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COURÉE

— ÉTYM. Le même mot que corroi.

\ COUROIR (kou-roi r), s. m. Terme de marine. Passage étroit entre des chambres.

— étym. Courir.

t COUROL (kou-roi), i. m. Nom d'un oiseau d'Afrique.

t COURONNADE(kou-ro-na-d'), i. f. Terme d'art militaire. Opération par laquelle une troupe entoure le point qui doit être attaqué.

— ÉTYM. Couronne.

f COURONNANT, ANTE (kou-ro-nan, nan-t'), adj. Oui couronne. || Bractées couronnantes, bractées qui forment une couronne au-dessus des fleurs.

COURONNE (kou-ro-n'), s. f. || 1° Ornement de tête fait de feuillage ou de fleurs. Une couronne de feuilles de chêne ou de laurier. Apollon à portes ouvertes Laisse indifféremment cueillir Les belles feuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieillir; Mais 1 art d'en faire des couronnes N'est pas su de toutes personnes, malii. iii, 2 Les couronnes ne s'acquièrent pas sans travail; même celles qui ne sont que de laurier ou de myrte s'achètent bien chèrement, voit. Lett. 46. La chevelure que Dieu jeta commeun voile surles épaules dujeune homme , et comme une couronne sur la tète du vieillard, cha- TEAvs.Mart. (28. || Poétiquement. Belles, vous portez à quinzeans La couronne de l'innocence, bérang. Couronne. \\ Terme de géométrie. Couronne circulaire, espace renfermé entre deux cercles concentriques. Pour avoir la surface d'une couronne, il faut multiplier sa largeur par la circonférence moyenne. |j 2° Couronne a été prise de très-bonne heure comme un signe de distinction, de mérite supérieur ou d'autorité. || Termed'antiquité romaine. Couronne triomphale, celle qui appartenait aux généraux qui obtenaient les honneurs du triomphe; elle fut d'aliord de laurier, et d'or dans la suite. Couronne de l'ovation, couronne de myrte qui se donnait aux généraux qui obtenaient l'ovation. Couronne obsidionale, couronne d'épis qui se donnait au général qui avait fait lever un siège. Couronne civique, couronne de chêne qui se donnait à celui qui avait sauvé la vie à un citoyen. Couronne murale, couronne dont les fleurons avaient la forme de créneaux et qui se donnait à celui qui était entré le premier dans une ville assiégée. Couronne navale, couronne qui se donnait à celui qui, dans un combat naval, sautait le premier dans un vaisseau ennemi. Une couronne de feuilles de chêne, de laurier ou de quelque herbe plus vile encore, devenait inestimable parmi les soldats, qui ne connaissaient pas de plus belles marques que celles de la vertu, ni de plus noble distinction que celle qui venait des actions glorieuses, boss. Hist. ni, 6. || Aujourd'hui, couronne académique, ou, simplement, couronne, prix remporté dans les concours académiques. || Se dit aussi de la couronne qu'on donne dans les collèges en même temps que les livres aux écoliers qui ont remporté un prix. ||Fig. Prix, récompense, ornement. Il y a de fausses vaillances oui ont leur couronne, boss. Honn. <. Mes frères, v'oussbfÇz ma couronne au jour de Notre-Seigneur, id. Pasc. v6'.'!s êtes leur couronne, leur joie, leur consolation" mass. -&¥*<• Résurr. || 3° Ornement de tète, signe de dignité. OrCSaJOEae. est l'insigne de la puissance royale et de diverses dignités féedâJss. Couronne de duc, de comte, de baron. Il reste encore aux meilleurs bourgeois une certaine pudeur qui les empêche de se parer d'une couronne de marquis, trop satisfaits de la comtale; quelques-uns même ne vont pas la rechercher fort loin, et la font passer de leur enseigne à leur carrosse, labruy. xiv. [Le milan] va tout droit imprimer sa griffe Sur le nez de Sa Majesté! —Quoi! sur le nez du roil — Duroi même en personne.— Il n'avait donc alors ni sceptre ni couronne'' — Quand il en aurait eu, c'aurait été tout un, la font. Fabl. XII, (2. || Couronne fermée, celle dont le cercle est rehaussé de fleurons ou ornements qui viennent se rejoindre au-dessus de la tête; couronne ouverte, celle qui n'a que le cercle inférieur plus ou moins orné. Au commencement toutes les couronnes étaient ouvertes; plus tard la couronne impériale et la couronne royale furent fermées. || Couronne impériale, couronne fermée de l'orme hémisphérique, terminée par un globe surmonté d'une croix; couronne royale, couronne fermée plus large par en haut et surmontée d'un ornement particulier, qui . en France, était la fleur de lis; couronne ducale, couronne ouverte, garnie de huit feuilles ou fleurons; la couronne de marquis n'avait que quatre feuilles et, entre les feuilles, des pointes ornées de trois perles; la couronne de comte était tout autour garnie de perles; celle du vicomte ne portait que quatre perles, et, entre elles, de simples pointes; celle de vidame [lieutenant civil et militaire d'un évêque] portait quatre croix au lieu des quatre perles du vicomte; la couronne de baron, plus exactement nommée lorfil, consistait en un cercle entouré de plusieurs cordons de perles.

|| La triple couronne, la tiare du pape, ainsi dite parce que c'est un bonnet rond et élevé, entouré de trois couronnes d'or enrichies de pierreries, et mises, la première par le pape Hormisdas, la seconde par le pape Boniface VIII, la troisième par Jean XXII ; le bonnet est surmonté d'un globe portant une croix. || Couronne de fer, la couronne des rois lombards d'Italie. || Couronne antique, cou*ronne formée par une feuille tournée en cercle, et découpée à grandes pointes jusque vers la base ou cercle qui entoure le front, telles étaient les couronnes des princes d'Italie. || La couronne d'épines, celle que l'on mit sur la tête de Jésus-Christ par dérision, à cause qu'il s'était appelé roi des Juifs; et, figurément, ce qui cause un vif déplaisir, une profonde douleur. Cela lui est une couronne d'épines. || 4° Absolument, la puissance royale, impériale. Les prérogalives de la couronne. Tous ces crimes d'État qu'on fait pour la couronne , corn. Cinna, v, 2.11 crut pouvoir saisir la couronne ébranlée, id. Rodog. 1, i. La justice n'est point une vertu d'État ; Le choix des actions ou mauvaises ou bonnes Ne fait qu'anéantir la force des couronnes, id. Pump. i, t. Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne, Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonne, id. Rodog. m, 2. La plus belle couronne N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne, id. Iléracl. I, f. Qui sait porter une couronne, Quand il a prononcé . n'aime pas qu'on raisonne , id. Sertor. iv, 2. La couronne, seigneur, orne bien une tête, id. Agésilas, n, 7. De peur que quelque jour, venant à la couronne.... mairët, Soliman, i, l. Et l'art et le pouvoir d'alfermir les couronnes Sont des dons que le ciel fait à peu de personnes, corn. //or. v, 3. Harrington ne voyait que la république d'Angleterre, pendant qu'une foule d'écrivains trouvaient le désordre partout où ils ne voyaient point de couronne, montesq. Espr. xxix, (9. || Mettre la couronne sur la tête de quelqu'un, lui donner la puissance souveraine. || Discours de la couronne, discours prononcé par le souverain à l'ouverture d'une session législative. || Fig. C'est un des plus beaux fleurons de sa couronne, c'est une des plus riches possessions ou une des plus nobles prérogalives du prince; et aussi en général, c'est ce qu'une personne a de plus considérable, de plus avantageux. || 5° État gouverné par un monarque. Quand ils apprendront que, du temps de son ministère, les Anglais ont été battus et chassés. Pignerol conquis, toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir, voit. Lett. 74. Le pape saint Grégoire a fait cei éloge singulier de la couronne de France, qu'elle est autant au-dessus des autres couronnes du monde que la dignité royale surpasse les fortunes particulières, boss. Heine d'Anglet. Ne lui dites pas que la vie d'un premier prince du sang si nécessaire à l'État doit être épargnée; il répond qu'un prince du sang, plus intéressé par sa naissance à la gloire du roi et de la couronne, doit, dans le besoin de l'État, être pi us dévoué que tous les autres pour e» relever l'éclat, id. Louis de Bourbon. Cette couronne [i vernement espagnol] pourrait être excitée par l'excellente qualité du coton qu'on cultive dans les Philippines, à y élever, avec le secours des habitants du continent, de belles et nombreuses manufactures, raynal, Hist.phil. v, (6. || Le souverain même. Les officiers, le domaine de la couronne. Les diamants de la couronne. || Traiter de couronne à couronne, traiter de souverain à souverain. Cela se dit aussi par raillerie d'un inférieur qui veut traiter avec son supérieur comme s'il était son égal. Le roi [Louis Xlil] trs:ta avec le duc d'Épernon de couronne à couronne. volt. Mœurs . 175. Je ne sais ce que c'est qu'un reproche qu'on fait à nos petits États [de Gexl, d'avoir traité de couronne à couronne avec la république de Berne, pour saler notre pot [acheter du sel], id. Lett. Dupont, 23 février (776.||6° Terme de théologie. La couronne de gloire, la béatitude étemelle. Quand je viens à penser que ces personnes [personnes d'une sainte vie] peuvent tomber et être au nombre malheureux des jugés, et qu'il y en aura tant qui tomberont de leur gloire et qui laisseront prendre à d'autres, par leur négligence, la couronne que Dieu leur avait offerte, pasc. Lettres, ("fragment. || La couronne du martyre, la récompense qui est réservée aux martyrs. || Terme de peinture. Ornement que l'on place sur la tête de la Vierge et des saints. || 7° Couronne ou tonsure cléricale, petit rond que l'on rase au sommet de la tête et qu'on fait plus ou moins grand suivant la qualité des ordres reç,us. Couronne d'évêque, de prêtre, de diacre || S° Petit chapelet q.ii n'a qu'une dizaine ot

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qu'on dit à l'honneur de la sainte Vierge. || 9° Terme d'astronomie. Couronne australe, Couronne septentrionale. constellation5;. j| 10° Terme de physique. Foyer d'une aurore boréale vers lequel s'élancent les gerbes de feu. || Météore qui parait autour du soleil et de la lune, quand la lumière en est réfiéu r des nuées médiocrement épaisses. On l'appelle plus ordinairement halo. || ll°Terme de botanique et de jardinage. Réunion, en cercle, des écailles ou lamelles qui naissent de la face interne du sommet de l'onglet des pétales dans certaines corolles. || Touffe de feuilles qui surmonte le fruit de l'ananas. || Greffe en couronne, greffe où, sciant le sujet, on met plusieurs greffes autour de la coupe, entre le bois et l'écorce. || Couronne impériale, Heur rouge ou jaune, composée de plusieurs petites cloches qui lui donnent l'apparence d'une couronne; elle est printanière. Couronne royale, espèce de mélilot. Couronne de terre, le lierre terre-tre. [i 12° Terme d'auatomie, de médecine et de chirurgie. Couronne des dents, partie des dents qui se trouve hors des gencives et qui est revêtue d'émail. || Couronne radiante, l'épanouissement des tibres médullaires des pédoncules cérébraux dans les lobes des hémisphères du cerveau. || Couronne de Vénus ou chapelet, pustules sèches ou suppurantes, qui se voient souvent sur le Iront des individus affectés de syphilis invétérée. || Couronne de trépan, espèce de petit cylindre d'acier, légèrement conique, dont l'extrémité la plus étroite est dentelée en forme de scie, et qui sert à enlever une rondelle d'os, particulièrement au crâne. || 13' Terme de vétérinaire. Partie du pied du cheval qui correspond à la deuxième phalange des orteils de l'homme, qui est située entre le paturon et le pied, à l'endroit où le poil joint et couvre le haut du sabot, et qui est formée d'un seul os, portant le nom d'os de la couronne ou de second phalangien. || Terme de vénerie. Bois du cerf, quand les andouillers sont disputés en une s<.rte de cercle. || 'ferme de fauconnerie. Duvet au bec de l'oiseau, près de la tête. || 14° ferme de fortification. Ouvrage à couronne, oif, simplement, couronne, ouvrage fait en forme de couronne qui est avancé vers la campagne, pnur communiquer à quelque éminence. Dans ces demi-lunes et lit un grand ouvrage à couronne, volt. Louis XIV, 13. ||15°Terme de géologie. Cratère de volcans portant une sorte de couronnement ou rempart circulaire. || 16° ferme de blason. Représentation des ornements qu'on met pour timbre aux armoiries afin de marquer la dignité de la personne. La ville de Cologne porte trois couronnes en mémoire des trois rois ou mages que la légende y dit enterrés. || 17° Nom des ornements qu'on met aux quatre coins d'une couverture de laine. || 18" Terme d'architecture. La partie plate et la plus avancée de la corniche, et qui se nomme aussi larmier. !' 19° Ornement en Faïence qui se met au haut des colonnes de poêle. || Partie d'une lampe qui porte le verre. || Cercle de fer qui entoure la tête d'un pieu pour l'empêcher de se fendre quand on l'enfonce. || Terme de joaillier. La partie la plus éminente d'un diamant rose partagé en deux parties égales. || Terme de marine. Cercle en fer creusé, fixé au cabestan pour virer les câbles- chaînes. || 20° Terme de musique. Trait en demi-cercle qui surmonte le point d'orgue et le point de repos. || 21uCouronne, sorte de papier qui est marqué d'une couronne. || Adj. Papier couronne. || 22° Monnaie d'argent d'Angleterre, qui vaut actuellement 5 fr. si cent. j| Ancienne monnaie de France, frappée sous le règne de Philippe de Valois. || 23" Nom des coquilles qui sont amples et très-minces.

— HIST. xic s. Icez plaid allèrent à la coronne le rei, Lots de Guill. 2. De trestuz reis [je] vous présent les curunes, Ch. de RoL xxviu. Jamais en terre [il] ne portera curone, ib. lxxii. Je lui toldrai [ôteraij la corune du chef, ib. clxxxix. || xne s. La corone de France doit estre mise avant, Car tuit autre roi doivein estre à lui [elle] apendant, Sax. i. Pris la curune de sun chief e le bou [bracelet] de sun braz, e aportés les ai à tei mun seignur, Rois, < 21. || xme s.- Tel coronne [elle] ot au chef, qui moût lui atalente, Berte, x. Et de couronne d'or [je] fui par vous couronnée, ib. xvi. Tôt environ siet en coronne Sa mesnie, qui l'avironne, lien. 8265. Renart respont hastivement : Aurez corone [tonsure] grant etlée, Ne mes que l'eve soit chaufée, ib. (087. Et clerc qui fet querone [se fait prêtre] por tojir autrui son droit et por achever ses meffez, ne doit pas avoir privilège de clerc, Liv. de just. 32. Maintenant plede on bien contre cix qui ont couronne de servage, mes que ce soit avant qu'il soient diacre ou sous diacre, bkaum. xlv, 28. Il u'afiert pas à

clerc qu'il veste robe roiée, ne qu'il soit sans coronne aparant de clerc, puisqu'il a eu coronne d'evesque, id. xi,' 43. Je en aurai une coronne es ciex, joinv. 198. || xive s. Changeurs pour chacun marc d'argent que il vendront payeront deux deniers, et ceux qui vendront veselles dorées, esmaillées, couronnes, chapeaux, pelles [perles! , pierres, payeront quatre deniers pour livres comme les autres marchandises, Ordonn. des rois, t. il, p. 320. Eussions donné cours aux blans à la couronne pour quatre deniers tournois la pièce, et depuis ramené à trois, ib. t. m, p. 520. || xve s. Celle ville [une sorte de logis en bois transportable] estoit tellement ouvrée, ordonnée et charpentée, qu'on la pouvoit deffaire par travées ainsi qu'une couronne et rasseoir membre à membre, froiss. liv. m, p. (21. dans lacurne. Considérez la grand valeur des presens et aussi la puissance des Parisiens; car il fut dit à moy acteur de ceste histoire qui tous les presens vei, qu'ils avoyent cousté plus de soixante mille couronnes d'or, id. liv. iv, p. 7. Quant le roi Pelion et la royne Dace furent couronnez, les chevaliers prindrent la royne es honneurs; car l'or et les pierres précieuses gettoient la clarté si grande, qui estoient es couronnes et es chappeaulx qu'elles avoient sur leurs chiefz, que toute la place en resplendissoit, Perceforest, t. n , f° 148. Un barbiersecret fit aux damoiselles chacune la couronne [tonsure] sur la teste, louis xi, Nouv. lx. || xvi" s. Ils les rasent au sommet de la teste, afin que la couronne [tonsure], comme ils disent, signifie dignité royale, calvin, Instit. H8). Cheval aiant les couronnes déliées et pelues [garnies de poil], les pasturons courts.... o. de serres, 300. Par la disposition des belles fleurs sortans de ceste plante, elle est ditte o >p iime impériale [c'est l'impériale], id. 578. Grande quantité de bons greffes est insérée en petite coronne sur le tronc d'un gros arbre de leur espèce, id. 673. La figue et le raisin, par jugement universel, sont estimés la coronne de tous autres, id. 697. Si aucun veut faire retraict et chambres aisées [lieux d'aisance] au long du mur commun etmoitoyen, il sera tenu faire un autre mur au long du dit mur, qui aura un pied et demy par bas d'espesseur, admortissant d'un pied jusques à la couronne de la voûte des dits retraicts^ Cousl. génér. t. il, p. 264.

— ÉTYM. Bourguig. côrône; picard, corone; provenu., espagn. et ital. corona; portug. coroa; du latin corona; grec, x&p<i>vïi, chose courbe.

COURONNÉ, ÉE (kou-ro-né, née), part, passé. || 1° Orné d'une couronne. La victime était prête et de Heurs couronnée, volt. Mérope, v, 6. Si bientôt imprimant ses sottes rêveiies, Il ne se fait graver au devant du recueil, Couronné de lauriers par la main de Nanteuil, boil. Art p. il. || Tête couronnée, un roi, un empereur. Encore un lustre ou deux et sous tes destinées J'aurais rangé le sort des têtes couronnées, corn. Toison d'or,- Prol. Dès le premier abord notre prince étonné Ne s'est plus souvenu de son front couronné, id. Pomp. ni, i. Et nous vous ferons voir tous vos désirs bornés X vous donner en nous des sujets couronnés, id. Rodoy. IV, 2. Don Diègue ravi lui présente enchaînés Au nom de ce vainqueur ces captifs couronnés, id. Cid, îv, (. Esclave couronnée, Je partis pour l'hymen où j'étais destinée, rac. Mithr. i, 3. Quoi ! mon cœur par vous-même à ce héros donné Pourrait ne laimer plus s'il n'est point couronné? corn. Othon, iv, 3. Quoique le nom d'un savant ait bien du chemin à faire pour, aller jusqu'aux oreilles des têtes couronnées, et même seulement jusqu'à celles de son maître, le nom de M. Delisle avait frappé les puissances étrangères, fonten. Delisle. D'esclaves couronnés à toute heure entourée, volt.. Scythes, n, i. J'ai préféré Pompée, errant, abandonné, Â César toutpuissant, à César couronné, id. Triumv. v, 3. Quand Pépin fut couronné roi, le titre de roi fut uni au plus grand office; quand Hugues Capet fut couronné, le titre de roi fut uni au plus grand fief, montesq. Esp. xxxi, 6. Nous avons vu des rois, vainqueurs de la mollesse , Pour chercher la sagesse , Voyageurs couronnés, parcourir nos climats, Gilbert, Ode à Monsieur. || Terme de blason. Armoiries couronnées, armoiries surmontées d'une couronne. || 2° Qui a reçu une couronne, un prix dans un concours. Cet élève a été couronné trois fois. Ce discours couronné par l'Académie française. D'où vient donc que, sur le grand nombre de pièces qu'ils [Euripide, Eschyle et Sophocle] présentèrent au concours, le premier ne lut couronné que treize l'ois, le second que dixhuit fois , ie troisième que cinq fois .' BARTHÉL. Anach. ch. 69. || 3" Fig. Ta louange, dans nies vers,

ti i tarante couronnée, N'aura sa lin terminée Qu'en

celle de l'univers, malh. ii, 2. Tu le vois, tous les jours devant toi prosterné, Humilier ce front de splendeur couronné, rac. Esth. Prol. || 4° Qui a reçu accompliss ment, satisfaction, triomphe. Vos vreux sont couronnés et Célie est à vous, mol. l'Étour. v, 16. Voilà bien à tous deux notre amour couronné, id. le Dép. v, 9. Vous y verrez le vice couronné, sév. 446. || Une sainte vie couronnée par une mort édifiante. || 5° Dominé, entouré. Saint-Marc, qui n'a que deux cents maisons, mais agréablement bâties, se présente au fond d'une baie couronnée d'un croissant de collines, raynal, Hist. phil. xm, 40. || Surmonté. Ici les coteaux sont couronnés de vignobles et d'arbres fruitiers, fék. Exist. il Les

fertiles champs couronnés par l'Etna, volt. Tancr. i, t. || 6° Terme de fortification. Ouvrage couronné, dit aussi ouvrage à couronne, ou, simplement, couronne, ouvrage avancé vers la campagne et fait en forme de couronne. || 7° Ëcu couronné, sorte d'ancienne monnaie.... L'anneau lui futdonné, Et maint bel écu couronné, Dont peu de temps après on la vit mariée, la font. Joc. || 8° Terme de botanique. Semence couronnée, fruit couronné, semence, fruit qui conserve une partie du limbe du calice || 9°Terme de vénerie. Cerf couronné, cert dont les bois, sans perches ni meules, sont formés d'une simple empaumure naissant immédiatement des os frontaux. Il 10° Terme d'histoiie naturelle. Spire couronnée, spire d'une coquille univalve où les bords de chaque tour sont garnis de pointes. |j 11° Terme de* vétérinaire. Cheval couronné, cheval qui, à l'un des genoux ou à chaque genou, a une place circulaire dépouillée de poils, ce qui provient d'une chute. |1 12° Arbre couronné, arbre sur son retour et qui ne pousse plus de bois qu'à l'extrémité de ses branches; ce qui figure une disposition en couronne. || 13° Rime couronnée, vieille rime qui redoublait la consonnance comme dans ces vers: Ma blanche colombelle belle Souvent je vais priant, criant, maroi1.

COURONNEMENT (kou-ro-ne-man), s. m. || 1° Action de couronner et par''uylièrement de mettre la couronne sur la tête d'un souverain. Elle ne doute point de son couronnement [de recevoir la couronne], corn. Pomp. i, 2. Pour le couiunnement on se servait de la couronne de Jeanne d'Evreux, troisième femme de Charles le Bel, princesse digne, par ses vertus, de cette espèce d'immortalité; Marie de Médicis, femme de Henri IV, est la dernière qui ait été couronnée, saint-foix, Ess. Paris, Œuvres, t ni, p. 360, dans pougens. || Terme de blason. Ornement qui se met en tête d'un écusson.|| Taille-douce qui représente la manière dont on a couronné quelqu'un. Le couronnement d'épines de Jésus-Christ.

|| 2° Fig. Achèvement Pour couronnement d'une

action si noire, corn. Othon, i, i. Son sacrifice a reçu son couronnement; pasc. Lett. 4. Quand je prévois la fin et le couronnement de son ouvrage [de Dieu] par les commencements qui en paraissent dans les peisonnes de piété, id. Lettres, ("fragment. C'est le couronnement de cette doctrine, id. Prov. 10. Il ne lui manque plus que de mourir, enfin, Pour le couronnement de toutes ses sottises, mol. l'Étour. v, ti. C'était le couronnement du crime, sév. a. || 3° Terme d'architecture. Ornement d'architecture terminant un édifice ou l'une des parties d'un édifice. La corniche est le couronnement des ordres d'architecture. La vie de l'homme avec tous ses projets s'élève comm" une petite tour dont la mort est le couronnement, bern. de s.-p. Paul et Virg. || Ornement fait avec un morceau de fer à jour, qu'on met au-dessus d'une porte de clôture de chœur d'église, de cour ou de jardin. || Couronnement de serrure, nom de certains ornements qui se mettent sur l'écusson et au-dessus de l'ouverture. || 'ferme de maçonnerie. Couronnement de voûte, le plus haut de l'extrados d'une voûte. || Terme de charpente. About d'un chevron qui est assemblé à enfourchement. || Partie supérieure de certains meubles, de certains • Cela forme un beau couronnement. || Terme de marine. Le couronnement du n vaisseau, la partie qui est au-dessus de la poupe. || 4° Tenue rj art militaire. Couronnement du chemin couvert, prise d'un chemin couvert, de vive force. || Occupation de la ci été du glacis par l'assiégeant. || 5" 'ferme d'horticulture. Manière de tailler un arbre en forme de couronne. || Terme d'eaux et forêts. Maladie d'un arbre qui se couronne. || 6° Terme. d'accoucheur. Être au couronnement, se dit de la position de la tète de l'eufant, au moment où, après la rupture des membranes, elle se présente à l'orifice utérin, dont le contour

lui i e une espèce de couronne. || 7° Terme do

vétérinaire. Lésion du cheval couronné.

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— HIST. 30i* s. Tuz cels ad mis Thomas en escumengement [excommunication]. Qui à vostre fiz furent à sun couinement, Th. le mart. 134. DeDeuas poesté e tun coninement: De prince ne de lai ne l'asseculerment. ib. 75. || xm' s. Et fu cil coronemens en l'an de l'incarnation nostre Seigneur mil et dui cens et sis, villeh. cliv. Ensi fu esleus li quens Baudoins de Flandres à empereour, et fu pris li jor de son couronement trois semaines après Pasques, id. cxi. Et fist atourner cou que il convenoit à couronnement de rois, Chr. de Retins, p. 10. Et fist ses hommes semonre pour iestre à son coronement, as octaves de la ini-aoust, ib. 163. || xvie s. S'il advenoit que l'enfant eust les mains ou bras au coronement. ou hors les parties génitales, jamais on ne doit tendre, ny essayer l'extraction par iceulx, p.vré. t. n, p. 029. L» col de la matrice, el principalement la bouche intérieure d'icelle, dite vulgairement le couronnement, m. xvin, 41. Ceste dignité estoit. par manière de dire, le couronnement de toutes les charges, amyot, Caton, 32. Pensant avoir perdu le couronnement [complément] de sa victoire, id. Crassus, 55. Le dit louagier est tenu d'entretenir les bastimens de clonage et placcage.... et pour ce qui touche à la couverture, de couronnement seulement, Nour. Coust. gêner. 1. 1, p. 308.

— ÉTYM Couronner; provenç. coronamen; anc. espagn. coron amientn; it.al. coronamento

COURONNER (kou-ro-né), V a. || 1" Orner d'une couronne. Les anciens couronnaient les victimes. Alexandre couronna le tombeau d'Achille. Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs que la Grèce Aux champsde Marathon prodiguait aux vainqueurs, volt. Épit.Lxxi. || Fig. Ô Dieu que la gloire couronne. Dieu que la lumière environne, Oui volés sur l'aile des vents, rac. Esth.ï, 5. || 2° Mettre solennellement la couronne sur la tète d'un souverain. Couronner un pape, un roi. Charlemagne se fit couronner roi d'Italie, boss. Ilist. i, n. Il Donner le titre de roi, de reine. Ce monarque avant 'Je mourir voulut couronner son fils. Qu'il i'è%^ avec éclat sur sa propre conquête. Kl que '\z sa victoire il couronne sa tête, corn. iVi'co/n. :<; 3. Mais vous voyez, seigneur, le prince serai né Dont le bras généreux trois fois couronné [m'a conquis trois royaumes], id. ib. Maintenant que je puis couronner tant d'attrails, rac Bérén. il, 2. Il va sur tant d'États couronner Bérénice, id. ib. i, 4. Pour couronner ma tête et ma flamme en ce jour, id. Thêb. v, 4. Quelque horreur que d'abord un attentat nous donne, L'horreur en diminue alors qu'il nous couronne, ducis , Macbeth, m <• || Être couronné, recevoir ou avoir le titre'de roi, de reine. Jamais tant de vertu fut-elle couronnée? rac. Esth.m, 9. || Absolument. Faire roi. Achève.... C'est le dieu qui règne et qui couronne; C'est le dieu qui punit, c'est le dieu qui pardonne, lamart. Méd. n, 7. || 3° Décerner une couronne, un prix soit dans les jeux gymnastiques, soit dans un concours littéraire. Couronner le vainqueur à la course, à la lutte, au ceste. Couronner l'auteur du meilleur ouvrage. Ce discours a été couronné par l'Académie. || 4" Honorer, récompenser. Le ciel va couronner aussi votre vertu, corn. Perthar. îv, 5. Oui, je veux couronner une flamme si belle, id. Rodog. iv, 3. Digne de venger les crimes et de couronner la vertu, boss. Ilist. il, i. L'Église vit couronner une infinité do martyrs, id. ib. i, H. Ils l'avaient mis sur le trône pour couronner ses vertus et mettre fin aux désordres que l'anarchie causait parmi eux, id. Uisl. i, 7. Je louerais en vain des vertus que Dieu n'aurait pas couronnées, vléch. Tur. C'est ainsi que le roi Honore le mérite et couronne la foi, rac. Eslh. n, 5. Quand il veut couronner l'innocence, mass. Panég. St J. Bapt. pourquoi du saint bonheur sitôt me couronner? v. hugo, Odes, n, 9. || 5° Terme d'architecture. Former le couronnement. Un entablement couronne l'édifice. || 6° Dominer, surmonter. La ville de Rhodes est couronnée de divers petits coteaux, bouhours, Hist. d'Aubusson, liv. ni. Ces bois semblaient couronner ces belles prairies, fên. Tél. i. L'immortelle forêt qui couronne l'Ida, delille, Enéide, x. || 7° Terme militaire. Garnir de troupes quelque point élevé. Le régiment, chassant devant lui l'ennemi, couronna la hauteur. Les généraux d'artillerie, qui s'étonnaient aussi de leur stagnation, profilèrent promptement de la permission de combattre qu'on venait de leur donner ; ils couronnèrent bientôt les crêtes, ségur, Hist. deNap. vu, 10. || 8° Terme d'horticulture. Couronner un arbre, en tailleries branches aune même hauteur, de manière à former une surface plane. || 9° Terme de vétérinaire. Couronner un cheval, le laisser tomber de façon qu'il se couronne- (| 10° Fig. Combler, accomplir.

COU

La victoire s'avançait à grands pas pour couronner ses triomphes, vaugel. Q. C. liv. in, ch. 6. Lorsque a près de longues années il se vit élevé à cette grande charge.... le modeste ministre disait que le roi, pour couronner plutôt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille, boss. le Tellier. Et par un beau trépas couronne un beau dessein, corn. Cinna, i 4. Loin de t'excuser tu couronnes ton crime, id. ib. v, 1. Et que demain l'hymen couronne leur amour, id. ib. v, 3. Il faut ou condamner ou couronner'sa haine, id. Rodog. v, l. Et ce qui couronne tout cela est la prédiction, pasc. Proph. 16. 11 a voulu couronner son entreprise, siv. 565. Ces morts piécieuses qui couronnent une belle vie, i-léch. Dauph. Ce qui couronne la vie de cette princesse, c'est qu'elle fut toujours égale, id. Mar. Th. Mais ce même Amurat ne me promit jamais Que l'hymen dût un jour couronner ses bienfaits, rac. Baj. I, 3. Et Paris, couronnant son insolente flamme, Retiendra sans péril la sœur de votre femme! id. Iphig. I 2. Quoi! de mes ennemis couronnant l'insolence J'irais attendre ailleurs une lente vengeance, id. Ândr. iv, 3. Jamais aucun succès n'a couronné mes vœux, volt. Tnnc. i, 4. Ceux dont une honorable vieillesse couronne une vie sans reproche, j.j.rouss. Lelt. de la mont. ix. De toutes les opérations que nous avons décrites, il en résulte une qui, pour ainsi dire, couronne l'entendement, c'est la raison, condillac, Conn. hum. sect. il, ch. n.||ll°Se couronner, v. ré/l. Se mettre une couronne. Se couronner de fleurs. || Se faire roi. Voilà par quels exploits il sut se couronner, rac. Ândr. m, 8. Par d'illustres exploits couronnez-vous vous-même, id. Thêb. iv, 3. || 12° Terme d'horticulture. Cet arbre se couronne, il vieillit et la tête s'en dessèche. || Terme de vétérinaire. Ce cheval s'est couronné, en s'abattant, il s'est fait la lésion dite couronnement. || La fin couronne l'œuvre, se dit pour exprimer que l'on doit persévérer jusqu'à la fin, que la vertu ne doit pas se décourager, etc. ou simplement pour exprimer qu'une œuvre est enfin achevée.

— HIST. xr s. Tel coronet [tel prêtre couronné, tonsuré, l'archevêque Turpin] ne chantât onques messe, Ch. de Roi. exix. || xn" s. De Tortolose estoit rois coronez, Ronc. p. 4L Sur toute joie est celé couronnée Que j'ai d'amor: Dieu ! i faudrai-jedonc? Coud, VI. Le premier roi de France fist Diex par son commant Coroner à ses anges dignement en chantant, Sa.r. i. En cel contemple ad fait li reis Henris jurer Henri sunfilàrei,e sil fist coruner, 27t. le mart. «8. Li clers est corunez : Deus deit en lui seeir; Aprendre deit tuz dis; mult li covient saveir, ib. 30. E tuit le firent coronier après sa mort, Machabées, i, i . Il et ele [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [France] tiennent de compagnie; Cil n'en est fors rois clamés [que roi de nom] Qui pieça est coronés, hues de la fertë, Romancero, p. 189. || xirr s. Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée, Berte, xlvi. Dont pristrent li baron conseil de s'aler en Constantinoble, pour coroner le bailli à empereour, villeh. clxiv. Dist Renan : se Diex

COU

— HIST. xvic s. Il jueeoit un viail cerf à la perche, aux espois, Â la belle empaumeure, et à la couronneure, rons. 2(0.

— ÉTYM. Couronner ; provenç. coronadura.

t COUROUCOU (kou-rou-kou)', s. m. Genre d'oiseaux de l'ordre des sylvains.

f COU-ROUGE (kou-rou-j') , s. m. Un des noms vulgaires du rouge-gorge. || Au plur. Des cousrouges.

— êtym. Cou, et rouge.

t COUROUPITE (kou-rou-pi-f) , s. m. Grand arbre de la Guyane dont le fruit est gros comme un melon et renferme une pulpe acide assez agréable.

f COURPATE (kour-pa-t'), s. m. Nom d'un poisson de la Méditerranée (tétragonure de Cuvier).

t. COURRE (kou-r'), v.n. Infinitif ancien du verbe courir. [I 1° Au sens de courir, emploi dans lequel il a vieilli et est aujourd'hui hors d'usasre. De ces jeunes guerriers la flotte vagabonde, Allait courre fortune aux orages du monde, malh. i, 4. Quelquesuns faisaient déjà courre le bruit que j'en étais venu à bout, desc. Méth. Le cardinal fit courre après, sév. 20). Ce sera à lui à courreet il courra, id. 294. Pour s'encourager à courre dans la carrière, boss. Pass. || Activement. Ne m'estimant ni p^ur entendre l'économie.... ni pour savoir bien courre la poste, balz. liv. n, lett. 4. || 2" Aujourd'hui, terme de chasse qui se dit des chiens qui poursuivent les bêtes. La duchesse y voulut voir courre des lévriers, hamilt. Gramm. 10. || Chasse à courre, chasse qui se fait avec les chiens courants et à cheval. || Laisser courre les chiens, ou, simplement, laisser courre, découpler les chiens. || Le laisser-courre, s. m. Le lieu où l'on découple les chiens. 11 se trouve au rendez-vous de chasse, il est au lai-ser courre, la bruy. vu. || Se dit aussi de l'air de cor quand on découple les chiens. Sonner le laisser-courre. || 3° V. a Poursuivre la bête. Quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre, mol. G. Dand. i, 8. A-t-on jamais parlé de pistolets, bon Dieu! Pour courre un cerf? id. Fâch. il, 7. || Fig. Chercher à obtenir. Nous venons, mon enfant, de courre un bénéfice, regnard , Distrait, il, i. || 4° Terme d'équitation. Courre un cheval, le mènera bride abattue.

— REM. Du temps de Vaugelas, l'usage voulait qu'on dît plutôt courre la poste que courir la poste. Aujourd'hui courre n'est plus que terme de chasse.

— HIST. xiii" s. Et por ce fait il bon courre au devant de tix perix, beaum. xxi, 12. On doit courre au devant des fraudes et des bares qui sont feies es marciés, id. xxxiv, 47.||xv"s. Fist prendre ledit huyssier et fut plusieurs jours gardé, à la fin on le laissa courre, comm. m, l. Or voyez les choses qui se dressoient pour courre sus au dit duc de Bourgongne, id. m, t. || xvic s. Je dis au comte qu'il pourroit courre fortune comme les aultres, mont. i, 95. J'ayveu quelqu'un de mes intimes amis coune là mort à force, id. i, 3oo. S'il fauit courre le hazard d'un chois incertain.... id. m, 62. Toute la Gaule s'estant eslevée pour luy courre sus, id. ni, i~2. Il fault laisser courre la rivière soubs le pont, id. iv,

biën"me"face,'*së"je puis un rasoir trover, Je vos I 44. Je viens de courre d'un fil [parcourir] l'histoire vodré bien coroner [tonsurer], Ren. 3240. Li fust li de Tacitus, in. iv, 58.

— ÉTYM. Voy. courir.

2. COURRE (kou-r'), s. m. Terme de vénerie. Endroit où l'on place les chiens, quand on chasse le sanglier, le loup, etc. Un beau courre, pays commode pour la chasse à courre.

— ÉTYM. Courre 1.

f COURRETTE (kou-rè-f) , s. f. Couleuvre de la

Martinique.

f COURRIAU (kou-rio), S. m. Petit chariot à trois roues employé, en Provence, au transport du lignite.

— ÊTYM. Courir.

COURRIER (kou-rié;l'r ne se lie jamais; au pluriel,

Ys se lie : des kou-rié-z actifs), s. m. || 1° Porteur de dépèches. Un courrier dépêché porte cette nouvelle, tristan, M. de Chrispe, iv, 2. Et depuis jusqu ici chaque jour ses courriers M'apportent en tribut ses vœux et ses lauriers, corn. Pomp. 11, 1. Pour rendre ce commerce de lettres plus sur et plus prompt, il établit, dans toute l'étendue de son empire, des courriers qui allaient jour et nuit et faisaient une diligence extraordinaire, rollin. Ilist. anc. Œuvres, t. Il, p. 368, dans pougens. || Courrier de cabinet, courrier envoyé par les ministres pour les affaires publiques. H Familièrement. Courrier de malheur, celui qui annonce une fâcheuse nouvelle. || 2" Tout homme qui court la poste à cheval. J'ai rencontré quatre courriers. Voyager en courrier. Par votre ordre en courrier j'ai précédé sa chaise, c delaV. £''■ des viedi. 1, 2. || 3° Le préposé qui , voyageant drus

roiaumes donnés, Dont il fu puis reis couronnés, Et vicaires de tout l'empire, la Rose, 6760. Quand le patriarche corone le roi, la procession lui vient à rencontre à la porte du mostier, Ass. de J. 1, 29. Il xiv s. Es olimpiades les très bons et les très fors nesontpascoronnés.mesceulx qui bien besoignent, oresme; Eth. 18. Et doit l'en aviser que le cheval ait maigres jambes, larges et plates, qu'il n'ait pas les genoulx couronnés, Uénagier , il, 3. |( xve s. [Rob. Bruce recommande en mourant, aux barons, que quand son fils] seroit venu en aage, qu'ils luy obeyssent, et qu'ils le couronnassent à roy, froiss. i, 1, 47. Libéralité est es cueurs des hommes effacée et estaincte, et en lieu de ceste couronnée vertu règne avarice et convoytise, Hist.de la Toison d'Or, t. 11, f" 2(10. y xvie s. L'on vous donnera la louange d'avoir glorieusement couronné et achevé l'œuvre, que vostre feu père avoit heureusement foudé, amyot, Èp. Hz le voulurent couronner de cl appeaux de fleurs, pour leur avoir apporté de si bonnes nouvelles, id. Thésée, 26. D'un tel logis le seigneur redouté Va couronné d'honneur et de jeunesse, rons. 706. Car il est, quant au reste, aussi noble qu'un ange, Tant je l'ay couronné de gloire et de louange, id. 87.

— ÊTYM. Voy. couronne; provenç. et espagn. coronar; ital. coronore; du latin coronare.

t COURONNURE (kou-ro-nu-r'), s. f. Terme de vénerie. Disposition des menus cors d'un cerf, ranges en forme de couronne.

COI

cou

cou

la malle-poste, porte les lettres. Le courrier de Lyon. Répondez-moi courrier par courrier. || La voiture où est le courrier. Voyager par le courrier. || La totalité des lettres qu'on envoie ou qu'on reçoit par le même ordinaire de la poste. Faire, lire son courrier. Il pouvait si peu se gêner que, le samedi même, jour de presque tous les courriers, il ne pouvait attendre pour sortir que le travail fût achevé, j. j.rouss. Confessions , 2e partie, liv. vu, 1743-1744. || 4° Nom qu'ont pris un grand nombre de journaux française! étrangers. Le Courrier français. Le Courrier des théâtre*, de la mode. || 5° Terme ecclésiastique. Cellerfer, et aussi , procureur ou intendant d'un évêque, d'un abbé, d'une communauté ecclésiastique. |l Courrier apostolique, celui qui, dans les temps de persécution, était chargé de porter aux fidèles les lettres des évêques. || Aujourd'hui, officier chargé d'avertir les cardinaux de se trouver aux consistoires, aux chapelles que tient le pape. || 6° Terme d'art militaire. Courrier volant, projectile creux contenant une missive. || 7° Nom d'un oiseau qui est le chevalier à pieds rouges. || 8'' Terme de marine. Petit bâtiment armé.

— HEM. L'Académie écrit courir par une seule r, et courrier par deuxr; l'ancienne orthographe, qui est encore dans Furetière, est Courier.

— HIST. xive s. Le chapitre et ses couriers sont en droit d'arrester dans l'enceinte de l'eslise les bayles et mestraux qui ont négligé de faire payer les gens et les aultres revenus île l'église dans le temps marqué, Ordnnn. des rois, t. m, p. 2C9. || ,xve s. Jehan Girard clerc courier et habitué en l'église collégiale de SI Julien de Brioude, du cange, cursus. || xvie s. Ayant surpris quelques courriers de Philippus, amyot, Démétr. 28.

— ÉTYM. Courre <; ital. corriere. L'ancien français avait corlieu (voy. courlieu à l'étymologie).

COURRIÈRE (kou-riê-r'), s. f. Mot qui n'appartient guère qu'à la poésie. Les soins d'une si noble et si belle courrière. moi.. /'' Dép. l, 2. La renomnue, enfin, cette prompte courrière, boil. Lut. il. Telle ne luit en sa carrière Des mois l'inégale courrière, Et telle dessus l'horizon L'aurore au ma tin ne s'étale, mai.ii. m, t. De ce mois malheureux [août, la Si-Barthélemy] l'inégale courrière [la liinej Semblait cacher d'effroi si tremblante lumière, volt, flenr. h. Des nuits l'inégale courrière S'éloigne et pâlit à nos yeux, bernis, Quatre part. jour, matin.... Leur armure guerrière Semble éclipser des nuits la brillante courrière, delille, Paradis perdu, iv.

— ETYM. Courrier.

y COURROl (kou-roi), s. m. Rouleau sur lequel on étend les étoffes de laine sortant de la teinture. || Apprêt donné au sable par le fondeur.

— ÊTYM. Même mot que courot, corroi.

COURROIE (kou-roî), s. f. || 1° Lanière de cuir.

Attacher avec des courroies. Nouer, serrer, lâcher la courroie. || Fig. Allonger, étendre la courroie, user avec économie des ressources dont on dispose; §t aussi, étendre les profits d'un emploi au delà de ce qui est permis || Serrer la courroie à quelqu'un, restreindre les ressources qu'on lui procure. j| Lâcher la courroie, laisser faire, donner des facilités. Il [le régent] se garderait bien de lâcher à l'empereur la courroie assez longue pour que sa puissance pût s'augmenter, st-simon, 52) , < 72. || Faire du cuir d'autrui large courroie, ne pas ménager la bourse d'autrui. || 2° Randes de cuir qu'on emploie quelquefois pour communiquer les mouvements. || Courroies de guindage, liens de cuir qui servent au carrosse. || Ancien proverbe. Mieux vaut ami en voie que denier en courroie [la courroie était la ceinture, la bourse], c'est-à-dire, en voyage, il .vaut mieux trouver un ami que d'avoir de l'argent en sa bourse.

— HIST. xi* s. Les mains [ils] lui lient à curreies de cerf, Chr. de Roi. cci.xxn. || XIIe s. [Ils] portent bones coreges por les mieux esfreer, Ronc. p. 201. Mainte en i a ceinte d'une corroie, Qui leur ami ne font fors de guiller [tromper], quesnes, Romancero, p. 87. Dune veneit à Robert, e sd feseit lever, Baillout lui les curgies à lui discipliner, Th. le mart. <03. S'il eussent sun cors tut nu à nu cergié [cherché, examiné] Des curgies l'eussent trové tut despecié, ib. 156. Elle tenoit une corgie Dont la mule [elle] feroit [frappait] gratis cous, la Charrette, 2784. Il xiir s. Nus ne puet estre baudroier à Paris, ce est à savoir conreeur de quir por fere courroies à ceindre et por fere semeles à souliers, se il n'achate le mestier du Roy, Liv. des met. 224. En ton lardier le saleras Et de la pel fere porras Coroies à copier fiaiaus, Ren. (6027. Adès vaut miex amis en

voie Que ne font deniers en conoies [bourse], la Rose, 4964. Devant la table le roy, endroit le comte de Dreuez, mangoit monseigneur le roy de Navarre en cote et en niantel de samit bien paré de courinn', de fermait et de chapeld'or, joinv. 205. Quant frère Remon oy ce, il se desirra [déchira] jusques à la courroie et prist à arracher sa barbe, et crier: ai mi, ai mi, id. 283. || xive s. C'est à savoir que Venus la trisceresse née de Cypre avoit une diveise et variable corgiere ou courroie, oresme, Eth. 20c. Pour ce dist uns proverbes: miex vaut trouver en voie Un boin certain ami, que denier en coroie, Baud. de Seb. 1, 1048. || xve s. Cuident ilz [les menteurs] du monde tenir Tous les deux boutz de la courroye? C'est folie, que vous diroye? ch. d'orl. Rail. toi. Et je les pren; point ne m'ennuie: Si les pendray à ma couroie, la Pass. de N. S. J. C. Ha Madame, dit madame à la royne, vous taillez larges courroies d'autruy cuir, Jéh. de. Saintré, ch. 24. Il XVIe s. Il lui donna un coup de pistolet dans la

coroie de la salade, n'Avn.Hisl m, 56 Où pendent

sur le haut les courayes funestes (Je tremble en le disant) des homicides cestes Taillez de cuir de bœuf qu'on assomme à la mort, Pelu, non courroye, large, puissant et fort, rons. 849. Il veut avoir les deux bouts de la courroie et le milieu, cotgrave. Qui cuir voit tailler, courroye en demande, id.

— ÉTYM. Berry , courrait; bourguig. corroo; wallon, corièle; namurois, scoriète; rouchi, ecoriète ; liégeois, corie, bande de cuir; provenç. correya, coritja, correja, et aussi au masculin correg, correy, corretz ; catal. corretj, au masculin ; espagn. correa; ital. corregyia; du latin corrigia, courroie, fouet, de corrigere, corriger. Quant à l'ancien mot corgie, qui a le même sens, il est difficile à expliquer, à cause du déplacement de l'accent, et peut être d'autre origine, à moins qu'on ne suppose que corrigia a donné par métathèse corgiia, d'où corgie.

COURROUCÉ, ÉE (kou-rou-sé, sée), part, passé. Animé de courroux. Dieu courroucé contre son peuple. Car les dieux courroucés contre la race humaine, Régnier, Sat. 111. Il regarda d'un œil courroucé sa pauvre bru, ce qui rabattit un peu de sa joie, scarron, Roman corn. 11, 8. || Fig. Les flots courroucés.

COURROUCER (kou-rou-sé. Le c prend une cédille devant a et 0: je courrouçais, nous courrouçons, courrouçant), v. a. [| 1° Mettre en courroux. Cette conduite courrouça son père contre lui. j| Fig. Déchaîner la tempête et courroucer les flots, delille, Enéide, 1. || 2" Se courroucer, v. réfl. Se mettre en courroux. C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce, corn. Poly. v, «. C'est contre le péché que son cœur se courrouce, Et l'intérêt du ciel est tout ce qui le pousse, mol. Tart. 1. 1. Prompt à se courroucer, enclin à contredire, volt. Calil. 11, 3. Rien dont le ciel pût se courroucer, marmont. Contes moraux, Ann. Lub. || Fig. La mer se courrouce.

— HIST. xe s. Si fut Jonas propheta mult correcious et mult ireist, Fragm. de Valenc. p. 468. Il xie s. Paien s'en fuient curuçus et irez, Ch. de Roi. clix. Si lui a dit: à tort vous curuciez, ib. xxxv. Ne s'en coruce giens [en rien] cil saintismes hom ; Ains priet Deu quet il le lur parduinst [pardonne], St Alexis, liv. Il xii° s. Pernez discipline, que nostre sire alquune fiede [aucune fois] ne se curuist, Liber psalm. p. 2. Sa lance est lraite, moût en est corociez, Ronc. p. 65. Li uns vers l'autre ne se doit corochier, ib. p. 83. Li Saisne s'en tournèrent, n'i ot que correcier, Sax. iv. Moult par fu l'empereres correciez et irais, ib. xv. Aine ne trova li reis qui plus l'ait corecié, Th. le mart. 37. Del saint encens porter el temple s'enhanli; Deus s'en ert cureciez, de liepre le feri, ib. 74. Lai saint iglise aveir ses decrez e ses leis; Ele est espuse Deu, qui est sire des reis; Il s'en corecera, se de rien la descreis, ib. 29. Se comandeit nous est que nous amons nos proïmes [prochains] si com nos mismes, dont [donc] convient que nos corezons à lur visces alsi com à nos, Job, 516. Et il n'en poïst estre cruciez, se il ne veïst et oist les maies œvres de ses proiraes [prochains], ib. 441. Il xnr' s. Devant ce que nous vous avons ci conté, vint une novele en l'ost dont li baron furent moult councié et les autres gens, cai maistres Foulques de Nulli rnor.ut , villeh. xlui. Tant doute [elle craint] à courocier Dieu et sainte Marie, Rerte, exix Ne sai comment ge vous le die, Car ge vous cnens à correcier, la Rose, 2905. Trop avoit [tristesse son cuer correciô , Et son duel [deuil] parfont commencié, ib. 3H. C'est le [la] vilome que nus puist dire, de quoi cil à qui elle est dite se courrouce plus, beaum. xxx, 10). Li bons

courouchiés pert légèrement son propos, id. v, to. Et ces choses fesoit il, vous ramentoi je, pource que vous vous en gardez, parquoy Dieu ne se courrousse à vous, joinv. 293. Il xive s. Les Stoïciens disent que un bon homme ne se doit onques troubler ne courroucier pour quelconques adversités, oresme, Eth. 24. Se nous nous courçons trop fort ou trop tost, ou trop peu ou trop tart.... id. ib. 42. Et pour ce tantost l'en se aïre et couresce , id. ib. 205. Il xve s. Car le premier vous n'estes mie Qu'ay courcié en plus grant degré, en. d'orl. Complainte. Coruciez sommes durement, De vous, chiere dame honorée, Quant ainssy estes démenée, Résurr. de J. C. Et se courroucent quant on leur reffuse, comm. 11, 2. Le roy s'en courrouça à luy [s'irrita contre lui de cela], ainsi chascun se teust, id. iv, 9 Je ne sçauroye dire vers qui nostre Seigneur s'esi monstre plus courroucé, ou vers luy qui.... ou vers ses subgectz, id. v, 9. ||xvies. Comment Dieu seroit il courroucé à la plus noble de ses créatures, veu que les moindres œuvres qu'il a faites lui plaisent? calvin, Instil. 179. Se courroucer afin qu'on se contre-courrouce, mont, m, < 44. Valerius ayant entendu de quelques siens amis comme le peuple se plaignoit de cela, il ne s'opiniastra point, ny ne s'en courroucea pointa eulx, amyot, Pi/6/, ts. La mer par plusieurs jours se tint fort haulte, et fut toujours fort courroucée, id. Timol 27. Laissons aux Tarentins leurs dieux qui leur sont courroucez, id. Marcel. 34. Il estoit facile à pardonner quand on l'avoit courroucé, id. Pyrrhus, i7. Bien courroucé de peu pleure, leroux de iincy, Prov. t 11, p. 248. S'il s'en courrouce, qu'il s'en deschausse, Cymbabalum mundi, p. )04, dans lacurne.

— ÊTYM. Wallon, corci; rouchi, courclier, courchier; picard, courcher ; provenç. corrossar; anc. catal. corrosar; ital. corrucciare (voy courroux).

COURROUX (koii-rou; l'a; se lie: un kou-rou-z aveugle), s. m. \\ 1° Sentiment d'irritation : s'emploie en poésie et dans le style soutenu. Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes, Sont des marque* de son amour, mai.ii. i, 5. Et si de mes discours vous entrez en courroux, Régnier, Éléy. 5. Sans de l'une ou de l'autre allumer le courroux, corn. D. Sanche, 11, 4. Je sais que mes crimes Vous ont causé souvent des courroux légitimes, rotr. Vencesl. v,

4. Je ne sais qui me tient, infâme, Que je ne t'arrache les yeux, Et ne t'apprenne où va le courroux d'une femme? mol. Ampli. 11, 3. Mais si la cruelle Se met en courroux Au récit fidèle Des maux que je sens pour elle, Oiseaux, taisez-vous, id. la Princ. h, 2e interna, se. 3. Quoi! Tout ce grand projet qui m'a mise en courroux, m. l'Étour. 1, 10. 11 se met en courroux, id. ib. 1, 2. Un aveu dont d'abord elle a paru contente Faute d'avoir le temps de s'en mettre en courroux, la foxt. Fianc. Laisse-t-elle un moment respirer son époux, Ses valets sont d'abord l'objet de son courroux, boil. Sat. x. Un esclave est pour elle un objet de courroux, rac. Alex. 1, 2. Je ne condamne pius un courroux légitime, id. Andr. il, 4. Poursuivez, s'il le faut, un courroux légitime, id. Raj. v, 4. Et ce juste courroux, Ainsi qu'à tous les Grecs, seigneur, vous rend à vous, id. ib. 11,

5. Ce courroux enflammé, id. ib'. m, i- Jouissez à loisir d'un si noble courroux, id. ib. ni, 6. Dieu parle, et d'un mortel vous craignez le courroux! id. Esth. 1, 3. Comment ce courroux si terrible En un moment s'est-il évanoui? id ib. 11, 9. Croyezmoi, plus j'y pehse et moins je puis douter Que sur vous son courroux ne soit près d'éclater, id. Ath. 1, 1. Ces nations frémissaient de courroux, fën. Tél. xi. Il Use dit aussi de quelques animaux nobles ou féroces. Le courroux du lion. || 2" Fig. Où la vague en courroux semblait prendre plaisir À feindre de le rendre [le corps de Pompée] et puis le ressaisir, corn. Pomp. v, 1. Ma fortune va prendre une face nouvelle, Et déjà son courroux semble s'être adouci, rac. Andr. 1, 1. Des astres' ennemis j'en crains moins le courroux, id. Esth. 11, 7. Comme Neptune de son trident apaise les flots en coutoux,

KEN. Tél. XX11I.

— SYN. courroux, colère. Ces deux mois diffèrent non par le sens qui est le même, mais par l'emploi; c'est-à-dire que colère appartient à tous les styles, tandis que courroux n'appartient qu'au style soutenu et à la poésie.

— HIST. xie s. Qui tort eslevera, ou l'aus jugement fera par curruz, Lois de Guill. 41. || xiies. Curuz de rei n'est pasgius[jeu] de petit enfant; Qu'il comence à haïr, seit pur poi u pur grant, Jamais ne l'amera en trestul sun vivant. Th. le mart. 38. Seignur, fait-il, j'apel; kar mestier en ai grant: Car cist cu-

, ruz me vait mult durement grevant, ib. 41. [Ils]

COU

ferirent les pecheors en lor ire e les félons en lor corroz, Machab. I, 2. Se il pecchent envers tei, e tu par curuz les livres à maie veue à lur enemis, Rois, 263. || xiuc s. Berte la debonaire sans corous et sans ire, Berte, xiv. Si en oten son cuer si grant courou et si grant ire que.... Clir. de Rains, p. 58. Li pors qui tant curu avoit Que trestout aveglez estoit De lasseté et de corrot , En l'espié se feri debot, Ren. 226 H. Ens ou milieu je vi haïne Qui de courrous et d'ataïne [querelle] Sembloit bien estre mo-; veresse, la Rose, 150. Il ot peur que s'il ne fesoit sa?' volonté, qu'il ne moreust en couroz ou en hayne, beaum. xii, 35. Me-tiers est à celi qui se melle d'ofice d'avocat, qu'il sace souffrir et escouter sans courous, in. v, 10. Quant aucuns a son enfant mort, si comme par fu.... on n'en doit rien demander au père ne à le [la] mère, car li grant courous qu'il en ont les doit délivrer du dam'ace temporel, id. lxix, 5. Le roy respondi que il en pooient faire leur volenté; ca"r il amoit miex mourir bon crestien, que ce que il vesquit ou courrons Dieu et sa mère, joinv. 247. || xve s. Et adonc le duc d'Orliens par grant couroulzlui dist : Monseigneur, je n'ay point rompu la paix, fenin, <4H. || xvics. Laquelle ne feroit qu'aigrir nostre courroux, calvin, Instit. 152. Courroux est vain sans forte main, leroux de j.incy, Prov. t. II. p. 278.

— ÉTYM. Ane. wallon, coroche; provenç. coi rot: ; ital. corruccio. Étymologie difficile, en a indique le latin coruscare, briller; mais le sens ne convient pas. Raynouard le rattache à cour, sans indiquer comment s'est faite la dérivation. Diez le tire de choiera, proprement uile, et figurément colère, par l'intermédiaire d'une forme coleruccio; mais, s'il en en ainsi, comment se fait-il qu'en aucune des formes ne paraisse Yl étymologique? On devrait trouver ce mot écrit quelquefois colrouz. À l'appui de son dire, Die/, cite l'ancien fiançais connue qui signifie aussi colère, et qu'il dérive de choiera, par une forme cholerina ; mais là aussi, d'une part, on regrette de ne pas trouver parfois coulrine, et d'autre part on a, dans le provençal, coreilla, corilla, qui paraîl le même que courine et qui dérive de cœur. En étudiant de prés les formes du mot, on en trouve deux au régime singulier, l'une plus rare qui est cotrot, et l'autre plus commune qui est corrouz. La première correspond à l'italien corrolto, deuil, et est évidemment un substantif fictif corruptus, dérivé 'lu participe corruptus. Que corruptus ait pu donner corrot, et ruptus, rot, c'est ce que prouvent les exemples suivants : Icellui suppliant a congneu [avoué] que ses diz tesmoings il avoit induis et corroz [corrompus], ducange, corrumpere. Roz [rompus] [il] ot les laz del heaume de Bavière, Bat. d'Aleschans, v. 622. Corrot paraît entraîner courroux et le rattacher à corruptus, par l'intermédiaire d'une forme corruplium. On conçoit sans peine que corrumpere ait pris le sens d'aigrir, mettre en peine, irriter; d'ailleurs le fait est certain pour le fiançais corrot, et l'italien corrolto. L'italien cruccio, crucciare, est une contraction de corruccio, corrucciare, contraction qui se trouve aussi dans l'ancien français (crucier, voy. l'historique de courroucer). Une autre contraction française de courroucer est courcier, de courrecier pour courroucer.

| COURROYER (kou-ro-ié), v. a. Mettre au courroi.

— ÉTYM. Voy CûRROI.

t COURROYEUR (kou-ro-ieur), s. m. Ouvrier qui courroie les étoffes.

— Etym. Corroyer.

COURS (kour ; quelques personnes prononcent L's, disant kours', ce qui est mauvais; Y s ne se lie pas: kou-r éternel des astres; cependant quelques personnes lient cette s : le kour-z éternel), s. m. || 1° Action de courir, cheminement, progrès, au propre et au figuré. Que d'un cours si rapide La victoire vous ait ramené dans l'Aulide, rac. Iphig. :, 2. C'est pour vous qu'on l'a vu, vainqueur de tant de princes, D'un cours impétueux traverser nos provinces, id. Alex, n, t. Un entretien dont le cours m'importune, id. Be'rén. I, 3. Et pour trancher le cours de leurs dissensions, corn. D. Sanche, l, 2. Pour rompre le cours à toutes les dépenses, mou. le Bourg, v, 2. Il faut, dis-je, pour rompre à toute chose cours.... id. l'Étour. i, 9. Il a arrêté le cours d'une corruption publique, pasc. l'rov. 8. La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre.... La violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque, ih.ib. <2. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours, boss. Reine

cor

d'Anglet. Hé quoi! votre courrou- n'a-t-il pas eu son cours ? rac. A ndr. i, 4. J'ai cru que votre amour allait finir son cours, id. Bérén. v, 7. De mes inimitiés le cours est achevé, id. Andr. i, t. Des exemples qui arrêtent le cours de l'iniquité, fén. Tél. xn. Toutes ses passions reprirent leurs cours, in. ib. xvi. || Interrompre le cours d'une chose, l'arrêter, l'empêcher. Les plaisirs dont jamais le moindre remords n'a interrompu le cours, pasc. Prov. 4. C'est ce qui nous apprend parfaitement la dépendance perpétuelle où nous sommes de Dieu, puisque, s'il en interrompt tant soit peu le cours, la sécheresse survient nécessairement, id. Lettre à Mme Périer, 5 nov. 1648. De combien de soupirs interrompant le cours, Ai-je évité vos yeux que je cherchais toujours! rac. Brit. m, 7. Je te vis.... Toujours de ma fureur interrompre le cours, id. Andr. i , <. Mais un trouble importun vient, depuis quelques jours, De mes prospérités interrompre le cours, id. Ath. n, 5.J| Terme de marine. Voyage de long cours, par opposition au cabotage qui se fait sans presque quitter la côte, tandis qu'on s'en éloigne tous les jours dans le voyage de long cours. On est généralement plus longtemps à se rendre de Dunkerque à Cette que de Nantes à Terre-Neuve; mais, quelle que soit la durée du voyage, le premier est nommé cabotage ou grand cabotage, et l'autre long cours, lf.goarant. Les deux souris s'embarquent dans un vaisseau qui allait faire un voyage de long cours, fén. xix, 57. (| Capitaine au long cours, celui qui commande les navires qui font le long cours. || Terme de filature. L'allée et la venue de la navette, dans les fabriques de soie. || 2° Mouvement réel ou apparent des astres, uue puisses-tu, grand soleil de nos jours, Faire sans fin le même cours! mai.h. m, 4. Je n'entends point le cours du ciel ni des planètes, régnier, Sat. m. L'astre qui commence son cours, rac Hymne. Son char vide [du soleil] faisait son cours ordinaire, fEn. Tél. il. || 3" Mouvement d'écoulement, et aussi étendue que parcourt le lleuve, etc. Cette rivière a un cours rapide. Les rivières ne sont guère navigables que dans la dernière moitié de leur cours. Une rivière dont le cours, Image d'i n sommeil doux , paisible et tranquille, Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile, la font. Fuhl. vin, 23. Les bateaux qui suivent le cours d'une rivière, desc. Monde, to. Les paroles de Mentor étaient semblables à ces paroles enchantées qui calment la mer irritée, font taire les vents et les Ilots, et suspendent le cours des lleuves, fén. Tél. xi. Le commerce est comme certaines sources ; si vous voulez détourner leur cours, vous les faites tarir, id. ib. m. Sur un ruisseau rapide Vers la France entraîné, 11 s'assied l'œil humide Et le front incliné; Dans ces champs qu'il regrette, Il sait qu'en peu de jours, Ces flots que rien n'arrête Promèneront leur cours, bérang. Exilé. || Un cours d'eau, un ruisseau, une rivière. Les grands cours d'eau qui traversent l'Amérique méridionale. || Donner cours à l'eau, lui procurer de l'écoulement. || Donner cours à ses larmes, les laisser couler. De ses premiers sanglots laissez passer le cours, rac. Bérén. ni, 2. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes ; A nos sanglots donnons un libre cours, id. Esth. b. |j Fig. Donner cours à ses transports, à sa fureur. Et laisse-moi, de grâce, attendant Emilie, Donner un libre cours à ma mélancolie, corn. Cinna, m, 2. Je veux pour donner cours à mon ardente haine.... rac. Théb. iv, < . Nos habitudes ouvrent nos organes et donnent aux esprits un cours facile et prompt, vauven. Pénétration. || Prendreson cours, se dit d'une eau qui prend sa pente. Et fig. avoir origine. Et de là prend son cours mon déplaisir secret, corn. Cid, i, 2. La source d'où la grâce a pris son cours, boss. Dév. t. || Laisser passer le cours, attendre qu'une eau soit écoulée; et fig. attendre que quelque chose ait cessé. Ulysse.... De ce premier torrent laissa passer le cours, rac Iphig. I, t . || Par comparaison avec le cours d'un fleuve, on dit le cours d'une chaîne de montagnes. L'idée qu'il avait d'établir le véritable cours de la ligne des montagnes qui commence à la mer Noire, va parallèlement au Danubejusqu'au mont St-Gothard et continue jusqu'à la M éditerranée.FONTEN.i/arsa^f. || 4° Par analogie. Le cours du sang. Il faut que cette humeur ait son cours. Je voudrais que du ciel le barbare secours De mon sang dans mon cœur eût arrêté le cours, volt. Zaïre, ni, 3. jj 5" Cours de ventre, diarrhée. || 6° Développement, enchaînement. Le cours des saisons, des événements. Je lui prête mon bras sans engager mon àme; Je m abandonne au cours de sa félicité, Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté, corn. Sertor. m, 2. Les choses quelquefois prennent un autre cours, id.

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Nicom. iv, 5 Mon sang rompt le cours du mal

que j'avais fait, id. ib. v, to. J'observe comme vous cent choses tous les jours, Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours, mol. Mis. i, 4. Ils ne peuvent prévoirie cours que prendra l'avenir boss. llisl. m, 7. Ce serait à moi qu'il se faudrait prendre du cours qîfont pris vos deux lettres, id. Lell. quiet. 14t. Il n'y a qu'à laisser aller les choses leur cours naturel, mass. Car. F. conf. Il suit ie cours des révolutions humaines, id. ib. Voc. Laissant au hasard le cours des siècles et des sa in. .1 1 . Noël. Vousne sauriez.... Conter vos malheurs sans conter mon histoire; Et lorsque, ce matin, j'en écoutais le cours, Mon cœur vous répondait tous vos mêmes discours, rac Mithr. n, 6. Désormais que ma muse, aussi hien que mes jours, 'louche de son déclin l'inévitable cours, la font. Poésies mêlées, lxix. Quand on est au cours des plus grandes afi'aires, rarement tombe-t-on dans certaines petitesses, vauven. Sujétion de l'esprit. |j 7" Durée. La nuit est au milieu de son cours. Le cours de notre existence. Dans le cours de la guerre. J'en romprai bien le cours [de sa vie], corn. Ilor. m, 6. Dans le cours d'une seule journée Je suis Héraclius, Léonce et Martian, id. Ilérncl. v, h. Mai» enfin ce héros, sujet au cours des ans, A trop longtemps vaincu pour vaincre encor longtemps, id. Sertor. n, t. Tout est vain en l'homme si nous regardons le cours de sa vie mortelle, boss. Duch. d'Orl. Puisqu'à l'âge de 39 ans j'ai assez vécu pour connaître les hommes, et que j'ai vu pendant ce cours toute sorte de personnes, la brly. Théoplir. Av. propos. Dans le cours d'environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu'il partagea à peu près également entre les deux théâtres, d'alemb. Éloges, Marivaux. || Cours de la lune, le temps qui s'écoule depuis le premier quartier jusqu'à la pleine lune. || On dit qu'une maladie a son cours quand elle passe inévitablement par certaines périodes. Je pense qu'il fallait que le mal eût son cours, rec-nier, Sat. xiii. Il faut que le reste [du mal] ait son cours, et nous comptons sur trois semaines, sév, 245. 118° Enseignement suivi sur une matière. Suivre un cours de chimie, d'algèbre, de littérature. Apprenez, ma fille; faites votre cours [de médecine] id. 387. Outre les leçons publiques, M Chirac faisajt chez lui des cours particuliers, fontbn, Chirac. \\ Traité spécial sur un enseignement. Ce professeura publié un coursde philosophie. || Etudes universitaires. Ce jeune homme a fini ses cours. || Ancien ternie de jurisprudence. Recueil de lois, de canons. Cours civil. Cours canonique. || 9° Circulation, crédit. Cette monnaie n'a plus cours. Donner cours forcé aux billets, obliger de les recevoir comme argent. Une monnaie de cuivre qui avait cours il y a deux mille ans, montesq. Leti pers. 142, Semblable à une monnaiequi n'a point de cours. i\ bruy. l. Il Par extension, se dit des écrits ou idées qui ont circulation et crédit. Plusieurs copies qui eurent cours par la ville, hamilt. Gramm. H. Qes ouvrages [de parti] ont cela de particulier qu'ils ne méritent ni le cours prodigieux qu'ils ont pendant un certain temps, ni le profond oubli où ils tombent, la bruy. i. Les choses qui ont sont usuelles] , id. xiii. Un ouvrage qui n'ait nul cours [nulle vogue], id xii. Jusqu'à ce qu'ils aient vu le cours que l'ouvrage aura dans le monde, id. i. Les erreurs qui ont aujourd'hui cours dans le monde, mass. Myst. Visit. Il m'apprend un jargon qui a cours dans l'Europe, volt. Âmabed, I. En général la satire a peu de cours dans les grandes villes, j. J. rouss. Hél. n, 9. || Donner cours à uns monnaie, à un papier; et, par extension, donner cours à un bruit, à une opinion. Le commerce de tant de peuples divers, autrefois étrangers les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des principaux moyens dont la Providence se soit servie pour donner cours à 1 Évangile, boss. Hist. m, 1. Lesman nent cours au mérite, la bruy. v. || 10° Ternie de cnmmerce. Valeur sur le marché. Acheter nés marchandises au cours delà place ou du marche. Rien n'eut cours ni crédit, la FOJiT. Fabl. vu, 14. C'est le cours du marché des affaires humaines. Régnier , Sat. xii. La vertu.... Se transforme aux humeurs, suit le cours du marché, id. Sat. v. || 11° Terme de bourse. Le cours est ouvert. Le cours du change, de la rente, des obligations. Les cours > ml élevés, les fonds sont en hausse. Puisque le change, dans son cours, éprouve nécessairement des hausses et des baisses alternatives, il est évident que les marchands, tour à tour, donneront tantôt une plus

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grande somme pour une ]>lus petite, tantôt une etite pour une plusgrande, condillac, Comm. gour. I, 17. [| Cours moyen, cours également distant du plus haut et du plus bas de la bourse courante. Acheter de la rente au cours moyen. || 12" L'étendue d'une chose en longueur. Une ta- .ii\ mètres de cours. || 13° Terme d'architecture. Cours de plinthe, plinthe de pierre ou de plâtre continuée dans les murs de face, à l'effet de marquer la continuation des étages. | Cours de pannes, réunion de toutes les pannes pour faire la longue!!!' du comble. || Cours d'assise, rang continu de pierres dans une bâtisse. || 14° Lieu ble qui est un rendez-vous pour se promener a certaines heures à cheval ou en voiture, et qui est ordinairement en dehors de la ville. Au xvne siècle, le cours du mardi gras se tenait au bout du Faubourg St-Antoine. Hyde-Park, comme on sait, est le cours de Londres, hamilt. Gramm. 7. Il se promène avec des femmes à la plaine ou au cours. la ni;' v. vu. En revenant à Paris, nous trouvâmes au cours presque toutes les filles de qualité à marier, st-sim. 28,72. || Nom de promenades publiques les vi les. || 15' Terme de liturgie. Cours ecastique, heures canoniales ou bréviaire.

— HIST. m" s. [Il] Descent à pied, alet i est plein purs, Cli. de llol. ccn. || x'ii" s. El curs del tens e del termine Qui est, qui vient et qui sera, benoît, il, (023. Cuui ii Unies [fleuve] remfle suvent E creist pur la mer dusqu'en som Par les curs de la luneison, m. il, 3022. || xiii' s. Des douze signes par coi li solaus fait son cours, alebrant, f° t. Des testamens ont hui ces deux oidres [les moines mendiants] le cours-. Et si s'en entremetent par commun entrecours: Testamens, sépultures leur font si grant secours, Que de quanque il leur fault treuvent ilec recours, j. de meung, Test. 906. Le cours de nostre vie humaine, id. Tr. 96. Gardez-vous del trot ou del cors, Fabl. el coules anc. t. il, p. 186. || xive s. Elle [la monnaie] n'a pas son pris ne son cours par nature, mes par la loi et par ordenance humaine, oresme, Elh. 1 52. Et lesorsd'ingremanche [nécromancie] scet-elle bien user, Et le cours des esteles scet-elle regarder, Daud. de Seb. xu. 730. || xve s. Je savoie bien que encore au temps à venir sera cette haute et noble histoire en grand cours, et y prendront tous nobles et vaillans hommes plaisance et exemple de bien faire, froiss. ii, m, l. Et au corps ils a\oient le cours du ventre dont ils mouraient sans remède, id. ii, m, 83. L'escuyer anglois qui venoit là le cours [en courant] pour lui aider, n'y put venir à temps, id. ii, ii, 85. Il faut que les choses aient leur cours, ID. Il, II, 112. Mais il convient que je l'endure. Puisque c'est le cours de nature, en. d'orl. Hall. 98.... tant d'ordure y a cours fa la cour] Qu'eureus est cils qui ne la poursuit mie, e. desch. Douleur advenant à ceux qui suivent la cour. À vostre mort [vous] courez plus que le cours; Trop me merveil comment vie vous dure, il). Vie dissipée. Pour congnoistre selon les espaces des charpenteries, à veoirle cours des tois par un descours seulement, quans milliers de clou et de latte et de tieulle il aura sur un toit, id. Poésies mss. f" 394, dans lacurne. Escoliers qui vuellent estre licentiés en médecine doivent o'ir en la dicte science par cinquante six mois ou par six ans à ordinaire et à cours, non comptées les vacations d'entre Saint Père et la Sainte Crois, Urd. des rois de Fr. t. il, p. 70. || xvi" s. Diane en l'onde il vaudrait mieux trouver Ou voir Meduze, ou au cours s'esprouver Avecques Atalante.... dubell. vu, 26, verso. Mettre en traficque la raison, et donner aux loix cours de marchandise, mont, i, hs. J'avois achevé mon cours [mes études], id. i, -196. On laisse ce vain cours à son auctorité, id. ii, 80. Leur monnoye de fer n'avait point de cours aux autres villes de la Grèce, amyot, l.yc. 14. Aucunes rivières ne furent destournées de leurs cours, id. Fab. 6. La raideur du cours delà rivière, in. Tira. 42. Ne pouvant demeurer oisif sans rien faire avec un si bon nombre de galères, il s'en alla en cours, où il prit quelques isles, in. Lysand. (5. Il envoia quelques galleres et fustes en la mer pour descouvrir; ceux-là n'eurent pas fait grand cours qu'ils rencontrèrent Uluzali, d'aub. Hist. il, 202.

— ÊTYM. Bourguig. cor de ventre; provenç. cors;

esp. curso; ital. corso; du latin cursus, de currere

(voy. courir).

f CODRSABLE (kour-sa-bf) adj. Qui a cours. Nos.

; lois monétaires sur la fabrication veulent que nos

J espèces aient une valeur coursable supérieure à

celle de la matière, Mirabeau, Collection, t. v,

p. 86. || Inusité.

— ÉTYM. Prov. corsable, qui a cours; du latin cursus, cours (voy. cours).

COURSE (kour-s'), s. f.\\ 1° Action de courir; genre de locomotion qui consiste à aller très-rapidement en penchant le corps en avant. La course diffère de la marche en ce que, tandis que dans la marche il y a toujours un des pieds qui touche le sol, dans la course il y a un moment où aucun des pieds ne touche le sol. Prendre un lièvre à la course. La course n'est pas la seule chose qu'elles [les femmes] fassent maladroitement, mais c'est la seule qu'elles fassent de mauvaise grâce, j. i. rouss. Ém. v. Nous faisions régulièrement la lieue de poste de 4000 mètres en 15 et 16 minutes.... La pratique avait fini par nous faire trouver toutes simples ces longues et -rapides courses.... Après bien des expériences, j'ai remarqué que la vitesse la plus convenable pour toutes les classes d'hommes était celle de 100 pas par minute, et la longueur la plus rapprochée de la moyenne, de un mètre d'un talon à l'autre, laisné, Gymnastique pratique, p. 51 Pas de course gymnastique sur place : au premier commandement, les élèves fixeront leur attention et porteront tout le poids du corps sur la jambe droite; à celui de en position, ils lèveront la jambe gauche en avant en baissant la pointe du pied et de manière à ce que la cuisse forme un angle droit avec elle; au commandement de marche, ils s'enlèveront un peu sur le pied droit, puis ils retomberont immédiatement sur le gauche; ils en feront ensuite autant sur celui-ci pour retomber sur le droit, et ils continueront en comptant, à haute voix, un, pour tomber sur le pied gauche, et deux, pour retomber sur le droit, id. ib. 55 et 56. || Prendre sa course, se mettre à courir. Ayant pris sa course avec tant d'ardeur, boss. lmpén. t. || Pas de course, pas militaire plus vite que le pas accéléré et oùlecorp^est en effet penché en avant comme dans la course. || Marche très-rapide, sans que pour cela on coure précisément. La reine dont ma course a devancé les pas, rac. Iphig. i, 4. Elle-même tantôt, d'une course subite, Était venue aux Grecs annoncer votre fuite, id. ib. v, 6. || Fig. Jason de tant de maux bornasoudamlacour.se, corn. Toison, i, l.Quoilje verrai , seigneur, qu'on borne vos États, Qu'au milieu de ma course on m'arrête le bras, id. Nicom. n, 3. Les apôtres n'avaient pas encore achevé leur course, boss. Hist. Il, 7. Ensanglanter la fin d'une course si belle, rac. Alex, v, 2. Si les bonnes gens vivent encore, ils ne sauraient être fort éloignés du dernier moment de leur course, la font. Psyché, i, p. 63. Voulez-vous sans pitié laisser finir vos jours? Quelle fureur les borne au milieu de leur course? rac. Phèd. i, 3. Ou si quelque chagrin en [de vos plaisirs] interrompt la course, m. Brit. Il, 3. Ne murmurons donc plus contre les destinées Qui livrent sa jeunesse au ciseau d'Atropos, Et ne mesurons point au nombre des années La course des héros, j. b. rouss. Odes, n, 10. Quoique enlevé au commencement de sa course, il n'est point d'âme sensible et vertueuse qui ne doive envier une mort telle que la sienne, d'alemb. Éloges, la Trem. || 2° Joute où l'on s'efforce de l'emporter par la vitesse. Course à pied, en char. Le chevalier avait fait une course de chevaux, hamilt. Gramm. -H. Entre les différents exercices que cultivaient avec tant de soin les athlètes pour se donner en spectacle dans les jeux publics, la course était celui qui tenait le premier rang; c'était par là que commençaient les jeux olympiques, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 75, dans pougens. || Épreuves que l'on fait subir aux chevaux pour juger de la vitesse de leurs allures et de leur vigueur à franchir des obstacles. Courses de vitesse ou de race, celles qui se font au galop. Courses d'épreuve, courses de production, celles qui se font au trot. Courses plates, celles qui se font sur un terrain non accidenté. Courses des barrières, courses au galop dans Les hippodromes, où l'on place de distance en distance des obstacles consistant en barrières, en haies mobiles. Course au clocher, celle qui se fa.t à vue de but et par la voie la plus courte à travers champs, haies et fossés. || 3° Attaque dans un tournoi. En trois courses il rompit trois lances. |] Au jeu de bague, course de tête, exercice par lequel on apprend à atteindre un certain but qui est figuré par une tête. || 4° Allées et venues, démarches pour une affaire. Faire bien des courses par la ville. || Plus particulièrement. Ce petit clerc, ce commis n'est employé que pour faire les courses || 5° Excursion. Les courses de nos savants dans ce pays en font connaître les antiquités, il renonce aux courses ingrates, Revient en son pays, voit de loin ses pénates. Pleure de

joie et dit : heureux qui vit chez soi, De régler ses désirs faisant tout son emploi ! la font. Fahl. vu, 4 2. Il est ravi que vous ayez fait cette jolie course, sév. 142. || 6° Trajet, distance. Il y a une très-longue course d'ici chez vous. || Trajet que fait une voiture de place d'un endroit à un autre. Prendre un fiacre à la course. || Ce que gagne un courrier, un cocher, un portefaix pour le chemin qu'il a parcouru. || 7° Cours des astres, des fleuves. Eh! qui guide les cieux en leur course rapide? la font. Fabl. x, i. D'un ruisseau qui peut nuire, interrompre la course, boursault, Ésope à la cour, v, 6. Les flecves étonnés remontent vers leur source, Les astres de la nuit interrompent leur course, j. b. rouss. Cantate, Circé. Le Tibre, dont le ciel favorise la course, delille, Enéide, vin. || 8" Terme de guerre. Expédition qu'une troupe fait en pays ennemi, en vue du butin. Les Scythes ont plutôt fait des courses que des conquêtes, boss. Hist. m, a. Les barbares faisaient quelques courses et ravageaient, id. Égl. i Pourquoi tenter si loin des courses inutiles? rac. Miihr. m, t. Nous n'allions jamais en course qu'accompagnés de vieilles sorcières, volt. Ph. ignor. 53. C'était beaucoup pour les chrétiens [espagnols] de pouvoir se réfugier dans ces montagnes et d'y vivre de leurs courses, id. Mœurs, 27. || Fig. Sans cette crainte [de la justice], il [l'hommej ferait des courses continuelles sur les autres, larochef. Pensées, 22. || 9°Terme de marine. Expédition de corsaires. Armer un navire en course. Aller en course. Une petite flotte et des vaisseaux détachés qui tirent la course, anquet. Ligue, i, 282. Les Danois elles Normands n'étaient point armés en course et ne savaient guère se battre que sur terre, raynal, Hist. phil. x, 19. || 10° Terme de danse. Un appelle ainsi le parcours de l'aire de la danse. On distingue la course en rond et la course en carré. Pour la course en rond, le cavalier tenant sa dame par la main se trouve avec elle sur le rayon du cercle qu'il décrit tout entier; c'est donc une sorte de moulinet double, sinon que les darnes ne se tiennent pas par la main. Dans la course en carré, le cavalier menant sa dame fait des pas de coté de manière à occuper successivement les quatre côtés du carré, en faisant toujours face à ses vis-à-vis. La demicourse a lieu quand on ne fait pas le tour entier et que, loin de revenir à sa place, on s'arrête à celle du vis-à-vis après un demi-tour. || 11° guantité dont un pêne de serrure peut avancer ou reculer. || L'aller et le venir d'une navette, d'un piston. || Ternie d'émailleur. Tirer à la course, tirer l'émail, en longs filets, après qu'on l'a puisé liquide dans la cuiller.

— HIST. xve s. Et vinrent de course, à pied, l'un contre l'autre [joute de deux chevaliers], froiss. ii, II, 81. Pour nioy n'avez rien fait encor; Et s'espeluchiez si l'argent, Hz sont de bon or et de gent, Du coing du roy, et ont leur course [leur cours] , eust. desch. Poésies mss. f" 373 , dans lacurne. || xvie s. Sa galère fut arrestée au milieu de sa course par un rémora, mont, ii, isu. Ce chien print sa course, et se jeela dans le feu, id. h, 183. Les courses et pilleries qu'ilz feirent par l'Italie, amyot, Crassus, 14. Hz en prirent, à course de cheval, plusieurs qu'ils trouvèrent esgarez et écrans çà et là parmy les champs, m. ib. 54. Il prit à la course le fan, qui estoit une petite biche de pelage estrauge, id. Sertor. 15.

— étym. Provenç. et ital. corsa (voy. cours).

COURSIER (kour-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des kour-sié-z ardents),»-, m. || 1° Grand et fort cheval de tournoi ou de bataille. || Poétiquement, un noble et beau cheval. Déjà d'un plomb mortel plus d'un brave est atteint, Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint, boil. Épil. iv. On vous voit moins souvent, orgueilleux et sauvage, Rendre docile au frein un coursier indompté, rac. Phèd. i, t. Et mes coursiers oisifs ont oublie ma voix, id. ib. il, 2. Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefois, Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix, id. ib. v, 6. Et fier de porter l'homme et sensible à sa gloire, Le coursier partagea l'orgueil de la victoire, delille, Homme des champs, iv. || Fig. Le sang remonte à son front qui grisonne, 1." vieux coursier asenti l'aiguillon, bèrang. V. sert rit, || Par plaisanterie. Un ânier,son sceptre à la Menait en empereur romain Deux coursiers à longues oreilles, la font. Fabl. II, tu. j| 2" Dans la manne ancienne, passage de la proue à la poupe, dans une galère, entre les bancs des forçats. || Le canon qui , placé sous le coursier, faisait feu par la proue. || Dans la m.uine actuelle, canon de chasse placé à l'avant. || 3" Conduit qui, amenant l'eau d'un biez de moulin, la fait passer au-dessous de la roue.

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— SYN. coursier, cheval. Cheval est le nom simple de l'espèce sans aucune idée accessoire. Coursier renferme l'idée d'un cheval courageux et brillant. Coursier est tellement propre à la poésie ou à la haute éloquence, que l'emploi de ce mot dans le style ordinaire suffit a rendre ridicule celui qui s'en sert, à moins qu'il ne le fasse par moquerie.

— HIST. xne s. Quant il se voit sor son cheval corsier, Ronc. p. 40. Et maint cheval corsier, sor et bai et bauçant, Sax, t. i, p. 88. Hxiii" s. Et les chevaliers que le roy avoit mis en ses courciers [sorte de navire] pour nos malades deffendre, s'enfouirent, joinv. 239. || xv s. Si monta au plus tost qu'il put sur fleur de coursier et prit les champs, frojss. i, 1, (03. Elle remonta sur son coursier, ainsi armée c iiime elle estoit [la comtesse de Montforl], id. i, i, I7i. Et estoit appelé ce brigand Bacon: et estoit toujours bien monté de bons coursiers, de doubles roncins et de gros palefrois, id. i, i, 324 . Lequel coursier qui estoit grand et fort s'escueillit à courir, et emporta le chevalier malgré lui, id. i,i,298. Et avoyent nefs coursieres qui couroient sur les bandes de Normandie pour avoir des nouvelles, id. liv. il. p. 28), dans lacurne. Trois manières sont de chevaux qui sont Pour la jouste, les uns nommez destriers, Haulz et puissans et qui très grant force ont; Et les moyens sont appeliez coursiers, Ceulx vont plus tost pour guerre et sont legiers; Et les derrains sont roncins, et plus bas Chevaulx communs qui trop font de debas , Au labour vont, c'est du gendre villain, eust. desch. Poésies mss. f° 234, dans lacurne. Il xvi" s. Douze chevaux coursiers d'Hespaigne, carl. iv, 12 Comme ung brave seigneur, monté sur ung furieux coursier, id. vi, i i . Si se heurtèrent les deux coursiers de front, amyot, Eum. 13. Au baron appartient l'espace du faucon et du destrier; et est entendu destrier un grand cheval de guerre, coursier ou cheval de lance, Coust. gé >ér t. n. p. 65.

— ÊTYM. Provenç. corsier; espagn. corcel; ital. corsiere; bas-lat. corserius; du latin cursus (voy.

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