CLY
Il Celui qui, en temps de révolution, hante les clubs et y expose ses théories politiques. || Homme exalté des partis révolutionnaires qui agirent avec les clubs.
— ÉTYM. Club.
f CLUNIPÈDE (klu-ni-pè-d'). s. m. Nom donné aux oiseaux qui, comme les plongeons, ont les pieds placés en arrière du corps.
— ÉTYM. Latin clunis, fesse, etpes, pied.
f CLUN1STE (klu-ni-sf) , s. m. Religieux de l'ordre de Cluny.
j CLUNY (klu-ni). Abbaye célèbre dans le Maçonnais, à quatre lieues de Màeon, qui fut fondée, en 910, par Guillaume comte d'Auvergne. La règle de Saint-Benoît y est suivie. L'habit était noir; aussi nommait-on moines noirs les moines de Cluny.
t CLUPÉE (klu-pée), s. /'. 'ferme d'ichthyologie. Les dupées, les poissons appartenant à la famille dont le hareng est le type.
— ÉTYM. Latin elupea, nom d'un poisson du Pô. f CLUPÉIDE (klu-pé-i-d'), a. m. Synonyme de
dupée.
f CLUSE (klu-z'), s. f. Terme de fauconnerie. Cri que le fauconnier emploie pour faire agir les chiens, lorsque la perdrix se met à couvert de l'oiseau dans un buisson.
f CLUSER (klu-zé), v. a. 'ferme de vénerie. Cluser la perdrix, exciter les chiens à la faire sortir du buisson.
— ÉTYM. Cluse.
f CLYPTACÉ, ÉE (kli-pé-a-sé, sée) , adj. Terme d'histoire naturelle. Garni d'une pièce en forme de bouclier.
— ÉTYM. Latin clypeus, bouclier.
f CLYPÉASTKE (kli-pé-a-str'), s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères. || Terme de zoologie. Genre de la famille des oursins.
— ÉTYM. Latin clypeus, bouclier.
| CLYPÉIFORME (kli-pé-i-for-m') , adj. Tenue d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un bouclier.
— ÉTYM. Lat. clypeus, bouclier, et forme.
t CLYSMIEN, IENNE (kli-smiin, smiè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui est le produit d'un transport opéré par les eaux.
— ÉTYM. KXyaiAoç, lavage, inondakion.
CLYSOIR (kli-zoir), s. m. Espèce de tube ou de
tuyau d'environ un mètre de long, fait avec un tissu imperméable, terminé d'un bout par une canule, et évasé en entonnoir à l'autre extrémité. Le clysoir sert à administrer un lavement.
— ÉTYM. KMÇeiv, laver (voy. clystère).
f CLYSOPOMPE (kli-zo-pon-p'), s. f. Instrument analogue au clysoir, sinon qu'une petite pompe annexée y rend le jet continu.
— ÉTYM. Clysoir, et pompe.
f CLYSSE (kli-s'), s. m. Terme d'ancienne chimie. Mélange de différentes substances, et aussi de plusieurs préparations d'une même substance.
CLYSTÈRE (kli-stê-r'), s. m. Injection d'eau chargée ou non d'un médicament, qui se fait parle fondement. On lui donne maints clystères, la font. Glout. De quoi vous mêlez-vous de vous opposer aux ordonnances de la médecine et d'empêcher monsieur de prendre mon clystère"? mol. Mal. im. in, 4. Un clystère que j'avais pris plaisir à composer moimême, inventé et formé dans toutes les règles de l'art, m. ib. m, 6.
— SYN. clystère, lavement, remède. Ces mots sont placés ici selon l'ordre chronologique de leur succession dans la langue. Clystère ne se dit plus guère; lavement lui a succédé; et, sous le règne de Louis XIV, l'abbé de Saint-Cyran le niellait déjà au rang des mots déshonnêtes qu'il reprochait au P. Garasse. On a substitué de nos jouis le terme de remède à celui de lavement. Remède est équivoque, mais c'est par cette raison même qu'il est honnête. Clystère n'est plus employé que dans le burlesque; lavement, dans les auteurs de médecine; remède, dans le langage ordinaire, Encyclop. t. ni, p. 553.
— HIST. xiiie s. Si convient faire une clistere d'ewe, alebrant, f° 4 9. || xv° s. La cause de sa maladie fut pource que son médecin lui bailla un clystère trop fort, monstrel. i, ch. 445. ||xvie s. On lui donnera clystères, suppositoires, ou nouets acres et cuisans, paré, VI, 8. Clystère, c'est à dire ablution ou lavement, est une injection appropriée au siège et aux intestins, id. xxv, 22. Les cigoignes, se donner elles-mesmes des clystères à tout de l'eau marine, mont. 11, 174.
— ÉTYM. KXvitfnnp. de xXvÇeiv, laver.
f CLYSTÉRISATJON (kli-slé-ri-za-sion ), s. f. Action de clystériser,
COA
COA
f CLYSTÉRISER (kli-slé-ri-zé), ». a. Administrer un clystère.
— HIST. xvie s. Il faut purger, saigner, ventouser, clysteriser, paré, v, 7.
— étym. Clystère.
t CNEF (knèf ), s. m. Nom d'un dieu des Égyptiens, auquel ils attribuaient la création du monde, et qu'ils représentaient avec un œuf sortant de sa bouche, parce que l'œuf était leur signe hiéroglyphique pour signifier le monde,
f CNÉM1DE (kné-mi-d'), s. f. Terme d'antiquité. Espèce de bottine défensive que portaient les soldats grecs.
— ÉTYM. Kvïi[Ù6i dexv%ni, jambe, f CNIDOSE (kni-dô-z'), s. f. Terme de médecine.
Prurit comparé à celui que cause l'ortie.
— ÉTYM. KviSuo-u, urtication, de y.vîôï), ortie.
f CO.... COM.... CON... , suivant la lettre qui commence le mot composé avec co, corn ou con. Préfixe qui indique réunion, adjonction, et qui répond à la préposition latine cum, avec.
COACCUSÉ, ÉE (ko-a-ku-zé, zée), s. m. et f. Terme de droit criminel. Celui, celle qui est accusée de participation à un délit. Ses coaccusés le chargèrent beaucoup.
— étym. Co.... préfixe, et accusé.
f COACQUÉREUR (ko-a-ké-reur) , s. m. Celui avec
qui l'on acquiert en commun. || On indique le féminin coacquéresse ou coacquéreuse. La femme de l'acquéreur est entendue coacquéresse.
— HIST. xvic s. La femme de l'acquéreur est entendue coacquéresse ou faire l'acquest pour la moitié, Nouveau coust. gêner, t. i, p. 514.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et acquéreur.
t COACQUISITION (ko-a-ki-zi-sion), s. f. Action
d'acquérir en commun avec un. autre; état de coacquéreur.
— hist. xvie s. Coacquisition, Nouveau coustum. génér. t. i, p. 715.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et acquisition.
\ COACTEUR (ko-a-kteur), s. m. Terme d'antiquité romaine. Receveur d'impôts. || Celui qui, dans les ventes publiques, exigeait le prix de la chose vendue.
— ÉTYM. Latin coactor (voy. coaction).
COACTIE, IVE (ko-ak-tif, ti-v'), adj. Qui a droit
ou pouvoir de contraindre. Le pouvoir de l'Église n'est point coactif,' c'est-à-dire qu'elle ne se fait pas obéir par la force. Il ne serait revêtu d'aucune puissance coactive, J. i. Rouss. Fol. 13. || Terme de philosophie. Qui agit sur le libre arbitre.
— HIST. xive s. La loy a puissance coactive ou contraignante, oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Voy. COACTION.
COACTION (ko-a-ksion), s. f. Terme didactique.
Action de contraindre à faire ou à ne pas faire. Les plus outrés contre-remontrants du synode de Dordrecht n'étaient pas assez extravagants pour nier la liberté de coaction; ils savaient que l'homme ne veut que ce qu'il veut, fén. m, 287.
— HIST. xive s. Et est contraire à volenté, c'est assavoir nécessité de coaction , oresme , Eth. 50. Corrigié par coaction ou contrainte, id. Thèse de meunier. .
— ÉTYM. Latin coactio, de coagere, contraindre, presser; de co préfixe, et agere, pousser (voy. agir).
-j- COACTIVITÉ (ko-a-kti-vi-té), s. f. Terme didactique. Qualité d'une force coactive.
— ÉTYM. Coactif.
COADJUTEUR (ko-a-dju-teur), S. m. Ecclésiastique nommé pour aider un évêque ou un archevêque dans les fonctions épiscopales et pour lui succéder, le siège venant à vaquer. || Dans un couvent, religieux adjoint à d'autres pour les assister dans leurs fonctions. || Dans l'ordre des jésuites, coadjuteur temporel, simple frère jésuite; coadjuteur spirituel, jésuite qui fait en public les trois vœux de religion, mais qui ne fait pas le quatrième, qui est d'aller en mission où il plaira au pape.
— HIST. xiue s. Puisqu'il sunt as prelaz per et coadjutors, Des princes et du pueple père et executors, J. de meung, Test. 829. [| xiv" s. Les monarques font aucuns leurs coadjuteurs, oresme, Thèse de meunier. Les bras de la contesse li anges sostenoit; Mas ele ne veoit [voyait] tel coadjuteur pas, Girart de Boss. v. 51 71 . Chascuns scet que saint Paul fut telx persécuteur, Que de trestout mal faire fut droit coadjuteur, ib. v. 5891. ||xve s. Tels ribaudailles n'eussent osé entreprendre d'avoir occis un tel homme, si ils n'eussent eu des coadjuteurs et souteneurs en leur emprise, froiss. h, n, 54. Et pour ce luy feut baillé en aide et confort son fils aisné et un chevalier, qui feurent ordonnés comme coadju-
teurs du dit seigneur, juvén. des ursins, Charles I /, 1414. Ordonnons que tous nos notaires, tabellions et coadjuteurs de nostre cour soient francs de notre scel et registre, Estais des officiers des ducs de Bourgogne, p. 303, dans lacurne.
— ÉTYM. Latin coadjuvare, aider en commun, de co.... préfixe, et adjuvare, aider (voy. aider).
COADJUTORERIE (ko-a-dju-to-re-rie),s. f. Charge de coadjuteur. Le cardinal de Bouillon passa par Cluny et y emporta la coadjutorerie pour son neveu, qu'il fit confirmer à Rome, st-sim. 46, 30. Le roi s'était rendu difficile sur les coadjutoreries d'évèchés et d'abbayes, id. 399, 202. La coadjutorerie de Cologne disputée entre le cardinalde Furstenberg et le prince Clément de Bavière, torcy, Mém. t. i, p. io.
— étym. Coadjuteur.
COADJUTRICE (ko-a-dju-tri-s') , s. f. Religieuse
qui est reçue en survivance pour être abbesse.
— ÉTYM. Coadjuteur.
f COADJUVANT, ANTE (ko-a-dju-van, van-t') ,
adj. Terme didactique. Qui aide avec, qui concourt à aider. Causes coadjuvantes.
— HIST. xvie s. A ces causes défaillantes ou pour le moins manques et débiles pour produire tel effet, quelle cause coadjuvante peut donner secours? paré,
— ÉTYM. Coadjuvare (voy. coadjuteur).
f COADNÉ, ÉE (ko-a-dné, dnée), adj. Terme de
botanique. Qui est soudé par la base.
— ÉTYM. Co.... préfixe, ad, à, et né.
f COAGULABLE (ko-a-gu-la-bl') , adj. Terme didactique. Qui a la propriété de passer brusquement de l'état liquide à l'état demi-solide, ou de l'état demi-solide à l'état solide. L'albumine est coagulable.
— étym. Coaguler.
f COAGULANT (ko-a-gu-lan, lan-f), adj. Terme
didactique. Qui a la propriété de faire cailler le lait, de coaguler le sang, etc.
f COAGULA TEUR, TRICE (ko-a-gu-la-teur, tri-s'), adj. Terme de chimie. Qui produit la coagulation.
— ÉTYM. Voy. coagulation.
COAGULATION (ko-a-gu-la-sion), s. f. Action de
faire passer une substance non cristallisable, liquide ou demi-liquide, à l'état demi-solide ou solide.
— HIST. xv° s. Si comme en yver est prise leur pregnacion et coagulence du fruit à venir engendré des vertus du souleil ou ventre de la terre, christ, depisan, Charles V,i, ch. I2.||xvies. Ecchymose, c'est à dire effusion de sang sous le cuir, avec coagulation dudit sang, paré, vin, 5.
—ÉTYM. Latin coagulalio, de coagulare, coaguler.
COAGULÉ, ÉE (ko-a-gu-lé, 16e), part, passe. Pris en caillot. Lait, sang coagulé. La montagne du Seigneur est une montagne coagulée, une montagne grasse, volt. Mœurs, prières.
COAGULER (ko-a-gu-lé), v. a. || 1° Faire éprouver la coagulation. L'esprit de vitriol ronge de certains mixtes et en coagule d'autres comme sont le sang et le lait, charras, Pharm. re partie, 5. L'eau y est [dans les pays chauds] d'un usage admirable; les liqueurs fortes y coaguleraient les globules, montesq. Esp.xiv, tu. || 2° Se coaguler, v. refis Être coagulé. Le sang extravasé se coagule. Pourquoi ces sels se coagulent-ils dans un air que la chaleur dilate? volt. Feu, ni, i. /
— HIST. xive s. Tant qu'enfin je la coagule [une certaine vapeur] En soulfre qui est son agent Avec ■ son passif vif-argent, Nat. à, l'alchim. err. 308. || xvi° s. Thrombus est sang coagulé et fort noir, paré, vin, 5. Pour garder que le sang se coagule, id. Mumie, 8.
— ÉTYM. Latin coagulare , de co.... préfixe, et d'un radical âgulare, dont l'origine ultérieure est fort incertaine, peut-être le radical âg-ere, allongé, avec le suffixe ulare.
COAGULUM (ko-a-gu-lom') , s. m. Terme didactique. || 1° Partie caillée ou coagulée d'un fluide susceptible de se coaguler. || 2° Substance qui cause la coagulation. La présure est un coagulum.
— ÉTYM. Voy. coaguler.
f COAILLE (kou-â-ir, Il mouillées), «./'.Terme
de commerce. Mauvaise laine, celle de la queue.
— ÉTYM. Dérivé de queue, par l'intermédiaire de l'ancienne forme coe.
f COAILLER (kou-a-llé, Il mouillées), v. n. Terme de chassé. Un chien coaille, quand il tient la queue haute en quêtant.
— ÉTYM. Coaille, dérivé de coe, queue.
f COALESCENCE (ko-a-lè-ssan-s'), s. f. Terme
didactique. Union de parties auparavant séparées, comme on l'observe dans la guérison des plaies simples ou dans les adhésions contre nature.
COA
— HIST. xvie s. La mandibule inférieure est jointe au milieu du menton par coalescence, paré, xm, 7.
— ÉTYM. Latin coalcscere, se souder, de co, et alescere, croître (comp. adolescent).
f COALESCENT, ENTE (ko-a-lè-ssan, ssan-t'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est soudé avec, qui ne forme qu'une seule pièce avec. Bractées coalescentes.
— ÉTYM. Voy. coalescence.
COALISÉ, ÉE (ko-a-li-zé, zée), part, passé. Ligué.
La Russie et l'Autriche coalisées contre la France. Les ouvriers coalisés pour faire hausser les salaires. || Fig. Il eut à lutter contre l'ignorance et la mauvaise foi coalisées. || S. m. plur. Les coalisés, les puissances qui ont formé une coalition. Les coalisés envahirent la France en 1814.
COALISER (SE) (ko-a-li-zé). || 1° V. réfl.Former une coalition, se liguer. Des ouvriers qui se coalisent pour faire hausser les salaires. Toutes les puissances se coalisèrent en 1813 contre la France. || 2° V. a. Engager dans une coalition. Coaliser des puissances. Coaliser des ouvriers.
— ÉTYM. Voy. COALITION.
COALITION (ko-a-li-sion; en poésie de cinq syllabes), s. f. || 1° Réunion de puissances, de partis ou de personnes qui poursuivent un intérêt commun. La coalition des puissances contre la France. || Dans le langage politique, la coalition, celle des puissances contre la France en 1813, ou celle de diverses fractions de la chambre des députés contre le ministère en 1838. || Fig. Faut-il encore, pour que les plaintes des malheureux soient écoutées, former une coalition monstrueuse entre l'intrigue et la probité, le crédit et l'éloquence? Mirabeau, Collection, X. m, p. 193. || 2° Dans l'ordre économique, union soit des patrons ou maîtres, soit des ouvriers ou domestiques, pour modifier à leur profit les conditions du travail et particulièrement les salaires, soit des producteurs soit des consommateurs, pour modifier les prix et en général les conditions de l'échange. Coalitions ouvrières. Coalitions industrielles. || 3° Juxtaposition, coalescence. 11 importait de distinguer [dans l'assemblée constituante] son existence de ses pouvoirs, sa coalition de sa constitution, sa légalité comme assemblée convoquée par autorité de sa légalité comme assemblée nationale, Mirabeau, Collection, t. i, p. 57.
— ÉTYM. Latin coalescere, se souder, se réunir (voy. coalescence).
f COALTAR (kôl-tar; c'est une faute de prononcer ko-al-tar, faute commise par ceux qui ne connaissent ce mot que par l'écriture; sur les côtes de Normandie où on le connaît par l'oreille, les marins prononcent régulièrement), s. m. Goudron provenant de la distillation de la houille.
— ÉTYM. Angl. coaltar, decoal, charbon, et tar, goudron.
f COAPTATION (ko-a-pta-sion), s. f. Terme de chirurgie. Action d'adapter l'une à l'autre les deux extrémités d'un os fracturé, ou de remettre à sa place un os luxé.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et aptare, ajuster (voy. apte).
f COARCTANT, ANTE (ko-ar-ktan, ktan-t'), adj. Terme didactique. Qui resserre.
— ÉTYM. Coarctare, de co.... préfixe, et ardus, étroit.
f COARCTATION (ko-ar-kta-sion) , s. f. Terme didactique. Rétrécissement d'une cavité, d'un conduit. Coarctation de l'urètre, etc.
— ÉTYM. Voy. COARCTANT.
| COARCTÉ, ÉE (ko-ar-kté, ktée), ad;". Terme didactique. Rendu plus étroit. L'intestin coarcté.
— ÉTYM. Voy. COARCTANT.
f COASSANT, ANTE (ko-a-san, san-t'), adj. Qui coasse. Le peuple coassant, les grenouilles.
COASSEMENT (ko-a-se-man ) , s. m. Le ci grenouilles et des crapauds. Nos chevaux qu'el! le coassement d'une multitude de grenouilles, chateaub. Itin. 126.
— HIST. xvie s. Les malades en parlant imitent le coax des grenouilles, paré, Introït. 21. Le coas des grenouilles, paussy, 78. Le croaxement des grenouilles, 0. DE SERRES, 43.
— ÉTYM. Coasser.
COASSER (ko-a-sé), r. n. || 1° Crier, en parlant
des grenouilles et des crapauds. || 2" Fig. Loin des marais, où Perrault Contre nos maît ch lux. à Voltaire, .le ne veux pas me trouver dans la même ville où ce crapaud noir coasse, volt. Lett. d'Argenlal, 2i juin 1761.
— REM. Il ne faut pas confondre coasser, qui est le cri de la grenouille., a\ r, qui est le cri du
CÔC
tte confusion a été faite par La Fontaine,
i ne grenouille soupirait. Qu'avez-vous?
. i dire Quelqu'un du peuple croassant; et
; ,r u mbert : Va nement de Dijon
u ! mt il ei Croasse contre lui du fond de son
iu roi de Pnisse: II e
us, il les dissipa nuis; Et la troupe des miens dans la fange croasse.
— msr. xvie s. Leur harmonie estoit de coaxer comme grenouilles, lorsqu'elles sont en amour, paré, t. ni. 693.
ÊTYM. Coaxare, de xôodj, onomatopée.
COASSOCIÉ (ko-a-so-sié), s. m. Celui qui est asun ou plusieurs autres, particulièrement immercë.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et associé.
COATI (ko-a-ti), s. m. Terme d'histoire naturelle. Mammifère d'Am rique, qui est de la grosseur d'un ra nasua et narica).
f CO-ADTEUR (ko-ô-teur), s. m. || 1° Auteur, avec un autre, d'une pièce, d'un opéra etc. I1 2" Terme de droit criminel. Co-auteur d'un crime, [ui, étant auteur d'un crime, l'a commis conjointement; par opposition avec les complices qui n'y entrent que d'une manière subordonnée.
— ÉTYM. Co.... prérixe, et auteur.
COB.EA (ko-bé-a), s. m. ou COBÉE (ko-bée), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes grimpantes. sont des arbrisseaux grimpants particuliers à L'Amérique tropicale.
— ÉTYM. Cobo, nom d'un naturaliste espagnol. C'est à tort que ce mot est souvent prononcé gobœa.
COBALT (ko-balf), s. m. Métal d'un blanc irisé, rougeâtre, peu brillant et très-difficile à fondre. On disait aussi autrefois cobolt. Les préparations du cuivre, du mercure, du cobolt, j. j. rouss. Orig. nat.
— ÉTYM. Allem. Kobalt. cobalt.
f COBALTIDE (ko-bal-ti-d) , s. m. Terme de chimie. Nom d'une famille de minéraux comprenant le cobalt et ses combinaisons.
f COBALTIFÈRE (ko-bal-ti-fê-r'), adj. Qui contient du cobalt.
— ÉTYM. Cobalt, et ferre, porter.
f COBALTIQUE (ko-bal - U - k'), adj. Terme de chimie. Qui a rapport au cobalt. Oxyde, sel, sulfure cobaltique.
— ÉTYM. Cobalt.
f COBALTISER (ko-bal-ti-zé), v. a. Couvrir de cobalt des instruments de musique de cuivre, etc.
— ÉTYM. Cobalt.
f COBAYE (ko-baie), s. m. Petit mammifère, dit aussi cochon d'Inde (caria cobaya).
f COBE (ko-b'), 6'. in. Terme de marine. Bout de corde joint à la ralingue de la voile, dont la longueur ne dépasse pas ">o centimètres.
COBÉE (ko-bée), s. f. Voy. cob/ea.
f COBOLT (ko-bolf) , s. m. Terme de commerce. Arsenic métallique réduit en poudre, qui a éprouvé un commencement d'oxydation par son exposition à l'air. Cobolt ou poudre à mouches.
— ÉTYM. Allem. Kobolt.
f CO BOURGEOIS (ko-bour-jol), s. m. Celui qui a un intérêt commun avec d'autres sur un navire de commerce.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et bourgeois.
t COBRE (ko-br'), s. f. Terme de papeterie. Pâte effiloquée.
COCA. Voy. v, i
i. COCAGNE (ko-ka-gn') , s. f. Temps de réjouissance où l'on boit et mange largement. Je vois des cocagnes pour un peuple immense, des feux d'artifice..., volt. Lett. à Cath. 147. [| Fig. Le gouvernement représentatif de la sorte est une cocagne, mon cousin, p. l. cour, u, 304. || Pays de cocagne, pays imaginaire où tout abonde, où l'on trouve tout à souhait. J'ai vu de beaux châteaux, une belle Campagne. — Vous êtes, mes amis, au pays de Cocagne. — Au pays do Cocagne! allons vite manger, legrand, le Hoi de Cocagne , i, t. Veut-on manger, les mets sont épars dans les plaines; Les vins les plus exquis coulent de nos fontaines; Les fruits nais-ent confits dans toutes les saisons; Les chevaux tout sellés entrent dans les maisons; Le pigeonneau farci , l'alouette rôtie Vous tombent icibas du ciel comme la pluie, id. ib. se. 2. Paris est pour le riche un pays de cocagne, boil. Sut. VI, Ivre de Champagne, Je bats la campagne Et vois de cocagne Le pays charmant, bérang. Cocagne. || Mât de cocagne, sorte de mât lisse et élevé, dressé dans les réjouissances publiques et portant à son sommet des objets de quelque prix qui appartiennent à celui qui peut y arriver en grimpant.
COC
— HIST. xmc s. Li pais a à non coquaigne, Qui plus i dort, plus i gaaigne, Fabliaux, barbaz. édit.
. t. IV, p. 176.
— ÉTYM. Espagn. cucana; ital. cuccagna. D'après Génin, Recréât, t. u, p. 89, le mot est italien et plus particulièrement napolitain, vu que, dans les réjouissances publiques, à Naples, on élevait une montagne qui lançait toute sorte de choses bonnes à manger; il ajoute que c'est après l'expédition du duc de Guise en 1688 que ce mot fut introduit en France, et que, dans la traduction de Boccace, faite au xvi° siècle, 8e journée, 3e nouvelle, il est parlé d'un pays qui ressemble au pays de cocagne, mais qui n'esl pas appelé cocagne, preuve que le mot n'existait pas encore. La preuve est mauvaise; car le mot de cocagne et la description du pays de cocagne sont dans le fabliau cité à l'historique. Le mot est donc français, et non emprunté; il avait même pénétré dans l'anglo-saxon, comme le montrent des vers cités par Johnson au mot cokney. D'après Diez il vient de coquere, cuire, à l'aide des mots suivants: catalan coca; pays de Coire, cocca ; languedocien, coco; picard, couque, qui tous signifient cuisine; c'est là la vraie étymologie. On trouve, dans l'ancien français, cocaingne en un autre sens : Le traversiers jura seur saintes évangiles, que il n'arrestera ne fera arrester malicieusement le dit navel ou naviaux de l'Esglise dou Gart, pour cause de cocaingne , ne pour fere ennui ne domage à esciant, du cange, cocagium, en 1344. Ce cocaingne-lk vient de coq; c'est le combat de deux coqs.
f 2. COCAGNE (ko-ka-gn'), s. f. Terme de commerce. Pain conique de pastel (isatis tinctoria, L.).
— ÉTYM. Languedocien, cocagne, signifiant le kermès animal, du latin coccus ; grec, -/.énxo;. On a même dit que là était Pétymologie de cocagne I , les habitants tirant un grand profit de cette cocagne et ayant ainsi nommé les bons cantons de leur province.
t COCAÏNE (ko-ka-i-n') , s. f. Terme de chimie. Nouvel alcaloïde naturel trouvé dans les feuilles de Verythroxylon coca.
f COCARD (ko-kar), s. m. Voy. coquart.
COCARDE (ko-kar-d'), i'. f. |[ 1° Insigne différent de couleur et de position, se portant au chapeau, et distinguant entre elles les nations européennes ou issues de l'Europe. || Spécialement, insigne des troupes des différentes nations. Combattre sous une cocarde étrangère. || Prendre la cocarde, se faire soldât. A son voisin il s'informe S'il n'est pas venu de Rome Quelque bref portant réforme Sur les ordres du dîner. — Non, répond son camarade, Ne crains pas qu'on s'y hasarde; Car je prendrais la cocarde Et me ferais prussien, Chansons joyeuses. || 2° Nœud qui orne la coiffure des femmes. Nous allons glanant sur vos pas et ramassant par-ci par-là quelques petites feuilles que vous avez négligées et que nous nous attachons fièrement sur l'oreille en guise de cocarde, dider. Lett. à Volt.
— HIST. xvic s. Vestu d'une robe de couleur de roy, le bonnet à la coquarde, rad. Pant. v, ig.
— ÉTYM. Cocard, coq; angl. cokade ; ainsi dit de la crête du coq.
f COCARDEAU (ko-kar-dô) , s. m. [| 1° Jeune homme qui fait le beau. Vieux. L'an s'est | as é ; mon joli cocardeau Est devenu le mari de ma belle, Mari croyant sa maltresse fidèle, chaulieu, Madrigal 4W L. || 2° Un des noms vulgaires de la matlhiole fenestrale, dile aussi fenestrelle, giroflée des fenêtres (cheiranthe feneslralis, L.).
— ÉTYM. Cocard.
f COCARDER1E (ko-kar-de-rie), s. f. Folie, sottise.
— HIST. xv° s. Et pour ce est grant cocarderie X ceuls qui teles nopees font, e. deschamps, Miroir du mariage.
— ÉTYM. Cocard.
COCASSE (ko-ka-s'), adj. || 1" Mot du parler vulgaire signifiant plaisant, avec une nuance de quelque chose soit d'étrange, soit de ridicule. Cela est cocasse. Pierrots et paillasses, Beaux esprits cocasses, Charment sur les places Le peuple ébahi, bêrang. Cocagne. || 2° S. f. Sorte de laitue.
— HIST. xvi° s De rouges limaces Et d'autres
dans les creux de leurs tendres cocasses [coquilles], r. belleau, Berger. 1. 1, p. 70, dans lacurne.
— ÉTYM. Génev. coquasse, femme ou fille ridicule, femme ou fille ivrogne. Cocasse ne se trouve ni dans Furetière ni dans Hichelet ni dans le Dictionnaire de l'Académie avant l'édition de 18^5 : il a signifié, comme on voit à l'historique, coquille, et est, en ce sens, un dérivé de coque; mais
ent passer du sens de coquille à celui qi
COC
casse a aujourd'hui? les intermédiaires manquent. Et ne faut-il pas plutôt y voir une dérivation de coq, cocart ou coquart, autre dérivation qui a en effet le sens de fou, de vaurien.
f COCÂTRE (ko-kâ-tr'), s. m. Terme d'économie rurale. Coq auquel on a retranché un testicule.
— ÉTYM. Coq.
f COCATRIX (ko-ka-triks') , s. m. Objet de superstitions populaires et que Furetière dit une espèce de basilic qui s'engendre dans les cavernes et les puits.
— HIST. xme s. Li cocatriz est beste liere, Bestiaire, dans du cange, cocatrix.
— ÉTYM. Espagn. cocotriz, crocodile. C'est une altération de crocodilus , crocodile, dont le nom a passé à un animal fantastique.
f COCAUTION (ko-kô-sion) , s. f. Celui qui est caution avec un autre.
— HIST. xvie s. L'une des cautions qui est obligée in solidum [au tout] avec un autre , estant condamnée, peut avoir son recours sur ses cocautions chascun pour son contingent, Nouveau cousl. génér.
— ÉTYM. Co ....préfixe, et caution.
f COCC1FÈRE (ko-ksi-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte de petits globules rouges.
— ÉTYM. Coccus, grain rouge, et [erre , porter, f COCC1GRUE (ko- ksi-grue) , s. f. Nom vulgaire
de plusieurs champignons, et, en particulier, du champignon dit, en botanique, pezize lenticulaire.
— ÉTYM. Voy. COQUECIGRUE.
f COCCINE (io-ksi-n'), s. f. Matière animale de la cochenille et des insectes de la même famille.
— *ÉTYM. Coccus, grain rouge.
f COCCINELLE (ko-ksi-nè-1') , s. f. Genre d'insectes coléoptères, dits vulgairement bêtes à Dieu, bêtes à bon Dieu, bêtes du bon Dieu, bêtes à la Vierge, vaches à Dieu.
— ÉTYM. Diminutil'dulatin coccus, grain rouge, à cause de la couleur rouge des élytres de plusieurs coccinelles.
t COCCYG1EN, ENNE (ko-ksi-jiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au coccyx.
— ÉTYM. Coccyx.
COCCYX (ko-ksis'), s. m. Terme d'anatomie. Petit os situé à la partie inférieure et postérieure du bassin ef&rticulé avec le sacrum.
— HIST. xvie s. Le croupion, nommé os coccyx, est composé de quatre petits osselets, paré, xiii, 15.
— ÉTYM. KôxvhjÇ, le coccyx, proprement le coucou.
1. COCHE (ko-ch') , s. m. Coche d'eau, grand bateau usité pour le transport des voyageurs. Six francs et ma layette en poche, Belle nourrice de vingt ans D'Auxerre avec moi prit le coche, rérang. Nourrice. || Fig. Débarqué par le coche, arrivé sans ressources. M. de Clermont, débarqué parle coche, car il n'avait rien, se targuait de son nom et de sa figure,
— HIST. xnr s. Se il avoit sa navée ou son cochet [bateau], Liv. des met. 244. ||xive s. En la nef ou coque nommée St-Esprit, raynouard, coqua. || xve s. Quand on apperceut la manière des dits Anglois, les François vaillamment allèrent à euix les uns à bateaux et les autres à petits coques, juvén. des ursins. Charles VI, 4405. || xvr= s. Tant qu'à l'entour du monde Sa coche vagabonde Neptune conduira, du bell. viii, h, recto.
— ÉTYM. Provenç. coqua; espagn. coca; ital. cocca; du latin concha, écaille et vase, dit, par assimilation, d'un bateau, d'un vaisseau. Ce mot a pénétré dans les langues germaniques et celtiques ancien haut-allemand, coccho ; holland. kog ; kymri, cuch; bas-breton kohed.
2. COCHE (ko-ch') , s. m. || 1° Grande voiture do transport en commun, que les diligences ont remplacée. Six forts chevaux tiraient un coche, la font. Fab. vu, 9. Après bien du travail le coche arrive en haut; Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt, id. ib. Elle y voit par le cocl e el d'Ëvreux et du Mans Accourir... boil. I.utr. i. || Fig. Faire
la mouche du coche, fairel'empre ■ , se donner du mouvement, s'attribuer un su ces dans lequel, de fait, on n'a été pour rien; locution tirée de la fable où la mouche s'attribue le mérite d'avoir fait marcher le coche. || Manquer le coche, perdre l'occasion d'arriver à ses fins. || Donner des arrhes au coche, s'engager d'une façon qui ne penne! ira plus de se retirer. || 2° Les personnes qui on1 di ns le coche. Le coche dîna à tel endroit. || 3° Anciennement , voiture. Il n'y ;n ai t sou François I" i coches : ; Paris, ■ ■ ! allut partir; je fus bientôt conduit, Encoche clos, vers Le royal réduit
coc
coc
coc
Que prés. Saint-Paul ont vu bâtir nos pères Par Charles cinq.... volt, la Bastille.
— HIST. xvie s. Le privilège d'aller en coche par la ville, mont, ii, 63. Le vicomte d'Auchi, lui aiant déclaré leur prison, les mena en coche à la bastille, d'aub. Mst. il, (22. Il n'approche d'eulx, non plus que feroit un homme de pied d'un coche de Lydie, amyot, Nicias, t. Pays très mal aisé pour les coches, d'autant qu'il est montueux, carl. viii, 20. Une coche chargée de cinq gentilshommes, paré,
Mumie, <o Et que la lune à la coche atelée De
noirs chevaux sera renouvelée, rons. 690. Aucuns philosophes, empeschésà bien joindre et unir l'ame avec le corps, la font demeurer et résider en iceluy comme un maistre en sa maison, le pilote en son navire,le cocher en son coche, charron, Sagesse, i, s.
— ÉTYM. Espagn. coche; ital. cocchio. On le tire ordinairement du bohémien kotschi, hongrois kotczy, albana:s cotzi, valaque code, allem. Kutsche, angl. ccach; et cette opinion s'appuie surledired'Avila, qui écrivait en 1553 : « Un chariot couvert qui se nomme en Hongrie coche, le nom et l'invention sont de ce pays. » Diez remarque que cette opinion n'est pas favorisée par l'italien cocchio qui indique ou conchula, petite coquille, ou coclea, coquille de limaçon; mais il est difficile de contredire l'assertion d'Avila. Il est probable que le mot coche, voiture, est venu de l'Italie en France au xvi" siècle; il y trouva le mot coche, bateau, qui était généralement féminin, et tous deux se confondirent; si bien que le genre en resta d'abord indécis, et on disait pour une voiture aussi bien une coche qu'un coche.
3. COCHE (ko-ch'), s. f. Femelle du cochon. Grosse, vieille coche.
— HIST. xjne s. Or est en cest fossé cheii, Tôt mort aussi coume une coche, Ben. 30081. || xve s. Tousjours troussé comme une coche, villon, Archer de Uagnolet.
— ÉTYM. Wallon, cosé; namurois, couse, petit cochon; dialecte d'Aix-la-Chapelle, kùsch, cochon; espagn. cochino, cochastro, cochambre. Diez suppose que coche a signifié primitivement l'animal châtré, et alors il le tire de coche, entaille, comme l'espagnol carnero, mouton, vient de crena, entaille, par métathèse; mais rien ne montre que coche ait eu ce sens de châtré; on ne le. trouve qu'avec le sens de truie, et cochon avec celui de jeune porc. Diez rejette bien loin la dérivation celtique: kymri, hwch; bas-breton, houch' ; Cornouailles, hoch, d'où l'anglais hog ; mais le changement de l'/i aspirée en c dur n'est pas impossible ici.
4. COCHE (ko-ch') , s. f. || 1" Entaille. Faire une coche à un bâton. La coche d'une flèche. || 2° Marque faite sur une taille de bois, en usage chez les boulangers et certains marchands qui vendent à crédit. Prendre du pain, du vin à la coche. || 3° Terme de marine. En coche se dit de la position d'un hunier et d'un perroquet lorsqu'il n'est pas possible de hisser la vergue plus haut.
— HIST. xme s. Si mist un quariel en coche et traistau roi, Chron. dellains, p. 79. Mes moult orent ices [ces] cinq floiches Les penons bien fais et les coiches, la Rose, 92s. || xives. L'arbalestre [il] tendi, dont fu bien doctrinez, Mist en coche un quarrel, qui bien fu empenez, Guescl. 5700. Et doit on tenir la coche de la sayette entre le doit qui est emprès le paulz [pouce] et l'autre doit d'emprès, Modus , f" lui. || xve s. Lequel a mis maintz motz en coche, Et mainte parole glosée , Et fait souldre mainte reproche Entre la simple et la rusée, coquill. Enqu£le de la simple et de la rusée. || xvi= s. Ayant fait provisions d'engins, dont la portée estoit proportionnée à toutes distances, les traicts courts, les coches non gueres longues, amyot, Marcel. 25. Et si n'avoit point en la machouaire de dessus les dents distinguées l'une de l'autre, ains estoit un os continuel marqué un peu par dessus de petites coches aux endroicts où les dents dévoient estre divisées, in. Pyrrhus, 16. La coche ou cavité du bout de l'os de la cuisse est cave comme une gouttière, paré, xiv, 52.
— ÉTYM. Provenç. coca; ital. cocca; angl. cock. Origine obscure, mais peut-être celtique; car on cite le gaélique sgoch, coche, kymri cosi, bas-breton coch.
t •'>. COCHE (ko-ch'), s. f. Terme de chapellerie. Morceau de bois pour faire agir la corde de l'arçon.
— HIST. xme s. Un petit vers terre s'approche, En sa main tint une grant coche; Tel me dona delez l'oreille, La teste en oi [j'en eus] toute vermeille, Hen. 14088. || xvie s. Quelle géhenne ne souffrent elles [les femmes], guindées et sanglées, à tout de grosses coches sur les costez? mont, i, 308.
— ÉTYM. Bas-lat. cocha, ceoca, souche; anc. franc.
clioque, qui paraît être le même que souche (voy. choquer et souche).
t COCHÉ, ÉE (ko-ché, chée), ad). Terme de peinture. Qui est fait en coche, c'est-à-dire avec une espèce d'enfoncement. Ombres trop cochées, ombres trop profondes, pour la superficie du corps qu'elles couvrent. Des draperies fort cochées.
— HIST. xvie s. Front bien coché, cotgrave.
— ÉTYM. Coche 4.
CÔCHÉ, ÉE (kô-ché, chée), part, passe'. Une poulée cochée par le coq.
t COCHÉE (ko-chée), adj. f. Terme de pharmacie. Pilules cochées, certaines pilules officinales qui purgent fortement.
— HIST. xvr s. Il faut purger le cerveau une fois le mois avec pilules cochées, paré, xxi, 16.
— ÉTYM. Il paraît tenir à es-cocher, battre la pâte du biscuit avec la paume de la main.
f COCHELET (ko-che-lè), s. m. Petit coq.
— HIST. xve s. Le cochelet [coq d'un clocher] tournant.... e. desch. Poésies mss. f" 3t4, dans
LACURNE
— ÉTYM. Diminutif de coq.
f COCHEL1VIER (ko - che- li-vié) , s. m. Espèce d'alouette des bois.
— ÉTYM. Ce semble être une forme particulière de cochevis.
f COCHÈNE (ko-chè-n') , s. m. Un des noms vulgaires du sorbier des oiseaux.
COCHENILLAGE (ko-che-ni-lla-j', Il mouillées, et non ko-che-ni-ya-j'), s. m. Terme de teinture. Bain de cochenille, pour teindre en écarlate ou en cramoisi.
— ÉTYM. Cochenille.
COCHENILLE (ko-che-ni-11', Il mouillées, et non ko-che-ni-ye), s. f. || 1" Insecte hémiptère, famille des gallinsectes, vivant sur le nopal et fournissant le principe colorant avec lequel on fabrique les plus belles teintures écarlates. || 2" Le principe colorant de la cochenille. || Adj. La couleur cochenille.
— HIST. xvie s. Couchille, graine d'escarlate, ou vermillon, couleur cramoisie, o. de serres. Voy.