DE SERRSS
— ÉTYM. Espagn. carmesi; portug. cannez un ; ital. chermisi, chermisi; de l'arabe karmesi, cramoisi, dérivé de kermès (voy. ce mot).
2. CRAMOISI (kra-moi-zi) , s. m. || 1° Couleur d'un reuge foncé. Voilà un beau cramoisi. ||2°Sorte de teinture qui rend les couleurs plus vives et plus durables. || Fig. Être sot, être laid en cramoisi, être extrêmement sot, extrêmement laid. Locution vieillie. Vous seriez sotte en cramoisi, Si vous nous la donniez ainsi, scarron, Virg. trav. i. Voudriez-vous bien quitter Cartilage ? Vous seriez folle en cramoisi , id. ib. iv. || Leroux, dans son Dict. comique, dit que cette locution est fort à la mode à Paris et que même, vu sa force, elle ne vieillira jamais. 11 s'est trompé'.
— ÉTYM. Cramoisi 1
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PICT. Dr. L.' ÉANGU2 F1UNÇ74SE.
t CRAMOISIE (kra-moi-zie), s. f. Anémone à peluche.
— ÉTYM. Cramoisi 1.
t CRAMOISIÈRE (kra-moi-ziê-r'), s. f. Variété de poire à couteau.
1. CRAMPE (kran-p') , s. f. || 1° Contraction, involontaire et douloureuse, de muscles isolés. Avoir des crampes. 11 lui prit une crampe. || Autrefois on disait aussi goutte-crampe. || Fig. Avoir la crampe, être lent. N'avoir pas la crampe, être vif, être éveillé sur ses intérêts. || 2° Crampe nerveuse de l'estomac, ou, simplement , crampe d'estomac, douleur vive qui a son siège dans les parois de ce viscère. || Crampes, douleurs que les femmes en couches ressentent souvent dans les membres abdominaux, lorsque la tête de l'enfant s'engage au détroit abdominal. || Crampe des écrivains, affection consistant en une inaptitude de certains muscles des doigts de la main, le pouce, l'indicateur, à se contracter régulièrement pour retenir et diriger une plume, pour appuyer sur les touches d'un piano, etc. — hist. xine s. Luxure n'est de riens endormie ne crampe; Partout queurt [court], partout monte, partout gravist et rampe j. de meung . Test. 1753. Vos alez en estei si joint, Et en yver alez si cranche, ruteb. 211. || xve s. Mais lacrance Ont ceulx dehors, s'il est qui y prent garde, e. desch. Administ. de l'hôtel du prince. \\ xvi' s. D'Alvian tint, Petillan recula; Aussi l'on dit en la gloire qu'il a Que son cheval n'eut pas la goutte grappe En Aignadel.... j. marot, v, 139. La goutte grampe est une espèce de convulsion, faite d'une matière flatulente, par le moyen de laquelle souventesfois le col, les bras et jambes sont par une grande force retirées, ou estendues, causant une extresme douleur, non toutesfois de longue durée, paré, xxi, 29.
— étym. Picard, kranke; de Pane, allem. krampf, du même radical que crampon (voy. ce mot). Crampe, cranche, crance, grampe, et même grappe, sont toutes formes d'un même mot qui était adjectif: estre crampe, avoir les membres contractés, engourdis, avoir la goutte crampe, etc.
t 2. CRAMPE (kran-p'), s. f.\\ 1» Terme de marine. Espèce de crampon. || Crampe à chambrière, petite barre ployée en équerre vers les bouts, pour maintenir le mât sur ses tins pendant qu'on le travaille. || 2° Terme de sellier. Voy. crampon.
— ÉTYM. Voy. CRAMPON.
CRAMPON (kran-pon), s. m. \] 1° Attache en fer qui a un bout recourbé. Ce sont de vieilles murailles [la prison de saint Pierre, à Rome] où l'on montre des crampons de fer, chateaub. Itin. n, 239. || Fig. Saint-Simon s'en est servi pour exprimer les appuis à l'aide desquels un homme peut s'élever dans le monde et pousser sa fortune : Noailles n'était admis à rien, en jeune homme qu'on ne connaissait pas assez, et dont le grand vol et les nombreux crampons tenaient en égale attention et défiance, sr-siM. 238, 168. || 2" Terme de blason. Représentation du crochet de fer dont on se servait pour monter à l'assaut. || 3° Terme de serrurier. Crampon de fermeture, morceau de fer plié en carré et attaché dans la pièce du milieu de la croisée de la fenêtre, dans lequel on pousse le verrou des targettes qui sont attachées sur le châssis de la vitre. || 4° Terme de maréchalerie. Bout de fer recourbé à l'extrémité des éponges du fer à cheval, afin d'assurer la stabilité des bêtes de trait sur le sol. || Pendant les temps de glace, on emploie le crampon à oreilles de chat, dit àl'aragonaise, disposé en forme de pyramide. Pourquoi tant de soldats déjà morts de faim et de froid sous le poids de leurs sacs, chargés d'or au lieu de vivres et de vêtements, et surtout si trente-trois journées de repos n'avaient pas suffi pour préparer aux chevaux de cavalerie, de l'artillerie et à ceux des voitures, des fers à crampon qui eussent rendu leur marche plus sûre et plus rapide ? ségiir, Hist. de Nap. x, 2. || 5" Terme de chemin de fer. Morceau de fer plat servant à fixer provisoirement un coussinet sur sa traverse lorsque le boulon s'est cassé dans le trou. || 6° Terme d'orfèvre. Fil de fer retenant ensemble deux pièces qu'on veut souder. || 7° S. m. plur. Terme d'imprimerie. Pièces de cuivre en demi-cercle fixées au coure de la presse et glissant sur les bandes pour procéder au foulage. || 8° Terme de sellier. Ivm morceau de cuir qui est en forme d'anneau et qui est sur le devant de la selle pour attacher les fourreaux des pistolets. || 9- Terme do botanique. Appendice de la tige par lequel elle s'accroche aux corps voisins, et qui n'est ni roulé en spirale comme la vrille, ni propre à pomper la nourriture comme le, racines. La tige du lierre est pourvue de crampons.
— HIST. xme s. Nus ne puet ouvrer de cranpons qui ne soient bon et Tort selonc la grandeur où il s'afierent, Liv. des met. 168. ||xvies. Je le pendv, accrochant la broche à deux groz crampons qui soustenoyent les hallebardes, rab. Pant.n, 14. Elle trouva les huis couverts, entre autres, celui de la cave, et la serrure et les crampons par terre, desper. Contes, xlvii. Les deux navires apportèrent en mesme temps leur voilée, les crampons et telles escouppetterie qu'il leur fallut quitter le tillac, d'aub. Hist. il, 179. Le fer estant en forme de crampor. marin, de quoy on meurdrist les morhons et bàllaines, Pièce publiée par leroux de lincy, Bibl. des Chartes, 5e série, t n, p. 179.
— étym. Allem. Krampe; anc. h. allem. chrapfo chrempfo. Il y avait dans l'ancien français crampi courbé : L'un pié cran pi et l'autre 'droit, lien
CRAMPONNE, ÉE (kran-po-né, née), part, passé. Fixé avec des crampons. |j Solidement fixé." Et où faudrait-il que la terre lut cramponnée pour résister au mouvement de cette matière céleste et ne s'y pas laisser emporter? fonten. les Mondes, i» soir. || Fig. et familièrement. Avoir l'âme cramponnée' dans le corps, avoir la vie dure, résister à des accidents, à des maladies, qui auraient fait périr bien d'autres. || Dans le même sens. Cramponné à la vie. Cramponné à un dernier espoir. || Terme de blason." Pièces cramponnées, pièces dont les extrémités sont courbées en crampon.
CRAMPONNER (kran-po-né), v. a. || 1° Fixer au moyen d'un crampon. Cramponnez bien cette serrure. || 2° Terme de maréchalerie. Cramponner des fers de cheval, y faire des crampons. || Cramponner un cheval, le ferrer à crampons. || 3" Se cramponner, v. réfl. S'accrocher. La joubarbe se cramponne dans le ciment, chateaub. Génie, m, v, 5. Mes chenilles lapissèrent de soie toutes les parois du poudrier, ce qui leur donnait plus de facilité pour se cramponner contre le verre, bonnet, Insectes, observ. 4. |f Se cramponner à la fenêtre, à un barreau, etc. se dit en parlant de quelqu'un qui s'y fixe fortement à l'aide des mains. || Fig. S'attacher obstinément à quelqu'un pour en obtenir ce qu'on désire. Cet homme est-il bien de ma race [Juifs]?.... Ames fils comme il se cramponne! rérang. Échelle. Je cours après mon homme, et, s'il faut qu'il m'échappe, Je me cramponne après le premier que j'attrape', piron, Métrom. ni, 14. || Se cramponner à une chose, faire tous ses efforts pour ne pas la quitter, pour ne pas la perdre. Se cramponner à un espoir' à la vie. L'abbé d'Estrées se promettait je ne sais comment une fortune en se cramponnant comme que ce fût dans son triste emploi en Espagne, st-