X. II, p
— ÉTYM. Autre forme de cancel.
CHANCEL (chan-sèl), s. m. Voy- cancel.
t CHANCELADE (chan-se-la-'d-). Chanceladins
ou chanoines réguliers de la Chancelade, chanoines de l'abbaye de Notre-Dame de Chancelade à une lieue environ de Périgueux, établis en H28 et suivant la règle de Saint-Augustin, f CHANCELADIN (chan-se-la-din), s. m. Voy.
CHANCELADE.
CHANCELANT, ANTE (chan-se-ian, lan-t'), adj. | 1° Qui chancelle. Il sent ses genoux chancelants, en. Tel. xvm. Et d'un pas chancelant marche vers 'on vainqueur, volt. Ah. 1, I. Et lorsque, tout fumant d'une vineuse haleine, Sur vos pieds chancelants vous vous tenez à peine, regnard, Distrait, 1, 6. H Qui n'est pas solide, en parlant des choses. Un pont chancelant. || 2° Fig. Santé, foi chancelante. Multitude déjà tout ébranlée et chancelante, vaugel. Q. C. liv. m, dans richelet. Il croit que le climat, en dépit de la guerre. Pourra prêter l'épaule au monde chancelant, corn. Mort de P. l, l . Courroux chancelant, id. Sertor. m, 4. J'ai trouvé son courroux chancelant, incertain, rac. Ath. m, 3. À combien
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de familles de gentilshommes presque chancelantes n'a-t-il pas tendu des mains charitables? mass. Villeroy. Dans ces vives terreurs les villes chancelantes , N'osant lui résister [à César], n'osant le recevoir, brébeuf, Phars. 11. J'entends un prêtre saint dont la voix chancelante Dit la prière des tombeaux, v. hugo, Odes, 1, 7.
CHANCELKR (chan-se-lé; 17 se double quand la syllabe qui suit est muette : je chancelle; je chancellerai ; je chancellerais) , v. n. || i° Être peu ferme, pencher comme si l'on allait tomber. Nous le vîmes chanceler et tomber. Il chancela du coup, mais bientôt après il se remit. Dans ces convulsions de la nature la terre semblait chanceler sur ses fondements. Il s'aperçut que le roi chancelait et laissait aller ses armes de faiblesse, vaugel. Q. C. liv. vin, chap. 14. Les petits coups, selon toi, Sentent le buveur qui chancelle, bérang. P. cou/m. || 2" Fig. Pourtant toute espérance en mon esprit chancelle, Régnier, El. 1. Je sens qu'elle [ma vertu] chancelle et défend mal la place, corn. Hor. 11, 5. Soutiens ma haine qui chancelle, id. Hér. v, I. Il permet qu'ils chancellent dans la droite voie, boss. lntég. 1. Plus je sens chanceler ma cruelle constance, rac. Be'r.u, 2. Votre haine chancelle, id. Andr. iv, 3. Il Hésiter, eu parlant de la mémoire. La mémoire de ce prédicateur a chanceié plus d'une fois. || Chanceler se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— SYN. chanceler , vaciller. Chanceler se dit d'une personne ou d'une chose qui penche deçà et delà, parce qu'elle n'est pas ferme, solide, et menace de tomber. Vaciller veut dire simplement aller deçà et delà, sans qu'il y ait nécessairement pour cela menace de tomber. Dans un tremblement de terre, le sol vacille, mais ne chancelle pas; au contraire un ivrogne ne vacille pas, mais il chancelle. Au figuré, une résolution qui vacille est une résolution qui n'est pas fixe; une résolution qui chancelle est une résolution qui n'est pas ferme. Un témoin vacille dans sa déposition . quand il sait mal les faits; il chancelle dans sa déposition, quand il n'a pas le courage ou la volonté de les maintenir.
— HIST. xr s. Son petit pas [il] s'en torne cancelant, Ch. de Roi. clxiii. Charles cancele, por peu qu'il n'est cheut, ib. cclxiii. || xne s. Charles chancelle, moût pert de sa vertu, Roncisv. 1 45. Sur un char fiston mètre l'arche Deu et covrir; Li buef en chancelèrent, l'arche voleitchaïr, Th. le mari. 75. Li prélat deivent estre li plus esperital, Ne deivent chanceler pur rien de lur estai, ib. 7t. Et ce nos mostrat bien celé arche del Testament ki s'inclinât cant [quand] li buef scancelhievent [chancelaient], Job, 475. Il xinc s. Si chancelé qu'à poi ne chiet, Ren. 14906. Du tout defailloit ses durtés, Fiebles et vains tremble et chancelé, Fuir s'en volt, honte l'apele, la Rose, 15615. Hal rois de France, rois de France, La loi, la foi et la créance Va presque toute chancelant! ruteb. U3. Puisque justice cloce, et drois pent et encline, Et vérités cancelle, et loiautés décline, id. 23>. Je sui sor ferme pierre assise; La pierre esgrume etfent et brise, Et je chancelé, id. 78. Et fichoit chascun son pel [pieu], si qu'il ne povoit chanceler ne croler, j. de meung, Végèce, 1, H. || xive s. Par vertu le bouta, et de coer si très grant Qu'il le fist cancheler; et en che canchelant, Trouva derrière lui une piere pesant , Si que li enfes va tout parmi tresbusquant, Baud. de Séb. ix, 288. Qu'il ne face l'oneur de maintes [femmes! chanceler, Girart de Ross. Prol. ||xve s. Ainsi leur eut-il en convent par sa créance, de quoi il chancela et detria puis assez.... froiss. i, i, 63. Ne feroient jà au roy d'Angleterre chose qui peust briser n'entamer ne chanceler, par quelque voye que ce soit, les alliances qui estaient jurées, escrites et scellées entre France et Castille, id. liv. m, p. 3)7, dans lacurne. Il xvie s. Ma voix tremblote, et ma langue chancelle, Mon cœur se pasme, et le sang me tressaut, rons. 171. Et comme yvre d'amour tout le corps me chancelle, id. 222. Bien poulsé longuement chancelle, cotgrave. Il vaut mieux tresbuscher une fois que tous jours chancelier, id. * — ÉTYM. Provenç, cancheler, chancelar. Diez le tire de chance, qui veut dire proprement action de tomber; mais il y a une difficulté insurmontable, c'est que, le mot étant très-ancien, si la dérivation était telle, on le trouverait écrit en quatre syllabes, cheanceler, chaanceler. Il faut donc en revenir à la forme même, qui est le latin cancellare. La forme vraie et claire est eschanceler, qui est dans Job (sancelhievent) : sortir des barreaux, d'où chanceler. Elle s'est confondue avec chaneclcr, hùn cancel lare, rayer, faire des raies, et, figuré ment, n'aller pas droit.
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CHANCKL1ER (chan-se-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel l'sse lie: les chan-se-lié-z et les magistrats), s. m. Il 1° Avant la Révolution, premier officier de la couronne en ce qui regarde la justice, chef de tous les conseils du roi, et garde du sceau royal. On ne dépossédait point un chancelier, on lui donnait quelquefois un garde des sceaux. Le chancelier de France étaitprésident-né du grand conseil. La charge de chancelier vaqua, et toute la France la destinait à un ministre si zélé pour la justice, boss. le Tell. Les chanceliers n'étaient pas nobles par leur charge, ils avaient besoin de lettres d'anoblissement, volt. Lett. Damilaville, 13 févr. t763. || Celui qui garde.it les sceaux des princes de la maison royale. Le chancelier de la reine, de Monsieur. || 2° Celui qui, dans certains consulats, a la garde du sceau et la tenue des registres. || 3° Celui qui administre les biens d un corps, d'un ordre militaire. Le grand chancelier de la Légion d'honneur. || Les ordres de Malte, du Saint- Esprit, de St-Lazare avaient leurs chanceliers. Il 4° Chancelier de l'Académie française, celui qui gardait le sceau, et qui aujourd'hui remplit les fonctions de président en l'absence du directeur. Il 5° Dans l'ancienne Université, il y avait deux chanceliers, celui qui était établi dans la cathédrale, et appartenait au corps du chapitre; delà venait que les bonnets et les degrés de docteurs en théologie étaient pris au logis de l'évèque; et celui qui était pour les actes et appartenait à Ste-Geneviève. Il II y a eu aussi pendant longtemps dans l'Université moderne un chancelier qui délivrait les diplômes. Il 6° Eu parlant de chanoines, l'ecclésiastique qui a les sceaux du chapitre. || 7° Chancelier de l'échiquier, un des juges de la cour de l'échiquier ou des finances d'Angleterre. || 8° Chancelier de justice, le chef de la justice dans certains Etats d'Allemagne.
— HIST. xiie s. Ne volt uncore pas li reis à tant suffrir; Ains volt de lui, ço dit, ses acuntes oïr, Quant sis chanceliers fu; de quanque ot à baillir, Th. le mort. 33. || xme s. À itant ont laissié ceste raison ester, Son canceler a fait Corbarans apeler, Oui li devoit ses Chartres et ses briés saeler, Ch. d'Ant. vu, 133.
— ÉTYM. Provenç. cancelier, chancellier ; catal. caceller; anc. espagn. cancelier, canciller; espagn. mod. cancelario ; portug. chancelier, cancellario; ital. cancelliere; de cancellaritts, huissier d'un tribunal, scribe, greffier, ainsi dit de ce qu'il se tenait ad cancellos (voy. cancel) , aux barreaux qui séparaient les juges de l'assistance.
CHANCELIÉRE (chan-se-liê-r'), s. f. \\ 1° La femme du chancelier. || 2° Petit meuble chaudement fourré, disposé pour qu'une personne assise y puisse tenir les pieds à couvert du froid.
— ÉTYM. Chancelier.
CHANCELLEMENT (chan-sè-le-man), s. m. Mouvement de ce qui chancelle. Le chancellement d'un homme ivre.
— hist. xvie s. Chancellement, rob. estienne, Dict.
— ÉTYM. Chanceler.
CHANCELLERIE (chan-sè-le-rie) , s. f. || i» Lieu où l'on scelle du sceau du prince, de l'État, etc. les actes pour lesquels est requise cette formalité. La chancellerie du consulat. || 2° Les bureaux, l'administration que dirige un chancelier; et par extension, l'hôtel même où réside un chancelier. || 3" Style de chancellerie, style consacré dans les actes qui émanent de la chancellerie. La morgue impériale est telle qu'elle refuse encore la majesté au roi dans les lettres qu'on appelle de chancellerie, c'est-à-dire, qui commencent par les titres de très-haut, etc. et sonteontre-signées, st-simon, 67, 107. || 4° Autrefois, la grande chancellerie, celle où l'on scellait avec le grand sceau du roi gardé par le chancelier et qui avait autorité dans toute la France; la petite chancellerie, celle qui était tenue par un maître des requêtes ou par un autre officier, où l'on scellait avec un petit sceau, et qui n'avait autorité que dans le ressort du parlement où elle était établie. || Aujourd'hui, grande chancellerie, l'administration de la Légion d'honneur. || 5° Chancellerie de l'Université, office du chancelier de l'Université. || 6" Chancellerie romaine, lieu à Rome où l'on délivre toutes les expéditions de la cour de Rome.
— ÉTYM. Chancelier; provenç. cancellaria; catal. cancelier t'a ; espagn. cancelario '.; ital. cancelier ta
CHANCKUX, ECSE (chan-seû, seû-z'j, adj. Il 1° En parlant des choses, soumis au caprice du hasard, qui dépend de la chance, des cha : C'est une affaire très-chanceuse, mais il risquer quelque chose. || 2° Que la ch<
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souhait, qui est en bonheur, ou, ironiquement, qui n'a que de mauvaises chances. II s'est allé servir là d'un homme bien chanceux, mol. G. DanJ. n, I. Au bout des deux souhaits, étant aussi chanceux Qu'ils étaient, et que sont tous ceux Qui souhaitent toujours.... la font. Fabl. vu, 6. Peu chanceux, et vous et moi, Nous n'avons eu de nos vies, Moi, l'encolure d'un roi, Ni vous celle, en bonne foi, D'un homme à deux abbayes, id. Lettres, xx. Te voilà bien chanceuse d'être femme d'un prince, j. j. rouss. HéJ. iv, i'i. 11 est vrai que je suis bien chanceux d'avoir cette chambre-ci, p. l. cour. Lctt.u, <83. Je quittai les bords de la rivière pour les côtés du lac, et je ne fus pas plus chanceux [dans mes recherches botaniques], chateaub. Voy. Am. 385.
— HIST. xvie s. Chanceux, oudin.
— ETYM. Chance; picard, chanceleûs, chèceleûs. CUANCI, IE (chan-si, sie). part, passé. || 1" Moisi.
Pain chanci. || 2° S. m. Terme de jardinier. Fumier dans lequel s'est développé du blanc de champignon. || Terme de salines. Charbon éteint.
CHANCTR (chan-sir), v. n. || 1° Moisir, se gâter par l'humidité. Ces jambons chancissent, commencent à chancir. || Terme de jardinage. Commencer à blanchir, en parlant du fumier et des racines des arbres. || 2" Se chancir, v. réfl. Même sens. Ces confitures sont mal couvertes, elles se chanciront.
— REM. Chancir, v. n., se conjugue avec l'auxiliaire oiot'r quand on veut marquer l'action : ces jambons ont chanci; avec l'auxiliaire être quand on veut marquer l'état : ces jambons sont chaucis.
— HIST. xvic s. Et ne faut pas mettre ton ostéotomie seiche [squelette] en lieu remulgeny humide, de paourque lesdits os ne se chancissent et noircissent, paré, iv, chap. compl.... Qui fait que ladite escorce, encore qu'elle fust toute récente, se chancit et pourrit, id. xvi, 7. Un grain d'orge, non trop sec, ny humide et chancy, id. xxv, 2). Chacun tient que du froment vert, chanci, ridé et léger, provient l'ivroie, o. de serres, )04.
— ETYM. Norm. chanir ; Berry, chenorir, chenousir . chamir, chandir, channir ;provenç. et catal. canusir, blanchir. Chanir, chandir et chamir, plus altéré, viennent de canire pour canere, être blanc: chenorir, chenousir, canuzir, viennent de canutire, dérivé de canuius, blanc (voy. chenu); chancir vient aussi de canutire, par contraction.
CHANCISSURE (chan-si-su-r') , s. f. Moisissure. ôter la chancissure de dessus un pâté.
— HIST. xvi« s. Un tonneau vieil et se perdant de moisisseure, chancisseure et autre puantise, o. de
— ÉTYM. Chancir.
CHANCRE (chan-kr'), s. m. || 1° Petit ulcère qui a de la tendance à s'étendre et à ronger les parties environnantes. Elle se résolut enfin de le détromper [R. Lulle amoureux], en lui découvrant, de l'aveu ou même du conseil de son mari , un chancre horrible qu'elle avait au sein, à la mamelle gauche, qui la dévorait peu à peu, perroquet, Vie de R. Lulle, p. o. || Fig. et populairement. Manger comme un chancre, manger excessivement, comme le chancre qui dévore toujours. || Fig. Vice, fléau, plaie qui ruine, qui détruit. Ces affaires ne furent rien en comparaison d'une autre dont l'entreprise donna lieu à la plus grande plaie que la pairie pût recevoir et qui en devint la lèpre et le chancre, st-sim. 20, 23). À ce trait, on reconnaît bien le chancre rongeur de Rome sur les États qui s'en laissent subjuguer, id. 45t , 60. || 2° Terme de médecine. Ulcère vénérien primitif. || 3" Terme de vétérinaire. Ulcération qui se forme sur la membrane muqueuse des narines du cheval affecté de la morve. || Chancre de la langue, ou glossanthrax, ou chancre volant, le charbon, lorsqu'il a son siège sur cet organe. || 4" Terme de botanique. Chancre des arbres, maladie des arbres, consistant dans la formation d'espèces d'ulcères qui détruisent de proche en proche l'écorce et le bois. || Fig. Des dents.... Où le chancre et la rouille en monceaux s'amassait, Régnier, Sat. x. H5" Terme de fauconnerie. Espèce de tartre qui s'attache au gosier et à la partie inférieure du bec d'un faucon.
— HIST. xive s. Si ung faulcon a cancre dedens le bec, ilodus, f. xcn, verso. || xve s. En chancre et lix [fies, excroissances] et en ces ords cuveaulx Où nourrices essangent leur drappeaux.... Soientfrittes ces langues venimeuses, villon, Bail. [|xvies. Amputer les excroissances, comme loupes, verrues, polypes, chancres, et autres chairs superflues, paré, Inlrod. 2i. Cancer est une tumeur qui ressemble à un cancre de mer, id. ib. 21. Ceste tumeur a pris le nom de chancre, parce qu'elle ressemble
beaucoup au poisson appelé chancre, id. v, 24. Le vulgaire appelle ceste maladie [l'état saburral des nouveau-nés] le chancre blanc, id. xviii, 17. Te vienne le chancre, H. est. Apol. d'Hérod. p. )29, dans lacurne. Sa playe se pourrissait de chancre, Nuits de Straparolc, t. il, p. 28, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. cranc; ital. granchio, grancio, cancro, canchero ; du latin cancer, grec xapxîvo; (voy. cancer et cancre).
CUANCREUX, EUSE (chan-kreû. kreû-z'), adj. De la nature du chancre, du cancer; ou qui est attaqué de chancre. Arbre chancreux.
— hist. xvie s. Ulcères corrosives et chancreuses, paré, v, <9.
— ÉTYM. Chancre; provenç. cancros ; espagn. canceroso; portug. cancroso ; ital. cancheroso.
t CHANCROÏDE (chan-kro-i-d'), s. m. 'ferme de médecine. Nom donné au chancre vénérien non infectant.
— étym. Chancre, et slôoç, forme (voy. idée). CHANDELEUR (chan-de-leur) , s. /. Fête de la
Présentation de Jésus au temple, et de la Purification de la vierge, où les assistants portent et font bénir des cierges, chandelles de cire. À la Chandeleur les jours s'allongent sensiblement. Le soleil n'est auprès d'elle Qu'un cierge de la Chandeleur, Régnier, Mac. || Proverbes. À la Chandeleur, grande douleur, c'est-à-dire en ce temps-là il fait quelquefois un froid très-vif. |) Étrennes d'honneur durent jusqu'à la Chandeleur.
— HIST. xnr s. Nostre dame Chandeleur, villeh. cxxxiv. Et fu ja de l'iver grant partie passée et entour la chandelor estoit et prochoit li caresmes, id. c. C'est à savoir, à la mi-aoust, à la septembresche, à la Chandeleur et en mars, Liv. des met. 211. Il xv* s. Une feste ou assemblée d'une Chandeleur, du cange, candela.
— ÉTYM. Picard candeleur ; provenç. et anc. espagn. candelor ; du génitif pluriel candelarum ou plutôt, avec transposition de genre, candelorum: festum candelorum, la feste Chandeleur; nostra domina candelorum, nostre dame Chandeleur. Quelques génitifs pluriels latins étaient restés dans le français et le provençal: la geste francor, gesla Francorum; la gentpaienor, gens paganorum.
i. CHANDELIER, ÈRE (chan-de-lié, ê-r'), x. m. et f. Celui, celle qui fait et vend de'la chandelle. J'aime mieux qu'Êml'e ait des yeux au bout de ses doigts que dans la bot tique d'un chandelier [qu'il ait l'habitude d'aller saDS lumière dans l'obscurité], j. j. rouss. Ém. 11.
— HIST. xin" s. Quiconques veut estre chandeliers de suif à Paris, estre le puet, pour tant qu'il ait esté au mestier à Paris ou ailleurs, Liv. des met. )6i. H xvi" s. Tout ainsi que le chandelier trempant sa meiche par plusieurs fois dans le suif, il en fait une grosse chandelle, paré, xv, 35.
— ÉTYM. Chandelle; provenç. candelier ; anç. espagn. candelero.
2. CHANDELIER (chan-de-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : les chan-de-lié-z et les chandelles), s. m. U 1° Ustensile qui sert à tenir et hausser la chandelle, la bougie, les cierges. Chandelier de bois, de cuivre, d'argent. Branches de chandelier. Il En termes de jeu, mettre au chandelier, mettre de l'argent pour les frais. || Aux petits jeux, embrasser le dessous du chandelier, embrasser une dame sur la tête de qui on amis le chandelier. Il Chandelier d'église, grand chandelier qu'on met sur les gradins de l'autel et sur lequel on fixe les cierges pour éclairer durant le service. || 2° Dans l'Écriture sainte, mettre la lumière sur le chandelier, synonyme de ne pas la mettre sous le boisseau, p'est-à-dire rendre les vérités publiques. || Fig. Dans le style de la chaire, le chandelier, une haute position. Ceux dont l'Église a besoin sur le chandelier, boss. Lettres, 89. Plus il allait être élevé sur le chandelier, plus.... id. Relat. Jésus-Christ les a mis sur le chandelier pour éclairer la maison de Dieu, id. Polit. Ne cherchait-on pas autrefois parmi les solitaires ceux qu'on voulait élever sur le chandelier de l'Église? fén. xxi, 100. y Cette locution a passé du style de la chaire dans le langage familier. Être sur le chandelier, être en vue, dans une haute position. Il 3° Dans le langage de la galanterie, chandelier est le nom de ceux qu'on a mieux nommés paravents , et que l'on rend l'objet de la jalousie du mari , lorsque c'est un autre qui courtise la femme. Alfred de Musset a fait une pièce intitulée le Chandelier. j| 4° Terme d'art militaire. Chandeliers de tranchée ou de blinde, pieux plantés dans des madriers pour couvrir les sapeurs. || 5° Terme de marine. Sorte de support de fer ou de bois, à une ou deux branches.
Chandelier de bastingage. Chandolier de pierrier. Il 6° 'ferme de jardinage. Faire le chandelier, couper toutes les petites branches nouvelles qui sont sur les plus grosses. || 7° Chandelier de jauge, bâton à l'usage du faïencier. || 8° Terme de vénerie. Porter le chandelier, se dit d'un vieux cerf qui a le haut de la tête large et creux. j| 9° Petit pilier de terre au milieu d'un fourneau à cuire les pipes. Il Garde-corps de machine sur les bateaux à vapeu". Il 10° Chandelier d'eau, espèce de jet d'eau ou fontaine dont le jet est élevé sur un pied portant un petit bassin, et qui ne diffère du champignon qu'en ce qu'il ne fait point nappe.
— hist. xme s. Que nus chandelliers de cuivre ne soient faiz de pièces soudées pour mètre sus table, Liv. des met. )oi. Li abes prent une maçue Qui moult estoit grande et cornue, Et le prieur un chandelier, Ren. C95F II xive s. Six chandeliers d'argent, en manière d'un olifant, portant un chastel assis sur une terace esmailliée de vert, pesant environ quatre vingt deux marcs d'argent, laborde, Émaux, p. 202. Il xvie s. Il s'adressa à cettui-ci duquel nous parlons, qui estoit prest comme un chandelier, b. desper. Contes, xxiv. Au plus fol le chandelier, Proverbe, génin, Récréât, t. 11, p. 235.
— ÉTYM. Chandelle; provenç. candelier, candelar ; espagn. candelero ; ital. candellierc.
CHANDELLE (chan-dè-F) , s. f. || Ie Petit flambeau de suif, de cire ou de quelque autre matière grasse et combustible. || En particulier, flambeau de suif, par opposition aux flambeaux de cire ou d'autre matière. Ne brûler que de la chandelle. Une livre, un paquet de chandelles. Chandelle des quatre, des six à la livre; ou chandelle de quatre, de six. Chandelle bénite. Éteindre, souffler la chandelle. Cette chandelle n'éclaire pas, coule. Un bout de chandelle. Je bats le fusil, j'allume la chandelle, j. j. rouss. Ém. n. Sous Frédéric II [Barberousse] la bougie était inconnue et la chandelle un luxe, volt. Mœurs, si. || Moucher la chandelle, retrancher avec les mouchettes la partie de la mèche qui est brûlée et qui empêche la lumière; et figurément, remplir des fonctions tout à fait subalternes. Molière était, lui, chef de sa troupe; moi, je mouche les chandelles, p. l. cour. Lelt. 1, 22). || Moucher la chandelle, comme le diable mouche sa mère, c'est à-dire l'éteindre en coupant la mèche trop bas. Il Moucher une chandelle à 25 pas, tirer très-bien le pistolet. Il À la chandelle, à la lumière, par opposition à la locution au grand jour. J'avais résolu de ne les faire voir qu'à la chandelle [au théâtre], mol. Préf. des Préc. Mlle de l'Étoile fit encore mieux la malade à la chandelle, qu'elle ne l'avait fait ians l'obscurité, scarr. Rom. com. n, 12. Ce qui paraît d'une couleur au soleil, paraît d'une autre à la chandelle, fén. Pyrrhon. || À chandelle éteinte, le temps que dure une chandelle pour se consumer. || En droit ecclésiastique, excommunication à chandelles éteintes, lorsqu'on donnait au pécheur la durée d'une chandelle pour se repentir. || Terme d'ancienne pratique. Donner à chandelle éteinte, adjuger dans une adjudication où l'on pouvait surenchérir tant que brûlait une chandelle. || Familièrement Ses yeux brillent comme des chandelles, il a les yeux trèsln illants. Il Voir des chandelles, voir mille chandelles, apercevoir, à l'occasion d'un grand coup, d'un choc violent, ou même d'un éblouissement, des lueurs phosphorescentes, jj Populairement. Ses cheveux frisent comme des paquets de chandelle, c'est-à-dire ne frisent pas du tout. j| Se brûler, venir se brûler à la chandelle, courir étourdiment à sa perte, se jeter dans le péril en cherchant follement le plaisir. Je vous connais , objets doux et puissants ; Plus ne m'irai brûler à la chandelle, la font. Ûi Il Économie de bouts de chandelle, économie sordide ou mal entendue, qui ne porte que sur les petites choses. Fleury excellait aux ménages de collège et de séminaire, et, qu'on me pardonne ce mot bas, au ménage des bouts de chandelle, stsim. 5ti(i, 158. y Le jeu ne vaut pas la chandelle, cela ne vaut pas la peine, les frais qu'on ferait. Et le jeu, comme on dit, n'en vaut pas les chandelles, corn, le Ment. 1, ). || Brûler la chandelle par les deux bouts, se livrer à des dépenses, à des excès ruineux, extravagants, dont les -conséquences sont doublement funestes. Ils brûlaient la chandelle par les deux bouts, lesage, Gil Blas, vu, 4 5. Il La chandelle brûle, le temps presse. Il C'est une chandelle qui s'éteint, se dit d'un vieil lard, d'un malade qui finit doucement. || Tenir la chandelle, assister et se prêter à une turpitude ou à une chose dans laquelle on est dupé. Se dit particulièrement de complaisances honteuses pour un
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eommerce de galanterie. || 2° Chandelle donnée en Offrande a l'église ou consacrée. || Il doit une belle chandelle à Dieu, il est échappé comme par miracle d'un grand péril. || Il vous doit une belle chandelle, l'avez tiré d'un mauvais pas. ||Fig. Donner une chandelle a Dieu et une au diable, se ménager entre deux partis opposés, caresser amis et en- . i| Il est réduit a la chandelle bénite, se dit d'une personne à l*agonie.|| ChandclledesRois, grosse chandelle enjolivée que les chandeliers donnaient le jour des Rois a leurs pratiques. || Habit bariolé comme la chandelle des Rois, bigarré de plusieurs couleurs. || 3° Bois de chandelle, nom collectif de plusieurs végétaux résineux employés comme torches. || 4" Chandelle de glace, eau glacée qui pend des toits des maisons, des gouttières, des arbres. || 5° Chandelle romaine, pièce d'artifice en forme de grosse chandelle, qui lance en brûlant des étoiles d'un vif éclat. ||6° Pièce de bois ou de fer placée verticalement pour servir d'étai dans une construction. |i Terme d'imprimerie. Longue pièce de buis pour empêcher la presse de varier. || Terme de marine. Acccre de construction, quand il n'excède pas un mètre. || Proverbes. La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qui va derrière, c'est-à-dire on se conduit mal, quand, au lieu de faire du bien pendant la \ie, on remet à faire ses libéralités dans son testament. || Apportez-lui un bout de cbandelle pour trouver ce qu'il veut dire, se dit d'une personne qui a beaucoup de peine à s'expliquer. || C'est un bon enfant, il ne mange pas la chandelle, c'est un bon enfant si l'on veut, mais je n'en saurais dire aucun bien, jj à chaque saint sa chandelle, il faut ménager et gagner tous ceux dont on a besoin.
— H1ST. xii» s. Où feu n'eùst ou chandele alumée, Roncisv. iû6. Einsi f u sainte iglise honnie et violée; Ne matines, ne vespres, messe n'i fu chantée, Ne Deus n'i fu servi, ne chandeille allumée, Th. le mart. 153. De Jesu-Crist il seient, fait-il, trestuit maldit. Dune a geté à val, quant il out cel mot dit,
Desur le pavement la candeille en défit, ib. 132 et
les chandoiles mises Es chandeliers, toutes esprises, lu Charrette, 937. || xm" s. [Elle] a pris une chandele, qu'on [car on] n'i pooit veir, Berte, lxxxvu. De son lit saut toz estordiz, Si a une chandoile prise, Au feu en vient, si l'a esprise, Ren. 34 n.... X chandele cust [coud] la pucele, En un bliaut ma damoiselle, Lai del désiré. Sire Renaît, ne vas anuit, Il lors avesprera assez; Mes ces chandeles alumez, Roi. 21294.... La lune, Envers qui les autres estoiles Resemblent petites chandoiles, la Rose, 1002. Moult est fox qui tel chose esperne [épargne], C'est la chandele. en la lanterne, la Rose, "448. Il xive s. Ce fut la nuit à la chandelle, La bataille y fu moult belle, Le livre du bon Jeh. 4ii. Pour dix livres de chandelle de buef à veillier de nuict, de laborde, Émaux, p. 202. Pour chandelle de cire et de suif, de laborde, Émaux, p. 202. Il xve s. Ainsi furent-ils trois jours et trois nuits sans pain, sans vin, sans chandelle, froiss. i, i, 39. Qui eust esté à Bruge eust vu comment on estoit soigneux de mettre biscuits en sacs, de mettre blés, chandelles de sieu [suif], chandelles de cire, id. 11, m, 35. Ycelluy avoit en sa chapelle une chandoille ardent qui estoit divisée en vingt-quatre parties, chr. de pisan, Charles V, 1, <c. Mais quant ce vint au fait de la despense, Il restraingnit eufs, chandelle et moutarde, e. deschamps, Adm. de l'hôte du Pr. Et puis quant on a l'esguillon Et qu'on se sent de l'estincelle, On fait comme le papillon Qui se brusle à la chandelle, coquill. Enq. de la simple et de la rusée. || xvi° s. On mettra [dedans le canal] une chandelle de cire, ou une verge de plomb, paré, xv, 43. Et que de sa vie il ne fera la guerre en son royaume, ny contre ses subjects; car c'estoit se battre soy-mesme et brusler la chandelle par les deux bouts, carloix, x, t. Les autres poètes ne sont que les naquets de ce brave Virgile , non pas Horace mesmes , si ce n'est en quelques unes de ses odes.... Le reste ne vaut pas la chandelle, rons. 584. Ainsi qu'on voit faillir sans cire une chandelle, id. 797. Qui ne peut mettre au chef d'un sainct une chandelle, Au moins la mette aux pieds, et qui aux pieds sacrez Ne la peut mettre, au moins qu'il la mette aux degrez, id. 8G7. La cire se blanchit, pour, ainsi subtiliée, en faire de la bougie, des chandelles pour l'estude, les banquets et autres gentillesses, 0. de serres, 452. Autrement le jeu ne vaudrait pas la chandelle, in. 4GI. Le jeu ne vaut pas la chandelle : il y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu'à la plaider, mont, m, i". Nous préférons l'art à la nature, nous fermons en
CHA
plein midy les fenestres, et a. luttions les chandelles, charron, Sagesse, 11, 3. La chandelle esclaire chascun et allume, et soy-mesme se détruit, font et consume , leroux de lincy, Proi>. t. 11, p. 323.
— étym. Franc-comtois et bourguig. chandoile ; picard, candeille, candoille, candelle; provenç. espagn, et ital. candela; portug. candca; du latin candela, de candere, être ardent (comp. candeur), et le même que cancre, être blanc (voy. chancir et