezigier, poirier sauvage. D'après Jaubert, {Glossaire), besisignifie sauvageon. On trouve aussi dans les Glossaires, bcsier, poirier sauvage. On a indiqué comme origine le hollandais besie, ancien allemand besc, gothique basi, qui est l'allemand actuel Beere, et qui signifie une baie, un petit fruit.

BESICLES (be-zi-kl'), s. f. plur. || 1° Lunettes à branches qui se fixent à la tête. Parce que les besicles ont été enfin inventées, doit-on dire que Dieu a fait nos -nez pour porter des lunettes? volt. Neu ini, 44. || Familièrement. Vous n'avez pas bien mis vos besicles, vous y voyez mal. 11 faut être sorcier pour le lire [ce manuscrit]; j'espère pourtant en venir à bout, à grand renfort de besicles, i>. l. courr. i 90. || 2° Dans certains métiers, espèce de masques garnis d'yeux de verre.

— HIST. xive s. Pour un vericle encerné en manière de lunette, prisé xx francs, Compte du testament de la Royne Jehanne d'Évreux , de laborde, Émaux, p. 4 63. Deux bericles dont l'un a le manche de bois, Inventaire de Charles V,iv.ib. Unbericle rond, plat, environné de corne noire, id. ib. Ung bezicleen une queue d'or,iD. ib. ||xv°s. Une douzaine de lunectes de besicles fines avec deux estuys, Ducs de Bourgogne, nQ 6805, dans laborde, ib. || xvie s, Une bericle, garnie le manche d'argent et au dessus du dict manche ung petit lion douré, pour lyre sur ung livre, Inventaire de Marguerite d'Autriche, n°225, de laborde, ib. Besicle, que nous appelons autrement lunettes, pasquier, Recherches, dans laborde, ib. Gens qui portent lunettes ou bericles, ne peuvent pas voir de si loing, saint-julien, Meslanges dans laborde , ib. Au lieu de ce masque, on pourra pareillement user de besicles faites de corne, que l'on adaptera sur du cuir, paré, xvii, 2.

— ÉTYM. Wallon bericle. La forme primitive, qui est bericle, écarte complètement l'étymologie de bis cyclus, double cercle , ou de bisoculas, double œil. Celle de bis circulus plaisait à Voilure, qui dit, Lett. I 93 : « Je me réjouis de ce que vous tâchez de rencontrer aux étymologies; vous avez quasi trouvé celle des besicles; et cela n'est pas mal pour un commencement ; mais il vient de bini circuli. » Besicle est dit pour bericle, par un vice de prononciation des Parisiens qui substituaient volontiers des s aux r, substitution dont chaise pour chaire est un autre exemple. Bericle est une des formes anciennes pour béryl (voy. l'historique de ce mot), beryllus ayant été employé dans le moyen âge pour signifier lunette. Mais il faut reconnaître en trouvant vericle parmi les formes de notre mot, qu'il y a eu tendance à le confondre avec véricle (voy. ce mot).

f BESIER (be-zié), s. m. Un des noms vulgaires du poirier sauvage.

— ÉTYM. Voy. BESI.

jBESIGUE (be-zi-gh')ouBÉSY(bé-zi), s. m. Jeu de cartes analogue à la brisque ou au mariage.

f BESOCHE fbe-zo-ch') , s. f. Sorte de pioche pour faire les trous destinés à la plantation des arbres.

— HIST. xive s. L'un des variés du suppliant eus) féru li dit Cay | . d'un cop de b sog . jusques à

grant efusion de sang.... du cange, besogium. Le suppliant fery iceliui Colin d'un hoieu ou besoiche entre deux espaules, id. ib. L'exposant getta contre ledit Mathe Aubereau sa besoche ou besche, de laquelle il avoit ouvré es vignes la journée , in. ib. || xy« s. Iceliui Raimont print ungbesog sur son col, id. ib. Iceliui Anthoine tenant en sa main ung vesoch, autrement trinque basson, id. ib. Ung harnois, dit besolz selon l'usaige du pais [Agennois], qui est ung harnois de fer invasible, très fort, à unggrant manche, et faitpour coupper les buissons, id. ib. Ung baston ferré , appelle besouch , id. ib. Bosoche, dont l'en provigne les vignes, id. ib.

— ÉTYM. Peut-être une forme augmentative de besse, qui est une ancienne forme pour bêche.

BESOGNE (be-zo-gn'), g. f. || Ie Ce qui est de besoin, affaire, apprêt. Le galant [le renard] pour toute besogne Avait un brouet clair; il vivait chichement, la font. Fabl. i, 4 8. || 2" Ce qu'il est nécessaire de faire, travail, ouvrage. Celui qui ne serait propre à aucune autre besogne. Achever sa besogne. Se partager la besogne. Elle fait la grosse besi SÉV. 224. || S'endormir sur la besogne, ne pas avancer dans un travail. Il Familièrement. Aimer besogne faite, ne pas aimer le travail. || N'avoir pas gne faite, avoir beaucoup d'embarras. Qui vit céans, ma foy, n'a pas besogne faite, Régnier, Sat. xr. MM. les gens du roi, entre la chancellerie et la grande aumônerie, n'ont pas besogne faite, P. L, courr. h, 29i. || Abattre de la besogne, faire beaucoup de travail. || Aller vite en besogne, être expéditif ; agiravec précipitation ; dissiper promptement ses ressources. || Faire plus de bruit que de besi parler beaucoup et ne pas agir; se donner beaucoup de mouvement et ne pas faire grand'chose. || Donner, tailler de la besogne à quelqu'un, lui préparer satàche , et fig. lui donner de la peine, lui susciter des embarras. || Faire de la bonne besogne, de la belle besogne, travailler d'une façon utile ; et ironiquement, vous avez fait là de la belle besogne, vous avez fait une maladresse, une sotlise, etc. || Dépêcher besogne, dégrossir une besogne. Ils [ceux qui sont chargés des recherches de nobl dépêchent besogne et leurs secrétaires la défrichent, st-simon, 443, 82. || Proverbe. Selon l'argent la besogne, c'est-à-dire ce n'est qu'en payant bien qu'on obtient un ouvrage, un travail bien fait.

— HIST. xne s. Et Gilemers l'Escot dit outrage et folie, Quant de ceste besoigne devant tous vous défie, Sax. xx. [Trois messagers] qui fussent vo [votre] besoigne bien et hardiement , ib. xxi. Seigneur, fait-il à els, tut senz [sans] en plaît entrer, Ne me deit pas mis sires acuinte demander ; Car tut cest grant aveir que ci vus oi numer, En ses buso

l'oi fait mètre e aluer, Th. le mart.iS. || xiu's. D'aprocher [avancer] la besoigne plus ne detrierai, Berte, vu. Bien [je] ferai la besoigne, de ce n'esteut douter, ib. xvn. Et eslurent li prison deux d'eaus [deux d'entre eux] pour porterceste besoigne, Chron.de Ztot'nx,p. 97. Dupaïsgairesnet'esloigne; Et se tu as si grant besoigne Queesloigneril te con- Viengne, Garde bien que tes cuers remaigne, la Rose, 2584. Cil qui est tuteres por enfans sous a ag \i ïs, n'est pas tenus à fere les besongnes des enfans à son coust, beaum. xvn, 8. Homs de religion ne doit pas estre receusen office d'avocat en ceste coït laie, se ce n'est por la besogne de s'eglise, id. v, 4 8. Sa besoigne atira [disposa] en tel manière que toute sa gent qui estoient mal armée, il les envoia par une valéemal couverte, joinv. 27 i. Je ne weil pas oublier aucunes besoignes qui avindrent en Egypte, tandis que nous y estions, m. 254. Si dit au roi : Sire, je venrai demain parler à vous de mes gnes [affaires], id. 288. || xve s. Renvoyerenl harnois, sommes, malles et habits par mer; rivèrent ces besognes à l'Escluse en Flandre., i, i, 44. Mets-y donc une chançonnette ; S'en voudra mieuls ta besongnette , id. Espinette an Lors congneut le dit duc que ses besongnes alloient mal, car il n'avoitame avec lui, comm. m, 2. il m'a autreffois dit qu'il congnoissoit ses subjeetz et qu'il les trouveroit bien si les besongnes se portaient mal [si les affaires devenaient mauvaises], id. iv. i. Or vous en allez à l'heure que vous devez faire vos besongnes ou jamais, veu les grandes choses qui tombent entre les mains du roy dont il peult agrandir ceulx qu'il ayme. id. v, 43. |jxvr' s. Fane ses besongnes [ses affaires, un profit], a.myot, Cam. 19. desfaitte donna matière de parler de son excellente et admirable vertu à ceulx qui l'avoient veu en besogne, id. Pyrrhus, 4 5.

— étym. Autre forme de besoin; bourgu -, besongne; provenç. besonha; ital. bisogna. Chifilet ,Gramm.

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p. 200, remarque, au xvne s. qu'on écrit besoigne, ii prononce besogne.

BESOGNÉ (be-zo-gné), pari, passé. Uniquement employé dans des locutions de ce genre : c'est a lui taalbesogné, il a mal fait. Ce ne serait à vous bien \ vont. Faiseur.

BESOGNER (be-zo-gné), v. ri. Faire de la besogne. Nous avons bien besogné. || Il se conjugue avec L'auxiliaire avoir, et ne se dit plus que dans le style familier et avec quelque ironie. || Autrefois il était le verbe du substantif besogne et, s'employant pour faire ce qu'on avait à faire, il n'avait aucune nuance péjorative. L'absence des tenants qui n'avaient plus à besogner au delà de ce qu'ils avaient l'ait, laissa l'entrée do la chambre [du roi] plus libre, st-sim. 405, r>3. Laissons-la [Mme des Ursins] triompher et besogner à son aise, et retournons en arrière, id. 414, 105.

— IIIST. xnc s. Li riche besuignerent e fameilerent [eurent faim], Liber psalm. p. 42. || xinc s. Bel-Acueil en la chambre va; Et la vielle ausinc se leva, Pour besoigner par la maison, la Rose, 14885. Aucune foiz estoit que les messages venoient à li; par quoi il nous convenoit besoigner à la matinée, joinv. 267. || xiv* s. Aucuns excellens et, bien besoignans selon vie attive tiennent que félicité est bonnour, oresme, Eth. v, (9). || xvc s. Us bastirent leur siège bien et sagement et se pourveurent petit à petit de tout ce qui leur besognoit, fboiss. il, n, 12. Avec telz gens veulx-je avoir à besongner qui tiennent ce qu'ils promettent, comm. i, 12. || xvi" s. Ceux qui besongnerent des mestiers, amyot, Sol. 45. Menuisiers besongnans d'yvoire, id. Péricl. 25.

— étym. Besojne; provenç. besonliar, besoignar; anc. catal. bessognar; ital. bisognare.

BESOIGNEI \, EDSE(be-zo-gneû,gneû-z'; quelques-uns disent, à toit, be-zoi-gneû, gneù-z'), adj. ■ Qui est dans la gêne, dans le besoin. Une famille besoigneuse. Un pauvre hère qui montre la musique à la pupiUe, infatué de son art, friponneau, besoigneux, à genoux devant un écu, beaumarch. Barb. de Sév. 1,6.

— HIST. xiic s. Humble estiez et honorable, Et aus besoigneux secoui ahle, Romancero, p. 62. || xine s. Nostre ost est puvre, et nostre gent sont besoigneus de viandes [vivres], villeh. lxii. Tu estoies si besoigneus, Et de poissons si convoiteus; Ja n'en cuidoies prou avoir, Ren. 14385. ||xv°s. L'infortune et maleurté d'icelle la rend plus besongneuse de bon secours, Œuvres (/'alain chartier, p. 439, dans Baynouard , Lexique.

— étym. Besogne, dans le sens de besoin; provenç. besonhos ; ital. bisognoso.

BESOIN (be-zoin), s. m. || 1° Manque de, avec désir ou nécessité d'avoir. Le besoin de secours était pressant. Le besoin d'argent où il se trouvait. Ce que le besoin demande. Four ou suivant le besoin. Les besoins publics. On apportait le blé à mesure des besoins de la consommation. Les besoins d'argent sur la place étaient grands. Le commerce n'apportapas, eu fait de blé, le sixième du besoin. Presque tous les citoyens ont été persuadés que si le parlement s'était "toujours borné à faire sentir au souverain, en connaissance de cause, les malheurs et les besoins du peuple.... volt. LouisXIV, 30. || Le besoindela cause, ce qu'il est nécessaire de dire à l'appui d'une cause. Il Avoir besoin de, manquer de, réclamer l'assistance. J'ai besoin de vous. Il avait besoin de le voir. J'ai besoin que vous lui parliez. Ce dont nous avons besoin. J'<>' jesoin d'air et de marcher, sév. 297. J'ai besoin d'un vengeur etnon d'une maîtresse, rac. Mithr. iv, 5. J'ai J pour m'expliquer, besoin de sa présence, id. Esth. 11, 7. Mon zèle n'a besoin que de votre silence, id. Plièd. m, 3. Prends soin d'elle, ma haine a besoin de sa vie, id. Baj. IV, 5. Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses? id. Athal. 1, *. Laissez-moi; j'ai besoin d'un peu de solitude, id. Baj. m, 6. J'en aurais bon besoin, id. Plaid. 1, 5. Et vos peuples alors, ayant besoin d'un roi.... corn. Nicom. Vf, 3. Si j'ai besoin de vous de peur qu'on me contraigne, J'ai besoin que le roi, qu'elle-même me craigne, id. Nicom. 1, «. Mais le reste du monde, esclave de la crainte, A besoin qu'on l'opprime, et sert avec contrainte, volt. Alz. 1, *. Il n'avait aucun besoin de fermer sa porte, fén. Tél. xiv. || Avec assez, tant, etc. on mettait un de qu'aujourd'hui l'usage laisse volontiers de côté. Hélas! j'en ai assez de besoin, sév. 55. Cet homme qui avait tant de besoin de tolérance pour lui, volt. Lett. Pezai, 5 janv. 47G7. On dirait aujourdhui de préférence : j'en ai assez besoin; qui avait tant besoin de tolérance pour lui. || Avoir un vif

désir, une extrême envie. Cette femme a besoin d'attirer sur elle tous les regards. || En parlant des choses. Les pierres précieuses ont besoin d'être enchâssées. Cet arbre a besoin d'être arrosé. Cela n'a pas besoin d'être dit. || Faire besoin, manquer, être nécessaire. Cela me fait besoin. Quand nous faisons

bi 1, nous autres misérables, Nous sommes les

cliénset les incomparables, mol. l'Élour. 1, 2. Aussi bien nous fera-t-il ici besoin pour apprêter le souper, id. l'Avare, 111, 5. S'il vous faisait besoin, mon bras est tout à vous, id. le Vép.v, 3. Votre oraison vous fera bon besoin, la font. Orais. Il 2° En physiologie, on donne le nom de besoin à cette sensation qui porte les animaux à certains actes indispensables pour l'entretien de la vie : tels sont les besoins de boire, de manger, etc. || Besoin de nourriture et, simplement, besoin. Épuisé par le besoin. || Besoin naturel ou, simplement, besoin , besoin que le corps éprouve de se débarrasser de la partie des aliments qu'il ne s'est pas assimilée. Faire ses besoins , satisfaire aux nécessités naturelles. Il Avoir peu de besoin, se dit de celui qui se restreint au strict nécessaire ou à peu près, et qui ne se crée au delà aucun besoin. || On dit, dans un sens tout à fait semblable, n'avoir aucun besoin.' || Au sens moral, les besoins de l'âme, les sentiments qui portent l'âme à rechercher certaines satisfactions morales ou intellectuelles. || Par extension. Tout ce qui flatte devient un besoin dont vous ne pouvez plus vous passer, mass. Car. Prospér. || 3° Indigence, dénûment. Être dans le besoin, dans un grand besoin. Tous les deux étaient tombés dans le besoin. Il est audessus du besoin. Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin? rac. Ath. 11, 7. || 4° Choses nécessaires à l'existence. Je me procurerai tous mes besoins, et, pourvu que je les aie, je ne me soucierai point que les autres soient misérables, montesq. Lett. pers. dans laveaux. Mme de Montespan travaillait pour les pauvres à des ouvrages bas et grossiers, comme des chemises et autres besoins semblables, st-sim. 4 80, 4 55. Il 5° Exigence, conjoncture difficile, embarras. En de si grands besoins, rac. Milhridate, 11, 4. Quel important besoin Vous a fait devancer l'aurore de si loin? id. Iphigénie, 1, 4. La mouche en ce commun besoin Se plaint qu'elle agit seule, la font. Fab. vu, 9. Ainsi donc au besoin ton courage s'abat, corn. Cid, v, t. Mais que monjugement, au besoin, m'abandonne, id. Cinna, îv, 3. Qu'est le feu de ton zèle au besoin devenu? malh. i, 4. || Sans besoin, sans que la chose soit exigée, sans nécessité. Mais porter dès l'abord les choses à l'extrême, Madame, et sans besoin faire des mécontents.:., corn. Sert. îv, 2. Il Au besoin, si la chose est exigée, en cas de nécessité. Prenez ces cent écus; gardez-les avec soin, Pour vous en servir au besoin, la font. Fab. vin, 2. Dieufaitpart, au besoin, de sa force infinie, corn. Poly. 11, 6. Quelques-uns vous diront, au besoin, Quels dieux du haut en bas renversent les profanes, id. Nicom. m, 2. || En un besoin, même sens. Comment voulez-vous que je croie Qu'un hibou pût jamais emporter cette proie? Mon fils, en un besoin, eût pris le chat-huant, la font. Fab. ix, 4. H Impersonnellement. Il est de besoin, il est nécessaire. Un peu plus plate ou plus voûtée, selon qu'il est de besoin, desc L'homme. Laissezmoi, j'aurai soin De vous encourager, s'il en est de besoin, mol. Femmes sav. v, 2. Mais qu'est-il de besoin de les aller choquer? Régnier, Sat. xiv. || Aujourd'hui on dit de préférence sans la préposition de, il est besoin. Il est besoin que je parte bientôt. Il est besoin de partir. Qu'est-il besoin de tant de paroles? Qu'est-il besoin que nous allions à Paris? Toutes les fois que besoin sera. Peut-être que vous avez jugé qu'il était besoin que toute la rhétorique fût employée pour me persuader que vous ne m'aviez pas oublié, voit. Lett. 4. Aimez-les et mourez, s'il est besoin, pour eux, corn. Bocl. v, 3. Eh bien, s'il est besoin de répondre autre chose. ...id. Nicom. 11, 3.

— hist. a" s. Si alcun jeté les cbatels [effets] fors de la nef senz busun.... Lois de Guill. 38. Car de ferir ai je si grant besoign, Ch. de Bol. civ. Chevauche, reis, bosuign [nous] avons d'aïe, ib. cxxiv. Il xnc s. Aine [onque] nel sona [le cor], se ne fust besoig granz, Bonc. p. 84. Qui lui [à Dieu] faudra à cest besoin d'aïe [la croisade], Sachez que il lui faudra à greigneur, quf.snes, Romancero, p. 93. Quant Diex verra que ses besoins [de Quesnes] est grans, Il lui faudra, car il lui a failli, hues d'oisi, ib. p. 103. Prouesse doit avoir le prix; Car qui l'a, onc ne fera faille En nul besoing où il aille,

LE CONTE DE BRETAGNE, ib. p. 46I.||XIH" s. Ains.

avoient paor que quant ce vendrait au besoing.

qu'il ne se tornassent vers Johannis, villeh. clxi. Car jamais à si grant besoing ne secorroient mile terre, id. cxlvii. Qu'à cest besoin [il] me veuille, s'il lui plait, conseiller, Bcrte, xxxi.x. Au besoing estes vous apensée et gentis, ib. lxxv. Que vaut quanque tu estudies, Quant li sens au besoing te faut? laBose, C8I 1. Aucune foiz apelel'en droit, besoing; si comme droit en aucune chose ou par lignage ou par affinité, Liv. de just. 3. Compains, dit-il, tu as moult foie entencion, Qui cuides qu'il te doie aidier à cest beson, Ch. d'Ant. 1, 44G. Au besoin que le roy a de chevaliers, joinv. 2gi. Tel preudomma comme il estoit, devoit bien estre attendu à un tel besoing, joinv. 215. Biau sire saint Jacque, que j'ai requis, aidiés moy et secourrez à ce besoing, id. 22G. || xivc s. Ah ! sire de Berguettes, Dieux vous doint bonne vie ! Quel besoing vous amené en icelle partie? Guescl. 4 7132. Car il estoit amez grandement au pais , Et il n'est riens qui vaille au besoing bons amis, ib. 49387. || xvc s. Si escripsit [le duc d'Anjou] devers messire Jean d'Armignac, que à ce besoin il ne lui voulsist faillir, froiss. il, 11, 4. Mais au besoing ils m'ont failli, Et m'ont laissié sans recouvrance, ch. d'orl. Bal. 22. Et besoing luy en fut, comm. i, 2. A. qui on envoyoit de la maison du roy tout ce qu'il luy faisoit besoing, id. îv, 4 0. y xvi° s. Hz l'uyrent et laissarent leur bon maistre on besoing, rab. Garg. 1, 39. Alors que descendismes ces degrez, nous furent bien besoing premièrement noz jambes, secundement, nostre preclare lanterne, id. l'ant. v, 3G. Armes jamais on besoing ne faillirent, quand bon cueur est associé de bon bras, id. ib. v, 3G. Il n'est point besoing que vous prenez la peine de venir encores, pour les raisons que je vous manderai, marg. Lelt. 4 53. La médecine a besoing que la fortune preste la main à ses opérations, mont, i, 30. Je ne veulx pas qu'on refuse aux charges qu'on prend, la sueur, et le sang au besoing, id. iv, 152. Il feint, il ployé, il diffère, selon le besoing des occasions, id. iv, 4 53. Besoingfait la vieille trotter, h. est. Précell. p. 478.

— ÉTYM. Provenç. besonh, bezonh; anc. catal. bessonh; ital. bisogno ; pays de Coire, basengs ; baslat. bisonium; de soin (voy. ce mot), et d'une préposition be qui fait difficulté. Est-ce la préposition germanique bi (allemand moderne, bei)*! Mais alors comment se fait-il qu'un composé germanique (car soin est d'origine germanique) se trouve dans les langues romanes sans exister dans les langues allemandes? Est-ce la préposition romane bes ou bis (voy. bes.... préfixe), qui a un sens péjoratif? Diez objecte le sens, puis l'orthographe; le -sens: mais pourquoi bcs-soin, qui voudrait dire un mauvais soin, n'aurait-il pas pris le sens de gêne, et de là les significations successives? l'orthographe : mais la double s , qui manque dans le français, dans le provençal et l'italien, se trouve dans l'ancien catalan. Les raisons pour bes, roman, semblent donc avoir du poids.

f BESOLET (be-zo-lè), s. m. Hirondelle de mer dans le parler genevois. J'avais pris un fusil pour tirer des besolets, j. j. rouss. Hél. iv . 46.

f BESSE (bè-s'j, s. f. L'un des noms de la vesce.

— ÉTYM. Voy. vesce.

BESSON, ONNE (bô-son, so-n'), adj. Jumeau, jumelle; l'un des deux enfants d'une même couche. Vieux et inusité, si ce n'est dans quelques provinces. On reconnut bien vite que c'étaient deux bessons, c'est-à-dire deux jumeaux d'une parfaite ressemblance, g. sand, Fadette, 1.

— hist. xiii0 s. Ausisera, se Johanaenfantoit deus enfansetemprèsdeusbeçons, Lir. dejust. 55.||xiv°s. Ainsi furent nourriz les deux enfanz bessons ou jumeaux, BERCiiEURE,f°8, verso. \\ xvic s. Cequevoyai.t le bon Janot mon père, Voulut gaiger à Jacquet son compère, Contre un veau gras, deux aignelets bessons, Que quelque jour je feroie des chansons, marot, i, 24 8. Une louve je vy sous l'antre d'un rocher Allaictant deux bessons : je vis à sa mammelle Mignardement jouer ceste couple jumelle, dubell. vi , g 1 , verso. Le commun accouchement des femmes estunenfant,toutesfoison voit (comme le nombre des femmes est grand) qu'elles accouchent de deux, que l'on appelle géniaux ou bessons, paré, xix, 5. Pein tout autour une lèvre bessonne Qui d'elle mesme en s'elevant semonne D'estre baisée, hons. 4 20.

— étym. Berry, besson; provenç. besso; catal. besso; d'un mot bas-latin bisso, bissonis, formé do bis, deux (voy. bis).

4. BESTIAIRE (bè-sti-ê-r'),î. m. Terme d'histoire romaine. Gladiateur qui combattait dans l'amphithéâtre contre les bêtes féroces, pour l'amusement du peuple.

— étym. Besliarius, de beslia, bête (voy. bète).

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