ir condamnai mes pleurs, et jusquesau
• l'ai pressé de feindre et j'ai parlépour lui,
id. Baj. 1, *. Des témoins de sa mort viennent à tous
moments Condamner votre doute et vos retarde-
. 111. Mithr. 1, 3. Je condamnai les dieux; et, sans plus rien ouïr. Fis vieil sur leurs autels de leur
H-, in. Iphig. 1, 1. Je ne vois que malheurs qui condamnenl les dieux, id. Andr. m, i. || Condamner de... . taxer, accuser. Les ornements ne la font point condamner.de trop d'artifice, corn. Ex. de Cinna. Il n'oserait condamner d'aucun péché un homme qui .... pasc. Prov. 1. Et c'est trop con- -I' mposture, mol. Tart. iv, 3.
i-t.nl.unnc/. point d'un deuil hors de saison [ne m'accusez pas d'avoir un deuil hors de saison],
mol. Syan. 16. Le peu de théologiens qui s'op] ni
h ce concours sont condamnés de témérité par tous les autres, m--. Libre arb. 8. |[ 6° Condamner un malade, prononcer qu'il ne réchappera pas de la 1 il esi atteint. Ils attendent que les mé- 1 eut condamnés, boss. ri, Pénit. 3. Estil quelque espérance [pour le duc de Berry blesséj?
1 un lugubre silence A condamné son triste époux [de la duchesse] , v. iiugo, Odes, 1, 1. || Ternie de marine. Condamner un navire, le rayer, comme trop vieux, de la liste des navires qui peuvent faire un service actif; décider qu'il ne prendra plus la mer, qu'il servira de ponton, ou qu'il sera démoli. Il 7" Condamner une porte, une fenêtre, la clore de manière qu'elle ne puisse être ouverte. On condamna li ca\ ■. on ferma la cuisine, boil. Sat x.
I par votre ordre exprès elle a vu travailler Ce maudit serrurier venu pourrions griller, Qu'elle a vu ces barreaux et ces grilles paraître Dont ce noir forgeron condamnait sa fenêtre.... regnard, Folies amour 11. <;. 8° Se condamner, v. réfl. Etre condamné. Car. selon l'intérêt, le crédit ou l'appui. Le crime se condamne ou s'absout aujourd'hui, rëgnier, Snt. m. || Donner des preuves contre soi. Il se condamne par son propre récit. || Se condamner l'un l'autre. Au dernier jour, tous vos auteurs s'élèveront en jugement les uns contre les autres, pour se condamner réciproquement dans leurs effroyables excès contre la loi de Jésus-Christ, pasc, Prov. 13. y S'astreindre, s'obliger. Il se condamnait, en rendant les sceaux, à rentrer dans la vie privée, noss. le Tellier. Quelle serait la puissance des rois s'ils se condamnaient à en jouir tout seuls? MASS. Pet. (nr. Humanité.
— HIST. XIIe s. [Ils] Cuveiterunt en l'aneme [Ame]del juste, e sanc nunnuisant [innocent] condemnerunt, Liber psalm. p. 138. || xni* s. Li apostoles assanla [assembla] un grant concilie pour condempnerl'em ■ pereour, Chr. de Rains, 127. Et maistres Pierre de la Vigne revint de lions, et conta a l'empereour cornent il estoit condempnés de tiere, ib. Tuit cil qui moerent avant qu il soient condampné de vilain cas de crieme, béai m. vu, h. [| xiv" s. Aucuns dotteurs font ici ceste question assavoir mon se le juge doit c ndi mpner celui que il scet certainement estre innocent, oresme, Eth. 1 62. Il condempne un larron à mort non pas comme prestre mais comme jugp, id. ib 164. Il xv° s. Le pape et les prélats contournèrent du tout la roine d'Angleterre et condamnèrent en son tort, et mirent le roi d'Angleterre et son conseil Si sou droit, froiss. i, i, H. Mais encore ne volt il mie [Piètre du Bois] le pont condamner [fermer] de tous points, id. II, il, 176. Et ainsi se condemp' a le roy en ceste amende, congnoissant qu'il avoit trop parlé, cOMM. iv, 10. || xvr s. Gardons-nous d'imposer le nom de justice aux œuvres qui sont condamnées de pollution par la bouche de Dieu, calv. l-stii 609. Estre condemné à mort, mont. 1, 54. Ceux qui condemnent les punitions cap taies aux hérétiques [ceux qui blâment ces condamnations], m. 1, 55. Prins et condemné à la mort, id.i, 65.J'ay tousjours accusé d'impertinence ceulx qui condamnent ces esbattemens, id. i, las. Condamner ces choses impossibles, c'est se faire loi 1 île ... m. i) 2112. Les condamnez qui attend. ecni L'exécution.... id. u, 39. Ceux qui condamnent les autres par orgueil, il avient après que Dieu les condamne par justice, i.anoue, 72. Ne retirant point du mut nostre dilectiou de leurs personnes, encore que leurs erreurs et niescliancetez soient condamnée? de nous, m. 76. On en condamne aussi quel-
ques uns d'aller aux guerres de Barbarie, id. 256. Quant ,\ moy je ne veulx point ainsi rejetter ny condemner une histoire si renommée, amyot, Solon, 5G. Il condemna les Corinthiens en une amende de vingt talents envers eulx, in. Thêm. 45. On feit condemner et murer la porte de l'estuve, id. Cimon, 5. En quoy il ne mérite point d'estre blasmé ny condemné d'ingratitude, ains.... id. Ptimp. 29. Le roi fit condamner de pierres et autres meubles la porte ordinaire, d'aub. Hist. m, 151. Tel a bonne cause qui est condempne, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. condampnar; espagn. condemnar ; ital. condennare, condamnare; du latin condemnare, de cum, et damnare (voy. damner).
t CONDEMNADE (kon-da-na-d') , s. f. Ancien jeu de cartes à trois personnes.
— HIST. xvie s. Ils passeront deux ou trois heures à jouer au flus, à la séquence, à la coiidemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage et autres tels jeux qui ne sont pas défendus, Contes de cnot ière, f° i74, dans lacurne.
f CONDENSADILITÉ (kon-dan-sa-bi-li-té) , S. f. Terme de physique. Propriété que possèdent les corps de pouvoir être condensés, c'est-à-dire réduits à un moindre volume, soit par La pression, soit par le refroidissement.
— étym. Condensable.
f CONDENSABLE (kon-dan-sa-bl') , adj. Terme de physique. Qui peut être réduit à un moindre volume.
— ÊTYM. Condenser.
f CONDENSANT, ANTE (kon-dan-san, san-t'), adj. Terme de physique. Qui condense. || Terme de médecine. Hypertrophie condensante des os, augmentation du volume d'un os avec production de tissu compacte en lieu et place du canal médullaire ou du tissu spongieux.
CONDENSATEUR (kon-dan-sa-teur), s. m. Terme de mécanique. Condensateur de forces, appareil destiné à accumuler la puissance d'un moteur, pour la dépenser ensuite à fur et mesure. || Terme de physique. Instrument dû à Volta et qui rend sensibles de très-petites quantités d'électricité, en les accumulant. || Machine qui sert à condenser un gaz dans un espace donné.
— ÉTYM. Condenser.
t CONDENSATIF, IVE (kon-dan-sa-tif, ti-v'), adj. Qui a la propriété de condenser.
— hist. xvie s. Nous appelions médicament condensatif, qui ferme les pores, paré, xxv, 4.
— étyji. Condenser; provenç. condensatiu.
CONDENSATION (kon-dan-sa-sion), s. f. Terme
de physique. Action de rendre plus dense; résultat de cette action. Comme l'eau touche les animaux de tous côtés, elle ne peut causer ni d'enflure ni d'enfoncement, mais seulement une condensation générale de toutes les parties vers le centre, pasc. Équil. des liqueurs, vu. || Terme militaire. Condensation de colonne, mouvement qui produit la colonne serrée.
— HIST. xiv" s. Quant un corps par condempsacion est fait en mendre lieu ou par raréfaction en plus grant lieu, oresme, Thèse de meunier. || xvies. Les perturbations de l'ame produisent de merveilleux effets en nos corps, par la réfraction et condensation, retraction et effusion des humeurs et des esprits, paré, Introd. 25.
— ÉTYM. Latin condensatio, de condensare, condenser.
CONDENSÉ, ÉE (kon-dan se, sée), part, passé. Il 1" Réduit à un moindre volume. Un gaz condensé par une pression de plusieurs atmosphères. || Ternie de botanique, se dit quelquefois des rameaux qui sont sénés, rapprochés. || 2" Fig. Beaucoup de sens condensé en pou de paroles.
CONDENSER (kon-dan-sé) , v. a. || 1° Terme de physique, l'.endre plus dense en parlant des gaz, des vapeurs. Mais, quand le ciel varie et (pie les vents divers Condensent tour à tour et dilatent les airs, mai. 1 il. Génie île Virgile. \\ Terme militaire. Condenser une colonne, la mettre en colonne serrée. Il 2° Fig. Rédiger en peu de paroles. II remania et condensa son l'actum. || 3° Se condenser, v. re"fl. Devenir plus dense. On dit que les vapeurs se condensent, lorsqu'elles reprennent l'état liquide par le rapprochement de leurs molécules, et cessent de rester en suspension. || Terme militaire. Se condenser, se former en colonne serrée.
— H1ST. xvi« s. Cest air .par sa constitution condense les humeurs et les rend moins fluxiles, paré, ïntrod. 13.
— ÉTYM. Latin condensare, de cum, et densus (voy. dense).
\ CONDENSEUR (kon-dan seur), s. m. Terme de
machines. Récipient dans lequel la vapeur qui s'y rend est ramenée à l'état liquide par un jet d'eaa froide.
— ÉTYM. Condenser.
CONDESCENDANCE (kon -de - san - dan -s') , s. f.
Penchant à condescendre; action de condescendre. Si nous souffrons quelque relâchement dans les autres, c'est plutôt par condescendance que par dessein, pasc. Prov. 6. Ils avaient pour le peuple une juste condescendance, boss. Hist. in, c. Ma condescendance N'avait point reconnu tant de prééminence, volt. Sophon. m, i. Votre condescendance sera blâmée, vous n'en doutez pas, didkr. Ess. s. Claude. Qui sera assez juste appréciateur des circonstances où l'empire se trouvait, pour oser blâmer la condescendance de Sénèque? id. ib.
— HIST. xv° s. Nous nous sommes plus préparé, nos amés fils, à vostre université escrire, pour ce qu'à schisme vous avez condescension piteuse donnée, MONSTREL. 1, cil. 33.
— ÉTYM. Condescendre ; espagn. condescendencia ; ital. condescendenza.
CONDESCENDANT, ANTE ( kon-dè-.'an-dan, d.in-i'l, adj. Qui a de la condescendance.
CONDESCENDRE (kon-dè-san-dr' ) . je condescends, nous condescendons; je condescendais; je condescendis ; je condescendrai; condescends, condescendons; que je condescende; que je condescendisse; .condescendant; condescendu, v. n. || i" Se relâcher de ses droits, de sa supériorité, de son autorité, de ses prétentions envers quelqu'un. Ils ont fait cette défense pour condescendre envers les Juifs, boss. De'f. comm. || 2° Céder en condescendant. Je ne puis condescendre h ce que vous exigez de moi. Elle condescendit Aux volontés du capitaine, la f nt. Fianc. Quel risque à ses désirs de vouloir condescendre? regnard, Folies amour, ni, 3. || Il se conjugue toujours avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xive s. Pour-acomplir du tout leur passions et leur desiriers en condescendant et obéissant à la partie de l'ame qui est irracionele, oresme, Eth. 278. || xve s. Et principalement pour ceste cause il s'y condescendit et les assembla, juven. Charles VI, 1391. À la parfin le mareschal, qui en nul cas n'est trouvé déraisonnable, s'y condescendit, Bovciq. m, ch. 2. || xvie s. Il fault sçavoir condescendre à ces allures puériles et les guider, mont, i, I60. Ils eussent esté ennemys du bien et repos de leur patrie, s'ils ne s'y fussent condescend us, carl. i, 31. Depuis le Roy s'est condescendu à vous recommander la cause du Duc, m. du bell. 220. Les Athéniens n'eussent point eu la guerre, s'il/ se fussent voulu condescendre à révoquer leur décret, amyot, Péric. 57. Il prit trois mille vieux soudards, qui vouluntairement se condescendirent à le suivre en ce voyage, pour en faire le fort de son armée, id. Flnmin. 4.
— ÉTYM. Espagn. condescendre; ital. tondesccndere ; du latin condescendere , de cum, et descendere, descendre.
t CONDIACRE (kon-di-a-kr') , s. m. Anciennement, titre que l'évêque donnait au diacre.
— ÉTYM. ton, et diacre.
f CONDICTION (kon-di-ksion) , s. f. Terme de droit romain. Action qui avait pour objet l'exécution d'une stipulation ou la répétition d'une chose due.
— ÉTYM. Latin condictio, de cum, et dictio (voy. dire, diction).
f C0ND1GNE (kon-di-gn'), adj. Terme de théologie. Satisfaction condigne, satisfaction parfaitement égale à La faute. Mérite condigne, mérite égal à la récompense.
— HIST. xiv" s. Ils seront prest et appareillés et offeront à faire amende condigne, du cange, condignare. || xvie s. Des quels outrages et cruautez le dit seigneur prince espère obtenir quelque jour justice, et qu'à faute des hommes Dieu en fera condigne vengeance, condé, Mémoires, p. «33.
— étym. Lat. condignus, de cum, et dignus, digne. f CONDIGNEMENT (kon- di- gne- man ) . adv.
Ternie de théologie. D'une manière condigne.
— HIST. xvic s. Tous les humains, sans la grâce de Dieu, ne sçauroient faire chose qui puisse mériter condignement paradis, tes triomphes delà noble dame, f° 288, dans lacurne.
— étym. Condigne, et le suffixe ment.
f CONDIGNITÉ (kon-di-gni-té) , s. f. Terme de théologie. Dignité attribuée à celui qui est justifié par le mérite des œuvres. Ils [les Luthériens] n'admettent pas le mérite qu'on appel e de condignité, dont tous nos livres sont pleins , noss. Variât. 3: 1 nuit au mérite de condignité, outre que le concile de Trente ne s'est pas servi de ce terme, la chose en elle même n'a aucune difficulté, pu -qu'au fond
-oo
CON
CON
CON
on est d'accord qu'après la justification, c'esl a-dire
après que la personne est agréable, que le saird 1 '-.prit y habite et que la charité y règne, l'Écriture lui attribue une sorte de dignité, ID. il).
— ÉTYM. Condigne.
f CONDILLACIEN, IENNE (kon-di-lla-siin, siè-n'. Il mouillées), adj Qui se rapporte à la philosophie de Condillac. || S. m. Partisan de cette philosophie.
— ÉTYM. Condillac , célèbre philosophe du xvme siècle, qui regardait la sensation comme la source de la pensée.
CONDIMENT (kon-di-man), *. m. Terme d'hygiène et de cuisine. Substance d'une saveur prononcée que l'on mêle aux aliments. Les condiments sont un ingrédient nécessaire de l'alimentation.
— SYN. assaisonnkment, condiment. Assaisonnement est plus général. 11 se dit de tout ce qui rend les aliments plus agréables, surtout quand il s'y joint l'idée d'une certaine variété selon les saisons. I es fines herbes sont un assaisonnement dans la salade. Condiment ne se dit guère que de ce qui a une saveur très-marquée. Le sel est le plus précieux de tous les condiments.
— hist. xvic s. Ces incommoditez luy servent d'aiguillon et de condiment a sa doulceur, mont. i, 70. Condimens au sel et au vinaigre dont on se sert l'hyver pour salade à l'entrée et commencement des repas, co nme de pourpier, petits concombres, violettes doubles, pommes verdes ou abricots,- des accords. Escraignes dijonnoises , p. 64, dans laccrne.
— ÉTYM. Latin coruhmrntum, de condire, assaisonner; provenç. condùrrien.
t CONDIMENTAlltE ( kon-di-man-tè-r' ) , adj. Terme didactique. Qui a rapport aux condiments. L'emploi condimentaire de cette substance.
— ÉTYM. Latin condimentarius , de condimenlum , condiment.
f CONMMENTEUX , EUSE (kon-di-man-teù , teii-z') , adj Terme didactique. Qui tient de la nature des condiments.
— ÉTYM. Condiment.
CONDISCIPLE (kon-di-si-pl') , s. m. Compagnon d'étude, de collège. || Par extension. Dampierre et Vaucresson m'étaient ouverts en tout temps; les condisciples obscurs [de la cabale] y paraissaient librement devant moi, st-sim. 302, 1 84.
— REM. Condisciple, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, est donné par l'Académie pour la
.première fois dans l'édition de (762.
— ÉTYM. Latin condiscipulus, de cum, et discipulus, disciple.
t COND1T (kon-di), s. m. Terme de pharmacie. Substance végétale pénétrée et recouverte de sucre cristallisé.
— ÉTYM. Latin conditum, de condire, assaisonner.
CONDITION (kon-di-sion; en poésie de quatre syllabes), s. f. || i° La classe à laquelle appartient une personne dans la société par sa fortune, par sa qualité, par ses emplois, par sa profession. Condition sociale. L'inégalité des conditions. Je ne me sentais pas de condition qui m'obligeât à faire un métier de la science, desc. Méth. t, 1 3. Tousgens sont ainsi faits; Notre condition jamais ne nous contente; La pire est toujours la présente, la font. Fab. vi, M. Le luxe et la vanité n'ont plus de bornes, et chacun se fait de ses propres vices les vertus de sa condition, fléchier, dans richelet. En vous ôtant un gendre on vous en donne un autre Dont la condition répond mieux à la vôtre, corn. Poly. v, 2. Cet orgueil qui nous pousse à nous agrandir au-dessus de nos conditions et de nos forces, fléch. Serai, n, 36. Hommes qui avaient vécu dans les plus basses conditions, fén. Tél. xvm. En quelque condition qu'on soit,iD. ib. v. Un homme simple, obscur et d'une médiocre condition, id. ib. vu. Un roi vous semble heureux, et sa condiiion Est douce au sentiment de votre ambition, rotr. Vencesl. I, I. Tu lui diras qu'à la vérité je n'ai pas dit qui c'était, mais qu'il t'a semblé que je parlais pour un autre, pour quoiqu'un de condition égale à la mienne [un bourgeois], marivaux, le Préjugé vaincu, se. 2. || Dans le langage de l'histoire, la condition des personnes et des terres. Dans le moyen âge il y a trois conditions, les nobles, les vilains, les serfs; il y a des terres de condition noble et de condition roturière. || En termes de droit, faire la condition meilleure, pire, étendre ou restreindre les droits ou l'objet du droit d'une personne. Le créancier ne peut rendre sa condition meilleure au détriment du débiteur. || Dans le langage général. N'être pas de pire condition, être traité aussi bien que.... Croyez-vous que Dieu soit de pire condition que l'homme'? pasc. Culte. Souvent le consul victorieux n'était pas de meilleure condi-
tion que le peuple qu'il avaitvaincu, st-évrem. ii, H. Le roi ne doit pas être à cet égard de pire condition que ses sujets, vaub. Dîme, p. 78. || En droit, la condition des personnes, l'état civil ou l'ensemble des droits. Condition juridique, la condition de l'étranger, du mineur, de l'enfant naturel. || 2° La manière d'être , en parlant des choses. La condition des choses de ce monde est d'être sujettes au changement. La condition d'un mariage avantageux est aussi souhaitable suivant le monde qu'elle est vile et préjudiciable selon Dieu. pasc. Extrait d'une lettre à Mme Përier, t659. || Terme de philosophie. Principe des conditions d'existence, principe que les sciences ont substitué à celui de la finalité et qui consiste à considérer comment les choses sont ou se font et non pourquoi elles sont ou se font. || Fondements, bases, éléments. Conditions constitutives, statiques, physiologiques, industrielles. En droil, conditions essentielles, les éléments essentiels des contrats, des obligations : le consentement, la capacité, l'objet, la cause. || Ensemb'e de rapports. Conditions de température, de salubrité, dans un pays donné. || 3° Qualité requise. Conditions de capacité, de moralité. Cet ouvrage n'a pas les conditions demandées, n'est pas dans les conditions voulues. || Bonne ou mauvaise condition. Marchandise de bonne condition. || Ternie d'hippiatrique. Le traitement bon ou mauvais que subit le cheval. En condition, terme qui désigne l'état du cheval qui, ayant été soumis à l'entraînement, est apte à courir. Ce cheval est mis en condition. |) 4° Absolument, noblesse. Ceux qui comptent plusieurs degrés, sans illustration extraordinaire, forment l'homme et la femme de condition- C'est ici que le sang et la condition Ne nous permettent pas une lâche action, rotr. Antig. m, 5. Il s'est mis dans la tête de vouloir faire l'homme de condition, mol. IcsPréc. I. Nous connaissons des personnes de condition qui ont appréhendé des morts domestiques, pasc. Lett. 4. Le besoin de loger les pensionnai rus de condition, boss. Lett. abb. 274. La locution complète était condition noble; l'usage a supprimé noble, en gardant le même sens. || 5° Service de domestique. Être, entrer en condition. Chercher condition. Hors de condition. 11 ne cherchera pas à le mettre en condition jusqu'à votre retour, SÉV. 307. || Faire plusieurs conditions, servir dans plusieurs maisons différentes, et, par extension, changer de condition, de position. Mme de Brinon est à Mau buisson, où elle s'ennuiera bientôt; cette personne ne saurait durer en place; elle a fait plusieurs conditions et changé de plusieurs couvenls, ip. 507. || Le sens propre, qui vient de la féodalité, était : personne de condition, personne soumise à une condition, c'est-à-dire affranchie avec la condition de fournir un certain service. || 6° Condition, situation, état. La condition matérielle du peuple, des laboureurs. Sa condition a empiré. Les empereurs romains améliorèrent la condition des esclaves. Améliorer la condition morale, intellectuelle et physique du plus grand nombre. || Position avantageuse ou désavantageuse dans une affaire. Votre condition est bien meilleure que la mienne. || 7° Clause, charge, obligation qu'on impose ou qu'on accepte. Condition expresse, tacite, onéreuse. Combats pour m'affranchir d'une condition Qui me livre à l'objet de mon aversion, cohn. Cid, v, i. La mort de Jésus-Christ ne suffit point sans le baptême; il le faut d'eau, d'esprit ou de sang; c'est à cette condition qu'il a mis l'utilité que nous en devons recevoir, sév. 44). Une veut pas imposer les conditions de la paix avec hauteur, fén. Tél. xi. Nous réglâmes ensemble plusieurs conditions, id. ib. x. Quelles conditions elle veut imposer, rac Baj. i, 4. Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu'ils voudront accepter, id. Mithr. i, 6. Ses prêtres.... À deux conditions se peuvent racheter, id. Alliai, v, 2. || Absolument. Je vous la veux montrer, mais à condition, la font. Cand. || Faire ses conditions, stipuler d'abord et formellement ses avantages. || Vendre une chose sous condition, la garantir; l'acheter sous condition, l'acheter avec faculté de la rendre si elle n'est pas ce qu'elle doit être. Je vous assure de son service sous condition, sév. 84. || Vendre à condition, c'est vendre à la charge de reprendre la chose si elle ne satisfait pas l'acheteur. || Bapiiser sous condition, administrer le baptême à un enfant, dans le doute qu'il l'ait déjà reçu, ou qu'il soit vivant, ou que sa conformation soit monstrueuse et n'en fasse p^s un homme; et figurément et familièrement, il a été baptisé sous condition, se dit par plaisanterie d'un homme très- laid ou très-sot. |j Condition sine qua non (mots latins qui signifient : sans
laquelle non), condition formelle et indispensable. || En droit, conditions d'un legs, conditions d'un contrat, les clauses qui le déterminent. La donation est révoquée pour cause d'inexèculion des conditions. Condition de droit, clause que la loi supplée dans un engagement. || Plus spécialement, événement futur et incertain qui modifie une obligation et auquel l'existence de cette obligation est soumise. Obligation à terme ou sous condition. Condition nulle, illicite. Faire une donation sous la cond tion que le donateur survivra au donataire. || Condition positive, celle qui consiste dans un événement qui arrivera; négative, dans un événement qui n'arrivera pas; suspensive, qui suspend l'existence de l'obligation; résolutoire, qui éteint l'obligation en rétablissant les choses dans leur état primitif. || Acondition que. locut. conjonct. qui régit l'indicatif, ouïe subjonctif, ou le conditionnel, et s'gnifie pourvu que. Je vous donne cet argent à condition que vous partirez demain, ou que vous partiez demain. 11 vous a donné cet argent à condition que vous partiriez ou que vous partissiez. A condition qu'ils régneraient suivant ces maximes, fén. Tél. v. || On dit aussi à condition de. avec l'infinitif. J'ai reçu de l'argent, à condition de partir demain. || 8° Terme de commerce. Lieu destiné à la dessiccation des soies. || Etablissement pour connaître le poius des soies.
— SYN. i" condition, état. La condition a surtout rapport au rang qu'on tient dans les différents ordres qui forment l'économie de la république. L'état a plutôt rapport au genre de vie, à l'occupation dont on fait profession, girard. || 2° de condition, de qualité. De condition est plus compréhensif que d? qualité; tout homme qui appartient à la noblesse est de condition; au contraire de qualité ne se dit que des personnes dont les aïeux ont eu quelque illustration, ou qui avaient un titre de duc, marquis, comte, etc. Une personne de qualité ravit mon âme, mol. Escarbagn. se. <C. On ne traite point de la sorte les femmes de qualité, id. ib. se. 21.
— HIST. xill* s. Se il avenoit que aucuns clers ou lais, de quel condiiion que il fust, Ordonn. somptunire </< Phil. le Hardi. Par condicion que le seignor le done [le fief] à son dreit heir, Ass. de J. i, 222. Par ces deus cas dessus dis poés voz entendre de toz autres cas qui poent avenir de convenences qui sunt fêtes par condicions, reacm. xxxfY. 4. S'aucuns convenence soz condition ou autre marcié, m. ib. 5S. On peut bien, selonc nostre coustume, fere lais [legs] par condition, id. xn, 54. || xiv s. Personnes de condition [personnes assujeties à un service], du cange, condilionati. Vous faites tout aussi vos condicions. Comme celui qui dit : au plus fort nous tenons, Guescl. 21456. Et se tu veus dire que tu ne les mie suhgès de fortune , Et que la grant attraction [descendance] Afr. nchist ta condition .. machault, p. 96. ||xves. Par telle condition que le jeune enfant prendroit à femme l'une des jeunes filles du roi d'Angleterre, froiss. i, i, «71. La reine, qui estoit vieille et de diverses conditions, n'estoit pas bien contente de lui, pour ce qu'il estoit amoureux d'aucunes autres jeunes dames du pays plus qu'il n'estoit d'elle, monstrel. liv. i. cb. (71. Son gentil maintien et son arc doré donnoient enseignes de ses inclinations et conditions amoureuses, Bouciq. i, ch. 2. Quant ung prince ensuyt vertu et bonnes conditions et fuyt les vices, cohm. Prol. La plus part des gens taschent à leur complaire [aux princes et à leurs complexions et conditions, id. ib. Et disoient sa condition [de Louis XI] estre telle que s'il n'a oit débat par le dehors contre les grans, qu'il
qu'il l'eust avec ses serviteurs et officiers et qui esprit ne pouvoit estre en repos, id. m, J. Qui peu prendre partie des conditions du roy i maistre et partie des siennes [du duc de Bou rgo on en eust bien fait ung prince parfaict, m. m, condition qu'ils voulussent attendre à conclurre la ligue de quinze jours, id. vu, 15. || x\i" s. On y retrouvera aucuns traicts de mes conditions cl humeurs, mont. Au lecteur, p. xi. C'esl la condiiion de vostre création, id. i, Sa. Cents de basse condition, id. i, 90. Cet homme estoit simple et grossietj ipn est une condition propre à rendre véritable le tesmoignage, id. i, 233. Il leur vendit la retraicte à ses terres, en condition que.... id. i, 298. Hz leur otlroyerent la paix soubs équitables et raisonnables conditions, amvot. Marcel ■
— ÉTYM. Provenç. condicio; espagn. condt'ct'onj ital. condizione ; du latin conditionem, de con fixer, établir, de cum, et dere pour date, donner (voy. datif).
t CONDITIONNANTE (kon-di-sio-na-li-té); s. f-
CON
CON
CON
Terme didactique. Qualité de ce qui est condition- 11.']. Les métaphysiciens s'efforcent en vain de soustraire par leurs espérances ces phénomènes à la lalité, covier, dans le Dict. de poitevin.
CONDITIONNÉ, ËE (kon-di-sio-né, née; en poésie, de cinq syllabes), yrrt. passé. || 1° Qui est en certaine condition. Bien conditionné, bien fait, en bon état. Un ouvrage bien conditionné. En sens inverse, mal conditionné. || 2" Kg. et absolument, pourvu des qualités requises en bien ou en mal. Sottise, étourderie -, très-grande. Jen'ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée, mol. Préc. 10. J'ai dit assez d'absurdités en ma vie pour m'y connaître, et j'aurais bien perdu le seul fruit que j'en pouvais tirer, si cette maxime ne m'en paraissait pas une bien conditionnée, dider. Essai s. Claude. || Qui a bien mangé, bien bu. Après quoi nous nous levâmes de table, tous assez bien conditionnés, le sage, Gil Mas, vu, 13. || 3° Soumis à une condition. Quatre formules algébriques qui exprima ent les quatre nombres et n'avaient que deux inconnues ou indéterminées, telles qu'en supposant d'abord que la première était 4 et la seconde 2, il venait quatre nombres conditionné- cou. me on les demandait, fonten. RoHc. N'affaiblissons point la vérité par des exceptions malicieuses et par des louanges conditionnées, balz. le Prince, ch. xiv. Il prit une permission conditionnée, maucroix, Schisme, liv. il, dans richelet. || Ancien terme de commerce. Billet conditionné, billet qui n'était payable qu'en un certain temps el en cei tains cas. l| 4° Homme conditionné, nom donné au mainmortable dans certaines coutumes.
CONDITIONNEL, ELLE (kon-di-sio- nèl, nè-1'; en poésie | syllabes), adj. || l°Qui dépend de
certaines conditions. Promesse, clause conditionnelle. Cela est conditionnel, i; Terme de droit. Obligation, legs conditionnel, soumis à une condition. || 2°Terme de grammaire. Mode conditionnel, celui des modes qui indique que l'idée exprimée par le verbe est subordonnée a une condition. || S. m. Le conditionnel, le mode conditionnel. Le conditionnel présent. Le conditionnel passé. || 3" Terme de théologie. Qui est sujet à condition, qui n'est point absolu. |j Science des conditionnels, connaissance que Ditu possède seul de ce qui aurait pu arriver suivant de certaines conditions, dans de certaines circonstances.
— H1ST. >:ive s. Par telles condicion'eles supposicions, oiiesme. Thèse de meunier. ||xvi°s. L'absolution est conditionnelle, calvin, Instit. 505. Je fois voluntiers mes promesses, en touts subjects, incertaines et conditionnelles, mont, iv, 94.
— étym. Provenç. conditional; espagn. condicional ; ital. condizionale ; du latin conditionalù , de conditio (voy. condition).
C0NDIT10NNELLEMENT (kon-di-sio-nè-le-mau) , adv. Sous certaines conditions. 11 dit n'être obligé à payer que conditionnellement.
— HIST. xiv s. Condicionelement, oresme, Thèse de meunier. || xvie s. Un ministre de la parole en exécutant deument son office ne peut absoudre que conditionnellement, calvin. Instit. 50t.
— ÉTYM. Conditionnelle, et le suffixe ment; provenç. conditionalment ; espagn. condicionalm. nie ; ital. condisionalmente.
f CONDITIONNEMENT (kon-di-sio-ne-man), s. m. || 1° Terme de philosophie, action de conditionner. || 2" Action de dessécher la soie écrue. Pendant les cinq jours ouvrables de cette semaine, à Lyon, le chiffre total du conditionnement dépasse de plus de 4 30UO kil. la somme de la semaine complète d'opérations la plus élevée depuis le commencement de l'année, la Presse, journal quotidien, n juin isuo.
— étym. Condition.
CONDITIONNER (kon-di-sio-né), v. a. || 1" Terme d'arts. Faire, fabriquer une chose, de manière qu'elle soit en bonnes conditions. Bien conditionner un drap. || 2" Terme de pratique. Conditionner an acte, le charger de clauses. || 3" Terme de commerce. Conditionner une soie, la soumettre à la dessiccation. || 4° Se conditionner, v. réfl. Être fabriqué avec les conditions requises. Les marchandises se conditionnent bien dans cet établissement. || Recevoir la préparation dite conditionnement. L'établissement où se conditionnent les soies.
— iiist. jmi« s. D'autre part, el [les femmes] sud franches nées; Loi les a condicionnées, Qui les oste de loi- franchises, Où nature les avoit mises, la Rose, 14080. Li filz Dieu, qui si bien les condicionna, Qui à la Magdalene ses péchiez pardonna. Leur merisse les biens que par eulz nous donna! i, de meung, Test. 97. ||xives. De tous ceux qui sont en autre demaine [domaine] et justice, qui
ne sont conditionnez ou abonnez, levez la dite aide, du cange, conditionnai. Comme le suppliant eusl pris par mariage Thomine, ycelle cuidant estre femme bien conditionnée et paisible, id. conditio. || xv" s. Qu'il advise bien de se mettre en lieu, qui soit tel, si bien conditionné, si vertueux et si bon, qu'il y puisse prendre exemple de toute bonté, Bouciq. i, ch. 7. Ung qui depuis s'est appelle monseigneur de Chimay, homme jeune et très-bien conditionné, nepveu du seigneur de Croy, comm. i, 2. Entre les conseillers se trouvent tousJQurs largement de bons et notables personnages, et aussi il en y a aucuns bien mal conditionnez, ainsi est-il en tous estaz, id. i, g. || xvie s. Tous ont aspiré estre receuz en vostre alliance, à pactes par vous mesmes conditionnez, rab. Garg. i, 3t. Ils rnesprisent les services limitez et conditionnez [conditionnels], mont. m. 242. De mal conditionné jouvenceau, oultrageux et téméraire qu'il estoit auparavant, il devint homme très sage et très modéré, amyot. Lijc. 4C. Il avoit veu mourir devant ses yeux un sien filz bien conditionné, id. Cor. 37.
— ÉTYM. Condition; provenç. conditionar ; espagn. condicionar; ital. condizionare.
CONDOLÉANCE (kon-do-lè-an-s') , s. f. Témoignage par lequel on montre qu'on prend part à la douleur de quelqu'un, lors de la mort d'un de ses proches, et, en général, lors d'un malheur considérable quelconque qui lui arrive. Lettre de condoléance. Rendre les devoirs de condoléance , malh. dans vaugelas, Rem. au mot condouloir. S'il survient quelqu'un à qui il doive un discours tout différent, il sait, en achevant de vous congratuler, lui faire un compliment de condoléance, la bruy. vin. Permettez que je joigne mes compliments de condoléance à vos jolis vers sur la goutte de M. de Kayserling, volt. Lett. Pruss. 4 09.
— HIST. xv° s. Le duc descendu à pied le va saluer humblement et faire deux contraires personnages . l'un de la condoléance du trespas du roi son père, l'autre de conjouissement de la très haulte et très glorieuse fortune qui estoit resplendie en lui, g. chastelain, dans le Dict. de dociiez.
— ÉTYM. Voy. C0ND0UL0IR.
CONDOR (kon-dor) , s. m. Genre de vautour de l'Amérique méridionale. Le condor est le plus gros des oiseaux qui volent. Si la faculté de voler est un attribut essentiel à l'oiseau , le condor doit être regardé comme le plus grand de tous.... 11 possède même à un plus haut degré que l'aigle toutes les qualités, toutes les puissances que la nature a départies aux espèces les plus parfaites de cette classe d'êtres; il a jusqu'à dix-huit pieds d'envergure, le corps, le bec et les serres à proportion aussi grandes et aussi fortes, le courage égal à la force, buffon, Condor. Tel on voit s'élever le monstrueux condor. Quand, du sommet des monts prenant son vaste essor, Dans les airs obscurcis il plane et se balance, masson, Helvétiens, vu.
— ÉTYM. Cuntur, dans la langue des Incas.
t CONDORMANT (kon-dor-man), s. m. Sectaire qui autorisait la promiscuité des sexes.
— ÉTYM. Com, et dormir.
f CONDOTTIERE ( kon-do-ttiè-r' ) , s. m. Nom qu'on donnait en Italie aux capitaines de soldats mercenaires. Un condottiere. On le vit [Maximilien] à la fin gagnant sa vie comme condottiere, dans le camp des Anglais, empereur à cent écus par joui', MiciiiLF.r, ïlist. de France au xve s. i, 8. || Aujourd'hui, aventurier qui prend indifféremment du service militaire en vue de son avancement personnel. || Au plur. Les condottieri, suivant la règle du plui iel italien.
— étym. Ital. condottiere, capitaine, de condotta, conduite (voy. conduite).
CONDOUBLÉ, ÉE (kon-dou-blé, blée), adj. Terme de botanique. Synonyme de conduplicatif.
— étym. Com, et doubler.
CONDOULOIR (SE) (kon-dou-loir) , v. réfl. Employé seulement à l'infinitif. Se condouloir a\ec quelqu'un, lui témoigner qu'on prend part à sa douleur. Leurs Majestés avaient envoyé des personnes de qualité à la reine d'Angleterre se condouloir de la mort funeste du roi son mari , la rociif.f. Mém. 67. Arrivé droit au parlement [le duc d'Orléans devra leur dire qu'il est venu] leur faire part lui-même et se condouloir avec eux de la perte que la France venait de faire, st-sim. 398, 188.
— HIST. xve s. Par plus forte raison, tu dois condoler sur la mort de ton frère, monstrel. i, ch. 47. Il xvie s. Aprez s'estre souvent condolu h ses prive/ des m aulx que.,., mont, i, 44. [Us ne trouvent pas bon| de condouloir et compatir, ny mesme fleschh'
avec eulx [les malheureux] , amyot, De la tranq. d'dme, 4 2. Il s'adressa à l'un de ses familiers qui faisoit le plus de mine de s'en condouloir et contrister avec luy, id. ib. 45.
— ÉTYM. Latin condolere, de cum, avec, et do- 1ère, avi ir de la peine (voy. douloir).
CONDUCTEUR, TRICE (kon-du-kteur, ktri-s'), s. m.etf.\\ i°Celui, celle qui conduit. Le conducteur d'une barque. Moïse était le conducteur du peuple de Dieu. Ceux-ci allaient toujours, sans regarder qu'ils allaient à la servitude ; et leur subtil conducteur qui, en combattant, en dogmatisant, en faisant le docteur et le prophète, aussi bien que le soldat et le capitaine.... boss. Reine d'Anglet. Pour mieux entendre ce que feraient par eux-mêmes d :s chevaux fougueux, il faut les considérer sans bride et sans conducteur qui les pousse ou qui les retienne, boss. Connaiss. m, 9. Tu verras de chameaux un grossier conducteur.... volt. Fanât, i, 4. || Conducteur du requin, nom d'un poisson (centronote conducteur de Cuvier; gàstérostée conducteur de Linné). || 2° Celui, celle qui dirige. Ces négociations avantageuses dont il fut le conducteur, fléch. le Tel. Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris, la font. Fabl. xi, 7. Une musique de luths et de voix se fit entendre à l'un des coins du plafond, sans qu'on vît ni chantres ni instruments, musique aussi douce et aussi charmante que si Orphée et Amphion en eussent été les conducteurs, la font. Psyché,!, p. 37. Pourvu que l'honnêteté, la discrétion, la prudence soient conductrices de cette affaire, id. ib. il, p. 4 38. Le bon sens et l'esprit, conducteurs du courage ,SontdesCondés enfin l'ordinaire apanage, id. Lett. xxv. || Terme de ponts et chaussées. Conducteur, agent qui est sous les ordres directs de l'ingénieur et au-dessus des piqueurs, ainsi dit parce qu'il est chargé de la conduite ou direction des travaux. Conducteur embrigadé, celui qui fait partie du corps des ponts et chaussées à titre permanent. || On dit aussi d'une manière générale conducteur des travaux pour désigner unesorte de contre-maître qui dirige les travaux de bâtisse sous un entrepreneur ou un architecte. Conducteur des travaux du Louvre. || Homme de confiance qui, sans être nécessairement le cocher d'une voiture, ladirige et fait payer les voyageurs, etc. Conducteur de diligence, d'omnibus. || 3° Livre qui sert de guide. Conducteur de l'étranger dans Paris. j|4° Terme de chirurgie. Instrument employé autrefois dans l'opération de la taille par le grand appareil. || 5° Terme de physique. Corps qui transmet le fluide électrique ou le calorique. Les métaux sont bons conducteurs de la chaleur. J'ai un antitonnerre à Ferney dans mon jardin ; vous savez que cela s'appelle un conducteur, volt. Lett. d'Argental, 8 mars 1775. |[ Cylindre métallique, soutenu par des colonnes de verre, qui se trouve au devant de la machine électrique, et à la surface duquel l'électricité se rassemble. || 6° Adj. Thésée reçut d'Ariane un fil conducteur dans le labyrinthe. Acceptez le secours de ma main conductrice, lemerc. Charles VI, ni, 6. || Corps conducteur du calorique ou de l'électricité, corps qui se laisse facilement traverser par l'un ou l'autre de ces agents. || Terme de botanique. Tissu conducteur, portion du tissu du style et du placenta, à travers lequel pénètrent les boyaux polliniques pour arriver dans la cavité de l'ovaire et aux ovules. || Terme d'imprimerie. Points conducteurs, voy.