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f BUTEAU (bu-tô), s. m. Un des noms de la buse.
— ÉTYM. Autre dérivation de buteo (voy. buse). BUTÉE (bu-tée), s. f. Voy. buttée.
| BUTÉONIN (bu-té-o-nin), s. m. Nom du genre busard.
— étym. Buteo, buse.
\. BUTER (bu-té), v. n. Frapper au but, toucher le but. || Fig. Tendre à une (in. Si je suivais mon goût, je saurais où buter, la font. Fabl. ni, l. Toutes mes volontés ne butent qu'à vous plaire, mol. l'ÉtOitr. v, 3. Mais que chaque Romain t'inspire de la peur, Puisque chaque Romain ne bute qu'à ton cœur, duryer, Scévole, iv, G. L'abbé de Polignac butait toujours à toucher le cœur, l'esprit et. les yeux, st-sim. (53, 239. || Ce terme vieillit à tort.
— HIST xvie s. Nos actions doivent butter à la gloire et à l'honneur de Dieu, castelnau, 70. Je ne laisseray pas tousjours de buter premièrement et principalement à la cure et guerison des fièvres dont ils sont accidents et effects, paré, xxi, l.
— ÉTYM. But.
2. BUTER (bu-té), v. a. || 1° Buter quelqu'un, le neurter. C'est un homme sans raison et sans modération qui nous bute en tout, qui nous persécute, bourd. Pensées, t. n, p. 15. || 2° Appuyer contre. Buter ses genoux. ]j Terme de maçon. Soutenir un mur au moyen d'un arc-boutant. || 3° Se buter, v. réfl. Se fixer à, s'opiniâtrer. Il se bute à ce dessein. Se buter contre quelqu'un, s'opposer à lui. Ils se sont butés l'un contre l'autre.
— HIST. xnc s. Dune commencèrent as uis durement à buter; car il quidowent [pensaient] prendre le saint u decolper, Th. le mart. 144. || xv" s. Une fois, elle le butoit du coude en escrivant, une autrefois lui jetoit des pierres, louis xi, Nouv. xxm.
— étym. Autre forme de bouter.
BUTIËRE (bu-tiè-r';, adj. f. Arquebuse butière, ou, substantivement, butière, espèce de grande arquebuse, qui servait à tirer au blanc, dans les assemblées des chevaliers de l'arquebuse.
— ÉTYM. Buter l.
BUTIN (bu-tin), s. m. || 1" Objets de valeur, tels que liantes, vivres, argent, bestiaux, etc. qu'on prend sur l'ennemi. A ce coup iront en fumée Les vœux que faisaient nos mutins En leur âme encore affamée De massacres et de butins, malh. m, ). Unis pour le butin, divisés au partage, volt. Catil. m, i. || Fig. On ne me verra point le butin de vos feux, mol. D. Garcie, ni, 2 Et tu veux que moimême Je retienne ta main, qu'il vive et que je l'aime , Que je sois le butin de qui l'ose épargner, corn. Cinna, ni, 4. ]| Populairement, profit, richesse. Il a gagné un beau butin dans cette affaire. Il y a du butin en cette maison. || 2° La récolte que font les abeilles sur les fleurs. || Fig. Ces juges.... De mon temps juraient que les lis [emblème des Bourbons] Seraient le butin des abeilles [emblème des Bonapartes], bérang. Deux cousins. || 3" Trouvailles, découvertes qu'on fait dans l'érudition, dans les sciences. Du Cange fit un riche butin dans les vieux manuscrits des bibliothèques. Se charger l'esprit d'un ténébreux butin, mol. Femmes sav. IV, 3.
— HIST. xv" s. Ceste nouvelle ouverture fut que le roy et eux retournassent en leur première et ancienne amitié, et qu'eux deux, à butin, entreprissent toute la conqueste d'Italie et à communs despens, comm. vm, 10. Je vous enjoins à vous tous que vous demourez avecques moy, que homme ne soit si hardy de me laisser ennuit [ce soir], et nous serons tous à butin jusquesau poix d'une aguillette, debueil, le Jouvencel, f" 74, dans lacurne. Guillaume bailla dix blancs à icellui Cailleu, disant qu'il en mist autant et jouast à butin et à moitié à eulx deux contre le suppliant , du cange , botinum. || xvic s. 11 est tout certain qu'ilz se proposoient comme un pris et un butin de leur victoire, la domination de leur pais, AMYOT1#Bruius, 36. De riches
butins, MAKOT, I, 237.
— ÉTYM. Esnagn. botin ; Haï. bottino ; tous deux du français buiin, qui vient du Scandinave byli;
moyen allemand, bûten; allemand moderne, Bevte, proie, angl. booty,
BUTINÉ, ÉE (bu-ti-né, née), part, passé. Les fleurs butinées par les abeilles.
tBUTINEMENT (bu-ti-ne-man), s. m. Action de butiner.
— HIST. xvie s. Butinement, cotgrave.
— ÉTYM. Butiner.
BUTINER (bu-ti-né), v. n. \\ 1° Faire du butin. Les
soldats se dispersent pour butiner. Qu'on se hâte de butiner, volt. Phil. Il, 62. || 2' Faire récolte sur les fleurs, en parlant des mouches à miel. Les abeilles vont butiner sur les Heurs. || Par extension. Mais vient l'amour et le mois qu'il préfère; Déjà l'oiseau butine pour son nid, bérang. Malade. ||3U Y. a. Les fleurs que les abeilles butinent.
— HIST. xive s. Les biens prins par la manière que dit est furent là entre eulz botiné et distribué à un chascun sa portion, du cange, botinum. Lesquelz appliquèrent à leur singulier profit tous les biens quelconques du dit George, et les bustinerent entre eulx, id. ib. || xve s. Et après, le roy fut contrainct de recompenser tous les dits princes et seigneurs de leurs armées et intérêts qu'ils a voient fait contre luy, qui touts le butinèrent ainsi que s'ensuit, j. de troyes, Chron. 1405. ||xvic s. Non plus que brigans en une caverne, quand ils butinent entre eux ce qu'ils ont robe aux passants, calv. Instit. 9lo. Ils luy meirent en main les Gaules, esperans qu'ilz butineroient entre eulx deux, quand il/, luy auroient procuré et fait décerner un tel gouvernement, amyot, Crassus, 20. Il donna à butiner aux lansquenets toute ladite vallée, m. du bell. 426.
— ÉTYM. Butin.
t BUTINEUR. EUSE (bu-ti-neur, neû-z'), adj.
Qui butine. L'abeille butineuse
— étym. Butiner.
f BUTINIER (bu-ti-nié), s. m. Dans les guerres
du moyen âge, personne chargée de distribuer le butin entre les vainqueurs.
— HIST. xve s. Quant au fait du butin, il fut crié que chacun se tirast devers le signeur de Fernant et le signeur de Humieres, qui furent ordonnez butiiners, et que tous fissent serment de rapporter es mains d'iceux tout le butin, ol. de la marche, Mc'm. liv. i, p. 23) , dans lacurne. Jehan le Bègue, escuier, homme d'armes et butinier de sa dite compaignie de Ja destrousse qui fut faite en Guyenne, du cange, botinum.
t BUTOIR (bu-toir), s. m. Terme de corroyeur. Couteau à deux manches. || Terme de serrurerie. Pierre où vient buter en bas le vantail dormant d'une porte cochère.
— - ÉTYM. Buter 2.
f BUTOME (bu-to-m'), s. n- . Terme de botanique. Jonc fleuri (butomus umbellatus, L.).
f BUTONIC (bu-to-nik) , s. m. Un des noms du fusain.
BUTOR (bu-tor), s. m. || 1" Oiseau de proie qui vit dans les marécages et qu'on ne peut dresser pour la chasse (ardea stellaris). Butor jaune, Tardée jaune; grand butor. Yardée botaurc ; petit butor, Tardée de Marsigli. || 2° Familièrement, un homme stupide, grossier, maladroit. Furstemberg, à le voir et à l'entendre à l'ordinaire, paraissait un butor, st-sim. 76, 239. Un gros butor de valet que j'aurais volontiers écrasé, J. J. rouss. Conf. m. || Au fém. Butorde. Est-ce, madame, qu'à la cour une armoire s'appelle une garde-robe?— Oui, butorde, on appelle ainsi le lieu où l'on met les habits, mol. Escarb. 3. Voyezvous cette maladroite bouvière, cette butorde? id. ib. io.
— HIST. xiii" s. Quant li butor a ce veû, Sachiez, grantduelen aeù, Fabliaux, barbazan. t. iv.p.95. || xive s. L'entremets eslevé : cine [cygne], paons, butors, hérons et autres choses, Ménagier, n, 4. [Le faucon] (loi t avoir piedz semblans à pied/, de butor, Modus, f° i.xxvn. verso. || xvr s Comme
on oit dans un bois Près le bord de la mer une confu-e vois Des pâlies et butors, quand un larron ils trouvent Qui remarque leurs nids et leurs femmes qui couvent, rons. 842. J'oy d'autre part le piverd jargonner, Sifller l'ecouftle, et le butor tonner marot, Eglogue au roi.
— étym. Bas-lat. bitorius, butorius; ancien liégeois, puttoir; flam. pulOor ; angl. biltern ; ancien angl. buteor. On le dérive de bos taurus, à cause de la force de son cri ; mais cette étymologie ne. peut se soutenir devant les formes ici réunies, qui d'ailleurs remontent à un radical inconnu.
f BUTORDERIE (bu-tor-de-rie) , i. f. Action, parole de butor. Vous me parlez de l'histoire universelle ou plutôt de l'essai sur les sottises de ce globe;
BUT
BUV