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CICÉRO

± CICINDÈLE (si-sin-dè-1') , s. f. Terme de zoologie. Nom d'un genre de coléoptères (cicindela) .

\ CICIPA , s. m. Aliment fourni par le manioc.

CICISRÉE (si-si-sbé), s. m. Voy. sigisbée.

f CICLAMOR (si-kla-mor) , s. m. Terme de blason. Bordure de l'écu ou des pièces.

f CICOGNAT (si-ko-gna) ou CICONNEAU (si-konô) , s. m. Petit de la cigogne.

— ÉTYM. Cigogne.

t CICONICIDE (si-ko-ni-si-d'), s. m. et f. Celui, celle qui tue les cigognes. La rigueur dont les Thessaliens punissaient les ciconicides me semble assez raisonnable, voit. Lett. )9;i.

— ÉTYM. Ciconia, et cidere, pour csedere, tuer. fGTCONIEN, IENNE (si-ko-niin, niè-n'), adj.

Terme de zoologie. Qui ressemble à la cigogne.

— ÉTYM. Cigogne.

t CICONNEAU (si-ko-nô), s. m. Voy. cicognat. CI-CONTRE (si-kon-tr'), loc. adv. Voy. ci. f CICURATION (si-ku-ra-sion), s. f. Terme didactique. Action d'apprivoiser.

— ÉTYM. Le latin cicur, apprivoisé.

CICUTAIRE (si-ku-tê-r'), s. f. Terme de botanique. Plante ombellifère qui est un poison (cicuta virosa, L.).

— ÉTYM. Le latin cicula, ciguë (voy. ciguë).

f CICUTINE (si-ku-ti-n'), s. f. Terme de chimie. Alcali qui existe dans la ciguë.

— ÉTYM. Le latin cicuta, ciguë (voy. ciguë). CID (sid), s. m. Seigneur. La tragédie du Cid.

Ils t'ont nommé tous deux leur cid en ma présence; Puisque cid en leur langue est autant que seigneur, Je ne t'envierai pas ce beau titre d'honneur; Sois désormais le cid ; qu'à ce grand nom tout, cède, corn. Cid, iv, 3.

— ÉTYM. Arabe, seid, seigneur.

f CIDARIFORME (si-da-ri-for-m'), ad). Terme didactique. Qui a la forme d'un bonnet.

— ÉTYM. Kcôotpi;, bonnet persan , et forme. CI-DESSOUS (si-de-sou), loc. adv. Voy. ci. CI-DESSUS (si-de-su), loc. adv. Voy. ci. CI-DEVANT (si-de-van), loc. adv. Voy. ci. CIDRE (si-dr') , x. m. Boisson faite avec du jus de

pommes. Cidre doux. Cidre piquant. Le cidre enivre. On dit que du cidre est tué, quand, ayant été exposé, en vidange, à l'action de l'air, il a pris une teinte noirâtre et perdu de son goût. |J Cidre à deux trains, cidre fait avec des pommes d'espèces mêlées,

— hist. xme s. Sicera, id est, sidre, du cange, sicera. || xv s. De nous se rit le François, Mais vrayement, quoi qu'il en die, Le sildre de Normandie Vault bien son vin quelquesfois, basselin, Vau de Vire, <5. ||xvies. Nos ieitres receurent aussi argent, qu'ils trouvèrent beaucoup meilleur que les citres de Normandie, lanoue, G04. Ils se servent plus du sidre ou pommé, et du peré que de la bière, par tout où ces boissons sont en usage, l'on appelle pommé le jus de pomme, et poiré celui de poire: particulièrement en la haulte Normandie, es environs de Paris, en la Brie, et en certains endroits de la Picardie, sidre, toute liqueur procédante des pommes et des poires, meslée ou distincte. Mais en la basse Normandie, comme en Costentin, Bessin, pais de Caux, et autres, esquels ce bruvage est le mieux cogneu , aussi à Bouen , par le sidre est seulement entendu le jus procédant des pommes, demeurant le nom de poiré particulier à celui des poires, o. de serres, 245-246.

— étym. Berry, dire; picard, cite; espagn. siàra; an sùra; ital. sidro, cidro; du latin

sierra, du grec nly.zça , venant d'un mot hébreu qui signifie une espèce de boisson enivrante.

CIEL (sièl), s. ?)i. Le pluriel est ciels (sièl) ou cieux (sieû), suivant l'emploi. Voy. la remarque. || 1" Espace que nous apercevons étendu au-dessus de nos tètes en forme de voûte et circonscrit par l'horizon. Le ciel est pur. Le ciel est chargé. Ciel changeant. Ciel menaçant. Un ciel gris, sombre. Le ciel bleu. La voûte du ciel ou des cieux. La lune est. dans le ciel, et le ciel est sans voile, lamart. llarm. i, t<>. Un monde est assoupi sous la voûte des cieux, in. f6.il, 4. Et la moitié du ciel palissait, et la brise Défaillait dans la voile, immobile et sans voix, m. i"6. il, 2. Il [l'homme qui a fait une faute] rougit de lui-même, eteombien qu'il ne sente Rien que le ciel présent et la terre présente, Pense qu'en se voyant tout le monde l'a vu, malh. i, 4. || On ne voit ni ciel ni terre, se dit de ténèbres fort épaisses. || On dit de choses fort différentes, qu'elles sont éloignées comme le ciel et la terre. || Entre terre et ciel, dans l'air. || Couleur bleu de ciel. || Sous le ciel, sur la terre. Tircis disait un jour à la jeune Amarante: Ah! si vous connaissiez comme moi certain mal Qui nous plaît et qui nous enchante, Il n'est rien sous le ciel qui vous parût égal, la font. Fabl. vm, <3. || Élever quelqu'un jusqu'au ciel, le louer avec excès. Tel porte jusqu'au ciel leur vertu sans égale, corn. 7/«r. m. 2. On vous loua jusqu'au ciel, sév. 49. Et la France a les destinées Pour elle tellement tournées Contre les vents séditieux , Qu'au lieu de craindre la tempête, 11 semble que jamais sa tête Ne fut plus voisine des cieux, malh. m, 2. Il Le Fils du ciel, l'empereur de Chine. Le ciel inférieur, la Chine. || 2° Terme d'astronomie ancienne. Les diverses sphères cristallines et concentriques à la terre que les anciens avaient supposées pour expliquer les mouvements apparents des astres. Le ciel de la lune. Le ciel de Jupiter. Comme le ciel mobile, éternel en son cours, Fail les siècles, les ans et les mois et les jours, Régnier, Sat. ni. Les anciens ne s'accordaient pas sur le nombre de ces ciels. Ils en avaient d'abord sept pour les sept planètes, la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Après ceux-là venait le ciel des étoiles fixes, qu'on appelait aussi empyrée, ou premier mobile, comme donnant le mouvement à tout; ou firmament, comme enveloppant ou affermissant tout l'univers. Plus tard on imagina sous le nom de premier ou second cristallin des ciels intermédiaires entre le firmament et le ciel de Saturne pour expliquer divers mouvements nouvellement observés. Plus tard enfin, au xvr* siècle et au commencement du xvir, avant que le système de Copernic triomphât définitivement, on réduisit toutes ces sphères à trois, une pour les planètes (qui en contenait réellement sept), une pour les étoiles fixes, et une autre fort mal déterminée à laquelle on laissa le nom d'empyrée. Tous ces ciels étaient supposés solides, et de là ces expressions-ci : Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge! corn. ](od. v, l. Il Familièrement. Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit pour se moquer d'une supposition absurde. || Tomber du ciel, se dit d'une chose ou d'une personne qui arrivent tout à fait à l'improviste et qui d'ordinaire apportent quelque chose de très-avantageux. Ce secours tombait bien véritablement du ciel. On l'avait regardé comme tombé du ciel pour cela. Vous qui, dès le berceau, de bon œil me voyez, Qui du troisième ciel mes destins envoyez, Belle et sainte planète, astre de ma naissance, Régnier, Élcg.v. || Être ravi au troisième ciel, au septième ciel, éprouver une vive joie. || 3° Dans l'astronomie moderne, l'espace immense dans lequel les astres accomplissent leurs révolutions : à ce point de vue, la terre, étant une planète, est dans le ciel. Par delà tous ces cieux le dieu dos cieux réside, volt. Jlenr. vu. [| 4° L'ensemble des constellations qui parent le ciel. Les Égyptiens ont trouvé cette grande année qui ramène tout le ciel à son premier point, boss. Hist. m, 3. Et qui guide les cieux et leur course rapide? la font. Fabl. x, (. || Les influences 'du ciel, les prétendues influences qu'on attribuait aux astres sur la destinée humaine. S'il ne sent point du ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poëte, boil. Art p. i. || 5° Air, atmosphère, climat. Essuyer l'inclémence du ciel et des saisons. Vous y trouverez un ciel toujours pur et serein. Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, Sous un ciel étranger comme moi transplantées, rac. Esth. i, ). Cherchant avidement sous un ciel étranger.... w.Mithr. m, t. Sous un ciel plus heureux et plus digne de \'"i . n.. ih. i, 3. Toul ciel est agréable où notre

àme est paisible, lucis, Macbeth, v, 2. Je ne puis comprendre pourquoi, toute la Grèce étant placée sous le môme ciel et les Grecs nourris de la même manière, il se trouve néanmoins si peu 'le ressemblance dans leurs mœurs, la bruy. Caract. de Théophr. Avant-propos. D'un vaste champ de fleurs je tire un peu de miel; Tout m'enrichit, et tout m'appelle; et, chaque ciel M'ofi'rant quelque dépouille utile et précieuse, Je remplis lentement ma ruche industrieuse , a.ciién. Élcg. 24. || Fig. Il est temps qu'en son ciel cet astre aille reluire, corn. Nicom. n, 2. || Terme de marine. Ciel fin, ciel clair et sans nuage. Ciel gros, ciel couvert de gros nuages. Le ciel se hausse, il s'éclaircit. || Le feu du ciel, la foudre. Pourquoi vous troublez-vous, enfants de l'Evangile? X quoi sert dans les cieux ton tonnerre inutile, Disent-ils au Seigneur?... lamart. llarm. i, D. || Un ciel d'airain, des cieux d'airain, un temps sec et sans pluie, et qui dure depuis assez longtemps pour que les biens de la terre en souffrent || Fig. Un ciel d'airain, les rigueurs inexorables du destin. || Familièrement. Remuer ciel et terre, faire tous ses efforts pour arriver à un but. || 6° Terme de théologie. Le séjour des bienheureux. Ne désirer que le ciel. Les joies du ciel. Je prétendais autant qu'aucun autre à gagner le ciel, desc. Met. i, 1 1. L'honneur leur appartient d'avoir ouvert la porte X quiconque osera, d'une àme belle et forte, Pour vivre dans le ciel, en la terre mourir, malh. i, 4. || Voir les cieux ouverts, ressentir une indicible joie. Ce n'est pas le ciel ouvert, mais enfin on n'a pas mieux, et c'est un parti forcé, volt. Lett. Mme du Défiant, g janv. 17U4. || Fig. Les choses, les puissances célestes, divines. Dieu, la Providence. Les dons, les bénédictions du ciel. Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses, corn. Pomp. v, 2. Ciel, à qui voulezvous désormais que je fie Le secret de mon âme et le soin de ma vie?ii>. Cinna, lv, 2. Sire, puisque le ciel entre les mains des rois Dépose la justice et la force des lois.... m. llor. v. 2. Et dédaigne de voir le ciel qui le trahit, id. Pomp. n, 2. Le ciel vous le fait voir un poignard à la main; Le ciel est juste et sage et ne fait rien en vain, rac A th. n, 5. Cieux, écoutez ma voix, terre, prête l'oreille, rac Alitai. m, 7. Nous préservent les cieux d'un si funeste abus ! volt. Brut, n, 4. Mais le plaisir à ma philosophie Révèle assez des cieux intelligents, bérang. Dieu des b. gens. Ô nuits, déroulez en silence Les pages du livre des cieux, lamart. Uarm. i, 2. Mais comment consentir à ce que vous voulez , Sans offenser le ciel, dont toujours vous parlez, moliêre. Tari. îv, r>. J'aurais une douleur extrême qu'une pei que j'ai chérie tendrement devint un cm , de la justice du ciel, id. le Festin, iv, 9. On n'a p.. s besoin de lumière quand on est conduit par le ciel, id. ib. iv, J2. Vous me voyez revenu île tùutes mes erreurs, je ne suis plus le même d'hier au soi le ciel tout d'un coup a fait eu moi un i ■. . . qui va surprendre tout le monde, id. ih. v, l. i , le verra bientôt, pompeux en cette ville, Marcher encore chargé des dépouilles d'autrui, Et jouir du ciel môme irrité contre lui, boil. Sat. i. || Grâi grâces au ciel, exclamation par laquelle on se félicite de quelque chose d'heureux. Je suis revenu, grâces au ciel, de toutes mes folles pensées, mol. le Festin, iv, 9. || Ciel! ô ciel! juste ciel! justes cieux! exclamations qui expriment l'admiration, la joie, la douleur, la crainte, etc. Ciel! quel nombreux essaim d'innocentes beautés.... HAC.i'ïlIl.I, 2. || 7° La piété, la vertu pieuse. La tendre hypocrisie, aux yeux pleins de douceur, Le ciel est dans yeux, l'enfer est dans son cœur, volt, ffenr Venez, enfants du ciel, orphelins sur la terre: L est encor pour vous un asile ici-bas, lamart. Barm. i, H. || 8° Terme de peinture. Partie d'un tableau qui représente le ciel. Ce peintre fait bien les i || Aspect particulier du ciel de tel ou tel pa; peintre reproduit bien les ciels de l'Italie. || 9° Le couronnement, le haut d'un ht. Des ciels de lit. Elle n'eut.... Autre ciel pour objet que le ci 1 de son lit, régnier, Sat. -nui. Il Le dais qu'on porte audessus du St-Sacrement. ||Le haut, le plafond d'une carrière. Des infiltrations percent les ciels de carrière. Dieu les amincissant [les contours des de rocher] en immenses spirales Les sculpte comme un lustre au ciel des cathédrales, lamart. Joe. ii, 82. || Carrière à ciel ouvert, carrière qu'on exploite en enlevant à fur et à mesure la terre qui recouvre le gisement. || Dans les machines à vapeur, le dessus d'un fourneau. Le pluriel est aussi ciels. || Proverbes. Le ciel rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée ilu pèlerin. || I. - se font au ciel, /locution dont on se sert pour exprimi [u'on les attribua

& la direction même de la Providence. On dit dans le même sens : cela était écrit au ciel. || Ciel pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée, conseil donné aux femmes et fondé, quant à ission, sur ce qu'en effet un ciel pommelé ne dure pas.

— UF.M. Le ciel, à proprement parler, est cette partie de la voûte azurée que nous voyons ou que

mcevons comme renfermée dans un horizon

. c'est dans ce sens qu'on dit : le ciel de

la Provence et celui de l'Italie sont bien différents

des ciels de 1,'Angleterre et de l'Ecosse; ce peintre

admirablement dans les ciels. Les ciels de li t tirent leur nom de leur forme et de leur positum au-' dessus de nos tètes; et ces exemples nous montrent que, quand on compte les ciels, c'est-à-dire quand on piasse au pluriel entendu dans la rigueur de la définition, on le forme régulièrement en ajoutant un s au singulier. Le mot cieux, au contraire, indique non la pluralité, mais l'universalité indivise de la sphère céleste, ou, au figuré, la Providence, le pouvoir céleste, jullien.

— HIST. xe s. Qu'elle Deo raneiet [renie], clii maent [demeurej sus en ciel, Eulalie. || xie s. N'a tel vassal sous la cape du ciel, Ch. de Uni. XL. Souz cel n'i a plus encrismé félon, ib. xoi. Mors est Rolans : Deus en a l'ame es cels, ib. clxxiii. || xne s. Qui fit le ciel et la terre et la mer, Roncisv. p. 32. Charles regarde amont vers les hauz eiez. ib. p. 112. [Je] N'en donroie le désir Pour tout l'avoir dessouz ciel, Couci, xii. || xme s. Dame, merci, pour Dieu qui fit ciel et rosée, Berle, xvi. Comment diable! estes vos tiex [tel] ? Quidiez-vos monteras sainz n >v, Avec Dame Dieu là amont? lien. 24746. Il semblât que ce fust uns anges, Qui fusttantost venu du ciau, h Rose, «u7. Des ruses i et grans monc au . Si bêles ne vit noms sousciaus, ib. 1646. Et ce face dire deus ou trois feiz, ainsque les esteilles aperent ou ciel, Ass deJér. 82.Licuersle conte est àCitiaux, Et l'arme [àme] là sus en sains ciaux, Et li cors en gist outre mer, ruteb. 59. Et la contrée du ciel ne aide pas sans plus à la force des corps, ainczois vault moult à la force des couraiges, j. de meung, Fi gèce, I, 2. |] xivc s. Mais aucuns qui se voient en fortune tramper, Guident aucune fois jusques au ciel aler, Et ne regardent pas des degrez avaler, Guesi ' . 154 80. Dix huit aïs de blanc bois, dont on fist le chiel de la dite chapelle, Bulletin du comité de la langue, t. il, n° t , p. 54. || xvc s. Il est ravy trop plus hault qu'aux tiers cieulx Et prend pour soy tousjours la chose aux mieulx,Ai.. chàrt. l.r débat des deux fortunes. Veux tu mettre ta bouche au ciel [t'en prendre aux grands], parler des grands seigneurs auxquels on ne peut dire : pourquoj furies vous ainsi? gerson, Harangue au roi Charles 17, p. 17. Le roy entra en la ville; sur lequel quatre gentilhommes et chevaliers demeurans en icelle portèrent un ciel ou dais, et estaient toutes les rues par où il passoit tendues à ciel, j. chartier, llist. de Charles VU, p. 200, dans lacurne. Il xvie s. Le ciel ou poisle [de l'autel] est un cèdre embasmant Les cœurs humains, marot, I, 17a. El firent ester de d( ssus son berceau les ciels, poisles et daix qui y estaient, avec les rideaux et lour du lict, carl. m, 17. Le soleil est de trois epicycles, c'est à dire ciels ou estages, au dessus de la lune [c'est-à-dire ceux de Mercure, de Vénus et le sien propre], pake, Monstr. ap. 4. Je m'asseuroy qu'au changement des cieux Cestan nouveau romprait ma destinée, rons. Amours, 1, )80.De ces nations qui n'ont aulcune cognoissance de vestements, il s'en treuve d'assises environ soubs mesme ciel que le nostre et soubs bien plus rude ciel que le nostre, mont, i, 259. Ce ciel de lit tout enflé d'or et de perles n'a aulcune vertu à rappaiser les tranchées d'une verte colique, m. 1, 326. Ciel immobile on ne cognoist, lekoux de lincv. /Ver. t. 1, p. 97.

— ÉTYM. Picard, ciu; bourguig. cier; bre - in, ciar; franc-comtois, cié; wallon, sir.; provehç. cel; erpagn. et ital. cielo; du latin ccelum, qui se rattache au grec xoîàoç, creux (car l'orthographe ex- Ivrn paraît devoir être rejetée), Noire pluriel ci'eua; est le cas régime, dans l'ancien français le nominatif pluriel étant li ciel.

f Cl ENTOUR (si-an- tour) , loc. adv. Voy. ci.

CIERGE (sièr-j'), s. m. \\ 1° Grande chandelle de cire à l'usage des églises. Cierge pascal, cieigo de grande dimension que l'on bénit dans chaque paroisse peur la fête de Pâques. Cierge bénit. À la Chandeleur, on porte des cierges à la procession, ht votre nul a telle étincelle Que le soleil n'est, auprès d'elle, Qu'un cierge de la Chandeleur, RÉGNIER, Louanges de Mon " Après que les ruches sans miel N'eurent plus que la cire, un fit mainte bougie; Maint cieige

CIG

aus-i fut façonné, i.a font. Fabl.ix, 12. || Être, se tenir droit comme un cierge, être, se tenir très-droit, avec de la raideur. || Brûler, offrir un cierge à la sainte Vierge; et fig. Il doit un beau cierge, il a lieu d'être reconnaissant. Elle m'a dit: tu me dois un beau cierge, Car sans mon souffle au néant tu restais, bérang. Métempsyc. || 2° Terme de botanique. Genre de plantes dites cactus, où l'on distingue le cierge du Pérou. || Un des noms de la molène noire et du bouillon blanc. || 3° Cierge d'eau, se dit de jets d'eau placés sur la même ligne.

— HIST. xji" s. Où n'eûst cerge ou lanterne enfichée, Ronc. p. 118. Esteigniez, fait lur il, ces cirges alumez, Th. le mart. 52. || xm" s. Dedenz [ils] virent cirges ardanz, Dont li clartez esteit mult granz, Lai del désiré. Neïs les onze mile vierges, Qui devant Dieu tiennent lor cierges, la Rose, HI50. Qui verra deux cierges estaindre, Lors si verra Comment Jhesu Crist ouverra. Qui maint orguilleux à terre a Plessié et mis, ruteb. 84. || xiv" s. Li atake [l'attache] devant lu escarboucle cler, Qui par nuit reluisoit, com chierge en candeler, ISnud. de Seb. v, 772. [| xve s. Il n'y avoit ne cierge ni chandelle, Lancelot du lac, t. 11, f"(4, dans lacurne.

— étym. Latin cereus, de cire, de cera, cire (voy. cire).

f CIERGER (sièr-jé) , v. a. Terme de métier. Garnir une étoffe de cire.

— ÉTYM. Cierge.

t CIERGIER (sièr-jié), s. m. Celui qui faut ou vend des cierges.

— ÉTYM. Cierge.

CIGALE (si-ga-1'), s. f. || 1° Insecte de la famille des hémiptères, qui fait entendre dans les champs, pendant les grandes chaleurs, un bruit aigre et monotone. Le chant de la cigale. La cigale, ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue, Quand la bise fut venue, la font. Fabl. 1, l. Tithon n'a plus les ans qui le tirent cigale, malh. vi, <7. Et comme la cigale, amante des buissons, a. chén. /Si/. 1. Il Fig. Ronsard, fais-m'en raison, et vous autres esprits Que, pour être vivants, en mes vers je n'écris, Pouvez-vous endurer que ces rauques cigales Egalent leurs chansons à vos œuvres royales? Régnier, Sat. 11. H 2° Terme de marine. Organeau d'une ancre ou d'un grappin.

— hist. xvi" s. Babillard en cigale, cotgrave. Ferrer les cigales [faire un travail inutile], id. Comme nous allons à la chasse des bestes, ainsi vont les

et les lions à la chasse des hommes; et ont un pareil exercice les unes sur les aultres, les chiens sur les lièvres, les brochets sur les tenches, les arondelles sur les cigales, mont. 11, 170.

— ÉTYM. Provenç, et ital. cicala; espagn. cigara; du latin cicada.

CIGARE (si-ga-r'), s. m. || 1" Petit rouleau de feuilles de tabac que l'on fume comme une pipe. Aux arrêts forcés pour avoir fumé un pauvre petit cigare? — Un cigare! croyez-vous que je ne reconnaisse pas votre affreux tabac de caporal? eu. de Bernard, la Peau du lion, § 3. || 2° Tabac à fumer de l'île de Cuba.

— REM. On fait quelquefois cigare du féminin; Chateaubriand a dit : Je lui présentai une cigare, il fut ravi et me fit signe de fumer avec lui, Itin. VU. Mais cigare est définitivement masculin, conformément à l'usage des fumeurs et à l'élymologie.

— ETYM. Espagn. cigarro, cigare, de cigarar, rouler en forme de papillote, papilloter, rouler dans du papier.

f CIGARETTE (si-ga-rè-f) , S. f. I| 1° Petit cigare fait avec du tabac roulé dans un bout de papier ou de paille de maïs. || 2° Cigarette de camphre, de b Uadone, etc. tuyau de plume où l'on met ces substances en poudre, et qui, tenu dans la bouche, transmet ce qui s'en exhale.

— ÉTYM. Diminutif de cigare.

CIGOGNE (si-go-gn'), s. /'. || l"Gros oiseau voyageur remarquable par son long bec et ses longues jambes. La cigogne mange les serpents. Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne, la font. Fabl. 1, )8. Je ne sais si c'était à cause que les cigognes mangent les serpents ou pour ce qu'elles nourrissent leur père en vieillesse, ou pour avoir été les inventrices des clystères, qui est une louable et utile invention, voit. Lett. 193. Ce monstre craint la raison, comme les serpents craignent les cigognes, volt. LeU.d'Argental, 1 3 juin 1763. ||La cigogne est le symbole de la piété et de la reconnaissance, parce qu'on dit qu'elle nourrit son père et sa mère dans leur vieillesse. Quand cet honnête homme [Néron | eut lue sa mère (c'était uneterrlble cigogne!).... vorr.ielt. 125.

1 1 Contes de cigogne, à la cigogne, baliv3rnes, contes faits à plaisir. J'appréhende qu'on ne croie que tout ce que j'ai rapporté jusqu'à présent ne passe pour des contes de la cigogne ou de ma mère l'oie, à cause que cela semble trop ridicule ou trop extravagant, le Roman bourgeois, édit. de Nancy t7(3, in-8", p. 237. || 2° Terme de marine. Manivelle d'une meule servant à aiguiser les outils. || 3" Terme de métier. Levier coudé.

— HIST. xiii" s. Je ne pris [prise] ton gaaing le vol d'une cigogne, La folle et la sage. E pur fera ceste besoigne I revaut l'oint [il y faut la graisse] de la cigoine, Ms. St Jean. || xvr* s. Cependant Panurge leur contait les fables de Turpin, les exemples de St Nicolas et le conte de la ciguoingne, rab. l'ant. 11, 1 9. Sornettes et contes de la cigoigne , comme l'on dict, L'esté de Bénigne Poissenot , f°4, v", dans fi. Michel, Argot. Seigneur docteur, ce que je vous dis ne sont point des contes de la cicoigne, La comédie des Proverbes , act. 11, se. 2.

— ÉTYM. Picard, chigogne ; provenç. ciconia ; espagn. ciguena; portug. cegonha; ital. cicogna; du latin ciconia.

| CIGOGNEA U (si-go-gnô) , s. m. Petit de la cigogne

— ÉTYM. Cigogne.

CIGUË (si-gue), s. f. Il 1° Plante vivace de la famille des ombellifères et dont le nom est attribué à trois plantes ombellifères qu'il importe de distinguer : la ciguë vireuse (cicula virosa, L.) ; la ciguë proprement dite ou grande ciguë (conium maculatum , L.) ; la petite ciguë ou ciguë des jardins, dite aussi faux persil (;itliusa cynapium, L.); ces trois plantes sont vénéneuses. || 2" Poison mal connu dans sa composition , par lequel les Athéniens faisaient mourir les condamnés à mort. Socrate mourut, ayant avalé la ciguë, fën. Socrate. || Fig. Cette philosophie va tout droit à la ciguë, volt. Lett. Prusse, 12.

— HIST. xiiie s. N'onc cil mué ne le troverent, Qui par cegue le tuèrent, la Rose, 5888. Seignorie que j'ai eue, Ne pris [je ne prise] pas un rain de segue, ruteb. ii, (97.

— ÉTYM. Norm. chue; Berry, cocue ; provenç. cicuda ; espagn. et ital. etcuta; du latin cicula.

\. CIL (sil; l'Académie dit qu'on mouille l, sill; cependant l'usage le plus général est de ne pas la mouiller), s. m. || 1° Poil qui horde les paupières. Nous vîmes une larme, et ce fut la dernière, Sous ses cils abaissés [de Sociale] rouler dans sa paupière, lamart. Socrate, 37). || 2" En termes de botanique, se dit des poils soyeux qui bordent certaines parties. Il 3° Terme de physiologie. Cils vibratiles, filaments très-fins, dressés sur toute la surface ou une partie seulement de certains éléments anatomiques de quelques animaux invertébrés, de quelques embryons des animaux vertébrés et de quelques algues, se contractant par eux-mêmes, et se mouvant d'un mouvement vibratile très-vif et continu.

— HIST. xvie s. Aucun ont les paupières prises avec le cil, paré, xviii, (7. Il lui dardera un cil d'œil [clignement] avec un ris friant , pasquier, Menophile, p. 1 26, dans lacurne. Cingar remarque soudain la contenance de cet homme, et, resserrant la paupière et cil de ses yeux, faisoit signe à Berthe comme est la coustume des pippeurs, merlin cocaie, t. 1, p. 177, dans LACURNE.

— ÉTYM. Provenç. cil, silh, cilla; catal. cella ; espagn. ceja ; ital. ciglio; du latin cilium, bord de la paupière supérieure, paupière, sourcil: grec, kOXov, la paupière, le dessous de la paupière.

f 2. CIL (sil), pronomdémonstratifmasculin, dont le féminin , resté dans la langue, est celle, et qui était encore en usage au commencement du xvtr siècle. Autant que cil qui mit les souris en bataille, Régnier, Sat. vi.... Te montrer à nu mes passions Comme à cil qui pardonne aux imperfections, id. 16. Cil a été, dans ses beaux jours, le [dus joli mot de la langue française; il est douloureux pour les poètes qu'il ait vieilli, la bruy. xiv.

— hist. xe s. Et cum cil lo fisient [faisaient] , durit ore aveist odit, Fragm.de Yalenc. p. 469. |J xmes. Ce fu cis, bien le dit Solin, Qui par les respons Apolin Fut jugié du mont li plus sages, la Rose, 5881.

— ÉTYM. Voy. celui.

j CILIAIRE (si-li-ê-r') , adj. Terme didactique. Qui appartient aux cils. Le bord ciliaire des paupières. Il Terme de zoologie. Les ciliaires, genre de poissons de la famille des leptosomes.

— ÉTYM. Le latin cilium, cil.

CILICE (si-li s'i , s. m. Ceinture de crin qu'on porte sur la peau par mortification. Porter le cilice. Affliger son corps de cilices et déjeunes. Mais d'où vient cet air sombre, et ce cilice affreux, Et cette cendre enfin qui couvre vo cheveux? bac. Fsth. 1, 3.

CIM

cm

CIM

Elle pleura la mort de son époux dans le jeûne et dans le cilice, mass. Jeûne. Le moine secoua le cilice et la haire, isoil. I.utr. vi. Il faut porter ta croix, goûter de ton calice, Couvrir son front de cendre et son corps d'un cilice, la font. Captivité de St Malc.

— ÉTYM. Provenç. cilici, cirici, selitz ; espagn. cilicio ; ital. cilicdo ; de cilicium, étoffe de poil de chèvre, de xi).£xiov, étoffe ainsi nommée à cause qu'elle se faisait avec du poil de chèvres de Cilicie.

CILIÉ, ÉE (si-li-é, ée) , adj. Terme didactique. Qui est garni de cils ou de poils rangés comme des cils.

— ÉTYM. Ciliatus, de cilium, cil.

t ClLlFËRE(si-li-fê-r'),CILIGÈRE(si-li-jê-r'). adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des cils.

— ÉTYM. Cilium, et ferre ou gerere: porter.

f C1LIOBRANCUE (si-li-o-hran-ch') , adj. Terme de zoologie. Qui a des branchies en forme de cils (mollusques). || S. m. Les ciliobranches.

— ÉTYM. Cil, et branchie.

i CILIOGRADE (si-li-o-gra-d') , adj. Terme de zoologie. Qui marche à l'aide de cils. || S. m. Les ciliogrades, classe de faux zoophytes.

— ÉTYM. Cil, etgradi, marcher.

f CILIOLE (si-li-o -1'), i'. m. Terme de botanique. Petit cil.

— ÉTYM. Diminutif de cilium, cil.

CILLÉ. ÉE (si-llé, *l*.e, Il mouillées), part, passé. ||1° Garni de cils. Cheval cillé, cheval sur qui des poils blancs se montrent vers l'arcade orbilaire. |j 2° Fermé. Ouvre tes yeux cillés, et vois de quelle sorte D'ardeur précipité la rage te transporte, Régnier , Éo. i.

C1LLEMENT (si-lle-man, Il mouillées, et non siye-man) , s. m. Action de ciller les yeux, les paupières. Cillement d'yeux.

— ÉTYM. Ciller.

CILLER (si-llé, Il mouillées, et non si-yé), v. a. || 1° Faire toucher et séparer les cils des deux paupières. Il ne fait que ciller les yeux, les paupières. || Absolument, fermer les yeux pour une émotion, une surprise, etc. À ce violent coup de tonnerre tout le monde a cillé. || Personne n'ose ciller devant lui, se dit d'un liomme impérieux devantlequel personne n'ose rien se permettre. || 2" 'ferme de fauconnerie. Coudre les cils ou les paupières d'un oiseau de proie, il 3° Ciller, v. n. Se ciller, v. ré/l. On dit qu'un cheval commence à ciller ou à se ciller, lorsque des poils blancs se montrent vers l'arcade orbitale ou les tempes : c'est un signe de vieillesse avancée.

— HlST.xivcs. Le faucon ne doit point estre chillé trop estroict, ne le fil de quoy il est chillié ne doit estre trop délié, ny ne doit estre noué sur la teste, ains doit estre tors, Modus, f°Lxxvin. Il convient que l'un tiengne l'esprevier par les esles du corps, et l'autre le prent par le becq et le cillera [coudra les paupières], Ménagier, m, ?.. || xvie s. En une minute de temps, et moins qu'on ne mettroit à ciller l'œil, le son de la trompette pénétrera par tout, calvin, Inslit. 804. Soustenir l'esclat des pompes sans ciller les yeulx, mont, i, 17t. 11 fault qui! [le philosophe] cille les yeulx au coup qui le menace, il faut qu'il frémisse planté au bord d'un précipice, comme un enfant, nature ayant voulu se reservei les légères marques de son autorité inexpugnable à nostre raison et à la vertu stoïque, ID. n, 211. Caton ne respondit rien, ains regarda seulement ces estrangers au visage d'un regard fiché sans ciller, amyot, Cat. d'Utiq. 3. Les serpents usent de fenoil, et scillans les yeux en frottent les paupières pour recouvrer la veuë, paré, Animaux, 1.

— ÉTYM. Cil; ciller c'est d'abord remuer les cils, puis coudre les cils, et enfin avoir des cils blancs. Ménage le tire de sigillare, sceller; mais ni le sens ni la forme ne permettent cette étymologie.

CIMAISE (si-mê-z'), s. f. Voy. cymaise.

CIMBALAIRE(sin-ba-lè-r'),4-. f. Voy. cymbalaire.

CIME (si-m'), s. f. y 1° Le haut pointu d'un arbre, d'une montagne, d'un clocher. Du Taurus escarpé i ous franchissons la cime, volt. Scythes, 1, 3. Semblable à ces hautes montagnes dont la cime, audessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne, boss. Louis de Bourbon. Elle-même aux cerfs pourchassés Prépare de profonds asiles Sur la cime des monts glacés Contre les chiens les plus agiles, gombaud, dans riciielet. Ainsi d'un ch; 1 d'épis se recourbe la cime Sous l'haleine du vent qui les touche et s'enfuit, masson, Helvéliens, vi. H Poétiquement. Le mont àdouble cime, ladouble cime, c'est-à-dire le Parnasse. Les nymphes de la cime, les Muses. || 2" Fig. On ne pourrait faire

sentir que par une trop grande discussion la difficulté et le prix de ces sortes d'ouvrages, que n'estiment peut-être pas assez ceux qui ne se plaisent nue sur la cime la plus élevée de la théorie, fonten. Sauveur. || 3° Terme de botanique. Cime, voy. cyme.

— HIST. xiic s. Li arbre qui cheu seront Se dresseront tuit contre mont; A mont torneront lor racines; Contre terre seront les cymes, Adam, mystère, p. 76. y xme s. Lors [il] lui conte de la racine Dusqu'en la cyme ses méfiais, Roman de Robert le diable. || xve s. Iceulx supplians se prindrent à copper des cymeaulx du dit arbre, nu cange, cimeyœ. Il xvie s. Là s'eslevoit la cyme forestière DTde [le mont Ida].... rons. 603. L'office de censeur, qui estoit à Rome la cyme de dignité où pouvoit atteindre un citoyen romain, amyot, Caton.

— ÉTYM. Provenç. dm, sim. cima; catal. cim; espagn. et ital. cima; portug. cimo; du latin cytna eleuma, tendron, cœur de chou, qui dans les Lingues romanes, a pris le sens d'extrémité de la tige, et de là, celui de tout sommet; du grec xôjjux, jeune pousse, de mm, être gonflé par ce qui est engendré, par le bourgeon, par l'embryon.

CIMENT (si-man) , s. m. || l°Poudre de tuiles et de briques pilées, qu'on mêle avec de la chaux, pour lier les pierres des murs et des autres bâtiments. Il Ciment romain, sorte de mortier, ainsi nommé bien que les Romains ne l'aient jamais connu, qui possède à un deuré supérieur toutes les propriétés des chaux hydrauliques, c'est-à-dire qu'il acquiert presque instantanément, àl'air et à l'eau, dureté et imperméabilité. Le ciment de Vassy, qui est le ciment romain le plus renommé, provient d'un calcaire argileux et magnésien, dur, d'une couleur bleu-cendre, que l'on trouve immédiatement au-dessus du liais, et que l'on calcine dans des fours à chaux ordinaires. Ce ciment est naturellement hydraulique : aussi s'en sert-on dans les constructions où l'on craint l'action de l'humidité. || Ciment hydraulique ou pouzzolane, nom donné à un produit volcanique provenant des débris de laves poreuses ou dures. || Par extension. Ce nid qu'avec tant d'art, Au même ordre toujours architecte fidèle, Â l'aide de son bec maçonne l'hirondelle! Comment, pour élever ce hardi bâtiment, A-t-elle, en le broyant, arrondison ciment? louis rac. Relig. 1. || Fig. D'un ciment éternel ton église est bâtie, boil. Lutr. vi. || Fig. Cela est fait à chaux et à ciment, cela est solidement établi . Il 2° Fig. Ce qui sert de lien, de moyen d'union. La vertu est le meilleur ciment qui puisse lier les amis ensemble. L'unité de principes et de législation, ciment des agglomérations humaines.

— HIST. xme s. Bien l'atacha à fort ciment, Ken. 20192. Et si est sa meson couverte D'une grant piere d'aymant; Li mur entor sont à cimant, ruteb. ii, 3(, y xive s. Tuit ensemble se tiennent comme poix àciment, Girart de Ross. v. 46ui. Tantsoitpar eau, ou par ciment, Ou autre sorte infiniment, Tousjours seroit ce y mescompter Et tousjours besoigne à refaire, Traité d'alch. 531. || xvies. X telle cause est appelle ciment de paste, comme l'autre de fonte, pour sa qualité refondante toutes les fois qu'on s'en veut servir, 0. de serres, 7G8. Ces cimens résistent à l'eau dès incontinent estre posés, id. 768. L'Estat, c'est à dire la domination , ou bien l'ordre certain en commandant et obéissant, est l'appuy, le ciment et l'ame des choses humaines, charron, Sagesse, 1, 51.

— ÉTYM. Provenç. cimen; espagn. cimento, ciment, cimiento, base; portug. cimento; du latin uemenlum, moellon, decxdere, tailler.

CIMKNTÉ, ÉE (si-man-té, tée) , part, passé. Il 1" Lié avec du ciment. Des pierres bien cimentées. Il Fig. Une amitié cimentée par des services mutuels. Une opulence cimentée (lu sang des peuples, mass. l'rcsp. Il 2° Terme de géologie. Roches cimentées, roches qui sont liées d'une manière peu apparente.

CIMENTER (si-man-té), v. a. || i" Lier, enduire avec du ciment. Cimenter du pavé, le bassin d'une fontaine. || 2° Fig. Consolider, affermir. Cimenter la paix par une alliance. Mais un roi, vraiment roi, qui, sage en ses projets, Sache en un calme heureux maintenir ses sujets, Qui du bonheur public ait cm, enté sa gloire, Il faut pour le trouver courir toute l'histoire, boil. Épît. 1. Nos communs ennemis cimentent ma puissance, volt. Zaïre. 111, ). Je vous prie de cimenter auprès de l'un et de l'autre cette amitié que je voudrais tant mériter, mon- TESQ. Correspond. 4. Verra-t-on cimenter leurs pertiques durables Du sang des misérables Devant eux immolés? volt. Odes, 11. i] 3° Se cimenter, v. réfl.

| S'unir, se consolider. Les alliances se cimentent par la bonne foi.

— HIST. xvic s. Ces idoles se cimentent du sang des petits enfants, mont. 11, 257. Nostre estre est cimenté de quaiitez maladifves, m. ni, 236. tant s'en faut que ce soit concorde, que c'est plutost un secret discord, cimenté de poison, lanoue , 62 Ainsi nature cimente les os avec le callus, paré, xiii, 20.

— étym. Ciment; espagn. cimentar.

+ CIMENTIER (si-man-tié) , 4'. m. Celui qui fait le ciment.

— ÉTYM. Ciment.

CIMETERRE (si-me-tê-r') , s. m. Sabre à lame fort large et recourbée. Le cimeterre au poing ils ne m'écoutent pas, corn. Cid, iv, 3. Ali sous lisse avait un cimeterre, v. hugo, Orient. 13. C'est de temps immémorial la coutume des Tartares du porter plus de cordes que de cimeterres, p^ur lier les malheureux qu'ils surprennent, volt. Russie, n. t. Il En général toute espèce d'épée. Déjà brille en leurs mains [d'Ailly et son fils] le fatal cimeterre volt. Uenriade, vin. Les savants ne vont pas s'établir dans ces mers de sable, pour arracher le voyageur au cimeterre du Bédouin, chateaub. Génie, iv, m, 5. Jamais leurs nobles cimeterres [de mes aïeux] Dans les bois n'ont fait peur aux gens, bérano. Vilain.

— HIST. xvc s. Sanneterre ou cimeterres, qui sont manières d'espées à la Turque, J. charmer, Hist. de Charles Vil. p. 272 , dans lacurne. Six milli cinq cens chevaus légers se fussent meniez parmy nous, avec leurs cimeterres au poing, qui sont terribles espées; veu le petit nombre que nus 1

nous estions desconfits sans remède, co.mm. p. gg:j, dans lacurne. || xvie s. Persée estoit sur le haut de la roche, Ayant au poing sa cimiterre croche, ions. m 2. Plusieurs qui, les jambes contremont. donnoient carrière, la teste plantée sur leurs selles «litre les poinctes des cimeterres attachez au ha MONT. 1, 369.

— ÉTYM. Espagn. et portug. cimitarra ; ital. scimitarra; du persan chimehir.

CIMETIÈRE (si-me-tiê-r') , s. 1». || 1° Le lieu où l'on enterre les morts. Les cimetières ne sont plus permis dans le sein des villes. Il approuve avec douleur l'enseigne d'un marchand hollandais qui, ayant mis pour titre À la pair perpétuelle, avait l'ait peindre dans le tableau un cimetière, fonten. Le Les tombeaux d'Ossian contrastent avec nos cimetières de campagne, chateaub. Génie, I, 1. Nous admettons les comédiens à nos tables, et nous leur fermons nos cimetières, volt. Lett. Damilaville, 18 juillet 17G2. Il Fig. Du corps de ce mutin g.-sant sur la poussière Le ventre des corbeaux sera le cimetière, botrou, Antig. iv, I. ||2° Le lieu où la mort frappe et sévit. La ville était devenue un vaste cimetière. L'Italie a passé longtemps pour le cimetière des Français. Toute la question n'est que d'un cimetière [Ostende assiégée]; Prononcez librement qui le doit posséder, mai.ii. iv, 7. || 3° > tière de Blarigy, nom d'une variété de pommes du pays d'Auge. || Proverbes. Les jeunes médecins font les cimetières bossus, se dit pour signifier qu jeunes médecins, avant d'avoir acquis de , rience, sont la cause de la mort de beaucoup de personnes. || Il a de l'esprit, il a couché au cimetière, se dit par ironie de quelqu'un qui mahqi d'esprit, et par un jeu de mots sur les es] ri revenants qu'une croyance superstit ;e dans

les cimetières.

— REM. En 1 668, Marg. Buffet , Observ. p. 40. recommande de ne dire ni ceumetiere m cemetierc.

— HIST. xne s. Li dux Miles se tint devers un cismetire, Sax. x. Se nuls fust el forfait le rei Henri chaùz, Ne fust en cimetere sis aveirs retenu/, N'e . mustier, Th le mart. 62. || xm« s. Et fu li cors embausemés de bausme et aportés à Saint Denis, où il fu enfouis en cimetière comune, Chr. de linins, 178. Ou se il font aucun pecié en liu

en ciinentiere ou en moustier, beaum. 4i. Chimentiere, id. xliii, 42. Or facent large cimetien d'Acre, qu'il lor est mesliers, ruteb. 103. L'en doit! amer les liex de sa nativité, Et les sainz cim< de grant antiquité, Où la char et les os i ( • furent gité, Dont li vif sunt ou monde richemenj hérité, j. de meung, Test. 022. || xve s. Quand tonus gens issent du moustier, il [Jean Balle] s'en venoit au cloistre ou cimetière et là preschoit, fro:- 11, 106, Messire Pierre de Craon avoit en la ville de Paris, en la cimetière que on dii Sainci Jean, un très bel hostel, id. m, îv, 28. || xvie s. Ores tu marches solitere, Parmy l'horreur d'un cimetere, du

CÏN

bfli . vu, '>'■', verso. Le mot de dormir ne se peut

approprier qu'aux corps, dont est venu le mot de

i qui »aut autant comme dormitoire, calv.

Instit. 803. Es escorcheries, cemeiieres, hospitaux,

xxiv, a, Hostesse des lieux solitaires Et

reur des cimetaires, rons. *I3. Il falloit

■ cela pour ceux qui avoient couché aux cime-

Ords, Escraignes dijonn. p. 4, dans

LACURNE

— ÊTYM. Rerry, cemetière, iemintire, cimentire, semetière. cimentière^ bourguig. cemeteyre; wallon, simitiér ; provenç. cémenter i ; espagn. et pornterio ; ital. cimelerio; de cœmeterium , de y.o'.îj.r.Tr.ptov , cimetière, lieu de repos, lieu où l'on dort, de xoiuocco, dormir.

f OMETTE (si-mè-f), s. f. Voy. cymette.

f CIM1CA1HE (si-mi-kê-r') , s. /. Terme de bota- . Genre de la famille des renonculacées, à laquelle appartient la cimifuga fœtida, dont l'odeur écarte, dit-on, les punaises.

— Etym. Cimex, cimicis, punaise.

fCIMICIDE (si-mi-si-d') ou plutôt CIMIC1CIDE (si-

mi-si-si-d'), adj. Terme didactique. Qui tue les punaises. Une composition cimicicide.

— REM. Cimicicide es! la seule forme régulière.

— êtym. Cimex, cimicis, punaise, et cœdere, tuer.

t CIMICIFCGE (si-mi-si-fu-j') , adj. Terme didactique. Propre à chasser les punaises.

— ÉTYM. Cimex, cimicis, punaise, et fugare, mettre en fuite.

t. CIMIER (si-mié; IV ne se lie pas; au pluriel l'.ï se lie: les cimiers et .... dites: les si-mié-z et), s. m. Ornement qui surmonte la cime d'un casque. | Roland voyait nos soldats] Secouer, pour chasser île nouveaux infidèles, L'éclatant cimier de Martel, v. hugo, Odes, il, 7. || Terme de blason. Ce qui se met au-dessus du timbre, qui n'est autre chose que le heaume, casque ou armet. Le cimier de France était une (leur de lis carrée. Le cimier est l'ornement du timbre, comme le timbre est celui de l'écu. Composa tous ces mois de cimier et d'écart, boil. Sat. v.

— ÊTYM. Espagn. cimera; ital. cimiero ; bas-lat. cimeria, cimerium, dans des textes du xiv° siècle; de cima, cime, à cause de la place que cet ornement occupait dans l'écu du blason ou sur le casque.

2. CIMIER (si-mié) , s. m. Terme de boucherie. || 1° La chair qui est sur la croupe du bœuf et qu'on coupe en rond. C'est du bœuf de cimier. || Cimier de bœuf, partie de la cuisse qui contient plusieurs tranches. || 2" Terme de vénerie. Croupe du cerf qui, (.ans la curée, se donne au maître de l'équipage. C'est un cerf qui a quatre doigts de venaison sur son cimier.

— êtym. Origine inconnue, à moins qu'on ne le tire de cime, en considérant que lever le cimier sur un cerf, c'est lever la cime, la partie la meilleure de la bête; de même que les Italiens ont dit levar la cima, en termes de drapier, pour tondre la cime, l'extrémité de la laine. Il y a bien dans l'allemand Ziemer, cimier de cerf; mais les étymologistes allemands regardent ce mot comme emprunté des langues romains.

f CIMIFCGE (si-mi-fu-j-) , adj. Voy. cimicifuge, qui est seul correct.

f Cl.MMÉRIEN, IENNE (si-mmé-riin, riè-n) , s. m. et f. || 1' Peuples mythologiques qu'Homère plaçait à l'Occident, et auprès desquels était le séjour des morts. || Peuples scythiques qui habitaient vers le Bosphore cimmérien. || 2° Adj. Bosphore Cimmérien, nom. dans l'antiquité, du détroit qui conduit de la mer Noire à la mer d'Azow. || Ténèbres cimmériennes , nuit permanente que les Grecs plaçaient dans le pays des Cimmériens. Je pardonnais aux Grecs d'avoir placé les ténèbres cimmériennes précisément vers le cinquantième degré, volt. Lelt. Bailly, 9 fév. 1776. j| Figurément, ténèbres cimmériennes, ténèbres profondes.

— ÉTYM. Kiu.(jipioi.

CIMOLÉE (si-mo-lée), s. f. \\ i» Terme de pharmacie. Espèce d'argile qui passait pour astringente et résolutive. || 2° Terre ou matière cimolée ou cimolie, ou boue des couteliers, dépôt qui est produit par l'usure des meules à aiguiser et que l'on emploie quelquefois comme résolutif et contre les brûlures

— êtym. Ki|j.w),!a ytj , terre de Cimolus, île de l'Archipel.

i CIMOSSE (si-mo-s'), s. f. Terme de commerce. Lisière d'une sorte de taffetas.

f CINABAItIN, INE (si-na-ba-rin, ri-n') , adj. Oui a la couleur rouge du cinabre.

CTN

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