MOT. PE M MNGUB FRANÇAISE
CAL
f CALCILITHE (kal-si-li-f), s. f. Terme de minéralogie. Pierre de chaux compacte.
— étym. Calx, chaux, et XtOoç, pierre.
t CALCIN (kal-sin), s. m. Verre qui provient des rognures de glace. || Verre réduit en parcelles par la calcination suivie de l'immersion dans l'eau froide. [! On dit aussi casson.
— ÉTYM. Voy. CALCINER.
f CALCINABLE (kal-si-na-bl'), adj. Qui peut être calciné. Une pointe de roche escarpée lui [à Anriibal] fermait le passage, il la rendit calculable, volt. Sing. 9. Pierres calcinables ou marbres, buff. Théorie de la terre, art. ix.
— ÉTYM. Calciner.
CALCINATION (kal-si-na-sion) , s. f. || 1° Autrefois réduction des pierres calcaires en chaux par l'action d'un feu violent. || 2° Aujourd'hui, opération dans laquelle on soumet a une chaleur très-élevée une substance infusible, mais sensiblement altérable. 1 00 livres de plomb produisent, après la calcination, jusqu'à I 10 livres de minium, volt. Feu, 1, 2.
— étym. Calciner.
f CALCINE (kal-si-n'), s. f. Oxyde métallique en poudre servant à faire les émaux.
CALCINÉ, ÉE (kal-si-né, née), part, passé. || 1° Réduit en chaux ou oxyde métallique. || 2° Trèséchauffé. Tous ces rocs calcinés sous un soleil rongeur, Brûlent et font hâter les pas du voyageur, a. Chénier, 3'». Il 3" Brûlé. Un rôti calciné. || Fig. Mon sang est calciné, la fièvre me consume, j. 1. rouss. Lettr. l'eyrou, fi avril 1765. || Il a le corps calciné, se dit d'un homme qui fait abus des liqueurs alcooliques.
CALCINER (kal-si-né), v. a. ||1° Terme de Chimie. Réduire par l'action du feu en ce qu'on nommait chaux autrefois, ce nom de chaux étant alors donné à tous les oxydes métalliques, et surtout à ceux qui avaient des propriétés alcalines. || 2° Soumettre à une forte chaleur. Calciner le salpêtre, le vitriol, lesmétaux, etc. || 3" Se calciner, v. réfl. Cette pierre s'est calcinée dans le feu.
— HIST. xvie s. Calciner, se dit de toutes choses qui se rendent en chaux ou en poussière par l'action du feu, PALISSY, 378.
— ÉTYM. Calx, chaux (voy. ce mot).
f CALCIQUE (kal-si-k'), adj. Terme de chimie. Qui a rapport à la chaux.
— ÉTYM. Calx, chaux.
f CALCITRAPE (kal-si-tra-p') , s. f. Terme de botanique. Voy. ciiaussetrape, plante.
f CALCITRAPÉE (kal-si-tra-péé) , .9. f. Terme de botanique. Nom de la famille de plantes dont la ciiaussetrape est le type.
f CALCIUM (kal-si-om') , s. m. Terme de chimie. Métal qui, par sa combinaison avec l'oxygène, constitue la chaux.
— ÉTYM. Calx, chaux.
CALCUL (kal-kul), s. m. || 1° Terme de médecine. Concrétion pierreuse qui se forme dans certains organes. Calculs biliaires, urinaires, etc. || La maladie même. Avoir le calcul. Peu usité en cet emploi. Il 2° Opération par laquelle on trouve le résultat de la combinaison de nombres ou de quantités. Calcul exact. Calcul faux. Sauf erreur de calcul. || De calcul fait, tout bien compté. Scapin, elle obéit à sa mère, je suis perdu; il y a de l'erreur de calcul, regnard, la Sérénade, 7. || Absolument, le calcul, l'arithmétique. Dans cette école on apprend le français, l'histoire et le calcul. || En algèbre, le calcul, l'opération arithmétique. L'équation est posée; c'est au calcul à la résoudre, c'est-à-dire il n'y a plus à faire que les opérations arithmétiques qui donnent les valeurs de tous les termes inconnus. || Calcul différentiel, partie de l'analyse transcendante dans laquelle on considère des quantités infiniment petites s'évanouissant dans le résultat et permettant démettre en équation une foule de conditions géométriques, mécaniques et physiques. || Calcul intégral, partie de l'analyse qui est au calcul différentiel ce qu'est l'extraction des racines à la formation des puissances. Dans le siècle dernier l'invention des nouveaux calculs avait produit une révolution dans les sciences mathématiques, condorcet, Bourdelin.\\ Calcul aux différences partielles ou finies, calcul qui a pour but de trouver les différences des quantités données et de remonter de ces différences aux fonctions dont elles dérivent. Il dit que D'Alembert a le premier résolu, d'une manière générale, le problème des cordes vibrantes et qu'il a inventé le calcul des différences partielles, volt. Lettre d'Argenlal, 17 août I77i. Il 3° Fig. Mesures combinées, dessein prémédité, plan. 11 avait fait d'avance son calcul. La fortune fit échouer les calculs les plus sages.
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^Proverbe. L'erreur de calcul ne se couvre point, c'est-à-dire on peut toujours revenir sur une erreur de calcul.
— HIST. xv s. Et disoit-on que le roy devoit avoir sceu, par calculation des étoiles là haut.... que.... chastelain, Chr. des ducs de Bourg. 3e partie, ch! 1 1. Il xvie s. Ccste poudre a grande efficace pour dissiper la matière du calcul, paré, xv, 38. Si la preuve du partiteur et du quotiens multipliez l'un par l'aultre et ajoustez à la reste du partir, se reste y a, est égale à celle du nombre parti , le calcule est bon, est. de la roche, Arismetique, f - 1 1 , verso.
— ÊTYM. Calculus, caillou : parce que l'on comptait avec de petits cailloux, caZcu^sasignifié compte, calcul. Calculus est un diminutif de calx, chaux (voy. ce mot). Par cette étymologie on comprend comment calcul peut signifier à la fois supputation et petite pierre, et comment le sens primitif est caillou.
CALCULABLE (kal-ku-la-bl'), adj. Qui peut être calculé.
— ÉTYM. Calculer.
f CALCULANT, ANTE (kal-ku-lan, lan-f), adj. Qui calcule. Il vous aime et vous conjure d'être toujours habile, comptante, calculante et supputante, sév. (5 déc. 1675.
CALCULATEUR (kal-ku-la-teur), s. m. || 1° Celui qui sait calculer. Un bon calculateur. || 2" Fig. Tristes calculateurs des misères humaines, Ne me consolez point, vous aigrissez mes peines, volt. Dés. de Lisbonne. Il 3° Adjectivement. Esprit calculateur, esprit qui est habile à combiner ses mesures, ses projets.
— ÉTYM. Calculator , de calculare, calculer.
f CALCULATOIRE ( kal-cu-la-toi-r'), adj. Qui sert à calculer. Machine calculatoire.
— ÉTYM. Calculer.
CALCULÉ,ÉE(kal-ku-lé,lée),parf. passé. || l°Trou-
vé par le calcul. Les éclipses calculées longtemps à l'avance. || 2" Fig. Prémédité. Une méchanceté calculée. Il Prévu, combiné. Tout bien calculé. || Disposé. L'appareil était calculé pour frapper les imaginations. Son régime était soigneusement calculé sur les changements que, selon M. Malouin, l'âge produit dans l'économie animale, condorcet, Malouin. Le divers langage des hôtes du désert nous parait calculé sur la grandeur ou le charme du lieu où ils vivent, CHATEAUBR. Gén. I, 55.
CALCULER (kal-ku-lé), v. a. || 1" Faire une opération de calcul. Calculer les distances des astres. Il calcula combien son argent lui rapporterait. Calculer une éclipse, en déterminer par le calcul l'époque précise et les circonstances. || Absolument. Il passait les nuits et les jours  compter, calculer, supputer sans relâche; Calculant, supputant, comptant comme à la tâche; Car il trouvait toujours du mécompte à son fait, la font. Fabl. xn, 3. || 2° Fig. Méditer, combiner. Calculer les avantages de la guerre et de la paix. Calculer les événements. Calculez si cela vous sera de quelque utilité. On verrait des gens qui passeraient leur vie à calculer des événements, montesq. Esp. xix , 27. Trahissez tout, l'amour, le devoir, l'amitié, Mais calculez du moins vos dangers, votre perte, guibert, Bourbon, iv, 3. || Fig. C'est un homme habile et qui sait calculer. Calculer odieusement sur la mort d'un frère. || 3° Se calculer, v. réfl. Être calculé. Cela peut se calculer de tête. || Fig. Être reconnu, déterminé. Les opinions des hommes se calculent souvent d'après leur position et le milieu où ils vivent. |[ Êtr"e combiné. Des mesures qui se calculent longtemps à l'avance.
— SYN. calculer, compter, supputer. Calculer, c'est faire une opération d'arithmétique ou d'algèbre. Compter, c'est nombrer : compter un, deux, trois; c'est aussi faire l'évaluation, en parlant d'affaires d'intérêt, d'administration, de finance, etc. supputer, c'est se servir de nombres ou autres documents pour arriver à un résultat: en comptant les briques, supputer la hauteur d'un mur. Le calcul est une opération abstraite qui a pour but de faire connaître le rapport qui existe entre des quantités. Le compte est une opération concrète qui nous apprend quelle est. la somme. La supputation est une combinaison par laquelle, des données que nous avons, nous tirons une certaine conclusion.
— HIST. xv° s Pour venir au grant miliaire
et sçavoir par ce nombre, en querculant, la révolution des temps, eust. desch. Art de faire chans. p. 263. Et pour conclure et mectre fin en ceste matière que j'ay calculée et esclaircie au mieux qu'il m'a e ité possible, o. de la marche, Gagedebat. f°29, dans lacurne. Je quiersque. par mou récit, les jeunes et ceux qui ont expérimenté telles infortunes,
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pensent plus d'une fois et calculent ce que leur peut advenir, id. ib. f° 28.
— ÉTYM. Calculare (voy. calcul).
CALCULEUX. EUSE (kal-ku-leû, leû-z'), adj.
Terme de médecine. || 1° Relatif aux calculs, causé par les calculs. Affection calculeuse. || 2° Affecté de calculs. Ce vieillard est calculeux. || Substantivement. C'est un pauvre calculeux.
— HIST. xvi* s. Nous avons trouvé à un calculeux jusques à sept veines emulgentes, et autant d'arte-
— étym. Calculosus, de calculus, calcul.
ï CALCULIFRAGE (kal-ku-li-fra-j') , adj. Terme de chirurgie. Qui brise les calculs de la vessie.
— ÉTYM. Calcul, et frangere, briser.
1. CALE (ka-P) ,s. f. || 1° Fond d'un navire ou partie la plus basse qui entre dans l'eau, et qui s'étend de la poupe a la proue. Le mousse courait se cacher à 1 nd de cale en poussant des cris, chateaub. Génie, ï, v, 4.||Fig. Être à fond de cale, n'avoir plus le sou. || 2° La partie inclinée d'un port pour le chargement d'un bateau. René, escorté d'un détachement de soldats de marine, débarque à la cale du port, chateaub. Natch. il, 202. || 3° Plan incliné vers la mer servant à construire ou à réparer les bâtiments. Cale de construction, cale couverte, cale où le navire en construction est à l'abri. || 4° Calei châtiment de mer, qui consiste à laisser tomber plusieurs fois le coupable dans l'eau, par le moyen d'un cordage auquel il est attaché avec un bâton entre les jambes. La cale sèche est lorsqu'on ne le fait tomber que jusqu'à la surface de l'eau sans qu'il en soit mouillé. Donner la cale. || 5° Anciennement, crique, abri entre deux pointes de terre ou de rocher. || 6° Plomb qui fait enfoncer l'hameçon pour la pêche de la morue.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. cala On a dit que cale était pour escale, échelle, relâche: et en effet tous les sens de cale peuvent s'entendre d'une descente ; mais comme ce sens appartient aussi au verbe caler, il est plus naturel de tirer cale de caler 1. Ajoutez que l'italien calala, qui vient certainement de calare, exprime cette descente même.
2. CALE (ka-P), s. f. Morceau de bois, de pierre etc. qu'on place sous un objet pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette. || Terme de maçonnerie. Petit morceau de bois mince dont on se sert pour déterminer la largeur de lit d'une pierre.
— ÉTYM. Il y a dans l'espagnol cala, sonde ; Diez ect disposé à y voir le sens de ce qu'on enfonce et à y rattacher le français cale, petit morceau de bois qu'on enfonce sous quelque chose et qui alors viendrait du verbe caler, dans le sens d'abaisser (voy. caler 1). Mais ce sens est détourné, et, laissant le mot espagnol pour ce qu'il est, on peut souper pour cale, morceau de bois, au latin cala, bois, bûche; Sclieler songe à l'ail, keil, coin.
f 3. CALE (ka-1'), s. f. || 1° Anciennement, espèce de coiffure de femme, en forme de bonnet plat par en haut, couvrant les oreilles et échancré par devant avec une petite bordure de velours. On nous a dit entre autres merveilles que beaucoup de Limousines de la première bourgeoisie portent des chaperons de drap rose sèche sur des cales de vélums noir, la font. Lettres, v. Un matin, ma servante à cale Fit entrer dans ma chambre sale Votre laquais vert, jaune ou gris, scarron, Rondeau redoublé, à Mme Radigue. || Par extension, jeune fille, grisette. Même sitôt qu'un valet, Une cale, un bavolet Montrait au doigt ce grand homme. Son cœur s'épanouissait, Lucain travesti, p. 73. 11 entreprit de prouver que Gombaud, qui se piquait de n'aimer qu'en bon lieu, cajolait une petite cale crasseuse, tallemant des réaux, Historiettes, cbap. 447,3- édit. t. m, p. 249. ^"Anciennement, bonnet d'homme fait en rond et plat, couvrant seulement le haut de la tête. Les clercs porlaient la cale. Des correcteurs de modes qui empêcheraient, par exemple, que les formes de chapeaux ne devinssent hautes comme des pots à beurre ou plates comme des cales, Roman bourgeois, édit. de Nancy, 1713, p. 409.
— HIST. xiV s. Le dit Gilet osta à icellui Maron sa calette ou barette, qu'il avait sur la teste, du cange, calestra. || xvie s. Un gros bonnet blanc que l'on appelle une calle, brant. Dames M. p. 388 et 389, dans lacurne.
— ÉTYM. Origine inconnue, à moins qu'on n'y voie le verbe caler , abaisser, enfoncer : un bonnet ayant pu être nommé cale parce qu'on y enfonce la tête.
1. CALÉ, ÉE (ka-lé, lée), part, passé de caler 1. Abaissé. Une voile calée.
-. CALÉ, ÉE (ka-lé, lée), part, passé de caler 2.
|| 1" Assujetti avec une cale. || 2" Populairement, qui a quelque aisance, qui est en bonne position.
CALEBASSE (ka-le-ba-s') ,s. f. || 1° Nom du fruit de plusieurs espèces de cucurbitaeées, mais en particulier du baobab (malvacées). Les calebasses vidées et séchées servent à contenir des liquides. Les vases dans lesquels on nous servit le vin étaient tout à fait semblables aux calebasses de Saint-Jacques, retz, v, 417. 11 leur présenta aussitôt un gâteau, des fruits et une grande calebasse, bern. de s. -p. l'aul et Virg. 11 n'y avait dans ce lieu qu'une calebasse pour puiser de l'eau, chateaub. Alala, 261. Chactas présenta à René la calebasse de l'hospitalité, id. Natch. ï, 83. On boit dans de grandes calebasses le suc de l'érable, id. Amer. II. || 2° Les calebasses vidées et séchées ont servi à se soutenir sur l'eau. Nager à l'aide de calebasses. || Fig. Noailles, riche en calebasses de toutes les sortes, nageait partout, tàtant tout, reçu honnêtement partout, st-sim. 238, 168. || 3" Terme de marine. Artifice qui fait partie des artifices d'un brûlot.
— ÉTYM. Catal. carabassa; espagn. calabaza ; portug. cabaza ; sicil. caravazza. Diez propose l'arabe kerbah, pluriel kerdbat, outre pour l'eau.
CALEBASS1ER (ka-le-ba-sié; IV ne se lie jamais; au pluriel Ys se lie), s. m. Nom vulgaire du cucurbita lagenaria, arbre d'Amérique, qui produit des calebasses.
— ÉTYM. Calebasse.
f CALEBOTTIN (ka-le-bo-tin), s. m. Panier, fond de chapeau où les cordonniers mettent leur fil. || On trouve aussi caillebottin.
CALECHE (ka-lè-ch'), s. f. || 1° Voiture à ressort et à quatre roues, fort légère et ordinairement découverte sur le devant. Marquis, allons au Cours faire voir ma calèche, Elle est bien entendue, et plus d'un duc et pair En fait à mon faiseur faire une de même air, mol. Fdch. ï, i. || 2" Coiffure de femme qui se repliait sur elle-même.
— ÉTYM. Ital. calesse, calesso ; angl. calash; du slave : bohém. kolesa; polon. kolaska.
CALEÇON (ka-le-son; caneçon est une prononciation vicieuse), s. m. Vêtement de dessous en forme de pantalon qui va de la ceinture aux genoux ou aux mollets. || Caleçon de bain, caleçon qui ne va guère qu'à mi-cuisse et que mettent les nageurs.
— HIST. xvi" s. Attacher ou monter des calessons à quelqu'un, mont, i, 17. La richesse des calessons de la signora Livia, id. i, 164.
— ÉTYM. Ital. calznni. haut-de-chausses; du baslatin calcio, chausson (voy. chausse); picard, caneçon.
t CALÉFACTEUR (ka-lé-fa-kteur), s. m. Appareil propre à la cuisson des alin»ents.
— ÉTYM. Voy. caléfaction. Caléfacteur a été forgé par le grammairien Lemare, qui inventa et vendit cette sorte de marmites.
CALÉFACTION (ka-lé-fa-ksion) , s. f. Terme didactique. Action de faire chauffer ; chaleur causée par le feu.
— ÉTYM. Provenç. calcfactio ; du latin calefactionem, de calere, être chaud (voy. chaud), et factio, action de faire (voy. faction).
f CALE-HAUBAN ou CALHAUBAN (ka-lô-ban), s. m. Terme de marine. Cordage qui sert à maintenir le mât de hune.
— ÉTYM. Caler, hauban.
f CALÉIDOPHONE (ka-lé-i-do-fo-n'j , s. m. Terme de physique. Instrument qui rend sensibles les vibrations de la production des sons.
— ÉTYM. Ka),oç, beau, eTSoç, espèce, et cptovv), voix.
f CALÉIDOSCOPE (ka-lé-i-do-sko-p'), s. m. Instrument de physique qui. garni de petits fragments de diverses couleurs, montre, à chaque mouvement, des combinaisons toujours variées et toujours agréables. || Au figuré, voir les choses avec le caléidoscope de l'espérance.
— ÊTYM. KotXo;, beau, eïooç, forme, et axoTreiv, voir.
CALEMBOUR (ka-lan-bour; au pluriel : des kalan-bour insipides; d'autres lient Vs : des ka-lanbour-z insipides), s. m. .leu de mots fondé sur des mots se ressemblant par le son, différant par le sens, comme quand M. de Bièvre disait que le temps était bon à mettre en cage, c'est-à-dire serein (serin). 11 n'est sorte de calembours et de mauvaises plaisanteries qu'on n'ait faits là-dessus, p. l. cour. Leltr.
— ÉTYM. D'après Chasles (Études sur l'Allemagne, 1 854) , l'origine de ce mot est le nom de l'abbé de Calemberg, personnage plaisant de contes allemands; comparez espiègle pour une dérivation semblable.
Au xvic siècle, les calembours se nommaient équivoque (voy. des accords, Bigarr. équivoques françois). CALEMBREDAINE ( ka-lan- bre-dè-n' ), 's. f. Bourde, vains propos, faux-fuyants. Répondre par des calembredaines. Mot très-familier.
— ÉTYM. Génev. calembourdame ; picard, calemberdaine, cotillon avec corset qui enlace la berdaine [ventre]. Mot d'origine inconnue, à moins qu'on n'y voie quelque dérivation de calembour, qui, dans le picard, serait devenue la dénomination plaisante d'un vêtement.
CALENCAR (ka-lan-kar), s. m. Toile peinte des Indes.
f CALENDAIRE (ka-lan-dê-r) , s. m. Registre d'église.
— ÉTYM. Calendarium, de calenda (voy. calendes).
f CALENDE (ka-lan-d'), s. f. Machine à tirer les pierres des carrières.
CALENDER (ka-lan-dèr) , s. m. Nom d'un ordre de derviches.
— ÉTYM. Persan, kalandar. On dit que c'est un surnom pris par l'Arabe Iousouf, fondateur de cet ordre de derviches.
CALENDES (ka-lan-d'), s. f. plur. || 1° Le premier du mois chez les Romains. Le jour des calendes. Le premier avant les calendes d'avril, le 3) mars. Les Romains comptaient les jours d'un mois à partir des calendes du mois suivant, en rétrogradant jusqu'aux ides, qui étaient, suivant les mois, le 16 ou le 13. Vous faites un bel éloge du jour de l'an, mais je vous aime toute l'année, et tous les jours sont pour moi les calendes de janvier, volt. Leltr. (i:!' ville, 4 févr. 1765. || Renvoyer aux calendes grecques, renvoyer à un temps qui ne viendra jamais, attraper. Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes Et leur fait arpenter les landes, la font. Fabl., vi, io. || 2° Assemblée de curés de campagne, convoquée par Pévêque. La Fontaine a écrit calende: C'était jour de calende, et nombre de confrères Devaient dîner chez lui, Cas de couse.
— REM. Renvoyer aux calendes grecques, c'est renvoyer à ce qui n'existe pas, puisque les Grecs n'avaient point les calendes; mais renvoyer au calendrier grec, ce que disent fautivement quelques-uns,
nifierait rien, les Grecs ayant un calendrier.
— HIST. xinc s. Le premier jor de cascun mois apele tousjours kalendes , Comput, f" 2. || xve s. Es calendes grecques, respondit Panurge, lorsque tout le monde sera content, Rabelais, dans lacurne.
— ÉTYM. Génev. chalende. le jour de Noël. On le tire de calare, appeler, en grec xaAeîv, parce que, avant la publication des fastes, un pontife, à Rome, convoquait le peuple, le premier jour de chaque mois, pour annoncer les jours fériés. Pointant M. Alfred Maury croit que c'est un mot étrusque, de même radical du reste que calare et xocXcïv.
CALENDRIER (ka-lan-dri-é ; IV ne se lie jamais; au pluriel Ys se lie : des ka-lan-dri-é-z utiles), s. m. î| 1° Indication des jours, des mois et des saisons del'annêe. Moins dedévotion de calendrier, et moins de licence les soirs, aurait formé une vie plus unie et plus décente, st-sim. 633, 18. La saison ne permettait pas De faire voile vers la France.... Pendant ces trois mois de tempête, Que faire sans calendrier? Comment placer les jours de fête? Comment les différencier? gresset , Carême impromptu. || Vieux calendrier, ou calendrier julien, celui qui est conforme à la réforme qui fut faite par les ordres de Jules César, et que l'astronome grec Sosigène calcula d'après la longueur, connue alors, de l'année. || Nouveau calendrier, ou calendrier grégorien, celui qui est conforme à la réforme faite par le pape Grégoire XIII et qui ajouta à l'année de cette réforme onze jours, erreur entre le temps vrai et le temps du calendrier Julien produite par des quantités que n'avait pas connues Pas<ronome Sosigène. || Calendrier républicain, calendrier institué par la République française, lequel commençait à l'équinoxe d'automne et avait les mois de 30 jours chacun, avec 5 ou 6 jours complémentaires. || Calendrier perpétuel, série de calendriers comprenant tous les jours où tombe la fête de Pâques. || Au figuré. Il ne figure pas sur votre calendrier, ce n'est pas un des saints de votre calendrier, c'est-à-dire vous ne l'aimez pas. || 2° Calendrier de Flore, tableau des époques de l'épanouissement des fleurs. || Quelquefois parterre où sont disposées en ordre des plantes qui, fleurissant aux différents mois del'annêe, indiquent à quelle époque on est.
— syn. calendrier, almanach. L'indication des mois, des jours, des fêtes, voilà l'objet du calen-
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drier. L'almanach y ajoute des observations astronomiques, des pronostics sur les diverses conditions de l'air, des prédictions, etc.
— H1ST. xmc s. Julles César trova le jor de bysse\te. et li dena îiu certain el calendier, Comput, f° I.
— ÊTYM. Provenç. calendier; anc. natal, calender ; espagn. et ital. ealendario; iecalendarium, de calend.r (voy. calendes). L'intercal ition de l'r dans calendrier est une altération postérieure.
| CALENDULACÉES (ka-lan-du-la-sée , s.f. plur. Terme de botanique. Nom d'une famille de plantes dont le type est le souci (calenduld).
t CALENDULE (ka-lan-du-1') , s. f. Terme de botanique. Nom scientifique du souci.
f CALENDULINE (ka-lan-du-li-n'), s. f. Terme de chimie. Substance extraite de la calendula officinaux.
CALENTDRE (ka-lan-tu-r') , s.f. Terme de médecine. Espèce de délire furieux auquel les naviga teurs sont sujets sous la zone torride.
— ETYM. Espagn. calentura, fièvre, de calere, être chaud (voy. chaud).
CALEPIN (ka-le-pin), s. m. Recueil de notes qu'une personne prend pour son usage. Jaquin.... Oui de ses revenus écrits par alphabet Peut fournir aisément un calepin complet, boileau, Sat. i Seigneur, excuse/, le bonhomme, Il a laissé son calepin à Home, chaulieu . à Malézii u.r. l'our que son nom lui survive Ah! Prends, Clio, prends ton calepin, berang. Tuiiupni. || Fig. et ironiquement. Cela n'était pas dans son calepin, il ne s'attendait pas à cela. || Mettez cela sur votre calepin, souvenezvous-en. que c-la vous serve de leçon.
- HIST. xvie s. Une pierre est un corps, mats qui presseroit : et corps qu'est-ce? substance; et substance, quoi? ainsi de suite acculeroit enfin le respondant au bout de son calepin, mont, dans la-
CURNE
— ÉTYM. ital. calepino, nom propre, celui de l'auteur d'un vocabulaire polyglotte, Ambroise Calepin ou Calepino, savant italien de l'ordre des Augustins, né en )435, mort en 15H. Ce nom, après avoir passé au dictionnaire, en est venu à signifier un agenda.
4. CALER (ka-lé), v. a. || 1° Terme de marine. Baisser, en parlant des basses vergues, des mâts de hune ou de perroquet. || Fig. et familièrement. Caler la voile, rabattre de ses prétentions, céder. Je vous conseille de caler la voile. || Absolument et populairement, dans le même sens. Il fut obligé de caler. Il calera. || 2° V. n. En parlant de l'enfoncement d'un bâtiment dans l'eau. Le navire cale trop, ne cale pas assez. || 3° Terme de pêche. Enfoncer dans l'eau.
— HIST. xine s. Plus dolente ert [elle était] de cuer que cil qu'on en mer cale, Berte. ||xve s. Par Mehain [je] voy justice morte, Quant honneur veult voile caller, ch. d'orl. Rond. || xvr s. Ici donques calleray mes voiles, remettant le reste on livre en ce consommé du tout, rab. Carg. i, to. Mais encore que nous lui callions une chose tant lourde.... calvin, 227. Souvent j'ay faict caler, soubs l'interest de leur honneur, le plaisir en son plus grand effort, mont, iv, 217. Cette superbe vertu eust elle calé au plus fort de sa montre? id. m, 377. Amour voyant du ciel un pescheur sur la mer Calla son aile bas sur le bord du navire, rons. 182. Comme un gerfaut qui de roideur se laisse Caler à bas, ouvrant la nuë espaisse Dessus un cygue amusé sur le bord, id. G20. Ils emmeneient tous les bateaux pour les percer et caller à fonds à une lieue de là, d'aub. Hist. I, 212. Les uns furent d'avis qu'il estoit i aisonnable que l'on chalast et cedast un petit à ce que les pauvres requeroient, amyot, Cor. 7. Ils ne Taudront pas d'estimer que nous leur donnons et concédons cela en chalant la voile, poureeque nous les craignons, id. ib. 22. Philopœmen ne cliala point pour cela, ni ne laissa point de faire ce que portoit son devoir, id. Phil. 1 1.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. calar; ital. calare ; du latin chalare, du grec /a'/.àv , abaisser, lâcher.
2. CALER (ka-lé), v. a. Mettre une cale, assujettir au moyen d'une cale.
— étym. Cale 2.
f CALERE (ka-lê-r') , s. f. Terme de pèche. Grand carreau établi à l'avant d'un petit bateau, et qu'on relève au moyen d'un contre-poids.
ftALFAIT (kal-fè), s. m. Terme de marine. Espèce de ciseau puur calfater.
CALFAT (kal-fa; le t ne se lie pas; au pluriel l's se lie : des kal-fa-z habiles), s. m. 'ferme de marine. Ouvrier qui calfate les bâtiments. Maître calfat.
— ÉTYM. Voy. calfater. Portug. calafate ; basgrec, v.a/açdnrï):;.
CALFATAGE (kal-fa-ta-j'), s. m. Travail, ouvrage du calfat.
— ÉTYM. Calfater.
CALFATÉ, EE (kal-fa-té, tée), part, passé. Navire calfaté.
CALFATER (kal-fa-té), v. a. Terme de marine. Mettre des étoupes et, par-dessus, du suif, du goudron dans les joints, trous et fentes d'un bâtiment. Les lois sont faites après coup, comme on calfale des vaisseaux qui ont une voie d'eau, volt. Lett. à Cather. 4 5.
— hist. xvi° s. La navire ne reçoipt son pi lut que premièrement ne soit callafatée et chargée, rab. Cary, i, 3. Des navires bien equippées, bien calfatées, bien munies, id. I'ant. îv, I. Montagnes calfatées de mousses, de fleurs, d'herbes, d'arbrisseaux, r. belleau, Bergeries, t. î, p. 67, verso,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. calafatar, calefntar; catal. calfatejar ; anc. espagn. et portug. calafetar; ital calafatarc ; napolit. calafelejà; bas-grec, -/aXaçatefv ; de l'arabe kalafa , introduire de l'étoupe dans les fentes d'un navire.
t CALFAT1N (kal-fa-tin), s. m. Terme de marine. Jeune garçon qui sert les calfats.
CALFEUTRAGE (kal-feu-tra-j'), s. m. Action de calfeutrer, ou le résultat de cette action.
— ÉTYM. Calfeutrer.
CALFEUTRÉ, ÉE (kal-feu-tré, trée), part.pnsM:. Chambre bien calfeutrée. || Renfermé. Il se tient bien tranquille, bien calfeutré.
CALFEUTRER (kal-feu-tré), v. a. || 1° Boucher les fentes d'une porte, d'une fenêtre, avec des bourrelets, avec des lisières, avec du papier collé, etc. || 2° Se calfeutrer, v. réfl. S'enfermer bien chaudement; et figurément, cacher sa vie, ses actions. || 3° Fig. Se garnir, s'entourer. Cette aventure se calfeutra avec le temps d'un si grand nombre de pièces', que les esprits forts du siècle suivant devaient en être fort embarrassés, diderot, Pens. phil. 49. || Cette signification n'est plus usitée; voyez l'historique pour une signification très-voisine.
— hist. xvi" s. Homère ne pensa oneques es allégories lesquelles de luy ont calefreté Plutarche et autres, rab. Garg. i, Prol. Auquel lieu attendans le vent propice et calefretans leur nef.... id. Pnnl. il, 23. Des cerveaux mal calfretez, id. Chr. philos. Ceste navire n'estoyt pas si bien calfetrée, quant elle fut premièrement faicte, palsgr. p. 473. Près de cette eau s'élevoit un rocher ridé, caverneux et calfeutré de mousse espaisse et delicatte, comme s'il eust esté tapissé de quelque fin coton; b. belleau, Bergeries, t. i, p. 29, dans lacurne. Un chacun travailloit l'un après le pressoir, L'autre à bien estouper le ventre à l'entonnoir, Et d'un fil empaissé avec un peu d'estoupe Calfeutrer les bondons.... id. ib. p. 30.
— ÉTYM. Le même que calfater. Régnier, Ép. 2, a dit, en parlant d'un vaisseau : S'il est bien calfeutré. Encore aujourd'hui plusieurs personnes disent calfeutrer un vaisseau; ce qui est devenu une faute. Il est possible que feutre ait agi, par assimilation, pour altérer calfater, calfreUr , en calfeutrer.
f CALIBRAGE (ka-li-bra-j') , s. m. || 1° Terme de poterie. Opération qui consiste à abaisser un calibre sur l'ébauche de la pièce faite. || 2° 'ferme de marine. Mesurage des calibres.
— ÉTYM. Calibre.
CALIBRE (ka-li-br'),s. m. \\ 1° Capacité d'un tuyau, d'un tube que l'on mesure par son diamètre. 'fuyait de dix centimètres de calibre. Le calibre de l'aorte était rétréci par une tumeur. || 2° En particulier, diamètre intérieur des armes à feu. Une pièce de gros calibre. M. d'Arci examina quelle différence la longueur des pièces de même calibre, tirées avec des charges égales, produit dans la vitesse du boulet, condorcet, d'Arci. Seize canons d'un calibre tel qu'on n'en avait point encore vu en Europe, chateaub. Génie, iv, v, \ . Il faudra que vous examiniez si ces canons sont des calibres ordinaires de marine qui sontde 36, 24, 18, V2, 8,6 et 4 livres de fille, colbekt, dans jal. || Absolument, la dimension adoptée pour les armes de guerre. Un fusil de calibre et tout l'équipage d'un fantassin, j. j. rouss. /'(>/. i 2. || Se dit de même de la grosseur du projectile. Cette balle est de tel calibre. M. le Prince tira d'Agen deux pièces, l'une de dix-huit livres et l'autre de douze, avec un petit nombre de boulets de calibre, laroch. Mém. 21. s. |j 3" L'instrument qu ; déterminer le calibre, l'a:, er des balles au calibre. H 4" Terme d'architecture. Vukniie. Des colonnes
de même calibre. || Profil découpé sur bois ou sur tôle suivant les contours d'une moulure. || 5° Mandrin à l'usage du potier de terre. || Espèce d'équerre du tourneur. || Moule à briques et à carreaux. || Espace compris entre les deux platines d'une montro. || 6° Fig. et familièrement, la valeur, l'état, etc. d'une personne. Cela s'entend prix pour prix et sans faire comparaison de deux comédiens de campagne à deux Romains de ce calibre-là, scarr. Rom. com. ch. <6.
— HIST. xvic s. Douze canons, de calibre d'empereur, pour la batterie, carloix, vu, 7. Quant à nous, qui ne sommes pas de ce calibre [qui ne sommes pas princes], mais seulement gentilshommes.... id. ix, 40. Aussi la plupart des robes longues de ce qualibre n'ont fréquenté le barreau demie douzaine d'années, qu'ils ne se facent riches à merveilles, froumenteau, Finances, liv. m, p. 67. On voit par le boulet le calibre de la pièce, des accords, Bigarr. des Entends-trois.
— ÉTYM. Espagn. calibre; ital. calibro; de l'arabe kâlab , moule.
CALIBRÉ, ÉE (ka-li-bré, brée), pari, passé. Des balles bien calibrées.
CALIBRER (ka-li-bré), v. a. || i° Donner le calibre convenable. Calibrer des balles. || 2° Mesurer le calibre. Calibrer un mortier.
— HIST. xvie s. Dedans un fauconneau de bronze il mettoit, sus la poudre de canon curieusement composée, une balote de fer bien qualibrée, rab. Pant.
fCALICAL.ALE (ka-li-kal, ka-F), adj. Terme de botanique. Qui est du calice. Téguments calicaux.
— étym. Calice 2.
). CALICE (ka-li-s') , s. m. || 1° Vase qui sert à la messe pour la consécration du vin. Calice d'or. Élever le calice. Nos calices avaient cherché leurs noms parmi les plantes, et le lis leur avait prêté sa forme, chateaub. Génie, iv, i, 2. || Le calice, objet de la guerredesHussitesdanslexv0 sièclequi demandaient que la communion se fit sous les deux espèces, et que le calice fût donné au communiant. Ferdinand I" demandait que le calice fût accordé aux laïques, volt. Mœurs, <72. || Familièrement. Être doré comme un calice, porter des habits chargés de galons d'or. Il 2° Dans un sens mystique et de dévotion. Il avala jusqu'au fond le calice de Jésus-Christ, lorsque, choisi pour sauver ce peuple, il lui en fallut supporter les révoltes, boss. Hist. il, 3. Buvons avec lui le calice de sa passion, id. Serm. Quinq. \. Il faut que nous participions à son calice, si nous voulons partager sa gloire, mass. Carême, Mot. de conversion. || Figurément et dans le langage général, boire le calice, souffrir quelque chose de pénible, de douloureux. Il faut avaler ce calice, sëv. 41g. Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable Faut-il boire à longs traits la lie insupportable? volt. Als. v, 3. Si le Fils de l'homme trouva le calice amer, comment un ange l'eùt-il porté à ses lèvres? chateaub. Génie, i, i, 4. Souvent, las d'être esclave et de boire la lie De ce calice amer que l'on nomme la vie, a. chénieu, El. 36. Mes lèvres à peine ont goûté Le calice amer de la vie, lamart. Méd. i, 25.
— HIST. xiie s. Je li dorrai [donnerai] le grant trésor de l'arche; N'i demorra ne galice ne chape, Li coronemens Looys, 434. Le caliz del salvedur rece-
verai, Liber psalm. p. (78 E le chalice d'or où
li sainz out chanté, Th. le mart. <82. || xmcs. Mais sa terre en fut moult grevée et les églises del règne, car il lor convint mettre jusques as calices, et canterent lonc tans en calisces d'estain, Chr. de Bains, p. 56. Mes s'aucuns a galisces ou vestemens ou autres chozes por Dieu servir, bien les pot prester.... beaum. xxxvm, )4. Es mains tint le calisse et l'oublie a saisie, Ch. d'Anl. i . 430. Que on embleroit nos calices Devantnous à la table Dé [de Dieu], Fabliaux, barbazan, i, 76. Cist veissiaus où men sanc mets, Quantde men cors le requeillis, Calices apelez sera, le Roman de St-Graal, de laborde. Émaux, p. 183. || xiv° s. Je donray de Bertran d'argent tout son pesant, Et ne deust avoir en Espaigne la grant Calice sur autel jamais en mon vivant, Guesclin, 42 146. || xvie s. Et a la coustume tantgaigné, qu'on n'oseroit quasi comparoistre en bonne compagnie, qu'os ne soit doré comme un calice, la noue, 161.
— ÉTYM. Provenç. calitz ; espagn. caliz; ital. calice: de raii.r, du grec xûXiç, vase à boire, de xuXi], cavité. Chateaubriand, dans l'exemple cité au commencement, suppose que calice a été dit du calice des fleuis, C'est mie erreur; il a été dit de ca i.r, va e
2. CALICE (ka-li-s'), s. m. 'ferme de botanique. Enveloppe i ;térieure en forme de coupe, le plus
CAL
ordinairement de couleur herbacée et qui renferme la corolle et les organes sexuels de la fleur. Pourquoi relevez-vous, ô fleurs, vos pleins calices, Comme un front incliné que relève l'amour? lauhrt. Haan,
— HIST. xvie s. Feuilles, fleurs, calices, espis,
taré, t. m, p. 635.
— ÉTYM. Calyx, calice des fleurs, du grec xâXvÇ, enveloppe, de xaXv7rT=tv , cacher. Les dictionnaires latins distinguent calix, coupe, et calyx, calice de fleurs; de là la distinction en français.
7 CALICE, ÉE (ka-li-sé, sée), adj. Terme de botanique. Entouré d'un calice.
— ÉTYM. Calice 2.
| CALICUE (ka-li-ch'), s. m. Nom donné par les ouvriers à un agglomérat de sable et de substances salines qui recouvrent le guano.
f CALICIFLORE (ka-li-si-flo-r') , adj. Terme de botanique. Dont le calice imite une corolle.
— ÉTYM. Calice 2, et fleur.
f CALICIFORME (ka-li-si-t'or-m'), adj. Terme de botanique. Qui est en forme de calice.
— ÉTYM. Calice 2, et forme.
f CALICINAL, ALE (ka-li-si-nal, na-1'), adj. Terme de botanique. Qui appartient au calice. Folioles calicinales. Appendices calicinaux.
— ÉTYM. Calice 2.
f CALICINIEN, ENNE (ka-li-si-niin, niè-n'), adj. Terme île botanique. Qui provient de la transformation du calice.
— ÉTYM. Calice 2.
CALICOT (ka-li-ko ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Espèce particulière de toile de coton. || Populairement et par dénigrement, commis chez les marchands de drap, de bonneterie, de nouveautés; dénomination venue de ce que ces commis, dans les premières années de la Restauration, laissant croître leur barbe et affectant des airs militaires, fuient tournés en ridicule dans une comédie jouée aux Variétés.
— ÉTYM. Calicut, ville sur la côte de Malabar, d'où cette étoffe est venue d'abord.
f CALICULAIRE (ka-li-cu-lê-r'), adj. Qui est du calicule.
— ÉTYM. Calicule.
■ f CALICULE (ka-li-ku-1') , s. m. Terme de botanique. Cahce accessoire placé en dehors du vrai caiice et formé de bractées rapprochées ou soudées.
— ÉTYM. Diminutif de calice 2.
f CALICULE, ÉE (ka-li-ku-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est pourvu d'un calicule.
f CALIER (ka-lié) , s. m. Terme de marine. Maître ou chef de la cale.
— étym. Cale I.
CALIFAT (k.i-li-fa; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Dignité de calife; le temps pendant lequel un calife a régné.
— ÉTYM. Calife.
CALIFE (ka-li-f. Mot dont l'orthographe a varié; on le trouve parfois écrit caliphe; et aujourd'hui les orientalistes écrivent de préférence khalife), s. m.
Titre des souverains qui exercèrent après Maho i
le pouvoir temporel et spirituel. Il jeta les fondements de l'empire des califes, uoss. Hist. I, 1 1. Et malgré toute la puissance des califes, la mesure d'un degré du méridien, faite par leur ordre, est le seul monument qui reste de leur grandeur, coNnop.CET, Maurepus.
— hist. xiiic s Que le roy des Tartarinsavoit
pris la cité de Baudas [Bagdad], et l'apostole des Sarrazins qui estoit sire de la ville, lequel en appeloitle califre de Baudas, joinv. 278. || xive s. Li pères du calife, qui régna longuement, Ama les crestiens, et Dieu premièrement, Baud. de Seb. xi, 615.
— ÉTYM. Arabe, chalifa, successeur de Mahomet. CALIFOURCHON (A) ( ka-li-four-chon ) , loc.
adv. || i° Jambe deçà, jambe delà, comme quand on est à cheval. Se mettre à califourchon. M. de Bouillon s'était donné la plate satisfaction de brûler le maréchal de Noailles en effigie de paille et de carton à califourchon sur son petit château d'Agen, st-sim. 205, 9. ||2°S. m. Marotte, manie. C'est son califourchon.
— HIST. xvic s. S'estant avancé à cafourchons sur
les gardes du pont.... d'aub. Hist. i, 336 ah!
avant que le sort T'eust fait flotter à mes bords dcmi-mort À calfourchons sur les aiz de ta proue, Ronsard, 9*6.
— ÉTYM. Bas-lat. calofurcium , fourches, gibet. Cn reconnaît fourche dans fourchon; mais le préfixe calo, cali, cal ou ca reste inexpliqué.
fCALIGE (ka-li-j'), s. f. Sorte de sandale garnie de clous que portaient les soldats romains.
CAL
— tilYii.Caligse, d'où le nom de l'empereur Caligula
fCALIGINEUX, EUSE (ka-li-ji-neû, neû-z'),ad/.
Terme didactique. Qui est de la nature du brouillard.
— HIST. xvi° s. De cest humeur s'esleve une fumée chaude et caligineuse, qui ... PARÉ, XX, 18.
— ÉTYM. Caliginosus. àacaligo, brouillard,
| CALIGULE (ka-li-gu-1') , s. f. Terme de zoologie. Peau couvrant le taise des oiseaux.
— ÉTYM. Califiula, diminutif de caliga, calige. f CALIMANDÉ (ka-li-man-d'), s. f. Espèce de
sole. |! Nom vulgaire d'une espèce de plie.
— ÉTYM. Ce mot semble formé d'un préfixe ca, d'ailleurs douteux (voy. ca....), et limande.
f CALIN (ka-lin), s. m. Étain de Siam et de Malacca dont on fait des boîtes à thé.
CÂLIN, INE (ka-lin, li-n'), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui n'a ni activité, ni intelligence. C'est un câlin. || 2° Cajoleur, cajoleuse. Voyez le câlin, la câline! || Adj. Avoir l'air câlin. Un enfant câlin. Trompés par des flatteurs câlins, Que de rois se disent les pères D'enfants qui se croient orphelins! BÉrang. Math. Bruneau. || Ce mot est familier.
— HIST. xvie s. Quelqu'un de la serée nous contant que les câlins ne laissent, pour estre tous cousus de poux [insectes], de rire et de se moquer, bouchet, Serées, 30.
— ÉTYM. Wallon, câlin, coquin. Il y a, dans le provençal, câlina, chaleur, acalinar, échauffer, dans l'ancien français, chaline, qui ont pu donner câlin, celui qui se chauffe au lieu de s'évertuer. C'est une conjecture pour une étymologie qu'on ignore. D'un autre côté, si l'on connaissait la provenance de ce mot, et si l'on savait qu'il vint du Nord, on pourrait le rattacher au wallon câlin qui signifie de chien (faim câline, faim canine).
CÂLINÉ, ÉE (kâ-li-né, née), part, passé. Un enfant câliné par sa mère.
CÂLINER (kali-né), v. a. || 1° Dorloter en cajolant. Il aime à être câliné. || Absolument. Il répondit en câlinant. || Terme familier. || 2° Se câliner, v. rc'fl. Faire le câlin, se dorloter. Il passe le temps à se câliner dans un fauteuil.
— ÉTYM. Câlin; picard, câliner, faire reposer les moutons dans un champ pour le fumer; câlinant, d'une santé chancelante.
CÂLINERIE (kâ-li-ne-rie), s. f. || 1" Action de se câliner. Il n'est pas malade, et, s'il reste au lit, c'est par pure câlinerie. || 2° Actions, paroles qui câlinent. || Ce mot est familier.
— ÉTYM. Câliner.
f CALIORNE (ka-Ii-or-n') , s. f. Terme de marine. Gros cordage dont on se sert avec des poulies, pour lever des fardeaux.
— ÉTYM. Ital. caliorna; corrompu de carnal, ital. carnale, nom d'un fort palan.
f CALIXTIN (ka-li-kstin), s. m. Nom d'une secte hussite qui communiait sous les deux espèces. || Adjectivement. La secte calixtine.
— ÉTYM. Calyx, calice, à cause que ces hussites voulaient que le calice fût donné au communiant (voy. calice I).
f CALLADE (ka-Ia-d'), s. f. Terme du jeu du trois-sept, qui se dit quand deux joueurs associés font ensemble toutes les levées.
f CALLE (ka-1'), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes. Calle des marais (calla palustris , L.).
CALLEUX, EUSE (ka-leû, leû-z'), adj. Où il y a des callosités. Nos paysans avec leurs mains calleuses manient le fer chaud comme ils veulent, montesq. Espr. xxviii, M. || Terme d'anatomie. Corps calleux (mésolobe, grande commissure cérébrale), longue et large bande médullaire blanche qui réunit les deux hémisphères du cerveau. || Terme de pathologie. Ulcère calleux , ulcère dont les bords offrent des duretés. |] Fig. Une conscience calleuse, une conscience endurcie, et sur laquelle les bons motifs ne font pas impression.
— HIST. xvic s. Ceux qui ont la peau calleuse, aspre et dure, paré, Introd. 2). Si les lèvres de la playe estoyent comme calleuses et endurcies, m. vi, 6. La composition des nerfs est, dedans le crâne, de la simple substance calleuse du cerveau, id. m, s.
— ÉTYM. Callosus, de callus (voy. cal).
t CALLICARPE(kal-li-kar-p'), s.f. Terme de botanique. Genre de verveines (callicarpa).
— ÉTYM. KàXXo;, beauté, etxapTià;, fruit.
t CALLICHKOME (kal-li-kro-m') , s. m. Terme de zoologie. Genre de passereaux à belles couleurs. || Genre de scarabées colorés.
— ÉTYM. KâXXoç, beauté, et x&wjai , couleur.
f CALLICOQUE (kal li-ko-k'), s. f. Terme de botanique. Nom d'une espèce d'ipécacuanha.
CAL
t CALLIÉPIE (kal-li-é-pie) , s. f. Terme de grammaire. Style élégant, style académique.
— ÉTYM. KâXXoç, beauté, et ëtco;, parole, style (voy. épique).
CALLIGRAPHE (kal-li-gra-f), s. m. Celui qui s'applique à la calligraphie.
— ÉTYM. KâXXo;, beauté, et Ypâçnv , écrire. CALLIGRAPHIE (kal li gr.i-fie), s. f. L'art de bien
former les caractères d'écriture.
— étym. Calligraphe.
t CALLIGRAPHIQUE (kal-li-gra-fi-k') . adj. Qui a rapport à la calligraphie. Exercices calligraphiques.
f CALLIMORPHE (kal-li-mor-f), adj. Terme de zoologie. Nom d'un genre de papillons.
— ÉTYM. KiXXoç, beauté, et nopçyj, forme.
f CALLIOMORE (kal-li-o-mo-r') , s. m. Nom d'un poisson.
f CALLIONYME (kal-li-o-ni-m-) , *-. m. Nom d'un poisson.
— ÉTYM. KîXXiwvutii;.
t CALLIOPE (kal-li-o-p'), s. f. Terme de mythologie. Une des neuf muses, celle qui préside à l'éloquence et à la poésie héroïque. || Terme d'astronomie. Nouvelle petite planète.
— HIST. xvi° s. 0 qui pourra maintenant racompter comment se porta Pantagruel contre les trois cents géants? 0 ma muse, ma Calliope, maThalie, inspire-moy à ceste heure, rabel. Pant. h, 28.
— ÉTYM. KaXX'.ÔTtr] , celle qui a une belle voix, de xdcXXo:. beauté, et ôty, voix.
t CALLIPÉDIE (kal-li-pé-die), s. f. Ensemble de conseils donnés aux parents pour qu'ils procréent des enfants aussi beaux qu'il leur est possible.
— ÉTYM. KaA),i7tai8Ca , de y.àXXo;, beauté, et naï:, uaiôor, enfant.
f CALLIPÉDIQUE (kal-li-pé-di-k') , adj. Qui a rapport à la callipédie.
t CALLIPPIQUE (kal-li-ppi-k'), adj. Période callippique, espace de 76 ans à l'expiration duquel les nouvelles et les pleines lunes devaient revenir au même jour de l'année solaire; ce qui est une erreur : car, dans l'espace de trois cent cinquante-trois ans, elles reviennent trop tard d'un jour entier.
— ÉTYM. Callippc, astronome athénien, qui trouva cette période en multipliant par 4 celle de 19 ans trouvée par Méton.
f CALLIPYC.E (kal-li-pi-j'), adj. Terme d'antiquité. Vénus callipyge, Vénus aux belles fesses, nom d'une statue de Vénus.
— ÉTYM. KâXXoç, beauté, et Tivyr, , fesse.
f CALLISTHÉNIE (kal-li-sté-nie), s. f. Ensemble des procédés de gymnastique qui conviennent dans l'éducation physique des jeunes filles.
— ÉTYM. Kâ'/Xoç, beauté, et o-Sévoç, force.
f CALLITRIC (kal-li-trik), s. m. Terme de botanique. Nom d'un genre de fougères.
— ÉTYM. KaXXnrpty.oç, dexâXXoç, beauté, et OpiÇ, cheveu.
CALLOSITÉ (kal-lô-zi-té), s. f. || Ie Endurei-ement de l'épiderme ou de la peau par suite de frottement. || Terme de chirurgie. Production dure, indolente, qui se forme sur les anciennes plaies, les vieux ulcères. || Terme de zoologie. Production dure qui se développe naturellement sur quelques parties du corps de certains animaux. || Terme de botai Renfiementraboteuxàlasurface de quelques liantes. Il 2° Fig. Callosité morale, endurcissement de la conscience.
— hist. xvie s. La dureté et callosité de la cicatrice empeschera que les intestins.... taré, vi. ic>.
— ÉTYM. Callositas, de callus. cal.
f CALLOT (ka-lo), .v. m. Masse de pierre qu'on tire brute d'une ardoisière. || Grosse bille en pierre dont les enfants se servent pour jouer.
CALMANDE (kal-man-d'), s. f. Étoffe de laine lustrée d'un côté, comme le satin. Où est mon ancien, mon humble, mon commode lambeau de calmande? dider. Regrets sur su robe de chambre.
— étym. Génev. calamandre. On a écrit aussi calemande. Origine inconnue.
CALMANT, ANTE ( kal-man , n.an-t'), adj. Il 1° Terme de médecine. Qui apaise les douleurs. Remède calmant. Potion calmante. || S. m. Prendre un calmant. L'emploi des calmants. Les calmants apaisaient ses douleurs, lui rendaient des forces, et •en lui donnant la faculté de s'occuper encore, lui étaient l'idée de tout ce qu'il allait perdre et de tout ce qu'il allait laisser, condorcet, Bucquet. || 2" Dans le langage général, qui calme et apaise. Des paroles calmantes et consolatrices. Une vie plus calmante.
CALMAR (kal-mar), v. m. ]\ 1" Étui à plumes pour
CAL
écrire. Il est vieux dans ce sens. || 2° Terme d'histoire naturelle. Genre particulier de mollusques céphalopodes, ayant pour type le calmar vulgaire, dit aussi grand calmar.
— HIST. xvi" s. Le clerc, ouvrant son escritoire pour signer, laissa tomber deux dés sur la table, qui estaient dans le calemard, DB6PER. Contes, lui. Escritoire duquel le galemard estoit aussi gros et grand que le gros pilier d'Enay, rab. Garg. :, 14.
— ÊTYtt.Calamarium, étui* où l'on mettait les calâmes ou roseaux qui servaient à écrire (voy. calame). Le mollusque a été appelé ainsi à cause de sa l'orme.
(.CALME (kal-m'), adj. Qui est sans agitation.
Une mer calme. In homme calme. Une ht :<ur
calme. La sédition a cessé, la ville est redevenue calme. le malade est calme, il repose. Les affaires sont calmes, il se Tait peu d'affaires de bourse, de commerce.
•*■ HIST. xvc s. Et dist Solin que ceste mer qui est entre les dictes deux isles de Bretaigne et Hiberaie n'est point paisible ne carme, mais pleine de vagues, Perceforest, t. i, f° 2, dans lacurne (carme pour ccihne est fréquent dans Perceforest). Il xvi" s. Et c'est suis compter cette bonté et félicité de nature, si bien attrempée et assaisonnée, qui nous rend calmes, sereins, exempts et nets de passions forte- et mouvements violens, charron, Sagesse, 11, 1.
— ÊTYM. Voy. calme, s. m.
2. CALME (kal-m'), *-. m. J| 1° Cessation complète du vent. Le plus grand calme règne dans les airs. Calme plat, calme absolu qui laisse la mer plate, unie. Elle mande qu'elle vous a mise dans votre bateau par un temps et par un calme admirable, sév. 21. Dans l'Aulide arrêté par un calme soudain, rac. Iph. 1, 3. Tu reverras le calme après ce faible orage, corn. Cid, 11, 3. H 2° Tranquillité, absence d'agitation et de bruit. Le calme des nuits. En cette circonstance ayez, du calme Et rendre un heureux calme
à nos divisions, corn. Sertor.m, 4.11 rendra quelque calme à son cœur magnanime, id. Nicom. iv, 2. Nulle paix pour l'impie; il la cherche, elle fuit;' Et le calme en son cœur ne trouve point de place, rac. Esth. 11, 9. .Mais eu vain par ce caime il croit nous éblouir, m. Bai. 1, 1. Par moi Jérusalem goûte un calme profond, in. Ath. 11, 5. Le roi, vous le voyez, flotte encore interdit; Je sais par quels ressorts on le pousse, on l'arrête, Et fais, comme il me plaît, le calme et la tempête, m. Esth. m, 5. En ce calme trompeur j'arrivai dans la Grèce, id. Andr. 1, I. Il a remis le calme dans l'hôtel de Grammont, sév. 3oi. Rendez le calme, Europe, à votre âme étonnée, .1. b. rolss. Jup. et Eurar. Mais ce calme si doux que le ciel vous renvoie N'est point le calme oisif d'une indolente joie, id. Odes, ni, 4. à ces mots elle demeura dans un calme et dans une joie qu'elle ne pouvait exprimer, loss. Anne de Gonz. || Le calme d'un malade, la tranquillité qu'il éprouve après quelque crise.
— HIST. xvie s. Advenant qu'il feust calme en mer, rab. l'ant. iv, us. Un calme lui ostant tout moieiî de retraitte, il se trouva engagé au combat, d'aub. Hisl. 11, sg.
— ÉTYM. Espagn. portug. et ital. calma; holl. kalm; angl. calm. Origine inconnue. Diez se demande si on peut le tirer H° de calare, se relâcher; à quoi il oppose que ma n'est pas un suflîxe roman; 2» du bas-latin cauma , chaleur (calma en espagnol et en portugais signifiant aussi le chaud du jour), le chaud du jour étant le moment le plus calme du jour. Bien que au se change rarement en al, cette dernière opinion n'est pas sans vraisemblance. On croit que calm en hollandais et en anglais est emprunté. Le mot français est pris aux langues du midi.
CALMÉ, ÉE (kal-mé, mée), part, passé. Rendu à la tranquillité. Les flots calmés. La douleur calmée par l'opium. Quand les haines furent calmées. Calmés de ces agitations qui viennent de faire sur notre âme des impressions si violentes, mass. Carême, Ier serm.. Prière.
CALMER (kal-mé), v. a. || 1° Rendre calme, faire cesser l'agitation, au physique et au moral. Calmer les flots. Calmer les esprits. Il calma l'émotion populaire. Le temps l'avait calmé. Il faut tâcher de calmer et de posséder un peu son âme, sév. 192. Et du haut d'un balcon, pour calmer la tempête, Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête, corn. Nicom. v, 5. Semblables à ces vœux dans l'orage formés Qu'efface un prompt ouhli quand les flots sont dîmes, id. Rod. 11, i. Elles calment un peu l'ennui qui me dévore, bac Mithr. iv, 1 . Ira-t-il voir Koxane et
CAL
CAL
calmer ses soupçons? id. Baj. iv, ( Son trépas
n'a pas calmé la reine, in. Phèd.v, 5. J'ai cru que do, présents calmeraient son courroux, m. Ath. 11, 5. Calmez, reine, calmez la frayeur qui vous presse', id. Esth. 11, 7. Il ne faut pas que les désirs d'un état devenu impossible vous calment sur les dangers devotreétai présent, mass. Orais. fun. i"serm. Prof. rel. Pour éclairer ses yeux, pour calmer son esprit, Il ne faudra qu'un mot.... volt. Tancr.v, 3. Reviens de ta patrie en proie à la tristesse Calmer les déplaisirs, j. b. rouss. Odes, îv, 5. || Absolument. Cela n'est pas propre à calmer. || 2° Adoucir, rendre moins violent, faire cesser. Calmer la fièvre. Calmer les douleurs physiques. Tes remords te suivront comme autant de furies; Tu croiras les calmer par d'autres barbaries, rac. Brit. v, c. fi 3- Se calmer, v. réfl. Devenir calme. La tempête, la sédition, la douleur s'est calmée. Vous cannez vous, pendant la vie, sur vos désordres? mass. Car. Iinp 71. Salomon n'adora les dieux des femmes étrangères que pour se calmer sur ses dissolutions, mass. Car. Véritéde la religion. || Se calmer, reprendre du sang-froid. Calmez-vous, mon ami. || 4° V. n. Terme de marine. Lèvent, la mer calme, commence a calmer, a beaucoup calmé. N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde; Sa lumière est un verre et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer, malh. i, 3.
— HIST. xvic s. Tristes, voyant celui qui calma la tourmente Del'orage civil, s'éloigner de nos yeux, am. jamyn, livre 1, Entrée du roi de Pologne.
— ÉTYM. Calme ; espagn. calmar; ital. calmare. | CALMIR (kal-mir), c. n. Terme de marine. Devenir calme, en parlant de la mer et des vents.
— ÉTYM. Autre forme de calmer. t CALOBRE (ka-lo-br) , i-. m. Un sarrau. Vieux
mot usité encore dans quelques provinces.
— hist. xv« s. Un homme vestu d'une calobe de toile, ducange, colobium.
— ÉTYM. Colobium, (unique sans manches f CALOCÉPHALE (ka-lo-sé-fa-1'), adj. Terme
d'histoire naturelle. Qui a une belle tête.
— ÉTYM. Ka'/.b;, beau, et xetpaXï], tète, t CALOMEL (ka-lo-mèl) et CALOMÉLAS (ka-lo-
mé-las'), s. m. Terme de chimie. Ancien nom du protochlorure de mercure.
— ÉTYM. KaXô:, beau, et u.£Aaç, noir : ainsi nommé, dit-on, parce que le chimiste qui le découvrit, vit, dans la préparation, se changer une belle poudre noire en une poudre blanche.
CALOMNIATEUR, TR1CE (ka-lo-mni-a-teur, tri-s'), s.m.elf. Il 1° Celui, celle qui calomnie. On le traita de lâche calomniateur. C'est une calomniatrice. Nous ne sommes qu'un sang, et ce sang dans mon cœur A peine à le passer pour calomniateur, corn. Nicom. m, 8. Meurtrier d'un vieillard et calomniateur, volt. Cat. iv, 4. Il 2" Adjectivement. Vous faites autant d'honneur aux belles-lettres que tous ces écrivains mercenaires et calomniateurs y jettent de honte ei d'opprobre, volt. Lett. Laus de Boissi, 6 avril <773.
— HIST. xme s. Et Dieux humiliera le chalongeor, Psautier, f° 84. || xvie s. Car mesme la nation des sycophantes, c'est à dire des calomniateurs, est de la confrairie des curieux, toutefois encore ces calomniateurs là recherchent s'il y a aucun qui ait commis ou' voulu commettre quelque maléfice.... amyot, de la Curiosité, 28. Si par ces termes entendez les calumniateurs de mes escripts, rabel. Paul. Ancien prologue du ive livre.
— ÉTYM. Calumnintor, de calumnia. calomnie. Dans l'ancien français, chalengcre au nominatif, de calumniâtor; rhalengeor au régime, de calumniatôrem. Chalengcre, rhalengeor avaient plus particulièrement le sens de celui qui appelle en justice, qui provoque au combat.
tCALOMNIATION (ka-lo-mni-a-sion), s. f. Action de calomnier. Mot qui, exprimant l'acte de calomnier, pourrait être repris de nos anciens.
— hist. xive s. Pluseurs calumpnacions et mauvais mouveinens en pourraient venir, oresme, Thèse de meunier.
— ËTY.M. Calomnier.
; CALOMNIE [ka-lo-mnie), s. f. || Ie Imputation que
l'on sait fausse, et qui blesse la réputation et l'honneur. C'est une noire calomnie. Repousser une calomnie. Les calomnies qu'on imposait aux chrétiens, boss. Uist.i, lu. Pour vous voir vous laver de cette calomnie, mol. Mis. v, 4. || 2° Absolument, les calomniateurs. Être en butte à la calomnie. J'inventai des ressorts, j'armai la calomnie, lac. Esth. n, 1. Rois, chassez la calomnie, ID.t'&.m, 3. l'our l'aire une œuvre grande nui de la calomnie et du temps se défende, Régnier, Sat. ix. Il n'est pas mal de cou-
per une tête de l'hydre de la calomnie dès qu'on en trouve une qui remue, volt. Lett. Damilaville, s nov. 1762. La calomnie! Monsieur, vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés: croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas dé conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d une grande ville, en s'y prenant bien.... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme une hirondelle avant l'orage.... telle bouche le recueille, et, piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement; le mal est fait : il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando, de bouche en bouche, il va le diable; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'oeil; elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription, Beaumarchais, Barbier de Sév. 11, 8.
— HIST. xie s. Jetez moi fsauvez-moi] hui de mort e de calunge, Cli. de Roi. cclxvi. || xve s. Sans aucune fraude ou calomnie de vérités, j. le fevhe de st-remy, Hist. de Charles VI, p. 39, dans lacurne. Liqueur, chère amie, Pour la calomnie, Ne crains point qu'aucunement À jamais; je t'oublie, basselin, x. Il xvie s. Tant qu'il fust présent, il vint toujours au dessus de ses calumniateurs autant qu'il voulut, et n'eurent leurs calumnies aucun effet encontre luy, sinon pendant qu'il fut absent, amyot, Aie. et Cor. comp. 6. Lorsque le juge aura soupçon que le procureur use de cavillation, il pourra d'office, en quelque estât que la cause soit, exiger de lui le serment de calomnie, de sorte que, si après le dit serment le procureur estoit trouvé calomniateur, il serait puni comme parjure, Nouveau coustumier généra! . t. 1, p. 721.
— ÉTYM. Provenç. calonja, calumpnia; espagn. calumnia; ital. calonnia;de calumnia. Calomnie est un mot refait sur le latin; l'ancienne forme est calengc, chalenge, reproche, défi (d'où l'anglais challenge, défi, provocation), avec l'accent toniquesur la même syllabe qu'en latin (calumnia).
CALOMNIÉ, ÉE (ka-lo-mni-é, ée), part, passé. Calomnié par ses ennemis. Disciple jeune encor de ces maîtres fameux, Sans gloire et cependant calomnié comme eux, Gilbert, Mon apol. || Substantivement. Il faut être aussi humble que ces humbles calomniées pour le souffrir [un mensonge calomnieux], pasc. Prov. 16.
CALOMNIER (ka-lo-mni-é), v. a. || 1° Employer la calomnie. On l'a indignement calomnié. On calomniera vos intentions Justifiez-vous sans le calomnier, corn. Mort de P. m, 2. si l'on calomniait sa mémoire innocente, Que feriez-vous?BRiFPAULr,iV('nus II, 1, 1. La reine de Suède disait que la gloire d'un souverain consiste à être calomnié pour avoir fait du bien, volt. Leur. Rechef or t, décembre 177-1. H Absolument. Il ne parle que pour calomnier. || Familièrement. Calomnier à dire d'experts, calomnier sans retenue. || 2° Se calomnier, v. réfl. Dire du mal de soi, se faire plus mauvais qu'on n'est.
— REM. Corneille a dit calomnier de : Et Sévère aussitôt courant à la vengeance M'irait calomnier
de quelque intelligence Poh/. v, I ; Et Molière
calomnier à : Vous osez sur Célie attacher vos morsures Et lui calomnier la plus rare vertu Qui l'Élour. m, 4.
— hist. xve s. Orsçavoit il leur capsieuseté estre telle qu'ils calompnisoient ses dits, Histoire de la toison d'or, t. 11, f° 129, dans laciirne. || xvie s. Serve t nous calomnie que nous faisons deux (ils de Dieu, en disant que.... calvin. Inst. 372. Il alloit mesdisant d'eux, et calumniant tout ce qu'ilz faisoient, envers Tissaphernes, amyot, Aie. 4s. Ceux que l'on s'efforce de calonnier, condé, Mémoires
— ÉTYM. Calumniari , de calumnia (voy. calomnie); bourguig. calainge, cailinge , réprimandewallon, calengî, adresser un déli ; rouciii, calenger; provenç. calonjar, disputer, calumpniar, réclamer, accuser ; anc. catal. calognar; anc. espagn. calonjar; espagn. mod. calumniar ; ital. calognarc, calonniare. Calomniera, été refait sur le latin; l'ancienne forme était chalenger, calenger, accuser, provoquer, défier.
CALOMNIEUSEMENT (ka-lo-mni-eil-ze-man;, adv. Avec calomnie. 11 fut accusé calomnieuserneut!
— hist. XVIe s. Ils vendoient à l'encan les biens de ceulx qu'ilz avoient proscripts en defraudant calumnieusement les pauvres veufves et leurs pauvres enfans orphelins, amyot, Ant 24.
— étym. Calomnieuse, et le suffixe ment.
CAL
CAL
CAL
CALOMNIEUX, EUSE (ka-lo-mni-eù , eû-z') , ad/.
Qui contient des calomnies. Un langage calomnieux.
— hist. xvi° s. Calomnieuses mensonges, tahureau, Dialogues, p. i2<), dans lacurne.
— ÉTYM. Calumniosus , de calumnia . calomnie, t CALOMNIOGRAPHE, s. m. Celui qui écrit des
calomnies. Les calomniographes, volt., t. 8.1 , p. 420.
CALONIÈRE (ka-lo-niê-r'), s. f. || 1" Voy. canonnière, dont calonière est une altération populaire. || 2° Terme de graveur. Espèce de tuyau dans lequel sont enchâssés plusieurs petits outils que le touret fait marcher.
f CALOPIIYLLE (ka-lo-fi-P) , adj. Terme de botanique. Oui a de belles feuilles. || 5. m. Nom d'une plante (calcphyllus tacamahaca).
-- ÉTYM. K7.)à;, beau, etçtfXXov, feuille.
f CALOPTÈRE (ka-lo-ptê-r') , adj. Terme de zoologie. Qui a de belles ailes.
— ÉTYM. Ka)ô;, beau, et jtTEpôv, aile.
f CALORICITÉ (ka-lo-ri-si-té), s. f. Terme de physiologie. Faculté qu'ont les corps vivants de développer une certaine quantité de calorique.
— ÉTYM. Calorique.
t CALORIE (ka-lo-rie), s. f. Terme de physique. Quantité de chaleur nécessaire pour élever d'un degré centigrade la température d'un kilogramme d'eau. C'est l'unité conventionnelle dont on se sert en ealorimétrie.
— ÉTYM. Voy. calorique.
CALORIFÈRE (ka-lo -ri-fê-r'), adj. Qui porte la chaleur. Tuyau calorifère. || S. m. Appareil pourproduire et distribuer la chaleur Toute la maison est chauffée par un seul calorifère.
— ÉTYM. Calor, chaleur (voy. ce mot) et ferre, porter.
f CALORIFICATION (ka-lo-ri-fi-ka-sion ), s. f. Terme de physiologie. Dégagement de calorique qui s'opère dans les corps organisés pendant leur vie.
— ÉTYM. Calorifique.
f CALORIFIQUE (ka-lo-ri-fi-k'), adj. Terme didactique. Qui produit la chaleur. Rayons calorifiques.
— HIST.xvi'S. La faculté calorifique, paré, xv, 52.
— ÉTYM. Calorifîcux , de calor, chaleur, et ficus, qui fait.
f CALORIMÈTRE (ka-lo-ri-mè-tr'), s. m. Instrument propre à mesurer la quantité de calorique spécifique que contient un corps.
— ÉTYM. Calor. chaleur, et mètre, mesure.
f CALORIMÉTRIE (ka-lo-ri-mé-trie), s. f. Partie de la physique qui a pour objet la mesure du calorique libre.
t CALORIMETRIQUE (ka-lo-ri-mé-tri-k') , adj. Qui a rapport à la ealorimétrie.
f CALORIMOTEUR (ka-lo-ri-mo-teur ) , s. m. Terme de physique. Appareil électrique qui développe une très-grande chaleur.
— ÉTYM. Calor. chaleur, et moteur.
CALORIQUE (ka-lo-ri-k') , s. m. Terme de physique. Principe de la chaleur, c'est-à-dire propriété de la matière qui, consistant en une modification moléculaire particulière et indéterminée, est communicable par contiguïté, et se fait sentir à distance comme !a gravitation, dont elle suit alors les lois fondamentales. || Calorique libre, celui qui est sensible à la main ou au thermomètre. || Calorique spécifique, quantité relative de chaleur absorbée parles corps qui changent de température. Tous les corps, pour s'élever par exemple d'un degré de température, n'exigent pas la même quantité de chaleur ou calorique libre. || Calorique latent, par opposition à calorique libre, celui qui est absorbépar un corps dans son passage de l'état solide à l'état liquide, ou de l'état liquide à l'état gazeux. Il disparaît entièrement alors et c'est pourquoi on le nomme latent, c'est-à-dire caché. Il redevient libre et par conséquent sensible au thermomètre dans le passage de l'état gazeux à l'état liquideoude l'état liquide à l'état solide.
— ÉTYM. Calor, chaleur (voy. ce moi).
f CALOSOME (ka-lo-so-m'), s. m. Terme de zoologie. Nom de scarabées vivant de proie.
— ÉTYM. K<x>oç, beau, et<r<5u.a, corps.
t ). CALOT (ka-lo). s. m. Le haut d'un shako.
— ÉTYM. Voy. CALOTTE.
t 2. CALOT (ka-lo), s. m. Morceau de bois servant à caler.
— ÉTYM. (
I CALOT" in), s. m. || i* Terme populaire
et de dénigrement. Celui qui porte la calotte, i
[ue. || 2° Terme de Pièce de cuivre d'un
corps de pompe, dite aussi calotte d'aspiration.
— ÉTYM. Calotte.
t CALOTROPE (ka-lo-tro-p'), s. m. Termede botanique. Nom d'un genre de convolvulacées (co/otropium qiganteum).
— ÉTYM. KaXôç, beau, etTOOTrr), tour.
CALOTTE (ka-lo-f) , s. f. || 1° Sorte de petit bonnet
qui ne couvre que le sommet de la tête. Les sommets de la plupart de ces collines étaient arrondis en forme de calottes, bern. de s. -p. Étud. v. || Calotte à oreilles, calotte qui peut se rabattre sur les oreilles. || Fig. et populairement, tape sur la tête. Donner, recevoir une calotte, des calottes. || 2° Sorte de petite calotte noire que portent les prêtres. || Absolument et familièrement. Porter la calotte, être dans les ordres. || Plus spécialement. Le pape lui a donné la calotte, l'a fait cardinal. Le courrier du pape arriva avec la calotte pour Tévêque d'Orléans, st-sim. 50, 83. On dit aujourd'hui, en ce sens, barrette ou chapeau. || Par dénigrement, la calotte, les prêtres, le clergé. X bas la calotte! || 3° Terme de médecine. Emplâtre agglutinatif dont on recouvrait autrefois toute la tête d'un teigneux après l'avoir rasée, et qu'on enlevait ensuite avec force afin d'arracher les bulbes des cheveux. || 4°Calotte du crâne, partie supérieure de la boite crânienne. || 5° Terme de géométrie. Calotte sphérique, une des deux parties en lesquelles un plan coupe la sphère, et particulièrement la plus petite des deux. Quand le plan passe par le centre, les deux calottes sont des hémisphères. || Terme d'architecture. Poition de voûte, sphérique ou sphéroïde, qu'on élève au milieu des plafonds et des voûtes mêmes. Si le dôme est petit, ce n'est plus qu'une ignoble calotte, chateaub. ltin. »7. || G " Familièrement. Calotte des cieux, le ciel. On ne trouverait pas son pareil sous la calotte des cieux. || 7" En horlogerie, espèce de boîte qui renferme le mouvement d'une montre. || 8° Partie de la garde d'une épée où l'on pla.e le bouton. || Pièce de métal qui forme la couverture d'un bouton. || Pièce d'un corps de pompe. || 9° Régiment de la calotte, société de beaux esprits satiriques du xvnc et du xvin0 siècle. || Pamphlet. Que dites-vous d'une infâme calotte qu'on a faite contre M. de la Poplinière? volt. Lettr. vers, 87.
— hist. xvie s. Le malade pourra porter, pour cacher son imperfection, un bonnet appelle calotte,
— ÉTYM. Diminutif de cale 3. Du moins on ne voit pas comment calantica ou calautica, sorte de coiffure, aurait donné calotte. Calota se trouve dans des textes latins du xiii" siècle.
f CALOTTER (ka-lo-té), v. a. Donner des calottes, frapper, donner des coups sur la tète avec le plat de la main. || Terme populaire.
— ÉTYM. Calntte.
f CAL0TT1ER (ka-lo-tié), s. m. Un des noms provinciaux du noyer.
f CALOTTINE (ka-lo-ti-iv), s. f. Sorte de pièce de vers badine et satirique.
— ÉTYM. Calotte.
f CALOU (ka-lou), s. m. Suc du cocotier.
f CALOUASSE (ka-lou-a-s'), s. f. Nom' vulgaire de la pie-gnèche.
CALOYER, YÈRE(ka-lo-ié,iè-r'),s. m. et/". Moine grec, religieuse grecque, de l'ordre de Saint-Basile.
— ÉTYM. KaXà:, beau, honorable, el y£pwv, vieillard (voy. géronte), le y dans le grec moderne se prononçant à peu près comme y.
| CALP (kalp'), s. m. Terme de minéralogie. Sorte de marne noire.
t CALPE (kal-p'), s. f. Terme de botanique. Urne des mousses.
— ÉTYM. Kt&Any], urne.
CALQUE (kai-k'), s. m. Dessin calqué. Prendre un calque. || Fig. Imitation servile d'une œuvre. Ce poëme n'est qu'un calque.
— ÉTYM. Ital. calco (voy. calquer).
CALQUÉ, ÉE (kal-ké, kée) , part. passé.Un dessin
calqué. Des modes calquéessur les modi s parisiennes. CALQUER (kal-ké), v. a. || 1° Prendre le trait d'un dessin qu'on a appliqué sur un papier et dont on suit les contours avec une pointe. Calquer une estampe. Calquer à la vitre. Calquer une lettre pour en faire le fac-similé. || 2" Fig. Imiter servilement. Ils cliquent les modes françaises sur l'habit romain, j. j. rouss. Ml. h, 17. Bentivoglio, en Italie, calqua Tite-Live, chateaub. Génie, m, ni, 3. || 3" Se calquer, v. rèfl. Se modeler. Il se calque sur un . - modî le.
— ÉTYM. liai, calcare, calquer, propremenl foi - 1er, du latin calcare, foule; cl ni l'ancien fl SES).
f CALQUOIR (kal-koir), s. m. Crayon de servant à calquer.
— ÉTYM. Calquer.
t CALSCII1STE (kal-chi-sf), s. m. Terme de géologie. Schiste argileux contenant des veines calcaires.
— ÉTYM. Calx, chaux, et schiste.
CALUMET (ka-lu-mè; le t ne se lie pas dans le
parler ordinaire; au pluriel l's se lie : leska-lu-mèj. américains; calumets rime avec traits, jamais, succès, paix, etc.). s. m. || 1° Terme de botanique. Nom populaire donné en Amérique à plusieurs plantes dont les tiges servent à faire des tuyaux de pipe. || 2° La pipe même en usage chez les sauVages, et qu'ils présentent comme un symbole de pai\. Je viens leur apporter le calumet de la paix, volt. Jenni, 7. Un Caraïbe faisait fumer, en 6igne de paix, des matelots dans son calumet, bern. de s. -p. Et. n. Bienf. Je fumerai mon calumet de paix sur le berceau de mon fils, chateaub. AtaM, 226.
— ÉTYM. Calumet ou chalumet, autre forme de chalumeau (voy. ce mot).
CALUS (ka-lus'); s. m. || 1° Durillon produit par le frottement. Le seul produit de la terre cultivée par des mains laborieuses, endurcies de calus et mouillées de larmes, doit des tributs à la puissance législatrice et exécutrice, volt. l'Homme auxto écris, aventure avec un carme. || Fig. Endurcissement de creur. Le méchant se fait un calus contre le remords || 2° Cal, espèce de soudure qui réunit les fragments d'un os. || 3° Terme de botani [ue. Excroissance arrondie formée après la rupture d'une branche, l'incision de l'écorce, etc.
— HIST. xvie s. On voit aux bestes brutes, qui auront quelque jambe ou autre partie rompue, le callus estre refait sans aide de nul médicament, paré, Introd. 27. Ce qui uni-,t les os ensemble, est appelle callus, m. ib. vu, 4.
— ÉTYM. Le même que cal (voy. ce mot). CALVAIRE (kal-vê-r'), s. m. || 1" Lieu élevé où
Jésus-Christ fut crucifié. || Fig. Qu'un autre, aux rois déchus donnant un nnm sévère, Fasse un vil pilori de leur fatal calvaire, v. iiugo, Voix, 2. Combien de généreux sang a été répandu avant que ne se levât le jour de la victoire! De combien de stations a été marqué ce douloureux calvaire de la liberté! Journ. des Débats, 30 nov. (830. || 2° Elévation où l'on a planté une croi\ pour figurer le calvaire. |i Dans les églises, suite de stations qu'on nomme plus ordinairement chemin de la croix.
— HIST. xir s. E si cum en calvaire tint Deu crucifié. Th. le mari. 150. || xiu s. i 1 le bâtirent tant de poinset de corgie [courroie]; Puis le crucefi
el mont de Calvairie, Ch. d'Anl. îv, 8)4.
— ÉTYM. Calraria , lieu où Jésus-Christ fut c Ré, ainsi dit parce que, les condamnés y étant exécutés et leurs corps y restant, il était garni de crânes , en latin calvaria, lequel vient de calvus, chauve (voy. ce mot), à cause de la dénudation de la boîte osseuse.
CALVILLE (kal-vi -1'), s. m. Espèce de pomme. Voilà du beau calville.
— ÉTYM. Norm. cadville; génev. calrine; langued. calvire . d'aprï s Ménage; ital caravella. Origine inconnue; pourtant Ménage nete qu'il y a, dans le voisinage de Lyon, un lieu appelé Calville, d'où la pomme aurait pu êlre dénommée; mus alors, le mot italien, d'où viendrait-il? Des lexicographes fonl c dville du féminin.
fCALVINIEN, IENNE (kal-vi-niin, niè-n'), adj. Oui appartient au calvinisme. Les églises calvimennes, boss. Var. 15.
CALVINISME (kal-vi-ni-sm'), s. m. La doctrine, se de Calvin, qui se distingue surtout par la négation de la présence réelle et par le dogme de la prédestination. C'est, selon eux, prêcher un calvinisme horrible, boil. Sat. xn. Louis XIV. qui avait proscrit le calvinisme avec tant de hauteur, fit la paix, sous le nom d'amnistie, avec un e boulanger [chef des protestants insurgés dans ies i éven n'es], volt. Louis XIV, 36. Celui de ses qui, avant embrassé le calvinisme, fut obligé d'abandonner sa patrie, était établi dans la ville de Troyes.... condorcet, Tronchin.
— ÉTYM. Calvin ou Chauvin, delà ville de N'oyon, fondateur du calvinisme.
CALVINISTE (kal-vi-ni-sf), s. m. et f. Celui, celle qui sui1 la doctrine de Calvin.
CALVITIE (kal-v -sie),s. f. Etatd'une tète chauve. Une calvitie précoce.
— ÉTYM. Ca'vitù . lie ca vus, chauve (voy. ce mot). Nos anciei chauvi 'c.
CALYRION (ka-li bi-on). s. m. Terme de Capsule, g',::nd.
— ÉTYM. Ka).ûêiov, proprement petite cabane.
CAM
\ CALYBITE (ka-li-M-f), s. m. Nom de solitaires chrétiens qui habitaient dans îles huttes. - ÊTYM. KaXuëÎTïiç, de xaMêfi", hutte.
I CALYCANDRIE (ka-lt-kan-drie) , s. f. Termede Classe de plantes dont les étamines sont es au calice.
— ÉTYM. Koc)m?. calice, et àvrip, mâle.
7 CALYCANTHÈME (ka-li-kan-tê-m') , adj. Terme d botanique. Dont le calice a l'apparence d'une co-
— ÊTYM. K'i).vÇ, calice, et âv8Y]u.a, fleur.
f CALYPTÈKES (ka-li-ptê-r'), s. f. plur. Terme de zoologie. Petites plumes qui couvrent le bas de la queue des oiseaux.
— ÉTYM. KaXvTiTnpiov, ce qui sert à cacher, de xoàôirreiv, cacher.
t CALYPTRE (ka-li-ptr'), s. f. Terme de botanique. Coiffe des mousses.
— ÉTYM. Kâ).u7rtpot, de xa/vmrêiv, cacher.
t CALYPTRE, ÉE (ka-li-ptré, ptrée), adj. Terme de botanique. Qui est muni d'une coiffe.
— ÊTYM. Calyptre.
CAMAÏEU (ka-ma-ieu), s. m. || 1" Pierre fine tail- 1 e, ayant deux couches de différentes couleurs, dont l'une est devenue la figure en relief, et l'autre fait le fonds. j| 2° Genre de peinture où l'on n'emploie qu'une couleur avec des teintes plus sombres et plus claires. Peindre en camaïeu. || Un camaïeu, un tableau peint en camaïeu. || Par dénigrement, un camaïeu, un tableau d'une couleur lourde et monotone. Le coadjuteura bien ri des camaïeux de peinture, que vous comparez à l'histoire de France en madrigaux, sév. 102. || 3° Gravure qui est une imitation de la manière en lavis.
— HlST. xiv s. Bêles chambres qui seront d'or et d'argent et de pierres précieuses, c'est à savoir ru- 1m/. esmeraudes, saphyrs, cameuz et marguerites, livres de la loi au Sarrasin, p. i33. Une autre boiste d'argent où est le triaclier au duc, et un catmahieu, Bibl. des chartes, 4e série, t. v, p. 169. Un tableau d'or ouquel il a un grans gamahieu assis sur bois, de L aborde, Émaux, p. 185. Un lorain [courroie garnie de soie] semé de boutons dorés et de camahieus, id. ib. Le camahieu qui aultrement est appelé oniche, id. ib. Un camahieu, dont le champ est vermeil et a deux figures dessus à une beste assise en une verge toute plaine, id. ib. || xvc s. Ung fuzil entaillé en un camayeu où estoient ses armes, comm. v, 9. || xvte s. Cet anneau avoit pour sa pierre un cupidon couronné fort mignonnement, estant entaillé en un camoïeu d'amatite, yver, 588. Chamahieux, palsgr. p. 102.
— ÊTYM. Espagn. camafeo; bas-lat. camahotus , camahutus ; du bas-lat. camœus, sardoine, onyx (voy. camée).
CAMAIL (ka-mall, Il mouillées), s. m. || 1° Habillement du clergé en hiver, couvrant la tête, les épaules, et allant jusqu'à la ceinture. || 2° Petit manteau tombant des épaules à la ceinture, que portent par-dessus le rochet les évêques et autres ecclésiastiques privilégiés. Les évêques étaient en rochet et camail, boss. Leit. Quiét. (82. || 3° Terme de blason. Espèce de lambiequin servant à couvrir le casque et l'écu des chevaliers. || Au plur. Des camails.
— HiST.xiv s. Et voit ses chevaliersbien armés de camail, Guescl. dans raynouard, Lexique. Bertrand tenoit l'espée qui le fer eut tranchant, Au camail lui bouta fièrement en poussant, ducange, carnelaucum. || xv s. Tant s'avança le sire de Langurant [au Sjége de Duras] que de sa vie il se mit en grand aventurc; car ceux de dedans par force lui arrachèrent le bassinet de la teste atout le camail, froiss. ii, il, il. Ung camail d'argent de l'ordre de monseigneur d'Orléans, pesant sept onces trois gros, de laborde, Émaux, p. 192. Un camail en façon de treliz, et est h dit camail cintré par-dessus de bossetes tant d'or que esmailléesde blanc et de rouge cler, id. ib.
— étym. Provenç. capmalh, capmail, capmal, camal; ital. camaglio ; de cap, tête (voy. chef), et ?)iai7, armure (voy maille) : proprement une armure de tête, puis un vêtement de tête.
CAMALI)ULE(ka-mal-du-i'), s. m. || 1° Religieux d'un ordre monastique fondé, à la tin du x siècle, par saint Rouiuald; l'habit est blanc; la règle est celle de saint Bernard. Bagotzi s'était retiré aux camaldulcs de Grosbois, st-sim. 409, 203. || Il y avail aussi des religieuses camaldules. || 2° S. f. Une camaldule, un couvent de camaldules.
— ÉTYM. Camaldoli, localité de la Toscane où l'ordre fut d'abord établi.
f CAMANIOC (ka-ma-ni-ok), s. m. Espèce de manioc qu'on cultive à Cayenne et dans les Antilles, dont on peut manger la racine cuite, sans prépa-
CAM
ration préalable, comme les pommes de terre, tandis que les racines de manioc contiennent un suc eux, qu'il faut d'abord extraire.
CAMARADE (ka-ma-ra-d') , .s-, m. j| 1° Nom que se donnent entre eux les militaires. Des camarades de régiment. En avant! partons, camarades, L'arme au bras, le fusil chargé, bérang. Vieux cap. || 2" Par extension , substantif des deux genres, celui , celle qui a même vie, mêmes habitudes, mêmes occupations que plusieurs aut res person nés. Camarades d'école , de collège, de chambrée. Des camarades d'enfance, des personnes qui se fréquentent depuis l'enfance. Des camarades de bureau. C'est une mauvaise camarade. La taille du maréchal duc de Noailles est assez grande, mais épaisse; sa démarche lourde et forte; son vêtement, uni ou tout au plus d'officier, voudrait montrer la simplicité la plus naturelle ; il la soutient avec le gros de ce que, faute de meilleure expression, on entend par apparence de sans façon et de camarade, st-sim. 317, 138. Eh, mon Dieu! s'écria-t-il , je crois que c'est là Jeannot; le petit homme rebondi ne fait qu'un saut et court embrasser son ancien camarade, volt. Jeannot et Colin. || Camarade de lit, celui qui couche dans le même lit qu'un autre. Deux soldats qui couchaient dans le même lit étaient camarades de lit. || Fig. Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme, la font. Fab. vu, 2. || 3° Populairement, ami. lisse sont remis camarades. Mon camarade, Tiens, bois rasade, béranger, Troub. || 4" Se dit de ceux qui courent même fortune. Nous avons été camarades d'aventures, d'infortune. Dans ce désappointement il eut bien des camarades || 5° Familièrement, en s'adressant à des inférieurs, même inconnus. Mon camarade, enseignez-moi, je vous prie, le chemin de....
— SYN. camarade, compagnon. Camarade est d'origine un terme militaire, et signifie de la même chambrée; de là, figurément, il exprime celui qui a avec d'autres même genre d'occupations ou d'habitudes. Compagnon, qui veut dire d'origine celui qui mange le même pain, n'a point cette particularité de sens; il n'implique pas qu'on soit de même occupation; il implique qu'on accompagne. Ainsi on dit : des camarades de lit, des compagnons de voyage. Vivre d'un même genre de vie pour camarades, s'accompagner pour compagnons, voilà la nuance de sens essentielle entre ces deux mots. Nous disons camarades de collège et non compagnons de collège; mais au féminin compagnes de pension, de couvent; cette déviation tient à ce que l'oreille a désiré marquer le féminin que la désinence ne signale pas dans camarade.
— HIST. xvie s. Ordinairement un capitaine [d'infanterie espagnole] en aura cinq ou six [soldats choisis] qu'il appelle ses camarades, lanoue, 296. M. de Langey, au lieu qu'il a escrit de la discipline militaire, parle des camarades, qu'il appelle en nostre langue françoise chambrée, et les fait de dix soldats, baillant à l'und'iceux quelque prééminence sur les autres , et le nomme chef de chambre , id. 294. Comba fut pris en la maison d'une vieille qui blanchissoit le linge de sa camarade, qu'il nommoit ainsi à l'hespaignol, carloix, vi, 46. Comme estant d'une camerade, et participants à toutes ses entreprises, id. x, 14.
— ÉTYM. Espagn. camarada, s. m.; ital. camerata, s. m. de l'espagnol camara, ital. caméra, chambre (voy. chambre) : proprement chambrée, puis, au masculin, celui qui demeure dans la même chambre, camarade. Dans les exemples cités à l'historique, camarade signifie chambrée, et, par extension , homme de chambrée. Camarade est d'origine un terme militaire.
CAMARADERIE (ka-ma-ra-de-rie) , s. f. || i° La familiarité qui existe entre camarades. Cette camaraderie de vous et de Mlle Duplessis, sév. 70. La plupart des liaisons de société, la camaraderie... tout cela est à l'amitié ce que le sigisbéisme est à l'amour, chamfort, dans le Dict. de dochez. || 2" Disposition d'esprit qui fait que des écrivains, dos artistes qui ont des liaisons entre eux se soutiennent et se prônent mutuellement. Son succès n'est pas de bon aloi, il est dû à la camaraderie. Le premier emploi de camaraderie en ce sens est attribué à H. Delatouche, par Chasles, J. des Débats, -1 5 juillet
— ÉTYM. Camarade.
CAMARD, ARDE (ka-mar, mar-d'; ledne se lie pas : ka-mar et bossu ; au pluriel, semblablement . kamar etbossus; d'autres prononcent ka-mar-z et bossus). || 1° S. m. et f. Oui a le nez plat et écrasé. Un camard. Une camarde. || 2° Adj. Un nez camard. C'é-
CAM
tait une grosse fille écrasée, brune, laide, camarde. avec de l'esprit, st-sim. 24, M. L'Egypte.... Dans sa robe de sable enfonce enveloppés Ses colosses camards, à la face frappés Par le pied brutal de Cambyse.... v. hlgo , Voix, 4. ||Dans le style burlesque, la camarde, la mort. 11 fut complimenté d'abord Par le Sommeil et par la Mort; Pour lui faire honneur, la camarde, Contre son humeur, fut gaillarde, scarron, Enéide, vi.
— HlST. xvie s. Mais d'où vient cet orgueil? on ne void par la ville Un plus rogue vilain, qui contreface mieux Depuis un peu de temps le brave et glorieux Que ce petit camard.... tahourot des accords, Bigarr. Descriptions pathétiques.
— ÉTYM. Même radical que camus.
f CAMARE (ka-ma-r'), s. m. Terme de botanique. Fruit aplati et membraneux composé de deux valves soudées.
— ÉTYM. Kau.âpa, voûte.
f CAMARILLA (ka-ma-ril-la), s. f. Coterie de personnes qui approchent du prince le plus près.
— ÉTYM. Diminutif de camara, chambre en espagnol (voy. chambre).
f CAMAR1N (ka-ma-rin), s. m. Espèce de plongeon.
CAMBISTE (kam-bi-sf), s. m. Banquier qui se livre aux opérations de change. || Vieilli. On dit aujourd'hui agent de change.
— ÉTYM. Ital. cambio, change (voy. change).
t CAMBIUM (kan-bi-om'),s. m. || jl" Terme de botanique. Suc nutritif, élaboré, destiné à fournir les matériaux de l'accroissement des plantes. || 2" Terme de jardinage. Nom donné aux tissus en voie de formation et étant encore mo is et gélatineux.
— HIST. xvie s. La troisième humeur de nourrissement s'appele cambium, qui est jà changé et agglutiné et peu s'en faut jà tourné en nourrissement, paré, lntrod. 6.
— ÉTYM. Bas-lat. cambium, mot qui se trouve dans Arnauld de Villeneuve, xiv siècle (cambium, humiditas manifeste alterata membri continenlis complexione); de cambire, changer (voy. changer).
CAMBOUIS (kan-houi ; l's se lie; kan-bui est une prononciation vicieuse), s. m. Vieux oing qui, employé pour adoucir les frottements d'une roue sur l'essieu, d'une machine, prend le nom de cambouis quand il a été noirci par le frottement et le mélange des parties métalliques. L'huile qu'on met aux roues des voitures devient aussi du cambouis par le frottement. || Terme de vétérinaire. Matière sébacée qui s'accumule souvent en quantité considérable à l'intérieur du fourreau du cheval.
— hist. xi V s. Prenez camboïs, c'est le limon noir qui est aux deux bouts de l'essieul de la charette, Ménagier, il, 5. || xvie s. Ah très orde vieille truande! Vous me baillez du cambouys [vous me dupez], Farce du meunier de qui le diable emporte V âme en enfer , Paris, \m\ , p. 49.
— ÉTYM. Raynouard le tire du provençal camois, boue, souillure.
f CAMBOUISÉ, EE (kan-boui-zé, zée), adj. Crasseux, en parlant des pièces de la batterie d'un fusil.
f CAMBRAI (kan-brè), s. m. Sorte de toile de lin très-claire. || Aujourd'hui, dentelle faite à la mécanique et non aux fuseaux; l'imitation, la fausse dentelle.
— ÉTYM. Cambrai, ville où ce tissu se fabrique. f CAMBRE (kan-br') , s. f. Cambrure.
CAMBRÉ, ÉE (kan-bré, brée), part, passé. Une
taille cambrée, taille qui présente une concavité en arrière. Jambes cambrées, celles dont la courbure naturelle est exagérée, de sorte que les genoux sont distants l'un de l'autre quand les talons se touchent. On dit dans le même sens qu'un homme est cambré.
f CAMBREMENT (kan-bre-man), s.» m. Action de cambrer.
CAMBRER (kan-bré), v. a. || i" Aiquer légèrement. Cambrer une pièce de bois. || 2° Se cambrer, v. réfl. Devenir cambré. Cette poutre commence à se cambrer.
— hist. xvi" s. Des astelles cambrées, pour mieux se coucher autour delà jambe, paré, xiii, 23. Par une violence les os des jeunes enfans se courbent et cambrent, id. xv, i. Elle se cambre, en marchant, très-fort, palsgr. p. 461. Vous allez en cambrant comme se ce fust ung qui eust les rayns rompus, id. p. 673.
— ÉTYM. Camerare, voûter, de caméra, voûte. t CAMBBJÉSINE (kan-bré-zi-n') , s. f. Toile de
lin claire et fine qui se fabriquait à Cambrai
— ÉTYM. Cambrai, ville où se fabriquait ce tissu.
CAM
CAM
CAM
f CAMBREUR (kam-breur), s. m. Ouvrier qui cambre les cuirs des souliers.
CAMBRIEN, IENNE (kau-bri-in, iè-n'), adj. Terme de géologie. Qui est composé de schiste chloriteux et argileux, reposant sur les micaschistes et les gneiss.
— ÉTYM. Cambria, nom breton du pays de Galles en Angleterre.
t CAMBRILLON (kan-bri-llon, Il mouillées), s. m. Partie du talon d'un soulier.
— ÉTYM. Cambrer.
j CAMBRIQUE (kan-bri-k' ) , adj. Langue cambrique, langue parlée dans le pays de Galles et dite aussi le kymri.
— ÉTYM. Cambria, nom breton du pays de Galles.
CAMBRURE (kan-bru-r'), s. f. Etat de ce qui est cambré. I i d'un soulier.
— étym. Cambrer.
CAMIÎUSE (kan-bu-s'), s. /".Terme de marine. Endroit où Ton distribue les rations à l'équipage. Tenir la cambuse. || Très-populairement, se dit, par dénigrement, d'un cabaret de bas étage ou d'une maison mal tenue. Quelle cambuse ! C'est une vraie cambuse.
— étym. Angl. cdboose; du hollandais kabuys, cuisine de navire marchand. Ce mot paraît ne s'être introduit dans la marine que vers le milieu du xviii" siècle. Il y a dans le Berry cambuse, mauvaise hutte.
t CAMBUSER (kan-bu-zé), v. a. Terme' de marine. Nettoyer une futaille.
CAMBUSIER (kan-bu-zié ; l'r ne se lie jamais), x. m. Terme de marine. Celui qui , à bord d'un vaisseau, est chargé de la distribution régulière des vivres à tons les gens de l'équipage.
— ÉTYM Cambuse.
i. CAME (ka-nr), s. f. Voy. chame.
f 2. CAME (ka-m'), s. f. Terme de mécanique. Sorte de dent appliquée à l'arbre d'une machine, ou taillée dans cet arbre pour servir à soulever un pilon.
CAMEE (ka-mée), s. m. Pierre ou, par abus, coquille (car il y a des camées en coquillage) qui, composée de différentes couches, est sculptée en re- 1 ef. Un camée monté en bague. || 'l'orme de peinture. Grisaille imitant le camée.
— ÉTYM. Ital. camro; bas-lat. canucus; du basgrec, xâaa-rûv, ajuvre, travail, xmcôvvEiv, travailler, y.5|j.(.>Tiy.àv, ouvrage fait à la main, }.'Mo-/.a.[t.u)- (j.évoç, orné de pierreries, xoc|;.eîov, atelier d'ouvrier en fer, du grec classique y.cqxveiv, se donner de la peine. Camée, signifiant en général chose faite par la main, a pris, ce qui arrive souvent aux mots généraux, un sens particulier.
f CAMÉLÉE (ka-mé-lée), s. f. Petit arbrisseau du midi de l'Europe regardé à tort comme un purgatif-drastique {cneorum tricoccum, L.).
— ÉTYM. Xafii/aia, de /âp.at, à terre, et iXiia., olivier.
CAMÉLÉON (ka-mé-lé-on), s. m. || 1° Espèce de lézard auquel on attribuait la faculté de changer de couleur selon les objets qui l'entouraient. Mais jugez la querelle Sur le caméléon; sa couleur, quelle est-elle? Monsieur veut qu'il soit vert; moi je dis qu'il est bleu. Soyez d'accord, il n'est ni l'un ni l'autre, Dit le grave arbitre, il est noir: Â la chandelle hier au soir Je l'examinai bien, je l'ai pris, il est nôtre, Et je le tiens encor dans mon mouchoir.... Il ouvre le mouchoir, et l'animal sort blanc, lamotte, Fabl. il, 9. || Fig. Celui qui change indifféremment pour complaire à qui peut serv r ses intérêts. Des caméléons politiques. Je définis la cour un pays où les gens, Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents, Sont ce qu'il plaît au prince, et, s'ils ne peuvent l'être, Tâchent au moinsde le paraître; Peuple caméléon, peuple singe du maître, la font. .M), vin, 13. || 2° Terme de chimie. Caméléon minéral, permanganate de potasse, composé qui prend différentes nuances, suivant qu'on le traite par l'eau, les acides, etc.
— lilST. xiv0 s. Etseroit ainsi un homme beneuré semblable, quant à ce, à une beste appellée caméléon, oresme, Éth. 23.
— ÉTYM. Xïu.aiXéiov, de y.cqjai, à terre, et).éeov, lion : lion terrestre.
fCAMÉLÉOMEN (ka-mé-lé-o-niin), s. m. Terme de zoologie. Num d'une famille de lézards dont le caméléon est le type.
CAMÉLÉOPARD(ka-mé-lé-o-par), s. m. Voy. camélopard. Caméléopard est une corruption du mot.
t CAMÉLIA (ka-mé-li-a) , s. m. Voy. camellia, meilleure orthographe,
f CAMÉLIEN (ka-mé-liin), s. m Nom des ruminants semblables au chameau.
— étym. Camelus, chameau.
CAMELINE (ka-me-li-n') , s. f. |l 1" Terme de botanique-. Plante crucifère (inyagrum sativum,L.), dont les semences fournissent une hude grasse bonne à brûler et dite improprement huile de camomille. || 2" Sorte d'ancienne sauce.
— HIST. xivc s. Au saussier, une quarte de cameline pour le disner, Ménagier, il, 4. Quiconques s'entremetti.1 de faite sauce appelée cameiine, qu'il la fasse de bonne cannelle, bon gingembre, bons doux de «girofle, du cange, camelotum. j| xv s. Dedans l'amoureuse cuisine.... Saulce ne faut ne cameiine Pour jeunes appetiz nouveaulx, ch. d'orl. Rond.
— ÉTYM. La sauce est dile sans doute de la plante, et la plante de quelque assimilation au camelin, qui a été un des noms du camelot.
| CAMELLE (ka-mè-1'), s. f. Pyramide formée dans les marais salants pour laisser égoutter le sel.
f CAMELLIA (ka-mè-li-a), s. m. Bel arbuste d'ornement, de la famille des théacées (camellia japonica, L.). || Au plur. Des camellias.
— ÉTYM. Le P. Camelli, qui l'a introduit du Japon en Europe.
CAMÉ1.0PARI)(ka-mé-lo-par),s. m. Girafe. Vieux.
— ÉTYM. Kap^XcnrâpSa),'.;, de y.àp.7|Xo; , chameau (voy. ce mot), et 7tàpSaXtç, panthère : parce que la girafe est tachetée comme la panthère.
f CAMÉLORNITHE ( ka-mé-lor-ni-t'), .v. m. Terme de zoologie. Nom des oiseaux semblables à l'autruche.
— ÉTYM. Kâ|xï)Xo;, chameau, et êpviç, oiseau. CAMELOT (ka-me-lo; le t ne se lie pas dans le
parler ordinaire), 4. m. Etoffe de poil ou de laine, mêlée quelquefois de soie en chaîne. || Proverbe. Il est comme le camelot, il a pris son pli, c'est-à-dire il est incorrigible.
— HIST. xme s De camelin pour la poussière
Avoient clokes [vêtements] paringaus [semblables],
Bl. et Jehan, 54:n; Huit aunes d'un camelin
gris, Brunet etgroz, d'un pauvre,pris, kuteb.ii, 74. Vous estes filz de vilain et de vilaine, et avez lessié l'abit votre père et vostre mère, et estes vestu de plus riche camelin que le roy n'est, joinville, 196. Je le vi aucune foiz en esté, que, pour délivrer sa gent, il venoit au jardin de Paris, une cote de chamelot vestue, id. <99. || xvie s. On met sous le malade une pièce ou de maroquin, ou de camelot, ou de bougran, estoffes qui ne retiennent que bien peu la chaleur, paré, xxi, 2. Quant au poil de chèvre, peu ou point d'estat n'en est fait de pardeçà, estant le propre du Levant et de la Barbarie, que d'eu faire des camelots, o. de serres, 328.
— ÉTYM. Espagn. camelote ; bas-lat. camelotum, camalaucum, camelinum; de camelus, chameau (voy. ce mot) : à cause que cette étoffe était faite de poil de chameau.
f CAMELOTE (ka-me-lo -t') , s. f. Ouvrage mal fait; marchandise de mauvaise qualité. Mot du langage populaire, ainsi dit parce que le camelot était une étoffe de" médiocre valeur. || Adjectivement. Ah! sarpejeu ! mon ami, quel mariage camelotte j'allais faire, cogniard frères et bourdois, Le monde camelote, m, te.
— ÉTYM. Camelot.
| CAMELOTEE (ka-me-lo-té). || 1° V. a. Imiter le camelot. || 2° V. n. Fabriquer de mauvaises marchandises. || Marbre cameloté, voy. marbre.
— hist. XVIe s. Le ventre [chez les femmes après l'accouchement] se camelote et ride.... bouchet, Serées.lw. n, dans lacuhne.
— ÉTYM. Camelot et camelote.
f CAMELOTIER (ka-me-lo-tié), s. m. Sorte de papier très-commun.
tCAMELOTINE(ka-me-lo-ti-n'), s. f. Étoffe ondée comme le camelot.
f CAMÉRA-LUCIDA (ka-mé-ra-lu-si-da), .v. f. Terme de physique. Instrument d'optique, dit aussi chambre claire, qui, servant à dessiner, permet de voir en même temps les objets et le papier.
— ÉTYM. Caméra, chambre, et lucida, lucide, claire.
CAMÉRIER (ka-mé-rié), s. m. Officier de la chambre du pape ou d'un cardinal. Le cardinal do Janson arriva le 8 septembre à Versailles, et avec lui l'abbé de Barrière, camérier du pape, st-sim. 50, 83. lui fut bien étonné de voir un camérier du pape qui ordonna à Charles VIII de retirer ses troupes, volt. Mœurs. to~
— ÉTYM. liai, camericre, de caméra, chambre (voy. ce mot); provenc. camarier
f CAMÉRIÈRE (ka-mé-riê-r'), s. f. Voy. camé-
RISTE.
t CAMÉRISIER (ka-mé-ri-zié), s. m. Nom d'un arbrisseau (lonicera biflora, L).
CAMÉR1STE (ka-mé-ri-st'), s. f. Dame de chambre d'une princesse ou d'une femme titrt
— REM. Beaumarchais écrit camariste selon ie mot espagnol camarisla : Il vous manquait de vous adresser, sans respect pour votre marraine, à sa première camariste, Le mar. de Fig. i, 9.
— HIST. xvie s. Ils se mirent avec d'autres patrias [compatriotes] cameristes [camarades de chamr.re] près du Bœuf couronné, desper. Contes, lxxiii.
— ÉTYM. Ital. camerisla, de 'caméra, chambre (voy. ce mot).
CAMERLINGAT (ka-mèr-lin-ga) , s. m. Dignité de camerlingue.
CAMERLINGUE (ka-mèr-lin-gh'), s. m. Cardinal qui préside la chambre apostolique, et exerce l'autorité temporelle dans l'intervalle entre la mort d'un pape et l'élection d'un autre.
— étym. Bas-lat. camerlengus, camarlcngus ; ital. camerlingo, camarlingo; de caméra, chambre; le même que chambellan (voy. ce mot).
t CAMÉRON1EN, IENNE (ka-mé-ro-niin, niè-n'), s. m. et f. Membre d'une secte protestante fort rigide, en Ecosse.
— ÉTYM. Cameron, nom propre.
f CAMÉRULE (ka-mé-ru-1'), s. f. Terme de botanique. Petite loge.
— ÉTYM. Diminutif de caméra (voy. chambre).
i. CAMION (ka-mi-on), s. m. Epingle très-pelite. Eh! non, monsieur, je vous dis une grosse épingle, et vous me présentez un camion, p. de kock et i.. THIBOUST, Vue maîtresse bien agréable, se. 10.
— ÉTYM. Origine inconnue.
2. CAMION (ka-mi-on), s. m. || i° Charrette dont les roues ont très-peu de hauteur. || 2° Vase déterre pour délayer du badigeon. || 3° Petite tête de chardon à. carder. || 4" Sabot d'enfant.
— hist. xive s. Chamion, nu cange, campolus. || xve s. Le suppliant chargeoit la dite terre en un gomion que le filz de Pierre faisoit mener à son cheval, m. ib.
— ÉTYM. Dans le lexique de Corblet il est dit que camion est un mot picard passé dans le français. Du reste il est ancien dans la langfce et d'origine inconnue. Campolus etcamuleus, motsdu bas-latin qui signifient chariot, porteraient à croire que dans ces mots est un radical cam, peut-être le latin cama, lit très-bas, d'où l'espagnol coma qui a la même signification et de plus celle de fond d'un chariot. A cela se rapporterait aussi [echamuleus d'Ammien Marcellin, sorte de traîneau, de voiture très-basse.
-r CAMIONNAGE (ka-mi-o-na-j') , s. m. Transport par camion; frais de cette opération.
— ÉTYM. Camion 2.
I CAMIONNER (ka-mi-o-né), r. a. Transporter sur camion.
— ÉTYM. Camion 2.
CAMIONNEUR (ka-mi-o-neur), s. m. Celui qui conduit ou qui traîne un camion.
— ÉTYM. Camion 2.
CAMISADE (ka-mi-za-d'), s. f. Attaque de nuit, dirigée ordinairement contre une ville ou un lieu fortifié. || Il vieillit.
— HIST. xvie s. Tout consterné de cette camisade qu'on venoit de donner ,\ ses troupes, Mèm. sur Duguesclin, ch. xxxi. Et combien qu'ordinairement on ne vist gueres donner de camisades aux armées, d'autant plus faciles à exécuter estoyent-ellespource qu'on s'en gardoit moins, la.noue, 5G7. Au siège de Vulpian, en (555, le baron de Chipy fit mettre en camisade ses soldats, et à coup perdu se jetta dans le fossé, montluc, Mémoires, t. i, p. dans lacurne.
— ÉTYM. Camisa ou camisia, chemise (voy. ce mot), parce que, dans ces sortes d'attaques, les assaillants mettaient leurs chemises par-dessus leurs armes, pour se reconnaître entre eux, ce que dit Furetière, mais peut-être plutôt parce que cette attaque nocturne surprenait eu chemise les assaillis.
CAMISARD (ka-mi-zar; le rf ne se lie pas; au pluriel \'s ne se lie pas : les ka-mi-zar insurgés; d'autres la lient : les ka-mi-zar-z insurgés), s. m. Nom donné aux calvinistes in "unes,
pendant la persécution qui suivit la révocation de i'édit de Nantes.
— ÉTYM. Camisa ou camisia. chemise (voy. ce mot), pour une raison semblable à celle qui est donnée, au mot camisade'
CAM
CAM
CAM
rAMISOLE(ka-mi-zo-l').4-./'. || l°Sortede vêtement à manche-; et court qui se porte sous ou sur la chemise. || 2° Camisole de foree, camisole garnie de liens et propre à contenir un malade, un aliéné, etc.
— HIST. xvr' s. Prompt hors du lit ce bon prince sortit, Sa camisole et son pourpoint vestit, ron-
SARn, 600.
— ÊTYM. Diminutif de camisc, chemise (voy. ce mot): espagn. camisola.
f GAMME (ka-m'), s. f. Voy. came 2.
f CAMOIARD (ka-mo-iar), s. m. Étoffe faite avec le poil de chèvres sauvages.
CAMOMILLE (ka-mo-mi-11', //mouillées, et non ka-mo-mi-ye), s f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des radiées, i" Camomille romaine {anthémis nobilis, t.), plante vivace; les fleurs ont une odeur aromatique; on en fait une nfusion. i" Camomille puai te (anthémis cotula, /..). 3° Camomille pyrèthre (anthémis pyrethrum, L.)\ la racine excite la salivation. 4° Camomille ordinaire (matricaria rhamomilla, L.).\\ Huile de camomille, huile préparée en faisant digérer dans de l'huile des fleurs sèches de camomille, ei différente de l'huile extraite des semences de cameline, dite improprement huile de camomille.
— iiist. xvr' s. Huile de camomille, paré, v, 12. Camomille, il y a de trois sortes de ceste herbe, différentes en leurs (leurs . aucunes les aians blanches, les autres jaunes, purpurées, o. de serres, 627.
— ÉTYM. Génev. camamile, camomile; provenç. camomilla; espagn. camomila; ital. camomilla; par corruption pour chamœmelon, du grec xa(iMp.r|aov , de ya(j.a;. , à terre . et jxti).ov , pomme, à cause de l'odeur de pomme îles fleurs de ['anthémis.
fÇAMON (sa-mon),odv. erclamalif. OuÏYraiment, oui ma foi. Çamon, vraiment il y a fort à gagnera fréquenter vos nobles, mol. Bourg, m, 3. Çamon, ma foi, j'en suis d'avis, id. Mal. imag. i, 2.
— HIST. xnr s. Or, n'i a fors que del huchier Nos voisins. — Certes, ce n'a mon, Vains et anieuse, barbazan, m, 46. || xvre s. Si l'on disoit, en oyant un sermon. Il a bien dit, je répondrais : ce a mon, la reine i.e navarre, le Miroir de l'a me pécheresse.
— ÉTYM. fà et mon, particule adverbiale qu'on trouvera a son rang alphabétique.
CAMOUFLET (ka-mou-flè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des kamou-flè-z et des rebuffades; camouflets rime avec traits, jamais, succès, paix, etc.), s. m. || 1" Fumée épaisse qu'on souffle malicieusement dans le nez de quelqu'un avec un cornet de papier allumé. Guide de mon esprit follet, Qui surtout chéris le burlesque. Souffle-moi par un camouflet Un style qui soit bien grotesque, scarron, la Foire St-Germain, 25. Grand ne/ digne d'un camouflet, Mâchoire à recevoir soufflet, m. dans richelet. Et toutes les nuits régulièrement ils me donnaient des camouflets qui puaient le soufre, regnard, le Retour impr. se. 13. (I 2° Fig. et familièrement, affront, mortification. La Bnffe se lassa des camouflets que Harlay ne lui épargnât pas, st-sim. 17, 262. Vendôme apprit qu'il ne serait plus payé comme général d'armée; le camouflel fut violent, m. 216, 163. Le camouflet des auteurs, titre d'un ouvrage publié dans le xvnc siècle. || 3" ferme d'art militaire. Nom donné, par une plaisanterie militaire, à un petit fourneau de mine ou fougasse, dont Pefl'et est d'enterrer le mineur assiégeant dans les déblais et les éboulements dont il est subitement environné.
— HIST. xv s. Qui dormira, qu'on le resveille, Ou qu'on lui donne un chault moufflet, Ou nardiement ung grant soufflet, Mystère, dans Bibliol. des chartes, ir0 série, t. in, p. 459.
— ÉTYM. Wallon ," cafouma; génev. camouflet, soufflet. Grangagnage admet un verbe wallon kifoumer, kafoumer, de la préposition ka, ki, équivalente au préfixe cou, et fumée : enfumer; d'où le français serait venu par inversion. Il y a aussi l'italien camuffare, etnbéguiner, qui se prêterait à une étymologie. Mais ni l'un ni l'autre ne s'accommodent à chaud moufflet, du xve siècle, qui semble composé de chaud et d'un diminutif de mufle ou moufle, et dont on a fait ca-mouflet.
t CAMOURLOT (ka-mour-lo), s. m. Mastic servant à remplir les joints des dalles et des carreaux.
CAMP (kan ; le p ne se lie pas : le camp ennemi , dites : le kan ennemi ; dutempsdeChifflet,xvii°siècle, cep se liait, il en fait la remarque; au pluriel l's se lie: les camps ennemis, dites : les kan-z ennemis), s. m. || 1° Espace de terrain où une armée dresse ses tentes. Déterminer l'emplacement d'un camp, établir ou asseoir son camp. Il leva le camp sans bruit. Forcer le camp ennemi, s'emparer du camp del'en-
DïCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE
nemi. Rome est dans notre camp, et notre camp dans Rome, corn. ïïor. I, 3. || Familièrement. Lever le camp, partir, déguerpir. ||2" L'arméecampée. Le camp prit les armes Abandonner mon camp en est un [crime] capital, corn. Nicom. n, 2. D'un camp prêt à partir vous entendez les cris, iiAc. Mithr. m, 5. Vois comme tout le camp s'oppose à notre fuite, m. Fph.v, 1. En son camp on ne connaît pas' les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables, boss. Louis de Bourbon. || Mettre l'alarme au camp, donner l'alerte à une troupe campée; et, fïgurément, inquiéter un parti, une coterie, etc. Oh! dit-il, j'en fais faire autant Qu'on m'en fait faire! ma présence Effraye aussi les gens! je mets l'alarme au camp! Et d'où me vient cette vaillance? la font. Fables, n, 14. Il Camp volant, troupe légère qui tient la campagne pour observer l'ennemi. || Fig. Être en camp volant, n'être pas casé d'une manière définitive. || Camp de manœuvre, camp établi pour l'instruction des troupes. |j Lit de camp, petit lit qui se démonte et que l'on transporte où l'on veut. Je reviens aux petites choses, des toilettes, des lits de camp, des services de vaisselle de vermeil doré et d'argent [dons de Louis XIV pour l'expédition de Jacques II en Irlande] . sév. 525. || En un autre sens, lit de camp, lit de corps de garde, c'est-à-dire plancher élevé et incliné, sur lequel on met des matelas, et où l'on couche l'un àcôtéde l'autre. || 3° Une armée quelconque. J'ai rejoint de mon camp les restes séparés, rac. Mithr. n, s. ||4° Au plur. Armes, guerre. Homme plus utile dans les camps. La vie des camps. || 5 Fig. Parti, faction. Se partager en deux camps. Il avait été dans notre camp. Nous nous sommes jetés dans le camp d'Aristote. Il sépare sans balancer sa sœui du camp du Seigneur, mass. Panég. Saint. Bernard. || 6° Maréchal de camp, anciennement, maréchal des campset armées du roi , officier du grade immédiatement supérieur à celui de colonel: aujourd'hui, maréchal de camp, général de brigade qui commande un département. || Aide de camp, officier d'ordonnance attaché à un officier général. || 7° Lice, champ clos. Demander le camp. Donner le camp. Juge du camp. || Familièrement. Prendre lecamp, déguerpir. || 8° Dans certaines parties de l'Asie, quartier assigné aux étrangers qui viennent faire le commerce.
— HIST. xii* s. Servez le bien, l'onor dou camp aurez, Bonc. 41. || xvi" s. Une heure après le camp partit, lanoue, 567. Le camp du royse mita le suyvre, m. 59 1. Il attendit que les fruicts et les raisins y eussent mis la maladie de camp, n'AUB. Hist. i, 236. Il lui envo;a sur les bras un camp volant.... u>. ib. II, 201. Quoi qu'on die, il n'y a pas aultre vadlance sur le pavé, et. aultre au camp, mont, ii, 7.
— ÉTYM. Prononciation picarde pour champ (voy. ce mot), laquelle a pris dans la langue commune une acception spéciale : ce qui est. arrivé souvent.
CAMPAGNARD, ARDE (kan-pa-gnar, gnar-d'; le dne se lie pas : un kan-pa-gnar et sa femme; au pluriel l's ne se lie pas : des kan-pa-gnar et leurs femmes; cependant d'autres lient cette s : des kanpa-gnar-z et....). || 1° Adj. Qui vit ou demeure à la campagne. Gentilhomme campagnard. || Rustique. Un air campagnard. Des manières campagnardes. || 2° S. m. et f. Un campagnard, une campagnarde, un homme, une femme de la campagne. Les mœurs simples des campagnards. Là je trouvai d'abord pour toute connaissance Deux nobles campagnards, grands Lecteurs de romans, Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments, boil. Sa t. ni. || Un bon campagnard, un homme de la campagne qui jouit d'une certaine aisance. || Dans un sens péjoratif, un campagnard, une campagnarde, homme, femme dont les manières sont rustiques, grossières, maladroites. Il a épousé une grosse campagnarde. Quel campagnard ! Nous déjeunions en hâte avec quelques œufs frais, Lorsqu'un franc campagnard avec longue rapière, Montant superbement sa jument poulinière, Qu'il honorait du nom desabonne jument, S'en est venu nous faire un mauvais compliment, mol. Fdch. il, 7.
— ÉTYM. Campagne.
CAMPAGNE (kan-pa-gn'), s. f. || 1" Grande étendue de pays plat. Campagnes immenses. Errer dans la campagne. L'aurore trouve déjà le berger en pleine campagne. Sacrovir range son armée en bataille dans une rase campagne, perrot, Tac. 164. || En campagne, en course dans la campagne ou ailleurs. Allons, chasseur, vite en campagne, Du cor n'entends-tu pas le son? uf.rang. D. chasse. Il n'est en campagne de si bon matin que pour visiter quelques postes, hamilt. Gramm. 5. Le bruit cesse, on se retire : Rats en campagne aussitôt, la font.
Fab. i, 9. Ces pauvres gens attendent le maidi jusqu'à dix heures du soir; et., quand ils sont tons retournés chacun chez eux, nous arrivons paisiblement le mercredi, sans songer qu'on eût mis une armée en campagne pour nous recevoir, sév. 57. Il Fig. et familièrement. En campagne, en train, en mouvement pour découvrir ou obtenir quelque chose. Son imagination est en campagne, il s'inquiète, sa tête travaille. Il y a quelque amour en campagne, mol. le Bourg, m, 7. Mettons la bravoure en campagne, m. l'Étour. m, 5. Il met en campagne son expérience et son industrie, hamilt. Gramm. 8. Le dépit se mit en campagne pour désunir les cœurs, m. ib. n . On croit qu'il y a quelque ambassade en campagne, sév. 430. Tous les dév";s furent en campagne, m. 368. Je me mets en campagne, je vais à l'un, je vais à l'autre, id. i 96. On met ses amis en campagne, m. 53t. Tous les esprits sont en campagne, id. 28). Théramène était riche et avait du mérite; il a hérité; il est donc très-riche et a un très-grand mérite, voilà toutes les femmes en campagne pour l'avoir pour galant, et toutes les filles pour épouseur, la bruy. 7. || Prendre la campagne, s'en aller dans les champs. Il se veut battre et monte à cheval, et prend la campagne, sév. 1 74. || Terme de guerre. Tenir la campagne, résister à l'ennemi sans être contraint de se retrancher. Des armées qui tiennent la campagne, la bruy. to. || Par extension. Nous nous voyons obligés mon frère et moi à tenir la campagne, mol. Fest. de P. m, 5. || Etre maître de la campagne, occuper le pays sans que l'ennemi ose sortir de ses places. Quitter la campagne, se réfugier dans les endroits fortifiés. Où nous forçons les siens de quitter la campagne, corn. Sert, i, 2. || Au fig. Je vois bien par laque vous êtes les maîtres de la campagne [que vous avez l'avantage], pasc. iJroi;. 5. Il Battre la campagne, la parcourir, pour faire lever le gibier ou pour éclairer la marche d'une armée. || Au fig. Battre la campagne, divaguer, s'éloigner de son sujet, chercher des faux-fuyants; avoir le délire. Quel esprit ne bat la campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne? la font. Fab. vu, 10 Des raisons qui ne feront que battre la campagne, mol. les Fourb. n, 8. Autant vaut employer le babil à des sujets utiles qu'à battre sans raison la campagne, j. j. rouss. Ilél. vi, n. Il se met à battre la campagne et à vous accabler de questions, id. Êm. m. Ivre de Champagne, Je bats la campagne, bérang. Cocag. Il 2° Les champs en général, ils vantaient les richesses de leurs campagnes. Dévaster les campagnes. La campagne est couverte de neige. Mes fenêtres donnent sur la campagne. || Fig. et poétiquement. Les campagnes de l'air, l'air ou les airs. Puis comment pénétrer jusques à notre monde? Comment percer des airs la campagne profonde? la font. Fab. vin, 16. || 3° La campagne, par opposition à la ville. Les gens de la campagne. Les travaux de la campagne. Biens de campagne. Petite maison de campagne. Aller à la campagne. Être à la campagne. Je veux élever Emile à la campagne, loin de la canaille des valets, j. j. rouss. Ém. n Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, Et contre eux la campagne est mon unique asile, boil. Fp. vi. Je suis venu à la campagne, me dit-il. pour faire plaisir à la maîtresse de la maison, avec laquelle je ne suis pas mal, montesq. Lett. pers. 48. || Faire une partie de campagne, aller par partie de plaisir dans la campagne. || Curé, gentilhomme, médecin de campagne, curé, gentilhomme, médecin qui résident à la campagne. || Habit de campagne , habit que l'on porte quand on est à la campagne. Avoir osé se montrer à la cour en habit de campagne, hamilt. Gramm. 4. || Comédiensde campagne, comédiens qui ne jouent qu'en province. Cela s'entend prix pour prix et sans faire comparaison de deux comédiens de campagne à deux Romains de ce calibre-là, scarron, jRom. com. ch. -16. || 4° Mouvements de troupes qui commencent et poursuivent des opérations de guerre. Arrêter un plan de campagne Ouvrir la campagne. Il a fait la campagne d'Egypte. Dès cette première campagne, après la prise de Thionville, digne prix de la victoire de Rocroy, il passa pour un capitaine également redoutable dans les sièges et dans les batailles, boss. Louis de Bourbon. Croyez-vous que la reine put être en repos dans ces fameuses campagnes qui nous apportaient coup sur coup tant de surprenantes nouvelles? id. Marie-Thér. || Pièces de campagne, artillerie assez légère pour suivre une armée en campagne. Les canons de campagne. On dit de même : four, forge de campagne. ||5" Le temps que, dans l'année, dure une expédition militaire. La cam
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pagne sera longue cette année. C'est ma première campagne. Ce fut la troisième bataille de cette campagne. 11 y a eu deux campagnes cette année. Encore une campagne, et nos seuls escadrons Aux aigles de Sylla font repasser les monts, corn. Sertor. n, 2. Il n'est pas aisé de comprendre qu'avec tant d incommodités il puisse faire une campagne, sêv. 548. Avec la satisfaction d'avoir fait la plus heureuse campagne qui fut jamais, id. 485. || Fig. M. de Coulange a fini sa campagne, sév. 368. Vous avez fait une rude campagne dans l'Iliade, et vous nous en avez parlé fort plaisamment, id. 345. || Familièrement et ironiquement. Il a fait une belle campagne, il a fait une belle équipée, ou ses démarches ont été inutiles. || 6" Terme de jeu. À la bassette et au Pharaon, paroli de campagne, paroli marqué par tricherie; au trictrac, case de campagne, case qu'on n'avaii pas le droit de faire. || 7° Saison des travaux de certains états. Cette maison sera bâtie dans trois campagnes. Le beau temps a remis tous mes ouvriers en campagne, sév. 02. || 8° Voyage sur mer. Vous me confirmez dans la résolution que j'ai prise de m'appliquer fortement, cette campagne, à la conversion des matelots, d'estrées à Seignelay, dans jai..
— REM. Aujourd'hui on dit : je suis à la campagne, et non je suis en campagne ; je vais à la campagne, et non je vais en campagne. On réserve en campagne pour exprimer un mouvement soit physique soit moral, et, particulièrement, un mouvement de troupes; autrefois cette distinction n'existait pas; les meilleurs écrivains disaient en campagne ce que nous disons à la campagne. Une petite maison qu'il avait en campagne, hamilt. Gramm. 4. Se trouve-t-il en campagne, la bruy. i i . Le printemps n'est pas si agréable en campagne que tu penses, j. j. rouss. Hêl. I, 7. Promenez-vous eu campagne aveccesdeux sortes d'hommes, id. ib. 4.
— HIST. xii° s. Si 's [il les] jeta en champaigne del fin m Jurdan, Rois, 257. E dist li reis qu'il se tapireit as champaignes del désert, ib. 176. || xm's. Lors fist les batailles ordener parmi la champaigne. villeh. lxxx. De (Iras d'or et de soie la champaigne resplent, Berte, cxxxm. Par ci trespasse une corn paingne [compagnie] Qui vient parmi ceste champaingne, Ren. 2450. || xv s. On trouva aucuns hamelets ars, et aucunes champagnes où il avoit blés et prés, froiss. i, i, 40. || xvic s. L'artillerie de campagne seroit de vingt canons, lanoue, 422. Ceste armée estant ainsi disposée, à mon avis pourrait, en campagne rase, se présenter devant la puissance des Turcs, id. 427. Le temps de se mettre en campagne estant venu, l'armée... id. 437. Ceux qui s'y adonnent ont aussi une spatieuse campagne pour y promener leurs esprits, id. 538. Nos chefs vouloyent faire marcher après deux cens chevaux pour se rendre maistres de ceste campagnette [petite plaine], par laquelle il falloit passer avant qu'arriver aux maisons, id. 682. Le peuple de Berne avait tant d'aversion pour les fortifications, et esloit tellement infatué de ses forces de campagne, que.... d'aub. Vie,
— ÉTYM. Bourguig. campeigne ; Saintonge, Champagne, pays de plaine; espagn. campana ; ital. campagna; de campus, champ (voy. ce mot). Campagne est la prononciation picarde de Champagne, qui , comme on voit, veut dire plaine.
CAMPAGNOL (kan-pa-gnol), s. m. || 1° Terme d'histoire naturelle. Petit rat des champs (mus arralis.L.) à pelage d'un jaune brun. || 2° Campagnol volant, espèce de chauve-souris.
— ETYM. Campagne.
f CAMPAGNOULE (kan-pa-gnou-P), s. f. Nom vulgaire de plusieurs espèces d'agarics.
— ETYM. Ce mot semble une autre forme de champignon.
■f CAMPAN (kan-pan), s. m. Nom d'un marbra des Pyrénées qui se trouve dans la vallée de Campan, près de Bagnères de Bigorre.
fCAMPANACÉ. ÉE ( kam pa-na-sé, sée ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la forme d'une cloche.
— ÉTYM. Campana, cloche (voy. campane).
CAMPANE (kan-pa-n'), s. f. |] 1° Tenture de soie,
d'argent filé, etc. ornée de petites- cloches de même matière. Campane de lit, de carrosse. || 2n Tenue d'architecture. Ornement de sculpture à houppes en forme de clochettes. Une campane pour un dais i autel. || Le corps, en forme de cloche renversée, di s chapiteaux corinthien et composite. || Ornement de plomb chantourné, placé au bas du faîte ou dubrisis d'un comble. || 3" Chaudière pour cuire le savon , dite de sa forme. Il 4° Terme de vétérinaire.
Tumeur arrondie qui se développe au jarret du cheval.
— HIST. xine s. Quand il out le convers oï, Durement furent esbahi Qu'il n'orent oï soner cloche Ne champenelle, ne reloge [horloge], ruteb. 3 1 5. || xivc s. Les cloches furent premiers trouvées en la région de Campanie, en françois nommée Champaigne, en la cité de Noie, et pour ce aucuns les claiment campanes, delaborde, Émaux, p. I93.|| xves. On sonne au matin la campane du consistoire, froiss. m, iv, 67. Assis de brodures avecques multitude de campanettes d'argent qui moult donnoient du bruit, chastelain, Chr. des ducs de Bourgogne, i" part. ch. 4. !| xvie s. L'ennemy meit toutes les campanes des mullets dans les coffres, et sans sonner trompette ni tabourin deslogea, m. dubei.i.. 144.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. campana, cloche; d'après les étymologistes, de la ville de Nola en Campanie, où l'usage des cloches s'établit d'abord (la Campanie fut ainsi appelée à cause de ses plaines ou campagnes ; voy. ce mot ). Mais la plus ancienne mention de campana est dans Isidore, avec le sens de plateau de balance, et avec la note que la campane est un genre de balance inventé en Campanie; de sorte que, vraisemblablement, le plateau de balance est ce qui, par assimilation d'ustensile métallique, a donné le nom à la cloche.
f CAMPANELÉ, ÉE ( kan-pa-ne-lé , lée), ad;'. Terme didactique. Qui a la forme d'une petite cloche.
— ÉTYM. Campanelle, diminutif de campane, cloche (voy. campane).
f CAMPANELLE (kan-pa-nè-1') , s. f. Un des noms du liseron et du narcisse.
— ÉTYM. Diminutif de campana, clochette.
f CAMPANETTE (kan-pa-nè-f) , s. f. Voy. campanelle.
f CAMPANIFLORE (kan-pa-ni-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs en cloche.
— ÉTYM. Campane et fleur.
tCAMPANIFORME(kan-pa-ni-for-m'), adj. Terme
didactique. Qui est en forme de cloche.
— ÉTYM. Campane et forme.
CAMPANILE (kan-pa-ni-1'), s. m. et selon quelques-uns CAMPANILLE (kan-pa-ni-lT, Il mouillées), s. f. Clocher à jour; petite tour ouverte et légère, souvent isolée, servant de clocher. Le campanile de Florence. Le campanile de S. -Marc à Venise.
— ÉTYM. Bas-lat. campanile ou campanillum, de campana, cloche (voy. campane).
t CAMPANULACÉ, ÉE (kan-pa-nu-la-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une clochette. || S. f. Campanulacées, nom d'une famille de plantes dont la campanule est le type.
f CAMPANULAIRE (kan-pa-nu-lè-r'), adj. Même sens que campanulacé.
CAMPANULE (kan-pa-n u-1'), s. f. 'ferme de botanique. Genre très-nombreux de plantes de la l'amille des campanulacées', ainsi nommées parce qu'elles ont la fleur en forme de clochette.
— HIST. xvie s. La campanula, ainsi ditte en italien, florit tous les jours, chascun produisant abondance de fleurs nouvelles, de couleur bleue, o. de serres, 562. Plusieurs racines d'herbes médicinales, comme buglosse, cichorée, angelica, campane, se laissent manger appareillées en confiture, id. S68.
— ÉTYM. Diminutif de campana, cloche (voy. campane).
CAMPANULE, ÉE(kan-pa-nu-lé, lée), ad/. Terme de botanique. Qui est en forme de clochette. Corolle campanulée.
— ÉTYM. Campanule.
f CAMPANULIFLORE (kan-pa-nu-li-flo-r') , a<!j. Terme de botanique. Qui a la fleur en forme de clochette.
— ÉTYM. Campanule . ot/los, fleur.
| CAMPE (kan-p') , s. f. Sorte de droguet en façon de drap.
CAMPÉ, ÉE (kan-pé, pée), part, passé. \\ i° Armée campée sur le bord du fleuve. || 2" Fig. et familièrement. Bien campé sur ses jambes, ou simplement bien campé, qui se tient bien, qui est bien bâti. || Un homme bien campé, un homme qui est dans une -bonne position de fortune, de réputa tion, etc. || Terme de manège. Cheval campé, chi -. il qui se tientde façon que le bip; de antérieur ou postérieur, ou les deux à la fois s'éloignent du centre de gravité.
CAMPÊCHE (kan-pê-ch') , s. m. Arbre d'Amérique dont le bois fournit une belle teinture rouge. Les Anglais coupaient du bois de campèche dans les forêts du roi d'Espagne aux Indes, st-sim. 45) , us.
— ÉTYM. La baie de Campèche. au Mexique. CAMPEMENT (kan-pe-man) , s. m. 'i 1° Ad i n de
camper. L'art des campements. Effets de campement, les objets qui sont nécessaires à une troupe qui campe. Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière mais encore tous nos soldats, boss. Louis de Bourbon. Les campements de César firent son étude ; je me souviens qu'il nous ravissait en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine, par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combats.... id. ib. || 2° Journée de marche au bout de laquelle on campe. L'ennemi, que rien n'arrêtait , n'était plus qu'à deux campements de la ville. || 3° Détachement chargé de préparer le campement.
— iiist. xvie s. Le roi voulant voir de plus, près le campement du duc, d'aub. Hist. m, 26E
— ÉTYM. Camper.
f CAMPÉPHAGE (kan-pé-fa-j'), s. m. Terme de
zoologie. Autre nom des échenilleurs ou oiseaux qui mangent les chenilles.
— ÉTYM. Kàjj.Ttr], chenille, et çafeîv , manger. CAMPER (kan-pé) . v. n. || i° Être établi dans un
camp. L'armée campait aux portes de la ville. Bien camper, bien choisir à chacun son emploi, corn. Sert, m, 2. || 2° Fig. Séjourner temporairement. Mes gens sont occupés à déménager; j'ai campé dans ma chambre, sev. 368. || Familièrement. Il campe, c'est-à-dire il n'a pas de domicile, il déloge souvent. 113" V. a. Établir dans un camp. Prè^ de la Mehaigne, et vers les sources de la petite Ghctte, le maréchal de Villeroi avait campé son armée, volt. Louis XIV, 20. Il 4° Familièrement, placer, mettre. Il campa son chapeau sur sa tête, et partit. Quelqu'un n'a-t-il point vu Comme on dessine sur nature? On vous campe une créature, Une Eve ou quelque Adam.... la font. Cas de consc. || Familièrement. Camper là quelqu'un, l'abandonner, le laisser dans l'embarras. || 5° Donner, attribuer. Vous me la campez belle. Il m'a fallu livrer bataille, sans ceia on me campait sur le dos La perte des douze canons, p. l. cour. Lelt. i, 125. fi 6° Se camper, r. réfl. S'établir en un camp. Aussitôt qu'Alexandre s'y fut campé. Les Philistins se campèrent à Machmus, à l'orient deBetharen, volt. l'hil. iv, 297. Ici nos gens se campèrent; Et l'espace que voilà Nos ennemis l'occupèrent, mol. Ampli. 1. t. H 7" Très-familièrement, se placer, s'installer, se tenir. Il se campa dans un fauteuil. Il se campa droit devant moi. Et chacun se campant qui de çà, qui de là, Régnier, Sat. vi. Le jeune homme Se campe en une église, la font. Caml. Mais, ma mignonne, dites-moi, Vous campez-vous jamais sur la tête d'un roi, D'un empereur ou d'une belle? id. Fabl. iv, 3. L'aragne cependant se campe en un lambris, id. ib. m, 8. || Prendre une certaine posture. 11 se campe bien.
— REM. Camper se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand on veut indiquer le fait même du campement : l'armée a campé hier pour la première fois sur le territoire ennemi; avec l'auxiliaire être quand on veut indiquer l'état : l'armée est campée depuis dix jours sous les murs de cette place.
— HIST. xvie s. Ils campèrent le long d'une petite rivière, amyot, Cam. 32, Vous, dis-je, enorgueilli de forces animées, Auprès de Montcûntour canipastes vos armées, ronsard, 666.
— ÉTYM. Camp; bourguig. cltampai, jeter. Dans le xvie siècle, on trouve d'ordinaire campeger, de l'italien campeggiare.
] CAMPERCHE (kan-pèr-ch'), s. f. Barre de bois placée à travers le métier des ouvriers en basse-lisse.
j CAMP.HÈNE (kan-fè-n'), cm. Terme de chimie. Nom donné au radical supposé du camphre.
— ÉTYM. Complice ; formation irrégulière; pourquoi les chimistes n'ont-ils pas dit camphrèn
j CAMPHINE (kan-fi-n'), s. f. Tenue de chimie. Carbure d'hydrogène liquide obtenu par distillation d'un mélange d'iode et de camphre.
— ÉTYM. Camphre. Pourquoi les chimistes n'ontils pas dit camphrine?
t CAMPHOGÈNE (kan-fo-jê-n'i, s. m. Terme de chimie. Nom d'un carbure d'hydrogène.
— ÉTYM. Camphre, et yev^, engendré : 1 gendre du camphre, parce que cette substance s'obtient en distillant un mélange de camphre et d'acide phosphorique anhydre.
; CAMPHORATE (kan-fo-ra-t') , s. m. Terme de chimie. Genre de sels foi niés par l'acide camphorique combiné aux bases.
f CAMPHOR1DES (kan-fo-ri-d'). s.f. plur. Terme de chimie. Substances analogui au camphre.
— ÉTYM. Camphora, camphre.
l.AM
CAN
CAN
t CAMPHORIFÈRE (kan-fo-ri-fê-r*) , adj. Terme de botanique. Qui produit du camphre.
— ETYM. Camphora , camphre, et ferre.
porter .
CAMPHORINE (kan-fo-ri-n') , *. f. Terme de !. Combinaison neutre obtenue en combinant
I camphorique avec la glycérine.
CAMPHORIQUE (kan-fo-ri-k") , adj. Terme de chimie. Acide camphorique, produit de la distillation de l'acide azotique sur le camphre.
— ÊTYM. Camphora (voy. camphre).
| CAMPHOROIDE (kan-fo-ro-i-d'), adj. Terme de chimi i. Qui est semblable au camphre.
— ÉTYM. Camphora, et sîSo;, forme.
f CAMPHOVINIQUE (kan-fo-vi-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide camphovinique, acide que l'acide camphorique donne avec l'alcool mêlé à l'acide sulfurique ou chlorhydrique.
— ÊTYM. Camphreet vin.
CAMPHRE (kan-fr') , s. m. || l°Substance blanche transparente, l'une saveur amère, chaude et piquante, et d'une odeur vive et pénétrante. Le camphre, très-employé en médecine comme antispasmodique, provient du camphrier. || 2° Terme de chimie. Camphres, nom donné à des composés neutres, solides à la température ordinaire, volatils, adorants, aromatiques, analogues au camphre proprement dit.
— HiST. xvr s. Le sang qui Mue par le nés, sera
iié par le camCre, meslé avec la graine d'ortie morte, o. le serres, 900. Le verger de m'amie est de plantes exquises; C'est un vrai paradis de pommes, de cerises. En tout temps florissant de tous arbres fruitiers, D'orangers, grenadiers, de cantres, de figuiers, r. belleau, Poésies, t. i, p. 103, dans t. \curne.
— ÉTYM. Provenç. camphora; espagn. alcanfor; ital. canfora; bis-grec, xctçoupa; de l'arabe kafur, qui paraît venir du sanscrit carpoûra.
CAMPHRE, ÉE (kan-fré, frée), adj. Qui contient du camphre. Eau-de-vie camphrée,
CAMPHRÉE (kan-frée), s. f. Terme de botanique. Plante qui sent le camphre (camphorosma monspeliaca, L.).
— ÉTYM. Camphre.
t CAMPHRER (kan-fré), v. a. Terme didactique. Imprégner de camphre.
— ÉTYM. Camphre.
CAMPHRIER (kan-fri-é), s. m. Terme de botanique. Arbre de la Chine et du Japon (laurus camphora, L.) dont on retire le camphre par disiillation.
jCAMPHRONE (kan-fro-n'), s.f. Terme de chimie. Produit volatil qu'on obtient en faisant passer de la vapeur de camphre sur de la chaux chauffée au rouge.
fCAMPICOI.E (kan-pi-ko-F), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit dans les champs.
— ÉTYM. Campus, champ, et cola, habitant. CAMPINE (kan-pi-n'), s. f. Terme de cuisine. Petite poularde fine.
— ÉTYM. Campine, nom d'un district de la Flandre qui a donné son nom à ces poulardes.
CAMPOS (kau-pô), s. m. || 1° Congé donné aux écoliers. Aujourd'hui les écoliers ont campos. Le maître à donné campos à sa classe. |j 2" En généi a ! . repos, délassement. Prenez campos pour aujourd'hui. I| Terme familier.
- HIST. xvie s. Et demande au petit Roger, Si roux que l'on fit desloger Hors des villes, croyoient campes, mahot, ii, 139. Avoir campos, pour estre libre, h. est. Nouveau lany. fr. p. 610.
— ÉTYM. Accusatif pluriel de campus, champ . c'est-à-dire vous avez les champs, la liberté d'aller vous promener
i CAMPYLOPTÈRE (kan pi-lo-ptê-r') , adj. Terme d'ornithologie. Qui est pourvu de plumes d'essor recourbées en forme de sabre.
— ÉTYM. Kaij.TC'j/'j;, courbé, et JCtepèv, aile.
t CAMPYLOSOME (kan-pi-lo-so-m') , s. m.
Terme de zoologie. Nom des cirrhipèdes à corps flexible.
— ÉTYM. Kau.7tOXoç, courbé, et ctôu-oc, corps. CAMUS, CAMUSE (ka-mu, ka-mu-z'; l'sne se lie
pas dans la conversation), adj. || l"Qui a le nez court st plat. Pour toi, Socrate, tu n'étais qu'un pauvre homme, laid, camus, chauve, fén. xix, 187. Ils déclarent qu'on ne peut être camus sans avoir de nez, volt. Phil. il, 169. || Un nez camus, un nez court et plat. Il [mon nez] n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, i.a roch. Portrait. | Se dit aussi de certains animaux. Un chien camus. Cheval camus, cheval dont le chanfrein offre une espèce d'enfoncement. || 2° Eig. et fa-
milièrement, embarrassé, interdit Et n'est Nostra-
mus Qui l'astrolabe en main ne demeurât canins, Régnier, Sat.x. Oui, Charlotte je veux que Mousieur vous rende un peu camuse, mol. Don Juan, H, 5. || A côté de demeurer camus, on dit aujourd'hui avoir un pied de nez; de sorte que des images toutes contraires peuvent cependant exprimer la même pensée; l'idée fondamentale est toujours celle d'une disproportion ridicule dans l'endroit le plus apparent du visage. || Camus en chien d'Artois, camus comme un chien de Boulogne, cela se disait de quelqu'un fort interdit de se voir trompé dans son attente. Le chien d'Artois, le chien de Boulogne est une variété .de carlin. Madame votre fille est pleurante en un coin; Monsieur votre neveu grommelle sur du foin, Camus en chien d'Artois d'avoir compté sans hôte, la font. Je vous prends sans vert, 14. || 3° Substantivement. Un camus, une camuse, une personne qui a le nez camus. || 4° Un des noms du dauphin (poisson).
— HIST. xme s. D'entre les sorcix [sourcils], à compas. Muet [meut, sort] ses nés trop haut, ne irop bas; N'est pas camuse ne bekue. Bl. et Jehan, 2G5. Trop grans mamieles font les enfans camus devenir, quant par deseur le nés les metent, alehrant, f" 30. || xivc s. Une paire de cousteaulx canins, à deux virolles d'argent, de laborde, Émaux, p. 231. Je croi qu'il n'ot si laid de Resnes à Disnant; Camus estoit et noir, malostru et nuisant, Guesclin, v. 55. || xve s. Si en furent camus les conseilleurs, mes aultres y Guidèrent ruer qui y faillirent, chas- TEI.A1N, Chr. d s d. de B. 2' p. ch. 8. || xvr s. Voilà une belle response, ce me semble, et des harangueurs bien camus, mont. I, 189. Il est demeuré tout camus, pour dire que quelqu'un est demeuré tout honteux, h. est. du Nouv. lang. fr. p. 4~5. Voulez-vous en françois braver un homme, vous dites que vous le ferez bien camus, ou que vous lui rendrez le nez aussi plat comme une andouille, pasquier, Recherches, liv. vm , p. «94, dans lacirne. La ligue se trouvant camuse, Et les ligueurs fort donnés Se sont avisés d'une ruse; C'est de se faire un roi sans nez [Sur l'élection du duc de Guise qui était camus], Sat. Ménippée.
— ÉTYM. Provenç. camus, gamus, niais, sot; ital. camuso, camoscio. Origine incertaine. On a indiqué le celtique cam, courbé; mais, comme le remarque Diez, un suffixe us n'existe pas dans les langues romanes; dès lors il est porté à y voir un mot composé ca-mus, où mus se rapporte à l'italien muso, français museau, et où il y aura un prélixe ca, peut-être péjoratif (voy. ca préfixe). D'autres l'ont rapproché de l'italien camoscio , espagnol camusa, chamois; le chamois, comme la chèvre, pouvant être dit camus; la forme des mots parle pour cette dernière étymologie.
f CAMUSERIE (ka-mu-ze-rie), s. f. État de celui qui est camus ou d'un nez qui est camus.
— HIST. xvi° s. Entre les Mores, la camuserie et la couleur noire, et avoir les cheveux recoquillez et frise/, leur est d'autant d'estime et de beauté, que nostre grand nez, nostre couleur blanche et nos cheveux longs, bouchet, Serées, liv. m, dans lacurne.
— ÉTYM. Camus.
\ CAMUSET, ETTE (ka-mu-zè, zè-t'), adj. Un peu camus.
— hist. xme s. Puis la gorgete , en avalant Tout premier au pis [sein] camuset, Ane. poés. fr. Vatican, dans lacurne. || xvie s. Les bergiers, avec leurs musettes, Gardant leurs brebis camusettes, du b&llay, vu, 45 , verso.
f CAMÙSON (ca-mu-zon), .s-, f. Jeune femme camuse. Je lui dis des choses admirables de sa petite camuson , sév. 379.
t CAN ou CANT (kan), s. m. Terme de charpenterie. La face la moins large d'une pièce de bois.
i' i Y.M. Le même que chant, côté, écrit à tort champ dans la locution de champ (voy. champ, dans celle locution).
CANAILLE (ca-na-ir , U mouillées, et non kana-ye), s.f. || 1" Vile populace. Eh bien! manger moutons, canaille, sot h' espèce, Est-ce un péché? la font. Fabl. vu, 1. Travailler est le fait de la canaille, id. I'apef. Où Rabelais est mauvais.il passe bien au delàdu pue ; c'est le charme de la canaille, la bbuy. 1. Les Vaudois furent appelés par Maimbourg une canaille révoltée, volt. Mœurs, 138. Ceux qui daignaient acheter les suffrages de la canaille qui composait les tribus, j. J. rouss. Conlr. iv, 2. Spectateur dédaigneux des misères de la canaille, id. Ém. iv. Sénèque, qui connaissait l'esprit de la cour, de la ville et de la canaille , Diderot , Claude et Néron .
Repoussé des hommes de son rang, il se livra aux vices de la canaille, id. Essai sur Claude. || 2° Par extension, gens, quelle que soit leur condition, dignes de mépris; en ce sens le pluriel est usité. Ces canailles-là. Quoi ! vous continue/., canailles infidèles ! corn. Médée, v, 3. La canaille littéraire est ce que je connais d" plus abject au monde, volt. Lett. Damilaville, 24 sept. 17«6. Je sais que, dès qu'on a donné un ouvrage passable, la canaille de la littérature jette les liants eus, in. ib. 17 déc. 1766. .le veux élever Emile à la campagne, loin de la canaille des valets, j. j. rouss. Ém. n. C'était [MM. les chambellans], vous disais- jo , une canaille qu'il fallait laisser aboyer, p. L. cour, i, 57. M. de Monaco se commit fert mal à propos en personne avec des canailles, st-sim. 84, 92. || Par antiphrase. Je crois qu'il se contentera d'aller en paradis, et qu'il ne quittera point ces canailles chrétiennes, sr.v. 583. || 3° Par badinerie, en parlant d'enfants
importuns. Faites taire cette petite canaille Ah !
ie petit babouin! Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise! Et puis prenez de tels fripons le soin! Que les parents sont malheureux, qu'il faille Toujours veiller à semblable canaille ! la font. Fabl. I, 19. ||4° Populairement, il se prend comme adjectif indéclinable : des manières canaille, un propos canaille. Populairement aussi, on dit, en parlant d'un seul homme : c'est une canaille.
— HIST. xme s. Du mal que nos feisons à ceste chiennaille ne prendra jà garde cil qu'il apelent Seigneur, Psautier, f" Ul. || xvie s. La reigle et police de bien vivre n'a jamais si bien esté ordonnée aux monastères, qu'il n'y eust tousjours quelques canailles meslez parmi les bons, calvin, Instit. 1021. Les rois aux chiens flatteurs donnent le premier lieu, Et de cette canaille endormis au milieu.... d'aub. Tragiques, n, p. 57. Arrière mastins, hors de la quarrière; hors de mon soleil, canaille au diable, rab. Pant. Prol. du me livre.
— ÉTYM. Wallon, chinêie; Berry, chienaille; ital. canaglia; de cane, chien (voy. chien). Canaille est italien ; chienaille était le mot français.
CANAL (ka-rial), s. m. || 1° Conduit qui amène de l'eau. Les canaux de la fontaine. On amène de loin les eaux de la rivière par des canaux. || 2° Voie naturelle par laquelle les liquides ou les gaz cheminent dans la terre. Les eaux du puits artésien de Paris arrivent de Bourgogne par de secrets canaux. || 3° Par extension, toute espèce de voie pour le passage des liquides. L'impétueuse ardeur de ses transports nouveaux À son sang prisonnier ouvre autant de canaux, corn. AU. v, 6. || 4° En anatomie, nom de différentes parties configurées comme des canaux. Le canal médullaire des os, cavité des os qui contient la moelle. Le canal vertébral, trajet formé par la cavité du corps des vertèbres et où est enfermée la moelle épinière. Le canal intestinal, portion de l'appareil digestif qui s'étend de l'estomac à l'anus. Le canal de l'urèthre, conduit qui mène l'urine au dehors de la vessie. || En général, les canaux, les voies qui sont dans le corps pour le passage des substances et la circulation des liquides. Le voyage, l'exercice des eaux qui lavent le sang et qui débouchent les canaux rétablissent presque toujours la machine, volt. Lett. Damilaville, 2 avril 1 7 6 î . || Eu botanique, les canaux de la sève. Le sureau a un large canal médullaire. || 5° Lit d'une rivière. Le fleuve offre partout un canal tranquille. Semblable à ces fleuves qui se creusent un nouveau canal.... fléch. Lam. Si l'on veut trouver dans un canal horizontal la vitesse moyenne de l'eau entre celle du fond qui est la plus grande et celle de la superficie qui est la plus petite, on voit que cette vitesse est toujours placée aux 4/9 de la hauteur du canal divisé du haut en bas, fonten. Guglielmini. || 6° Rivière creusée de main d'homme. Canal de navigation. Un pays coupé de canaux. Menzikoff flatta le Czar de l'idée de percer un canal du Holslein dans la mer Baltique, volt. Ihtssie, n, i. Plusieurs rivières entre lesquelles on peut tirer des canaux qui serviraient de lit aux inondations, id. ib. i, t. || Canal latéral, canal qui longe un fleuve. || Canal de dérivation, canal qui sert à détourner des eaux. || Canal d'irrigation, canal qui distribue des eaux dans la campagne. || Canal de dessèchement, canal qui évacue les eaux stagnantes. || 7° Pièce d'eau étroite et longue pour l'ornement des jardins. Creuser, nettoyer un canal. Mais un canal formé par une source pure, Se trouve en ces lieux écartés, la font. Fabl. i, 11. || Il y a eu canal à Fontainebleau, c'est-à-dire la cour a fait une partie de canal eu de bateau ; locution des gens decour, d'après de CAiLi.n'ms. 1690. ||8° 'terme de géographie.
CAN
CAN
CAN
Nom de certains détroits. Le canal de Mozambique. || 9° Terme de marine. Sur !a Méditerranée, faire canal, traverser un golfe, un espace entre deux lies . etc. ou naviguer hors de vue de la terre. || 10° Fig. Intermédiaire, moyen. Le cœur affligé Par le canal des yeux vidant son amertume, malherbe, vi, 18. Cela ne passera pas en d'autres mains que celles que vous avez choisies pour nous servir de canal, boss. Projet. Je suis un canal par où passent les instructions, id. Lett. abb. <99. Ils accablent ceux qui entreprennent d'aller à eux [les rois] par un autre canal que le leur, fën. Tél. xiv. La prière, le canal des grâces, mass. Tiéd. 2. Les charges, les emplois, et le bien et le mal Passent par cetie main, collent par ce canal, tristan, Mort drChrispe, iv, U. || ll-Terme d'architecture. Kcfouillement droit ou courbe, simple ou multiple. || 12" Creux où se met la baguette d'un fusil. || Morceau de bois qui garantit des pointes d'aiguilles l'ouvrier en velours ciselé. || Cannelure du métier à drap.
— HIST. xne s. L'eve ist de la citet; si s'en vait par les plaines, Reentre en son canal: les rives en sont pleines, Voy. de Charlemagne, 79:i. || xme s. De! Nil qui chiet en mer par quatre mestres channiex, Hùt. occid. des croisades , t. n, p. 57). En milieu sort une fontaine, En un prael, et clereet saine; En quarrel est fais li canal, Fl.etBl. v. 204). || xvi's. Le coulement et laps de la fontaine estoytpar troys tubules etcanalz, faictz de marguarites fines, rab. Pont, v, 42. Marins luy feit caver une grande tranchée et canal, dedans laquelle il destonrna bonne partie de l'eau de la rivière, amvot. Marins, 25! Leur rugissement faisoit retentir les montagnes d'alenviron, et le canal de la rivière, \D.ib. 35. Le canal ouvert, dont l'on se sert généralement en toutes sortes d'aqueducts, o. de serres, 754.
— ÉTYM. Bourg, caincau ;provenç et espagn. canal ; ital. candie; du latin canalis.
TCANALICULAIRE(ka-na-li-ku-lê-r'), adj. Terme didactique. Qui est en forme de canalicule. || Qui vit dans les conduites d'eau. Conferves canaliculaires.
— ÉTYM. Canalicule.
f CANALICULE (ka-na-li-ku-F), s. m. Terme didactique. Petit canal ou tuyau. Les canaliculesdesos.
— ETYM. Diminutif de canal.
t CANALICULE, ÉE (ka-na-li-ku-lé , lèe),adj. Terme d'histoire naturelle. Creusé longitudinalement en gouttière.
t CANALIFÈRE (ka-na-li-fè-r' ) adj. Terme de zoologie. Qui est muni de canaux, de vaisseaux. || S. m. Les canalif ères , nom donné aux mollusques pourvus d'un long canal pour l'eau.
— ÉTYM. Canal, et ferre, porter.
t CANALIFORME (ka-na-li-for-m'). adj. Terme d'entomologie. Qui est en forme de canal.
— ÉTYM. Canal, et [arme.
f CANALISABLE (ka-na-li-za-bl') , adj. Terme de ponts et chaussées. Qui peut être canalisé.
— ÉTYM. Cana'iser.
f CANALISATION (ka-na-li-za-sion), s. f. Terme de ponts et chaussées. Action de canaliser un fleuve en le rendant navigable, une contrée en la perçant de canaux.
f CANALISÉ, ÉE (ka-na-li-zé, zée), part, passé. Hivière canalisée. Pays canalisé, pays percé de canaux.
f CANALISER (ka-na-li-zé), v. a. Terme île ponts et chaussées. Etablir des canaux: rendre navigable. Canaliser un pays. Canaliser un cours d'eau.
— ÉTYM. Canal.
CANAMELLE (ka-na-mè-1') , s. f. Terme de botanique. Nom de la canne à sucre.
— ÉTYM. Bas-lat. cannamella , de canna, canne (voy. ce mot), roseau, et de mel, miel (voy. ce mot) : canne à miel.
CANAPÉ (ka-na-pé), s. m. || 1" Grand siège à dossier où plusieurs personnes peuvent s'asseoir et qui
peut aussi servir de lit de repos Un fauteuil
m'embarrasse; Un homme là dedans est tout enveloppé; Je ne me trouve bien que dans un canapé, REGNAHD, Distrait, nr, 2. Le roi donna l'exemple : il se pri\a de toutes ces" tables d'argent, de ces candélabres, de ces grands canapés d'argent, qui étaient des chefs-d'œuvre de ciselure des mains de Batlin, volt. Louis XIV, 30. || Sous la Restauration, le i a napé, nom que l'on donnait aux doctrinaires, à cause que l'on disait qu'ils formaient une coterie si peu nombreuse qu'elle tenait sur un canapé. || 2° Chaise de bois à l'usage du raffineur de sucre.
— hist >:vie s. Entre les précieux conopées, entre les courtines dorées, rab. Pant. ni, 15.
— ÉTYM. Bas-lat. canapeum, par corruption du grec xwv(.)tï£îov . lit garni de rideaux pour écarter les cousins, de wov<o4, cousin.
CANAPSA (ka-na-psa) , s. m. || 1° Havre-sac. !| 2° L'homme même qui le porte. Un pauvre canapsa. || Ce mot a vieilli.
— HIST. xvie s. Un canapsa, un petit pot cassé demi plein de beurre fort.... d'aub. Fœn. m, 3.
— ÉTYM. Allem. Schnappsack, sac, de schnappen, rechercher, pourchasser, et Sack, sac.
CANARD (ka-nar; le d ne se lie pas : le ka-nar ei l'oie; au pluriel i'.ç ne se lie pas : les ka-nar et les oies; d'autres lient celte s : les ka-nar-z et les oies), s. m. || 1° Oiseau palmipède, lamellirostre, vivant à l'étal sauvage et domestique, recherché pour sa chair. || Canard musqué, oiseau d'Amérique, nommé à tort canard de Barbarie. || Familièrement. Mouillé, trempé comme un canard, très-mouillé. Il vint ici mouillé comme un canard, sév. )G3.l| Plonger comme un canard, très-bien plonger; et figurément , s'esquiver, se soustraire à un danger. || Familièrement. C'est un canard privé, c'est-à-dire c'est un homme qui joue le rôle du canard privé, qui par son cri attire dans le piège les canards sauvages. || 2" Populairement, conte absurde et par lequel on veut se moquer de la crédulité des auditeur-;, i ette nouvelle n'était qu'un canard. Je suis fâché de ne vous avoir pas traité comme mon enfant; vous le méritiez mieux que ce donneur de canard à moitié qui nous promettait tant de châteaux en Espagne, la Comédie des prorerbes, in, 7. Vous serez mis en cage; vous êtes un bailleur de canards, hecueil des plus excellents ballets, p. 19, ifiia. || 3° Petit imprimé contenant le récit d'un événement du jour et dont on crie la vente à Paris. || Se dit ironiquement de faits, de nouvelles, de bruits plus ou moins suspects qui se mettent dans les journaux. Cette nouvelle n'est qu'un canard. Quel canard! || 4° Note fausse tirée d'un instrument à anche à sons éclatants. Cette clarinette fait des canards. || 5° Petit morceau de sucre trempé dans de l'eau-de-vie ou dans le café (comme le canard dans l'eau). || 6° Sorte d'artifice lancé dans l'eau. || 7° Espèce de filet soutenu par des roseaux. || 8° S. m. plur. Conduits d'air dans des galeries souterraines de mines. || 9" Adj. Chiens canards, chiens à poil épais et frisé qu'on dresse à aller chercher dans l'eau les canards atteints par le chasseur; et, substantivement, un canard. || Bois canards, morceaux de bois flotté qui vont à fond ou s'arrêtent sur les bords. || Terme de marine. Bâtiment canard, barque canarde, etc. qui tangue beaucoup et embarque de l'eau par l'avant.
— HIST. xvie s. Et en sort une troisiesme et bastarde race, quand le canard d'Inde et la cane commune s'accouplent ensemble, o. de serres, 34g. La charge d'un canard est de huitou dix canes, id. 377 Vendre ou donner un canard à moitié, mentir, en donner à garder, en faire accroire, cotgrave. Il baissait la teste comme un canard [il était honteux], Nuits de Straparole, t. i, p. 92, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. cane. Bourguig. cainar; bas-lat. canardus, sorte de navire. Un canard, pour une billevesée, vient de l'ancienne locution : vendre un canard à moitié; locution dans laquelle on a supprimé à moitié. Il est clair que vendre un canard à moitié, ce n'est pas le vendre du tout; de là le sens de attraper, moquer.
CANARDÉ, ÉE (ka-nar-dé dée), part, passé. Les soldats canardés des fenêtres de chaque maison.
f CANARDEAU (ka-nar-dô), s. m. Jeune canard. Des canardeaux.
CANARDER (ka-nar-dé). || 1° V. a. Faire feu d'un lieu où l'on est à couvert. Les soldats embusqués canardaient les assaillants. || 2° V. n. Tirer du hautbois ou de la clarinette un son rauque ou nasillard comme le cri du canard. || 3° Terme de marne. En parlant d'un bâtiment, plonger par l'avant dans la mer.
— HIST. xvie s. Il passa la rivière malgré ces arquebusiers qui le canardoient dans l'eau, d'aubig. Vie, xvm.
— ÉTYM. Canard, d'après la manière dont on tire le canard au marais.
CANARDIÈRE (ka-nar-diè-r') , s. f. || i° Place disposée avec art dans des lieux marécageux, pour y prendre ou tuer des canards sauvages. |) 2" Guérite, lieu couvert, pour tirer à l'abri. || 3° Long fusil à grande portée pour la chasse des canards sauvages. I| 4° Pièce d'eau pour les canards dans un parc.
— ÉTYM. Canard.
CANARI (ka-na-ri), .f. m. Serin des Iles Canaries. il On écrivait jadis étymologiquement Canaries : faire couver des Canaries, la bruy. 13.
— ÉTYM. Iles Canaries, en latin canarix, parce
qu'on prétendait y avoir vu beaucoup de chiens canes (voy. chien).
f CANARIE (ka-na-rie), s. f. Vieille danse où le cavalier et la dame, après s'être séparés, dansaient tour à tour l'un devant l'autre, en affectant quelques poses et gestes étranges et bizarres pour figurer les sauvages de qui on disait que cette danse était imitée.
— HIST. xvies. Et puis Mme de la Chastre. après avoir dansé- une canarie sur le sang, et chanté, je suis vangée, elle aida à traisner le corps mort au retrait, d'aub. Conf. i, 6. La gaillarde, la pavanne d'Espagne, les Canaries... Le roy lui fit danser cette danse qui avoit alors grande vogue, tandis que M. de Strozze la jouoit sur le luth,BRANT. Cap. franc. t. ni, p. 425, 427, dans lacurne.
— ÉTYM. Les lies Canaries, dont les habitants sauvages avaient fourni l'idée de cette danse.
f CANARINE (ka na-ri-n'), s. f. Nom d'un genre de plantes dont la fleur est en clochette.
t CANASSE (ka-na-s') ou CANASTRE (ka-nastr'), s. m. Terme de commerce. || 1° Caisse à thé. || 2° Boîte à tabac. || Tabac contenu dans cette boite.
— ÉTYM. Kdbaorpov , en latin canistrum, corbeille; dérivé de y.âvr], canne, roseau.
CANCAN (kan-kan), s. m. || 1" Bruit, scandale fait mal à propos. Il fit un grand cancan de peu de chose. En ce sens on écrit aussi quanquan. Oui j'irais imiter ces faiseurs de cancans, Cercle des femmes, dans leroux, Dict . cantique. La reine au contraire tint bon, Et repartit toujours que non, Lui dit [au président Mole] que ce qu'elle a fait faire, Elle l'a jugé nécessaire, Et qu'il faisait un grand cancan D'un bruit qui n'était pas si grand, saint-julien, Le courrier burlesque envoyé à Mgr le princede Condédans sa prison . Paris, J650. || 2°Ba- \m nia es. malins propos. Cette nouvelle n'est pas sûre, c'est un simple cancan. Il est en butte aux cancans d'une petite ville. || 3° Sorte de danse inconvenante des bals publics avec des sauts exagérés et des gestes impudents, moqueurs et de mauvais ton. || Mot irèsfamilier et même de mauvais ton dans le dernier sens.
— HIST. xvie s. Trois ou quatre cents avocats du palais de Paris s'en allèrent au greffe de la cour y remettre leurs chaperons et protester de cesser leur caquet ; de quoi les baguenaudiers et pédants firent de grands cancan- . nlme eust du périr pour estre repurgé de ce cl i aneurs, Sully, Mém. t. iv, p. 178, éd. de I7i
— ÉTYM. Quanquam, quoique, à cause de la querelle qu'excita dans les écoles du moyen i'i-'e la prononciation de ce mot, les uns disant kan-kan, à l'ancienne mode, les autres kouan-koua^m' , à la nouvelle mode, qui est restée la nôtre. C'est là l'étymologie traditionnelle; cependant il y a dans l'ancien français caquehan , assemblée tumultueuse, tapage, querelle : xive s. Les dits habitans se pourront assembler pour eux conseiller et taillier, sans qu'il puisse estre dit caquehan. du cange, caquus. Comme les habitans de la ville d'Arras fussent alez par manière d'assemblée, monopole et caquehan, id.i7j.xv* s. Se nul est trouvé qui face quaquehan ne harelle.in. ib. On trouve aussi taquehan dans le même sens : xive s. Pour eschiver touz perilz, conspirations et taquehanz,DU cange . tanqhuanum. Par manière de tacaan et venans contre leurs sermens et contre l'utilité publique, id. ib. Le mot caquehan ou taquehan, qui parait spécial aux provinces du nord. est moins voisin, par la forme, de cancan que l'ancienne étymologie quamquani.
t CANCANER (kan-ka-né ,v.n.\\ i° Populairement, bavarder. || 2° Danser le cancan.
— ÉTYM. Cancan.
f CANCANIER, 1ÈRE (kan-ka-nié, niê-r'), ad}. Qui aime à bavarder. || Substantivement. Un cancanier, une cancanière. || Mot populaire.
— ÉTYM. Cancaner.
CANCEL (kan-sèl)et,suivant quelques-uns, C1IAX- CEL(chan-sèl), s. m. || 1° Dans une église, l'endroit duchœur voisin du maître autel, et ordinairement fermé d'une balustrade, et où se mettent les ministres servant à l'autel. Mot vieilli. || 2° Le lieu ou était déposé le sceau de l'État et qui était entouré d'une balustrade.
— HIST. xne s. Celé partie devers !e west fud cum« h chancels del temple et li sacraries. Sots, 2i;>. || xiii" s. Ovrez les huis de cest chaucel ; Nos i verrons encor bien cler. lien. 21298. || xvi« s. Vray est qu'en cest endroit il pourroit dire que si bien il est sorti des chanseaux [bornes, limites] es quels il esloit enclos par sa dite protestation, M. du bell. 496.
— ÉTYM. Cancelhts, barreau, treillis.
CAN
\ CANCELLATION (kan-sôl-la-sion), s. f. Action de canceller.
— ÊTYM. Canceller.
+ CANCELLE (kan-sè-1'), s. m. Nom d'un petit crabe i çanceltvs).
— ÊTYM. Diminutif de cancer, crabe.
CANCELLE, ÉE (kan-sèl-lé, lée), part pa*s'.
Biffé, annulé. Lettres cancellées et annulées. || Terme didactique. Oui a la forme d'un grillage.
CANCELLER (kan-sèl-lé), r. a. Terme de jurisprudence qui a vieilli. Annuler une écriture en la croisant par des traits de plume, ou en y donnant un coup de canif.
— HIST. xve s. Et si rien d'outrageux avoit eu la dite emprise, on le cancelleroit et amenderoit, froissart. m, iv, G. Je vous promectque je feray rompre et canceller l'autre scellé, Leur, de louis xi, Bibl. drs Charles, i° série, t. i. p. ic. De le canceller ou transcnpre [son testament] De sa main, ne sceut i! escripre, Interpréter et donner sens, À son plaisir, meilleur ou pire, De poinct en poinct je m'y consens, villon, Grand Testament. |j xvie s. Je ne dispute point qu'il faille rejetter tous les conciles, et rescinder les actes de tous, ou canceller depuis un boutjusques a l'autre, calv. Instit. 938.
— ÊTYM. Provenç. cancellar ; espagn. cancelar; ital. cancellare; du latin cancellar e, biffer, couvrir de barreaux, de cancellus, barreau, cancel (voy. ce mot).
CANCER (kan-sèr), s. m. || 1° Terme d'astronomie. Nom d'une des constellations zodiacales, figurée par une écrevisse. Olui des signes du zodiaque qui, par suite de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru par le soleil à peu près du 20 juin au 211 juillet. Au temps d'Hipparque, ce signe coïncidait précisément avec la constellation du Cancer ; ce qui lui en a fait donner le nom. Aujourd'hui, par suite de la précession des équinoxes, il en est loit éloigné, de sorte qu'il faut distinguer le signe de la constellation, et entendre par le signe du Cancer l'arc de trente degrés parcouru dans l'écliptiq'ie à partir du solstice d'été. || Le tropique du Cane r, ou septentrional, tropique qui pa'-se par !e premier point du signe du Cancer, c'est-à-dire de celui qui est parcouru du 20 juin au 20 juillet. J| 2" Terme de médecine. Tumeur qui peut se dér dans tous les tissus du corps . qui souvent s'ulcère et ronge les part es, et qui, souvi nt aussi. enlevée ou détruite, repullule. || Fig. Le luxe est une plaie qui est devenu le cancer intérieur qui ronge tous les particuliers, ST-SIM. 4M, 147.
— HIST. xvie s. Charbon, cancer, gangrené.... paré, v, 7.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. cancer; ital. canehem ; du latin cancer, grecxapxtvo;, sanscrit, karkala. Cancer, en chirurgie, a été dit ainsi à cause des tiosselures et des veines qui l'ont fait grossièrement comparer à un crabe.
CANCÉREUX, EUSE (kan-sé-reû, reu-z'), adj. Terme de médecine. Qui est de la nature du cancer, qui tient du cancer. Ulcère cancéreux.
— ETYM. Cancer.
t CANCÉRIDE (kan-sé-ri-d'), s: m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'une famille de crabes.
— ETYM. Cancer, crabe.
t CANCER IKORME (kan-sé-ri-for-m'), adj. Terme de pathologie. Qui a la forme du cancer.
— ETYM. Cancer et forme.
f CANCER1LLE (kan-se-ri-lP, Il mouillées), s. f. Le gaiou (daphne mezereum, L.).
\ CANCHE (kan-ch), s. f. Genre de la famille des graminées (aira, L.) , qui sert de fourrage.
CANCRE (kan-kr'), s. m. || 1° Espèce d'écrevisse de mer, dite aussi crabe. |] 2° Fig. et familièrement, homme avare, rapace et haïssable. J'ai compris qu'il ignorait ce cancre.... — Eh! le cancre.... — C'est le mari! ....un peu risqué, BAYARDet laya, Vétournenn, i, 2. || Homme sans position, sans ressources. Cancres, hères et pauvres diables, Dont la condition est de mourir de faim, la font, l'abl. i, 5. || Mauvais écolier.
— hist. xvi" s. Cancre!- le diable m'emporte si j'y retourne, Dialogues de tahureau, p. )47, dans i.acuhne. Cancre est ici une sorte d'exclamation.
— ËTYM. Prononciation picarde de chancre (voy. ce mot).
t CANCRELAS (kan-kre-la) ou CANCRELAT ( kan-kre-la ), s. m. Iilatle américaine, commune dans les ports de mer d'Europe, où elle a été introduite, et qui infeste les magasins de sucre et autres denrées coloniales. || On dit aussi kakerla et cakerl.it.
— ETYM. Holland. kakerlak.
CAN
t CANCRIFORME (kan-kri-for-m' ), adj. Terme de zoologie. Oui a la forme d'un crabe.
— ÉTYM. Cancre et forme.
t CANCRITE (kan-kri-f), s. f. Crabe pétrifié, crabe fossile.
— ÊTYM. Cancer, crabe.
| CANCRIVORE (kan-kri-vo-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui mange les crabes. Sarigue cancrivore.
— ÉTYM. Cancer, crabe, et vorare, manger.
f CANCROÏDE (kan-kro-j-d') , adj. Terme de médecine. Qui a l'apparence du cancer. || S. m. Un cancroïde, tumeur épithéliale, autrefoisditec'ancer, et affectant la peau ou les muqueuses.
— ÊTYM. Cancre, et eïSoç, forme.
f CANDÉFACTION(kan-dé-fa-ksion), s. f. Terme de métallurgie. Action de chauffer à blanc.
— ÉTYM. Candere, devenir blanc (voy candeur), et facere. faire.
CANDÉLABRE (kan-dé-la-br' ou kan-dé-lâ-br') , s. m. || 1° Grand chandelier à plusieurs branches. [| Fig. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires, Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires, v. hugo, F. d'Àut. 52. || 2° Grand chandelier fait à l'antique. || 3° 'ferme d'architecture. Couronnement en balustre et figurant une torchère.
— HIST. xiie s. E dunad [il donna] le peis [poids] delà merveilleuse vaissele que de or que de argent, e des chandelabres e des luminaries e des tables. Rois, 244. ]| xm* s. Je ne di pas s'il fust à point Que plains li chandelabres fust Ou li granz chandeliers de fust, ruïeb. 3o7. Et les deus candélabres qui là sont alumé [à la Mecque], En Jhursalem seront au sépulcre posé, Ch. d'Ant. v. 52). Et quant il volt alercoucier, Les candelarbres voit drecier, Partonopeus, v. 1697. ||xive s. Les nobles candélabres, qu'à Mieques sont assis.... Baud. de Seb. i, (088. ... Il vout [voulut] que sa lumière Feust sur le candélabre mise en boue manière, Girart de