‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 305 sur 462 · CAF · texte numérisé non relu

CAF

CAG

feuille caduque. || Terme d'anatomie. La membrane caduque, ou, substantivement, la caduque, nom de la membrane muqueuse de l'utérus, hypertrophiée normalement lors de la fécondation et devenue caduque par suite des modifications qu'elle subit à mesure du développement de l'œuf humain.

— HIST. xv" s. Ne je ne puis estudier En mon code n'en ma digeste; Caduque sont; je doi de reste De ma prevosté dix escus, Et ne treuve homme qui me preste, e. deschamps. Poésies mss-. f» 434, dans lacurne. Quelque grande vieille Sebille [Sibylle], Caduque, menassant ruine.... coquillart, Droits nouveaux. Les couleurs de son escu estoient caduques [effacées], Perceforest, t. v, f" 21. || xvie s. Et d'une voix toute caduque et rance, rons. oui. Voylà une preudhommie caduque, occasionnée, accidentale et certes bien chetive, charron, Sagesse, n, 3. Les gresles, tonnerres et tempestes, et tout le bruit qui se faict en l'air ne trouble ni ne touche les corps supérieurs et célestes, mais seulement les inférieurs et caduques, id. ib. I, 30.

— ÉTYM. Provenç. caduc; espagn. etital. caduco; du lalin caducus, de cadere, tomber (voy. choir).

CADUCÉE (ka-du-sée), s. m. Verge entrelacée de deux serpents, qui est l'attribut de Mercure. Le caducée est un des symboles de la paix. L'éloquence est ce caducée de Mercure qui conduit les âmes, p. l. cour. Lett. ii, 342. L'envie porte le serpent dans son sein, et l'éloquence a son caducée, chateaubr. Génie, i, ni, 2. |j Bâton couvert de velours et fleurdelisé,' porté par le roi d'armes et les hérauts d'armes dans les grandes cérémonies.

— HIST. xvi" s. Me fut advis, que le grand dieu Mercure, Tenant en main sa verge et caducée De deux serpens par ordre entrelassée.... marot,ii, 10. Afin qu'on vist en main son caducée, Qui gens endort, ID. IV, 94.

— ÉTYM. Caduccum, venant, par altération, de xripûxeiov, indigne du héraut, de v.^çvl, héraut.

CADUCITÉ (ka-du-si-té), s. f. || 1° État de ce qui est prêt à tomber, de ce qui tombe. Caducité d'une maison. Le vice le plus inséparable des choses humaines, c'est leur propre caducité, boss. Hist. ni, 5. || 2° Période de la vie humaine qui s'étend de la soixante-dixième à la quatre-vingtième année, et qui précède la décrépitude. Moi qui me figurais que ma caducité Près de la beauté môme était en sûreté, corn. Pulchêrie, n, i. Je consacre à mon Dieu, négligé trop longtemps, De ma caducité les restes languissants, volt. AU. i, i. Il ne nous restait de toutes nos espérances que la caducité d'un grand roi, mass. Madame. La caducité commence à l'âge de soixante et dix ans, buffon, De la vieillesse et de la mort. La caducité suivra, qui nous fera regretter l'âge viril où nous sommes encore et que nous n'estimons pas assez, la bruy. i i. Le Français n'a point d'âge mûr, et passe de la jeunesse à la caducité, duclos, Considér. sur les mœurs, v, ch. t. || 3° Terme de jurisprudence. Caducité d'un legs, d'une donation, condition qui les rend non valables. || 4° Terme d'histoire naturelle. Défaut de persistance d'une partie. La caducité des feuilles.

— HIST. xvic s. Sa caducité ne lui permettait plus de soutenir les fatigues de ce glorieux employ, Mém. sur Duguescl. ch. 31. L'aage des beufs tombe en caducité, passé le dix ou douziesme an, o. de serres, 295. Le président fit mettre ce bon vieil advocat au siège de baillifs et dit que, pour sa caducité, la cour le dispensoit de plus plaider, des accords, Bitjarr. des entends-lrois.

— ÉTYM. Caduc.

fCiECAL, ALE (sé-kal, ka-F), ad]'. Terme d'anatomie. Qui appartient au caecum.

f CAECUM (sé-kom'), s. m. Terme d'anatomie. Le premier des gros intestins, c'est-à-dire celui qui fait immédiatement suite à l'intestin grêle.

— HIST. xvie s. Intestin nommé eœcum, à cause qu'estant ample et gros, il n'a qu'une voye, tant pour recevoir que pour expeller, pare, i, <&.

— étym. Cœcus, aveugle (voy. cécité), ainsi dit par un motif qui est expliqué, à l'historique, dans l'exemple de Paré.

f C/ESIUM. (sé-zi-om'), s. m. Métal donnant dans le spectre deux raies bleues Uxsius, bleu).

CAFARD, CAFARDE (ka-far, ka-far-d'; le d ne se lie pas : un ka-far adroit; au pluriel Ys ne se lie pas : des ka-far adroits; d'autres lient cette s, disant : des ka-far-z adroits), s. m. et f. ,|| 1" Celui, celle qui, n'ayant pas la dévotion, en affecte l'appa rence, ou qui, l'ayant, affecte les airs de la bigoterie. C'était un cafard qui en bannit la science et y mit tout en misérables minuties, st-sim. 50, 91. À table hier, ,,ar un triste hasard, J'étais assis près

d'un maître cafard, volt. Apol. du luxe. Peut-être un cafard qui sait peindre Jusqu'au charme de la vertu, bérang. Portrait. Au demeurant, il faisait le cafard, LA font, llerm. || 2° Adj. Avoir l'air cafard, la mine cafarde. || Damas cafard, damas mêlé de soie et de fleuret. || 3" Nom, dans quelques provinces, de la blatte, insecte qui recherche les endroits chauds, dite aussi bête noire (blatta orientalis).

— SYN. cafard, bigot. Le bigot est livré à des pratiques minutieuses de dévotion, il ne les affecte pas; il les suit par inclination ou par éducation. Le cafard, en tant qu'il n'est pas hypocrite, est le bigot faisant montre et parade de sa dévotion, et l'affectant dans son maintien, dans l'expression de ses traits, dans son langage.

— HIST. xvr s. Lui aiant jusques ici plustost senti l'atheiste que le caphard, d'aub. Hist. ni, 490. Ce mot de caphard très odieux a esté mis en usage par les huguenots pour dénigrer l'honneur de la prestrise, garasse, Recherche des recherches, p. 718, dans lacurne. C'est, à parler sainement, toujours pris en mauvaise part pour un religieux qui a fait banqueroute à sa sainte profession, et jeté le froc aux orties, Léon tripault, Celthellenisme, dans lacurne.

— ÉTYM. Ménage y rapporte le catalan cafre, infidèle; espagn. et portug. cafre, dur, cruel; de l'arabe kàfir, infidèle, mécréant. Au contraire Du Cange le tire de caphardum ou chabbardum , sorte de vêtement qui est mentionné, au xive siècle, dans des statuts d'université. Le fait est que d'Aubigné écrit caphard, et qu'on ne voit pas comment le mot arabe kdjir, avec son dérivé roman cafre, aurait pris le suffixe ard. L'étymologie de Du Cange est la plus vraisemblable; mais il ne nous apprend rien sur l'origine de caphardum même.

CAFARDERIE (ka-far-de-rie) , s. f. Manières du cafard.

— HIST. xvie s. Le roy disoit à l'amiral, demi en collere, demi riant : Ce vieux bigot avec ses cafarderies fait perdre un bon temps à ma grosse sœur Margot, d'aub. Hist. il, 12.

— ÉTYM. Cafard.

CAFARDISE (ka-far-di-z'), 5. f. Acte de cafard.

— HIST. xvie s. Cafardise, cotgrave.

— ÉTYM. Cafard.

CAFÉ (ka-fé), 4. m. || 1° Graine du cafier. Café Bourbon, café Moka, ou café de Bourbon , de Moka. Café en coque ou en cerise. Café mondé. Café en poudre. Marc de café. C'est toi, divin café, dont l'aimable liqueur, Sans altérer la tête, épanouit le cœur, delille, Les trois règnes, vi. || Par abus, l'arbre même qui le produit. Le café avait été transporté, en I72G, dans nos îles de l'Amérique par M. Desolieux, depuis chef d'escadre, à qui M. Dufai en avait confié quelques pieds; manquant d'eau dans la traversée, il avait conservé ce dépôt précieux aux dépens de son propre nécessaire, condorcet, Maurcpas. \\ 2° Breuvage fait par infusion d'eau bouillante, avec le café brûlé et moulu. L'usage de l'infusion de café ne paraît pas remonter au delà du xve siècle; il fut introduit en Europe au commencement du xvne, à Marseille en IG54. J'avais pris mon café, SÉv. 159. Il prenait du café pour s'empêcher de dormir et travailler davantage ; et puis, pour rattraper le sommeil, il prenait de l'opium , fonten. Bourdelin. Aux dîners d'Agathe, Au lieu de café, Vite une sonate, rérang. Musique. || Tasse à café, une tasse pour prendre le café. Une tasse de café, une tasse pleine de café. || L'heure où l'on prend le café. Ne m'attendez pas pour dîner, je viendrai seulement au café. || Café au lait, café dans lequel on met une certaine quantité de lait, et qu'on prend avec du pain. || Couleur de café ou couleur café ; couleur de café au lait, ou couleur café au lait, couleur qui est celle du café, du café au lait. || 3° Abusivement, café de chicorée , poudre de racines de chicorées rôties. || 4° Lieu public où l'on prend du café ou d'autres breuvages. Restaient [chez la veuve de Maisons] les nouvelles, les petites intrigues, les cabales du parlement, un reste de tribunal en peinture qui ressemblait beaucoup à un café renforcé, qu'elle faisait valoir tout ce qu'elle pouvait, saint-simon, 40) , 238. Vous vous appelez Fabrice? — Oui, monsieur; en quoi puis-je vous servir? — Vous tenez un café et des appartements?— Oui, volt. l'Écossaise, m, 4. || 5° Populairement. Voilà qui est fort de café, c'est un procédé intolérable, une assertion étrange.

— ÉTYM. Arabo cahwa ou chaire; espagn. café; ital. caffè; angl. coffre.

CAFÉIER (ca-fé-ié), s. m. || 1° Voy. cafier. || 2° Propriétaire d'une caféière.

— étym. Café.

CAFÉIÈRE (ca-fé-iê-r'), s. f. Plantation decafiers

— ÉTYM. Caféier.

f CAFÉINE (ka-fé-i-n') , s. f. Terme de chimie. Principe cristallisable découvert dans le café, dans le cacao et dans les feuilles du thé.

t CAFÉIQUE (ca-fé-i-k') ou CAFIQUE (ca-fi-k'), ad./. Terme de chimie. Acide caféique, acide trouvé dans le café, qu'on avait cru être un acide particulier et qui est de l'acide gallique.

CAFETAN (ka-fe-tan), s. m. Pelisse d'honneur que les souverains de la Turquie ont coutume d'offrir aux personnages de distinction et surtout aux ambassadeurs des puissances étrangères. || Par extension et plaisanterie. Voilà ce que j'ai dit en voyant le cafetan dont V. M. m'a honoré, volt. Lett. à Cath. 18.

— ÉTYM. Kaflân, mot turc.

fCAFÈTERIE (ka-fè-te-rie), s. f. Plantation de cafiers.

— ÉTYM. Café.

CAFETIER (ca-fe-tié), s. m. Celui qui tient un caré.

— ÉTYM. Café.

CAFETIÈRE (ka-fe-tiê-r'), 5. /'.Vase de poterie ou de métal qui sert à faire ou à contenir le café.

— ÉTYM. Café.

CAFIER (ka-fié), s. m. Arbre originaire de l'Arabie, transplanté en Amérique et aux Indes, dont le fruit rouge et de la grosseur d'une cerise contient des grains qui sont le café. || On dit aussi caféier.

— ÉTYM. Café.

CAFTAN (kaf-tan), s. m. Voy. cafetan.

CAGE (ka-j'), 4-. f. || 1° Petite loge portative où l'on a des oiseaux vivants. Oui, mais j'aperçois des réseaux; En cageonvrnettra les oiseaux, bérvng. Enrh. || 2° Loge portative ou non, garnie de barreaux, pour renfermer des animaux et même des hommes. Don Quichotte fit ouvrir la cage des lions. Un renard que Martin porte au Louvre en sa cage, Régnier, Sat. x. Louis XI fit enfermer le duc de Nemours dans une cage de fer à la Bastille, volt. Mœurs, 94. Ce n'est point dans une ménagerie ou l'on tient en cage les secrets de Dieu qu'on peut apprendre à connaître la sagesse divine, chateaubr. Génie, l,v,4. || Familièrement. Mettre un homme en cage, le mettre en prison. Nos gens sortent de cage, la font. lUm. || 3° Terme d'architecture. La cage d'une maison, les quatre gros murs. La cage d'un escalier, l'espace qu'il occupe. La cage d'un clocher, d'un moulina vent, l'assemblage de charpente qui en forme le corps. || 4° Loge de verre d'une pendule. || L'espace compris entre les deux platines d'une montre. || Ensemble des pièces qui meuvent le métier à bas. |] Treillis d'une boutique d'orfèvre. || Coffre à poisson. || Grillage de bois près de la bonde d'un étang. || 5° Terme de pêche. Sorte de nasse. || 6° Terme de marine. Synonyme de hune et de baille. || Proverbes. Il vaut mieux être oiseau de campagne qu'oiseau de cage, c'est-à-dire rien ne vaut la liberté. || La belle cage ne nourrit pas l'oiseau, c'est-à-dire on peut, ayant du luxe, manquer du nécessaire.

" — HIST. xmc s. Sa cage [le lion] a derompue et toute depecie, Perte, n. Il fist prendre le calife et le fist mettre en une cage de fer, et le fist jeunner tant comme l'on peust faire homme sanz mourir, joinville, 278. || xive s etli aigles sera Mis en une prison et mis en une cage, Gucscl'n, .8974 Diex fu

engrans [courroucé] De penre [prendre] crueuse vengeance, Si que tantost, sans plus attendre, Po ir justice et vengeance prendre,. Fist la mort issir de sa cage, Pleine de foursen et de r»ige, machault, p. 73. L'en ne peut mie si Iegiefement reprendre son oisel, quant il est eschappé de la cage, comme de garder qu'il ne s'envole, Ménagier, i, 6. ||xv* s. Iceulxpar plusieurs fois vers Chasteaumorant à conseil se mirent, pour adviser qu'ils pourroient fairj pour estre tirés hors de celle caige, Boucic. n, ch. 29. Certain engin, appelé caige, pour prend i les sangliers, du cange, cagia. Peschei à la main et à la caige, id. ib.

— ÉTYM.Bourguig. caige; wallon, cftatee/namur. chaife; provençal modorne, gavi, s. m. ; es] a port, gavia; ital. gabbia et gaggia; Venise et Sardaigne, cabbia; du latin cavea^ de même radical que cavité, creux (voy. cave).

f CAGÉE (ka-jée) , s. f. Une pleine cage d'oiseaux.

— ÉTYM. Cage. f CAGEROTTE (ka-je-ro-t') , 4. /". Forme d'osier

pour faire égoutter les fromages.

— HIST. xvr s. Terrines, couloires, faisselles, esclisses, cagerotes, chaziere I servans à ce mesnage [fabrication du fromage], o. de serres, 287.

— ÉTYM. Diminutif de cage.

CAG

CAH

CAI

| CAGETTE (ka-jè t'), S. f. Petite cage; trébuchet.

— 1IIST. xivc s. Une cagete de fust et une bource de toille à fauconnier, du cange, cagia.

— ÊTYM. Diminutif de cage. Basse-Bourgogne, cagette, petite forme en osier pour égoutter les fromages.

JCAGIER, 1ÈRE (ka-jié, jiê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait et vend des cages. || Terme de fauconnerie. Celui qui porte les faucons ou autres oiseaux de chasse a vendre.

— étym. Cage.

CAGNARD. AUDE (ka-gnar, gnar-d'; le d ne se lie pas : ka-gnar et indolent; de même au pluriel : ka-gnar et indolents; d'autres prononcent l's, disant: ka-gnar-z et indolents), adj. Terme du langage familier. || l°Qui a la fainéantisedu chien. Un homme cagnard. Une vieengnarde. || Substantivement. C'est un cagnard. Gens aimantleursfoyers et qu'on nomme cagnards, h.uter. Nobles de province, v, i. || Populairement, lâche, poltron. || 2° S. m. Sorte de fourneau du ci rier. || Terme de marine. Abri fait sur le pont d'un navire, au moyen d'une toile goudronnée, poulies matelots de service qui veulent se préserver de la pluie et du froid.

— hist. xvr- s. Comment osez vous présumer, Cagnars, bejaulnes, decongneuz, Par vos faux blasons diffamer Les vaisseaux dont estes venuz, j. marot, v, 304. En un si long voyage, vous serez arresté misérablement en un caignard [coin], où tout vous manquera, mont, iv, M 5. 11 vit une grosse et potelée cagnardiere demandant l'aumosne à la porte d'un temple un dimanche, pake, xix, 22, Quant au mot de caignard, cela dépend d'une histoire dont je puis estre témoin ; de tant qu'en ma grande jeunesse, ces fainéants avoient accoustumé au temps d e^é de se venir loger sous les ponts de Paris.... ce lieu estoit appelé le caignard, pasquier, Recherches, vni, 42.

— ÉTYM. Cogne, usité encore dans le xvne siècle pour chienne et prostituée; de l'italien cagna, chienne, de cane, chien (voy. chien').

GAGNA HUER (ka-gnar-dé), v. n. Vivre en cagnard. || Se conjugue avec l'auxiliaire avoir et est familier.

— HtST.xvi's. L'une aux armes s'adonne, et l'autre sa paresse Caignarde en sa maison, l'autre hante la court, j. du bellay, viii, 50, verso. Jamais en nulle saison Ne cagnard e en ta maison : Voy les terres estrangeres, ronsard, 559.

— ÉTYM. Cagnard.

CAGN'ARDISE (ka-gnar-di-z'), s. f. Acte de cagnard. vie de cagnard.

— ÉTYM. Cagnard.

CAGNEUX, EUSE (ka-gneû, gneù-z'), adj. Qui a le genou en dedans et le pied écarté en dehors : ce r,ui est une mauvaise conformation. Homme cagneux. Il a les jambes cagneuses. || Substantivement.

Un cagneux. Une cagneuse Qui fourmillent de

bossus, de boiteux, de cagneux, i. j. rouss. Ém.i.

— ÊTYM. Cagnc. chienne; ital. cagna; ainsi dit, d'après Ménage, parce que les chiens, et particulièrement les bassets, sont cagneux.

t CAGNOT (ka-gno), s. m. Un des noms vulgaires du chien de mer ou milandre.

— ÊTYM. Canis, chien.

CAGOT, OTE (ka-go, ka-go-t'; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel l'a' se lie : deska-go-z insolents; cagots au pluriel rime avec dos, maux, faux, etc.), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui a une dovotion suspecte et déplaisante. Un cagot. Une cagote. Quoi ! je souffrirai, moi, qu'un cagot de entique Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique! mol. Tart. i,i. Il faut aller massacrer ces cagots, la font. Cord. Que son front doux et serein Est à mon gré préférable Au visage sec, chagrin De ce cagot qui du diable Craint partout l'esprit malin ! la fare, Ode 6. || Adjectivement. Un ton cagot. Une mine cagote. || 2" Peuplade des Pyrénées affectée d'une sorte de crétinisme.

— SYN. cagot, bigot. Le bigot est le dévot dont l'esprit est étroit, petit, attaché aux minutie

un terme de dédain, mais qui n'implique aucun autre blâme. Cagot au contraire est un terme tout à fait injurieux, exprimant une dévotion suspecte à double titre, soit parce qu'on la trouve agressive et offensante, soit parce qu'on ne la croit pas sincère.

— hist. xv-' s. Estoit lieutenant du prevosl un gros villain comme un cagoux, Journal de Paris sous Charles 17 et Vil, an 1436, p. 106, dans lacurne. || xvie s. Cot, en langue germanique, signifioil Dieu; et delà nous tirons les mots de bigot et cagot,

pour dénoter ceux qui avec une trop grande superstition s'addonnent au service de Dieu, pasquier, Recherches, vin, 2. Les gens souffreteux, cagots ou avares, rabel. Pant. iv, 46.

— ÉTYM. Provenç. cagot; bas-lat. cagoti. DesGoths et des Arabes s'étant réfugiés, sous les derniers Mérovingiens, au pied des Pyrénées, reçurent des habitants le nom injurieux de cagots, c'est-à-dire canes gothi, chiens de Goths (voy. michel, Hist. des races maudites, i, p. 284). On donne encore aujourd'hui ce nom à une race ou caste desquelles les autres habitants se tiennent séparés. Cette dénomination injurieuse attribuée à des gens dont la foi était suspecte aura pu passer facilement au sens actuel de cagot. On a indiqué une autre étymologie : cap, tête, en provençal, et l'allemand Gotl, dieu : par la tète de Dieu, affirmation par laquelle on pourrait avoir dénommé les hypocrites. Maiscetteétymologie, pour laquelle on n'a point d'intermédiaire, a contre elle l'ancienne forme cagotus qui ne s'y rapporte pas.

CAGOTERIE (ka-go-te-rie) , s. f. Action de cagot, manière d'agir du cagot. Et l'insolent orgueil de sa cagoterie, mol. Tart. ni, 4. Quoique je ne m'attendisse pas à lui trouver la petite cagoterie des dévotes, j. J. rouss. Hél. vi, tt.

—étym. Cagot.

CAGOTISME (ka-go-ti-sm') , s. m. Esprit, caractère, manière de penser du cagot. Lui qui connaît sa dupe et qui sait en jouir, Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir; Son cagotisme en tire à toute heure des sommes, Et prend droit de gloser sur tous tant que nous sommes, mol. Tart. i, 2.

— ÉTYM. Cagot.

CAGOUILLE (ka-gou-11', Il mouillées), s. f. Ancien terme de marine, qui signifiait la volute ornant le haut de l'éperon d'un vaisseau.

— ÉTYM. Cagouille, colimaçon dans le parler de l'Angoumois.

t CAGOULE (ka-gou-F), s. f. Sorte de vêtement de moine, ample et enveloppant tout le corps, mais qui est sans manches, à la différence du froc qui a des manches.

— HIST. xvie s. Inclination naturelle, aux frocs et cagoulles adhérente, rab. dans lacurne.

— ÉTYM. Probablement de cuculla, cucullus, sorte de vêtement des moines.

CAGUE (ka-gh'), s. f. Terme de marine. Petit bâtiment hollandais pour la navigation des canaux.

— ÊTYM. Hollandais, kag.

CAHIER (ka-ié ; I'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des ka-ié-z écrits), s. m. || 1° Assemblage de plusieurs feuillets de papier ou de parchemin réunis. || 2" Cahiers d'un cours, leçcnsd'un professeur mises par écrit. || 3" Autrefois, mémoires adressés au souverain par un corps de l'État. Cahier de doléances. Les cahiers du clergé, du tiers état. ||4° Cahier des charges, état des clauses et conditions d'une adjudication publique. || 5° Cahier de frais, mémoire ou état des frais. Terme vieilli en ce sens.

— hist. xme s. Aristotes à Alixandre Enseigne et si li fait entendre En son livre versié, Enz el premier quaier lié, Comment il doit el siècle vivre, Et Rutebeus l'a trait dou livre, ruteb. 285. || xve s. Là deçà et delà queroit, En cherchant plusieurs vieux cayers, Car le vray monstrer me vouloit, ch. d'orl. Bal. 140. Quayer getta au feu felonnement; rioit sur les uns et les baisoit; sur les autres cracha par vilonnie, et les foula des pies, g. chastelain, Exp. de vér. mal pi ise.

— étym. Quouez, cahiers, dans un texte de 1 372, Bibl. des Chartes, 3« série, t. i, p. 228. Origine obscure. Les mots des autres langues romanes, ital. quaderno, catal. cuern, se rapportent au bas-latin quaternum, cahier de quatre feuilles; serait-il possible que quaternarium eût été contracté en quaier? Il y a dans l'ancien français carreignon, cahier (lilanchandin fist un brief escrire, Puis mist le carreignon en cire, du cange, ceraculum) : par conséquent quaternarium aurait donné carreier ; pour de là passer à cahier, il faut admettre une forte altération, non impossible en un mot très-vulgaire. On trouve cahier de chandelles (GODEFROY, Annotations sur l'Hist. de Charles VI, p. 708) qui signifie probablement un paquet do quatre chandelles et qui se montre encore sous la forme cahoer. Ces rapprochements portent à considérer cahier ou cahoer ou quouex, comme une dérivation très-irrégulière de quaternarium, et écartent d'autant la conjecture de Diez qui proposait de rattacher ruiner à une forme codicarium, issue de codex, livre.

CAHIN-CAHA (ka-in-ka-a) , adv. Tant bien que mal, avec peine, de mauvaise grâce. L'affaire va cahin-caha, lise porte cahin-caha, Il a fait son de-

voir, mais cahin-caha. Aujourd'hui ce n'est plus cela; Un commis sans peine Gagne une Climène; et dès qu'à Vincenne En fiacre il la mène, La vertu va Cahin-caha, panard, Chansons. || Terme familier.

— HIST. xve s. Examiné cahy, caha À qui appartient ce mignon, Dist qu'elle ne scet rien de cela, coquillart, Enquête de >la simple et de la rusée. || xvr- s. En cestuy bas estât, en gaignant cahin caha sa poure vie, rab. Garg. iv, Prologue.

— ÉTYM. Du latin qua hinc, qua hac, par-ci, par- là.

CAHOT (ka-o; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel l's se lie : les ka-o-z et la fatigue; cahots rime avec dos, maux, faux), s. m. || 1" Espèce de saut que fait une voiture en roulant sur un terrain pierreux ou mal uni. Je n'aime pas le cahot des voitures. Il vient un cahot qui vous culbute, sëv. 348. || Par extension, la cause même du cahot. Un chemin plein de cahots. || 2° Fig. et familièrement, difficulté, obstacle. C'est une affaire difficile et qui aura bien des cahots.

— ÉTYM. Ce mot est peut-être une onomatopée ; voyez cependant cahoter.

CAHOTAGE (ka-o-ta-j') , s. m. Suite ou répétition de cahots. Le cabotage de cette voiture m'a brisé.

— étym. Cahot. '

CAHOTANT, ANTE (ka-o-tan, tan-t'), adj. Qui fait faire des cahots. Un chemin cahotant. Une voiture cahotante, voiture que la moindre cause fait cahoter.

CAHOTÉ, ÉE (ka-o-té, tée), part, passé. Cahoté dans une voiture très-dure. Il y avait dans la chaise roulante un jeune homme grossièrement vêtu; sa petite femme était cahotée à côté de lui, volt. Jeannot.

j CAHOTEMENT (ka-o-te-man), s. m. Action de cahoter.

CAHOTER (ka-o-té), v. a. || 1° Causer des cahots. Mais de quel coche ici me venez-vous parler? — Du coche le plus rude où mortel puisse aller; Et je ne pense pas que de Paris à Rome Un autre, tel qu'il soit, cahote mieux son homme, regnard, Mén. vin, 5. || Absolument. Une voiture mal suspendue cahote toujours. || 2" Fig. et familièrement, ballotter, tourmenter. Il fut longtemps cahoté par la fortune. |

— ÉTYM. Cahot; wallon, kihoter, où ki est l'équivalent wallon du préfixe con, de sorte que, d'après cela, cahoter équivaudrait à con-holer. Maison ne connaît pas de verbe hoter, à moins qu'on ne le rattache à hotte.

CAHUTE (ka-u-t'), s. f. Petite loge, mauvaise hutte. Le vice-consul allemand, logé dans une méchante cahute de plâtre, m'offrit à souper, chateaub. Itin. 30.

— HIST. xiie s. De joins [joncs] et de feuchière Estoit couverte la chahute, ernous caupains, ms. de poésies fr. dans lacurne. || xive s. Je lui ferai perdre sa quahute et son corps; et appelloit sa quahute une vieille maison où il demeuroit, du cange, cahua. || xvie s. Abraham est demeuré en foy en la terre promise, comme estrangier, habitant en cahuettes avec Isac et Jacob, calv. Instit. 332. Demeurant en une cahuette couverte de chaulme, Sat. Mén. p. 103.

— ÉTYM. Bas-lat. cahua, cahuca. On disait aussi cahurt pour capuchon : Aucuns sont en figure de capuchon ou cabuet de moine, paré, i, 8. Origine inconnue. Que hutte soit dans le mot (ca-hute, hutte, avec le préfixe péjoratif ca; voy. ca.... préfixe), c'est ce qui devient douteux quand on voit cahuette etquahule. La forme primitive paraît être raliur; Scheler propose l'ail, kaue. réduit.

fCAICHE (kè-ch'), s. f. Terme de marine. Petit bâtiment qui a un pont, qui porte une corne et qui est mâle comme le yacht. Quand elle [la flotte commandée par Tourville] vit celle des ennemis qui l'attendait sur le cap de Barfleur. composée de quatre-vingt-onze vaisseaux, sans compter vingtun autres i[ui étaient à vue, il y avait cinquante brûlots et un nombre infini de caiches, de finies et de frégates d'avis, Relation de la bat. de la Hougue, dans jal. 11 faut que vous fassiez bâtir deux ou trois caiches de six, huit et douze pièces de canon, pour servir de galiotes à donner des avis dans les armées navales, faire la guerre aux petits corsaires de Salé, et aller de port en port, même aux Iles d'Amérique, faire la guerre aux vaisseaux étrangers quiveulenl y aborder, COLBERT, à de Seuil, dans jal.

f CAÏD (ka-id), s. m. Titre, dans les États bar baresques, des gouverneurs de provinces ou de villes, des chefs militaires.

— ÉTYM. Arabe, kâid, chef, de kâda, conduire. CAÏEU (ka-ieu), s. m. Ternie de botanique. Petite

bulbe produite par une autre bulbe qui la remplace

CAI

CAI

CAI

et qui naît, Oii dans sa substance même (safran), ou à côté (tulipe), ou au-dessus (glaïeul) , ou audessous. Caïeux se dit en fait d'oignons de fleurs, et ce sont de petits commencements d'autres oignons, la quintinye, dans ménage. La reproduction des arbres par les boutures, celle des plantes par racines ou par caïeux, buffon. Animaux, Génération. De gros caïeux de lis paraissaient à la surface de la terre, chateaub. Itin. 33. || On écrit aussi cayeu.

— ÉTYM. Origine inconnue, tout intermédiaire manquant; à moins qu'on n'y veuille voir une prononciation altérée de caillcul (caillou), et une assimilation de forme avec un caillou.

t CAILLASSE (ka-lla-s', Il mouillées), s. f. Couche fragile dans une carrière ; marne caillouteuse.

— ÉTYM. Cail, radical de caillou (voy. caillou). CAILLE (kà-11', Il mouillées, et non cà-ye) , s. f.

Petit oiseau de passage à plumage grivelé. La caille est un gibier recherché. Un dimanche M. le maire chassait aux cailles dans mon pré, p. l. cour, ii, 290. || Fig. et familièrement. Être chaud comme une caille, avoir beaucoup d'ardeur. Je veux corrompre un député: Pour l'amour et la liberté II était plus chaud qu'une caille, bérang. Prétint. ||Fig. et familièrement. Caille coiffée,. femme galante.

— HIST. xine s. Ses escus ne li vaut le pan d'une ouaille, L'elme ne le clavain vaillant un œf de quaille, Tout soef l'abat mort que gaires n'i bataille, Ch. d'Ant. iv, 38). Et la caille le son escoute, Si s'en appresse [approche] et puis se boute Sous la rois [le rets] que cil a tendue, la Rose, 2)769. De crasses perdrix et de quailles, Fabliaux, barb. t. iv, 90. Tel plenté de quailles orent-il que tuit en furent repleni, Psautier, f" )28. || xivc s. Dist que miaux vault morir par armes et batailles Qu'estre pris à la roix [filet] en champ com une quaille, Girart de Ross. 2297. Plus fort volent sajettes qu'en champ ne vole caille, Guesclin, 5983. Il convient voler aux cailles depuis le mois de juillet jusques en aoust, Mênagicr, ni, 2.

— ÉTYM. Picard, coaillc, coille ; wallon , quaie; provenç. calha; catal. guatlla ; vieux espagn. coalla; ital. quaglia; bas-lat. quaquila; de l'allemand : flamand du moyen âge, quakele; anc. haut-allem. rcahtala; aïïem. moderne, wachtel.

1. CAILLÉ, ÉE (ka-llé, liée, II mouillées), part, passé. Sang caillé. On craint le lait trié ou caillé, j. j. rouss. Ém. i.

2. CAILLÉ (ka-llé, Il mouillées), s. m. Lait caillé. Manger du caillé. On désigne ainsi tantôt le lait coagulé en masse par des procédés artificiels, tantôt la matière caséeuse proprement dite qui reste après la séparation de la crème et du petit-lait.

— HIST. xvie s. Avant que mettre le caillé dans les esclisses ou cagerottes, pour le convertir en fourmage, 0. DE SERRES, 287.

— ÉTYM. Caillé t .

| CAILLEBOT (ka-lle-bo , Il mouillées) , s. m. Obier, espèce de viorne.

t CAILLEBOTE (ka-lle-bo-te, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Morceau de bois pour remplir un vide.

— ÉTYM. Voy. CAILLEBOTIS.

t CAILLEBOTIS (ka-lle-bo-ti , Il mouillées), s. m. Terme de marine. Ouvrage de menuiserie fait de lattes croisées à angles droits, et remplaçant, dans certaines parties du navire, le travail plein des panneaux, des ponts, etc.

— ÉTYM. Ital. carabottino.

CAILLEBOTTE (ka-lle-bo-f , Il mouillées), s. f.

Masse de lait caillé, coupée par morceaux. Manger des caillebottes.

— HIST. xvie s. Soubdain vous verrez l'eau prinse comme si fussent caillebotes, rabel. dans lacurne. Et en sort quelques membranes et caillebots de sang concret, et chair sans forme, que les matrones appellent faux germe, paré, xviii, 37.

— ÉTYM. Cailler (voy. ce mot) et botte ou bot, qui est sans doute le même que bout, extrémité, morceau.

t CAILLEBOTTE, ÉE (ka-lle-bo-té, tée, Il mouillées) , part, passé. Lait caillebotté.

f CAILLEBOTTER (ka-lle-bo-té, Il mouillées), v. a. || 1° Mettre, réduire en caillots. || 2° Se caillebotter, v. réfl. Se prendre en caillots.

— HIST. xvic s. De crainte que le lait ne se caillebotté et corrompe aux mamelles, pare, xviii, 26. Pour garder que le sang ne caillebottast et eongelast dedans le corps, id. Mumie, G. Son lait pourroit estre trop espais et caillebotté, m. xviii, 20.

— étym Caillebotté.

CAILLE-LAIT ( ka-lle-lè, Il mouillées), s. m.

Terme de botanique. Genre de la famille des rubiacêes. Le caillelait jaune (galium verum. L.).

— ÉTYM. Cailler et lait. C'est par erreur qu'on a attribué a ces plantes la propriété de cailler le lait.

CAILLEMENT (ka-lle-man, Il mouillées, et non ka-ye-man), s. m. Action de cailler; état d'un liquide qui se caille.

— ÉTYM. Cailler.

). CAILLER (ka-llé, Il mouillées, et non ka-yer), v. a. H 1° Faire prendre en caillot. || 2° Se cailler, v. réfl. Le lait se caille. Le sang se caille. || Avec ellipse du pronom se. Cela fait cailler le lait.

— HIST. xnc s. Coailliez est, sicumelait, li cuers d'icels, Liber psalm. p. )88. ||xmes. Pour ce apele il cel mont caillié et cras, qu'il est plenteïs de la grâce Dieu, Psautier, f" 78. || xvies. La collation de cerises, laitage, fraises, caillé, salades, des yvers , p. 521. Thrombus ou sang caillé, paré, xviii, )8. Il incise et atténue le sang caillé, id. viii, 32. Un pot de cresme estoit au milieu de nous deux, Et du laict sur du jonc caillotté comme glace, ronsard, 43. [Des femmes] se voyant ainsi belles, blanches, caillées, poupines et en bon point, brant. Daines galantes, t. 1, p. 282, dans lacurne. Le maistre de la maison qui estoit des plus gras, et pour cette cause on le nommoit l'enfant caillé, bouchet, Séries, livre m, p. 56, dans lacurne.

— ÉTYM. Espagn. cuajar ; portug. coalhar; ital. quagliare, cagliare ; de coagulare (voy. coaguler). Formation régulière, l'w bref ayant disparu, il est resté coaglare d'où coailler dans un texte du xne s. , et finalement cailler.

f 2. CAILLER (kâ-llé, Il mouillées), s. m. Machine à prendre les cailles; appeau qui contrefait leur cri.

— HIST. xve s. Une roiz et ung caillier à prendre cailles, du cange, caillier. Comme pauvres cailles trop crédules, par leurs caillets [appeaux] enchanteurs ils nous ont fait donner dans les retz des tyrans, Sat. Mén. p. )06.

— ÉTYM. Caille.

CAILLETAGE (ka-lle-ta-j', Il mouillées), s. m. Propos de caillettes. La vie uniforme et simple des religieuses, leur petit cailletage de parloir, j. j. rouss. Conf. 11.

— ÉTYM. Caillette 2.

CAILLETEAU (ka-lle-tô, Il mouillées) , s. m. Jeune caillé. On nous a servi des cailleteaux.

— ÉTYM. Diminutif de caillet, inusité, diminutif de caille.

f CAlLLETER(ka-lle-té, Il mouillées), v. n. Faire la caillette; bavarder.

— ÉTYM. Caillette 2.

(.CAILLETTE (ka-llè-f, M mouillées, et non ka-yè-t'), s. f. Quatrième estomac des animaux ruminants, ainsi nommé parce que le liquide acide qui en humecte la surface interne a la propriété de faire cailler le lait.

— HIST. xivc s. La fraze, c'est la caillette, la pance et lesboyauls, lesquels les tripiers vendent tous nettoies, Ménagier, 11, 5. || xvie s. Aux lieux qu'on vendoit jadis les friandises de langues, caillettes et pieds de mouton, Sat. Mén. p. 109.

— ÉTYM. Cailler ) .

2. CAILLETTE (ka-llè-f, Il mouillées, et non pas ca-yè-t'), s. f. Personne qui a du babil et point de consistance. Cet homme est une franche caillette. Les acteurs, qui étaient pour la plupart des caillettes de Parisiens, Francion, liv. iv, p. )42. Canillac lui reprocha [à Brancas] la futilité de son esprit, et son incapacité d'affaires et de secrets, et qu'en un mot il n'était qu'une caillette, st-sim. 447, 232. L'aîné [des fils de Larochefoucauld] était sans table, sans équipage, mais de grands biens, une cour de caillettes de Paris le soir chez sa femme, id. 352, )43 Chez l'espèce femelle, 11 brille encor, malgré son poil grison; Et n'est caillette en honnête maison Qui ne se pâme à sa douce faconde; En vérité caillettes ont raison ; C'est le pédant le plus joli du monde, j. n. rcmjss. Lirr. 11, ép. G. N'allez pas croire qu'elle examine jamais avec nos caillettes de Paris et nos aristarques modernes.... dider. Corresp. dans laveaux. Il ne peut y avoir que quelques esprits rampants et subalternes et quelques caillettes qui daignent modeler leur façon de penser sur la sienne, montesq. Correspondance, 56.

— hist. xvic s. Jamais nous n'avons eu que du mal par ces caillettes d'Italians illec, d'aub. Fcen. m, 19. Et nous grands badaux, et caillettes, sots en latin et en français, de l'avoir enduré , Sut. Mén. p. 83. Ce n'est pas sans cause que les autres nations nous appellent caillettes, puisque comme pauvres cailles coiffées, et trop crédules, les prédicateurs et sorbon-

nisles, par leurs caillets [appeaux] enchanteurs, nous

ont fait donner dans les retz des tyrans, ib. p. )G0.

— ÉTYM. Diminutif de caille : ne valant pas mieux qu'une caille, ou gazouillant comme une caille.

t 3. CAILLETTE (ka-llè-f, Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires du pétrel.

CAILLOT (ka-llo. Il mouillées, et nonka-yo ; le t ne se lie pas dans la conversation; Vs se lie : des ka-llo-z épais; au pluriel caillots rime avec dos, faux, etc.), s. m. Petite masse d'un liquide coagulable par une action chimique ou par la chaleur. Le caillot du lait. Un caillot d'albumine. || Terme de médecine. Masse rouge ou rougeâtre, friable, formée par le sang dans lesvaisseaux où il a cessé de circuler, dans les cavités, soit naturelles, soit accidentelles, où il s'est épanché, dans les vases où on le reçoit pendant la saignée, etc. Le sang de la saignée se prit en un caillot. Cracher des caillots de sang Le sang qui durcit en caillots, lamart. Joe. vi, )54.

— HIST. xvie s. Les trombus et caillots de sanp, paré, Mumie, 8. Tel flux se connoistra par ce qu'il sera plus gros et plus noir, et qu'il sort par trombes et caillons, jd. xviii, 65.

— ÉTYM. Cailler 1 .

CAILLOT-ROSAT(ka-llo-ro-za, Il mouillées),. s. m

Poire ainsi nommée parce qu'elle est pierreuse et a un goût de rose.

— ÉTYM. Caillou (la forme caillotté se trouve dans des patois) et rose. Ménage dit- que poires de cailleau se trouve dans le roman de la Rose.

CAILLOU (ka-llou, Il mouillées, et non ka-you), s. m. Il 1° Pierre très-dure, qui fait feu sous l'acier. Et quand d'âpres cailloux la pénible rudesse De tes pieds délicats offensent la faiblesse, a. ché.nier, Élég. 3. Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant. Il fait jaillir un feu qui pétille en sortant, boil. Lutr. m. H Fig. Il a le cœur dur comme un caillou, ou un cœur de caillou, c'est-à-dire ilest trèsdur. Tous ces gens-là, monsieur, ont des cœurs de caillou, regnard, le Joueur, n, 9. H 2° Cailloux, pierres qui ont l'apparence du cristal, comme les cailloux de Médoc, du Rhin. || Caillou d'Egypte, sorte de jaspe très-figuré. || Nom de plusieurs pierres employées dans la fausse bijouterie. || 3° Terme de géologie. Tout fragment de roche peu volumineux. Il 4° Outil pour décrasser le creuset des ouvriers en cuivre.

— HIST. xme s. Si durement [elle] s'estoit hurlée à un chaillo, Berte, xxxn. Sailli la veille en mi la rue; Tiercelins vit que vers li rue Qaillous et pierres.... Rcn. 722). Cil drecent au chastel perrii re . Grans cailloux de pesans perrieres, Por les murs rompre, lor envoient, la Rose, ) 6066. Dont veïssiés ribaus d'assaillir aatis, Et jeter aus fondu fies ees grans caillaus massis, Ch. d'Ant. vi, 982. ||xry" s. Lors li a dit li roys que il avoit en son courage que le diz augures trenchast avecque son raseur un ob.alleuz à travers : Pren donques, dist-il, cest challeul, bercheure, f° )9, verso. Bien estaient ung cent, que queuls, que boutillier, Qui veïst sur Bertran venir et costier Et jeter grans chaillos pour lui à empirier, Guesclin, 960. ||xve s. Ce n'estoient cailliel ne fust, Mais chevaus et florins sans compte, froiss. Buiss. de jeun. Fine, franche, ferme et de hait Pour faire saillir estincelle D'un caillou par bonne cautelle, coquillart, Droit nouveau.

— ÉTYM. Berry, chillou, chaillou, caille; caillotté, chillotte, petit caillou; Saintonge, chail; picard, cailleu; wallon, caie; namurois, caiau; roucbi. caliau ; provenç. calhau; portug. ealhào. Met difficile. Diez . faisant ressortir l'analogie entre cailler et durcir, propose cailler, acceptable pour le sens; mais, si caillou avait même origine que cailler, on trouverait parfois dans les anciens textes coaillcm (voy. l'historique de cailler); ce qui n'arrive jamais. Grandgagnage le tire du flamand kai. kei, caillou. À cause du sens, on ne peut guère, jusqu'à présent du moins, admettre que calculus; d'où, par suppression del'u bref, calclus; d'où chail ou chaille; d'où, avec un suffixe ou, caillou ou chaillou. Ce suffixe ou et ait dans le provençal fait difficulté; car représentant la finale latine avus (clarus, clou), on ne voit pas comment il s'est joint à cail. Au reste les suflues ont varié : il y a eu or, otte, cul. ici. tous snfiixes qui vont beaucoup mieux au primitif cail que le suffixe avus. Le celtique cal, dur, a été indiqué.

CAILLOUTAGE (ka-llou-ta-j', Il mouill ka-you-ta-j'), s. m. Ouvrage fait de cailloux. Ces murs sont ainsi composés : un lit de une maçonnerie mêlée, une couche de cailloutage, chateaubr. Ttin. u, 306. j| Faïence fine ; terre à pipes

— hist. xvie s. En fustes quitte pour trois ou quatre mousquetades qui vous sifflèrent aux oreilles, et

CAI

autant qui firent voler la poudre et sauter le cailà l'entour de vos pieds, sully, Mém. t. iv,

p. 156, dans LACURNE.

— ÉTYM. Caillou.

+ CAILLOUTÉ, ÉE (ka-llou-lé, tée, Il mouillées, et non ka-you-té), part, passe. Garni de cailloux.

\ CAILLOUTÉE (ka-llou-tée, Il mouillées) , s. f. || 1° Faïence fine. || 2" Sorte d'enjolivement pittoresque fait de cailloux de diverses couleurs dans les jardins.

— ÉTYM. Caillou.

t CAILLOUTER (ka-llou-té. Il mouillées), v. a. Terme de ponts et chaussées. Garnir de cailloux.

— ÉTYM. Caillou.

f CAII.LOl'TEUR (ka-llou-teur , Il mouillées), s. m. Celui qui cailloute. || Ouvriertaillantlespierresàfusil.

— étym. Caillouter.

CAILLOUTEUX, EUSE (ka-llou-teû, teû-z', Il mouillées, et non ka-you-teû), adj. Plein de cailloux. Un sol caillouteux.

— ÉTYM. Caillou.

r CA1LLOUTIS (ka-llou-ti, Il mouillées), 5. m. Terme de ponts et chaussées. Caillous qui couvrent un chemin.

— ÉTYM. Caillouter.

CAÏMAC (ka-i-mak), s. m. Voy. kaïmac.

CAÏ.MACAN (ka-i-ma-kan), s. m. Lieutenant du grand vizir.

— Étym. Mot arabe composé de kâim, tenant, et makâm, lieu: lieutenant.

CAÏMAN (ka-i-man), s. m. Espèce de crocodile. Cette rivière [dans les Florides] était remplie de caïmans, chateaub. Voy. Am. 430.

— ÉTYM. Acayoûman, nom du crocodile en langue caraïbe, Dict. fr. caraïbe du p. Raymond breton, Auxerre, 1661. Indi aquelzoallin, alii caymanem vocant, nierembehg, Hist. nat. xu, 5. De los lagartos 0 caymanes qua llaman (des lézards ou, comme on dit, caïmans), acosta, Hist. nat. de Indias, m, 17.

CAIMANDER (ké-man-dé) , v. n. voy. quémander.

CAIMANDEUR, EUSE (ké-man-deur, deû-z'), s. m. et f. Voy. quémandeur.

+ CAÏNITE (ka-i-ni-f) , s. m. Nom de gnostiques qui honoraient Ca'm et Judas, et qui avaient un évangile sous le nom de ce dernier personnage.

— ÉTYM. Caïn.

CAÏQUE (ka-i-k'), s. m. Sorte d'esquif d'une forme gracieuse et légère, en usage dans l'Archipel et à Constantinople. Je retournai au vaisseau sur un caïque, chateaub. Itin. 26. || Autrefois, sorte de chaloupe qui servait ordinairement avec les galères dans la Méditerranée. On envoya le caïque reconnaître les ennemis. || Dans lexvn" siècle, le genre ni l'orthographe n'étaient déterminés. La cahique de Vinceguerre ayant rencontré un bateau pêcheur, le mena à la capitaine, Relation du marquis de Brézé, t642, dansjAL. [Les pirates de la Russie méridionale] vont quelquefois jusques à trois ou quatre lieues de Constantinople avec leurs caïcs tant seulement, qui sont de petits vaisseaux de rame, en chascun desquels il n'y a la plupart du temps que trente ou quarante soldats, Le père dan, Hist. de Barbarie, 1649, liv. 1, p. 10, dans jal.

— ÉTYM. Mot turc, kâik.

| CAIRE (kô-r'), s. m. Écorce du fruit du cacaotier servant à faire des cordes et des écorces.

f CAIRN (kèrn), s. m. Monticule de terre et de pierres élevé par les Celtes en Bretagne, en Ecosse, en Irlande.

— ÉTYM. Gaél. carn ou cairn, tas de pierres.

f CAIRON (ké-ron) , s. m. Sorte de pierre servant à former les bords de la chaudière des savonniers.

CAISSE (kè-s'), s. f. H 1° Coffre de bois pour le transport des marchandises. Remplir les caisses. Charger les caisses sur un camion. || 2° Assemblage de planehes ayant un fond et dans lequel on plante des fleurs et des arbustes. 11 y a un bois entier d'orangers dans de grandes caisses, sév. 202. Tout était plein de fleurs dans des caisses, id. 387. || Terme de chirurgie. Caisse à amputation, caisse à trépan, caisse contenant les instruments nécessaires pour amputer, trépaner. Caisse à médicaments, boîte garnie d'instruments, de médicaments. || 3" Coffre dans lequel on dépose l'argent. Tirer de l'argent de sa caisse. La caisse fut forcée par des voleurs. Les caisses de l'État. || Le bureau où est la caisse, où se font les payements. Allez à la caisse, vous serez payé. La caisse est fermée. || Les fonds mêmes qui sont en caisse, ou qui sont à la disposition du caissier. Sa caisse est de cent mille écus. || Livre de caisse, le registre où sont inscrits les mouvements de fonds.

CAI

Il Tenir h caisse, diriger les opérations d'une caisse, avoir le maniement de l'argent. || Caisse militaire, la caisse du régiment, les fonds destinés à payer les troupes. Il Caisse des pensions, les fonds affectés au payement des pensions de retraite. || Établissement où l'on dépose des fonds. Caisse d'amortissement. L'établissement de la caisse d'amortissement, volt. Lett. Ta bareau, octobre 1768. || Caisse d'épargne, établissement où l'on reçoit de très-petites sommes dont l'intérêt est payé et capitalisé, et qui a pour but de faciliter les économies des ouvriers, des domestiques, et, en général, de toutes les personnes dont le revenu est très-petit. || 4° Le cylindre d'un tambour, et, par extension, le tambour même. Caisse de tambour. La caisse est crevée. Les voyageurs battent de la caisse pour les empêcher d'approcher [les éléphants], buffon, Éléphant. Amour voulant lever un régiment Battait la caisse autour de ses domaines, j. b. rouss. Vers allégoriques au duc de Bourg. || Caisse roulante, tambour allongé, employé surtout dans la musique militaire. || Grosse caisse, espèce de très-grand tambour employé dans la musique militaire. || L'artiste qui en joue. Faites signe à la grosse caisse. || Terme d'anatomie. Caisse du tambour, cavité demi-sphérique qui se trouve au fond du trou auditif externe. || 5° Le corps d'une voiture. || 6° Terme de physique. Caisse catoptrique, instrument d'optique qui grossit de petits corps très-rapprochés. || 7° Terme de cuisine. Papier plié en carré avec rebords où l'on fait cuire les biscuits, etc. Champignons en caisse. || 8° Terme de marine. Caisse à eau, grand vaisseau en fer dans lequel on met l'eau nécessaire au navire. || Morceau de bois, ayant en général la forme d'un ellipsoïde aplati, qui renferme le rouet de la poulie. || Caisse d'un mât, nom donné à la partie quadrangulaire servant de pied à un mat de hune, de perroquet ou de cacatois. Il 9° Terme d'architecture. Renfoncement carré entre les modillor.s de la colonne corinthienne. Il 10° Ce qui renferme le mouvement d'une pièce d'horlogerie. || li°Terme d'artificier. Caisse aérienne, ballon rempli de fusées et d'artifices divers.

— HIST. xvie s. Quelques soudards, cuidans que ce fust or ou argent qu'il portast en ceste quesse, le tuèrent, amyot, Marcell. 29. Qu'a fait ce tambour pour le battre, il n'a point failli; mais s'il avoit battu la quaisse, il seroit battu, d'aub. Hist. 11, 348. Us sortirent mèche esteinte, la caisse desbandée, id. ib. 11, 370. Les quesses sont faites de fer blanc ou de bois : leur usage est de tenir les os en bonne figure, paré, xii, 8. Ils n'eussent osé battre casse ny tambour en leur quartier, carloix, vu, 3. Que les escus seraient nombrez, et mis en des casses de boys, puis seroient emballées les dittes casses et scellées des seaux des dits députez, M. du bellay, p. 159. Tels réceptacles [fosses pour enfouir les pierres tirées d'un champ] sont appelés caisses, comme enfermans les pierres qu'on y met reposer, 0. de serres, 66. Aucuns gardent leurs bleds enfermés dans des grandes quaisses, id. 134.

— ÊTYM. Bourguig. caisse, poêle à frire ; wallon , case; provenç. cayssa, caissa; catal. capsa; espagn. caxa ; portug. caixa; ital. cassa; du latin capsa, coffre.

f CAISSETIN (kè-se-tin) , s. m. Petite caisse ou armoire où l'ouvrier range les dorures et les soies qu'il emploie. || Petite caisse de sapin dans laquelle on envoie de Provence les raisins séchés au soleil.

— étym. Caisse.

CAISSIER (kè-sié; IV ne se prononce jamais : un kè-sié habile; au pluriel: des kèsié-z habiles), s. m. Celui qui tient la caisse d'un banquier, d'une administration, et qui en dirige les opérations. || S. f. Caissière, femme qui, dans certains magasins, tient la caisse de l'établissement.

— ÉTYM. Caisse.

CAISSON (kè-son), s. m. || 1° Grande caisse placée sur un train à quatre roues. Les caissons servent à porter des vivres et des munitions. St-Frémont fut détaché le 1 8 avec presque tous les caissons de l'armée, sous prétexte d'aller quérir un grand convoi au fort Louis, st-simon, 47, 49. H 2" Terme d'architecture. Compartiments, ornés de moulures, dont on décore les plafonds et les voûtes. Il 3° Petit coffre dans un carrosse. || 4° Coffre en charpente, pour maçonner au fond de l'eau. H 5° Terme de marine. Banquette renfermant des provisions de table. || 6° Terme de menuiserie. Bout de tringle ajusté haut et bas à un volet.

— HIST. xvi°s. Eschelles à assaillir places, cassons à porter pain en camp, et autres tels équipages,

— étym. Caisse.

CAJ 455

fCAJEPUT (ka-je-puf), s. m. Terme de pharmacie. Huile volatile fournie par la distillation des feuilles et des rameaux d'un arbuste des îles Moluques (melaleuca ca.jeputi).

t CAJOLABLE (ka-jo-la-bl'), adj. Qui peut être cajolé. Mme de Warens se mit à cajoler Grossi , qui pourtant n'était pas trop cajolable, j. j. rouss. Confess. v.

— ÉTYM. Cajoler.

CAJOLÉ, ÉE (ka-jo-lé, lée) , part, passé. Un enfant cajolé par sa bonne. Cette jeune fille cajolée par les garçons du village.

CAJOLER (ka-jo-lé), v. a. || 1" Employer des paroles, des manières caressantes pour gagner quelqu'un. Il se porte au-devant, lui parle, le cajole, Régnier, Sat. vin. Ce sont des contes plus étranges Qu'un renard qui cajole un corbeau sur sa voix, la

font. Fab. n, 1 Dit d'abord un ami qui veut me

cajoler, boil. Ép. vi. L'on en sort [des boutiques de Paris] quelquefois à bon marché : une jeune marchande cajole un homme une heure entière, pour lui faire acheter un paquet de cure-dents, montesq. Lett.pers. 58. Le compliment est d'un amant adroit, et vous avez entendu dire qu'il fallait cajoler les mères pour obtenir les filles, mol. Am. magn. i, 2. | 2° Tâcher de plaire à une femme par paroles et manières. Les coqs ne chantent point, je n'entends aucun bruit, Sinon quelques zéphyrs, qui le long de la plaine Vont cajolant tout bas les nymphes de la Seine [c'est-à-dire, caressant, frôlant les eaux de la Seine], racan, Berg. Alcidor,i, I. 11 cajolait la jeune bachelette, la font. Cloch. Il ne cajole point sa femme, la bruy. 13. Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse, corn. Médée, v, 7. || Absolument. Tudieu! comme avec lui votre langue cajole! mol. Éc. des femmes, v, 4. Et je m'assure aussi tellement en sa foi, Que, bien que tout le jour il cajole avec toi, Mon esprit te conserve une amitié si pure, Que, sans être jaloux, je le vois et l'endure, corn, la Suivante, n, 8. || 3° Terme de marine. Faire marcher un vaisseau contre le vent, en profitant d'un courant. || F. n. Faire de petites bordées. Les brûlots ennemis ne pouvaient, en cajolant et en se laissant dériver aux courants, présenter que la proue ou la poupe aux vaisseaux fiançais, Relation du combat de la Hougue, dans ;.«.. || 4° V. n. S'est dit du cri du geai. C'est en ce sens que Régnier l'a pris activement : Sa barbe pinçoter, cajoler la science [parler le jargon de la science].

— HIST. xvi" s. Vaut mieux, suivant le vieil usage. Un vau de vire cajoler [chanter] Que mal parler, j. le houx, ii. Quelque soupçon qu'eust cette pauvre femme, il la cajola de manière que d'aub.

Hist. i, 33.11s piolent comme poullets, ils cageollent comme les gays, ils cacabent comme perdrix, paré, Animaux, 25. Je ressembleray au hibou, et croy qu'il y aura quelque gay ou meschant corbeau, ennemy de la vérité et de la republique, qui me cajolleront et becquetteront, id. Mumie. et Lie. Dédie. Il cajolle comme une pie borgne, oudin.

— étym. "Wallon, crajolé, cajolé, bigarré; namurois, cajoler, enjoliver. On le tire de cageole (espagn. gayola, portug. gaiola) , diminutif de cage: traiter comme un oiseau qui est en cage, ou plutôt, chanter comme un oiseau en cage et de là flatter ; car cageoler a signifié aussi chanter : cajoler un vau de vire. Mais cageole n'existe pas ou du moins n'existe que sous la forme geôle (voy. ce mot) ; cela fait difficulté. Aussi Grandgagnage pense que le mot n'a pas cette origine, à laquelle le sens du wallon ne peut s'accorder ; et qu'il faut y voir le radical jol qui est dans joli, avec un préfixe cra ou ca.

CAJOLERIE (ka-jo-le-rie), s. f.\\ 1° Paroles et manières par lesquelles on cajole. La nécessité apprend . la complaisance et la cajolerie aux âmes les plus libres et les plus altières, balz. le Barbon. Je n'ai point tant d'esprit pour tant de menterie : Je ne puis m'adonner à la cajolerie, Régnier, Sat. m. Un temps, sans lui parler, ma langue vacilla; Enfin je me remets sur les cajoleries, Lui dis comme le roi était aux Tuileries, id. Sat. vm. Le roi de Prusse ayant offert.... je lui ai repondu avec la cajolerie qu'il faut mettre dans les lettres qu'on écrit à des rois victorieux, volt. Lett. Richelieu, 19 août 1766. Voltaire m'écrase, il me persécute, peut-être me fera-t-il périr à la fin; grande merveille, avec cent mille livres de rente , tant d'amis puissants à la cour, et tant de si basses cajoleries contre un pauvre homme dans mon état! J. J. rouss. Lettr. Le Sieps, 8 févr. 1765. || 2° Propos et manières -dont on se sert pour gagner les bonnes grâces d'une femme. Souffrir, aimer la cajolerie. Use servit d» tout son esprit et de toute sa cajolerie pour exagérer l'agréable.

CAI

CAL

CAL

caprice de sa maîtresse, scarr. Rom. row.ch. 9. Séduire les personnes innocentes et simples par des cajoleries affectées, fléch. Serm. n, 57. Ces assemblées étaient un rendez-vous tumultueux de vanité, de curiosité, de cajolerie, id. ib. n, 67.

— HIST. xvie s. Il est admirable en telle cajolerie, quand il veut regagner un serviteur dont il croit pouvoir avoir besoin, sully, dans le Dict. de

DOCHEZ.

— étym. Cajoler.

CAJOLEUR, EUSE (ka-jo-leur, leû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui cajole. Elle n'eut pas la force de chasser tous ces cajoleurs, scarron, Rotn. com.

chap. s Et ce beau cajoleur, Avec qui je t'ai

vue en douce confidence, hauteroche, Nobles de province, iv, 4.

— HIST. xvic s. Son mari alléguant pour vice, qu'elle n'estoit pas assez complaisante et cageoleuse ; je suis, dit-elle, matrone et femme de bien, d'aub. Jlist. Préf. 3. Ces cajoleurs de cour qui semblent n'y estre que pour faire des exclamations et des admirations de tout ce qu'ils voyent et oyent, sully, Mem. part. 2, ch. i • , dans lacurne.

— étym. Cajoler.

f CAJOT (ka-jo), s. m. Terme de pêche. Espèce de cuve pour faire l'huile de foie de morue.

f C.UOTTE (ka-jo-f), s. f. Voy. cachotte.

f CAJUTE (ka-ju-f), s. f. Terme de marine. Petite chambre dans un navire. || Chambre du capitaine. || Lit en forme d'armoire.

— ÉTYM. Holl. kajuit.

CAL(kal), s. m. || 1° Durillon. Il vient des cals aux mains à force de travailler. || On dit plus souvent calus. || 2" Terme de chirurgie. Cicatrice des os à la suite d'une fracture. || 3° Masse endurcie sur un végétal.

— HIST." xvie s. Le cal des cors est dur et espais comme la corne de lanterne, paré, v, 31.

— ÉTYM. Callus, callosité.

CALADE (ka-Ia-d'), s. f. Terme de manège. La pente d'un terrain par lequel on fait descendre un cheval au petit galop, pour donner de la souplesse à ses hanches.

— étym. Ital. calata, de calare, caler (voy. ce mot), laisser tomber.

f CALAGE (ka-la-j'), s. m. Terme de marine. Action de caler.

— étym. Caler.

f CALAIS (ka-lè), s. m. Sorte de panier, particulièrement à l'usage des marchands des halles. || À la halle de Paris, mesure adoptée pour certains légumes tels que la chicorée sauvage; il contient \ 2 têtes.

CALAISON (ka-lè-zon), s. f. Terme de marine. Quantité dont un bâtiment plonge dans l'eau, en raison du chargement.

— ÉTYM. Caler.

CALAMBAC (ka-lan-bak) , CALAMBART (ka-Ianbar), CALAMBOUC (ka-lan-bouk), CALAMBOU(kalan-bou) ou CALAMBOUR (ka-lan-bour) , s. m. Bois odorant des Indes. Le cèdre, le calambou et le palo d'aquila ne sont rien au prix, voit. Letlr. 133.

f CALAME (ka-la-m'), s. m. Roseau dont les anciens se servaient pour écrire.

— étym. Calamus, roseau (voy. chaume).

CALAMENï (ka-la-man) , s. m. Terme de botanique. Plante labiée odorante (melissa calamintha, L.).

— HIST. xiii° s. Castoreum e calament Li douez à boire ensement, Ms. St-Jean. || xvi° s. Décoction de calamenthe, armoise, lavande, taré, xviu, 57. Armoise, calament, camomille, o. deserres, 902. Les jus de câpres, d'absynthe, de calaminthe, de cham£edris, id. 90t.

— étym. Calamintha, de y.aXa[uv6*i, de xx).ô;, beau, et de |iîv9ri, menthe (voy. ce mot).

-f CALAMIDE (ka-la-mi-d') , s. m. Terme de zoologie. Nom des polypes en forme de chaume ou de plume.

— ÉTYM. Calamus, chaume.

f CALAMIFÈRE (ka-la-mi-fê-r'), adj. Terme didactique. Qui porte des chaumes.

— ÉTYM. Calamus, chaume, et ferre , porter.

t CALAMIFORME (ka-la-mi-Jor-m'), adj. Terme didactique. Qui est en forme de chaume.

— ÉTYM. Calamus et forme.

CALAMINAIRE (ka-la-mi-nè-r'), adj. Voy. calamine.

CALAMINE (ka-la-m'r-n'), s. f. || 1° Terme d'ancienne chimie. Calamine ou pierre calaminaire, oxyde de zinc carbonate natif. || 2° Terre bitumineuse qui sert à affiner le cuivre.

— HIST. xive s. Le cent de chalomine doit quatre

deniers, du c ange, calammaris. Calamine pour mal des ieux, id. ib. || xvi° s. Prenez pierre calaminaire lavée, coquilles d'eeufs bruslés, corail rouge, pare, xvi, 28.

— ÉTYM. Bas-lat. calamina.

CALAMISTRÉ, ÉE (ka-la-mi-stré, strée), par!.

passé. Bouclé, en parlant des cheveux.

CALAMISTRER (ka-la-mi-stré), v. a. Mettre en boucles, en parlant des cheveux. Dans vos réduits où tout est peigné, ajusté, arrangé, calamistré, Diderot, Lett. à Mme lliccoboni.\\ Hors d'usage.

— ÉTYM. Calamistrare , de calamistrum, fera friser, de xaXoqiîç, même sens, de -/.â).a(j.o;, roseau (voy. chaume) , ainsi dit à cause de la ressemblance de cet ustensile rond avec un roseau.

t. CALAMITE (ka-la-mi-tf) , s.f. Gomme-résine, sorte inférieure de storax qu'on recueille dans des tiges de roseau.

— HIST. xvie s. Sandaulx, poudre de calamité, paré, xi, 15. Terebentine, styrax, calamité, oliban, benjoin, id. xxiv, 21 .

— ÉTYM. Calamus, roseau (voy. chaume).

2. CALAMITE (ka-la-mi-f), s. f. || i° Ancien nom de la pierre d'aimant, et, par suite, delaboussole. || 2° Calamité blanche, sorte de marne ou d'argile'blanche.

— HIST. xvie s. Voyez à la calamité de vostre boussole, RABEL. IV, 18.

— ÉTYM. Provenç. et catal. caramidu ; espagn. calamida ; ital. calamila; de calamus, roseau (voy. chaume), parce qu'on mettait la calamité dans un roseau ou sur une paille pour la faire flotter.

CALAMITÉ (ka-la-mi-lé), s. f. || lu Tout grand malheur public. La famine, la guerre, la peste sont des calamités. Est-il arrivé quelque calamité à Salente? fén. Tél. xxn. Un astre qui n'annonce que des calamités à la terre, mass. Petit car. Gloire. Après ces jours de sang et de calamités, volt. Zairc, ii, I. Job déplore les diverses calamités qui affligent la vie humaine, boss. dansLAFAYE. || 2" Infortune. Et qu'une femme enfin dans la calamité, corn. Poly. iv, 0. Ici, près des remparts de l'auguste cité, Il a marqué la fin de ma calamité, id. CEd. i, 1.

— HIST. xive s. Fortune, en autrui calamité, leur avoit donné enseignement de eschiver semblable injure, bercheure, f° G7, recto. Qui ses biens presens garde sans superfluité, De legier ne puet pas avoir calamité, Girarl de Ross. 3017. Et après en sa vieillesse il cheït en très grant misères et en trèsgrant calamités, oresme, Éth. 22. || xvie s. En la calamité de l'exil où il se trouvoit, amyot, Thém. 46. La calamivé des mulots, le descliet des greniers et la mangeaille des charançons et mourrins, rab. Pant.

— ÉTYM. Provenç. calamitat; espagn. calamidad; ital. calamità; de calamilatem, lequel, signifiant proprement perte des récoltes, aurait été tiré de calamus, chaume; mais le suffixe itas n'a pas ce sens, ne signifiant que la possession d'un attribul : bonitas, bonté, qualilas, qualité; et calamité ne pourrait signifier que la qualité d'être chaume; à moins que, forçant le sens de ce suffixe, les Latins n'y aient vu la qualité d'être bon ou mauvais, et finalement, par une exclusion qui n'est pas rare dans les langues, la qualité d'être mauvais chaume, mauvaise récolte, calamité. Toutefois, d'autres étymologistes regardent l'origine du mot comme inexpliquée et croient à un radical cal signifiant mal et qui se trouverait dans cal-umnia et dans incol-umis.

f CALAMITEUSEMENT ( ka-la-mi-teû-ze-man ), adr. D'une façon calamiteuse.

— HIST. xvie s. Calamiteusement, cotgrave.

— ÉTYM. Calamiteuse, et le suffixe ment. CALAMITEUX, EUSE (ka-la-mi-teù , teû-z') , adj.

Fécond en calamités. Le mari de Mme de Navailles, le plus fidèle confident du cardinal Mazarin jusque dans les temps les plus calamiteux de sa vie, stsim. 138, 12. Mme de Maintenon vanta la longueur de la pénitence de Villeroy, sa désolation de ne pouvoir être auprès du roi dans des moments si calamiteux, ID. 325, 5.

— HIST. xvie s. La plus calamiteuse et fraile de toutes lescreatures, c'est l'homme, et quand et quand la plus orgueilleuse, mont, ii, 156. Quant à moy, j'ay toutes vouluntez convenables au calamiteux estât où je me treuve maintenant, amyot, Thém. 50. Ils estoient desja espris du malheureux et calamiteux désir de la Sicile, id. Péricl. 42. [L'homme] bref la plus calamiteuse et misérable chose du monde, charron, Sagesse, i, 36. Aux exemples des tyrans, les princes peuvent observer leurs fins avoir esté calamileuses, du iiaillan, Ilist. Épître,

— étym. Calamitosus, de calamitas (voy. calamité).

f CALANDRAGE (ka-lan-dra-j'), s. m. Opération que les étoffes subissent avant d'être livrées au commerce.

— étym. Calandrer.

1. CALANDRE (ka-lan-dr') , s. f. Sorte d'alouette, dite aussi grosse alouette et sentinelle.

— HIST. xme s. Kalendre est uns oiziaus tousblans: li siens poumons garist del obscurté des iex, de qui la Bible défient que nus ne mangust, Bibl. des Chartes, 4e série, t. v, p. 33». Lors s'évertue, et lors s'envoise Li papegaus et la kalandre, la Uose , 78. || xive s. Quant il se treuve as champz dessus l'ample pais, Et il ot la calandre et le chant desmauvis, Baud. de Seb. vi, 36!). || xvie s. Incontinent que Visconlin mourut, Son aine entra au corps d'une calendre.... Ores qu'il est calendre devenu, Il contrefait tous les oyseaux du monde, marot, m, 33.

— ÉTYM. Provenç. et ital. culandra; espagn. calandria; portug. calhandra; probablement, à cause de la huppe que porte cet oiseau, de caliendrum , bonnet, de xotf.Xvivrpov , ornement.

2. CALANDRE (ka-lan-dr'), s.f. Nom vulgaire de la calandre granaire (coléoptère), dite cusson dans le midi de la Fiance, et appelée généralement charançon du blé ou simplement charançon, legoarant. Il La calandre des palmiers, nommée vulgairement ver palmiste.

— ÉTYM. Bas-latin calandrus; anglais, calender. Origine inconnue, à moins de quelque assimilation avec la calandre, oiseau.

3. CALANDRE (ka-lan-dr'), 4'. f. Machine de bois avec laquelle on tabise les taffetas et d'autres étoffes de soie. J'étais à l'étendage dans la chambre de la calandre, j. i. rouss. Prom. 4.

— ÉTYM. Bas-lat. calendra, de cylindrns (voy. cylindre). C a pu garder le son dur à cause qu'il se trouvait devant y, comme dans coing de cydonium.

CALANDRE, ÉE (ka-lan-dré, drée), part. passé. Passé à la calandre.

fCALANDRELLE (ka-lan-drè-1'), s. f. Espèce d'alouette (alouette brachydactyle), dite aussi alouette des sables.

— ÉTYM. Diminutif de calandre 1.

CALANDRER (ka-lan-dré), v. a. Faire passer par

la calandre, opération qui a pour but de presser et lustrer une étoffe.

— ÉTYM. Calandre 3.

| CALANDRETTE (ka-Ian-drè-f), s. f. Grive de

vigne.

— ÉTYM. Diminutif de calandre 1.

f CALANDREUR (ka-lan-dreur) , s. m. Ouvrier

qui calandre.

f CALANGUE (ka-lan-gh'), s. f. Synonyme de crique ou petite baie dans la Méditerranée.

— ÉTYM. Ital. calanca.

f CALANQUE (ka-lan-k'), s.f. Terme de marine.

Petit coin pour assujettir un objet.

— ÉTYM. Caler.

f CALAO (ka-la-o), s. m. Nom d'un oiseau (bu-

ceros).

f CALAP1TE (ka-la-pi-t') , s.f. Nom de concrétions qui se forment dans les noix de coco.

f CALATHIDE (ka-la-ti-d). *-. f Terme de botanique. Assemblage de petites fleurs portées sur un réceptacle commun.

— ÉTYM. Ka),a6iç, corbeille.

t CALATHIFORME (ka-la-ti-for-m') , adj. Terme

de botanique. Qui est en forme de corbeille.

— ÉTYM. Calathus, corbeille, et forme.

CALATRAVA (ka-la-tra-va) , s. m. Ordre militaire

très-célèbre qui fut fondé en 1 1 58 à Calatrava, sous Sanche III de Castille, pour défendre cette ville contre les Maures. Les chevaliers de cet ordre se mariaient une fois et faisaient vœu de pauvreté, d'obéissance, de chasteté conjugale, vœu auquel, plus tard en 1652, ils ajoutèrent celui de soutenir l'immaculée Conception de la Vierge. Cet ordre était soumis à l'ordre de Citeaux. Les chevaliers portaient en cérémonie un grand manteau blanc, sur lequel il y avait du côté gauche une croix rouge fleurdelisée.

CALCAIRE (kal-kê-r'), adj. || 1° Qui est de la nature de la chaux, où il y a de la chaux. Terrain calcaire. Matière calcaire. Pour l'incrédule, les montagnes sont des protubérances de pierres calcaires ou vitrescibles.CHATEAiBR. Gén. m, 45. || 2°S. wi. Terme de géologie. Roche essentiellement composée de carbonate de chaux. On distingue : 1° le calcaire primitif, quiest le marbre, d'un grain égal, ne ponant aucune empreinte de corps organisés; 2° le calcaire ancien ou de transition, d'un tissu compacte, et ne

CAL

contenant que pou de corps marins; 3° le calcaire coquillier, ainsi nommé parce qu'il contient beaucoup de coqu lies.

i iwi. Calcarius, decalx. chaux (voy. chaux).

f CALCANÊEN, ENNE (kal-ka-né-in, nè-è-n'), adj. Qui se rapporte au calcanéum.

\ CALCANÉO... Préfixe dont se servent les anatomistes pour indiquer des rapports du calcanéum : calcanéo-scaphoïdien.

CALCANÉUM (kal-ka-né-om') , s. m. Terme d'anatomie. Os court, situé à la partie postérieure et inférieure du pied, et faisant partie du tarse.

— H1ST. xvie s. Le calcanéum est le plus gros d'entre les autres [os du pied], et sur lequel nous marchons. TARÉ, IV, 38.

— étym. Calcanéum, de calcare, fouler au pied, f CALCAKÉO.... Préfixe dont se servent les géo-

logistes pour indiquer que le calcaire entre dans certains composés : calcaréo-ferrugineux.

t CALCAREUX, EUSE (kal-ka-reù, reû-z'), adj. Terme de minéralogie. Qui contient de la chaux ou des pierres calcaires.

— ÊTYM. Voy. calcaire. Calcarcux est un gros-

irbarisme; calcaire ne pouvant en aucun cas mener a caicareux.

f CALCARIFÈRE (kal-ka-ri-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'un éperon.

— ÊTYM. Cnlcar, éperon, et ferre, porter.

f GALCARIFORME (kal-ka-ri-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un éperon.

— ÉTYM. Calcar, éperon, et forme.

CALCÉDOINE (kal-sé-doi-n') , s. f. Pierre précieuse de couleur bleue ou jaunâtre, qu'on met au rang des agates, et sur laquelle on grave aisément.

— Hisr. xir' s. .1 agences, saphirs, calcédoines, Romancero, 59. ||xrves. Calcidoine est une pierre palle et de couleur obscure, qui est ainsy comme moyenne entre la couleur du beril et dejacinte. Geste [lierre est engendrée de la rousée, si comme dient aulcuns, de la borde, Émaux, p. 200. Un signet d'or à un cassidoine, où est taillie la teste d'une femme, id. ib. \\ xvi" s. Quantestdu calcidoine, pa-

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